"Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux ..." ( Confucius )
Affichage des articles dont le libellé est desinformation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est desinformation. Afficher tous les articles
27 avril 2014
Libellés :
actualité,
Crise sociale,
desinformation,
Discrimination,
Droit,
emploi,
France,
Internet,
loi,
Politique,
Propaganda,
Reflexion,
social
16 avril 2014
Libellés :
actualité,
Afrique,
Agriculture,
aide alimentaire,
Corruption,
desinformation,
Documentaire,
documentary,
Europe,
famine,
geopolitique,
loi,
Pauvreté,
Politique,
Propaganda,
social,
USA
23 mars 2014
Libellés :
actualité,
censure,
corporation,
desinformation,
Fukushima,
gouvernance,
gouvernement,
irradiés,
Japan,
Japon,
Mort,
Nucleaire,
Nucléaire,
Propaganda,
Santé,
Surveillance,
Tepco
2 novembre 2013
Syrie, champ de bataille médiatique
Par Antonin Amado et Marc de Miramon
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
09/2012
English : Syria, field media battle
Comment rendre compte d’un soulèvement qui dure depuis dix-huit mois, alors que l’accès au terrain est périlleux ? Si la férocité du régime ne fait aucun doute, la manière dont certains médias relaient, sans les vérifier, les communiqués de tel ou tel groupe d’opposition et occultent le jeu de puissances comme l’Arabie saoudite, les Etats-Unis ou la Turquie relève plus de la propagande que de l’information.
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
09/2012
English : Syria, field media battle
Comment rendre compte d’un soulèvement qui dure depuis dix-huit mois, alors que l’accès au terrain est périlleux ? Si la férocité du régime ne fait aucun doute, la manière dont certains médias relaient, sans les vérifier, les communiqués de tel ou tel groupe d’opposition et occultent le jeu de puissances comme l’Arabie saoudite, les Etats-Unis ou la Turquie relève plus de la propagande que de l’information.
En Syrie, « les armes chimiques sont sous surveillance », informe Le Figaro (22 juillet 2012) ; « des forces spéciales américaines ont été déployées pour prévenir leur dispersion ». Et un diplomate en poste en Jordanie avertit : « C’est la menace des armes chimiques qui peut déclencher une intervention américaine ciblée. »
Nous voilà donc replongés avec Damas, à quelques nuances près, dans le
scénario écrit pour Bagdad dix ans plus tôt. M. Bachar Al-Assad
lâchera-t-il ses armes de destruction massive sur son opposition ? L’accusation est pourtant déjà vieille de plusieurs mois : « Des tueurs d’Assad [ont] lancé
dans la région d’Al-Rastan, non loin de la ville rebelle de Homs, des
opérations aériennes avec utilisation de gaz toxiques », rapportait dès septembre 2011 le site de Bernard-Henri Lévy (1).
« [Nous avons] entendu cette affirmation de dizaines d’interlocuteurs dans la province de Hama, écrivait l’Agence France-Presse (AFP), avec une prudence exceptionnelle, le 27 juillet 2012. Mais, en dépit d’une semaine de recherches, aucun chef rebelle, chef de tribu, médecin, simple combattant ou civil n’a pu produire de preuve irréfutable. » La guerre en Syrie, conclut la dépêche, « est aussi celle de l’information et de la désinformation ».
29 janvier 2012. L’intox est partie d’un compte Twitter (@Damascustweets) appartenant à « des militants proches de l’opposition (2) » : M. Al-Assad aurait fui la Syrie. Le palais présidentiel serait encerclé par l’Armée syrienne libre (ASL), et le dictateur acculé aurait tenté de rejoindre l’aéroport international de la capitale avec femme, enfants et bagages pour se réfugier à Moscou. Invérifiable, la « rumeur » n’est pourtant « pas sans fondement », assure le site Internet du Nouvel Observateur : « Selon le correspondant de la BBC au Moyen-Orient, Jeremy Bowen, l’ASL n’est plus qu’à trente minutes du palais présidentiel de Bachar Al-Assad. Une situation militaire qui pourrait pousser le dictateur à la fuite (3)... »
18 juillet 2012. Tandis qu’une nouvelle offensive des rebelles entraîne des affrontements d’une intensité inédite à Damas, une bombe explose au quartier général de la Sécurité nationale, tuant notamment le ministre de la défense ainsi qu’Assef Chaoukat, beau-frère de M. Al-Assad. Sur les chaînes d’information françaises, les représentants de l’opposition, essentiellement issus du Conseil national syrien (CNS), commentent l’événement en direct. Le régime, croit-on, vit ses derniers jours, voire ses dernières heures. « Oui, nous pouvons dire que c’est le début de la fin », estime Mme Randa Kassis (4), présidente de la Coalition des forces laïques et démocratiques syriennes, membre du CNS. Des sources anonymes, citées par le quotidien britannique The Guardian, affirment que M. Al-Assad en personne a été blessé lors de l’attaque. Son épouse a une fois encore pris l’avion pour Moscou. L’ASL ainsi qu’un groupuscule islamiste revendiquent l’attentat, tandis que le régime y voit la main des « puissances étrangères » soutenant l’opposition armée (Turquie, Qatar, Arabie saoudite...).
Tout compte fait indemne, M. Al-Assad acceptera de « partir » deux jours plus tard, « mais d’une façon civilisée ». C’est une dépêche de l’AFP qui l’annonce, le 20 juillet peu avant 9 heures. Confirmé une trentaine de minutes plus tard par le concurrent britannique Reuters, le « scoop » reprend en réalité un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI) par l’ambassadeur de Russie en France. Qui n’annonçait en aucun cas le départ de M. Al-Assad, mais se contentait de rappeler l’engagement pris par la Syrie le 30 juin à Genève d’aller « vers un régime plus démocratique »…
La démocratie, voilà ce pour quoi se battent les Syriens depuis le soulèvement de mars 2011, réprimé avec une brutalité et une cruauté largement documentées (5). Mais le conflit se livre aussi sur le terrain médiatique ; une guerre que taisent la plupart des organes de presse occidentaux. Certes, la réalité du terrain est particulièrement difficile à percevoir. Le régime accorde ses visas au compte-gouttes. Ceux qui réussissent, au péril de leur vie, à rejoindre les insurgés empruntent tous ou presque les mêmes filières de l’ASL ; leurs récits épousent ensuite le storytelling développé par cette même ASL ainsi que par ses parrains turcs, saoudiens et qataris : un régime barbare écrase dans le sang des manifestations pacifiques, défendues par des militants prodémocratie riches en courage mais pauvres en armes, munitions, médicaments…
Quant aux quelques journalistes ayant accepté l’invitation du régime (6) de M. Al-Assad, ils racontent sans surprise des histoires radicalement différentes : celles de cadavres de soldats atrocement mutilés qui s’entassent dans les morgues des hôpitaux, de minorités (chrétiennes, alaouite, etc.) terrorisées par des bandes armées ne menant pas une guerre de libération, mais une guérilla confessionnelle soutenue par les pétromonarchies du Golfe.
Embarrassante pour l’opposition armée, la présence en Syrie de groupes djihadistes, dont certains se réclament d’Al-Qaida, est désormais avérée. Une raison de plus, martèle Libération (6 août 2012), pour « aider politiquement et militairement » les insurgés, « ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ libre et la victoire finale aux islamistes ».
Séparer le bon grain révolutionnaire de l’ivraie djihadiste s’avère parfois délicat. Abou Hajjar, « moudjahid qui a quitté la région parisienne il y a quatre mois pour participer au soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad », se définit comme un « activiste islamiste, et non pas comme un djihadiste proche d’Al-Qaida ». Témoignant dans les colonnes du Figaro, il jure que les « minorités chrétiennes ou alaouite », qui soutiennent majoritairement le régime, « seront représentées au Parlement » dans la Syrie de demain (7). Tout en indiquant avoir ouvert un « bureau de la prédication » dans le village de Sarjeh pour diffuser les « livres interdits » d’Ibn Taymiyya, un « grand théoricien du djihad », rappelle Le Figaro, sans préciser qu’il est aussi l’auteur d’une fatwa appelant à la guerre sainte contre les alaouites.
