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22 mai 2013

Mali : faut-il crier victoire ?

Source : http://oeil-sur-la-planete.france2.fr
22/04/2013

Si les succès militaires de l’opération Serval sont indéniables, notamment avec la destruction de sanctuaires d’Aqmi, et si le président de la République annonce un retrait progressif de nos troupes, ce pays est loin d’être pacifié et nos otages n’ont pas été libérés. Pire, en Afrique, la France est devenue l’ennemi numéro 1 des groupes islamistes.
Alors, attention au triomphalisme. La victoire militaire sur le terrain peut être un leurre. Il n’y aura pas de paix durable au Mali tant que l’on ne prendra pas en compte les questions de pauvreté, les revendications des Touaregs, l’islamisation de la société ou les problèmes de gouvernance locale.

Repères


  • Les reportages
Les cinq reportages réalisés par les équipes de la rédaction du magazine permettent de mettre en lumière la complexité de la reconstruction du Mali après guerre.

Chroniques de Gao. (Loïc de la Mornais et Nicolas Bertrand


La bataille des Ifoghas. (Franck Genauzeau)


La question Touareg (Laurent Hamida et Olivier Joulie)


La malédiction de l’or. (Anne Poiret et Thierry Breton)


Quel Islam pour le Mali ? (Sophie Claudet et Régis Mathé)



En savoir plus...

Avertissement du Ministère des Affaires étrangères Le tourisme au Mali reste formellement déconseillé
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lire
  • Le développement économique
Économie du Mali Wikipédia
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La coopération décentralisée pour relancer l’économie malienne RFI 19 mars 2013
>lire
L’économie malienne est résiliente face à la crise La Banque Mondiale 14 mars 2013
>lire
Mali : le contexte économique Champagne-Ardenne-Export 3 mars 2013
>lire
  • Les Touaregs
Mali : les Touaregs noirs pour une loi criminalisant l’esclavage l’Hebdo 22 mars 2013
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Guerre au Nord-Mali : Question touarègue et pauvreté aux racines de la colère Le Huffington Post 25 mars 2013
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Coulibaly : « Les touaregs ne seront jamais le problème du Mali » TV5Monde 13 mars 2013
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Mohamed ag Ossade : les touaregs du Mali ne doivent pas s’isoler alQarraTV le 25 janvier 2013 repris sur YouTube le 9 mars 2013
>voir la vidéo
Comment un ingénieur polyglotte devient un combattant touareg Rue89 12 mars 2013
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  • Les visages de l’Islam
Les problèmes de l’islam au Mali bamada.net 17 janvier 2013
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Pasteur Nouh Ag Infa réagit à la plateforme Politique d’Ansar Dine : « Ansar Dine veut l’autonomie du nord du Mali et y appliquer la loi islamique » maliweb.net 25 mars 2013
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  • Gao
L’historique de la ville article Wikipédia
>lire
Au Mali, le parcours étonnant de Sadou Diallo, maire de Gao et businessman franceinfo 28 mars 2013
>écouter et lire

15 février 2013

Malices au Mali : l’ancien colonisateur protège aussi l’Uranium

Par Trifou
Source : http://gen4.fr
16/01/2013
english  Tricks in Mali: the former colonizer also protects the Uranium

Bien sûr, la situation au Nord-Mali était devenue insupportable aux thuriféraires de la démocratie, bien sûr l’ancien colonisateur en – léger – retrait de la situation depuis 1958 1 évoque assez hypocritement des liens “d’amitié” et un soi-disant mandat obtenu d’on ne sait quel dirigeant d’opérette 2, bien sûr les Djihadistes armés imposent au Nord du pays une “Salafisation” radicale 3 et parfois brutale ; les motifs d’une intervention militaire Française dans cette région du Sahel ne manquent donc pas, mais il est cependant indispensable d’en rajouter un que les médias Français évoquent beaucoup moins : l’Uranium.

L’Uranium extrait au Niger à une portée de canon des zones réclamées pas les Islamistes

 

L’Uranium alimentant les centrales nucléaires Françaises 4 est principalement extrait 5 des mines d’Arlit et d’Imouraren, situées à 300 Km à peine de la frontière séparant Niger et Mali et susceptibles d’être un jour ou l’autre “annexées” par les combattants Islamistes venus du Nord.

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Il y aurait beaucoup à dire sur les conditions d’exploitation de ces gisements par les Français de COGEMA puis d’AREVA mais d’autres s’en sont magnifiquement chargé bien avant nous ; retenons simplement que cette prospection n’était ni convenablement rétribuée – le minerai étant rétribué à la moitié environ de sa valeur au gouvernement Nigérien – ni proprement récupéré car les témoignages de pollution chimique 6, radioactive et d’épuisement des nappes phréatique locales 7 sont aussi cohérents qu’accablants pour l’exploitant.

Malice au Mali : l'ancien colonisateur protège également l'Uranium
Une partie de la mine à ciel ouvert d’Arlit (Niger)

Il faut rappeler que l’enlèvement régulier de salariés d’Areva par des “insurgés”, qu’ils fassent partie des “innombrables” Touaregs locaux 8 ou des intrus Islamistes venus du Nord est en partie motivé par des comportements méprisants à l’égard des populations locales aussi bien que par l’attrait de compensations financières relativement faciles à obtenir en échange de la libération desdits otages.

Les prospections uranifères de Faléa : un gisement de stature “mondiale”

 

Mais revenons au Mali : l’essentiel du gisement Uranifère d’Arlit s’épuisant 9 et le gisement d’Imouraren n’étant pas encore exploité à sa capacité nominale, les Français recherchaient une alternative Uranifère qu’ils semblent avoir récemment découvert à Faléa, à l’extrême Ouest du Mali.

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Située à plus de 2000 km à l’Ouest des mines d’Arlit et très près de la frontière Sénégalaise 10, les prospections Uranifères effectuées dès les années 1970 par COGEMA assisté d’experts géologues du BRGM 11 et d’experts locaux avaient déjà révélé les capacités impressionnantes de ce gisement.

L’ambassadeur de France à Bamako aurait révélé en 2011 qu’Areva était “déjà choisi” par les autorités Maliennes pour exploiter ce gisement

 

Selon une organisation locale de protection de l’environnement 12, nonobstant les récents déboires financier du géant Français du nucléaire, ce dernier se serait déjà vu théoriquement attribuer le contrat d’exploitation, aux dires de l’ambassadeur Français au Mali.

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Si la mine de Faléa se situe à l’autre extrémité du Mali par rapport aux territoires colonisés par les Jihadistes 13 son exploitation n’en serait pas moins fragilisée par des troubles s’étendant dans le pays, facilités par l’immensité des territoires et la perméabilité de frontières symboliques et hétéronomes 14 que l’immensité de cette partie du continent Africain 15 favorise bien malgré elle.

