Affichage des articles dont le libellé est OMS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est OMS. Afficher tous les articles

2 mai 2011

Tchernobyl en Biélorussie...

Par Benjamin Vautrin
pour http://blog.mondediplo.net

Le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont endommagé la centrale de Fukushima au Japon, et entraîné le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl nous rappellent qu’aucune technologie n’est totalement sous contrôle. « Fukushima a fait réapparaître un monstre qui n’était assoupi que pour ceux qui dorment à poings fermés » faisait récemment remarquer le journaliste Fabrice Nicolino. Quel recul avons-nous pour mesurer les conséquences de cette nouvelle catastrophe ?
Les gouvernements et leurs partenaires industriels élaborent leurs choix d’investissements technologiques en fonction d’une règle qui compare le risque au bénéfice. Les risques induits et la probabilité d’un accident sont théoriquement compensés par le bien être et les avantages qui profite à la société. « Même s’il y avait une catastrophe de ce type tous les ans, je considérerais le nucléaire comme une énergie intéressante » s’exclamait Morris Rosen, directeur de la sureté nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), quatre mois après les événements de Tchernobyl [1]. Il récidivera un peu plus tard à Paris en affirmant qu’« un accident nucléaire grave n’est pas impossible, mais très improbable. L’accident de Tchernobyl n’est pas acceptable, mais les risques qu’un tel accident se produise à nouveau pourraient être tolérables si l’on compare ces risques à ceux que comporte la production d’autres sources d’énergie [2] ». Quels sont les critères qui permettent d’évaluer le danger réel ?

JPEG - 349.9 ko
L’Europe contaminée
Carte : Philippe Rekacewicz, 2000. 
 
Le dogme d’Hiroshima

Les analyses des conséquences de l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986, sont basées sur une « norme » établie d’après les observations faites à la suite de l’explosion des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki en 1945, seuls événements dans l’histoire ayant provoqué l’irradiation d’un grand nombre de personnes et surtout ayant fait l’objet d’un travail de collecte statistique [3].

Cette norme précise le lien entre dose reçue et surcroît de cas de cancer. Mais l’étude est incomplète car, d’une part, elle ne porte que sur les survivants à cinq ans (les données de la période 1945-1950 étant conservées par l’armée américaine) et, d’autre part, elle ne prend pas en compte les autres pathologies.
Comparer les simples doses reçues, selon qu’elles soient moyennes ou localisées, n’a aucun sens quand elles sont de natures différentes. Dans le cas d’Hiroshima, les victimes ont reçu une très forte irradiation externe sous la forme d’un flash sur une courte période. Les liquidateurs présents sur le site de la centrale de Tchernobyl ont également été contaminés à forte dose de manière externe. Ce sont ces effets qui sont pris en compte. On exclut donc toute une partie de la population irradiée par rayonnement interne : l’explosion de Tchernobyl a libéré des cendres, particules irradiées d’isotopes dont la durée de vie est très longue, et qui, propagées dans l’environnement, continuent d’irradier. Les éléments radioactifs, principalement le césium 137, contaminent aujourd’hui les trente premiers centimètres du sol dans les zones atteintes. Les plantes qui y poussent et les animaux qui s’y nourrissent sont eux-mêmes irradiés, et ce processus contamine la chaîne alimentaire jusqu’à l’homme. Dans le corps, les éléments radioactifs continuent d’irradier, se fixant sur les glandes, les muscles, le cœur, et les organes, causant des dégâts irrémédiables.

Le docteur Mikhail Malko, de l’Académie nationale des sciences de Biélorussie, nous expliquait, lors d’un entretien en mars 2011, les biais induits par le dogme d’Hiroshima : « Pour évaluer les cancers en Biélorussie, à la suite de Tchernobyl, on nous a demandé d’appliquer la norme d’Hiroshima [4] en baissant le coefficient, considérant que les irradiations externes reçues à Tchernobyl — en valeur absolue — étaient moindres que celles d’Hiroshima. J’ai appliqué la norme d’Hiroshima, et j’ai obtenu un nombre de cancers dix fois inférieur à ceux que nous avons pu observer de manière empirique ! Les radiations reçues de manière externe dans les semaines suivant l’accident de Tchernobyl étaient ceux des éléments à la durée de vie la plus courte. Après quatre ans, les radiations externes subies ont baissé d’un facteur 20. Le césium 134 a presque disparu mais le césium 137 subsiste toujours. S’il irradie très peu de manière externe, il est en revanche toujours présent aujourd’hui dans l’alimentation. »

La Biélorussie est le seul pays de l’ex bloc soviétique a avoir tenu un registre des cancers (y compris leucémie et thyroïde) depuis 1953, information ignorée par la communauté d’experts internationaux chargés d’étudier le phénomène. Des données de comparaison très précises sont donc possibles sur les populations :
« J’affirme, poursuit Mikhail Malko, que les conséquences des irradiations internes régulières à faibles doses sont plus néfastes que celles subies par les populations d’Hiroshima et Nagasaki. Selon mes estimations, le nombre de cancers supplémentaires induits par la catastrophe de Tchernobyl, est de 9 000 cancers de la thyroïde, plus de 2 000 leucémies et 2 000 cancers des poumons. Et cela uniquement pour la Biélorussie ! »

Le professeur Alexei Okeanov confiait dans une interview en 2006 [5] qu’il estimait le nombre de cancers supplémentaires induits par Tchernobyl à 1 600 cas par an, uniquement pour la Biélorussie, auxquels doivent s’ajouter des pathologies cardio-vasculaires, des cataractes, des maladies endocriniennes et immunologiques, conséquences des irradiations chroniques à faible dose.