Mais ces quelques témoignages n’entament pas la trame de la dramaturgie syrienne : pilonnage de Homs, massacre de Houla, mort des journalistes Marie Colvin, Rémi Ochlik et Gilles Jacquier — dont il semble maintenant qu’il ait été tué par des tirs provenant des positions rebelles. Une poignée d’acteurs dominent la narration du conflit. Parmi eux, les principales chaînes satellitaires du Proche-Orient, dont Al-Arabiya et Al-Jazira, propriété des deux poids lourds de la Ligue arabe, nouveau haut-parleur de la diplomatie du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Ces monarchies absolues, qui ne s’appuient sur aucune légitimité démocratique tout en promouvant la « liberté » chez leurs voisins, mènent une « guerre froide régionale » à la Syrie, dernier régime arabe participant, selon elles, à l’« arc chiite » qui s’étendrait de Beyrouth à Bagdad, en faisant vaciller Bahreïn.
Ces chaînes bénéficient d’un a priori bienveillant quant à la fiabilité des informations qu’elles diffusent, si fantaisistes soient-elles. Ainsi l’essayiste Caroline Fourest écrit-elle dans Le Monde (25 février 2012) : « D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ? »
L’AFP a en tout cas décerné à l’OSDH le statut de source incontournable, comme le détaille Ezzedine Said : « La première utilisation de l’OSDH date de novembre 2006. Cette organisation s’est montrée fiable et crédible dans le passé, raison pour laquelle nous continuons à l’utiliser. » Le rédacteur en chef de l’antenne de Nicosie, à Chypre, où sont centralisées les dépêches sur le Proche-Orient, reconnaît néanmoins que « nos journalistes n’ont pratiquement aucun contact avec les correspondants de cette organisation sur le terrain. Ceux qui sont en poste à Damas ne peuvent pas travailler librement. Ils ne sont pas en mesure de donner une vision d’ensemble de la situation dans le pays. L’OSDH, qui ne s’engage jamais politiquement dans ses communiqués, n’est pas une source parfaite. Mais c’est celle qui donne les chiffres les moins fantaisistes sur le nombre de morts sur le terrain ». A l’AFP, certains ne cachent pas leur malaise : « Nous savons parfaitement que l’OSDH n’est pas fiable, déplore un grand reporter du service international. Mais nous continuons quand même à diffuser ses chiffres. Quand on interroge la direction, sa réponse est toujours la même : “Vous avez probablement raison, mais les autres agences font la même chose. Et notre secteur est très concurrentiel.” »
La manière dont l’OSDH a par exemple couvert le massacre de Houla pose question sur son impartialité revendiquée, de même que sur la fiabilité de ses correspondants. Le 25 mai 2012, à Houla, cent huit personnes ont bien été tuées. Les corps de quarante-neuf enfants et trente-quatre femmes gisent dans cette localité regroupant plusieurs villages et située au nord de la ville de Homs. Dans un communiqué daté du 26 mai et relayé par l’AFP, l’OSDH rapporte dans un premier temps la mort de quatre-vingt-dix personnes, tuées dans des bombardements. Les observateurs mandatés par l’Organisation des Nations unies (ONU) et la Ligue arabe affirmeront, le 29 mai, que la plupart des victimes ont été exécutées à l’arme blanche. Les Nations unies révèlent le même jour que le secteur du massacre était tenu par des forces de la rébellion.
Un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU publié le 16 août impute finalement « la plupart » des morts aux forces gouvernementales, même si ses enquêteurs n’ont pas pu se rendre sur place et ne sont pas en mesure de « déterminer l’identité des auteurs » du massacre. Ce qui n’a pas empêché le rapport initial de l’OSDH d’être largement diffusé et exploité par la diplomatie française pour faire plier la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU : « Le massacre de Houla peut faire évoluer les esprits », espérait le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, dans un entretien au Monde (29 mai 2012).
Mme Donatella Rovera, qui travaille pour Amnesty International, s’est rendue clandestinement en Syrie durant trois semaines, en avril et en mai derniers, pour essayer d’établir un bilan humain du conflit. Elle pointe la difficulté d’une telle entreprise : « Les hôpitaux ne sont pas des sources fiables, car les blessés ne peuvent pas s’y rendre sans se faire arrêter par les forces de sécurité. Je me trouvais à Alep lors d’une opération massive de l’armée. J’ai vu les petites antennes médicales de fortune installées dans des appartements où des médecins sous-équipés tentaient de soulager les blessés. Dans ces conditions, les bilans sont plus simples à établir. Quand on arrive après les faits, il faut recueillir les témoignages des survivants, des voisins, relever des indices laissés sur le terrain comme des éclats d’obus ou des traces de balles sur les murs. » Et de souligner qu’il est « possible de travailler de l’extérieur du pays, mais des difficultés supplémentaires se présentent alors. Notamment sur la fiabilité de sources que l’on connaît mal et qui peuvent être tentées de nous manipuler ».
Fin juillet, Amnesty International dénombrait douze mille tués, contre dix-neuf mille pour l’OSDH. La rigueur dont prétend faire preuve l’organisation non gouvernementale contraste avec les chiffres avancés par M. Abdel Rahmane. Surtout, elle n’est pas compatible avec la dictature de l’instantané qui conditionne l’économie médiatique, et en particulier ses réseaux numériques.
« [Nous avons] entendu cette affirmation de dizaines d’interlocuteurs dans la province de Hama, écrivait l’Agence France-Presse (AFP), avec une prudence exceptionnelle, le 27 juillet 2012. Mais, en dépit d’une semaine de recherches, aucun chef rebelle, chef de tribu, médecin, simple combattant ou civil n’a pu produire de preuve irréfutable. » La guerre en Syrie, conclut la dépêche, « est aussi celle de l’information et de la désinformation ».
29 janvier 2012. L’intox est partie d’un compte Twitter (@Damascustweets) appartenant à « des militants proches de l’opposition (2) » : M. Al-Assad aurait fui la Syrie. Le palais présidentiel serait encerclé par l’Armée syrienne libre (ASL), et le dictateur acculé aurait tenté de rejoindre l’aéroport international de la capitale avec femme, enfants et bagages pour se réfugier à Moscou. Invérifiable, la « rumeur » n’est pourtant « pas sans fondement », assure le site Internet du Nouvel Observateur : « Selon le correspondant de la BBC au Moyen-Orient, Jeremy Bowen, l’ASL n’est plus qu’à trente minutes du palais présidentiel de Bachar Al-Assad. Une situation militaire qui pourrait pousser le dictateur à la fuite (3)... »
18 juillet 2012. Tandis qu’une nouvelle offensive des rebelles entraîne des affrontements d’une intensité inédite à Damas, une bombe explose au quartier général de la Sécurité nationale, tuant notamment le ministre de la défense ainsi qu’Assef Chaoukat, beau-frère de M. Al-Assad. Sur les chaînes d’information françaises, les représentants de l’opposition, essentiellement issus du Conseil national syrien (CNS), commentent l’événement en direct. Le régime, croit-on, vit ses derniers jours, voire ses dernières heures. « Oui, nous pouvons dire que c’est le début de la fin », estime Mme Randa Kassis (4), présidente de la Coalition des forces laïques et démocratiques syriennes, membre du CNS. Des sources anonymes, citées par le quotidien britannique The Guardian, affirment que M. Al-Assad en personne a été blessé lors de l’attaque. Son épouse a une fois encore pris l’avion pour Moscou. L’ASL ainsi qu’un groupuscule islamiste revendiquent l’attentat, tandis que le régime y voit la main des « puissances étrangères » soutenant l’opposition armée (Turquie, Qatar, Arabie saoudite...).