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La “ceinture” Sahélienne s’étend du Sénégal à Djibouti


Sources :

- Guerre au Mali : sécuriser notre approvisionnement en uranium, S. Lhomme sur rue89, 15113

- La guerre de l’ Uranium au Mali ? Avec EELV !, zebuzzeo, 16113

- War for uranium, blog de superno, 15113

- Mali – A deux pas des combats, Areva et sa mine d’uranium d’Imouraren, mise en service fin 2013 au Niger, 6e producteur mondial d’uranium, filpaccgt, 13113

- Pourquoi la France entre en guerre au Mali, rue89, 12113 (lire également les commentaires)

- Sahel : Uranium, néocolonialisme et islamisme, lce-algerie, 51111
- Le Niger, pays stratégique pour Areva, Le Monde, 16910
- Le dossier de la CRIIRAD sur les pollutions radioactives constatées autour des mines d’uranium, 2010

- Scandale de l’uranium au Niger et Un scandale nommé COGEMA, Belbéoch, 2005
- Dossier des exploitations d’Uranium, beyond nuclear, 2008 (données sur la pollution des aquifères)


(1338)
  1. Il s’agit bien évidemment de la France qui a occupé le pays de 1891 à 1958
  2. L’actuel “Président” intérimaire a été installé par l’homme qui tire les ficelles en coulisse, le Capitaine Sanogo (lui-même “formé” aux USA)
  3. Radicalisation qui n’est pas forcément si mal perçue par les habitants des régions “envahies”, voir ici
  4. Ainsi qu’une partie des unités de production électronucléaires situées à l’étranger mais alimentées par les minerais exploités par Cogema / Areva
  5. Les mines Nigériennes représentant environ 30% de la production mondiale Uranifère actuelle
  6. Phosphates et nitrates
  7. L’extraction des Uranifères consomme énormément d’eau, sur un gisement de cette ampleur l’estimation est fixée à plusieurs dizaines de milliers de m3 par journée d’exploitation
  8. 5 otages ayant été mystérieusement enlevés puis libérés par ces populations en 2008
  9. 70% de l’Uranium d’Arlit aurait été extrait ainsi que les indispensables ressources aquifères locales connexes qui s’épuisent à la même vitesse
  10. Rappelons que quelques 300 militaires Français stationnent toujours à Dakar
  11. Bureau (Français) de Recherches Géologiques et Minières
  12. l’Association des Ressortissants et Amis de la Commune de Faléa
  13. Le Jihadiste est le croyant pratiquant l’effort et la lutte, un combat souvent symbolique et moral mais parfois armé – la Chari’a – une obligation visant à conquérir les territoires infidèles pour étendre la zone d’influence Islamique
  14. Les frontières des Etats de cette zone ayant été souvent dessinées par des non-Africains !
  15. La “ceinture Sahélienne” s’étend ainsi au Sud du Sahara sur une bande de près de 5000 km du Sénégal (Ouest) à Djibouti (Est)

26 janvier 2013

Mali : une guerre peut en cacher une autre

Par Thierry Meyssan
Source : http://www.voltairenet.org
21/01/2013

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Préparée de longue date et annoncée par François Hollande six mois à l’avance, l’intervention française au Mali a été présentée comme une décision prise en urgence en réponse à des développements dramatiques. Cette mise en scène ne vise pas seulement à s’emparer de l’or et de l’uranium maliens, elle ouvre surtout la voie à une déstabilisation de l’Algérie.

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Depuis Nicolas Sarkozy avec Laurent Gbagbo, Mouammar el-Kadhafi et Bachar el-Assad, la diplomatie française pratique le baiser de Judas. Ici le président François Hollande venu à Alger embrasser son homologue Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012. Trois semaines plus tard, il allumera la guerre au Mali pour enflammer l’Algérie.
©Présidence de la République 
 
« L’appétit vient en mangeant », dit le proverbe. Après avoir recolonisé la Côte d’Ivoire et la Libye, puis tenté de s’emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l’Algérie à revers.

Durant l’attaque de la Libye, les Français et les Britanniques ont fait un large usage des islamistes pour combattre le pouvoir de Tripoli, les séparatistes de Cyrénaïque n’étant pas intéressés à renverser Mouammar el-Kadhafi une fois Benghazi indépendante. À la chute de la Jamahiriya, j’ai personnellement été témoin de la réception des dirigeants d’AQMI par des membres du Conseil national de transition à l’hôtel Corinthia, qui venait d’être sécurisé par un groupe britannique spécialisé venu exprès d’Irak. Il était évident que la prochaine cible du colonialisme occidental serait l’Algérie et qu’AQMI y jouerait un rôle, mais je ne voyais pas quel conflit pourrait être utilisé pour justifier une ingérence internationale.

Paris a imaginé un scénario dans lequel la guerre pénètre en Algérie par le Mali.

Peu avant la prise de Tripoli par l’OTAN, les Français parvinrent à soudoyer et à retourner des groupes Touaregs. Ils eurent le temps de les financer abondamment et de les armer, mais il était déjà bien tard pour qu’ils jouent un rôle sur le terrain. Une fois la guerre finie, ils retournèrent dans leur désert.

Les Touaregs sont un peuple nomade vivant au Sahara central et sur les bordures du Sahel, soit un vaste espace partagé entre la Libye et l’Algérie, le Mali et le Niger. S’ils ont obtenu la protection des deux premiers Etats, ils ont au contraire été délaissés par les deux derniers. Par conséquent, depuis les années 60, ils n’ont cessé de remettre en question la souveraineté du Mali et du Niger sur leurs terres. Bien logiquement, les groupes armés par la France décidèrent d’utiliser leurs armes pour faire aboutir leurs revendications au Mali. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) prend le pouvoir dans presque tout le Nord-Mali où il habite. Cependant, un groupuscule d’islamistes touaregs, Ansar Dine, rattaché à AQMI, en profite pour imposer la charia dans quelques localités.

Le 21 mars 2012, un étrange coup d’État est perpétré au Mali. Un mystérieux « Comité pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État » (CNRDRE) renverse le président Amadou Toumani Touré et déclare vouloir restaurer l’autorité malienne au Nord du pays. Il en résulte une grande confusion, les putschistes étant incapables d’expliquer en quoi leur acte améliorera la situation. Le renversement du président est d’autant plus bizarre qu’une élection présidentielle était prévue cinq semaines plus tard et que le président sortant ne se représentait pas. Le CNRDRE est composé par des officiers formés aux États-Unis. Il empêche la tenue de l’élection et transmet le pouvoir à un des candidats, en l’occurrence le francophile Dioncounda Traore. Ce tour de passe-passe est légalisé par la CEDEAO, dont le président n’est autre qu’Alassane Ouattara, mis au pouvoir un an plus tôt par l’armée française en Côte d’Ivoire.

Le coup d’État accentue la division ethnique du pays. Les unités d’élite de l’armée malienne (formées aux USA) ayant un commandement touareg rejoignent la rébellion avec armes et bagages.
Le 10 janvier, Ansar Dine —appuyé par d’autres groupes islamistes— attaque la ville de Konna. Il quitte donc le territoire touareg pour étendre la loi islamique au Sud du Mali. Le président de transition Dioncounda Traore décrète l’état d’urgence et appelle la France au secours. Paris intervient dans les heures qui suivent pour empêcher la prise de la capitale, Bamako. Prévoyant, l’Élysée avait pré-positionné au Mali des hommes du 1er Régiment parachutiste d’infanterie de marine («  la coloniale  ») et du 13e Régiment de dragons parachutistes, des hélicoptères du COS, trois Mirage 2000D, deux Mirage F-1, trois C135, un C130 Hercule et un C160 Transall.

En réalité, il est fort peu probable qu’Ansar Dine ait représenté une menace réelle, car la vraie force combattante, ce ne sont pas les islamistes, mais les nationalistes touaregs, lesquels n’ont aucune ambition au Sud du Mali.