Dans une position officielle commune, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’AIEA [6], en 2006, n’admettaient au total qu’une cinquantaine de morts parmi les liquidateurs, 4 000 cancers mortels induits et 4 000 cancers non mortels de la thyroïde. A l’évocation de la mortalité élevée constatée dans la population des zones concernées, ces deux instances (OMS et AIEA) donnent pour seule explication… la radiophobie et le stress dû aux changements politiques et économiques survenus au début des années 1990 !

Etudes locales contre posture internationale 

 

Les enjeux et les intérêts défendus par le lobby nucléaire et les instances internationales qui lui sont affiliées occultent l’utilisation des données scientifiques existantes [7]. Cette posture conduit à ignorer toute étude indépendante locale ne répondant pas aux standards du discours dominant sur un nucléaire civil « gérable » du point de vue du démantèlement et du stockage des déchets, ou des conséquences d’accidents plus ou moins graves. Les données collectées par l’OMS ne résultent d’aucune étude de terrain, mais sont envoyées par les autorités sanitaires de chaque pays. Ce sont donc des données choisies, et hautement politiques.

A Tchernobyl même, de nombreuses études ont été réalisées par des scientifiques indépendants. Leur lisibilité est restée moindre du fait de la barrière de la langue, et de la répression directement exercée à l’encontre de certains d’entre eux [8]. La mise en commun des travaux, le support de relais tels que la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) ou d’homologues scientifiques européens a permis une diffusion des résultats : un rapport de l’Académie des sciences de New York, fruit de 20 années de collecte d’informations sur le terrain, a été publié en décembre 2009 [9].

Le biologiste russe Alexey Yablokov, la généticienne biélorusse Rosa Gontcharova, et l’équipe de l’institut Belrad à Minsk, sont les artisans de cette étude qui repose sur un titanesque travail de mesure et de collecte de données. Créé en 1990 par le professeur Vassili Nesterenko (décédé en 2008), le centre est désormais dirigé par son fils Alexeï. Depuis vingt ans, le centre assure un suivi des populations vivant en zone contaminée et prodigue, en priorité aux enfants, un traitement à base de pectine de pomme permettant de faire diminuer la présence de radionucléides présents dans le corps.

« Actuellement, le risque principal pour ces populations reste l’ingestion des aliments irradiés collectés localement, nous explique Alexei Nesterenko, et les effets que cela produit sur ces personnes. Le manque de revenus pousse une partie de la population à cultiver dans son potager ses propres aliments, ainsi qu’à collecter en forêt baies et champignons. 16 % des échantillons alimentaires que nous avons analysés présentent un excès par rapport au niveau admissible de radionucléides (lait, champignon, baies, gibier, foin du bétail...). Le mois dernier, nous avons mesuré des champignons secs dans la région de Moguilev qui dépassaient les 170 000 Bq/kg (la norme est de 2 500 Bq/kg). C’est autant voire plus radioactif que des déchets nucléaires de faible activité ! Actuellement, 80 % de la radiation subie l’est par voie interne. Ce pourcentage ne fera qu’augmenter dans le futur à mesure que la radiation externe diminuera. »

Et en Biélorussie, les choix politiques accentuent les problèmes sanitaires… « La Biélorussie a vu 20 % de ses terres agricoles et 25 % de ses forêts contaminées, écrit Marc Molitor. A partir de la fin des années 1990, le président Loukachenko a clairement fait savoir qu’il voulait les “reconquérir”, c’est à dire […] les rendre à l’exploitation économique [10]. » Ce qui explique qu’il est hors de question, dans ce cas, de déplacer les populations. C’est au contraire la réhabilitation et le repeuplement des zones contaminées que l’on vise, en déclassifiant ces zones et en proposant une somme d’argent pour les familles souhaitant s’y installer.

Pourtant, la situation radiologique reste préoccupante. « Il est fréquent que nous mesurions des enfants présentant des doses de césium 137 allant jusqu’à plus de 100 Bq/kg, poursuit Alexei Nesterenko. Au dessus de 30 Bq/kg tous les systèmes et organes vitaux sont affectés, et au dessus de 50 Bq/kg les lésions sont irréversibles. Il faudrait permettre à ceux qui vivent dans ces zones de s’alimenter correctement avec des produits importés. Mais cela a un coût que beaucoup de familles ne peuvent supporter. C’est pourquoi, en plus des cures de pectine, une information pour les populations sur les dangers des produits irradiés est essentielle, chose que nous nous efforçons de faire par des formations en collaboration avec les écoles et dispensaires locaux. »

Des enjeux à l’échelle mondiale 

 

Les travaux réalisés sur les conséquences sur la santé des irradiations chroniques à faible dose sont de première importance, mais restent peu diffusés. Si l’on comprend qu’ils aident à dresser le vrai bilan de la catastrophe de Tchernobyl, leur reconnaissance pourrait donner une tout autre lecture des véritables conséquences de la catastrophe de Fukushima, et des doses jugées « non dangereuses » par les autorités. Elle permettraient aussi d’envisager sous un autre angle la situation des populations vivant à proximité des centrales en exploitation, et soumises, elles aussi, à des irradiations chroniques à faible dose.
Aussi aberrant que cela puisse paraître, l’institut Belrad n’a comme seule source de financement que les dons de particuliers via des associations citoyennes [11]. La France préfère financer les travaux du CEPN (Centre d’étude sur l’évaluation et la protection dans le domaine du nucléaire — dont Areva et EDF sont membres). La Biélorussie, qui a fait le choix de construction d’une centrale nucléaire pour son indépendance énergétique, a cessé toute contribution depuis 2005.