Tout compte fait indemne, M. Al-Assad acceptera de « partir » deux jours plus tard, « mais d’une façon civilisée ». C’est une dépêche de l’AFP qui l’annonce, le 20 juillet peu avant 9 heures. Confirmé une trentaine de minutes plus tard par le concurrent britannique Reuters, le « scoop » reprend en réalité un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI) par l’ambassadeur de Russie en France. Qui n’annonçait en aucun cas le départ de M. Al-Assad, mais se contentait de rappeler l’engagement pris par la Syrie le 30 juin à Genève d’aller « vers un régime plus démocratique »…
La démocratie, voilà ce pour quoi se battent les Syriens depuis le soulèvement de mars 2011, réprimé avec une brutalité et une cruauté largement documentées (5). Mais le conflit se livre aussi sur le terrain médiatique ; une guerre que taisent la plupart des organes de presse occidentaux. Certes, la réalité du terrain est particulièrement difficile à percevoir. Le régime accorde ses visas au compte-gouttes. Ceux qui réussissent, au péril de leur vie, à rejoindre les insurgés empruntent tous ou presque les mêmes filières de l’ASL ; leurs récits épousent ensuite le storytelling développé par cette même ASL ainsi que par ses parrains turcs, saoudiens et qataris : un régime barbare écrase dans le sang des manifestations pacifiques, défendues par des militants prodémocratie riches en courage mais pauvres en armes, munitions, médicaments…
Quant aux quelques journalistes ayant accepté l’invitation du régime (6) de M. Al-Assad, ils racontent sans surprise des histoires radicalement différentes : celles de cadavres de soldats atrocement mutilés qui s’entassent dans les morgues des hôpitaux, de minorités (chrétiennes, alaouite, etc.) terrorisées par des bandes armées ne menant pas une guerre de libération, mais une guérilla confessionnelle soutenue par les pétromonarchies du Golfe.
Embarrassante pour l’opposition armée, la présence en Syrie de groupes djihadistes, dont certains se réclament d’Al-Qaida, est désormais avérée. Une raison de plus, martèle Libération (6 août 2012), pour « aider politiquement et militairement » les insurgés, « ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ libre et la victoire finale aux islamistes ».
Séparer le bon grain révolutionnaire de l’ivraie djihadiste s’avère parfois délicat. Abou Hajjar, « moudjahid qui a quitté la région parisienne il y a quatre mois pour participer au soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad », se définit comme un « activiste islamiste, et non pas comme un djihadiste proche d’Al-Qaida ». Témoignant dans les colonnes du Figaro, il jure que les « minorités chrétiennes ou alaouite », qui soutiennent majoritairement le régime, « seront représentées au Parlement » dans la Syrie de demain (7). Tout en indiquant avoir ouvert un « bureau de la prédication » dans le village de Sarjeh pour diffuser les « livres interdits » d’Ibn Taymiyya, un « grand théoricien du djihad », rappelle Le Figaro, sans préciser qu’il est aussi l’auteur d’une fatwa appelant à la guerre sainte contre les alaouites.
Mais ces quelques témoignages n’entament pas la trame de la dramaturgie syrienne : pilonnage de Homs, massacre de Houla, mort des journalistes Marie Colvin, Rémi Ochlik et Gilles Jacquier — dont il semble maintenant qu’il ait été tué par des tirs provenant des positions rebelles. Une poignée d’acteurs dominent la narration du conflit. Parmi eux, les principales chaînes satellitaires du Proche-Orient, dont Al-Arabiya et Al-Jazira, propriété des deux poids lourds de la Ligue arabe, nouveau haut-parleur de la diplomatie du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Ces monarchies absolues, qui ne s’appuient sur aucune légitimité démocratique tout en promouvant la « liberté » chez leurs voisins, mènent une « guerre froide régionale » à la Syrie, dernier régime arabe participant, selon elles, à l’« arc chiite » qui s’étendrait de Beyrouth à Bagdad, en faisant vaciller Bahreïn.
Ces chaînes bénéficient d’un a priori bienveillant quant à la fiabilité des informations qu’elles diffusent, si fantaisistes soient-elles. Ainsi l’essayiste Caroline Fourest écrit-elle dans Le Monde (25 février 2012) : « D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ? »
La dictature de l’instantané
Pour le reste, les médias s’appuient sur l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), organisme qui fournit, par le biais des agences de presse AFP, Associated Press (AP) et Reuters, les bilans des affrontements et les récits de l’opposition armée. Son fondateur, M. Rami Abdel Rahmane, raconte avoir émigré en 2000 au Royaume-Uni, où il tient une boutique de vêtements. Depuis son appartement de Coventry, il affirme être le « seul membre de son organisation vivant en Angleterre. Mais j’ai deux cents correspondants bénévoles en Syrie, en Egypte, en Turquie et au Liban. Ce sont des militaires, des médecins, des militants de l’opposition ». Il revendique une complète neutralité : « Je ne suis financé par personne. J’ai créé l’OSDH en 2006 parce que je voulais faire quelque chose pour mon pays. » Comment, aidé d’un simple secrétaire, peut-il obtenir et vérifier quasiment en temps réel les chiffres (morts et blessés) des affrontements militaires aux quatre coins du pays ?
L’AFP a en tout cas décerné à l’OSDH le statut de source incontournable, comme le détaille Ezzedine Said : « La première utilisation de l’OSDH date de novembre 2006. Cette organisation s’est montrée fiable et crédible dans le passé, raison pour laquelle nous continuons à l’utiliser. » Le rédacteur en chef de l’antenne de Nicosie, à Chypre, où sont centralisées les dépêches sur le Proche-Orient, reconnaît néanmoins que « nos journalistes n’ont pratiquement aucun contact avec les correspondants de cette organisation sur le terrain. Ceux qui sont en poste à Damas ne peuvent pas travailler librement. Ils ne sont pas en mesure de donner une vision d’ensemble de la situation dans le pays. L’OSDH, qui ne s’engage jamais politiquement dans ses communiqués, n’est pas une source parfaite. Mais c’est celle qui donne les chiffres les moins fantaisistes sur le nombre de morts sur le terrain ». A l’AFP, certains ne cachent pas leur malaise : « Nous savons parfaitement que l’OSDH n’est pas fiable, déplore un grand reporter du service international. Mais nous continuons quand même à diffuser ses chiffres. Quand on interroge la direction, sa réponse est toujours la même : “Vous avez probablement raison, mais les autres agences font la même chose. Et notre secteur est très concurrentiel.” »
La manière dont l’OSDH a par exemple couvert le massacre de Houla pose question sur son impartialité revendiquée, de même que sur la fiabilité de ses correspondants. Le 25 mai 2012, à Houla, cent huit personnes ont bien été tuées. Les corps de quarante-neuf enfants et trente-quatre femmes gisent dans cette localité regroupant plusieurs villages et située au nord de la ville de Homs. Dans un communiqué daté du 26 mai et relayé par l’AFP, l’OSDH rapporte dans un premier temps la mort de quatre-vingt-dix personnes, tuées dans des bombardements. Les observateurs mandatés par l’Organisation des Nations unies (ONU) et la Ligue arabe affirmeront, le 29 mai, que la plupart des victimes ont été exécutées à l’arme blanche. Les Nations unies révèlent le même jour que le secteur du massacre était tenu par des forces de la rébellion.
Un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU publié le 16 août impute finalement « la plupart » des morts aux forces gouvernementales, même si ses enquêteurs n’ont pas pu se rendre sur place et ne sont pas en mesure de « déterminer l’identité des auteurs » du massacre. Ce qui n’a pas empêché le rapport initial de l’OSDH d’être largement diffusé et exploité par la diplomatie française pour faire plier la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU : « Le massacre de Houla peut faire évoluer les esprits », espérait le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, dans un entretien au Monde (29 mai 2012).
Mme Donatella Rovera, qui travaille pour Amnesty International, s’est rendue clandestinement en Syrie durant trois semaines, en avril et en mai derniers, pour essayer d’établir un bilan humain du conflit. Elle pointe la difficulté d’une telle entreprise : « Les hôpitaux ne sont pas des sources fiables, car les blessés ne peuvent pas s’y rendre sans se faire arrêter par les forces de sécurité. Je me trouvais à Alep lors d’une opération massive de l’armée. J’ai vu les petites antennes médicales de fortune installées dans des appartements où des médecins sous-équipés tentaient de soulager les blessés. Dans ces conditions, les bilans sont plus simples à établir. Quand on arrive après les faits, il faut recueillir les témoignages des survivants, des voisins, relever des indices laissés sur le terrain comme des éclats d’obus ou des traces de balles sur les murs. » Et de souligner qu’il est « possible de travailler de l’extérieur du pays, mais des difficultés supplémentaires se présentent alors. Notamment sur la fiabilité de sources que l’on connaît mal et qui peuvent être tentées de nous manipuler ».
