7 avril 2013

Tour d’horizon de la cybercensure

Source : http://surveillance.rsf.org
English  Cyber-censorship in 2012 overview

Une sélection de faits marquants liés à la censure et à la surveillance du Net

Gouvernance du Net et neutralité

 

Reconnaissance onusienne du droit à la liberté d'expression sur Internet

 

Le 5 juillet 2012, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU affirme pour la première fois le droit à la liberté d'expression sur Internet. La haute instance de Genève affirme que les droits en vigueur dans le monde physique doivent être reconnus également sur Internet indépendamment des frontières. La résolution appelle les Etats “à promouvoir et à faciliter l'accès à Internet et la coopération internationale visant à faciliter le développement des médias et des communications dans tous les pays”.

La Conférence mondiale des télécommunications internationales (CMTI)

 

En décembre 2012 à Dubaï, la Conférence mondiale des télécommunications internationales, organisée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), est le théâtre d’une confrontation, voire d’un affrontement, entre des visions de la gouvernance d’Internet et du futur de l’information en ligne. A l’issue des travaux, moins de la moitié des Etats membres de l’UIT (89 sur 193) signent le nouveau traité révisant le Règlement des télécommunications internationales (RTI). Une coalition de 55 États refuse de signer le traité. Parmi ces réfractaires, les États-Unis et les États de l’Union européenne, qui pointent certaines dispositions sur la gestion des spams et la sécurité des réseaux, ainsi qu’une résolution impliquant l’UIT dans la gouvernance du Web, adoptée dans la confusion la plus totale (résolution PLEN/3). Ils clament que ces dispositions pourraient légitimer les efforts de censure et la mise en place de blocage et de filtrage par des pays aux traditions de contrôle du Web.
L’absence de participation de la société civile et de transparence des procédures est vivement critiquée sur le moment par nombre d’ONG, appuyées par le Rapporteur Spécial pour la liberté d’expression aux Nations Unies, Frank La Rue. Occasion manquée de préserver Internet en tant qu’espace d’échanges et de liberté, le sommet de Dubai révèle des luttes d’influence en ligne entre les États. Plus d’informations : Center for Technology and Democracy.

Le traité anti-contrefaçon ACTA rejetée par l’UE

 

Le 4 juillet 2012, le Parlement européen rejette le traité anti-contrefaçon ACTA, qui menaçait les libertés fondamentales en ligne, et notamment la liberté d’information, la neutralité du Net, l’innovation, l’accès et le partage des technologies libres. Une victoire pour la mobilisation citoyenne qui a vu le jour grâce à l’action de groupes comme La Quadrature du Net et Panoptikon.

Les Pays-Bas et la Slovénie font avancer la neutralité du net, le Brésil piétine

 

Après les Pays-Bas ou le Chili, au tour de la Slovénie d’adopter, en décembre 2012, une loi qui consacre la neutralité du net et interdit aux fournisseurs d’accès à Internet de discriminer différents types de trafics en ligne. L’adoption de la proposition de loi “Marco Civil” au Brésil continue d’être renvoyée aux calendes grecques suite aux pressions de l’industrie du film et de la musique. Largement soutenue par la société civile brésilienne, qui la considère comme une loi modèle, cette disposition entend définir les droits et devoirs de l’État, des usagers mais aussi des intermédiaires techniques en matière d’usage du réseau Internet, de droit d’auteur et de protection des données personnelles, tout en préservant la neutralité du Net, la vie privée et la liberté de circulation de l’information en ligne.

Le filtrage contraire aux droits fondamentaux ?

 

Le 18 décembre 2012, dans une décision rendue contre la Turquie, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé pour la première fois qu’une mesure de blocage d’un site Internet était contraire à l’article 10. Les juges ont précisé que : “Internet est aujourd’hui devenu l’un des principaux moyens d’exercice par les individus de leur droit à la liberté d’expression et d’information ; on y trouve des outils essentiels de participation aux activités et débats relatifs à des questions politiques ou d’intérêt public”. La Cour de justice de l’Union européenne avait déjà précisé dans une décision du 24/11/2011 que le filtrage généralisé portait atteinte aux droits fondamentaux.

Les intermédiaires techniques jouent la carte de la transparence

 

La dernière édition du “Rapport Transparence” de Google, rendue publique en novembre 2012, indique une forte hausse de la cybersurveillance gouvernementale et montre que “les requêtes gouvernementales relatives aux données des utilisateurs ont régulièrement augmenté depuis la publication de notre premier Transparency Report”. En juin 2012, Google s’inquiétait de la recrudescence des demandes de suppression de pages où sont publiés des messages politiques. Il est possible de consulter pays par pays l’évolution des demandes de renseignements sur les utilisateurs ici et les demandes de suppression des contenus ici.
La démarche de Google fait des émules. Twitter lance en juillet 2012 son propre rapport sur la transparence. Il met en avant les requêtes gouvernementales relatives aux données personnelles d’utilisateurs (les Etats-Unis occupent la première place), aux retraits de contenus par des gouvernements ou des ayants-droits. Twitter s’engage également à indiquer par un message tout tweet retiré pour des raisons de copyright et de les transmettre au site Chilling Effects.

Offensive legislative ou hemorragie legislative

 

Surveillance généralisée pour assurer la cybersécurité ?

 

Les régimes autoritaires n’ont pas le monopole des initiatives législatives liberticides. Des pays considérés comme démocratiques et respectueux des libertés individuelles prennent des initiatives d’autant plus préoccupantes qu’elles justifient ensuite les dérives des premiers.

Grande-Bretagne

 

En décembre 2012, le Premier ministre adjoint Nick Clegg annonce le retrait du British Communications Data Bill. Ce texte sera donc revu. La première mouture du projet, rendue publique au printemps 2012, visait à instaurer un dispositif de surveillance généralisée des communications en mettant à la disposition du renseignement britannique tous les relevés de communication téléphonique et électronique des citoyens, au nom de la lutte contre les cybercrimes.

Etats-Unis

 

La proposition de loi américaine Cyber Intelligence Sharing and Protection Act (CISPA) a été accusée par ses détracteurs d’autoriser des violations de la vie privée au nom de la protection de la cybersécurité. Alors qu’elle semblait susciter un large soutien au sein du Congrès américain, elle s’est heurtée à un tollé général qui a permis des modifications substantielles en terme de protection de la vie privée, la menace d’un veto de la Maison Blanche et un nombre très éloquent de votes “contre”. Une nouvelle version de CISPA est introduite en janvier 2013 et pourrait être examiné par le Congrès dès avril 2013.
Le Foreign Intelligence Surveillance Amendments Act (FISAA) de 2008 a été renouvelé en décembre 2012 pour une période s'étendant jusqu'à 2017. Ce texte octroie un pouvoir de surveillance exceptionnel à l’État américain. Il autorise celui-ci à accéder aux données des citoyens non américains si ceux-ci utilisent un service de cloud computing mis à disposition par une société américaine. À titre d’exemple, après l’émission d’un mandat secret  émis par un tribunal spécial, ce texte permet aux autorités américaines d'obliger  Google à donner accès  à l’ensemble des données (emails, documents, contacts, agenda) de l’un de ses clients pour peu que celui-ci ne soit pas citoyen américain. Le parlement européen s’est inquiété de l’étendue de ces nouveaux pouvoirs de surveillance sélectifs dans un rapport, Fighting cyber crime and protecting privacy in the cloud, publié fin 2012.