Tout scientifique digne de ce nom place le doute au cœur de sa méthode. Quand la réalité diffère à ce point de ce que la théorie prévoit, une remise en question s’impose. Les données choisies offrent un confort rhétorique aux organismes chargés d’assurer le contrôle radiologique et notre sécurité. Les normes qu’elles définissent et qui sont actuellement utilisées sont non seulement insuffisantes, mais dangereuses car définies sur des critères qui sont loin d’être fiables.

Benjamin Vautrin est journaliste et vit à Minsk.

Les légumes, viandes et autres produits vendus en Biélorussie sont censés être légalement contrôlés. Mais quelles normes servent à ces contrôles ? La déclassification hâtive de certaines terres agricoles n’exclut pas que de la nourriture irradiée soit mise sur le marché.

JPEG - 248.3 ko
Carte de localisation des districts biélorusses
 
JPEG - 398.4 ko
Contamination externe et interne dans le district de Buda Kochelevo
Carte : Belrad, Minsk, 2007. 
 
JPEG - 316.1 ko
Contamination externe et interne dans le district d’Elsk
Carte : Belrad, Minsk, 2007. 
 
JPEG - 303.7 ko
Contamination externe et interne dans le district de Kalinkovichy
Carte : Belrad, Minsk, 2007. 
 
JPEG - 383.7 ko
Contamination externe et interne dans le district de Naroviya
Carte : Belrad, Minsk, 2007. 
 
JPEG - 369.6 ko
Contamination externe et interne dans le district de Tchetchersk
Carte : Belrad, Minsk, 2007. 
 
A lire
Svetlana Alexievitch, La supplication, Tchernobyl, chronique du Monde après l’apocalypse, éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 1998.

Notes

 

[1] Le Monde, 28 août 1986.
[2] Audition parlementaire du Conseil de l’Europe sur les accidents nucléaires, 8 et 9 janvier 1987, Paris.
[3] Si l’on ne prend pas en compte les accidents survenus à Kytchym, dans l’Oural en URSS en 1957 et à la centrale de Three Mile Island en 1979 aux Etats-Unis.
[4] Etablie au Japon par le Radiation Effects Research Foundation (RERP)
[5] Marc Molitor, Tchernobyl : déni passé, menace future ?, éd. Racines, Bruxelles, avril 2011.
[6] L’OMS est liée à l’AIEA sur la question du nucléaire depuis 1959 par l’accord WHA12-40. Lire Alison Katz, « Les dossiers enterrés de Tchernobyl », Le Monde diplomatique, mars 2008.
[7] Lire Alison Katz, « Conséquences de Tchernobyl », Le Monde diplomatique, décembre 2010.
[8] Youri Bandajevsky, scientifique biélorusse condamné à huit ans de prison, libéré en août 2005 après six ans d’emprisonnement.
[9] Alexey V. Yablokov, Vassily B. Nesterenko and Alexey V. Nesterenko, « Chernobyl Consequences of the Catastrophe for People and the Environment », Annals of the New York Academy of Sciences, décembre 2009.
[10] Marc Molitor, Tchernobyl : déni passé, menace future ?, éd. Racines, Bruxelles, avril 2011.
[11] « Enfants de Tchernobyl Belarus » : http://enfants-tchernobyl-belarus.org

18 avril 2011

Au moins 5 millions de décès dus aux produits chimiques, selon l'OMS




En 2004, la pollution chimique a tué 4,9 millions de personnes (8,3% de la mortalité globale) et engendré 86 millions d'années de vie perdues, selon une étude de l'OMS... qui admet que ce chiffre est largement sous-estimé.

OMS - 5 millions de morts des produits chimiques
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est penchée sur la mortalité liée à la présence de substances chimiques dans l'environnement. Résultat : en 2004, la pollution chimique a provoqué 4,9 millions de morts (soit 8,3% de la mortalité totale). Et 86 millions d'années de vie perdues (5,7% du total) en raison des handicaps provoqués. A titre de comparaison, l'impact des substances chimiques est plus important que celui des cancers, qui représentent 5,1% du total d'années de vie perdues. 54% des dégâts liés aux substances chimiques sont supportés par les enfants de moins de 15 ans. 70% des maladies sont dues à l'association de polluants atmosphériques multiples.

Et encore, cette étude se limite à "l'impact connu" d'un nombre de "substances chimiques" limité, et "l'impact inconnu pourrait être considérable". D'une part, précise l'OMS, les preuves de "relations de causes à effets [...] font défaut". Exemple de ces produits aux effets "inconnus" : les pesticides, le mercure, le cadmium... ça laisse rêveur. D'autre part, même lorsque ces preuves existent, "les données d'exposition à grande échelle sont insuffisantes". Et enfin, l'OMS avoue son incapacité totale à évaluer réellement l'impact sanitaire des "sites pollués qui mettraient en péril plus de 56 millions de personnes à travers le monde". Un début de commencement d'étude, en somme.


Fichier attachéTaille
cancer-enfants.jpg5.23 Ko

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

24 mars 2011

Les Etats confisquent les chiffres relatifs à la contamination nucléaire

par CRIIRAD 
     Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité
pour http://www.criirad.org

La publication des données du réseau CTBTO (1) ainsi que des installations nucléaires nordaméricaines nous aurait renseigné précisément sur les niveaux de contamination de l’air et nous aurait permis d’évaluer de façon fiable les niveaux de risque bien avant que les masses d’air contaminé n’arrivent sur l’Europe. La CRIIRAD lance un appel international, invitant citoyens, associations, scientifiques, élus… de tous pays à se mobiliser à ses côtés afin d’exiger que les résultats relatifs à la contamination radioactive de l’air, obtenus grâce à l’argent public, soient mis à disposition du public ET SERVENT A SA PROTECTION.
1- Pas de données interprétables pour l’Amérique du nord !
 