Pour conduire son intervention militaire, la France demande l’aide de nombreux États, dont l’Algérie. Alger est piégé : accepter de collaborer avec l’ancienne puissance coloniale ou prendre le risque d’un reflux des islamistes sur son sol. Après hésitation, il accepte d’ouvrir son espace aérien au transit français. Mais en définitive, un groupe islamiste non identifié attaque un site gazier de British Petroleum au Sud de l’Algérie en accusant Alger de complicité avec Paris dans l’affaire malienne. Une centaine de personnes sont prises en otages, mais pas seulement des Algériens et des Français. Le but est manifestement d’internationaliser le conflit en le transportant en Algérie.

La technique d’ingérence française est une reprise de celle de l’administration Bush : utiliser des groupes islamistes pour créer des conflits, puis intervenir et s’installer sur place sous prétexte de résoudre les conflits. C’est pourquoi la rhétorique de François Hollande reprend celle de « la guerre au terrorisme », pourtant abandonnée à Washington. On retrouve dans ce jeu les protagonistes habituels : le Qatar a pris des parts dans de grandes sociétés françaises installées au Mali, et l’émir d’Ansar Dine est proche de l’Arabie saoudite.

Le pyromane-pompier est aussi un apprenti sorcier. La France a décidé de renforcer son dispositif anti-terroriste, le plan Vigipirate. Paris ne craint pas une action des islamistes maliens sur le sol français, mais le reflux des jihadistes de Syrie. En effet, durant deux ans, la DCRI a favorisé le recrutement de jeunes musulmans français pour se battre avec l’ASL contre l’État syrien. Du fait de la débandade de l’ASL, ces jihadistes reviennent actuellement au pays natal où ils pourraient être tentés, par solidarité avec Ansar Dine, d’utiliser les techniques terroristes qu’on leur a appris en Syrie.

 
Source
Al-Watan (Syrie)

5 novembre 2012

Le Désert De Tous Les Dangers


DL 

Des couples non mariés flagellés en public, des voleurs amputés de la main ou du pied : de Gao à Tombouctou, le Nord du Mali est dominé depuis six mois par des milices islamistes qui imposent leur loi. Une zone dans la tourmente où sont toujours détenus 6 otages français. C'est aussi une zone stratégique pour la France puisqu'une partie de l'uranium qui permet à nos centrales nucléaires de produire de l'électricité provient des mines d'Arlit, situées à 300 km de là, côté Niger.

C'est dans cette région, aujourd'hui interdite à tout occidental, qu'une équipe d'Enquête Exclusive a pu pénétrer pour réaliser un document exceptionnel. Qui sont les nouveaux maîtres du Nord Mali ? Certains, formés dans les lycées francophones de la région, ont versé dans le trafic de cocaïne avant de prendre les armes et de rallier AQMI, Al Qaeda au Maghreb Islamique. Nous avons pu suivre leur conquête du pouvoir et leur application parfois sanglante de la Charia.

Alors que les négociations se poursuivent pour libérer les otages français, 4 salariés d´Areva qui travaillaient sur les mines d'uranium à Arlit au Niger, nous avons pu filmer pour la première fois depuis leur enlèvement la vie sous tension des expatriés français qui continuent à exploiter ces sites miniers. Sécurité maximum pour une zone à haut risque. Les otages occidentaux sont aujourd'hui un moyen de pression mais aussi une source de revenus pour les factions qui se disputent le contrôle de la région. Nous avons pu suivre heure par heure la libération d'une otage suisse.

Bernard de La Villardière a rencontré Cheick Modibo Diarra, l'actuel Premier ministre malien, qui délivre des informations sur les six otages français...

Enquête au coeur de la poudrière du Sahel : un nouvel Afghanistan aux portes de l'Europe.

Un document de Stéphane Rodriguez et Hervé Bouchaud, production Sable Rouge.

8 juillet 2012

Mali : les fantômes du Sahel

De Olivier Joulie et Laurent Hamida – ARTE GEIE / Camicas Productions – France 2012
(France, 2012, 52mn)
Pour http://www.arte.tv



DL : DF

10 avril 2012 : les touaregs du Mouvement National de Libération de l'Azawad déclarent unilatéralement l'indépendance d'un territoire grand comme deux fois la France dans le Nord du Mali.

Au lendemain de l’insurrection, une équipe d'Arte Reportage a pu se rendre au milieu des frontières poreuses du Sahel pour tenter de décrypter une situation extrêmement volatile et complexe où s'entremêlent différents mouvements : nationalistes Touaregs, groupes islamistes et djihadistes d'AQMI. Ces derniers, bêtes noires des chancelleries occidentales, ne cachent pas leur ambition : profiter du chaos pour enraciner le djihad aux portes de l'Europe.

Olivier Joulie et Laurent Hamida ont pu passer plusieurs jours à Gao, capitale du nouvel Etat revendiqué par les Touaregs, ville symbole devenue aujourd'hui l’enjeu de tous les combats politiques.

Puis, ils ont traversé les régions désertiques du Nord, fiefs des brigades de combattants d'AQMI, véritable plaie pour la région et pour les mouvements nationalistes touaregs si souvent associés à tort à des salafistes. A la frontière avec l’Algérie, puissance incontournable de la région – l’aviation algérienne viole discrètement et en toute impunité l'ancien territoire du Mali - des réfugiés, piégés au milieu de nulle part, entre les deux pays, sont abandonnés de tous.

Stigmate d'un conflit post-colonial, vieux de presque 50 ans, notre équipe découvre la violence d'une guerre qui oppose Bamako aux Touaregs de la région depuis l'indépendance. Villages détruits, politique de terre brûlée, répression sanguinaire sur les populations : un terreau propice à l'enracinement et à la prolifération d’un islamisme radical qui tisse sa toile en se nourrissant des tensions régionales. Comme en Somalie ou dans les zones tribales pakistanaises… Ali témoigne de son parcours depuis l'armée malienne jusqu’aux combattants d'AQMI, l'endoctrinement par des prêcheurs venus du Pakistan, avant de rejoindre le mouvement indépendantiste Touareg.

Le constat est inquiétant. Face au statu quo militaire entre l'Etat malien en déliquescence, une organisation africaine, la CEDEAO, incapable de mettre sur pied une force militaire crédible, l'immobilisme de la communauté internationale, le Mouvement National de Libération de l’Azawad, qui représente peut-être aujourd'hui un dernier rempart contre l'intégrisme, risque de se faire dépasser par des éléments étrangers et radicaux. Dans cette hypothèse, la région échapperait alors à tout contrôle…