Pays-Bas

 

Accusant les outils d’anonymisation tels que Tor de rendre plus difficile la traque des cybercriminels et des pédophiles, le gouvernement a fait pression sur les députés afin qu’ils adoptent une loi destinée à renforcer les pouvoirs de surveillance de la police, y compris hors des frontières nationales. Cette dernière serait ainsi en mesure d’installer des logiciels espions, de fouiller des ordinateurs dans le pays et à l’étranger et de supprimer des fichiers jugés illégaux sur des ordinateurs situé à l’extérieur du pays sans demander auparavant l’assistance légale des gouvernements concernés. Lire l’analyse de Electronic Frontier Foundation.

Philippines

 

Le 9 octobre 2012, la Cour suprême des Philippines suspend l’application du Cybercrime Prevention Act 2012 (Republic Act n° 10175), qui intégrait la diffamation sur Internet parmi les “cybercrimes”. Après avoir reçu une quinzaine de pétitions lui demandant de se prononcer sur la validité de la loi, la Cour s’est prononcée à l’unanimité. Reporters sans frontières demande l’abrogation de ce texte qui, sous couvert d’une lutte légitime contre la cybercriminalité, présente une véritable menace pour la liberté de l’information.

Malawi

 

Le projet de loi E-Bill obligerait les responsables de publications en ligne à rendre leurs coordonnées personnelles publiques et créerait une cyberpolice chargée d’inspecter les sites Internet à la recherche d’activités illégales. D’après le Media Institute of Southern Africa (MISA), les autorités cherchent ainsi à réguler et contrôler les publications en ligne.

Pérou

 

Une proposition de loi sur le cybercrime risque de mettre en place de potentielles restrictions à la liberté sur Internet. A l’initiative de l’ONG Access, des universitaires et membres de la société civile péruvienne ont adressé une lettre ouverte au parlement péruvien pour dénoncer ce texte.

Irak

 

Le Parlement irakien a révoqué en janvier 2013 la loi sur le cybercrime, critiquée pour sa définition très large des délits (“violation des principes religieux, moraux et sociaux”) et les sanctions très lourdes prévues (perpétuité pour “utilisation d’ordinateurs” dans le but de “porter atteinte à la réputation du pays”). Lire l’analyse de Access Now.

Protection de l’enfance, l’alibi parfait

 

Russie

 

Au nom de la “protection de l’enfance”, une liste noire a été mise en place le 1er novembre 2012 par une agence fédérale, pour répertorier les sites Internet “néfastes” promis au blocage sans débat contradictoire ni décision judiciaire. La définition vague et large des contenus visés (pornographie, extrémisme, apologie du suicide et de l’usage de drogue...) et le manque d’indépendance de l’instance de contrôle ouvrent la porte au surblocage. En outre, un marquage par catégorie d’âge (“interdit aux moins de 6, 12, 16 ou 18 ans”) a été imposé à l’ensemble des sites d’information en ligne. Pour garantir une meilleure application de ces dispositions, un projet de loi destiné à interdire les outils de contournement de la censure en ligne a été introduit en commission parlementaire à la Douma.

Canada

 

Déposé à la Chambre des Communes en février 2012 par le ministre de la Sécurité publique, le projet de loi C-30, appelé Protecting Children from Internet Predators Act, entérine une surveillance disproportionnée de tous les internautes et permet aux autorités d’obtenir des renseignements d’utilisateurs sans mandat judiciaire. Les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et opérateurs de téléphonie mobile pourraient ainsi être obligés de mettre en place des outils pour surveiller et enregistrer les communications de leurs abonnés. La police pourrait également installer, sans mandat judiciaire, un dispositif permettant de relever l’adresse IP de tout appareil connecté à Internet.

Copyright vs liberté d’expression en ligne

 

Etats-Unis

 

Les propositions de loi américaines antipiratage, "Stop Online Piracy Act" (SOPA) et "Protect IP Act" (PIPA) ont suscité une énorme mobilisation dans le pays et à l’international, dénonçant des risques de censure du Net sans précédent. En obligeant notamment un site tiers à bloquer l’accès à d’autres sites soupçonnés de violation du droit d’auteur, dont la définition reste vague, elles affecteraient ainsi un nombre incalculable d’internautes sans aucun lien avec des actions de violation de la propriété intellectuelle. Ces deux propositions de loi ont finalement été enterrées. Jusqu’à quand ?

Panama

 

En septembre 2012, le Parlement adopte la loi 510 qui restreint la liberté d’expression et l’accès à l’information en ligne. Elle donne naissance à une autorité administrative, le Directorat général du copyright, chargée d’identifier les responsables d’infractions et le cas échéant de les condamner - sans décision de justice - à de lourdes amendes. Des ONG et des membres de la société civile ont adressé une lettre ouverte au Président Ricardo Martinelli, lui demandant de ne pas signer la loi, qualifiée de “pire loi de toute l’histoire sur la protection du droit d’auteur”. Lire les réactions de net-citoyens sur Global Voices.

Autre législation inquiétante

 

En Malaisie, un amendement à la Loi sur les preuves de 1950 crée une présomption de culpabilité contre le propriétaire du réseau sur lequel transitent des publications en ligne jugées diffamatoires. Propriétaires de cybercafés ou responsables de plate-formes de blogs sont dans la ligne de mire des autorités. Le Center for Independent Journalism a organisé un mouvement de protestation autour de cette législation.

Filtrage à tout va

 

Internationale du filtrage

 

Le film L’Innocence des Musulmans est certainement à ce jour l’un des contenus filtrés dans le plus grand nombre de pays. Sa diffusion en ligne a engendré des actions en justice ou des décisions administratives et des blocages de YouTube, voire des communications en Arabie Saoudite, en Afghanistan, au Pakistan, au Bangladesh, en Egypte, en Turquie, en Russie, au Kazakhstan, au Kirghizstan, en Inde, au Bahreïn, etc.

Chine - Course à la montre

 

Les censeurs chinois ont eu fort à faire pour tenter d’endiguer la diffusion en ligne d’informations sur des affaires sensibles qui se sont multipliées ces derniers mois :
Un effort particulier a été fourni à l’approche du Congrès du parti communiste qui a désigné la nouvelle équipe dirigeante et placé Xi Jinping à la tête du pays.

La censure d’Internet gagne du terrain en Asie centrale

 

Au-delà de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, “ennemis d’Internet” de longue date, la cybercensure tend à se banaliser en Asie centrale.
Au Tadjikistan, l’année 2012 a été marquée par plusieurs vagues de blocage de sites d’information de référence tels que Asia Plus, RIA-Novosti, BBC, Radio Ozodi, Lenta.ru, Fergananews.com, Centrasia.ru, ainsi que YouTube et Facebook. Le service national des Télécommunications a pris l’habitude d’intimer des ordres de blocages aux fournisseurs d’accès pour empêcher la circulation d’informations sensibles : enquêtes mettant en doute la stabilité du régime, couverture d’affrontements armés, critiques à l’encontre du Président de la République sur les réseaux sociaux...
En décembre 2012, la justice kazakhe a interdit les principaux médias d’opposition nationaux, jugés “extrémistes” au terme de parodies de procès. Cette mesure implique le blocage au Kazakhstan de l’ensemble des sites Internet relayant les journaux Respublika et Vzgliad, ainsi que leurs comptes sur les réseaux sociaux. La chaîne de télévision en ligne K+ et le portail d’information Stan.tv ont également été bloqués.

En Inde, la censure pour étouffer les rumeurs ?

 

En août 2012, pour tenter de mettre un terme à de violents troubles inter-ethniques, les autorités indiennes ont ordonné aux fournisseurs d’accès à Internet, de bloquer l’accès à plus de 300 contenus en ligne. Si certains incitaient en effet à la violence en relayant des rumeurs infondées, d’autres présentaient un caractère informatif (des pages du site d’informations de la chaîne australienne ABC et d’Al-Jazeera, ainsi que des photos de l’AFP - voir la liste publiée par le Center for Internet and Society).