Plus de 10 jours après le début des rejets radioactifs, les masses d’air contaminé ont traversé des pays aussi étendus que les Etats-Unis et le Canada, des pays qui disposent d’équipements performants, leur permettant d’évaluer précisément l’activité volumique (2) de chacun des radionucléides présents, en tout cas des plus problématiques d’un point de vue sanitaire. Or, en dépit des recherches conduites depuis plusieurs jours, la CRIIRAD n’a trouvé aucun chiffre sur la contamination de l’air. Ne sont accessibles que des résultats sur les débits de dose ou les taux d’émissions de rayonnements bêta et gamma, qui ne permettent pas d’évaluer le niveau de risque. Ils ne permettent d’ailleurs même pas d’établir une relation certaine entre l’élévation des valeurs et le passage des masses d’air contaminé.
 
La CRIIRAD va adresser, aux ambassades de ces deux pays, des demandes officielles pour que soient publiés dans les meilleurs délais les résultats que détiennent forcément les exploitants d’installations nucléaires, qu’elles soient civiles ou militaires.
 
Précisons à cet égard que les balises de l’IRSN implantées à Saint-Pierre et Miquelon, en Martinique et en Guadeloupe ne mesurent que le niveau de rayonnement (les débits de dose exprimés en μSv/h). Ces résultats ne permettent pas d’évaluer les risques.
 
2- Black-out international
 
A la recherche de stations de mesures intermédiaires entre le Japon et la France, le laboratoire de la CRIIRAD s’est tourné vers le réseau mis en place par l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (OTICE) (1).
 
Il s’agit de stations de mesure réparties sur l’ensemble de la planète et qui enregistrent divers paramètres afin de contrôler qu’aucun essai nucléaire souterrain n’est effectué en violation des dispositions du traité (cf. Corée du Nord). Elles mesurent plusieurs paramètres : données sismiques, hydroacoustiques, infrasoniques et radionucléides. Une soixantaine de stations sont équipées de laboratoires d’analyses radiologiques (voir carte ci-dessous). Elles sont capables de mesurer de très faibles niveaux de contamination dans l’air car l’une de leurs missions est de mesurer la contamination consécutive aux essais nucléaires atmosphériques.
Ces laboratoires disposent de systèmes de détection de la radioactivité parfaitement adaptés à l’identification et à la quantification des produits radioactifs présents dans les masses d’air contaminé par les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
 
Le samedi 19 mars, la CRIIRAD adressait donc une demande de communication de résultats à Mme THUNBORG, responsable de l’information publique à l’OTICE. Elle nous répondait le lendemain soir qu’elle transmettait notre demande à la division en charge de la sécurité des données (3). Le lundi, faute de réponse, la CRIIRAD réitérait sa demande en insistant sur l’urgence de la situation et en précisant que faute de réponse rapide elle dénoncerait publiquement la situation. Mme THUNBORG nous conseillait par retour de nous adresser aux autorités françaises et, soucieuse de nous aider, nous orientait vers des articles où des institutions autrichiennes, suédoises ou allemandes qui ont accès aux données avaient laissé filtrer quelques résultats. Nous obtenions ainsi quelques données mais trop parcellaires et impossible à corréler dans l’espace et dans le temps.
 
Deux heures plus tard, un courriel de M. SCOTTI (4), nous indiquait que « Les données collectées par le réseau des stations du STP ne peuvent être communiquées qu'aux correspondants (centres de données nationaux) désignés par les Etats Signataires du TICE. Pour la France, l'organisme destinataire de ces données est le Commissariat à l'Energie Atomique ». Le responsable du laboratoire de la CRIIRAD s’adressait le jour même au CEA : « Je vous serais reconnaissant de m’indiquer comment la CRIIRAD peut avoir accès, dans les meilleurs délais, aux données collectées par les stations de surveillance du réseau de l'OTICE, en particulier en ce qui concerne les radionucléides (notamment Cs137 et I131, Sr 90, gaz rares, tritium, transuraniens). Il s’agit pour nous d’affiner les prévisions concernant l’impact des rejets du site de Fukushima et de répondre aux inquiétudes du public français. »
 
La réponse nous parvenait le lendemain en milieu de journée : aucune donnée ne nous sera communiquée. Le réseau international de mesure obéit à des règles de confidentialité définies strictement par les Etats membres du traité d’Interdiction Complète des Essais. « Les données sont donc uniquement transmises à des points de contact nationaux nommés par les Etats qui en font une analyse dans l'objectif du Traité, à savoir détecter tout essai nucléaire qui aurait été mené en contradiction avec l'engagement des États ayant ratifié le TICE. ». Pour la France, il s’agit du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), organisme en charge du développement des activités nucléaires militaires et civiles.
 
La réponse indiquait en outre que « Suite à l'accident de Fukushima, à la demande des États signataires du TICE, les données sur l’activité des radionucléides sont transmises à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) et à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les équipes de ces deux organisations en charge des aspects sûreté et radioprotection peuvent ainsi les utiliser en complément de l'ensemble des données fournies par les États, pour établir les évaluations nécessaires à la protection des personnes susceptibles d'être concernées par les retombées de l'accident. ». Or, ni l’AIEA, ni l’OMS n’ont rendu publics ces résultats.
 