Fin juillet, Amnesty International dénombrait douze mille tués, contre dix-neuf mille pour l’OSDH. La rigueur dont prétend faire preuve l’organisation non gouvernementale contraste avec les chiffres avancés par M. Abdel Rahmane. Surtout, elle n’est pas compatible avec la dictature de l’instantané qui conditionne l’économie médiatique, et en particulier ses réseaux numériques.
Antonin Amado et
Marc de Miramon
Journalistes.
(1) « Syrie : la révolution s’arme et a besoin de l’OTAN », La Règle du jeu, 30 septembre 2011.
(2) « Bachar el-Assad s’est enfui... sur Twitter », LePoint.fr, 30 janvier 2012.
(3) « Bachar Al-Assad a-t-il tenté de fuir la Syrie vers Moscou ? », NouvelObs.com, 30 janvier 2012.
(4) « Bataille de Damas : les jours d’Assad sont-ils comptés ? », « Le débat », France 24, 19 juillet 2012.
(5) « Torture archipelago : Arbitrary arrests, torture and enforced disappearances in Syria’s underground prisons since March 2011 » (PDF), Human Rights Watch, New York, 3 juillet 2012.
(6) Cf. par exemple les reportages de Patricia Allémonière, diffusés en juillet sur TF1.
(7) « Abou Hajjar, combattant français en Syrie », Le Figaro, Paris, 4-5 août 2012.
Libellés :
actualité,
coup d’État,
desinformation,
Etats,
geopolitique,
Guerre,
Informations,
Medias,
Mort,
Moyen Orient,
Politique,
Propaganda,
Reflexion,
Syrie
13 mars 2013
Mort ou vif, Chavez est la cible du mépris des médias (Fair, Usa)
Par Frédéric Lemaire
11/03/2013
Source : http://www.acrimed.org
English In Death as in Life, Chávez Target of Media Scorn
11/03/2013
Source : http://www.acrimed.org
English In Death as in Life, Chávez Target of Media Scorn
La mort d’Hugo Chavez
a suscité, en France, une tempête médiatique d’informations et de
commentaires approximatifs, biaisés, voire mensongers qui les
apparentent à de la pure propagande. Que le rôle du président du
Venezuela et la politique qu’il a conduite fassent l’objet de
controverses, rien de plus normal. Pour peu qu’elles reposent sur des
informations exactes et des enquêtes effectives, et non sur une
surenchère de raccourcis et de slogans. Nous y reviendrons...
… Après nous être tournés vers les médias états-uniens qui ont donné la pleine mesure de ce que des médias dominants peuvent accomplir. C’est pourquoi nous publions ci-dessous un article disponible sur le site de FAIR – « Fairness and Accuracy in Reporting » [1] –, un observatoire dédié à la critique des pratiques médiatiques aux États-Unis. “In Death as in Life, Chávez Target of Media Scorn” – c’est le titre de cet article date du 6 mars 2013 – est publié sous licence Créative Commons. En voici la traduction. (Acrimed)
… Après nous être tournés vers les médias états-uniens qui ont donné la pleine mesure de ce que des médias dominants peuvent accomplir. C’est pourquoi nous publions ci-dessous un article disponible sur le site de FAIR – « Fairness and Accuracy in Reporting » [1] –, un observatoire dédié à la critique des pratiques médiatiques aux États-Unis. “In Death as in Life, Chávez Target of Media Scorn” – c’est le titre de cet article date du 6 mars 2013 – est publié sous licence Créative Commons. En voici la traduction. (Acrimed)
Le président populiste de gauche du Venezuela [2],
Hugo Chavez, est mort mardi 5 mars après avoir lutté pendant deux ans
contre le cancer. Si les dirigeants du monde devaient être jugés sur les
doses de vitriol médiatique et de désinformation dont leur action
politique ont fait l’objet, Chavez serait dans une catégorie à part.
Juste après sa première élection en 1998, le gouvernement américain le dénonçait comme une menace contre les intérêts américains – une image que les médias états-uniens ont largement caricaturée. Lorsqu’un coup d’État préparé par les milieux du privé et les élites médiatiques réussit à évincer Chavez du pouvoir, de nombreux titres de presse états-uniens applaudirent (Extra !, 6/02). Le New York Times (4/13/02), annonça une « démission », expliquant : « la démocratie vénézuélienne n’est plus menacée par un dictateur en puissance ». Le Chicago Tribune (4/14/02) applaudit lui aussi le départ d’un dirigeant qui aurait « fait les louanges d’Ousama Ben Laden » – une allégation bien entendue complètement fausse.
Ces allusions sans fondement eurent cependant des répercussions médiatiques. Sept ans plus tard, CNN (1/15/09) organisait une discussion sur Chavez avec le stratège démocrate Doug Schoen. Alors que le présentateur lui demandait si Chavez était pire ou non qu’Ousama Ben Laden, Schoen affirma que Chavez « avait donné une invitation à Al Qaida et au Hamas de venir à Caracas ».
Ce genre de polémique médiatique sur Chavez ne connaît, semble-t-il, pas de limite. Dans un article de presse, Newsweek (11/2/09) parvint même à le comparer à Mussolini, Hitler et Staline. (Chavez s’était alors construit un studio de tournage, ce qu’apparemment font tous les dictateurs). Pour ABC (World News, 10/7/12) c’est un « ennemi farouche des États-Unis », pour le Washington Post (10/16/06) un « démagogue autocrate ». Fox News (12/5/05) annonça que le gouvernement était « authentiquement communiste » malgré le fait que Chavez ait été régulièrement réélu lors d’élections certifiées par des observateurs internationaux (Extra !, 11-12/06), élections qualifiées de « meilleures du monde » par Jimmy Carter (Guardian, 10/3/12).
Outre les accusations de terrorisme et la dénonciation d’une menace militaire croissante que le Venezuela ferait peser sur la région (FAIR Blog, 4/1/07), les médias ont souvent essayé de faire passer le message selon lequel Chavez était nuisible pour les Vénézuéliens, invoquant une prétendue ruine économique du pays. L’éditorial du Washington Post (1/5/13) se lamente sur les « souffrances économiques causées par M. Chavez », l’homme qui a « détruit leur pays jadis prospère ». Un article récent du New York Times (12/13/12) décrivait les difficultés de la vie quotidienne au Venezuela en expliquant que ces soucis sont typiques, pour les pauvres comme pour les riches, et comment le président Hugo Chavez s’était maintenu en poste 14 ans, restant populaire dans la majorité de la population grâce à sa personnalité hors du commun, les largesses de ses dépenses publiques et sa capacité à convaincre les Vénézuéliens que la révolution socialiste qu’il promouvait améliorerait un jour leur vie.
Il n’est pourtant pas si fou de penser que Chavez a d’ores et déjà amélioré le quotidien des Vénézuéliens (FAIR Blog, 12/13/12), avec un niveau de pauvreté divisé par deux, la mise à disposition de nourriture et de soins, l’amélioration du système d’enseignement public et un effort pour construire des institutions démocratiques depuis la base (pour plus d’information, lire l’article de Greg Grandin dans Nation, 3/5/13).
Cet aspect-là n’est certes pas toujours entièrement omis par les médias états-uniens. Mais ces politiques sociales, qui reflètent de nouvelles priorités dans la redistribution de la richesse pétrolière du pays, sont présentées comme un plan préparé par Chavez pour s’attirer les faveurs des pauvres. C’est ce que sous-entend à peine le Washington Post (2/24/13), indiquant que Chavez a gagné le « soutien inconditionnel des masses frappées par la pauvreté » en « distribuant des postes à ses soutiens et en faisant crouler les pauvres sous les cadeaux ». Pour l’émission « All Things Considered » de NPR – National Public Radio – (3/5/13), des « millions de Vénézuéliens l’aimaient parce qu’il multipliait à outrance les programmes sociaux pour les pauvres. »
Acheter le soutien de ses propres citoyens est une chose ; faire état de sentiments hostiles à l’égard des États-Unis en est une autre. Ainsi comme le JT CBS Evening News (1/18/13) l’expliquait récemment, « Chavez a fait carrière en s’attaquant aux États-Unis ». Mais personne ne s’interroge sur la manière dont un dirigeant américain se comporterait à l’égard d’un pays qui aurait soutenu un coup d’État contre lui.