La Grande Muraille électronique pakistanaise : réalité ou fiction ?

 

Un projet gouvernemental de filtrage du Web au Pakistan a été révélé en début d’année 2012. Il viserait à mettre en place un système permettant de filtrer et bloquer des millions de sites web “indésirables”, en utilisant la technologie “DPI” (Deep Packet Inspection). D’après le Daily Times, le Fonds national de recherche et développement rattaché au ministère des Technologies et de l’Information aurait émis un appel d’offres pour un montant de 10 millions de dollars, en février 2012, auxquelles plusieurs entreprises étrangères auraient répondu. Une pétition a été lancée pour appeler les entreprises à ne pas répondre à l’appel d’offre du gouvernement. Des articles de presse ont ensuite relayé des déclarations de responsables politiques s’opposant au projet. La société civile pakistanaise reste vigilante.

Accès restreint ?

 

Deux milliards de personnes bénéficient à ce jour d’un accès à Internet. Un tiers d’entre elles souffre d'un accès limité en raison de censure gouvernementale, de filtrage et de surveillance. Des problèmes de développement d’infrastructures limitent parfois l’extension de cet accès. Tout comme des considérations purement politiques.

Internet national en Iran

 

En septembre 2012, le gouvernement accélère la mise en place d’un réseau parallèle, doté d’une vitesse de connexion élevée, surveillé et censuré dans son intégralité. Justification officielle? Les cyberattaques contre les installations nucléaires du pays. A terme, les serveurs locaux sont censés héberger tous les sites iraniens. Les applications et services tels que boîtes mails, moteurs de recherche, réseaux sociaux et opérateurs devraient être développés sous le contrôle du gouvernement. Seules les administrations sont pour l’instant connectées au réseau national, mais il est à craindre que les citoyens iraniens n’aient à terme pas d’autre choix que de leur emboîter le pas.  (Lire le chapitre Iran - Champion de la Surveillance)

Coupures régulières en Syrie

 

Des suspensions de communications et d’Internet se produisent régulièrement dans des endroits ciblés. Il faut également compter sur les coupures d’électricité. Fin novembre 2012, la Syrie est complètement déconnectée d’Internet au moment où le régime est accusé de planifier un massacre à l’échelle nationale.

Le haut-débit et la fibre optique enfin disponible à Cuba ?

 

Le câble sous-marin vénézuélien apportant la fibre optique et le haut-débit à Cuba, opérationnel depuis 2011, a été mis en service seulement en août 2012, comme l’a constaté la société spécialisée en réseaux, Renesys. D’après Global Voices, un article du quotidien officiel Granma note que la phase de test a beau être terminée, les Cubains ne doivent pas s’attendre à une augmentation drastique de leurs opportunités d’accès au Web à court terme. Jusqu’ici, l’île utilisait des liaisons satellites pour des accès très limités au Web (lire le chapitre Cuba des Ennemis d’Internet 2012).

Discriminations régionales

 

Le Tibet et le Xinjiang sont coutumiers des suspension de l’accès à Internet ou des communications en période de crise (lire le chapitre Chine des Ennemis d’Internet 2012).
 En août dernier, jour de la célébration du 66ème anniversaire de l’indépendance de l’Inde, un événement sensible, les opérateurs téléphoniques suspendent leur service dans la vallée du Cachemire, suite à une décision du gouvernement de l’Etat du Jammu-Cachemire.
 A l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance du Pakistan en août 2012, les réseaux de téléphones portables sont coupés temporairement dans la province du Balouchistan.

Net-citoyens pris pour cibles

 

Hommage

 

Quarante-sept net-citoyens et citoyens-journalistes ont été tués dans le monde en 2012, la plupart en Syrie. Sans l’action de ces reporters, photographes ou vidéastes, le régime syrien serait en mesure d’imposer un blackout total de l’information dans certaines régions et de massacrer à huis clos.
En Iran, le blogueur Sattar Beheshti, incarcéré le 31 octobre 2012, a perdu la vie dans des circonstances inconnues. Les éléments actuels portent à croire qu’il a succombé à des coups reçus lors de son interrogatoire. Les responsables de sa mort n’ont toujours pas été inquiétés.
Au Bangladesh, le blogueur Ahmed Rajib Haider a été égorgé en 15 février 2013 près de son domicile dans la capitale, Dacca.
Au Pakistan, la jeune blogueuse Malala Yousufzai, 14 ans, cible des Taliban, a échappé de peu à la mort.

D’arrestations en rafles

 

Près de 180 net-citoyens sont incarcérés à ce jour pour leurs activités d’information. Les cinq plus grandes prisons du monde pour les net-citoyens sont dans l’ordre la Chine (69), Oman (32), Vietnam (31), l’Iran (20) et la Syrie (18).
Des arrestations en masse - voire des rafles - se sont déroulées en Syrie, mais également dans le Sultanat d’Oman ou en Iran, lors du “Dimanche noir”. Au Sri-Lanka, ce sont neuf employés du journal en ligne Sri Lanka Mirror qui ont été pris dans un coup de filet en juillet 2012.
Le Vietnam continue d’arrêter des net-citoyens à tour de bras et de les condamner à de lourdes peines de prison, en témoignent les douze années de prison dont a écopé le célèbre blogueur Dieu Cay. Des moines tibétains soucieux de témoigner des immolations finissent derrière les barreaux. L’Azerbaïdjan s’en prend aux blogueurs qui s’écartent de la ligne officielle.
 Les conditions de détention de ces net-citoyens sont très souvent déplorables, les mauvais traitements récurrents. Certains - notamment en Iran - ne reçoivent pas les soins médicaux adéquats. Leurs jours sont en danger.

Violences et menaces

 

Au Bangladesh, en février 2013, ce sont 19 blogueurs qui ont été ouvertement menacés sur des sites Internet islamistes, et au cours de manifestations, en marge du procès de plusieurs anciens leaders de partis islamistes, dont le parti Jaamat-E-Islami.
 Au Mexique, une page Facebook “Courage for Tamaulipas”, qui couvre les violences infligées à la région par le crime organisé, suscite l’ire des trafiquants. Ces derniers promettent 600 000 pesos (soit près de 46 000 USD) à qui découvrira la véritable identité du responsable de cette page Facebook.
Des menaces ont conduit le blogueur Ruy Salgado, responsable du site El Santuario, notamment célèbre pour ses couvertures d’affaires de corruption, à abandonner ses activités en ligne.
 Les proches des net-citoyens engagés, notamment des détenus, subissent souvent harcèlement, pression et font l’objet de menaces. C’est le cas en Iran, en particulier pour les familles des journalistes ou blogueurs iraniens basés à l’étranger, mais aussi au Vietnam. Ta Phong Tan, créatrice du blog La justice et la vérité, qui a écopé de dix années de prison, a payé encore plus cher le prix de son engagement : en juillet 2012, sa mère s’était donné la mort en s’immolant devant les bureaux du Comité populaire de Bac Lieu.