Les journalistes Olivier Joulie et Laurent Hamida racontent

13 mai 2012

Le Nord-Mali aux mains des rebelles

Par Mohomodou Houssouba
mercredi 9 Mai
pour http://blog.mondediplo.net

Gao, Kidal, Tombouctou : les trois capitales régionales du nord du Mali sont tombées en moins de trois jours (du 30 mars au 1er avril 2012), deux mois après le déclenchement de la rébellion, provoquant la débâcle de l’armée. L’administration, les services publics et financiers ont été anéantis dans l’ensemble du nord du pays par les rebelles touaregs et leurs alliés islamistes, les cycles de production et les réseaux d’échange désorganisés, ce qui laisse craindre une véritable désintégration sociale dans cette région déjà très vulnérable aux aléas climatiques (à l’automne 2011, les observateurs faisaient état d’un risque de crise alimentaire grave dans la zone sahélienne). Au début du mois de mai, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et la Croix Rouge estimaient à 320 000 le nombre des réfugiés et des personnes déplacées.
Le coup d’Etat du 22 mars à Bamako, la capitale du Mali, a affaibli une armée déjà fragilisée par les défaites de Ménaka et Tessalit deux mois plus tôt. Les auteurs du putsch, qui jugeaient « calamiteuse » la gestion de la guerre au nord, ont largement contribué à briser la chaîne de commandement militaire, ce qui a permis aux groupes rebelles de prendre assez facilement le contrôle des deux tiers du pays. Ils avaient d’ailleurs réussi à couper les routes d’approvisionnement et isoler toutes les casernes du nord du pays qui sont tombées les unes après les autres : Ménaka, dans la nuit du 17 janvier, puis Anderamboukane, et Aguelhoc au nord de Kidal, où les rebelles se sont livrés à des actes de barbarie sur des dizaines de soldats désarmés.
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La guerre au Mali : territoires occupés, réfugiés et personnes déplacée. Situation au 25 avril 2012.
Esquisse cartographique : Philippe Rekacewicz, 2012
Le 1er et le 2 février, des femmes de soldats avaient manifesté pour dénoncer les conditions du service dans le Nord et exiger que le gouvernement s’occupe plus sérieusement du sort des militaires et de leurs familles. D’abord interdites, les manifestations finalement autorisées s’étaient transformées en émeutes et en attaques contre les maisons et commerces des Touaregs et des Arabes.
Dans le même temps, les rebelles s’attaquaient à Niafunké après avoir pris la petite ville de Léré, déjà évacuée par les soldats et la population. Les biens des populations arabo-touarègues ont aussi été détruits dans le sud du pays, à Bamako et à Kati (une petite ville à quelques kilomètres au nord de la capitale), ainsi qu’à Ségou et Sikasso, provoquant des départs massifs vers le Burkina Faso et la Mauritanie. Ces événements ont profondément endommagé la cohésion sociale entre ces communautés.
Alors que Bamako retrouvait son calme, la guerre continuait dans le désert, et l’armée régulière malienne subissait revers sur revers. A la mi-mars, les rebelles ont fait tomber la garnison de Tessalit, à la frontière avec l’Algérie. La prise de cette ville coïncidait avec l’apparition publique d’Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste touareg Ansar Dine. Dans des vidéos, il ne cachait pas son objectif : imposer la loi islamique sur le Nord Mali. Jusqu’alors, la rébellion semblait monopolisée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui se battait pour l’indépendance du nord du pays.
Le coup d’Etat à Bamako devait précipiter la chute des derniers bastions comme Kidal, point de mire du MNLA, d’Ansar Dine et ses alliés d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), mais aussi les villes-symboles de Gao et Tombouctou. Dans la dernière semaine de mars, les rebelles contrôlaient tous les accès entre Niafunké, au bord du fleuve Niger jusqu’à Tessalit, au Nord, près de la frontière avec l’Algérie, et pouvaient planter leur drapeau sur l’ensemble de la région qu’ils revendiquent. Le 6 avril, ils déclaraient la naissance de la République indépendante de l’Azawad.

Gao sous contrôle rebelle, un mois après

Kidal est tombée le 30 mars. Le lendemain, c’est au tour de Gao et ses deux garnisons, dont celle qui porte le nom de Firhoun Ag Alensar, le chef de la tribu Oulliminden qui a résisté à la colonisation française en combattant dans le sud-est jusqu’à sa capture dans la petite forêt d’Anderamboukane en 1916. Elle abrite d’importantes unités de combat blindées.
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A Gao, Mali.
Les combats ont duré une journée. Une guerre en direct, rapportée minute par minute par SMS, par téléphone et sur les réseaux sociaux, par les habitants cloîtrés chez eux. A la fin de la journée, la situation était très confuse, certains croyaient que l’armée avait repoussé les assaillants, d’autres avaient clairement compris que la ville de Gao était désormais contrôlée par les rebelles du MNLA, d’Ansar Dine et d’AQMI.
Les six banques, l’hôpital régional, les pharmacies, les organisations humanitaires et bâtiments administratifs ont été saccagés. Le pillage des commerces continuera des jours durant. Les deux marchés du centre-ville, qui avaient brûlé en 2008 et 2010, sont à nouveau anéantis. Avec la destruction des banques, la plupart des salariés n’ont pu être payés. Une ville de plus de 85 000 habitants ne dispose plus d’aucun service de base.
Même si Gao ne résonne pas dans l’imaginaire occidental comme Djenné ou Tombouctou, la ville – créée autour du VIIe siècle – est l’une des plus vieilles de la région, pendant longtemps siège du pouvoir de l’ancien Empire songhay. Juchée sur la boucle du Niger juste au niveau du méridien de Greenwich, elle est sise au croisement des routes reliant Bamako à Niamey, Ouagadougou à Tamanrasset. De 2006 à 2007, la construction du pont de Wabaria et le bitumage de la route vers Niamey en ont fait une pièce maîtresse de la transsaharienne.

La rébellion touarègue, mais laquelle ?

