"Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux ..." ( Confucius )
30 novembre 2012
La fabrique de pauvres : Comment expliquer l’explosion du nombre de pauvres en Europe ?
Documentaire de Lourdes Picareta (2012, 52 Mn)
11 millions en Allemagne, 9 millions en France : c’est le nombre de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté dans ces deux pays, pourtant parmi les plus riches d’Europe. Cette misère n’est ni un choix ni une fatalité. Elle est le produit d’un changement de paradigme économique et politique ayant débouché sur un nouveau système. En Allemagne, des mères de famille jonglent entre des allocations chômage dérisoires et des "minijobs" à 400 euros. Dans les cités françaises, l’ascenseur social est en panne. En Espagne, les services sociaux sont asphyxiés par la baisse des crédits et des familles endettées se retrouvent à la rue alors même que les banques ne parviennent plus à vendre les logements vacants qu’elles ont saisis. Autant de témoignages qui illustrent une pauvreté "héritée" dès l’enfance et le sentiment d’impuissance et de honte de ceux qui en sont victimes.
Sociologues et politologues mettent en garde : dans des sociétés européennes "en situation d’urgence", le démantèlement de l’État-providence pourrait bien être une bombe à retardement. La fabrique de pauvres est un film un peu à part dans la collection : il a été coproduit spécialement par ARTE .
The Brussels Business qui contrôle vraiment l'Union Européenne ?
Réalisateur : Friedrich Moser , Matthieu Lietaert
2012 Durée : 58min
A feature-length documentary about the growing influence of lobbies on the decision-making process in the European institutions. The film explores the operations and business opportunities Brussels and its impact.
In the early 90s, two young men realize the impact of lobbying on EU decisions taken in Brussels. The first embarks on an investigation and struggle, and becomes the railing lobbies the European Union and the second becomes a senior lobbyist of 40 multinationals.
The film goes behind the scenes of lobbies, secret networks of power and corporate influence on European decisions taken in Brussels. In other words, this is an unofficial version of European Integration since the 80s, the history of neoliberal influence in European politics.
At a time when Europe is experiencing an unprecedented recession which could well lead to the collapse of the global economy, this film tries to answer a question that millions of us ask ourselves: Who really runs the European Union?
Un long-métrage documentaire sur l’influence grandissante des lobbies sur le processus de décision dans les institutions européennes. Le film explore les opérations et les opportunités du Business bruxellois ainsi que ses répercussions.
Au début des années 90, deux jeunes hommes se rendent compte de l’impact considérable des lobbies sur les décisions de l’Union européenne prises à Bruxelles. Le premier se lance alors dans une enquête et une lutte, et devient le garde-fou des lobbies de l’Union européenne ; le second devient un lobbyiste haut placé de 40 multinationales.
Le film dévoile les coulisses des lobbies, les réseaux secrets du pouvoir et l’influence des grandes entreprises sur les décisions européennes prises à Bruxelles. Autrement dit, c’est une version officieuse de l’Intégration européenne depuis les années 80, l’histoire de l’emprise néolibérale dans la politique européenne.
A l’heure où l’Europe connaît une récession sans précédent qui pourrait bien mener à l’écroulement de l’économie mondiale, ce film tente de répondre à une question que des millions d’entre nous se posent : Qui dirige réellement l’Union européenne ?
5 avril 2010
Au Honduras, la normalisation par la guerre sale
Depuis la farce électorale du 29 novembre 2009 destinée à blanchir le coup d’Etat militaire du 28 juin contre le président Manuel Zelaya, la « médiacratie » a bien fait les choses : avec la bénédiction des Etats-unis et de l’Europe, le Honduras aurait retrouvé la démocratie.
Or, voilà que les masques du prétendu « gouvernement de réconciliation nationale » tombent. Comme dans les années 1980, le pouvoir a entrepris une campagne de liquidation sélective des militants et dirigeants du Front national de résistance populaire (FNRP), à travers des escadrons de la mort qui sévissent en toute impunité. Le 23 mars, le professeur Manuel Flores a été abattu dans son établissement, San José de Pedregal, devant ses élèves et collègues. Dirigeant syndical du Collège des professeurs de l’enseignement secondaire, il était également membre du Parti socialiste centraméricain. Le 26 mars, des journalistes du Canal 4 de Juticalpa, Ballardo Mairena et Manuel Juarez, ont été criblés de balles par des hommes armés qui leur avaient tendu une embuscade. Ces deux morts s’ajoutent aux cinq journalistes assassinés en quelques mois par le régime du président Porfirio Lobo.
Le 25 mars, onze dirigeants syndicaux de l’Enseignement supérieur de l’Université nationale autonome du Honduras (UNAH) ont été arrêtés, ligotés et enchaînés comme des malfrats. Dans le département d’Atlantidá, cinq paysans ont été abattus depuis le début de l’année, dont José Antonio Cardoza et José Carias, du Mouvement unifié des paysans d’Aguán (Muca). Le défenseur de la forêt, Francisco Castillo, a également été liquidé.