Procès de Bradley Manning, “donneur d’alerte” pour WikiLeaks

 

Le soldat américain Bradley Manning a reconnu, le 28 février 2013, devant la cour martiale qui le juge, avoir transmis des documents militaires et diplomatiques au site WikiLeaks. Qu’aurait-il transmis ? Des câbles diplomatiques américains, des dossiers de détenus de Guantanamo, des vidéos de frappes aériennes dans lesquelles des civils ont trouvé la mort. La vidéo la plus célèbre, Collateral Murder, montre une attaque aérienne de l’armée américaine en Irak en juillet 2007, au cours de laquelle deux employés de l’agence Reuters et une dizaine d’autres personnes avaient été pris pour cibles et tués. La motivation de Manning : “éclairer le public sur ce qui se passe” et “susciter un débat sur la politique étrangère”. Il a expliqué avoir tenté en vain de transmettre ces documents au New York Times et au Washington Post. Et avoir choisi avec soin les documents révélés afin que leur publication ne soit pas nuisible. Il risque 20 ans de prison. De nombreuses ONG ont dénoncé les conditions dégradantes de détention dont il a fait l’objet.
Parallèlement, la société DataCell, qui collectait les donations pour WikiLeaks, a saisi la Commission européenne, pour violation des règles communautaire de concurrence, suite à la suspension des moyens de paiement à WikiLeaks (mise en place) par Visa Europe, Mastercard et American Express en décembre 2010. La Commission a indiqué dans une décision préliminaire que cette suspension n’était probablement pas de nature à violer le droit européen de la concurrence.

Actes de résistance - mobilisation en ligne

 

Face à l’offensive des gouvernements et groupes d’intérêts soucieux de contrôler le Web, les net-citoyens et acteurs de l’information en ligne ont su se mobiliser et faire acte de résistance, avec plus ou moins de succès.
Parmi les initiatives notables de ces derniers mois :

Les limites d’un traité sur les armes

Par Philippe Leymarie
05/04/2013
Source : http://blog.mondediplo.net
English  The treaty limits on weapons

Les pays exportateurs sauvent leur peau

Certes moins romanesque que les mensonges « les yeux dans les yeux » de l’ex-ministre français du budget, Jérôme Cahuzac, mais plus réjouissant : l’adoption mardi soir, par l’Assemblée générale des Nations unies, à une très large majorité, d’un premier traité sur le commerce international des armes dites classiques ou conventionnelles. Aux termes de ce texte, qui était en discussion depuis sept ans, chaque pays devra désormais évaluer, avant toute transaction, si les armes vendues risquent d’être utilisées pour contourner un embargo international, commettre un génocide ou des « violations graves » des droits humains, ou être détournées au profit de terroristes ou de criminels.
En dépit des cris de victoire du secrétaire général de l’ONU M. Ban Ki Moon qui évoque « un succès diplomatique historique » supposé donner « un nouvel élan bienvenu à d’autres efforts de désarmement », l’adoption du traité n’est qu’un commencement :
- Le texte, adopté par cent cinquante-quatre voix pour, trois contre et vingt-trois abstentions, doit à présent être signé et ratifié par chacun des pays : il n’entrera en vigueur qu’à la cinquantième ratification, ce qui pourrait prendre encore plusieurs années.
- Le consensus général des cent quatre-vingt-treize pays-membres de l’ONU n’a pu être obtenu en raison de l’opposition résolue de trois Etats, à savoir la Syrie, la Corée du Nord et l’Iran. C’est pourquoi il a été décidé d’en passer par un vote à l’Assemblée, où il suffisait de réunir les deux tiers des voix, ce qui — politiquement — est cependant moins fort qu’une adoption par consensus.
- Parmi les vingt-trois pays qui se sont abstenus, il y a surtout des pays émergents, dont certains des principaux exportateurs (Russie, Chine) et acheteurs de ces armes (Egypte, Inde, Indonésie).

Acteurs non-étatiques 

 

Le traité, même s’il concerne une large palette d’armements, exclut les équipements destinés aux forces de l’ordre, les transports de troupes (même blindés), les drones, une partie des munitions et pièces.
Explicitement, le texte ne fait pas référence aux livraisons d’armes à des « acteurs non-étatiques » (tels que les rebelles en Tchétchénie ou en Syrie), qui est la raison invoquée par Damas pour voter contre, ou encore par la Russie pour s’abstenir.
L’Inde, un des principaux acheteurs d’armes actuels, considère par ailleurs ce traité comme « déséquilibré », car privilégiant les exportateurs au détriment des importateurs, et permettant aux premiers d’annuler unilatéralement des contrats de livraison d’armes sur la base de soupçons souvent invérifiables.

Mauvais signal 

 

Les Etats-Unis, traditionnellement réticents à tout ce qui peut entraver un commerce des armes dont ils restent les champions dans le monde [1], ont obtenu que les munitions (dont ils produisent la moitié des volumes vendus dans le monde) bénéficient de contrôles moins stricts.
Le gouvernement américain a finalement voté en faveur de la résolution ouvrant le traité à la signature. Pour autant, cela ne garantit pas que le Congrès ratifiera le texte, en dépit de la satisfaction exprimée par le secrétaire d’Etat John Kerry pour qui l’accord « n’empiète pas sur la Constitution américaine » (qui garantit à tous citoyens américains le droit de posséder une arme, y compris de guerre).
En outre, l’annonce par la France et le Royaume-Uni, à la mi-mars, de leur intention de fournir des armes aux rebelles syriens — quitte à violer l’embargo imposé par l’Union européenne — ne pouvait pas plus mal tomber, à l’heure où les délégués aux Nations-unies entamaient leur dernier round de négociations sur ce projet d’accord.

Volumes considérables 

 

Les organisations non-gouvernementales (ONG), qui se sont battues depuis une quinzaine d’années pour obtenir l’examen et l’adoption de ce traité, préfèrent insister sur les progrès réalisés, même si elles relèvent des ambiguïtés :
- Une écrasante majorité d’Etats a voté « pour », bien au-delà des deux tiers nécessaires.
- La majorité des armements, y compris « lourds », entre dans son champ d’application, qui s’étend du fusil d’assaut aux avions et navires de guerre, en passant par les missiles, les chars, etc.
- Les volumes de transactions concernés sont considérables : les estimations vont de 70 à 80, voire 100 milliards de dollars chaque année, avec une augmentation globale de 17 % des transferts internationaux d’armes conventionnelles sur la dernière décennie, selon les données communiquées il y a quelques jours par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
- Selon Louis Belanger (Oxfam), l’un des porte-parole de la coalition Control Arms, « c’est une grande victoire face aux dictatures et aux gens qui utilisent les armes pour brimer les droits humains : cent cinquante-quatre gouvernements sont pour, on ne peut pas envoyer un message plus fort que cela… On n’a pas de traité en ce moment, ni de loi internationale qui réglemente le commerce des armes, alors que l’on a des règles sur les voitures, sur les vêtements… [2] »
- Anna MacDonald, en charge de la thématique des armes à Oxfam, se réjouit que « depuis les rues d’Amérique latine jusqu’aux camps de déplacés à l’Est du Congo, en passant par les vallées d’Afghanistan, les communautés vivant dans la peur des attaques rendues possibles par un commerce des armes non régulé puissent maintenant croire en un avenir plus sûr ».

