Affichage des articles dont le libellé est Iran. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Iran. Afficher tous les articles

11 septembre 2012

Des Nouvelles de l'Iran

Pour http://ddc.arte.tv

DL : DF , CK , MF


République islamique, discours nationaliste, ressources pétrolières, seuil nucléaire, l’Iran est l’objet de discours passionnels. À l’opposé, les cartes offrent une vision plus rationnelle du pays et permettent de mieux comprendre son contexte politique, économique et stratégique. Le Dessous des Cartes propose donc d’explorer une nouvelle fois cet État complexe, situé au carrefour du Moyen-Orient et du monde indien.



Lectures

L’Iran chiite et les Arabes
François Zabbal, Abolala Soudavar, Michael Barry, Christian Jambet, Yann Richard, Sabrina Mervin et Pierre-Jean Luizard
QANTARA NUMÉRO 75 - Institut du Monde arabe
"Le dossier de ce numéro de Qantara, magazine trimestriel des cultures arabes et méditerranéennes, est né de la conviction que l’antagonisme qui dresse aujourd’hui l’un contre l’autre un Iran chiite et un monde arabe majoritairement sunnite ne s’explique vraiment qu’en se tournant vers le passé proche et lointain.
Certes, les luttes sanglantes qui opposent sunnites et chiites en Irak depuis 2006, et les rivalités qui sont apparues au grand jour au Liban entre ces deux communautés peuvent s’appréhender grâce à la science politique.
Mais le risque est grand de tenir pour immuables des expressions qui recouvrent en fait des réalités mouvantes, telles qu’être arabe ou iranien, ou encore chiite.
Il suffit de remonter le temps pour constater que les choses étaient quelque peu différentes. Ainsi le lecteur qui plongerait dans l’histoire des premiers siècles de l’Islam serait surpris d’apprendre que l’entourage des califes se composait souvent de fonctionnaires et de savants qui faisaient plus ou moins ouvertement profession de chiisme. Ou encore que la renaissance iranienne du Xe siècle se fait sous l’égide d’un pouvoir sunnite.
Les articles proposés ont permis de montrer que l’association étroite entre l’Iran et le chiisme est datable : elle remonte au XVe siècle et elle aboutit à une “chiitisation” de l’Iran avec la création d’institutions cléricales originales, et en contrepartie à une “iranisation” des chiites arabes, tout au moins dans la perception qu’en ont les Turcs ottomans et les Arabes sunnites.
Pour autant, le dossier est loin d’épuiser la question. En amont, la part de l’Iran dans la formation de l’Islam comme civilisation, culture et système de croyance est un sujet à peine effleuré : il est inépuisable. (…)
En fin de compte, c’est la vision ethnique de l’histoire et de la religion qui est en jeu. C’est elle qui s’est imposée et qui oriente aujourd’hui encore, et plus que jamais, la perception de l’Islam."
Extrait de l'éditorial.
Pour commander cet ancien numéro :
Le numéro 84, en kiosque actuellement, est consacré aux identités alimentaires et ses interdits depuis Moïse jusqu'à nos "fast-food" actuels .
Fin octobre 2012, le numéro 85 sera consacré à "La fin des Andalousies et au conflit des universalismes".

Qantara signifie en arabe "le pont", "l’arche", "la passerelle".
Ce magazine trimestriel à vocation culturelle se double d'un projet conçu par Yannis Koïkas et coordonné par les directeurs de l'Institut du monde arabe :
"Qantara, Patrimoine méditerranéen, Traversées d’Orient et d’Occident".
Rassemblant les directions des Antiquités et du Patrimoine de neuf pays partenaires (la France, l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie, le Liban, l’Egypte et la Syrie), le projet Qantara, Patrimoine méditerranéen, Traversées d’Orient et d’Occident a permis la réalisation d’une base de données consultable sur Internet et proposant une vision transversale du patrimoine culturel méditerranéen.
Le propos ne se limite cependant pas au patrimoine des pays partenaires mais concerne bien l’ensemble de la production artistique des pays du littoral méditerranéen. Des développements continus de la base sont menés à cette fin.
Deux cents historiens, chercheurs et conservateurs, spécialistes des arts de l’islam mais également du Moyen Âge européen, et plus particulièrement de régions stratégiques dans les échanges Nord-Sud comme l’Espagne, la France, la Sicile et l’Italie, la Grèce et les Balkans ont permis cette analyse transversale.
Un site Internet, un livre et une exposition multimédia itinérante, en quatre langues, offrent au grand public une ouverture sur cette histoire seconde, celle du patrimoine matériel et artistique, qui surclasse les antagonismes classiques entre mondes musulman et chrétien, et transcende les différences entre Orient et Occident.
Enfin Qantara, le pont a inspiré l'initiative du site : de.qantara.de/ en allemand, en anglais et en turc, qui a pour vocation de développer la compréhension et le rapprochement interculturel.

Agenda

Visa pour l'image 2012
Perpignan
Du 1er au 16 septembre 2012 (semaine scolaire : du 17 au 21 septembre)
Perpignan est depuis vingt-quatre ans le rendez-vous annuel des photojournalistes du monde entier, qui comme le rappelle le président de l’association Visa pour l’image-Perpignan, Jean-Paul Griolet : "sont les artisans de cette liberté d’expression qui seule peut nous aider dans notre recherche de vérité (…). Seule une presse diversifiée, plurielle et libre nous évitera de sombrer dans l’obscurantisme, l’extrémisme et toutes ses conséquences, en nous montrant le travail des photojournalistes."
Jean-François Leroy, fondateur et directeur de Visa pour l’image,  rappelle que le travail des photojournalistes, au prix quelquefois de vies dramatiquement perdues (Rémi Ochlik, Marie Colvin, Gilles Jacquier), permet de découvrir "des sujets incroyables, des témoignages extraordinaires, des histoires poignantes (…), le monde tel qu’il est."
En contrepoint et non sans humour, Jean-François Leroy cite ce "tweet" : «Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis. Le réveil va être difficile ! » (retrouvé sur :
http://twitter.com/Tiersmonde/status/192910281406545920 )
Expositions, projections, rencontres et forums, décryptages des métiers, nouvelles technologies et remises de prix (dont celui de l'Association nationale des iconographes : www.ani-asso.fr/) rempliront généreusement le temps de cette nouvelle édition.
Les élèves et leurs enseignants, accueillis durant tout le festival, bénéficient d’une semaine spéciale, du 17 au 21 septembre, durant laquelle les expositions restent ouvertes et commentées par des professionnels.
La participation des établissements scolaires confirme l’ambition du festival Visa pour l’image de constituer un espace pédagogique privilégié, qui enseigne comment déchiffrer les médias.
Ambition soutenue par le Centre de liaison de l’éducation et des médias d’information (www.clemi.org) organisme du ministère de l’Éducation nationale.
L'ensemble du programme et des manifestations sur le site : www.visapourlimage.com/