La haut-commissaire aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), Mme Naty Pillay, a demandé le 15 mars que s’ouvre une enquête sur « les cas de violations du droit à la vie, torture, arrestations arbitraires et viols » au Honduras.
Le coup d’Etat préventif du 28 juin 2009 était bien un avertissement à tous les peuples d’Amérique latine, une tentative de coup d’arrêt, d’intimidation envers l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), et visait à refaire du Honduras le gendarme américain en Amérique centrale.
Renforcée, plurielle, inventive, non-violente, l’opposition hondurienne, rassemblée au sein du FNPR, ne désarme pas. Elle va entreprendre, d’avril à juin, une grande consultation nationale pour recueillir les signatures de 30 % des électeurs en vue d’exiger une Assemblée constituante débouchant sur la refondation du pays, par l’élaboration d’une constitution ayant désormais pour garant le peuple et non l’armée et l’oligarchie.
L’Union européenne se tait ; elle a repris tant ses relations avec Tegucigalpa que les négociations commerciales avec l’ensemble de l’Amérique centrale – dont fait partie le Honduras – pour signer en mai prochain un traité de libre commerce.
28 février 2010
L’objectif de l’UE en matière de biocarburants va provoquer une gigantesque famine
Selon l’association ActionAid, la décision de l’Union européenne de porter sa consommation de bio-carburants à 10% du total de ses carburants en 2020 a d’ores et déjà des effets catastrophiques en Afrique (voir document téléchargeable en bas de page).
Selon le Fonds monétaire international, la culture de bio-carburants, alors surtout destinée aux Etats-Unis, a déjà provoqué en 2008 une hausse des prix des denrées alimentaires de 20 à 30 %.
L’usage de bio-carburants vise à la fois à diversifier l’approvisionnement en énergie et à répondre à la pression des partis Verts.
La superficie de terres nécessaire à la production de bio-carburants pour atteindre l’objectif de l’Union européenne est de 17,5 millions d’hectares, soit environ le tiers de la surface de la France métropolitaine. Ce seront autant de terres qui ne serviront plus aux cultures vivrières des populations pauvres.
Dans le cas, ou les USA et l’Union européenne poursuivraient leur politique, la hausse des prix des denrées alimentaires devrait atteindre 76 % d’ici 2020.
600 millions de personnes seraient alors en proie à la famine.
Documents joints
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Meals per gallon, rapport d’Action Aid. (PDF - 1022.8 ko) |
23 novembre 2009
Union européenne : un président pour quoi faire ?
vendredi 20 novembre 2009
PERMALINK
Le Conseil européen a désigné, jeudi 19 novembre, son président pour deux ans et demi. Il s’agit du Belge Herman Van Rompuy. Les Vingt-sept ont nommé, en outre, le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. C’est la Britannique Catherine Ashton qui a été choisie. Elle succède à M. Javier Solana, ancien secrétaire général de l’OTAN qui occupait un poste équivalent à Bruxelles. Cette décision confirme le choix atlantiste de l’Union européenne. Or, comme l’a souligné l’ancien ministre français des affaires étrangères, Hubert Vedrine, l’Europe peut-elle affirmer une identité propre si elle se fond dans le bloc occidental ?
Beaucoup déplorent l’absence de transparence des désignations qui viennent d’avoir lieu et le manque d’envergure des personnalités nommées. Si cela correspond à la volonté des grands Etats, notamment l’Allemagne, de conserver le contrôle sur l’évolution des événements, on peut aussi s’interroger sur le sens même de ces innovations institutionnelles.
Initialement, les Vingt-Sept voulaient donner un visage à l’Union et coordonner son action internationale. Cependant, la présidence permanente du Conseil européen, qui vient d’être lancée, ne supprime pas l’actuelle présidence tournante de six mois ; elle s’y ajoute. La répartition des tâches entre les deux reste à fixer. En outre, les rapports entre ces instances, le Haut représentant, et le président de la Commission, qui conserve ses compétences en matière d’aide au développement et de coopération, sont encore flous. En l’absence d’une hiérarchie claire entre ces quatre fonctions, la direction de l’action extérieure de l’Union est potentiellement quadricéphale…
Facteur aggravant : tout cela se développe loin des peuples. Depuis que les chefs d’Etat et de gouvernement ont choisi de faire ratifier le traité de Lisbonne en écartant la tenue de référendums – à l’exception de l’Irlande, obligée d’y recourir par sa Constitution –, l’Union européenne semble renoncer sciemment à combler le fameux « déficit démocratique » dénoncé par la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe.
La sophistication du mécano institutionnel européen ressemble à une fuite en avant devant la nécessité de penser une Europe politique et démocratique. Moins les Vingt-Sept ont de vision commune du monde, plus ils multiplient les procédures, se donnant ainsi l’air d’agir sans résoudre les problèmes de fond, et en particulier celui de la légitimité démocratique de la construction européenne.
Dans le Monde diplomatique :
- « Où l’on reparle du “déficit démocratique” », par Anne-Cécile Robert, septembre 2009.
Marqué par le péché originel — le dédain du suffrage universel —, le traité de Lisbonne a essuyé un nouveau revers inattendu. Après le « non » irlandais du 12 juin 2008, c’est la Cour constitutionnelle allemande qui tire la sonnette d’alarme, dans un arrêt rendu le 30 juin dernier.