Lobbies industriels 

 

Cependant, des bémols conséquents sont à souligner, exprimés par les mêmes ONG :
La négociation a donné lieu à des compromis dangereux, selon Nicolas Vercken, d’Oxfam France : « Au-delà de ses belles déclarations en faveur du respect des droits humains et d’une transparence accrue, la France n’a eu de cesse de poursuivre son véritable objectif : aboutir à un traité que les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde pourraient éventuellement signer, comme le souhaitaient les lobbies industriels. Cette posture dans les négociations a eu un prix, celui d’ambiguïtés et de compromis potentiellement dangereux, notamment sur le contrôle des munitions, la possibilité de déroger au respect des droits humains et du droit international humanitaire, ou encore la possibilité de contourner les obligations du traité dans le cadre d’accords de coopération et de défense [3].  »

Au milieu du gué 

 

Selon le directeur de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret, également membre de la coalition « Contrôlez les armes », les ambitions contradictoires du traité en marquent les limites :
« Certes, le traité, en son article 6, rappelle l’interdiction d’autoriser tout transfert qui violerait un embargo ou contreviendrait aux obligations découlant des accords internationaux dont l’Etat exportateur est signataire. Mais en demandant l’interdiction des transferts d’armes seulement “s’il existe un risque prépondérant” d’utilisation— portant atteinte à la paix et à la sécurité ou pouvant servir à commettre des violations du droit international humanitaire et des droits humains et autres infractions aux regard des conventions internationales —, le traité ouvre la porte à des interprétations sans contrôle possible. Les Etats pourront toujours se targuer du droit à la légitime défense, reconnu dans l’article 51 de la Charte des Nations unies, voire même du risque terroriste, pour justifier telle ou telle exportation de système d’armement.
De fait, les auteurs du traité restent au milieu du gué en focalisant sur les trafics illicites plutôt qu’en limitant fortement le commerce “légal”, répondant ainsi au souhait des principaux Etats exportateurs, pour qui, l’objectif prioritaire était de limiter la concurrence déloyale, en imposant une réglementation plus stricte aux concurrents du Sud, d’Europe de l’Est et d’Asie. Mais certainement pas de diminuer leurs flux d’armes colossaux qui contribuent à alimenter les conflits et l’instabilité croissante de nos sociétés. De même, l’absence de référence, dans les critères d’évaluation avant tout transfert, au développement des droits économiques et sociaux que cet achat d’arme viendrait contrecarrer, est une grave entorse à cette “règle d’or” exigée par la coalition “Contrôlez les armes”. Et sur plusieurs autres points — comme, par exemple, l’absence d’obligation de transparence ou l’exclusion des accords de coopération entre deux Etats du champ d’application —, le traité n’est pas à la hauteur des enjeux. »

Notes

 

[1] Ils en sont les principaux exportateurs (30 %), devant la Russie (26 %), l’Allemagne (7 %), la France (6 %), et la Chine (5 %) — ce dernier pays déclassant, pour la première fois depuis 1950, le Royaume-Uni qui figurait constamment parmi les cinq premiers mondiaux.
[2] « L’ONU adopte le premier traité sur le commerce des armes conventionnelles », Elisabeth Guedel, RFI, 2 avril 2013.
[3] Les transferts sous forme de dons, prêts ou aides militaires ne sont pas couverts par le traité.

Birmanie, la promesse de l’aube ?

Source : http://oeil-sur-la-planete.france2.fr


La junte militaire a laissé place à un gouvernement civil qui affiche des intentions démocratiques. La principale opposante et prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi est devenue députée. La Birmanie s’ouvre après 50 ans de fermeture. Une éclosion qui permet de découvrir un pays d’une beauté extraordinaire, une terre où désormais tout est possible.

 
Les reportages :
Plusieurs reportages seront diffusés dans cette émission, mais elle en sera d’autant plus exceptionnelle qu’un témoignage exclusif d’un personnage-clé de cette période historique a été accordé à la rédaction du magazine : le Président Thein Sein.
Premier ministre en charge de la répression lors de la « révolution safran » en 2007, il est présenté aujourd’hui comme le Gorbatchev birman. Cet homme de la nouvelle Birmanie parle pour la première fois à une télévision française. L’équipe d’un Œil sur la planète a également filmé Aung San Suu Kyi, lors de la cérémonie d’ouverture du premier Festival International de Littérature à Rangoun.

Un parfum de liberté (S.Ansel et T.Dandois).
En quelques mois, Rangoun a changé de visage. Chanteurs, peintres, grapheurs, les artistes longtemps muselés rivalisent d’originalité pour profiter du vent de liberté. 

La fin du baillon ? (P.Monegier et D.Marotel).
En Birmanie, la liberté de la presse a été proclamée, les journalistes dissidents libérés. Ils peuvent aujourd’hui imprimer leurs idées. Seulement, le bureau de la censure n’a pas été fermé... 

Un nouvel eldorado ? (F.Stenneler et F.Bazille).
Avec la levée des sanctions, les entreprises étrangères se ruent sur la Birmanie, un pays aux ressources phénoménales, où tout est à reconstruire. Les Français entendent bien profiter du gâteau. …

Le pouvoir des moines (S.Ansel et T.Dandois).
Dans un pays en pleine mutation, le bouddhisme permet de raison garder. En Birmanie, il y a autant de moines que de soldats. Les Birmans les vénèrent car ils pallient souvent les carences de l’État.

L’impasse kachin (S.Bardon et Vincent Reynaud).
Près de 40% de la population est composée de minorités ethniques, qui luttent contre les prétentions de la majorité bouddhiste. Ainsi, les chrétiens kachins ont repris les armes pour défendre leur sol et leur foi. Reportage exclusif au cœur de la guérilla. 

La conspiration des astrologues (S.Ansel et T.Dandois).
La Birmanie est le seul pays au monde où les astrologues font la loi. Ils ont décidé de l’heure de proclamation de l’indépendance, fait changer les billets de banque, inversé le sens de la circulation, déplacé la capitale. Ils nous dévoilent leurs prédictions pour le futur du pays.


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4 avril 2013

La Corée du Nord sort ses griffes

Source : http://www.arte.tv
28-03-13
English  North Korea shows its claws

"Le commandement de l'armée du peuple coréen déclare que toutes les troupes d'artillerie, y compris les unités stratégiques de missiles et les unités d'artillerie à longue portée doivent être placées en alerte prêtes au combat".

Kim Jong-un

Le message est clair, depuis plusieurs semaines la Corée du Nord s'est remise sur le pied de guerre, surtout dans le vocabulaire. Mais cette fois la menace redouble d'intensité, le communiqué militaire précise : "Ces unités doivent se tenir prêtes à attaquer toutes les bases militaires américaines dans la région Asie-Pacifique, y compris sur le continent nord-américain, Hawaï et Guam".
La tension est remontée d'un cran dans la péninsule, en raison du tir réussi en décembre d'une fusée nord-coréenne, considérée par Séoul et ses alliés comme un missile balistique, suivi d'un troisième essai nucléaire en février puis de nouvelles sanctions votées par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'encontre de Pyongyang.
En réponse à ces sanctions, la Corée du Nord coupait même le téléphone rouge avec son frère ennemi du sud et annonçait qu'elle ne se sentait plus liée par le cessez-le-feu de 1953.


Les manœuvres américaines
Pour bien montrer sa détermination, le leader nord Coréen Kim Jong-Un qui a inspecté vendredi 22 mars une unité des forces spéciales, a ordonné à celle-ci de réagir à "la vitesse de la lumière" au cas où la guerre éclaterait. La dictature stalinienne réagit aux manœuvres conjointes qui ont lieu entre Washington et Séoul. Ces manœuvres mobilisent des milliers de soldats (10.000 Sud-Coréens et 3.500 Américains). Selon les Etats-Unis, des vols d'entraînement de B-52, capables d'emporter des bombes guidées de précision, conventionnelles ou nucléaires, font partie de ces exercices. Pour Pyongyang cela est inacceptable.
"Nous ne pouvons tolérer que les Etats-Unis réalisent des exercices de frappes nucléaires, en nous prenant pour cibles," a déclaré un porte-parole du commandement suprême de l'armée nord-coréenne. Malgré le tir réussi d'une fusée le 12 décembre dernier, les experts jugent que Pyongyang est loin de maîtriser la technique requise pour lancer un missile intercontinental, capable de frapper les Etats-Unis.

La Corée du Nord dispose de différents missiles. Illustration graphique des portées de quatre missiles.