Dès la première semaine, les contours de cette rébellion polymorphe commençaient à se dessiner. Alors que la fraction séparatiste incarnée par le MNLA fanfaronnait avec ses communiqués de guerre et sa déclaration d’indépendance, les islamistes touaregs d’Ansar Dine se présentaient sur le terrain comme les garants de la sécurité et du bien-être de la population. Les dirigeants islamistes rencontrèrent successivement les chefs traditionnels et religieux et distribuèrent des numéros de téléphone que les gens pouvaient appeler en cas de danger… Dans les jours qui suivirent, le MNLA avait à gérer les conséquences politiques et diplomatiques de ses tonitruantes déclarations.
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A Gao.
A la fin du mois d’avril, le MNLA organisait enfin une rencontre avec les chefs traditionnels et religieux de Gao, pour discuter des problèmes de gestion de la ville. Les responsables d’Ansar Dine en étaient absents : son porte-parole à déclaré que son mouvement ne se sentait pas concerné. Au même moment, il procédait à la libération de l’otage suisse Beatrice Stöckly, kidnappée à Tombouctou neuf jours plus tôt, la remettant directement aux médiateurs de la présidence burkinabé. La veille, ils avaient livré 160 prisonniers (des soldats maliens) au Haut conseil islamique du Mali (HCI), dirigé par Mahmoud Dicko, un imam d’obédience wahhabite. Deux opérations fort bien médiatisées…
Ansar Dine a su en outre regagner un peu de confiance au sein de la population, en répondant aux appels de détresse, et en aidant à récupérer des biens volés. Le MNLA, qui poursuit d’autres objectifs, souffre d’un handicap majeur dans l’opinion : le mouvement est assimilé aux actes de pillage, confiscation de biens, enlèvements et viols. Les indépendantistes sont considérés comme des bandes de maraudeurs indisciplinés qui attaquent et dépossèdent.
Cibles de la furie salafiste, les églises ont été démolies, tout comme les bars et autres lieux de divertissement – à Tombouctou, le mausolée d’un saint musulman a même été profané le 4 mai, son culte jugé idolâtre. On estime que deux cents chrétiens vivaient à Gao. Ils auraient tous fui ou pris refuge dans les villages. Cette violence anti-chrétienne inédite tranche avec la tradition musulmane locale, au point que même le président du HCI l’a dénoncée, en réaffirmant la coexistence des animistes, chrétiens et musulmans dans le pays, parfois au sein de la même famille.
Chérif Ousmane Madani Haïdara, à la tête d’une confrérie traditionaliste plus ancienne également dénommée Ansar Dine (en arabe, « les défenseurs de la foi »), a même revendiqué le caractère laïc de l’Etat malien et accusé la rébellion wahhabite d’avoir usurpé le nom de son association. Haïdara avait déjà critiqué l’emprise wahhabite sur le HCI. Cette hostilité s’explique par l’histoire du pays. L’islam traditionnel a été façonné par les confréries soufies. Le wahhabisme est arrivé vers 1930, mais ne s’est réellement implanté qu’à partir de 1950 ; à Bamako, des wahhabites ont rapidement prospéré dans le commerce ; en mai 1957, de violentes émeutes ont visé maisons et commerces – une violence sous fond de ressentiment économique.
Les relations entre Ansar Dine et la communauté wahhabite sont imprévisibles. La région de Gao a été très déstabilisée par le retour, il y a quarante ans, de ressortissants convertis au wahhabisme dans les années 1960 et 1970. La plupart avaient quitté la campagne pour faire des études coraniques au Niger et au Nigeria. Certains avaient pu aller jusqu’au Soudan et en Arabie saoudite, berceau du wahhabisme. Ils ont commencé à vouloir convertir à leur vision de la religion des familles et des notables, puis à recruter de nouveaux disciples en jouant sur les relations familiales. Leur attitude expansionniste et agressive allait déclencher une réaction violente au sein d’une population plutôt acquise aux rites soufis, avec une forte coloration de croyances traditionnelles. En fait, l’ancienne religion du fleuve dont les cérémonies annuelles étaient conduites publiquement par le « harikoy » (maître des eaux du fleuve) et les rites de la brousse dits de « hawka », coexistaient très pacifiquement avec l’islam traditionnel.
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A Gao.
Finalement, les forces de la communauté wahhabite se déplaceront vers les villes, où le commerce avec le Proche-Orient a enrichi un grand nombre de négociants qui investissent dans les médersas (écoles coraniques) et les médias pour accentuer leur influence politique, devenue perceptible aux élections de 2002. En août 2009, l’opposition à la réforme du Code des personnes et de la famille fut menée par l’imam Mahmoud Dicko avec des marches auxquelles ont participé des dizaines de milliers de manifestants à Bamako ou à Gao : en tête de cortège, des femmes habillées en noir de la tête aux chevilles. Cette mobilisation avait forcé le président malien à vider la loi de toutes les avancées significatives pour les femmes.
Les années 1970 marquent donc la fin d’une ère, qui a débuté au tout début du XVIIe siècle. Avec la chute de l’Empire songhay en 1591, aucun Etat central ne pouvait plus assumer un pouvoir fort sur les populations de la boucle du Niger. Les communautés se sont alors organisées de façon autonome, avec des périodes de guerre et de paix entre certaines tribus nomades et les communautés riveraines. Des conflits à répétition avec les chefs touaregs à la cruauté de la colonisation française, la région a une histoire mouvementée.
Cette « mémoire » reste bien vivante, et les rebelles s’en servent pour justifier leur campagne guerrière. Mais chaque communauté a potentiellement une mémoire de domination et de résistance ou un récit « micronational », parfois épique, parfois tragique, qui d’ailleurs peut varier au sein de la même communauté culturelle et linguistique. Ces nuances disparaissent lorsque les « seigneurs de guerre » ayant grandi en Libye ou en Algérie parlent de l’Azawad comme du berceau exclusif d’un groupe ethnique.

Cohabitation entre MNLA et Ansar Dine :
le prologue de Gao

Durant les deux premiers mois de la rébellion, on a surtout entendu parler du MNLA. A la fin du mois de janvier, Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste Ansar Dine a revendiqué les attaques d’Aguelhoc et de Tessalit comme ses propres victoires. Les ambitions commencaient à s’aiguiser ; les chemins des rebelles tendaient à bifurquer. Ansar Dine combat aux côtés des indépendantistes du MNLA, mais prend des positions inverses avec, par exemple, la volonté d’imposer la charia sur toute l’étendue du territoire malien. Cette composante islamiste, dont le MNLA s’était accommodé jusque-là pour défaire l’armée malienne, devient maintenant plutôt encombrante.
Après quelques semaines de cogestion de la ville de Gao, Ansar Dine semble tenir la ville d’une main de fer, bien que le MNLA déclare contrôler les frontières « externes » et semble se préparer à se débarrasser d’Ansar Dine et ses alliés djihadistes dès que ce sera possible. Le dilemme du MNLA se situe exactement à ce niveau et ressemble curieusement à celui du gouvernement malien qui aurait un moment toléré la présence des salafistes et ignoré l’angoisse de ses voisins algériens et mauritaniens. Finalement, le Mali a essayé d’agir à un moment où il n’avait déjà plus les moyens de contrer la coalition de groupes armés sur son territoire.
Aujourd’hui, les accrochages entre les hommes d’Ansar Dine et du MNLA sont si fréquents qu’il n’est plus possible de nier la fracture grandissante entre les deux camps, même s’ils arrivent souvent à limiter les dégâts à temps. A la cuisante défaite de l’armée malienne succède donc l’ouverture d’un nouveau front qui mène le nord du pays vers un avenir incertain. Mais il est clair que la justice qui règne à Gao depuis avril est bien celle d’Ansar Dine – la charia dans sa version wahhabite – et non pas le droit laïc et révolutionnaire promis par le MNLA.

Stratégies de survie

Tant bien que mal, des actions de solidarité sont organisées depuis Bamako, pour la population bloquée au nord du pays. Les premiers convois de vivres et de médicaments envoyés par le Collectif des ressortissants du Nord (Coren) et des associations de villages sont arrivés à la mi-avril. Cet effort continue avec l’opération « cri de cœur », du nom d’un collectif de jeunes qui utilisent des numéros surtaxés mis à leur disposition par les compagnies de téléphones mobile pour récolter des fonds. Les sommes recueillies ont permis d’acheter des vivres et des médicaments.
Mais l’aide la plus déterminante provient des familles elles-mêmes. Où qu’ils se trouvent, les gens s’organisent pour aider leurs parents à survivre. Un système de troc s’est mis en place, puisqu’il est impossible d’envoyer de l’argent par la banque. Les échanges se limitent aux denrées de base et aux médicaments. Le procédé consiste à verser l’argent à une personne à Bamako ou à Niamey qui demande à une autre à Gao de donner une quantité de céréales ou de condiments à un correspondant. Tant que le système marche, les transactions peuvent se faire sans que l’argent ne « voyage ».
Les pillages ont affaibli les stocks, et les commerçants sont discrets sur leurs réserves. Ce qui contribue à faire monter considérablement les prix. Ce système en vase clos s’effondrera tôt ou tard si la situation persiste et si la région n’a pas la possibilité de se réapprovisionner. En attendant, en quête de légitimité après la démolition délibérée de la ville, chaque camp se profile en meilleur gardien de ses ruines.