Il faut dire que l’AIEA a en charge la promotion des activités nucléaires civiles (voir statuts) (5) et que l’OMS qui est normalement en charge de la santé publique a signé avec l’AIEA, dès 1959, un accord qui dispose que les deux agences « agiront en coopération étroite et se consulteront régulièrement ».
 
3- BILAN
 
Depuis plus de 10 jours, la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI rejette des produits radioactifs dans l’atmosphère : ces rejets ne sont ni maîtrisés ni quantifiés. Dans le même temps des stations de mesures réparties sur l’ensemble de notre planète enregistrent les niveaux de radioactivité de l’air et suivent pas à pas l’évolution de la radioactivité dans l’espace et dans le temps… mais veillent jalousement à ce que ces données restent secrètes.
 
Cette situation est choquante en temps normal, totalement inacceptable en situation d’urgence radiologique. Et d’autant plus inacceptable que ce réseau de mesure est financé par l’argent public !
 
Les Etats cotisent en effet à hauteur de 55 700 000 € pour faire fonctionner les stations de mesure. Les citoyens américains respirent depuis le 17 mars dernier les particules radioactives rejetées par les réacteurs nucléaires et les piscines de stockage de combustible irradié de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI. Premiers contributeurs au budget du réseau, ils apprécieront de n’avoir strictement aucune donnée en contrepartie de leurs 12 millions d’euros. Un sacré marché de dupes. A noter qu’avec un versement de 3 600 000 €, les Français ne sont pas mieux lotis.
 
La CRIIRAD reçoit des centaines d’appels de personnes inquiètes de la contamination de l’air qu’elles respirent, inquiètes pour elles-mêmes et surtout pour leurs enfants. Elle aimerait informer correctement, et si possible rassurer, mais sur des bases solides, tous ses correspondants, qu’ils habitent le Finistère, la Martinique ou la Corée du Sud. Elle invite chaque citoyen, chaque association, chaque scientifique, chaque élus… à se mobiliser pour obtenir la levée du secret sur les niveaux de contamination de l’air. Une pétition sera prochainement mise en ligne pour collecter des signatures sur la France mais chacun peut d’ores et déjà relayer la mobilisation à l’étranger et intervenir auprès des autorités de son pays pour dénoncer la situation.
 
---
 
Notes : 
 
(1) Le CTBTO – Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation – est une organisation mise en place dans le cadre du traité d’interdiction totale des essais nucléaires (TICE en français), accord multilatéral ouvert à la signature le 24 septembre 1996 www.ctbto.org
 
(2) L’activité volumique s’exprime en becquerels par mètre cube d’air (notée Bq/m3). Elle renseigne sur le nombre de désintégrations qui se produisent par unité de temps et de volume. Une valeur de 15 Bq/m3 signifie que dans un mètre cube d’air, à chaque seconde, 15 noyaux d’atomes radioactifs se désintègrent en émettant des rayonnements ionisants. Cette valeur décroît en fonction de la période radioactive du radionucléide considéré. La période correspond au temps au bout duquel l’activité est divisée par 2 : 8 jours pour l’iode 131 ; 30 ans pour le césium 137 ; 2 ans pour le césium 134. Document CRIIRAD
 
(3) “I have forwarded your request to the Division responsible for the Secure data. They will get back to you in regards to your inquiry. Best regards”, Annika THUNBORG, Spokesperson and Chief of Public Information, Preparatory Commission for the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organization (CTBTO), UN, Vienna, Austria.
 
(4) M. Lucien SCOTTI, Conseiller, Représentation Permanente de la France auprès des Nations Unies et des Organisations Internationales à Vienne Document CRIIRAD nous d’affiner les prévisions concernant l’impact des rejets du site de Fukushima et de répondre aux inquiétudes du public français. »
 
(5) Article 2 des statuts de l’AIEA : « L’Agence s’efforce de hâter et d’accroître la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. Elle s’assure, dans la mesure de ses moyens, que l’aide fournie par elle-même ou à sa demande ou sous sa direction ou sous son contrôle n’est pas utilisée de manière à servir à des fins militaires. »
 
EN SAVOIR + :
COMMUNIQUES CRIIRAD
Communiqué du 23/03/2011 à 17h :
COLERE ET INDIGNATION – VOLET N°1
Annexes :
Trajectoires
Communiqué du 20/03/2011 à 9h :
Contamination radioactive des aliments au Japon

Version PDF du communiqué (sans texte d'introduction) :
Communiqué CRIIRAD sur la contamination radioactive des aliments
(PDF - 300 Ko)

Annexes :
Lait de la préfecture de Fukushima :
- Tableau des résultats d'analyse
Annexes :
Mesures effectuées par le Tokyo Metropolitan Industrial Technology Research Institute :
http://www.sangyo-rodo.metro.tokyo.jp/whats-new/measurement.html
- Accéder aux originaux de l’Institut de Recherche de Tokyo :
Données au 15 mars
Données au 16 mars
Données au 17 mars