Bien que le soutien des États-Unis au coup d’État de 2002 ait été clairement établi, ce simple fait est souvent considéré comme une des théories de la conspiration véhiculées par Chavez ainsi que l’explique le Washington Post (1/10/13) : « Un des piliers idéologique du pouvoir de Chavez pendant 14 années a consisté à s’opposer aux administrations républicaines et démocrates, qu’il accusait de vouloir déstabiliser son gouvernement. »
Des documents du département d’État (FAIR Blog, 1/11/13) montrent pourtant que plusieurs agences états-uniennes ont « apporté entraînement, formation au gouvernement et soutien aux personnes et organisations activement impliquées dans la brève éviction du gouvernement Chavez ». L’administration Bush avait d’ailleurs déclaré son soutien au régime d’un jour issu du coup d’État en expliquant que Chavez « était responsable de son destin » (Guardian, 4/21/09).
Bien entendu, comme pour n’importe quel autre pays, il y a des aspects du régime de Chavez qui prêtent à critique. Néanmoins, il est vraisemblable que l’attention toute particulière que les médias états-uniens ont porté sur les points faibles du Venezuela n’était pas sans lien avec l’agenda de Washington ; une étude de FAIR (Extra !, 2/09) sur les éditoriaux sur les droits humains montre que le Venezuela faisait l’objet de critiques beaucoup plus virulentes que la Colombie, alliée des États-Unis, malgré la violente répression de l’opposition dans ce pays.
La couverture médiatique de la mort de Chavez n’y change rien. « Le tyran du Venezuela Chavez est mort » rapporte la Une du New York Post (3/6/13) ; « Mort d’un démagogue » peut-on lire sur l’écran d’accueil du Time (3/6/13). Le présentateur de CNN Anderson Cooper (3/5/13) a déclaré que c’était « la mort d’un dirigeant qui faisait l’Amérique voir rouge, rouge comme Fidel Castro, le président socialiste du Venezuela Hugo Chavez. »
« Les mots “homme fort du Venezuela” ont souvent précédé son nom, et ce pour une bonne raison » déclarait le présentateur de NBC Nightly News Brian Williams (3/5/13) ; pour ABC World News (3/5/12), « de nombreux américains le voyaient comme un dictateur ». C’est en effet probablement le cas s’ils étaient à l’écoute des grands groupes de médias.
Le fait que les intérêts des élites américaines soient l’un des principaux enjeux des relations entre les États-Unis et le Venezuela n’est pas toujours passé sous silence. De nombreux reportages sur la mort de Chavez ont noté la richesse pétrolière immense du pays. Williams expliquait sur NBC, « tout cela est très important pour les États-Unis, car le Venezuela est assis sur un tas de pétrole, et c’est là que ça devient intéressant pour les États-Unis ». Ce qui est confirmé par Rachel Maddow sur MSNBC (3/5/13) [3] : « Vous comprenez, le Venezuela est un pays qui compte sur la scène mondiale. Il est assis sur les réserves les plus importantes de pétrole de la planète ».
Et Barbara Starr (3/5/13) d’expliquer sur CNN : « Désormais de nombreuses entreprises états-uniennes vont suivre de très près la transition au Venezuela. Ils vont vouloir s’assurer que les investissements sont sûrs, et que le pays est suffisamment stable pour investir ». Et parmi ces entreprises, comptons les grands groupes de média.
Traduction de Frédéric Lemaire
Juste après sa première élection en 1998, le gouvernement américain le dénonçait comme une menace contre les intérêts américains – une image que les médias états-uniens ont largement caricaturée. Lorsqu’un coup d’État préparé par les milieux du privé et les élites médiatiques réussit à évincer Chavez du pouvoir, de nombreux titres de presse états-uniens applaudirent (Extra !, 6/02). Le New York Times (4/13/02), annonça une « démission », expliquant : « la démocratie vénézuélienne n’est plus menacée par un dictateur en puissance ». Le Chicago Tribune (4/14/02) applaudit lui aussi le départ d’un dirigeant qui aurait « fait les louanges d’Ousama Ben Laden » – une allégation bien entendue complètement fausse.
Ces allusions sans fondement eurent cependant des répercussions médiatiques. Sept ans plus tard, CNN (1/15/09) organisait une discussion sur Chavez avec le stratège démocrate Doug Schoen. Alors que le présentateur lui demandait si Chavez était pire ou non qu’Ousama Ben Laden, Schoen affirma que Chavez « avait donné une invitation à Al Qaida et au Hamas de venir à Caracas ».
Ce genre de polémique médiatique sur Chavez ne connaît, semble-t-il, pas de limite. Dans un article de presse, Newsweek (11/2/09) parvint même à le comparer à Mussolini, Hitler et Staline. (Chavez s’était alors construit un studio de tournage, ce qu’apparemment font tous les dictateurs). Pour ABC (World News, 10/7/12) c’est un « ennemi farouche des États-Unis », pour le Washington Post (10/16/06) un « démagogue autocrate ». Fox News (12/5/05) annonça que le gouvernement était « authentiquement communiste » malgré le fait que Chavez ait été régulièrement réélu lors d’élections certifiées par des observateurs internationaux (Extra !, 11-12/06), élections qualifiées de « meilleures du monde » par Jimmy Carter (Guardian, 10/3/12).
Outre les accusations de terrorisme et la dénonciation d’une menace militaire croissante que le Venezuela ferait peser sur la région (FAIR Blog, 4/1/07), les médias ont souvent essayé de faire passer le message selon lequel Chavez était nuisible pour les Vénézuéliens, invoquant une prétendue ruine économique du pays. L’éditorial du Washington Post (1/5/13) se lamente sur les « souffrances économiques causées par M. Chavez », l’homme qui a « détruit leur pays jadis prospère ». Un article récent du New York Times (12/13/12) décrivait les difficultés de la vie quotidienne au Venezuela en expliquant que ces soucis sont typiques, pour les pauvres comme pour les riches, et comment le président Hugo Chavez s’était maintenu en poste 14 ans, restant populaire dans la majorité de la population grâce à sa personnalité hors du commun, les largesses de ses dépenses publiques et sa capacité à convaincre les Vénézuéliens que la révolution socialiste qu’il promouvait améliorerait un jour leur vie.
Il n’est pourtant pas si fou de penser que Chavez a d’ores et déjà amélioré le quotidien des Vénézuéliens (FAIR Blog, 12/13/12), avec un niveau de pauvreté divisé par deux, la mise à disposition de nourriture et de soins, l’amélioration du système d’enseignement public et un effort pour construire des institutions démocratiques depuis la base (pour plus d’information, lire l’article de Greg Grandin dans Nation, 3/5/13).
Cet aspect-là n’est certes pas toujours entièrement omis par les médias états-uniens. Mais ces politiques sociales, qui reflètent de nouvelles priorités dans la redistribution de la richesse pétrolière du pays, sont présentées comme un plan préparé par Chavez pour s’attirer les faveurs des pauvres. C’est ce que sous-entend à peine le Washington Post (2/24/13), indiquant que Chavez a gagné le « soutien inconditionnel des masses frappées par la pauvreté » en « distribuant des postes à ses soutiens et en faisant crouler les pauvres sous les cadeaux ». Pour l’émission « All Things Considered » de NPR – National Public Radio – (3/5/13), des « millions de Vénézuéliens l’aimaient parce qu’il multipliait à outrance les programmes sociaux pour les pauvres. »
Acheter le soutien de ses propres citoyens est une chose ; faire état de sentiments hostiles à l’égard des États-Unis en est une autre. Ainsi comme le JT CBS Evening News (1/18/13) l’expliquait récemment, « Chavez a fait carrière en s’attaquant aux États-Unis ». Mais personne ne s’interroge sur la manière dont un dirigeant américain se comporterait à l’égard d’un pays qui aurait soutenu un coup d’État contre lui.