A lire

- Touaregs, la « marche en vrille » par Hawad, mai 2012.
Les soulèvements armés touaregs qui ont jailli depuis les années 1960 au Mali, au Niger ou en Algérie ne sont pas surprenants ou imprévisibles : ils s’inscrivent dans la prolongation de la résistance des Touaregs aux empires coloniaux.
- Comment le Sahel est devenu une poudrière par Philippe Leymarie, avril 2012.
Le coup d’Etat militaire qui, le 22 mars, a renversé le régime « modèle » du président malien Amadou Toumani Touré a ajouté à la confusion régionale. Secouée par les nouvelles rébellions de mouvements touaregs, la bande saharo-sahélienne pâtit également de l’impunité des groupes armés se réclamant d’Al-Qaida au Maghreb islamique.
- Au Sahel, un nouveau front à haut risque par Philippe Leymarie, Défense en ligne, Les blogs du Diplo, septembre 2010.
L’enlèvement au Niger de sept employés d’Areva et Vinci, quels qu’en soient les développements à venir, constitue un défi lancé au gouvernement français ainsi qu’à l’ensemble des pays des confins sahariens, qui jouent chacun leur jeu dans une partie de billard à plusieurs bandes.
- Le Nord Mali victime d’une prophétie autoréalisatrice par Jean-Christophe Servant, Echos d’Afrique Les blogs du Diplo, décembre 2009.
La situation régnant dans le Nord Mali est de plus en plus complexe et brouillée, l’imbrication des facteurs géopolitiques, humains, économiques dans cette zone ne permettent que d’échafauder des hypothèses.
- Recension du livre Les rébellions touarègues d’Anne Saint Girons par Cédric Gouverneur, mai 2009.
- Vers la réintégration des Touaregs au Mali par Robin Edward Poulton, novembre 1996.
- Nouvel enlisement des espoirs de paix dans le conflit touareg au Mali par Philippe Baqué, avril 1995.
- Les Touaregs : un exil perpétuel ? Interview de Mohamed Mahmoud Sidi, président de l’Organisation pour l’assistance aux enfants malades et en situation difficile (OAEMSD) par Intagrist El Ansari, 6 mai 2012.
- Dans l’atlas 2012 du Monde diplomatique, Mondes émergents, « Al-Qaida s’enracine au Sahara », de Jean-Pierre Filiu.
En 2007, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat annonce son allégeance à Oussama Ben Laden et crée AQMI. Cette organisation, dirigée depuis la Kabylie, a poursuivi le harcèlement djihadiste des forces algériennes de sécurité. Malgré la forte médiatisation des enlèvements d’otages occidentaux dans la zone sahélienne, elle est affaiblie par des rivalités de chefs et se révèle incapable de compromettre le processus démocratique au Mali comme au Niger.
Mohomodou Houssouba est écrivain, originaire de Gao.
- Bagoundié blues, L’Atalante, Nantes, 2003.
- Passages au Kansas, La rue blanche, Rezé, 2005.

27 février 2012

Mali : La nouvelle guerre de l'AFRICOM ?