14 novembre 2011

Ormuz, détroit de la peur

Par Philippe Leymarie
jeudi 10 novembre 2011
pour  http://blog.mondediplo.net

Et si l’Iran, qui en est le principal riverain, fermait le détroit d’Ormuz ? La crainte d’un blocage de cette voie d’eau stratégique, par laquelle transite 40 % du pétrole exporté du Proche-Orient, ressurgit à chaque montée de tension à propos de l’Iran : c’est à nouveau le cas après la déclaration du président israélien Shimon Pérès, le 5 novembre dernier, selon laquelle la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapproche. Et après la publication le 8 novembre du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) évoquant de « sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire » de Téhéran, alors que de son côté le président français Nicolas Sarkozy assurait le 9 novembre à une délégation à Paris du Congrès juif mondial vouloir accentuer les pressions sur l’Iran, « Israël n’ayant n’a pas de meilleur partenaire pour sa sécurité que le gouvernement français ».
Sur Israël-Infos, Gerard Fredj relève que le numéro un français a reçu mercredi « durant quatre vingt onze minutes » cette délégation du Congrès juif mondial, conduite par son président Ronald Lauder, ainsi que Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF), désireux d’obtenir de M. Sarkozy l’assurance qu’il inciterait les pays occidentaux à agir rapidement pour empêcher l’Iran de parvenir à assembler une bombe nucléaire. Selon Richard Prasquier, Nicolas Sarkozy aurait effectivement assuré qu’il « pousserait » à un renforcement des sanctions internationales contre Téhéran, qui rendraient difficiles les transactions de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. En revanche, le président français aurait insisté sur les « conséquences lourdes » d’une intervention militaire destinée à frapper les sites nucléaires iraniens.
Deux mentions récentes de ce qui pourrait se passer autour de ce passage d’Ormuz, long de 63 km et large de 40 km, avec deux rails de navigation de 3 km de large essentiellement situés dans les eaux omanaises - détroit qui relie la mer d’Oman au Golfe arabo-persique, et voit passer chaque année deux mille quatre cents pétroliers, au long de la côte iranienne [1]. Pour Kaveh L. Afrasiabi, professeur de science politique aux universités de Téhéran et Boston, « l’Iran peut couper le détroit d’Ormuz pratiquement à tout moment, et cela mettrait un coup d’arrêt à l’exportation des quelque 6 millions de barils de pétrole embarqués chaque jour [2] ».

JPEG - 152.1 ko
Le détroit d’Ormuz
Philippe Rekacewicz 
 
Comme une éventuelle intervention militaire israélienne contre les implantations nucléaires en Iran « nécessiterait, pour avoir des chances de réussite, d’effectuer des frappes sur une douzaine de sites, certains dans ou autour de secteurs peuplés, avec une forte probabilité de faire de nombreuses victimes civiles », cela déclencherait selon lui « un tsunami de colère populaire » dans le pays, qui conduirait les responsables politiques iraniens à lancer des représailles aussi dures que possible contre les intérêts américains et israéliens, avec notamment un blocage d’Ormuz.

« Rhétorique incendiaire » 

 

Cet intellectuel, réputé proche du président Ahmadinejad, estime – comme d’autres experts de politique étrangère en Iran – que l’exécutif américain ne fait rien pour apaiser ce qu’il appelle la « rhétorique incendiaire » d’Israël : « C’est sans doute parce que le président Barack Obama est trop occupé par d’autres problèmes, mais cela peut constituer une erreur grave et coûteuse. »
« La pose de mines dans le Golfe arabique, surtout dans le détroit d’Ormuz, est la principale menace à prendre en compte », considère de son côté Ahmed Al Attar, un commentateur emirati, spécialiste des questions de défense et d’énergie. Il rappelle qu’en 1988, la frégate américaine Samuel B. Roberts avait heurté une mine iranienne, et avait été presque perdue. « L’installation de champs de mines à grande échelle entraverait considérablement le trafic de pétrole et l’ensemble du commerce maritime dans le Golfe, et serait difficile à contrer, quoique pas impossible, estime-t-il. Mais la pose de mines, ou l’utilisation de missiles, affecterait également le commerce pétrolier de l’Iran, autant sinon davantage que celui de ses ennemis. L’aviation et la marine iraniennes seraient rapidement annihilées ; les forces armées se retrouveraient sans couverture air, aux prises avec des attaques aériennes répétées. Et il serait vite l’heure d’abandonner la partie… »

Durant la guerre Iran-Irak des années 1980, des tankers avaient été bombardés par la chasse iranienne dans le Golfe persique. Les prix du brut avaient explosé, tout comme les tarifs d’assurances. L’Iran peut être tenté d’agiter la menace de sa « marine de guérilla » – constituée notamment d’escadrilles de vedettes rapides – et d’une éventuelle fermeture du détroit, au cas où Israël, les Etats-Unis ou l’Europe iraient trop loin dans les sanctions, ou dans des projets d’attaque de ses installations nucléaires.

Le dernier incident sérieux dans la région remonte au 5 janvier 2008. Des vedettes rapides iraniennes s’étaient faites menaçantes contre une petite escadre de l’US Navy, de passage dans le détroit : des bâtiments américains qui rasaient, semble-t-il, la côte iranienne. L’ancien président George W. Bush était alors attendu dans la région. L’incident, qui n’avait pas débouché sur une poursuite ou un tir, avait permis en revanche à la diplomatie américaine de battre le tam-tam auprès des pays du Golfe en faveur d’une coalition anti-iranienne, et au président lui-même de se poser en garant de la libre circulation dans le golfe et le détroit.

La perspective d’une option militaire 

 

Les présidents américain et français ont profité du récent sommet du G20 à Cannes pour dénoncer le programme nucléaire militaire iranien, et agiter la menace de nouvelles sanctions, tandis qu’en Israël on débattait gravement d’une possible expédition punitive des forces armées, dans la foulée d’une déclaration du président israélien. Shimon Pérès [3] avait estimé le vendredi 5 novembre que la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapprochait, et suscité une avalanche de débats et commentaires dans la presse israélienne.
Il semble admis, une semaine plus tard, que ce nouvel accès de fièvre était essentiellement verbal, à usage politique, dans l’attente de la publication d’un rapport « favorable » de l’AIEA ouvrant la voie à un nouveau train de sanctions internationales.

Au contraire de l’Egyptien Mohamed El Baradei, qui faisait preuve d’une certaine indépendance, même s’il a peut-être eu une tendance pan-islamique à minorer les tentatives iraniennes pour se doter de l’arme atomique, le Japonais Yukiya Amano – son successeur à la tête de l’AIEA – semble parfaitement en phase avec Washington (qu’il a consulté quelques heures avant de sortir son rapport), et avec Israël (qui a aussitôt clamé que ce rapport confirmait et même légitimait ses inquiétudes répétées). Selon Téhéran, qui ne compte pas changer de politique, ce rapport est fabriqué à l’aide d’éléments communiqués opportunément par des services secrets occidentaux, et ne reflète pas la réalité.

Sur un plan technique, on relève dans la lettre confidentielle TTU, spécialisée dans les questions de défense [4], « qu’à partir de la fin de l’année, l’aviation israélienne n’aura plus à demander la permission aux Etats-Unis pour survoler l’Irak et mener d’éventuelles attaques contre les installations nucléaires iraniennes ». La clause dans l’accord militaire entre l’Irak et les Etats-Unis signé en novembre 2008, incluse sous la pression du premier ministre chiite Nouri al-Maliki, qui a institué une zone interdite de vol au-dessus du territoire irakien en vue d’empêcher des raids israéliens contre l’Iran, arrive en effet à expiration à la fin 2011, après le départ officiel des troupes américaines d’Irak. Or, rappelle TTU, le plus court chemin vers l’Iran pour l’aviation israélienne passe par l’Irak. Par ailleurs, les vives tensions de ces derniers mois entre Israël et la Turquie excluent un passage par ce dernier pays [5].

Ne pas délaisser le Golfe 

 

Plus généralement, si l’ex-président Bush rêvait de remodeler le Proche-Orient, c’est ce même Proche-Orient avec ses évolutions politiques récentes qui, en attendant, contraint l’exécutif conduit par Barack Obama à redéfinir la posture stratégique des Etats-Unis dans le Golfe. Dans un dossier de la revue Diplomatie (juin-juillet 2011) sur « la géopolitique des Etats-Unis : la fin d’un empire ? », Anthony Cordesman, titulaire d’une chaire de stratégie au Center for Strategic and international Studies (CSIS), conseille au gouvernement américain - auquel il n’est pas hostile ! - de ne pas délaisser le Golfe, qui doit rester une priorité absolue pour les Etats-Unis (comme pour la plupart des pays dépendants du pétrole proche-oriental), quitte à laisser à l’Inde, la Chine, et la Russie le « grand jeu » dans l’Asie du Sud, et à « oublier » ou presque l’Afghanistan, le Pakistan, etc., en évitant en tout cas d’y contrarier les fragiles équilibres actuels.