Communiqué du 14/03/2011 - 13h :
Alertes nucléaires au Japon
 

Libellés

Politique (381) social (341) actualité (279) corporation (265) loi (227) Corruption (208) geopolitique (201) Documentaire (155) documentary (143) Propaganda (129) Etats (128) Guerre (126) France (124) Internet (98) Reflexion (95) Pollution (94) crise (94) USA (93) Economie (89) Europe (85) Nouvelles Technologies (82) Santé (75) Arté (59) Argent (57) Etats-Unis (53) environnement (53) reportage (53) administration US (52) Nucléaire (51) Armement (48) Surveillance (46) Nucleaire (45) Chine (44) Armées (43) Mort (42) histoire (42) Japon (40) Japan (36) Police (34) le dessous des cartes (34) rapport (33) Banque (30) Petrole (30) censure (30) Energie (29) Agriculture (27) Eau (27) Afrique (25) Conflits (24) Fukushima (24) LOBBYS (24) Russie (22) gouvernements (22) Medias (21) Sécurité (21) Frontières (20) International (20) Agro Alimentaire (19) Catastrophe (19) Revolution (19) Armes (18) Pauvreté (18) Repression (18) geographie (18) China (17) OTAN (17) Libye (16) cybersécurité (16) gouvernance (16) Army (15) Carte (15) cyberspace (15) ARTE Reportage (14) Allemagne (14) Facebook (14) Inde (14) Moyen Orient (14) Cyber-activisme (13) FMI (13) Google (13) Royaume-Uni (13) cyberespionnage (13) sciences (13) Mali (12) Manipulations (12) commerce (12) enfant (12) philosophie (12) Israël (11) Violence (11) Web 2.0 (11) capitalisme (11) Afghanistan (10) CIA (10) Immigration (10) Journaliste (10) Livres (10) Syrie (10) finance (10) religion (10) traité (10) Bresil (9) Dictature (9) Drones (9) Pakistan (9) Radioactif (9) US (9) Vietnam (9) business (9) desinformation (9) election (9) militaires (9) secret (9) travail (9) 2011 (8) Climat (8) Droit de l'Homme (8) Démocratie (8) Gaz (8) Informations (8) Irak (8) Mexique (8) Reflextion (8) Somalie (8) conspiration (8) exploitation (8) mondialisation (8) terrorisme (8) Bolivie (7) Canada (7) Democratie (7) Discrimination (7) Filtrage (7) Presse (7) controle (7) crimes (7) manifestations (7) multinationales (7) trafic (7) 2012 (6) ACTA (6) Areva (6) Asie (6) Crise sociale (6) Droit (6) Gaza (6) Grande Bretagne (6) Haïti (6) Italie (6) Madagascar (6) Netizen Report (6) Nigeria (6) O.N.U (6) Oligarchie (6) RDC (6) Société (6) UE (6) changement climatique (6) danger (6) justice (6) mines (6) ocean (6) pirates (6) projet (6) Africa (5) Algerie (5) Arabie Saoudite (5) Bahreïn (5) Brésil (5) Chimique (5) Chomsky (5) Colonisation (5) Congo (5) Crise politique (5) Debat (5) Egypte (5) Indigènes (5) Inégalités (5) Liberté (5) Loppsi (5) NSA (5) ONG (5) Palestine (5) Pharmaceutique (5) Tunisie (5) Union Européene (5) Veolia (5) agrocarburants (5) big brother (5) contamination (5) ecologie (5) emploi (5) esclavage (5) hadopi (5) informatique (5) interview (5) menace (5) prison (5) AIEA (4) Accident (4) Agent (4) Bombes (4) Chili (4) Colombie (4) Contaminés (4) Grèce (4) Honduras (4) Iran (4) Microsoft (4) Migration (4) OMC (4) Occident (4) Perou (4) Racisme (4) Tchernobyl (4) Venezuela (4) Webdocumentaire (4) Wikileaks (4) brevet (4) dette (4) fichage (4) frontex (4) industrie (4) maladie (4) nanotechnologies (4) plastic (4) plastique (4) privatisation (4) privée (4) public (4) réfugiés (4) 2013 (3) Apple (3) Australie (3) Azerbaïdjan (3) Bangkok (3) Banque mondiale (3) Banques (3) Bosnie (3) Corée (3) Dechets (3) Espagne (3) Faim (3) Islande (3) Kazakhstan (3) Kenya (3) Liban (3) Maroc (3) Monde (3) NATO (3) Nature (3) Niger (3) OGM (3) OMS (3) Politics (3) Proche-Orient (3) Riz (3) Roms (3) Sahel (3) Sarkozy (3) Totalitaire (3) Turquie (3) Twitter (3) Ukraine (3) Uranium (3) Urbanisation (3) accords (3) art (3) cancers (3) charbon (3) culture (3) cyber-censure (3) drogue (3) ethnie (3) extreme droite (3) futur (3) gouvernement (3) minerais (3) piraterie (3) ressources (3) réseau (3) sondage (3) stratégie (3) télévision (3) écologie (3) 2014 (2) 2030 (2) Abus (2) Affaire (2) Africom (2) Afrique du Sud (2) Agent Orange (2) Amerique du Sud (2) Arabes (2) Argentine (2) Arménie (2) Articque (2) Atlas (2) Attentat (2) Australia (2) Balkans (2) Bangladesh (2) Belgique (2) Bio Carburants (2) Bioethique (2) Birmanie (2) Biélorussie (2) CRIIRAD (2) Cambodge (2) Cancer (2) Caucase (2) Centrafrique (2) Cloud (2) Coltan (2) Correa (2) Corée du nord (2) Coup d’Etat (2) Crise