Effectifs militaires déployés dans les bases américaines de l'ouest du Pacifique :


Source : Military Balance 2011, Commander Navy Installations, Pacific Air Force

Une nation en arme
Corée du Nord est le pays le plus militarisé au monde en ce qui concerne la proportion de la population engagée dans les forces armées avec un total de 9 495 000 hommes d'active, de réserve et paramilitaires. Le pays consacre près de 25% de son PIB à son armée (par comparaison en France c'est 5 à 6% de la richesse nationale qui est consacrée à la Défense). La source de toute cette tension réside dans le développement d'un programme nucléaire et spatial mené par la Corée du nord. La nouvelle présidente de Corée du Sud, Park Geun-Hye a prévenu Pyongyang en déclarant "Pour le Nord, le seul chemin vers la survie consiste àcesser les provocations et les menaces, abandonner ses armements nucléaires et balistiques, et devenir un membre responsable de la communauté internationale".

Effectifs des armées nord-coréenne et américaine :



Marc-Antoine Valverde pour ARTE Journal

à consulter aussi :

Chiffres clés de la Corée du Nord :


(Image interactive : passez votre souris sur l'image pour voir apparaître les informations)

Le livre selon Google

Source : http://www.arte.tv
04/2013

Dès 2002, Google entreprend de scanner tous les ouvrages de la littérature mondiale. L’entreprise californienne signe des contrats avec, notamment, les bibliothèques universitaires de Harvard, de Stanford et du Michigan, la Bodleian Library d’Oxford et la bibliothèque de Catalogne. Plus de dix millions de volumes finissent ainsi sous forme de fichiers numérisés dans la gigantesque mémoire de Google. Sauf qu’environ six millions de ces livres sont encore protégés par le droit d’auteur… En 2005, une société d’auteurs (l‘Authors Guild of America) et un groupement d’éditeurs (l‘Association of American Publishers) assignent Google devant les tribunaux. En 2008, la justice tranche en faveur de Google et de son projet de bibliothèque numérique, en lui accordant un quasi-monopole avec le Google Book Settlement. Mais des acteurs du monde du livre et des instances politiques se mobilisent en dehors des États-Unis. Ainsi en France avec Jean-Noël Jeanneney, ancien président de la BNF, qui lance le projet d’Europeana, la bibliothèque numérique européenne. Après une longue bataille juridique, la justice américaine déclare en 2011 nulle et non avenue la réglementation de 2008…

(Royaume Uni , Allemagne, 2012, 89mn)
ZDF


Simulation numérique des conflits sociaux

Par Pablo Jensen
Chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à l’Ecole normale supérieure de Lyon, auteur de l’essai Des atomes dans mon café crème. La physique peut-elle tout expliquer ?, Seuil, coll. « Points sciences », Paris, 2004.

04/2013
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English  Numerical simulation of social conflicts



Gouverner l’avenir par la science et la technologie : telle est l’ambition du mégaprojet de recherche FuturICT (pour « information, communication, technologies »). « Un grand nombre des problèmes actuels, la crise financière, les instabilités sociales et économiques, les guerres, les épidémies, sont liés aux comportements humains, argumentent les chercheurs qui le pilotent. Mais il y a un sérieux manque de compréhension de la manière dont la société et l’économie fonctionnent. » FuturICT avait été présélectionné dans le cadre du plus grand programme de soutien à la recherche jamais lancé par l’Union européenne. Si, au final, il n’a pas été retenu pour un financement de 1 milliard d’euros — l’Union lui a préféré le projet Cerveau humain (Human Brain Project), qui vise à simuler un cerveau, ainsi qu’une étude des applications du graphène dans l’électronique, les communications, etc. —, les questions posées par FuturICT restent à l’ordre du jour.

Il s’agit en effet de profiter de la puissance de calcul des ordinateurs pour intégrer les connaissances en ingénierie et en sciences naturelles et humaines, avec pour objectif d’administrer la société. L’avalanche de renseignements créée, entre autres, par le développement d’Internet, la multiplication des capteurs et les échanges sur les réseaux dits « sociaux » permet le traitement de masses de données (big data) dont on imagine déjà des applications loin d’être anodines. Aux Etats-Unis, l’agence Intelligence Advanced Research Projects Activity (Iarpa), chargée de mener des recherches liées au renseignement, finance depuis 2011 un projet lancé par des universitaires et des entreprises qui vise à enregistrer automatiquement les données Internet des pays latino-américains pour « développer des méthodes [mathématiques] d’anticipation et de prévention de possibles révoltes ».

L’idée d’utiliser des méthodes scientifiques pour gouverner la société est tout sauf récente. Mais il faudra attendre l’invention des statistiques pour la rendre opérationnelle. A partir du XIXe siècle, dans le but d’améliorer la collecte des impôts ou l’enrôlement des soldats, les Etats européens recensent leurs populations et leurs richesses. Cela exige la mise en place d’une infrastructure juridique et matérielle, la généralisation de di!érents instruments comme les cartes ou le cadastre, l’homogénéisation des unités de mesure et de la langue, ou encore la stabilisation des noms de famille. Pour permettre l’exploitation de ces informations par les administrations centrales, on fit appel au grand mathématicien Pierre Simon de Laplace, qui inventa des outils mathématiques, comme le calcul des probabilités, afin d’estimer la population à partir de données parcellaires.

Mais le véritable fondateur d’une « science » de la société fut un personnage peu connu, l’astronome belge Adolphe Quételet. Côtoyant Laplace à l’Observatoire de Paris, il prit connaissance des recensements nationaux et fut fasciné par la relative constance du nombre de suicides ou de crimes. Il en déduisit que les imprévisibilités individuelles se compensent lorsqu’on agrège un grand nombre d’individus ; que ce qui se rattache à l’espèce humaine, considérée dans son ensemble, est de l’ordre des faits physiques. Il voulut alors créer une « mécanique sociale » aussi rigoureuse que la « mécanique céleste » de Laplace et capable de
gouverner les masses humaines. Cette analyse de la régularité et de la prévisibilité des groupes sociaux servit de point de départ au philosophe et sociologue Emile Durkheim (1858-1917) et à la science de la société moderne, la sociologie.

Jusqu’aux « trente glorieuses », les Etats centralisés vont ainsi gouverner des populations conçues comme des groupes sociaux homogènes, appréhendés depuis les centres de pouvoir selon des critères administratifs prédéfinis (âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle...).
Puis, dans les années 1980, l’Etat néolibéral abandonne l’idée d’une société structurée en catégories. Il la conçoit plutôt comme une juxtaposition d’individus isolés, d’« atomes sociaux » en concurrence sur un marché libre, qu’il convient de piloter par des incitations et des palmarès, comme l’a montré Alain Desrosières, qui vient de disparaître et auquel ce texte doit beaucoup,dans le précieux La Politique des grands nombres. Histoire de la raison statistique (La Découverte, 1993).

FuturICT combine cette conception d’« atomes sociaux » chère au libéralisme à la vieille idée de Quételet de l’existence de lois sociales. L’un de ses objectifs est en effet de « dévoiler les lois cachées qui sous-tendent notre société complexe ». Grâce à celles ci, on pourra fabriquer des sociétés virtuelles où seront testés des scénarios ; cela permettrait de choisir les « meilleurs », et ainsi de « prévenir les crises qui secouent régulièrement le monde ». Déjà, il est possible de recourir à des simulateurs de trafic urbain afin d’optimiser les cycles de feux de circulation en mesurant des flux moyens de véhicules. Mais

Dirk Helbing, l’un des deux responsables du projet FuturICT, explore une autre approche : grâce à des données sur le trafic automobile, il a créé avec son équipe un modèle de comportement des conducteurs tenant compte de paramètres comme leur temps de réaction. En faisant interagir un grand nombre de ces « conducteurs robots » dans des environnements incluant des feux coordonnés de différentes manières, il a pu explorer les temps de parcours et montrer que, en rendant les feux capables de mesurer les flux de véhicules en temps réel et d’échanger des informations avec les feux proches pour se coordonner, on pouvait anticiper l’arrivée de groupes de voitures. Cette ingénierie « microsociale » peut être utile dans d’autres domaines : une équipe interdisciplinaire d’informaticiens, de médecins et de physiciens a ainsi établi un modèle détaillé permettant de prédire les épidémies de grippe.