Cordesman, qui dresse un tableau inquiétant des failles et zones de fracture au Proche-Orient, dans des pays qui étaient jusqu’ici des partenaires privilégiés des Etats-Unis (Egypte, Tunisie, Yémen, Bahrein), suggère par exemple :

- de traiter l’Iran comme s’il était déjà une puissance nucléaire potentielle, de ne pas compter sur une opération israélienne, ni sur une évolution favorable du régime, et d’examiner avec les pays du sud du Golfe un possible dispositif de défense antimissiles, en leur offrant une garantie globale de sécurité ;
- de s’appuyer sur le nouvel Irak, comme gardien du trublion iranien, en y maintenant dans la mesure du possible une présence militaire significative, en continuant à former son armée à la contre-insurrection et au contre-terrorisme, etc. ;
- de rassurer les petits riverains du sud du Golfe (Koweït, Bahrein, Qatar, Oman) quant au maintien des installations militaires américaines actuelles ;
- de maintenir une présence navale et aérienne forte dans le Golfe, pour dissuader toute action iranienne sur le détroit d’Ormuz, le Golfe persique, le Golfe d’Oman, l’océan Indien ;
- de considérer l’Egypte et la Jordanie comme des « partenaires critiques » pour la sécurité à l’ouest du Golfe, en mer Rouge,etc. ;
- de développer des programmes de formation, équipement, etc. des armées locales, pour éviter aux forces américaines d’apparaître en première ligne (le fameux « leadership from behind » qui fait florès ces temps-ci) ;
- et aussi de maintenir un partenariat stratégique avec les grands alliés extérieurs au théâtre que sont notamment la Grande-Bretagne, la Turquie, ou la France.

Notes

 

[1] Une base française interarmées permanente a été créée en 2009 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, aux approches du détroit, face à l’Iran.
[2] Voir son autre article dans Asia Times, « False bells on Iran’s nuclear program ».
[3] Le même Shimon Pérès avait contribué à faire d’Israël une puissance nucléaire dans les années 1960, avec l’aide technique de la France.
[4] 9 novembre 2011 – n° 821.
[5] En septembre 2007, lorsqu’elle a attaqué un site nucléaire dans le nord de la Syrie, ses appareils avaient largué accidentellement des réservoirs de carburant sur le territoire turc.

3 mars 2011

La menace iranienne

Par Noam Chomsky
Chomsky.info, 2 juillet 2010
Traduction et notes par Jc Mourrat, 11 février 2011 
 