Bien que le soutien des États-Unis au coup d’État de 2002 ait été clairement établi, ce simple fait est souvent considéré comme une des théories de la conspiration véhiculées par Chavez ainsi que l’explique le Washington Post (1/10/13) : « Un des piliers idéologique du pouvoir de Chavez pendant 14 années a consisté à s’opposer aux administrations républicaines et démocrates, qu’il accusait de vouloir déstabiliser son gouvernement. »
Des documents du département d’État (FAIR Blog, 1/11/13) montrent pourtant que plusieurs agences états-uniennes ont « apporté entraînement, formation au gouvernement et soutien aux personnes et organisations activement impliquées dans la brève éviction du gouvernement Chavez ». L’administration Bush avait d’ailleurs déclaré son soutien au régime d’un jour issu du coup d’État en expliquant que Chavez « était responsable de son destin » (Guardian, 4/21/09).
Bien entendu, comme pour n’importe quel autre pays, il y a des aspects du régime de Chavez qui prêtent à critique. Néanmoins, il est vraisemblable que l’attention toute particulière que les médias états-uniens ont porté sur les points faibles du Venezuela n’était pas sans lien avec l’agenda de Washington ; une étude de FAIR (Extra !, 2/09) sur les éditoriaux sur les droits humains montre que le Venezuela faisait l’objet de critiques beaucoup plus virulentes que la Colombie, alliée des États-Unis, malgré la violente répression de l’opposition dans ce pays.
La couverture médiatique de la mort de Chavez n’y change rien. « Le tyran du Venezuela Chavez est mort » rapporte la Une du New York Post (3/6/13) ; « Mort d’un démagogue » peut-on lire sur l’écran d’accueil du Time (3/6/13). Le présentateur de CNN Anderson Cooper (3/5/13) a déclaré que c’était « la mort d’un dirigeant qui faisait l’Amérique voir rouge, rouge comme Fidel Castro, le président socialiste du Venezuela Hugo Chavez. »
« Les mots “homme fort du Venezuela” ont souvent précédé son nom, et ce pour une bonne raison » déclarait le présentateur de NBC Nightly News Brian Williams (3/5/13) ; pour ABC World News (3/5/12), « de nombreux américains le voyaient comme un dictateur ». C’est en effet probablement le cas s’ils étaient à l’écoute des grands groupes de médias.
Le fait que les intérêts des élites américaines soient l’un des principaux enjeux des relations entre les États-Unis et le Venezuela n’est pas toujours passé sous silence. De nombreux reportages sur la mort de Chavez ont noté la richesse pétrolière immense du pays. Williams expliquait sur NBC, « tout cela est très important pour les États-Unis, car le Venezuela est assis sur un tas de pétrole, et c’est là que ça devient intéressant pour les États-Unis ». Ce qui est confirmé par Rachel Maddow sur MSNBC (3/5/13) [3] : « Vous comprenez, le Venezuela est un pays qui compte sur la scène mondiale. Il est assis sur les réserves les plus importantes de pétrole de la planète ».
Et Barbara Starr (3/5/13) d’expliquer sur CNN : « Désormais de nombreuses entreprises états-uniennes vont suivre de très près la transition au Venezuela. Ils vont vouloir s’assurer que les investissements sont sûrs, et que le pays est suffisamment stable pour investir ». Et parmi ces entreprises, comptons les grands groupes de média.
Traduction de Frédéric Lemaire
Inscription à :
Articles (Atom)
Libellés
Politique
(381)
social
(341)
actualité
(279)
corporation
(265)
loi
(227)
Corruption
(208)
geopolitique
(201)
Documentaire
(155)
documentary
(143)
Propaganda
(129)
Etats
(128)
Guerre
(126)
France
(124)
Internet
(98)
Reflexion
(95)
Pollution
(94)
crise
(94)
USA
(93)
Economie
(89)
Europe
(85)
Nouvelles Technologies
(82)
Santé
(75)
Arté
(59)
Argent
(57)
Etats-Unis
(53)
environnement
(53)
reportage
(53)
administration US
(52)
Nucléaire
(51)
Armement
(48)
Surveillance
(46)
Nucleaire
(45)
Chine
(44)
Armées
(43)
Mort
(42)
histoire
(42)
Japon
(40)
Japan
(36)
Police
(34)
le dessous des cartes
(34)
rapport
(33)
Banque
(30)
Petrole
(30)
censure
(30)
Energie
(29)
Agriculture
(27)
Eau
(27)
Afrique
(25)
Conflits
(24)
Fukushima
(24)
LOBBYS
(24)
Russie
(22)
gouvernements
(22)
Medias
(21)
Sécurité
(21)
Frontières
(20)
International
(20)
Agro Alimentaire
(19)
Catastrophe
(19)
Revolution
(19)
Armes
(18)
Pauvreté
(18)
Repression
(18)
geographie
(18)
China
(17)
OTAN
(17)
Libye
(16)
cybersécurité
(16)
gouvernance
(16)
Army
(15)
Carte
(15)
cyberspace
(15)
ARTE Reportage
(14)
Allemagne
(14)
Facebook
(14)
Inde
(14)
Moyen Orient
(14)
Cyber-activisme
(13)
FMI
(13)
Google
(13)
Royaume-Uni
(13)
cyberespionnage
(13)
sciences
(13)
Mali
(12)
Manipulations
(12)
commerce
(12)
enfant
(12)
philosophie
(12)
Israël
(11)
Violence
(11)
Web 2.0
(11)
capitalisme
(11)
Afghanistan
(10)
CIA
(10)
Immigration
(10)
Journaliste
(10)
Livres
(10)
Syrie
(10)
finance
(10)
religion
(10)
traité
(10)
Bresil
(9)
Dictature
(9)
Drones
(9)
Pakistan
(9)
Radioactif
(9)
US
(9)
Vietnam
(9)
business
(9)
desinformation
(9)
election
(9)
militaires
(9)
secret
(9)
travail
(9)
2011
(8)
Climat
(8)
Droit de l'Homme
(8)
Démocratie
(8)
Gaz
(8)
Informations
(8)
Irak
(8)
Mexique
(8)
Reflextion
(8)
Somalie
(8)
conspiration
(8)
exploitation
(8)
mondialisation
(8)
terrorisme
(8)
Bolivie
(7)
Canada
(7)
Democratie
(7)
Discrimination
(7)
Filtrage
(7)
Presse
(7)
controle
(7)
crimes
(7)
manifestations
(7)
multinationales
(7)
trafic
(7)
2012
(6)
ACTA
(6)
Areva
(6)
Asie
(6)
Crise sociale
(6)
Droit
(6)
Gaza
(6)
Grande Bretagne
(6)
Haïti
(6)