Avec FuturICT ce type d’approche se généralise à l’ensemble des problèmes sociaux. Tout en reconnaissant qu’il n’est pas possible de créer un modèle intégrant tous les habitants de la Terre à partir d’informations sur leur vie privée, FuturICT envisage néanmoins un « simulateur terrestre » alimenté par un « système nerveux planétaire », réseau mondial de capteurs enregistrant et centralisant à chaque seconde des milliards de données individuelles et environnementales. Idéalement, ce simulateur serait capable de modéliser le fonctionnement des sociétés, comme on le fait déjà pour des systèmes complexes en physique, et donc de tester les effets dedi!érentes politiques. Tout comme les chimistes peuvent aujourd’hui se dire : « Tiens, et si je mélangeais un peu de zirconium au cuivre pour mieux catalyser la production de combustibles ? » et tester l’idée in silicio (dans l’ordinateur), les chercheurs pourraient donc se dire : « Tiens, et si j’augmentais la mobilité des personnes, est-ce que je  pourrais aboutir à une société plus solidaire ? » Cependant, ces modèles atomiques, où chaque être humain est représenté par un agent économique suivant une règle simple, peinent

souvent à reproduire la réalité. Pour s’en convaincre, il su"t de se pencher sur les centaines d’articles théoriques consacrés à la modélisation de la « tragédie des biens communs », ces situations où l’intérêt personnel pousserait chacun à surexploiter un bien partagé (un pâturage commun, par exemple) au détriment de la collectivité, articles qui tous confirment la di"culté d’éviter cette surexploitation.
Comme l’a montré un travail empirique qui a valu en 2009 à Elinor Ostrom(3) le Prix de la banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, les normes communes, les liens familiaux, les discussions face à face jouent un rôleclé dans l’établissement d’une réelle coopération destinée à éviter la « tragédie ». Or ces éléments sont hors de portée des simulations…

L’ANALOGIE avec celles de la physique est un leurre à plus d’un titre. En e!et, ces dernières s’avèrent pertinentes dans la mesure où les scientifiques ne travaillent pas sur la matière naturelle, mais sur des matériaux artificiels purifiés et contrôlés en laboratoire. D’ailleurs, les applications des promesses des creusets virtuels sont encore rares, car les matériaux optimaux sont difficiles à fabriquer, ou trop chers. Les résultats du « simulateur terrestre » ne s’appliqueraient donc qu’à des sociétés suffisamment encadrées pour garantir la pertinence des « lois sociales », un peu comme les « lois économiques» ne deviennent valables que dans un monde formaté par les économistes grâce à la monétarisation des valeurs. Croire en ces lois, c’est oublier que les marchés financiers ont été construits selon un modèle théorique jugé optimal, en fonction d’une idéologie (implicite ou non). Dans le domaine social, c’est refuser d’interroger la dimension politique de la justification des normes sociales. Il est vrai que l’un des termes récurrents dans les présentations du projet est celui de « résilience », qui neutralise la possibilité de conflits.

En revanche, FuturICT a raison sur un point essentiel : l’importance pour la communauté académique de s’emparer de la numérisation de la société. Un domaine dont les entreprises privées, notamment Google et Facebook, ont pris les commandes. Les usages qui en seront faits semblent ne pouvoir aller que dans deux directions : soit renforcer les pouvoirs calculateurs d’un centre qui prétend piloter la société, soit développer des outils qui permettent de coordonner les intelligences éparpillées. FuturICT a choisi la conception selon laquelle les individus modélisés sont les molécules d’un organisme dont le cerveau est ailleurs, en adoptant
une stratégie d’analyse de volumes massifs de données. Or derrière big data se cache Big Brother.

Pourtant, si l’on accorde de l’intelligence auxpersonnes et pas seulement aux institutions centralisatrices, un autre monde numérique peut se faire jour. En 1975 déjà, un amateur avait imaginé un logiciel pour aider les gens à gérer une petite base de données alimentaires personnelle, intégrant automatiquement les achats et suggérant des recettes. De la science-fiction alors ; mais, aujourd’hui, des logiciels commencent à voir le jour qui permettent à chacun d’enregistrer ses données, de les organiser et de les communiquer aux entreprises ou aux administrations, tout en en conservant le contrôle (4). On est loin de l’objectif affiché sur le site de l’Union européenne, « créer et lancer des observatoires des crises et des systèmes de soutien au processus décisionnel pour les responsables commerciaux et décideurs politiques », qui définirait une étrange démocratie…


Notes :
(1) www.futurict.eu ; sauf mention contraire, toutes les citations proviennent de ce site.
(2) Lire Philippe Rivière, « Allende, l’informatique et la révolution », Le Monde diplomatique, juillet 2010.
(3) Elinor Ostrom, Gouvernance des biens communs. Pour une nouvelle approche des ressources naturelles, De Boeck, Bruxelles, 2010. Lire aussi Hervé Le Crosnier, « Elinor Ostrom ou la réinvention des biens communs », Puces savantes, 15 juin 2012, http://blog.mondediplo.net
(4) Par exemple Mydex.org

WELCOME TO FUKUSHIMA

Réalisateur : ​ALAIN DE HALLEUX
Source : http://www.rtbf.be
08/03/2013

Deux ans, jour pour jour, après la catastrophe de Fukushima, la RTBF présente le nouveau documentaire d’Alain de Halleux : « Welcome to Fukushima ». Rencontre avec le réalisateur à l’occasion de l’avant-première à l’Espace Delvaux à Watermael-Boistfort »
Durant deux ans, Alain de Halleux a suivi les habitants de Minamisoma, une petite ville située à 20 km de la centrale nucléaire. Entre révolte et résignation, ils s’interrogent: faut-il partir ou rester sur place, vivre avec la contamination et la peur de l'avenir ?

Avant le tremblement de terre et l’accident nucléaire à Fukushima, la ville de Minamisoma comptait 70.000 Alain de Halleux donne la parole à ces Japonais ordinaires confrontés à une situation sidérante : des rencontres qui nous révèlent les angoisses, les espoirs, les bouleversements majeurs vécus par ces parents et ces enfants. S'éloigner de Fukushima, voire quitter le Japon, ou rester mesurer la radioactivité de son environnement et de sa nourriture, tenter d'obtenir des informations fiables à partir desquelles prendre une décision qui engage toute la famille… autant d'interrogations et de défis auxquels sont confrontés Royko et David, Ekio, Kento et les autres. Ils assistent à la métamorphose du paysage (on rase des forêts et des montagnes) et nous parlent du rapport traditionnel à la nature bouleversé par la catastrophe.
habitants. Juste après la catastrophe, ils n’étaient plus que 10.000. Depuis certains sont revenus mais les doutes et les angoisses pour l’avenir persistent. Durant deux ans, Alain de Halleux a suivi des habitants et des familles de cette petite ville. Ils affrontent au quotidien un ennemi invisible, la radioactivité, qui compromet le futur de cette région et du pays. En partant à la rencontre de familles,

Un docu de 60' produit par simple production, crescendo film et la RTBF , Réalisateur : ​ALAIN DE HALLEUX

Ces drones qui vont changer nos vies

Source : http://www.rts.ch
17/03/2013

Ils ont été au coeur de l'élection présidentielle américaine pour leur utilisation militaire. Mais les drones sont de plus en plus utilisés dans le civil. Sauveteurs, paparazzis, ou policiers : tous y ont recours. Mais des atteintes à la vie privée aux détournements terroristes, il y a des risques.