 
La terrible menace iranienne est largement reconnue comme le problème de politique internationale le plus important pour le gouvernement d'Obama. Le général Petraeus a informé le Comité sénatorial des forces armées en mars 2010 que "le régime iranien est la principale menace étatique pour la stabilité" dans la sphère d'influence du US Central Command [1], le Moyen-Orient et l'Asie centrale, la principale région du monde intéressant les Etats-Unis. Le terme "stabilité" a ici son sens technique usuel : fermement sous contrôle étasunien. En juin 2010, le Congrès des Etats-Unis a renforcé les sanctions contre l'Iran, avec des peines encore plus sévères contre les entreprises étrangères [2]. Le gouvernement Obama augmente rapidement sa capacité d'attaque sur l'île africaine de Diego Garcia, revendiquée par le Royaume-Uni, qui avait expulsé la population pour permettre aux Etats-Unis de construire une base militaire pour les attaques dans la zone d'action du Central Command. L'US Navy rapporte avoir envoyé un navire ravitailleur de sous-marins vers l'île, pour des sous-marins à propulsion nucléaire équipés de missiles guidés Tomahawk pouvant porter des têtes nucléaires. Chaque sous-marin a la force de frappe d'un groupe de combat aéronaval typique. Selon un rapport de cargaison de la US Navy obtenu par le Sunday Herald de Glasgow [3], l'équipement militaire expédié par Obama comprend 387 "bunker busters" [4], servant à détruire les structures souterraines renforcées. Le projet de développement de ces bombes, les plus puissantes de l'arsenal après les bombes nucléaires, avait été inité sous l'administration Bush, mais languissait. A sa prise de pouvoir, Obama a immédiatement accéléré le projet, et ces bombes sont sur le point d'être déployées plusieurs années en avance sur les prévisions, visant spécifiquement l'Iran.
"Ils se préparent totalement pour la destruction de l'Iran", selon Dan Plesch, directeur du Centre d'études internationales et de diplomatie de l'université de Londres [5]. "Les bombardiers et missiles de longue portée étasuniens sont prêts pour détruire 10 000 cibles en Iran en quelques heures", dit-il. "La force de frappe des Etats-Unis a quadruplé depuis 2003", accélérant sous Obama.
La presse arabe raporte qu'une flotte étasunienne (avec un navire israëlien) est passée par le canal de Suez en route pour le golfe persique [6], où sa mission est de "mettre en oeuvre les sanctions contre l'Iran et superviser les bateaux en provenance ou à destination de l'Iran." Des medias britanniques et israëliens rapportent que l'Arabie Saoudite garantit à Israël un couloir de passage pour bombarder l'Iran (démenti par l'Arabie Saoudite) [7]. De retour d'Afghanistan pour assurer aux pays de l'OTAN que les Etat-Unis maintiendraient leur engagement après le remplacement du général McChrystal par son supérieur, le général Petraeus, le président du Comité des chefs d’États-majors interarmées [8] Michael Mullen s'est rendu en Israël pour rencontrer le chef des forces armées israëliennes Gabi Ashkenazi, les hauts responsables militaires ainsi que les services de renseignement, poursuivant la coopération stratégique entre Israël et les Etats-Unis. La rencontre a porté sur "la préparation, par Israël et les Etats-Unis, à la possibilité d'un Iran nucléarisé", selon Haaretz, Mullen insistant sur le fait qu'il "cherche toujours à voir les problèmes sous la perspective israëlienne." Mullen et Ashkenazi maintiennent un contact régulier par une ligne téléphonique sécurisée.
Les menaces grandissantes d'action militaire contre l'Iran sont bien sûr en violation de la Charte des Nations unies, et en violation spécifique de la résolution 1887 du Conseil de sécurité de septembre 2009, qui réaffirme l'appel à tous les Etats à résoudre pacifiquement les différends liés au nucléaire, en accord avec la Charte, qui bannit l'usage ou la menace de la force.
Certains analystes qui semblent être pris au sérieux décrivent la menace iranienne en termes apocalyptiques. Amitai Etzioni prévient que "les Etats-Unis devront affronter l'Iran ou abandonner le Moyen-Orient", rien de moins. Si le programme nucléaire iranien se poursuit, affirme-t-il, la Turquie, l'Arabie Saoudite et d'autres Etats vont "se déplacer vers" la nouvelle "superpuissance" iranienne. Dans une rhétorique moins fiévreuse, une alliance régionale indépendante des Etats-Unis pourrait prendre forme. Dans le journal militaire étasunien Military review, Etzioni exhorte à une attaque étasunienne qui ciblerait non seulement les équipements nucléaires iraniens, mais aussi les équipements militaires non nucléaires, y compris l'infrastructure — c'est-à-dire la société civile. "Cette sorte d'action militaire est semblable aux sanctions : faire "mal" pour faire changer de comportement, mais par des moyens beaucoup plus puissants."
Mettant de côté ces discours enflammés, qu'est-ce exactement que la menace iranienne ? Une réponse qui fait autorité est donnée par le rapport de l'armée et des services de renseignement pour le Congrès d'avril 2010 [9].
Le régime clérical brutal iranien est assurément une menace pour son propre peuple, bien qu'il ne soit pas très haut placé dans la liste sur ce point en comparaison des alliés des Etats-Unis de la région. Mais ce n'est pas ce qui préoccupe l'armée et le renseignement. Ils sont plutôt préoccupés par la menace que l'Iran représente pour la région et le monde.
Le rapport exprime clairement que la menace iranienne n'est pas d'ordre militaire. Les dépenses militaires de l'Iran sont "relativement basses comparées au reste de la région", et bien sûr minuscules comparées à celles des Etats-Unis. La doctrine militaire iranienne est strictement "défensive, conçue pour ralentir une invasion et forcer une solution diplomatique à des hostilités." L'Iran a seulement "une capacité de projection de forces limitée hors de ses frontières". Concernant l'option nucléaire, "le programme nucléaire de l'Iran, et sa volonté de laisser ouverte la possibilité de développer des armes nucléaires, sont un élément central de sa stratégie de dissuasion."
Même si la menace iranienne n'est pas une agression militaire, cela ne veut pas dire qu'elle pourrait être tolérable pour Washington. La capacité de dissuasion iranienne est considérée comme un exercice illégitime de souveraineté, interférant avec les grands desseins étasuniens. Spécifiquement, elle menace le contrôle des ressources énergétiques du Moyen-Orient par les Etats-Unis, une haute priorité depuis la seconde guerre mondiale. Comme l'a fait remarquer une personalité influente, exprimant ainsi un point de vue courant, le contrôle de ces ressources donne "un contrôle considérable sur le monde" (A.A. Berle).
Mais la menace de l'Iran va au delà de la dissuasion. L'Iran cherche aussi a étendre son influence. Son "plan quinquennal actuel cherche a étendre les relations bilatérales, régionales et internationales, à renforcer les liens de l'Iran avec les Etats amis, et augmenter ses capacités de défense et de dissuasion. Dans la lignée de ce plan, l'Iran cherche à gagner en importance, en contrant l'influence étasunienne et développant des liens avec les acteurs régionaux, tout en défendant la solidarité islamique." En bref, l'Iran cherche à "déstabiliser" la région, dans le sens technique du terme utilisé par le général Petraeus. L'invasion et l'occupation militaire des pays voisins de l'Iran par les Etats-Unis est la "stabilisation". Les efforts de l'Iran pour étendre son influence aux pays voisins est la "déstabilisation", donc clairement illégitime. Il faut remarquer qu'une utilisation aussi révélatrice des termes est banale. Ainsi, l'expert en relations étrangères renommé James Chace, ancien éditeur du journal Foreign Affairs [10], utilisait également le terme "stabilité" dans son sens technique quand il expliquait que pour retrouver la "stabilité" au Chili, il était nécessaire de "déstabiliser" le pays (en renversant le gouvernement élu d'Allende pour y installer la dictature de Pinochet).
Au-delà de ces crimes, l'Iran participe et soutient le terrorisme, poursuit le rapport. Les Gardiens de la révolution "sont derrière certaines des attaques terroristes les plus meurtrières des trois décennies", notamment des attaques contre des installations militaires étasuniennes, et "beaucoup d'attaques insurgées contre les forces de sécurité iraquiennes et de la Coalition en Iraq depuis 2003." De plus, l'Iran soutient le Hezbollah et le Hamas, les forces politiques majeures an Liban et en Palestine — si les élections ont une quelconque importance. La coalition formée autour du Hezbollah a rassemblé le vote populaire lors des dernières élections libanaises, en 2009. Le Hamas a gagné les élections palestiniennes de 2006, forçant les Etats-Unis et Israël à mettre en place le blocus brutal de la bande de Gaza, pour punir les mécréants d'avoir mal voté lors d'élections libres. Ce sont les seules élections relativement libres du monde arabe. Il est normal pour l'élite de redouter la menace démocratique et d'agir pour la contenir, mais le cas est ici frappant, particulièrement en comparaison avec le fort soutien étasunien pour les dictatures de la région, mis en avant par Obama et ses éloges pour le brutal dictateur égyptien Mubarak, alors qu'il se rendait au Caire pour donner son célèbre discours adressé au monde musulman.
Les actes terroristes du Hamas et du Hezbollah font pâle figure en comparaison du terrorisme israëlo-étasunien dans la région, mais méritent tout de même notre attention.
Le 25 mai, le Liban a fêté le jour de la Libération, commémorant le retrait des troupes israëliennes du sud du Liban après 22 ans d'occupation, par suite de la résistance du Hezbollah — décrite par les autorités israëliennes commes une "agression iranienne" contre Israël dans le Liban sous occupation israëlienne (Ephraim Sneh). Voilà un autre exemple de rhétorique impériale courante. Ainsi, le président John F. Kennedy condamnait "l'assaut de l'intérieur" au Sud Vietnam, "qui est orchestré depuis le Nord". Cet assaut criminel par la résistance sud-vietnamienne contre les bombardiers, les armes chimiques, les programmes pour ammener les paysans dans ce qui s'apparentait à des camps de concentration, et d'autres mesures aussi insignifiantes prises par Kennedy furent dénoncées comme une "aggression interne" par l'ambassadeur étasunien aux Nations unies, le héros libéral Adlai Stevenson. Le soutien nord-vietnamien pour leurs compatriotes du Sud occupé par les Etats-Unis est une aggression, une interférence intolérable avec la vertueuse mission de Washington. Les conseillers de Kennedy Arthur Schlesinger et Theodore Sorenson, considérés comme des opposants à la guerre, faisaient l'éloge de l'intervention étasunienne visant à renverser l'"aggression" au Sud Vietnam — par la résistance locale, comme ils le savaient, au moins s'ils lisaient les rapports des services de renseignement. En 1955, le Comité des chefs d’États-majors interarmées des Etats-Unis avait défini plusieurs types d'"aggression", y compris "aggression autre qu'armée, c'est-à-dire, guerre politique, ou subversion." Par exemple, un soulèvement intérieur contre un Etat policier imposé par les Etats-Unis, ou des élections donnant le mauvais résultat. Une telle utilisation des termes est aussi courante dans les commentaires académiques ou politiques, et ont un sens sous l'hypothèse en vigueur que "Le monde nous appartient".