- « Fin de la mondialisation, commencement de l’Europe ? », par Frédéric Lordon, « Simulacre européen », par Serge Halimi, et « Dès les années 1950, un parfum d’oligarchie, par Antoine Schwartz et François Denord, juin 2009.
Un à un, les piliers juridiques de l’Union chancellent sous l’impact de la crise économique. Ces dérèglements seraient-ils l’occasion de repenser radicalement le projet européen ? Un détour par l’histoire y incite.
- « Le Parlement européen revient de loin mais va-t-il quelque part ? » (A.-C. R.), La valise diplomatique, 29 mai 2009.
Les prérogatives du Parlement européen ne suffisent pas à en faire une véritable assemblée législative. Parent pauvre de la construction européenne, tous ses pouvoirs lui sont chichement comptés. En effet, depuis l’origine, sa légitimité est contestée.
- « Anniversaire en demi-teinte pour l’euro », par Laurent Jacque, février 2009.
La crise financière révèle tout autant les faiblesses que les atouts de cette devise née il y a dix ans. Secouée dans ses fondements économiques, l’union monétaire se lézarde.
- « Et la crise sociale a rattrapé le Parlement européen » (A.-C. R.), mars 2009.
Une jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes, qui légalise le dumping social, a provoqué fin 2008 un débat révélateur chez les députés.
- « Gentils étudiants sous influence », par Ornella Guyet, Maxime Sauvêtre et Eric Scavennec, octobre 2008.
Soutenu par les pouvoirs publics, des personnalités politiques et des entreprises, le Parlement européen des jeunes professe une curieuse vision du monde, entre business et bons sentiments.
- « Si tu veux l’Europe, prépare la guerre », par Pierre Rimbert, octobre 2008.
Un demi-siècle après le traité de Rome, il ne s’agirait plus de faire l’Europe pour faire la paix. Mais de faire la guerre pour faire l’Europe.
- « Des “Européens” hors-sol et hors classes », par Bernard Cassen, juillet 2008. L’« idéologie européenne » passée au crible à travers quatre ouvrages récents.
- « Irlande », par Serge Halimi, juillet 2008.
Peu après le rejet par une large majorité d’Irlandais du traité de Lisbonne, la plupart des dirigeants européens firent savoir que le processus de ratification continuait... Que ses élites attentent à la souveraineté populaire, l’« Europe » en a l’habitude ; cela devient sa marque de fabrique.
- « L’Union européenne d’une crise à l’autre » (A.-C. R.), la valise diplomatique, juin 2008.
Après le « non » irlandais au traité de Lisbonne, l’embarras règne dans les capitales européennes. Réunis à Bruxelles, le 16 juin, les ministres des affaires étrangères ont suggéré… d’attendre.
- « Le meilleur de l’Europe pour les femmes », par Violaine Lucas et Barbara Vilain et une carte de Philippe Rekacewicz, mai 2008.
L’association française Choisir la cause des femmes s’est lancée depuis 2005 dans un pari : ébaucher une Europe où l’harmonisation se ferait par le haut plutôt que par le bas, et qui accroîtrait le bien-être de ses citoyens — ou, en l’occurrence, de ses citoyennes.
- « Résurrection de la « Constitution » européenne » (B. C.), décembre 2007.
En optant pour la ratification parlementaire d’un traité pratiquement identique à celui qui avait été rejeté par référendum en 2005, Nicolas Sarkozy élargit la fracture entre les citoyens et l’appareil institutionnel de l’Union européenne.
- « Quelles frontières et quel projet pour l’Union ? », par Michel Foucher, mai 2007.
Comment s’affirmer comme sujet politique, via l’approbation d’un texte présenté comme constituant, dans une situation marquée par l’insécurité économique et géopolitique ?
- « Un Parlement trop sensible aux pressions », par Françoise Castex, janvier 2007.
Peu d’analyses remettent en cause le fonctionnement de l’Union européenne et, par voie de conséquence, peu de propositions émergent pour combler ledit déficit.
- « Pour une Europe de l’innovation démocratique » (B. C.), juillet 2005.
Loin d’être accidentel, le rejet de l’Europe libérale traduit une coupure philosophique entre dirigeants et citoyens. C’est seulement de ces derniers que pourra naître une refondation démocratique de l’Union.
- « De la rébellion à la reconstruction » (A.-C. R.), juin 2005.
En disant « non » au traité constitutionnel, la majorité des Français ont aussi dit « oui » à des changements profonds, dans leur pays comme à l’échelle de toute l’Europe.
- « Rêve américain, rêve européen », par Jeremy Rifkin, avril 2005.
Vue d’outre-Atlantique, l’Europe apparaît à une partie de la gauche américaine comme un immense espoir. Face au rêve mortifère du gouvernement des Etats-Unis, le Vieux Continent aurait tracé une carte routière visionnaire pour rejoindre une nouvelle terre promise, vouée à la réaffirmation de l’instinct de vie et de l’indivisibilité de la planète. Un point de vue surprenant...