Par Rick Rozoff
le 27/02/2012
pour http://www.mondialisation.ca




Les dépêches de presse parlent de l’intensification des combats au Mali entre militaires et rebelles ethniques touaregs du Mouvement de libération nationale Azawad dans le nord de ce pays [1].
Comme les seules agences d’informations à portée mondiale et avec les fonds et les infrastructures pour maintenir des bureaux et des correspondants partout dans le monde sont celles qui résident dans les principaux Etats membres de l’OTAN : Associated Press, Reuters, Agence France-Presse, la BBC News et Deutsche Presse-Agentur, la couverture de l’actualité au Mali, comme ce qui se produit dans presque n’importe quel autre pays, reflète un parti pris de l’Ouest et un ordre du jour de l’Ouest.
Par conséquent, les titres typiques sur le sujet, sont les suivants :
  • Reuters : « Les armes et les hommes en provenance de Libye renforcent la rébellion au Mali »
  • CNN : « Président : des combattants touareg de Libye attisent de la violence au Mali »
  • The Scotsman : « les touareg armés du colonel Kadhafi ont touché le Mali »
  • Agence France-Presse : « La France dénonce les meurtres de l’offensive rebelle au Mali »
  • Voice of America : « Mali : La France condamne les atrocités attribuées aux rebelles touaregs »
Pour atteindre le Mali depuis la Libye c’est un voyage d’au moins 800 kilomètres à travers l’Algérie et / ou le Niger. Comme les rebelles évidemment n’ont pas de force aérienne, ni d’avions de transport militaire, les manchettes et la propagande ci-dessus implique que les combattants touaregs ont couvert à pied tout le chemin depuis la Libye jusqu’à leur pays dans des convois avec des armes lourdes à travers au moins un autre pays sans être détectés ou empêchés par les autorités locales. Et tout cela, en outre, pour lancer une offensive trois mois après l’assassinat du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi après que son convoi ait été attaqué par les bombes françaises et les missiles Hellfire US en Octobre dernier. Mais l’implication selon quoi que l’Algérie et le Niger, en particulier la première, sont complices de la circulation des combattants touaregs et des armes de la Libye vers le Mali est de mauvais augure en termes d’expansion des accusations -et des actions- occidentales dans la région.
Des Rébellions armées sont traités de façon différente dans les nouvelles du monde dominé par l’Occident selon la façon dont les rebelles et les gouvernements auxquels ils s’opposent sont considérés par les membres supérieurs de l’OTAN.
Ces dernières années, ces derniers ont fourni un soutien militaire et logistique aux formations rebelles armées -dans la plupart des cas d’attaques frontalières et à but séparatistes et irrédentistes - au Kosovo, en Macédoine, au Libéria, en Côte-d’Ivoire, en Libye et en Syrie d’aujourd’hui, et sur les front d’espionnage et « diplomatiques » en Russie, Chine, Pakistan, Soudan, Indonésie, Congo, Myanmar, Laos et Bolivie.
Cependant, les grandes puissances de l’OTAN ont adopté la direction opposée quand il s’agit de la Turquie, du Maroc (avec ses 37 années d’occupation du Sahara occidental), de la Colombie, des Philippines, de la République Centrafricaine, du Tchad et d’autres nations qui sont leurs clients militaires ou se trouvent dans des territoires contrôlé par eux, où les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux fournissent des armes, des conseillers, des forces spéciales et les dites forces de maintien de la paix.
Le battement de tambour de nouvelles alarmantes sur le Mali est le signe que l’Occident à l’intention d’ouvrir un nouveau front militaire en Afrique après la campagne aérienne de 7 mois, les forces navales et spéciales contre la Libye et la poursuite des opérations en Somalie et en Afrique centrale avec le récent déploiement des forces spéciales des Etats-Unis en Ouganda, au Congo, dans la République centrafricaine et au Sud-Soudan. En février, en Côte-d’Ivoire, voisin au sud du Mali, l’armée française, avec les complaisantes troupes des Nations Unies– « soldats de la paix » - ont effectué des tirs de roquettes sur la résidence présidentielle et démis par la force le président Laurent Gbagbo.
Le Commandement pour l’Afrique des Etats-Unis (AFRICOM) est devenu opérationnel pour la première fois en tant que force de combat dans ce qui devait être le début de la première quinzaine de la guerre contre la Libye en Mars [2011] avec l’«  Opération Odyssée Dawn  » avant de transférer la campagne vers l’OTAN pendant sept mois d’incessants bombardements et attaques de missiles.
Le Mali pourrait devenir la seconde opération militaire de l’AFRICOM.
Le pays, enclavé, est le rayon de la roue de l’ancienne Afrique occidentale française, avec des frontières avec presque tous les pays membres, sauf le Bénin : le Burkina Faso, la Guinée (Conakry), Côte-d’Ivoire, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. Il partage également des frontières avec l’Algérie, autre ancienne possession française, vers le nord.
Le Mali est le troisième producteur d’or en Afrique, après l’Afrique du Sud et le Ghana. Il a des gisements d’uranium considérables gérés par des concessions françaises dans le nord, scène des combats actuels. les exigences des touaregs portent sur l’obtention d’un certain contrôle sur l’extraction d’uranium et la répartition des recettes qu’ils génèrent. Des explorations importantes de pétrole et de gaz naturel, également dans le nord, ont été aussi menées récemment.
La nation est aussi un élément clé dans la « Coopération contre le terrorisme Trans-Sahara des États-Unis »créée en 2005 (d’abord comme Initiative contreterrorisme Trans-Sahara), qui a résulté de l ’«  Initiative pan-Sahel  » pour 2003-2004.
En mai, les « opérations spéciales de commandement en Europe, des États-Unis » a lancé la « Trans-Sahara Counterterrorism initiative » en envoyant 1.000 soldats des forces spéciales au Nord-Ouest de l’Afrique pour l’ « Opération Flintlock » (« Opération Gun Spark ») afin de former les forces armées du Mali, Algérie, Tchad, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tunisie, les sept membres de départ africains de la « Trans-Sahara Counterterrorism initiative », qui, dans son format actuel comprend également le Burkina Faso, le Maroc et le Nigeria. La Libye sera bientôt introduite dans ce format ainsi que la coopération militaire du dialogue méditerranéen de l’OTAN.
Les Forces Spéciales des Etats-Unis ont mené la première de ce qui est devenue les « Opérations Flintlock » annuelles d’exercices de contre-insurrection avec les nations mentionnées dans le Sahel et le Maghreb. L’année suivante, l’OTAN a mené des jeux de guerre à grande échelle de la «  Steadfast Jaguar  » dans l’île du Cap-Vert pour lancer la Force de réaction de l’OTAN, en vertu de laquelle elle a façonné la Force africaine auxiliaire.
« Flintlock 2007 » et « 2008 » ont eu lieu au Mali. «  Flintlock 10  » dans plusieurs pays africains dont le Mali.
Le 7 Février de cette année, les États-Unis et le Mali ont lancé l’exercice de parachutage conjoint «  Atlas Accord 12  » dans la nation africaine, mais le « Flintlock 12 », prévu pour au plus tard ce mois-ci, a été reporté en raison des combats dans le nord. Devaient y être impliqués seize pays, y compris plusieurs des principaux alliés des États-Unis dans L’OTAN.
Le « Flintlock 11 » l’an dernier comprenait des unités militaires provenant des États-Unis, Canada, France, Allemagne, Hollande, Espagne, Mali, Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie, le Nigeria et le Sénégal.
Lorsque l’AFRICOM est devenu un « Commandement de combat unifié indépendant » le 1er Octobre 2008, le premier nouveau commandement militaire régional des États-Unis mis en place à l’étranger dans l’après-guerre froide, l’ « AFRICOM and Special Operations Command Africa’s Joint Special Operations Task Force-Trans Sahara » a pris le contrôle des exercices « Flintlock » du « Commandement européen des États-Unis » et du « Commandement européen des opérations spéciales des Etats-Unis ».
En 2010, l’AFRICOM a annoncé que le « Commandement des opérations spéciales en Afrique » va prendre le contrôle de la « Task Force d’opérations spéciales Trans Sahara (JSOTF-TS) » et du « commandement des Opéerations spéciales et contrôle des éléments-Corne de l’Afrique (SOCCE-HOA). »
L’année dernière, la page Web de l’AFRICOM a écrit :
« Réalisé par Special Operations Command Africa, Flintlock est un exercice multinational interarmées pour améliorer l’échange d’informations aux niveaux opérationnel et tactique dans la région du Sahara, tout en favorisant une collaboration et coordination plus accrue. Il met l’accent sur l’interopérabilité militaire et la capacité d’intervention pour les États-Unis et les pays partenaires américains et européens, et les unités sélectionnées dans le Nord et Afrique de l’Ouest. »
Bien que le but déclaré de la Coopération « Trans-Sahara Counterterrorism » et de ses exercices multinationaux « Flintlock  » est de former les militaires des pays du Sahel et du Maghreb dans la lutte contre les groupes extrémistes islamiques de la région, en fait, les États-Unis et leurs alliés ont livré une guerre contre le gouvernement libyen l’année dernière avec l’appui d’éléments similaires, et l’application pratique de la formation militaire et le déploiement du Pentagone en Afrique du Nord et de l’Ouest a été la lutte contre les milices touaregs plutôt que des groupes comme « Al-Qaïda du Maghreb islamique » ou « Boko Haram » au Nigeria.
Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont également effectué et appuyé d’autres exercices militaires dans la zone à des fins similaires. En 2008, la « Communauté économique des États d’Afrique occidentale » (CEDEAO), groupe économique régional qui a été formé par la « Force auxiliaire d’Afrique de l’Ouest », soutenu par les États-Unis et l’OTAN, a mené un exercice militaire appelé «  Jigui 2008  » au Mali, « soutenu par les gouvernements des pays hôtes ainsi que la France, le Danemark, le Canada, Allemagne, Hollande, Royaume-Uni, États-Unis et l’Union européenne », comme l’a rapporté l’agence Ghana News à l’époque.
L'AFRICOM dirige également des exercices de l'« Afrique Endeavor » interopérabilité multinationale des communications principalement en Afrique de l’Ouest. La conférence de planification a eu lieu l’an dernier à Bamako, capitale du Mali et, selon l’armée US en Afrique, « a réuni plus de 180 participants provenant de 41 pays africains, d’Europe et d’ Amérique du Nord ainsi que des observateurs de la Communauté économique des Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), la Force auxiliaire Afrique de l’Est et de l’OTAN pour planifier les tests d’interopérabilité des systèmes de communication et d’information des nations participantes. » Le principal exercice a également été mené au Mali.
L’armée US est installée dans ce pays depuis au moins 2005 et Voice of America a révélé que le Pentagone avait « mis en place un centre temporaire d’opérations dans une base aérienne près de Bamako au Mali. L’installation fournira des services de soutien logistique et d’urgence pour les troupes américaines pour former les forces locales dans cinq pays de la région. »
L’année suivante, le Commandement européen des États-Unis et le chef du Commandant suprême de l’OTAN en Europe le général James Jones des Marines premier conseiller de sécurité nationale de l’administration Obama, «  a fait cette révélation [que] le Pentagone veut avoir accès à des bases ... aux Sénégal, Ghana, le Mali et le Kenya et d’autres pays africains », selon un article au Ghana Web.
En 2007, un soldat du premier bataillon, Groupe spécial de Forces 10 basé à Stuttgart, en Allemagne, qui abrite le siège de l’AFRICOM, est mort à Kidal, au Mali, où l’on combat en ce moment. Sa mort a été attribuée à un « incident non liés au combat ». L’année suivante, un soldat du programme d’aide militaire et de formation des Forces canadiennes a aussi perdu la vie au Mali.
L’année dernière, le Régiment d’opérations spéciales du Canada a envoyé des troupes dans la zone de conflit dans le nord du Mali pour ce qui a été décrit comme « une mission permanente ». Des Forces du Régiment canadien d’opérations spéciales a également participé à l’exercice «  Flintlock 11  » au Sénégal.
En Septembre 2007, un avion US de transport militaire, un Hercule C-130, a été touché par des tirs de fusil tandis qu’il parachutait du matériel aux troupes maliennes assiégées par les forces touareg.
Selon Stars and Stripes :
« L’avion et son équipage appartenant au 67è Escadron d’Opérations Spéciales, étaient au Mali dans le cadre d’un exercice déjà prévu appelé « Flintlock 2007 » ... les troupes maliennes ont été cernées dans leur  base dans la région de Tin-Zaouatene près de la frontière algérienne par des combattants armés et ne pouvaient pas se ravitailler ... Le gouvernement du Mali a appelé les forces des États-Unis pour que soit mené un parachutage ... »
En 2009 aux États-Unis annoncé qu’elles avaient fourni au gouvernement du Mali plus de 5 millions de dollars en nouveaux véhicules et autres équipements.
Plus tard la même année sur le site de la Force aérienne US en Europe a été rapporté :
« La première mission du C-130J Super Hercules en appui de la Force Aérienne des États-Unis en Afrique, ou 17è Air Force, a ouvert la porte à la future coopération de soutien entre la 86e Airlift Wing et les futures missions en Afrique.