Le Hamas résiste à l'occupation militaire d'Israël et à ses actions violentes et illégales dans les territoires occupés. Il est accusé de refuser de reconnaître Israël (les partis politiques ne reconnaissent pas les Etats). En comparaison, les Etats-Unis et Israël non seulement ne reconnaissent pas la Palestine, mais ont toujours agit avec fermeté pour s'assurer que la Palestine ne pourra jamais exister sous une forme significative. Le parti au pouvoir en Israël, dans son programme de campagne de 1999, interdit l'existence de tout Etat palestinien — un pas supplémentaire vers le compromis, depuis la position officielle des Etats-Unis et Israël une décennie auparavant, assurant qu'il ne pouvait pas y avoir "un Etat palestinien supplémentaire" entre Israël et la Jordanie, ce dernier étant décrété "Etat palestinien", quoi qu'en pensent les ignorants habitant ou gouvernant ce pays.
Le Hamas est accusé de lancer des roquettes sur les implantations israëliennes, sans conteste des actes criminels, mais qui font pâle figure devant la violence d'Israël à Gaza, sans parler d'ailleurs. Sur ce point, il faut garder en mémoire que les Etats-Unis et Israël savent exactement comment mettre fin à la terreur qu'ils déplorent avec tant de passion. Israël reconnaît officiellement qu'il n'y avait pas de tirs de roquettes du Hamas tant qu'Israël respectait partiellement la trêve avec le Hamas de 2008 [11]. Israël a rejeté l'offre du Hamas de renouveler la trêve, préférant lancer l'"opération plomb durci" contre Gaza en décembre 2008, avec total soutien étasunien, une aggression meurtrière exceptionnelle sans le moindre prétexte moral ou légal crédible.
Le modèle de démocratie dans le monde musulman, malgré certains problèmes sérieux, est la Turquie, qui a des élections relativement libres, et a été l'objet de critiques sévères de la part des Etats-Unis. Le cas le plus extrême a été lorsque le gouvernement a suivi l'avis de 95% de la population en refusant de participer à l'invasion de l'Iraq, provoquant la condamnation sévère de Washington pour son incapacité à comprendre comment un gouvernement démocratique doit se comporter : selon notre idée de la démocratie, la voix du Maître détermine les choix politiques, pas l'opinion presque unanime de la population.
Le gouvernement Obama était également furieux lorsque la Turquie s'est jointe au Brésil pour trouver un accord avec l'Iran visant à restreindre sa capacité à enrichir de l'uranium. Obama avait loué l'initiative dans une lettre au président brésilien Lula da Silva, supposant apparemment qu'elle allait échouer et donnerait ainsi une arme de propagande contre l'Iran. Lorsque l'initiative a abouti, les Etats-Unis étaient furieux, et l'ont rapidement sapée en lançant une résolution du Conseil de sécurité comportant de nouvelles sanctions contre l'Iran, des sanctions si dépourvues de sens que la Chine a joyeusement soutenu la résolution — reconnaissant que les sanctions pourraient seulement empêcher les intérêts occidentaux d'être en compétition avec la Chine pour les ressources iraniennes. Une nouvelle fois, Washington a agi sans détours pour s'assurer que personne ne pourrait gêner le contrôle de la région par les Etats-Unis.
Sans surprise, la Turquie (comme le Brésil) a voté contre la motion étasunienne de sanctions au Conseil de sécurité. L'autre pays membre de la région, le Liban, s'est abstenu. Ces actions ont causé davantage de consternation à Washington. Philip Gordon, responsable sous l'administration Obama des relations diplomatiques avec l'Europe, a prévenu la Turquie que les Etats-Unis ne comprenaient pas ses actions, et que la Turquie devait "démontrer son implication dans le partenariat avec l'Occident", rapporte Associated Press, "un rappel à l'ordre rare pour un allié crucial de l'OTAN" [12].
La classe politique comprend très bien. Steven A. Cook, un universitaire du Conseil des relations étrangères, a observé que la question centrale est : "comment garde-t-on les Turcs à leur place ?" — à suivre les ordres comme de bons démocrates. Un gros titre du New York Times captura le sentiment général : "l'accord iranien, point noir de l'héritage du leader brésilien". En résumé, faites ce qu'on vous dit, sinon...
Rien n'indique que d'autres pays de la région soutiennent les sanctions étasuniennes davantage que la Turquie. Par exemple, le Pakistan et l'Iran se sont rencontrés en Turquie pour signer un accord concernant un nouveau gazoduc [13]. Encore plus préoccupant pour les Etats-Unis, le gazoduc pourrait être étendu jusqu'en Inde. L'accord des Etats-Unis avec l'Inde soutenant son programme nucléaire — et indirectement, son programme d'armes nucléaires — avait pour but d'empêcher l'Inde d'être reliée à ce gazoduc, selon Moeed Yusuf, un conseiller sur l'Asie du Sud auprès de l'Institut des Etats-Unis pour la paix, exprimant un point de vue courant. L'Inde et le Pakistan sont deux des trois puissances nucléaires ayant refusé de signer le Traité de non-prolifération (TNP), le troisième étant Israël. Tous ont développé des armes nucléaires avec le soutien des Etats-Unis, et continuent de le faire.
Aucune personne saine d'esprit ne souhaite que l'Iran développe des armes nucléaires; ou qui que ce soit. Une façon simple d'atténuer ou d'éliminer cette menace est d'établir une Zone exempte d'armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient. La question a été soulevée (une nouvelle fois) à la conférence du TNP au siège des Nations unies en mai 2010. L'Egypte, qui menait les 118 pays du Mouvement des non-alignés, proposa que la conférence soutienne un appel à négociations en 2011 concernant une ZEAN au Moyen-Orient, comme convenu par l'Occident, y compris les Etats-Unis, lors de conférence de révision du TNP de 1995.
Washington est toujours formellement d'accord, mais insiste pour qu'Israël en soit exemptée. L'heure n'est pas encore venue de créer la zone, a déclaré la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton lors de la conférence du TNP, tandis que Washington soutenait qu'aucune proposition ne pourrait être acceptée si elle exigeait de placer le programme nucléaire israëlien sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ou si elle obligeait des signataires du TNP, en particulier Washington, à divulguer les informations concernant "les activités et équipements nucléaires israëliens, incluant les informations concernant de précédents transferts nucléaires vers Israël" [14]. La méthode d'Obama pour esquiver le problème est d'adopter la position d'Israël, selon laquelle toute proposition doit être conditionnée à un vaste accord de paix, que les Etats-Unis peuvent repousser indéfiniment, comme ils l'ont fait ces 35 dernières années à de rares et passagères exceptions près.
Au même moment, Yukiya Amano, directeur général de l'AIEA, demandait aux ministres des affaires étrangères des 151 pays membres de faire savoir leur point de vue sur comment mettre en application une résolution demandant à Israël d'adhérer au TNP et de permettre l'inspection de ses installations nucléaires par l'AIEA, selon Associated Press.
Il est rarement noté que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont une responsabilité particulière pour travailler à l'établissement d'une ZEAN au Moyen-Orient. A la recherche d'une maigre couverture légale pour leur invasion de l'Iraq de 2003, ils firent appel à la résolution 687 du Conseil de sécurité (1991), qui appelait l'Iraq à mettre un terme au développement d'armes de destruction massive. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni prétendirent que l'Iraq n'avait pas respecté la résolution. Il n'est pas nécessaire de s'attarder sur cette excuse, mais cette résolution engage ses signataires vers l'établissement d'une ZEAN au Moyen-Orient.
Entre parenthèses, ajoutons que l'insistance des Etats-Unis de maintenir ses installations nucléaires à Diego Garcia sape la ZEAN mise en place par l'Union africaine, et de même, Washington bloque une ZEAN du Pacifique en excluant ses territoires de la région.
La rhétorique engagée d'Obama vis-à-vis de la non-prolifération a reçu beaucoup d'éloges, y compris un prix Nobel. Une action concrète dans ce sens est l'établissement de ZEAN. Une autre est de ne plus soutenir les programmes nucléaires des trois pays non signataires du TNP. Comme souvent, la rhétorique et l'action sont en désaccord, en fait en contradition directe dans ce cas, des faits auxquels on porte peu d'attention, comme la plupart de ce qui vient d'être rappelé ici.
Au lieu de prendre des mesures concrètes visant à réduire la vraiment terrible menace de prolifération des armes nucléaires, les Etats-Unis entreprennent des actions majeures visant à renforcer le contrôle étasunien sur le Moyen-Orient, région vitale de production de pétrole, par la violence si d'autres moyens ne suffisent pas. C'est compréhensible et même raisonnable, sous la doctrine impériale en vigueur, quelles qu'en soient les conséquences. Voilà une nouvelle illustration de "l'injustice sauvage des Européens" que déplorait Adam Smith en 1776, le centre de commandement ayant depuis traversé l'océan vers leur ancienne colonie.
  1. Le US Central Command est l'un des dix Commandements interarmées de combat ("Unified Combattant Command") du département de la défense étasunien. Six d'entre eux ont une zone géographique d'action spécifique ("area of responsibility"), dont le US Central Command.
  2. Il s'agit du Comprehensive Iran Sanctions, Accountability, and Divestment Act of 2010. [lien]
  3. Rob Edward. Final destination, Iran ? The Herald, 14 mars 2010. [lien]
  4. En anglais "Massive ordnance penetrator", il s'agit d'une bombe anti-bunker de 13 600kg, beaucoup plus grosse que la bombe anti-bunker qui pénètre le plus profondément actuellement, faisant "seulement" 2 270 kg. [lien]
  5. Voir la référence [3].
  6. Jack Khoury. Report: U.S., Israeli warships cross Suez Canal toward Red Sea. Haaretz.com, 19 juin 2010. [lien]
  7. Hugh Tomlinson. Saudi Arabia gives Israel clear skies to attack Iranian nuclear sites. The Times, 12 juin 2010. [lien]
  8. En anglais "Joint Chiefs of Staff", ce comité est formé de haut gradés des forces armées des Etats-Unis, chargés de conseiller le gouvernement.
  9. Lieutenant General Ronald L. Burgess, Director, Defense Intelligence Agency. Statement before the Committee on Armed Services, US Senate, 14 Avril 2010. Unclassified Report on Military Power of Iran, Avril 2010. John J. Kruzel, American Forces Press Service, "Report to Congress Outlines Iranian Threats," Avril 2010, (note dans la version originale). [lien]
  10. Foreign Affairs est un bimestriel influent traitant de politique étrangère et de relations internationales, qualifié par Chomsky de "main establishment journal".
  11. Voir le rapport du Israeli Intelligence and Terrorism Centre [lien] ou l'interview de Mark Regev, porte-parole du premier ministre israëlien [lien].
  12. Associated Press. U.S.: Turkey must prove its commitment to the West. Haaretz.com, 26 juin 2010. [lien]
  13. Zeeshan Haider. Pakistan, Iran sign deal on natural gas pipeline. Reuters, 17 mars 2010. [lien]
  14. Eli Lake. Clinton in struggle for Israel’s nuke secret. The Washington Times, 3 mai 2010. [lien]