Italie
(6)
Madagascar
(6)
Netizen Report
(6)
Nigeria
(6)
O.N.U
(6)
Oligarchie
(6)
RDC
(6)
Société
(6)
UE
(6)
changement climatique
(6)
danger
(6)
justice
(6)
mines
(6)
ocean
(6)
pirates
(6)
projet
(6)
Africa
(5)
Algerie
(5)
Arabie Saoudite
(5)
Bahreïn
(5)
Brésil
(5)
Chimique
(5)
Chomsky
(5)
Colonisation
(5)
Congo
(5)
Crise politique
(5)
Debat
(5)
Egypte
(5)
Indigènes
(5)
Inégalités
(5)
Liberté
(5)
Loppsi
(5)
NSA
(5)
ONG
(5)
Palestine
(5)
Pharmaceutique
(5)
Tunisie
(5)
Union Européene
(5)
Veolia
(5)
agrocarburants
(5)
big brother
(5)
contamination
(5)
ecologie
(5)
emploi
(5)
esclavage
(5)
hadopi
(5)
informatique
(5)
interview
(5)
menace
(5)
prison
(5)
AIEA
(4)
Accident
(4)
Agent
(4)
Bombes
(4)
Chili
(4)
Colombie
(4)
Contaminés
(4)
Grèce
(4)
Honduras
(4)
Iran
(4)
Microsoft
(4)
Migration
(4)
OMC
(4)
Occident
(4)
Perou
(4)
Racisme
(4)
Tchernobyl
(4)
Venezuela
(4)
Webdocumentaire
(4)
Wikileaks
(4)
brevet
(4)
dette
(4)
fichage
(4)
frontex
(4)
industrie
(4)
maladie
(4)
nanotechnologies
(4)
plastic
(4)
plastique
(4)
privatisation
(4)
privée
(4)
public
(4)
réfugiés
(4)
2013
(3)
Apple
(3)
Australie
(3)
Azerbaïdjan
(3)
Bangkok
(3)
Banque mondiale
(3)
Banques
(3)
Bosnie
(3)
Corée
(3)
Dechets
(3)
Espagne
(3)
Faim
(3)
Islande
(3)
Kazakhstan
(3)
Kenya
(3)
Liban
(3)
Maroc
(3)
Monde
(3)
NATO
(3)
Nature
(3)
Niger
(3)
OGM
(3)
OMS
(3)
Politics
(3)
Proche-Orient
(3)
Riz
(3)
Roms
(3)
Sahel
(3)
Sarkozy
(3)
Totalitaire
(3)
Turquie
(3)
Twitter
(3)
Ukraine
(3)
Uranium
(3)
Urbanisation
(3)
accords
(3)
art
(3)
cancers
(3)
charbon
(3)
culture
(3)
cyber-censure
(3)
drogue
(3)
ethnie
(3)
extreme droite
(3)
futur
(3)
gouvernement
(3)
minerais
(3)
piraterie
(3)
ressources
(3)
réseau
(3)
sondage
(3)
stratégie
(3)
télévision
(3)
écologie
(3)
2014
(2)
2030
(2)
Abus
(2)
Affaire
(2)
Africom
(2)
Afrique du Sud
(2)
Agent Orange
(2)
Amerique du Sud
(2)
Arabes
(2)
Argentine
(2)
Arménie
(2)
Articque
(2)
Atlas
(2)
Attentat
(2)
Australia
(2)
Balkans
(2)
Bangladesh
(2)
Belgique
(2)
Bio Carburants
(2)
Bioethique
(2)
Birmanie
(2)
Biélorussie
(2)
CRIIRAD
(2)
Cambodge
(2)
Cancer
(2)
Caucase
(2)
Centrafrique
(2)
Cloud
(2)
Coltan
(2)
Correa
(2)
Corée du nord
(2)
Coup d’Etat
(2)
Crise financière
(2)
Côte d'Ivoire
(2)
DARPA
(2)
Defense
(2)
Drone
(2)
Défense
(2)
EDF
(2)
EFSA
(2)
Emirats
(2)
Equateur
(2)
Espace
(2)
G8
(2)
Gaz de Schiste
(2)
Gazoduc
(2)
Genocide
(2)
Germany
(2)
Ghana
(2)
Goldman Sachs
(2)
Guatemala
(2)
Géorgie
(2)
IKEA
(2)
India
(2)
Indiens
(2)
Irlande
(2)
Kirghizistan
(2)
Kosovo
(2)
Les infos dont on parle peu
(2)
Liberté d'expression
(2)
Mafia
(2)
Maghreb
(2)
Mosanto
(2)
Médias
(2)
Nation
(2)
Nouvel Ordre Mondial
(2)
Obama
(2)
Oppression
(2)
Paragay
(2)
Parlement
(2)
Patriot Act
(2)
Petropolis
(2)
Quatar
(2)
RFID
(2)
Retraites
(2)
Royaume Uni
(2)
Rwanda
(2)
Révolte
(2)
Sahara
(2)
Science
(2)
Serbie
(2)
Sexe
(2)
Space
(2)
Swift
(2)
Taiwan
(2)
Taïwan
(2)
Tepco
(2)
Thailande
(2)
U.R.S.S
(2)
Video
(2)
Viol
(2)
WTO
(2)
Yemen
(2)
aide alimentaire
(2)
aluminium
(2)
animaux
(2)
bilan
(2)
biotechnologie
(2)
chimie
(2)
civil
(2)
coup d’État
(2)
debt
(2)
dessous des cartes
(2)
developpement
(2)
diaspora
(2)
diplomatie
(2)
débat
(2)
délation
(2)
education
(2)
ex-Yougoslavie
(2)
famine
(2)
fonds d'investissement
(2)
graphisme
(2)
hack
(2)
humain
(2)
loi Internet et Création loi Hadopi
(2)
medecine
(2)
metal
(2)
misère
(2)
mondial
(2)
mur
(2)
news
(2)
paradis fiscaux
(2)
pesticides
(2)
piratage
(2)
poison
(2)
populisme
(2)
previsions
(2)
prostitution
(2)
président
(2)
sensure
(2)
telephonie
(2)
terre rare
(2)
territoire
(2)
textile
(2)
transport
(2)
villes
(2)
war
(2)
11/9
(1)
1918
(1)
1945
(1)
2
(1)
2009
(1)
2010
(1)
23andMe
(1)
9/11
(1)
A TelecomTV Campaign
(1)
AFP
(1)
ALENA
(1)
APT
(1)
ASN
(1)
Abidjan
(1)
Agences de notation
(1)
Alimentarius
(1)
Almentaire
(1)
Amazonie
(1)
Amérindiens
(1)
Angola
(1)
Anonymous
(1)
ArmeFrance
(1)
Asile
(1)
Autodialogue à propos de New Babylon
(1)
Awards
(1)
B.R.I.C
(1)
BASM Conférence de Dublin Le texte du futur Traité adopté
(1)
BCE
(1)
Babylon District
(1)
Bayer
(1)
Berlin 1885 la ruée sur l'Afrique
(1)
Berlusconi
(1)
Bhoutan
(1)
Bilderberg 2008
(1)
Bill Gates Rockefeller Svalbard
(1)
Black Hat
(1)
Blackwater
(1)
Botnet
(1)
Brazil
(1)
Burkina Faso
(1)
CEA
(1)
CETA
(1)
CFR
(1)
CNT
(1)
COMMENT) SUPREMATIE DE L'INFORMATION
(1)
CONSPIRATION - LE BRESIL DE LULA
(1)
CONTROLE TOTAL
(1)
CPI
(1)
CRU
(1)
CUG
(1)
Cachemire
(1)
Camera City
(1)
Child miners
(1)
Chypre
(1)
Cisjordanie
(1)
Citoyenneté
(1)
City
(1)
Clearstream
(1)
Club de Paris
(1)
Cnil
(1)
Codex
(1)
Collapse
(1)
Colombia
(1)
Combattre les mines et les BASM
(1)
Commission
(1)
Contrôle maximum sur tout le spectre électromagnétique
(1)
Corruption des syndicats l’enquête qui dérange
(1)
Costa Rica
(1)
Criminalité
(1)
Crise à la Banque mondiale et au FMI
(1)
Cuba
(1)
Côte d’Ivoire
(1)
C’est quoi une bonne nouvelle
(1)
Dadaab
(1)
Darfour
(1)
Davos
(1)
De l’explosion urbaine au bidonville global
(1)
Destabilisation
(1)
Documentaire : No es un Joc ( Ce n'est pas un Jeu )
(1)
Doha
(1)
Dubaï
(1)
Déchets
(1)
EADS
(1)
ELENA
(1)
Ecole
(1)
Ecoterrorisme
(1)
Ecuador - The Rumble in the Jungle
(1)
Eglise
(1)
Embargo
(1)
End
(1)
Enquête en forêt tropicale
(1)
Erreurs statistiques de la Banque mondiale en Chine : 200 millions de pauvres en plus
(1)
Eurosatory
(1)
Exposé sur le nouveau mode actuel de répression politique en France
(1)
F.M.I Finances Mondiale Immorale
(1)
FAO
(1)
FARC
(1)
FEMA
(1)
FSC