« Le commandant de bord de la mission, le Major Robert May du 37ème escadron Airlift, et son équipage ont reçu l’ordre de voler au Mali le 19 Décembre pour ramener à la maison 17 soldats qui aidaient à la formation des forces maliennes. »
Les États-Unis ont été impliqués dans la guerre du Mali pendant près de douze ans.Les histoires récentes sur des atrocités dans les médias occidentaux alimenteront la demande d’intervention sous la « responsabilité de protéger » dans le style de celles de la Côte d’Ivoire et de la Libye l’an dernier et de fournir un prétexte à une intervention militaire des Etats-Unis et des pays de l’OTAN.
C’est possible que l’AFRICOM soit en train de planifier sa prochaine guerre.

Rick Rozoff, Chicago, le 16 février 2012.

Article original en anglais : Mali: U.S. Africa Command's New War? 15 février 2012

Article traduit de l'anglais par Germán Leyens pour Rebelión :
Mali
¿Nueva guerra del Comando África de EE.UU.?

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi
El Correo. Paris, le 23 février 2012.
Notes
[1] Le peuple touareg ou imuhagh, amazighs est un peuple berbère qui habite le nord et l’ouest du Sahara et du Sahel septentrional. Pour les Touareg, le Sahara n’est pas un désert, mais, un ensemble de plusieurs et ils font la différence entre de nombreux déserts plus ou moins arides, plats ou montagneux. La langue des Touaregs ou Tamasheq est un groupe de variantes berbères - le amazighs, le tamahaq et Tamajaq (ou tamajaght). Appartenant à la famille des langues afro-asiatiques. Les variantes touareg sont les seules du groupe berbère à avoir conservé la forme écrite de l’alphabet libyco-berbère, également appelé tifinagh, dont l’utilisation a été documentée depuis le troisième siècle Av JC jusqu’au troisième siècle après JC. tout au long de l’Afrique du Nord et dans les îles Canaries. Elle est d’origine punique.
Rick Rozoff est un militant pour la paix et analyste de la géopolitique internationale depuis quarante ans.

Rick Rozoff est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Rick Rozoff publiés par Mondialisation.ca

17 décembre 2011

TERRES / 1ère partie : Mali – Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger

Par http://philipperevelli.com

TERRES / 1ère partie : Mali – Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger




Cliquer sur l’image pour lancer le documentaire.



« Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger » ouvre un cycle de webdocumentaires intitulé « TERRES ».




Après cette première étape malienne, le périple sur le thème de l’accaparement des terres, ses formes et ses conséquences, se poursuivra aux Philippines, en Colombie, au Brésil, au Pérou, en Inde et au Bénin.


Les documentaires seront mis en ligne au fur et à mesure de leur réalisation.
Le projet TERRES est produit par le CCFD-Terre Solidaire et soutenu par Le Monde Diplomatique


Pour en savoir plus sur la question foncière au Mali et dans la région de l’Office du Niger…
L’agrobusiness à l’assaut des terres irriguées de l’Office du Niger (Florence Brondeau / Cahiers agricoles n°20, janvier-avril 2011).Des programmes d’aménagement colossaux sont entrepris dans les systèmes irrigués de l’Office du Niger et laissent augurer des mutations sans précédent. L’État malien et ses partenaires s’engagent vers la promotion de l’agrobusiness et la privatisation du foncier. Le modèle de développement agricole fondé sur l’agriculture familiale semble donc être remis en question. Cette région est à l’aube de recompositions socio-spatiales et de désajustements tant socio-économiques qu’environnementaux que l’on commence tout juste à pressentir. Dans ce contexte, de nombreuses questions doivent être soulevées quant aux perspectives de développement de ces systèmes irrigués alors que de sérieuses réserves sont à avancer quant à la vocation de l’agrobusiness à sécuriser l’approvisionnement alimentaire du Mali et des pays voisins…


Quand la Banque mondiale encourage la razzia sur les terres agricoles (Le Monde Diplomatique / septembre 2011). Si les images de la famine en Afrique font le tour de la planète, on sait peu que ce fléau est en partie lié à l’essor des investissements fonciers sur le continent. Ainsi, l’Ethiopie cède des milliers d’hectares à des entreprises étrangères qui substituent à l’agriculture vivrière des plantations destinées à l’exportation. Et la Banque mondiale encourage ce mouvement, comme le montre le cas du Mali…
Investisseurs libyens, paysans maliens (Le Monde Diplomatique / septembre 2011). Le Mali a besoin de développer et de moderniser son agriculture ; mais, faute de moyens financiers, il doit faire appel aux investissements étrangers. La Libye a été l’un des premiers pays à proposer ses services, avec le projet Malibya en 2008. Les engagements des deux Etats sont fixés par une convention qui précise les droits et les devoirs des parties, ainsi que les avantages accordés aux opérateurs (mais toutes les clauses du contrat n’ont pas été rendues publiques). Bamako fournit des terres (100 000 hectares) dans la zone irrigable de l’Office du Niger. Tripoli apporte les capitaux pour les aménager et les mettre en valeur…
Mali / Ruée sur les terres irrigables de l'Office du Niger
Ruée sur les terres irrigables de l'Office du Niger / cliquer sur limage pour voir la galerie photo
Déclaration de la Conférence paysanne internationale de Nyéléni (Via Campesina). Nous, paysannes et paysans, pastoralistes, peuples autochtones ainsi que nos alliés, réunis pour la première fois à Nyéléni du 17 au 19 Novembre 2011, sommes venus des quatre coins du monde pour partager nos expériences et nos luttes contre l’accaparement des terres…


Comprendre les investissements fonciers en Afrique : Rapport Mali (Oakland Institute). Ce rapport recense et examine les investissements fonciers au Mali. Il présente des informations d’ordre général sur le contexte institutionnel et politique du pays notamment la situation macroéconomique actuelle, l’état de l’alimentation et de l’agriculture, et le climat actuel des investissements. En outre, il fournit des informations détaillées sur quatre accords d’investissements fonciers en cours au Mali.
Et aussi…
Farmlandgrab. Ce site Internet contient principalement des articles d’actualité sur la ruée mondiale sur les terres agricoles étrangères qui peut prendre la forme d’achat ou de bail. Ces acquisitions sont une stratégie destinée à garantir l’approvisionnement en denrées alimentaires de base ou ont tout simplement pour but de faire des bénéfices. L’objectif du site est de servir de source d’information à tous ceux qui suivent ou font des recherches sur la question, notamment les activistes sociaux, les organisations non gouvernementales et les journalistes.

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