9 mars 2010

La politique nucléaire de l’Iran

par yvesduc (son site)

Il se tenait le 6 mars 2010, au Centre Culturel Iranien à Paris (1), une conférence sur la politique nucléaire de l’Iran, qui a développé des arguments très convaincants car très rationnels, de mon point de vue. Cette conférence venait surtout comme un ballon d’oxygène, tant la désinformation est massive concernant l’Iran. La contre-information peine à exister mais cette conférence était, en la matière, un lancement magnifique !

Une petite phrase, absente de l’article sur lequel s’appuyait la conférence (2), résume bien l’état d’esprit des dirigeants iraniens : le conférencier, lui-même iranien, Maître de conférence en Relations Internationales, a dit qu’étant donné la puissance des ennemis de l’Iran, « notre première erreur sera la dernière ». Pour chaque action que l’Iran entreprend, la prudence est donc de mise, comme nous allons le vérifier.
L’Iran, c’est d’abord une croissance intérieure qui a amené la demande d’énergie à y augmenter de 8 à 10% par an, ces dernières années. Si les choses continuent ainsi, cette demande finira par manger toute la production pétrolière du pays, production actuellement exportée pour moitié. Ceci priverait le pays de son principal revenu. Or, d’après la National Iranian Oil Company (NIOC), le kilowatt/heure thermique est 3,3 fois plus cher que le kilowatt/heure nucléaire, ceci grâce au fait que l’Iran possède aussi d’énormes réserves d’uranium. En passant au nucléaire, l’Iran exportera davantage de pétrole, faisant rentrer davantage de devises, tout en se protégeant contre le fameux Pic de Hubbert (Pic Pétrolier).
Petit retour en arrière : en 2003, sous la pression occidentale – mais sans naïveté, l’Iran accepte de stopper son activité d’enrichissement du combustible, l’Occident annonçant qu’il est prêt à livrer le combustible. « Sans naïveté », car l’Iran subit un embargo depuis 30 ans et car l’Occident a déjà déployé beaucoup d’efforts pour empêcher l’Iran d’accéder au nucléaire civil. N’obtenant rien des négociations et comprenant qu’il ne s’agissait que de gagner du temps, 20 mois plus tard, l’Iran réouvre ses installations. Cet épisode explique pourquoi l’Iran tient à être maître de son approvisionnement et à ne pas dépendre de partenaires qui sont tout sauf coopératifs...
Comme gage de ses objectifs purement civils, l’Iran prend les devants, signe tous les traités et invite l’AIEA à inspecter ses installations, ce qui sera largement fait, des caméras permanentes étant même installées. Les inspecteurs font des visites inopinées et confirment, rapport après rapport, que l’enrichissement pratiqué en Iran ne dépasse par le taux d’un usage civil, soit 3,6 %. La récente affaire de la centrale nucléaire « cachée » était une pure mystification, la centrale ayant été déclarée de longue date ! (comme le rapportait ici-même morice (3))
Mais le clou du raisonnement était un examen de l’utilité militaire de “la” bombe, la bombe atomique bien sûr. En termes militaires, il y a dissuasion quand la « deuxième frappe », c’est-à-dire la réponse à la « première frappe », atteint la « suffisance raisonnable », c’est-à-dire l’intensité nécessaire pour détruire l’adversaire et le dissuader véritablement de commettre la première frappe. Or, insiste le conférencier, seuls les États-Unis et la Russie atteignent la suffisance raisonnable. Le petit Iran avec sa première bombe ne serait pas en mesure de dissuader quiconque et, en cas d’attaque, serait par contre sûr de périr lors de la deuxième frappe, Israël possédant par exemple plus de 400 têtes. Donc, non seulement la bombe est militairement impraticable pour l’Iran mais pire, elle pourrait constituer justement l’une de ces erreurs dont il était question au début ! Comme dit le conférencier : même si on nous la donnait, on n’en voudrait pas. Et d’ailleurs, ajoute-t-il, la bombe a-t-elle empêché l’effondrement de l’URSS ? Empêche-t-elle les États-Unis de s’embourber en Irak ? A-t-elle empêché Israël de se prendre une raclée au Liban ? La bombe est loin de répondre à toutes les situations.
De plus, une bombe iranienne amènerait sans doute d’autres pays (inamicaux) de la région à la vouloir aussi, ce qui constituerait autant de nouvelles menaces sur l’Iran. Non, définitivement, la bombe n’est pas une bonne idée pour Téhéran.
Dans cette logique implacable, le seul point qui m’interroge est cette affirmation de l’électricité nucléaire moins chère que l’électricité thermique. Il me semble que l’infrastructure nucléaire est très coûteuse (4). Pourquoi la solution nucléaire ne semble-t-elle ingénieuse que pour l’Iran et pourquoi les mêmes questions que pour le pétrole ne se posent-elles pas ? (exportation de l’uranium versus consommation intérieure) Est-ce parce que le Pic Pétrolier est en avance sur celui de l’uranium ? (5) Qu’on me pardonne de ne pas trancher la question et de la laisser aux experts.
J’emprunte la conclusion à Tabatabaeï : « Celui qui a la bombe A, qui a toujours refusé de signer le TNP et qui ne supporte aucune inspection [agit en] procureur d’un accusé qui n’a pas la bombe, fait partie du TNP et s’est soumis à des inspections inopinées sans répits et interminables de son territoire. » Suivez son regard...
J’espère que cette excellente conférence, filmée, arrivera sur internet, et en tout cas c’était le souhait du public (une quarantaine de personnes).
Yves Ducourneau, le 7 mars 2010
Note : En illustration, le village iranien troglodyte de Kandovan.
(1) Centre Culturel Iranien, 6 rue Jean Bart, Paris 6e, métro Notre-Dame des Champs ou Saint-Placide. Je le précise car c’est introuvable dans les pages jaunes !
(2) “La diplomatie nucléaire iranienne”, par Seyed Mohammad Tabatabaeï, Confluences Méditerranée n° 65
(3) “Poker menteur à Pittsburgh”, par morice
(4) Voir le graphique ici : “L’économie du nucléaire”, par le CEA
(5) Sur le pic uranium : “La pénurie d’uranium programmée condamne le nucléaire”, par Isabelle Chevalley et Pierre Bonnard