financière (2) Côte d'Ivoire (2) DARPA (2) Defense (2) Drone (2) Défense (2) EDF (2) EFSA (2) Emirats (2) Equateur (2) Espace (2) G8 (2) Gaz de Schiste (2) Gazoduc (2) Genocide (2) Germany (2) Ghana (2) Goldman Sachs (2) Guatemala (2) Géorgie (2) IKEA (2) India (2) Indiens (2) Irlande (2) Kirghizistan (2) Kosovo (2) Les infos dont on parle peu (2) Liberté d'expression (2) Mafia (2) Maghreb (2) Mosanto (2) Médias (2) Nation (2) Nouvel Ordre Mondial (2) Obama (2) Oppression (2) Paragay (2) Parlement (2) Patriot Act (2) Petropolis (2) Quatar (2) RFID (2) Retraites (2) Royaume Uni (2) Rwanda (2) Révolte (2) Sahara (2) Science (2) Serbie (2) Sexe (2) Space (2) Swift (2) Taiwan (2) Taïwan (2) Tepco (2) Thailande (2) U.R.S.S (2) Video (2) Viol (2) WTO (2) Yemen (2) aide alimentaire (2) aluminium (2) animaux (2) bilan (2) biotechnologie (2) chimie (2) civil (2) coup d’État (2) debt (2) dessous des cartes (2) developpement (2) diaspora (2) diplomatie (2) débat (2) délation (2) education (2) ex-Yougoslavie (2) famine (2) fonds d'investissement (2) graphisme (2) hack (2) humain (2) loi Internet et Création loi Hadopi (2) medecine (2) metal (2) misère (2) mondial (2) mur (2) news (2) paradis fiscaux (2) pesticides (2) piratage (2) poison (2) populisme (2) previsions (2) prostitution (2) président (2) sensure (2) telephonie (2) terre rare (2) territoire (2) textile (2) transport (2) villes (2) war (2) 11/9 (1) 1918 (1) 1945 (1) 2 (1) 2009 (1) 2010 (1) 23andMe (1) 9/11 (1) A TelecomTV Campaign (1) AFP (1) ALENA (1) APT (1) ASN (1) Abidjan (1) Agences de notation (1) Alimentarius (1) Almentaire (1) Amazonie (1) Amérindiens (1) Angola (1) Anonymous (1) ArmeFrance (1) Asile (1) Autodialogue à propos de New Babylon (1) Awards (1) B.R.I.C (1) BASM Conférence de Dublin Le texte du futur Traité adopté (1) BCE (1) Babylon District (1) Bayer (1) Berlin 1885 la ruée sur l'Afrique (1) Berlusconi (1) Bhoutan (1) Bilderberg 2008 (1) Bill Gates Rockefeller Svalbard (1) Black Hat (1) Blackwater (1) Botnet (1) Brazil (1) Burkina Faso (1) CEA (1) CETA (1) CFR (1) CNT (1) COMMENT) SUPREMATIE DE L'INFORMATION (1) CONSPIRATION - LE BRESIL DE LULA (1) CONTROLE TOTAL (1) CPI (1) CRU (1) CUG (1) Cachemire (1) Camera City (1) Child miners (1) Chypre (1) Cisjordanie (1) Citoyenneté (1) City (1) Clearstream (1) Club de Paris (1) Cnil (1) Codex (1) Collapse (1) Colombia (1) Combattre les mines et les BASM (1) Commission (1) Contrôle maximum sur tout le spectre électromagnétique (1) Corruption des syndicats l’enquête qui dérange (1) Costa Rica (1) Criminalité (1) Crise à la Banque mondiale et au FMI (1) Cuba (1) Côte d’Ivoire (1) C’est quoi une bonne nouvelle (1) Dadaab (1) Darfour (1) Davos (1) De l’explosion urbaine au bidonville global (1) Destabilisation (1) Documentaire : No es un Joc ( Ce n'est pas un Jeu ) (1) Doha (1) Dubaï (1) Déchets (1) EADS (1) ELENA (1) Ecole (1) Ecoterrorisme (1) Ecuador - The Rumble in the Jungle (1) Eglise (1) Embargo (1) End (1) Enquête en forêt tropicale (1) Erreurs statistiques de la Banque mondiale en Chine : 200 millions de pauvres en plus (1) Eurosatory (1) Exposé sur le nouveau mode actuel de répression politique en France (1) F.M.I Finances Mondiale Immorale (1) FAO (1) FARC (1) FEMA (1) FSC (1) Finlande (1) Foret (1) Forum social mondial FSM Belém (1) Foxconn (1) Franc Maçon (1) France-Afrique (1) Fujitsu (1) G20 (1) Gabon (1) Game (1) Gasland (1) Gazprom (1) Golfe Du Mexique (1) Google Cisco HP Ericsson et Verizon (1) Greenpeace (1) Gréce (1) Guantánamo (1) Guaraní (1) Guerre d’Algérie 1954-1962 (1) Guinée (1) Génocide (1) Génome (1) Géographies des alimentations (1) Géoingénierie (1) H1N1 (1) H2Oil (1) HAARP (1) HP (1) Hackers ni dieu ni maître (1) High-Tech (1) Hiroshima (1) Hollande (1) Hotel Sahara (1) I Am The Media (1) IBM (1) IMF (1) INTERNET (QUI (1) IPRED (1) Iceland (1) Icesave (1) Imiter (1) Indonesia (1) Indonesie (1) Insertion (1) Island (1) Italia (1) J.O (1) Jean Ziegler (1) Jesus Camp (1) KYSEA (1) Karachi (1) Kurdistan (1) L'Or bleu (1) LE HOLD-UP DU SIÈCLE (1) La Commission européenne lance un programme de propagande radio (1) La Démocratie en France 2008 (1) La Fin du Pétrole (1) La Paz (1) La Stratégie du choc (1) La Trahison des médias le dessous des cartes (1) La fin de la propriété de soi (1) La guerre de l'information utilise des