1 avril 2013

Quand la chimie contamine notre eau

Réalisateur: Peter Podjavorsek

Comment lutter contre la pollution croissante de l’eau ?

Peut-on boire sans crainte l’eau du robinet ? C’est ce qu’'affirme Janez Potocnik, commissaire européen en charge de l’environnement. Mais les scientifiques qui analysent les substances rejetées dans nos eaux se montrent plus réservés. En effet, ils observent chez les poissons et les amphibiens des troubles de la masculinisation, des hypertrophies du foie et des branchies... Chez l’homme, les phénomènes d’allergies et de résistance aux antibiotiques progressent. La biologiste Barbara Demeneix a décelé dans l’eau des molécules perturbant le fonctionnement de la thyroïde. Écotoxicologue, Peter von der Ohe plaide pour une révision des protocoles expérimentaux d’analyse des eaux : selon lui, trop peu de substances sont testées, et sans que les équilibres complexes de la chaîne alimentaire ne soient pris en compte. Résultat : les estimations des seuils de tolérance à ces substances sont trop hauts et le scientifique estime que seules 15% de nos eaux sont propres. Mais dans les pays en voie de développement, la situation est plus dramatique encore : en Inde, où l’industrie pharmaceutique européenne a délocalisé une partie de sa production, le chercheur Joakim Larsson a mesuré des concentrations en antibiotiques un million de fois supérieures à la normale. Maladies chroniques, fausses couches, naissance de nourrissons handicapés se multiplient. Un constat qui invite à se mobiliser : les scientifiques en appellent à la responsabilité des industriels et aux autorités administratives et explorent des solutions pour dépolluer l’eau.

26 mars 2013

SYRIE : LES IMPLICATIONS RÉGIONALES DE LA CRISE

Source : http://ddc.arte.tv
english  SYRIA: IMPLICATIONS FOR REGIONAL CRISIS



Les acteurs régionaux et internationaux observent avec la plus grande attention l’évolution de la situation en Syrie. En effet, la crise syrienne a des conséquences qui dépassent largement le cadre de son territoire : migrations, instabilité, enjeux économiques… Le Dessous des Cartes passe en revue les relations que la Syrie entretient avec ses voisins pour tenter de comprendre leurs positions respectives à l’égard de la crise syrienne.




Lectures

Moyen-Orient n° 12 - Dossier « La Syrie, le régime Al-Assad en sursis »
Hamit Bozarslan, Hélène Michou et Barah Mikaïl, Fabrice Balanche, Ignace Leverrier, Tigrane Yégavian, Agustín Galli, Rim Khouni Messaoud
Areion
11 & 12 2011
"La Tunisie et l’Égypte tentent de trouver la voie de la transition démocratique, la Libye découvre la liberté après quarante-deux années de règne de Mouammar Kadhafi… La Syrie vient de vivre un « été de l’autoritarisme ». Les images qui nous parviennent de villes comme Hama ou Homs montrent une répression des plus féroces du régime de Bachar Al-Assad contre son peuple. Depuis le 15 mars 2011, début des protestations, au moins 2 600 personnes ont perdu la vie, selon l’ONU. Le président syrien a bien appris la leçon : un dictateur ne doit jamais reconnaître son manque de légitimité, erreur qui avait coûté leur « trône » à Zine el-Abidine ben Ali et à Hosni Moubarak. Au mois de juillet 2011, beaucoup d’analystes pensaient que le ramadan allait signer la fin d’un régime en sursis et de plus en plus isolé. Or, fin septembre, le clan Al-Assad régnait toujours sur Damas. Le dossier de notre numéro revient notamment sur la construction du pouvoir du parti Baas afin de mieux comprendre les enjeux que poserait la fin du régime tant pour les Syriens que pour la région (...)" Extrait de l'éditorial.
À commander sur le site : http://www.moyenorient-presse.com/?p=1010


Arabie heureuse ? - Outre-Terre n° 29
Nombreuses contributions - Sous la responsabilité rédactionnelle de Julien Nespola
11/2011
Les divers articles du dossier intitulé "Arabie heureuse ?" de ce numéro d'Outre-Terre se répartissent en huit chapitres :

- Arabies du Monde
- Cloisons maghrébines
- Première tunisienne
- La campagne de Libye
- Au pays des Sphinx
- Échelles du Levant
- Infortune du Golfe
- Psychanalyse et Géopolitique

À commander sur le site : http://outreterre.com/?p=566
Le « printemps arabe » : un premier bilan
Sous la direction de Bichara Khader
Cetri/Syllepse - Collection : Alternatives Sud
« Révoltes ou révolutions, les soulèvements populaires apparus dans le monde arabe en 2011 ont renversé ou défient toujours les régimes autoritaires et leurs autocrates délégitimés. Mouvements d’affirmation sociale, politique et identitaire, portés par des exigences de liberté et d’égalité, de reconnaissance et de redistribution, ils ont balayé la fiction de "l’exception arabe" et rouvert le champ des possibles au Maghreb et au Moyen-Orient.
Pour quelles transitions, vers quels horizons ? Déstabilisation de la région, crispation des acteurs, démocratisation des structures, récupération des aspirations, radicalisation des options, explosion des conflits, émancipation des peuples... ?
Au-delà des traits communs aux sociétés arabes contemporaines, les scénarios varient d’un pays à l’autre. Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Syrie, Jordanie, Yémen, Bahreïn, Arabie saoudite, etc., ils sont tous concernés, directement ou indirectement, par des épisodes plus ou moins répressifs, plus ou moins sanglants. Quels premiers grands bilans tirer de ces soulèvements ? Quelles promesses contiennent-ils et quels risques pèsent sur leurs aboutissements ? La mise à plat de la genèse du « printemps arabe », de ses acteurs sociopolitiques locaux, nationaux et internationaux, de ses facteurs culturels, démographiques et économiques, mais aussi des rôles joués par l’Europe et les États-Unis, aide à lire un réel particulièrement complexe et, plus loin, à évaluer le potentiel libérateur d’une dynamique de changement social et d’autodétermination ». Éditorial par Bichara Khader.
À commander sur le site : www.cetri.be/spip.php?rubrique138

Agenda

Louvre : le nouveau département des Arts de l’Islam
Musée du Louvre
À partir du 22 septembre 2012
Le département des Arts de l’Islam est le dernier-né des départements du musée du Louvre.
Créé en 2003, en chantier depuis 2008, il ouvre ses portes le 22 septembre 2012 dans des espaces entièrement nouveaux et repensés, donnant ainsi à ses collections la place qu’elles méritent au sein du musée.
Vingt ans après le grand chantier de la pyramide, la création du nouveau département des Arts de l’Islam au sein du musée du Louvre représente une étape décisive dans l’histoire du palais et du musée.
À la fois architectural, culturel, artistique et civilisationnel, ce nouveau département, sous la direction de Sophie Makariou, convie le visiteur à un véritable voyage sensible au cœur de sa collection islamique. Carrefour de dialogue entre les cultures, il présente la face lumineuse d’une civilisation qui engloba en son sein une humanité infiniment variée et riche.
Ce sont les architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti qui ont relevé le défi de couvrir la cour Visconti d’une verrière ondulante qui crée une surface de 2 800 m2 d’exposition tout en préservant les façades historiques.
Le département des Arts de l’Islam expose près de 3 000 œuvres originaires de l’Espagne à l’Inde, datant du VIIIe au XIXe siècle.
Et il conserve 18 000 œuvres issues des collections du Louvre et d’un dépôt important consenti par le musée des Arts Décoratifs en 2005.

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