Libellés

Politique (381) social (341) actualité (279) corporation (265) loi (227) Corruption (208) geopolitique (201) Documentaire (155) documentary (143) Propaganda (129) Etats (128) Guerre (126) France (124) Internet (98) Reflexion (95) Pollution (94) crise (94) USA (93) Economie (89) Europe (85) Nouvelles Technologies (82) Santé (75) Arté (59) Argent (57) Etats-Unis (53) environnement (53) reportage (53) administration US (52) Nucléaire (51) Armement (48) Surveillance (46) Nucleaire (45) Chine (44) Armées (43) Mort (42) histoire (42) Japon (40) Japan (36) Police (34) le dessous des cartes (34) rapport (33) Banque (30) Petrole (30) censure (30) Energie (29) Agriculture (27) Eau (27) Afrique (25) Conflits (24) Fukushima (24) LOBBYS (24) Russie (22) gouvernements (22) Medias (21) Sécurité (21) Frontières (20) International (20) Agro Alimentaire (19) Catastrophe (19) Revolution (19) Armes (18) Pauvreté (18) Repression (18) geographie (18) China (17) OTAN (17) Libye (16) cybersécurité (16) gouvernance (16) Army (15) Carte (15) cyberspace (15) ARTE Reportage (14) Allemagne (14) Facebook (14) Inde (14) Moyen Orient (14) Cyber-activisme (13) FMI (13) Google (13) Royaume-Uni (13) cyberespionnage (13) sciences (13) Mali (12) Manipulations (12) commerce (12) enfant (12) philosophie (12) Israël (11) Violence (11) Web 2.0 (11) capitalisme (11) Afghanistan (10) CIA (10) Immigration (10) Journaliste (10) Livres (10) Syrie (10) finance (10) religion (10) traité (10) Bresil (9) Dictature (9) Drones (9) Pakistan (9) Radioactif (9) US (9) Vietnam (9) business (9) desinformation (9) election (9) militaires (9) secret (9) travail (9) 2011 (8) Climat (8) Droit de l'Homme (8) Démocratie (8) Gaz (8) Informations (8) Irak (8) Mexique (8) Reflextion (8) Somalie (8) conspiration (8) exploitation (8) mondialisation (8) terrorisme (8) Bolivie (7) Canada (7) Democratie (7) Discrimination (7) Filtrage (7) Presse (7) controle (7) crimes (7) manifestations (7) multinationales (7) trafic (7) 2012 (6) ACTA (6) Areva (6) Asie (6) Crise sociale (6) Droit (6) Gaza (6) Grande Bretagne (6) Haïti (6) Italie (6) Madagascar (6) Netizen Report (6) Nigeria (6) O.N.U (6) Oligarchie (6) RDC (6) Société (6) UE (6) changement climatique (6) danger (6) justice (6) mines (6) ocean (6) pirates (6) projet (6) Africa (5) Algerie (5) Arabie Saoudite (5) Bahreïn (5) Brésil (5) Chimique (5) Chomsky (5) Colonisation (5) Congo (5) Crise politique (5) Debat (5) Egypte (5) Indigènes (5) Inégalités (5) Liberté (5) Loppsi (5) NSA (5) ONG (5) Palestine (5) Pharmaceutique (5) Tunisie (5) Union Européene (5) Veolia (5) agrocarburants (5) big brother (5) contamination (5) ecologie (5) emploi (5) esclavage (5) hadopi (5) informatique (5) interview (5) menace (5) prison (5) AIEA (4) Accident (4) Agent (4) Bombes (4) Chili (4) Colombie (4) Contaminés (4) Grèce (4) Honduras (4) Iran (4) Microsoft (4) Migration (4) OMC (4) Occident (4) Perou (4) Racisme (4) Tchernobyl (4) Venezuela (4) Webdocumentaire (4) Wikileaks (4) brevet (4) dette (4) fichage (4) frontex (4) industrie (4) maladie (4) nanotechnologies (4) plastic (4) plastique (4) privatisation (4) privée (4) public (4) réfugiés (4) 2013 (3) Apple (3) Australie (3) Azerbaïdjan (3) Bangkok (3) Banque mondiale (3) Banques (3) Bosnie (3) Corée (3) Dechets (3) Espagne (3) Faim (3) Islande (3) Kazakhstan (3) Kenya (3) Liban (3) Maroc (3) Monde (3) NATO (3) Nature (3) Niger (3) OGM (3) OMS (3) Politics (3) Proche-Orient (3) Riz (3) Roms (3) Sahel (3) Sarkozy (3) Totalitaire (3) Turquie (3) Twitter (3) Ukraine (3) Uranium (3) Urbanisation (3) accords (3) art (3) cancers (3) charbon (3) culture (3) cyber-censure (3) drogue (3) ethnie (3) extreme droite (3) futur (3) gouvernement (3) minerais (3) piraterie (3) ressources (3) réseau (3) sondage (3) stratégie (3) télévision (3) écologie (3) 2014 (2) 2030 (2) Abus (2) Affaire (2) Africom (2) Afrique du Sud (2) Agent Orange (2) Amerique du Sud (2) Arabes (2) Argentine (2) Arménie (2) Articque (2) Atlas (2) Attentat (2) Australia (2) Balkans (2) Bangladesh (2) Belgique (2) Bio Carburants (2) Bioethique (2) Birmanie (2) Biélorussie (2) CRIIRAD (2) Cambodge (2) Cancer (2) Caucase (2) Centrafrique (2) Cloud (2) Coltan (2) Correa (2) Corée du nord (2) Coup d’Etat (2) Crise financière (2) Côte d'Ivoire (2) DARPA (2) Defense (2) Drone (2) Défense (2) EDF (2) EFSA (2) Emirats (2) Equateur (2) Espace (2) G8 (2) Gaz de Schiste (2) Gazoduc (2) Genocide (2) Germany (2) Ghana (2) Goldman Sachs (2) Guatemala (2) Géorgie (2) IKEA (2) India (2) Indiens (2) Irlande (2) Kirghizistan (2) Kosovo (2) Les infos dont on parle peu (2) Liberté d'expression (2) Mafia (2) Maghreb (2) Mosanto (2) Médias (2) Nation (2) Nouvel Ordre Mondial (2) Obama (2) Oppression (2) Paragay (2) Parlement (2) Patriot Act (2) Petropolis (2) Quatar (2) RFID (2) Retraites (2) Royaume Uni (2) Rwanda (2) Révolte (2) Sahara (2) Science (2) Serbie (2) Sexe (2) Space (2) Swift (2) Taiwan (2) Taïwan (2) Tepco (2) Thailande (2) U.R.S.S (2) Video (2) Viol (2) WTO (2) Yemen (2) aide alimentaire (2) aluminium (2) animaux (2) bilan (2) biotechnologie (2) chimie (2) civil (2) coup d’État (2) debt (2) dessous des cartes (2) developpement (2) diaspora (2) diplomatie (2) débat (2) délation (2) education (2) ex-Yougoslavie (2) famine (2) fonds d'investissement (2) graphisme (2) hack (2) humain (2) loi Internet et Création loi Hadopi (2) medecine (2) metal (2) misère (2) mondial (2) mur (2) news (2) paradis fiscaux (2) pesticides (2) piratage (2) poison (2) populisme (2) previsions (2) prostitution (2) président (2) sensure (2) telephonie (2) terre rare (2) territoire (2) textile (2) transport (2) villes (2) war (2) 11/9 (1) 1918 (1) 1945 (1) 2 (1) 2009 (1) 2010 (1) 23andMe (1) 9/11 (1) A TelecomTV Campaign (1) AFP (1) ALENA (1) APT (1) ASN (1) Abidjan (1) Agences de notation (1) Alimentarius (1) Almentaire (1) Amazonie (1) Amérindiens (1) Angola (1) Anonymous (1) ArmeFrance (1) Asile (1) Autodialogue à propos de New Babylon (1) Awards (1) B.R.I.C (1) BASM Conférence de Dublin Le texte du futur Traité adopté (1) BCE (1) Babylon District (1) Bayer (1) Berlin 1885 la ruée sur l'Afrique (1) Berlusconi (1) Bhoutan (1) Bilderberg 2008 (1) Bill Gates Rockefeller Svalbard (1) Black Hat (1) Blackwater (1) Botnet (1) Brazil (1) Burkina Faso (1) CEA (1) CETA (1) CFR (1) CNT (1) COMMENT) SUPREMATIE DE L'INFORMATION (1) CONSPIRATION - LE BRESIL DE LULA (1) CONTROLE TOTAL (1) CPI (1) CRU (1) CUG (1) Cachemire (1) Camera City (1) Child miners (1) Chypre (1) Cisjordanie (1) Citoyenneté (1) City (1) Clearstream (1) Club de Paris (1) Cnil (1) Codex (1) Collapse (1) Colombia (1) Combattre les mines et les BASM (1) Commission (1) Contrôle maximum sur tout le spectre électromagnétique (1) Corruption des syndicats l’enquête qui dérange (1) Costa Rica (1) Criminalité (1) Crise à la Banque mondiale et au FMI (1) Cuba (1) Côte d’Ivoire (1) C’est quoi une bonne nouvelle (1) Dadaab (1) Darfour (1) Davos (1) De l’explosion urbaine au bidonville global (1) Destabilisation (1) Documentaire : No es un Joc ( Ce n'est pas un Jeu ) (1) Doha (1) Dubaï (1) Déchets (1) EADS (1) ELENA (1) Ecole (1) Ecoterrorisme (1) Ecuador - The Rumble in the Jungle (1) Eglise (1) Embargo (1) End (1) Enquête en forêt tropicale (1) Erreurs statistiques de la Banque mondiale en Chine : 200 millions de pauvres en plus (1) Eurosatory (1) Exposé sur le nouveau mode actuel de répression politique en France (1) F.M.I Finances Mondiale Immorale (1) FAO (1) FARC (1) FEMA (1) FSC (1) Finlande (1) Foret (1) Forum social mondial FSM Belém (1) Foxconn (1) Franc Maçon (1) France-Afrique (1) Fujitsu (1) G20 (1) Gabon (1) Game (1) Gasland (1) Gazprom (1) Golfe Du Mexique (1) Google Cisco HP Ericsson et Verizon (1) Greenpeace (1) Gréce (1) Guantánamo (1) Guaraní (1) Guerre d’Algérie 1954-1962 (1) Guinée (1) Génocide (1) Génome (1) Géographies des alimentations (1) Géoingénierie (1) H1N1 (1) H2Oil (1) HAARP (1) HP (1) Hackers ni dieu ni maître (1) High-Tech (1) Hiroshima (1) Hollande (1) Hotel Sahara (1) I Am The Media (1) IBM (1) IMF (1) INTERNET (QUI (1) IPRED (1) Iceland (1) Icesave (1) Imiter (1) Indonesia (1) Indonesie (1) Insertion (1) Island (1) Italia (1) J.O (1) Jean Ziegler (1) Jesus Camp (1) KYSEA (1) Karachi (1) Kurdistan (1) L'Or bleu (1) LE HOLD-UP DU SIÈCLE (1) La Commission européenne lance un programme de propagande radio (1) La Démocratie en France 2008 (1) La Fin du Pétrole (1) La Paz (1) La Stratégie du choc (1) La Trahison des médias le dessous des cartes (1) La fin de la propriété de soi (1) La guerre de l'information utilise des opérations psychologiques agressives (1) La guerre invisible (1) La guerre pétrolière oubliée du Soudan (1) La menace iranienne (1) La quatrième révolution (1) Lakmi et Boomy (1) Laos (1) Le Secret des Sept Soeurs (1) Le club des incorruptibles (1) Le grand Monopoly du gaz (1) Le grand marché des cobayes humains (1) Le nuage (1) Le temps des mensonges (1) Le ventre de Tokyo (1) Les Armées Privées dans la Cible (1) Les Occidentaux dénient que la Géorgie a procédé à un génocide (1) Les enfants des rues de Mumbai (1) Les insurgés de la terre (1) Les nouveaux chiens de gardes (1) Les secrets de la forteresse Europe (1) Leviev (1) Littérature (1) Livre (1) Londres (1) MSF (1) Malaisie (1) Malediction (1) Manille (1) Mauritanie (1) Mayotte (1) Medcament (1) Mexico (1) Minorité nationale (1) Mogadiscio (1) Money (1) Mongolie (1) Monsanto (1) Moving forward (1) Mozambique (1) Mururoa (1) Music (1) Musique (1) Médias citoyens (1) NED (1) Nazis (1) Nazisme (1) Neo Conservateurs (1) Nepal (1) Nes (1) Nestlé (1) Nicaragua (1) Nigéria (1) Noam (1) Norvège (1) Notre poison quotidien (1) Nouvelle Zelande (1) Nuage Mortel (1) O.G.M ?? Vous avez dit O.G.M : Organisation Générale du Mensonge (1) O.M.S (1) OFCE (1) Oil (1) Oman (1) Orange (1) Ormuz (1) Ouganda (1) Ouïgours (1) P2 (1) PIPA (1) PRISM (1) Pacifique (1) Papouasie (1) Paraguay (1) Pays Bas (1) Paysans (1) Pentagone (1) Pentagone: Nous devons combattre le Net (1) Perhttp://www.blogger.com/img/blank.gifte (1) Perte (1) Philippines (1) Phtographe (1) Planète à vendre (1) Pologne (1) Polynésie (1) Portugal (1) President (1) Prison Valley (1) Prix agricoles les véritables raisons de l’inflation (1) Prévisions (1) Prêt à jeter (1) Publicité (1) Pêche (1) QUOI (1) Quelle devrait être la politique européenne de l'immigration (1) RATP (1) Rapport Angelides (1) Reflection sur : Le monde de l'image (1) Regis Debray (1) Ruhnama (1) Révolution (1) SOPA (1) STIC (1) Samsung (1) Sans lutte pas de victoire possible (1) Savoir (1) Schiste (1) Scoop (1) Senegal (1) Shanghaï (1) Singapour (1) Skype (1) Sociologie (1) Soudan (1) Sri Lanka Tsunami tourisme banque mondiale (1) Station (1) Stratfor (1) Suisse (1) Sénégal (1) TAFTA (1) TPP (1) TSCG (1) TTIP (1) Tchad (1) The Shock Doctrine (1) Tibet (1) Tienanmen (1) Tokyo Freeters (1) Total (1) Touaregs (1) Turkménistan (1) U.A (1) U.S.A (1) UMP (1) Une livraison de Nouvelles questions féministes (1) Union Africaine (1) Union Européenne (1) United Kingdom (1) Vaccin (1) Vatican (1) Vie Privée (1) Viellesse (1) Viêtnam (1) VoIP (1) Voies de navigations (1) Volcan (1) Vu du ciel (1) Wackenhut (1) Water makes money (1) Windows (1) Yahoo (1) Yakutsk (1) Yaoundé by night (1) Zambie (1) Zeitgeist (1) accord (1) activisme (1) alex (1) anonymat (1) archives (1) article (1) assassinat (1) avocat (1) bactériologique (1) barrage (1) bauxite (1) bildenberg (1) biomimétisme (1) biotech (1) blocus (1) bourse (1) boycott (1) caméra (1) centrale (1) change (1) citizen berlusconi (1) coke (1) congrès (1) contamine (1) crime (1) c’est innover (1) dead (1) discours (1) domination (1) droits de l'homme (1) déchets toxiques (1) démographie (1) département (1) désinformation (1) d’Amnesty (1) e (1) electronique (1) enseignement (1) entreprises (1) estonie (1) etude (1) européen (1) eurosur (1) experience (1) explosifs (1) falsifiabilité et modèle standard de l'évolution stellaire (1) fanatism (1) femmes (1) fiscal (1) fête (1) grève (1) hackers (1) harmaceutique (1) hydrates de méthane (1) iPhone (1) information (1) ingérance (1) inondations (1) irradiés (1) jeu (1) jeux video (1) jones (1) journalisme (1) jugement (1) l'Oreal (1) la tyrannie du cool (1) lithium (1) main basse sur le riz (1) mandat (1) mer (1) methane (1) meu (1) monarchie (1) monnaie (1) obsolescence (1) opinion (1) or (1) parti de droite (1) patriotisme (1) protection des viols de brevets Google Cisco HP Ericsson Verizon (1) psychologie (1) rafale (1) rebellion (1) recherche (1) ressources naturelles (1) réunions secrètes UE OGM (1) sables bitumineux (1) salaires (1) saumon (1) sous-marin (1) speculation (1) structure (1) sureté (1) taxe (1) tourisme (1) toxique (1) transgenic (1) tribunal (1) victimes (1) vidéo (1) virus (1) vote (1) vêtements (1) ÉVASION FISCALE (1) Élections (1) États-Unis (affaires extérieures) (1) Étienne Chouard (1)