opérations psychologiques agressives (1) La guerre invisible (1) La guerre pétrolière oubliée du Soudan (1) La menace iranienne (1) La quatrième révolution (1) Lakmi et Boomy (1) Laos (1) Le Secret des Sept Soeurs (1) Le club des incorruptibles (1) Le grand Monopoly du gaz (1) Le grand marché des cobayes humains (1) Le nuage (1) Le temps des mensonges (1) Le ventre de Tokyo (1) Les Armées Privées dans la Cible (1) Les Occidentaux dénient que la Géorgie a procédé à un génocide (1) Les enfants des rues de Mumbai (1) Les insurgés de la terre (1) Les nouveaux chiens de gardes (1) Les secrets de la forteresse Europe (1) Leviev (1) Littérature (1) Livre (1) Londres (1) MSF (1) Malaisie (1) Malediction (1) Manille (1) Mauritanie (1) Mayotte (1) Medcament (1) Mexico (1) Minorité nationale (1) Mogadiscio (1) Money (1) Mongolie (1) Monsanto (1) Moving forward (1) Mozambique (1) Mururoa (1) Music (1) Musique (1) Médias citoyens (1) NED (1) Nazis (1) Nazisme (1) Neo Conservateurs (1) Nepal (1) Nes (1) Nestlé (1) Nicaragua (1) Nigéria (1) Noam (1) Norvège (1) Notre poison quotidien (1) Nouvelle Zelande (1) Nuage Mortel (1) O.G.M ?? Vous avez dit O.G.M : Organisation Générale du Mensonge (1) O.M.S (1) OFCE (1) Oil (1) Oman (1) Orange (1) Ormuz (1) Ouganda (1) Ouïgours (1) P2 (1) PIPA (1) PRISM (1) Pacifique (1) Papouasie (1) Paraguay (1) Pays Bas (1) Paysans (1) Pentagone (1) Pentagone: Nous devons combattre le Net (1) Perhttp://www.blogger.com/img/blank.gifte (1) Perte (1) Philippines (1) Phtographe (1) Planète à vendre (1) Pologne (1) Polynésie (1) Portugal (1) President (1) Prison Valley (1) Prix agricoles les véritables raisons de l’inflation (1) Prévisions (1) Prêt à jeter (1) Publicité (1) Pêche (1) QUOI (1) Quelle devrait être la politique européenne de l'immigration (1) RATP (1) Rapport Angelides (1) Reflection sur : Le monde de l'image (1) Regis Debray (1) Ruhnama (1) Révolution (1) SOPA (1) STIC (1) Samsung (1) Sans lutte pas de victoire possible (1) Savoir (1) Schiste (1) Scoop (1) Senegal (1) Shanghaï (1) Singapour (1) Skype (1) Sociologie (1) Soudan (1) Sri Lanka Tsunami tourisme banque mondiale (1) Station (1) Stratfor (1) Suisse (1) Sénégal (1) TAFTA (1) TPP (1) TSCG (1) TTIP (1) Tchad (1) The Shock Doctrine (1) Tibet (1) Tienanmen (1) Tokyo Freeters (1) Total (1) Touaregs (1) Turkménistan (1) U.A (1) U.S.A (1) UMP (1) Une livraison de Nouvelles questions féministes (1) Union Africaine (1) Union Européenne (1) United Kingdom (1) Vaccin (1) Vatican (1) Vie Privée (1) Viellesse (1) Viêtnam (1) VoIP (1) Voies de navigations (1) Volcan (1) Vu du ciel (1) Wackenhut (1) Water makes money (1) Windows (1) Yahoo (1) Yakutsk (1) Yaoundé by night (1) Zambie (1) Zeitgeist (1) accord (1) activisme (1) alex (1) anonymat (1) archives (1) article (1) assassinat (1) avocat (1) bactériologique (1) barrage (1) bauxite (1) bildenberg (1) biomimétisme (1) biotech (1) blocus (1) bourse (1) boycott (1) caméra (1) centrale (1) change (1) citizen berlusconi (1) coke (1) congrès (1) contamine (1) crime (1) c’est innover (1) dead (1) discours (1) domination (1) droits de l'homme (1) déchets toxiques (1) démographie (1) département (1) désinformation (1) d’Amnesty (1) e (1) electronique (1) enseignement (1) entreprises (1) estonie (1) etude (1) européen (1) eurosur (1) experience (1) explosifs (1) falsifiabilité et modèle standard de l'évolution stellaire (1) fanatism (1) femmes (1) fiscal (1) fête (1) grève (1) hackers (1) harmaceutique (1) hydrates de méthane (1) iPhone (1) information (1) ingérance (1) inondations (1) irradiés (1) jeu (1) jeux video (1) jones (1) journalisme (1) jugement (1) l'Oreal (1) la tyrannie du cool (1) lithium (1) main basse sur le riz (1) mandat (1) mer (1) methane (1) meu (1) monarchie (1) monnaie (1) obsolescence (1) opinion (1) or (1) parti de droite (1) patriotisme (1) protection des viols de brevets Google Cisco HP Ericsson Verizon (1) psychologie (1) rafale (1) rebellion (1) recherche (1) ressources naturelles (1) réunions secrètes UE OGM (1) sables bitumineux (1) salaires (1) saumon (1) sous-marin (1) speculation (1) structure (1) sureté (1) taxe (1) tourisme (1) toxique (1) transgenic (1) tribunal (1) victimes (1) vidéo (1) virus (1) vote (1) vêtements (1) ÉVASION FISCALE (1) Élections (1) États-Unis (affaires extérieures) (1) Étienne Chouard (1)