(1)
Finlande
(1)
Foret
(1)
Forum social mondial FSM Belém
(1)
Foxconn
(1)
Franc Maçon
(1)
France-Afrique
(1)
Fujitsu
(1)
G20
(1)
Gabon
(1)
Game
(1)
Gasland
(1)
Gazprom
(1)
Golfe Du Mexique
(1)
Google Cisco HP Ericsson et Verizon
(1)
Greenpeace
(1)
Gréce
(1)
Guantánamo
(1)
Guaraní
(1)
Guerre d’Algérie 1954-1962
(1)
Guinée
(1)
Génocide
(1)
Génome
(1)
Géographies des alimentations
(1)
Géoingénierie
(1)
H1N1
(1)
H2Oil
(1)
HAARP
(1)
HP
(1)
Hackers ni dieu ni maître
(1)
High-Tech
(1)
Hiroshima
(1)
Hollande
(1)
Hotel Sahara
(1)
I Am The Media
(1)
IBM
(1)
IMF
(1)
INTERNET (QUI
(1)
IPRED
(1)
Iceland
(1)
Icesave
(1)
Imiter
(1)
Indonesia
(1)
Indonesie
(1)
Insertion
(1)
Island
(1)
Italia
(1)
J.O
(1)
Jean Ziegler
(1)
Jesus Camp
(1)
KYSEA
(1)
Karachi
(1)
Kurdistan
(1)
L'Or bleu
(1)
LE HOLD-UP DU SIÈCLE
(1)
La Commission européenne lance un programme de propagande radio
(1)
La Démocratie en France 2008
(1)
La Fin du Pétrole
(1)
La Paz
(1)
La Stratégie du choc
(1)
La Trahison des médias le dessous des cartes
(1)
La fin de la propriété de soi
(1)
La guerre de l'information utilise des opérations psychologiques agressives
(1)
La guerre invisible
(1)
La guerre pétrolière oubliée du Soudan
(1)
La menace iranienne
(1)
La quatrième révolution
(1)
Lakmi et Boomy
(1)
Laos
(1)
Le Secret des Sept Soeurs
(1)
Le club des incorruptibles
(1)
Le grand Monopoly du gaz
(1)
Le grand marché des cobayes humains
(1)
Le nuage
(1)
Le temps des mensonges
(1)
Le ventre de Tokyo
(1)
Les Armées Privées dans la Cible
(1)
Les Occidentaux dénient que la Géorgie a procédé à un génocide
(1)
Les enfants des rues de Mumbai
(1)
Les insurgés de la terre
(1)
Les nouveaux chiens de gardes
(1)
Les secrets de la forteresse Europe
(1)
Leviev
(1)
Littérature
(1)
Livre
(1)
Londres
(1)
MSF
(1)
Malaisie
(1)
Malediction
(1)
Manille
(1)
Mauritanie
(1)
Mayotte
(1)
Medcament
(1)
Mexico
(1)
Minorité nationale
(1)
Mogadiscio
(1)
Money
(1)
Mongolie
(1)
Monsanto
(1)
Moving forward
(1)
Mozambique
(1)
Mururoa
(1)
Music
(1)
Musique
(1)
Médias citoyens
(1)
NED
(1)
Nazis
(1)
Nazisme
(1)
Neo Conservateurs
(1)
Nepal
(1)
Nes
(1)
Nestlé
(1)
Nicaragua
(1)
Nigéria
(1)
Noam
(1)
Norvège
(1)
Notre poison quotidien
(1)
Nouvelle Zelande
(1)
Nuage Mortel
(1)
O.G.M ?? Vous avez dit O.G.M : Organisation Générale du Mensonge
(1)
O.M.S
(1)
OFCE
(1)
Oil
(1)
Oman
(1)
Orange
(1)
Ormuz
(1)
Ouganda
(1)
Ouïgours
(1)
P2
(1)
PIPA
(1)
PRISM
(1)
Pacifique
(1)
Papouasie
(1)
Paraguay
(1)
Pays Bas
(1)
Paysans
(1)
Pentagone
(1)
Pentagone: Nous devons combattre le Net
(1)
Perhttp://www.blogger.com/img/blank.gifte
(1)
Perte
(1)
Philippines
(1)
Phtographe
(1)
Planète à vendre
(1)
Pologne
(1)
Polynésie
(1)
Portugal
(1)
President
(1)
Prison Valley
(1)
Prix agricoles les véritables raisons de l’inflation
(1)
Prévisions
(1)
Prêt à jeter
(1)
Publicité
(1)
Pêche
(1)
QUOI
(1)
Quelle devrait être la politique européenne de l'immigration
(1)
RATP
(1)
Rapport Angelides
(1)
Reflection sur : Le monde de l'image
(1)
Regis Debray
(1)
Ruhnama
(1)
Révolution
(1)
SOPA
(1)
STIC
(1)
Samsung
(1)
Sans lutte pas de victoire possible
(1)
Savoir
(1)
Schiste
(1)
Scoop
(1)
Senegal
(1)
Shanghaï
(1)
Singapour
(1)
Skype
(1)
Sociologie
(1)
Soudan
(1)
Sri Lanka Tsunami tourisme banque mondiale
(1)
Station
(1)
Stratfor
(1)
Suisse
(1)
Sénégal
(1)
TAFTA
(1)
TPP
(1)
TSCG
(1)
TTIP
(1)
Tchad
(1)
The Shock Doctrine
(1)
Tibet
(1)
Tienanmen
(1)
Tokyo Freeters
(1)
Total
(1)
Touaregs
(1)
Turkménistan
(1)
U.A
(1)
U.S.A
(1)
UMP
(1)
Une livraison de Nouvelles questions féministes
(1)
Union Africaine
(1)
Union Européenne
(1)
United Kingdom
(1)
Vaccin
(1)
Vatican
(1)
Vie Privée
(1)
Viellesse
(1)
Viêtnam
(1)
VoIP
(1)
Voies de navigations
(1)
Volcan
(1)
Vu du ciel
(1)
Wackenhut
(1)
Water makes money
(1)
Windows
(1)
Yahoo
(1)
Yakutsk
(1)
Yaoundé by night
(1)
Zambie
(1)
Zeitgeist
(1)
accord
(1)
activisme
(1)
alex
(1)
anonymat
(1)
archives
(1)
article
(1)
assassinat
(1)
avocat
(1)
bactériologique
(1)
barrage
(1)
bauxite
(1)
bildenberg
(1)
biomimétisme
(1)
biotech
(1)
blocus
(1)
bourse
(1)
boycott
(1)
caméra
(1)
centrale
(1)
change
(1)
citizen berlusconi
(1)
coke
(1)
congrès
(1)
contamine
(1)
crime
(1)
c’est innover
(1)
dead
(1)
discours
(1)
domination
(1)
droits de l'homme
(1)
déchets toxiques
(1)
démographie
(1)
département
(1)
désinformation
(1)
d’Amnesty
(1)
e
(1)
electronique
(1)
enseignement
(1)
entreprises
(1)
estonie
(1)
etude
(1)
européen
(1)
eurosur
(1)
experience
(1)
explosifs
(1)
falsifiabilité et modèle standard de l'évolution stellaire
(1)
fanatism
(1)
femmes
(1)
fiscal
(1)
fête
(1)
grève
(1)
hackers
(1)
harmaceutique
(1)
hydrates de méthane
(1)
iPhone
(1)
information
(1)
ingérance
(1)
inondations
(1)
irradiés
(1)
jeu
(1)
jeux video
(1)
jones
(1)
journalisme
(1)
jugement
(1)
l'Oreal
(1)
la tyrannie du cool
(1)
lithium
(1)
main basse sur le riz
(1)
mandat
(1)
mer
(1)
methane
(1)
meu
(1)
monarchie
(1)
monnaie
(1)
obsolescence
(1)
opinion
(1)
or
(1)
parti de droite
(1)
patriotisme
(1)
protection des viols de brevets Google Cisco HP Ericsson Verizon
(1)
psychologie
(1)
rafale
(1)
rebellion
(1)
recherche
(1)
ressources naturelles
(1)
réunions secrètes UE OGM
(1)
sables bitumineux
(1)
salaires
(1)
saumon
(1)
sous-marin
(1)
speculation
(1)
structure
(1)
sureté
(1)
taxe
(1)
tourisme
(1)
toxique
(1)
transgenic
(1)
tribunal
(1)
victimes
(1)
vidéo
(1)
virus
(1)
vote
(1)
vêtements
(1)
ÉVASION FISCALE
(1)
Élections
(1)
États-Unis (affaires extérieures)
(1)
Étienne Chouard
(1)