Affichage des articles dont le libellé est Areva. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Areva. Afficher tous les articles

15 février 2013

Malices au Mali : l’ancien colonisateur protège aussi l’Uranium

Par Trifou
Source : http://gen4.fr
16/01/2013
english  Tricks in Mali: the former colonizer also protects the Uranium

Bien sûr, la situation au Nord-Mali était devenue insupportable aux thuriféraires de la démocratie, bien sûr l’ancien colonisateur en – léger – retrait de la situation depuis 1958 1 évoque assez hypocritement des liens “d’amitié” et un soi-disant mandat obtenu d’on ne sait quel dirigeant d’opérette 2, bien sûr les Djihadistes armés imposent au Nord du pays une “Salafisation” radicale 3 et parfois brutale ; les motifs d’une intervention militaire Française dans cette région du Sahel ne manquent donc pas, mais il est cependant indispensable d’en rajouter un que les médias Français évoquent beaucoup moins : l’Uranium.

L’Uranium extrait au Niger à une portée de canon des zones réclamées pas les Islamistes

 

L’Uranium alimentant les centrales nucléaires Françaises 4 est principalement extrait 5 des mines d’Arlit et d’Imouraren, situées à 300 Km à peine de la frontière séparant Niger et Mali et susceptibles d’être un jour ou l’autre “annexées” par les combattants Islamistes venus du Nord.

2013-01-16_18h41_12

Il y aurait beaucoup à dire sur les conditions d’exploitation de ces gisements par les Français de COGEMA puis d’AREVA mais d’autres s’en sont magnifiquement chargé bien avant nous ; retenons simplement que cette prospection n’était ni convenablement rétribuée – le minerai étant rétribué à la moitié environ de sa valeur au gouvernement Nigérien – ni proprement récupéré car les témoignages de pollution chimique 6, radioactive et d’épuisement des nappes phréatique locales 7 sont aussi cohérents qu’accablants pour l’exploitant.

Malice au Mali : l'ancien colonisateur protège également l'Uranium
Une partie de la mine à ciel ouvert d’Arlit (Niger)

Il faut rappeler que l’enlèvement régulier de salariés d’Areva par des “insurgés”, qu’ils fassent partie des “innombrables” Touaregs locaux 8 ou des intrus Islamistes venus du Nord est en partie motivé par des comportements méprisants à l’égard des populations locales aussi bien que par l’attrait de compensations financières relativement faciles à obtenir en échange de la libération desdits otages.

Les prospections uranifères de Faléa : un gisement de stature “mondiale”

 

Mais revenons au Mali : l’essentiel du gisement Uranifère d’Arlit s’épuisant 9 et le gisement d’Imouraren n’étant pas encore exploité à sa capacité nominale, les Français recherchaient une alternative Uranifère qu’ils semblent avoir récemment découvert à Faléa, à l’extrême Ouest du Mali.

2013-01-16_19h44_50

Située à plus de 2000 km à l’Ouest des mines d’Arlit et très près de la frontière Sénégalaise 10, les prospections Uranifères effectuées dès les années 1970 par COGEMA assisté d’experts géologues du BRGM 11 et d’experts locaux avaient déjà révélé les capacités impressionnantes de ce gisement.

L’ambassadeur de France à Bamako aurait révélé en 2011 qu’Areva était “déjà choisi” par les autorités Maliennes pour exploiter ce gisement

 

Selon une organisation locale de protection de l’environnement 12, nonobstant les récents déboires financier du géant Français du nucléaire, ce dernier se serait déjà vu théoriquement attribuer le contrat d’exploitation, aux dires de l’ambassadeur Français au Mali.

2013-01-16_20h32_51

Si la mine de Faléa se situe à l’autre extrémité du Mali par rapport aux territoires colonisés par les Jihadistes 13 son exploitation n’en serait pas moins fragilisée par des troubles s’étendant dans le pays, facilités par l’immensité des territoires et la perméabilité de frontières symboliques et hétéronomes 14 que l’immensité de cette partie du continent Africain 15 favorise bien malgré elle.

2013-01-16_20h46_22
La “ceinture” Sahélienne s’étend du Sénégal à Djibouti


Sources :

- Guerre au Mali : sécuriser notre approvisionnement en uranium, S. Lhomme sur rue89, 15113

- La guerre de l’ Uranium au Mali ? Avec EELV !, zebuzzeo, 16113

- War for uranium, blog de superno, 15113

- Mali – A deux pas des combats, Areva et sa mine d’uranium d’Imouraren, mise en service fin 2013 au Niger, 6e producteur mondial d’uranium, filpaccgt, 13113

- Pourquoi la France entre en guerre au Mali, rue89, 12113 (lire également les commentaires)

- Sahel : Uranium, néocolonialisme et islamisme, lce-algerie, 51111
- Le Niger, pays stratégique pour Areva, Le Monde, 16910
- Le dossier de la CRIIRAD sur les pollutions radioactives constatées autour des mines d’uranium, 2010

- Scandale de l’uranium au Niger et Un scandale nommé COGEMA, Belbéoch, 2005
- Dossier des exploitations d’Uranium, beyond nuclear, 2008 (données sur la pollution des aquifères)


(1338)
  1. Il s’agit bien évidemment de la France qui a occupé le pays de 1891 à 1958
  2. L’actuel “Président” intérimaire a été installé par l’homme qui tire les ficelles en coulisse, le Capitaine Sanogo (lui-même “formé” aux USA)
  3. Radicalisation qui n’est pas forcément si mal perçue par les habitants des régions “envahies”, voir ici
  4. Ainsi qu’une partie des unités de production électronucléaires situées à l’étranger mais alimentées par les minerais exploités par Cogema / Areva
  5. Les mines Nigériennes représentant environ 30% de la production mondiale Uranifère actuelle
  6. Phosphates et nitrates
  7. L’extraction des Uranifères consomme énormément d’eau, sur un gisement de cette ampleur l’estimation est fixée à plusieurs dizaines de milliers de m3 par journée d’exploitation
  8. 5 otages ayant été mystérieusement enlevés puis libérés par ces populations en 2008
  9. 70% de l’Uranium d’Arlit aurait été extrait ainsi que les indispensables ressources aquifères locales connexes qui s’épuisent à la même vitesse
  10. Rappelons que quelques 300 militaires Français stationnent toujours à Dakar
  11. Bureau (Français) de Recherches Géologiques et Minières
  12. l’Association des Ressortissants et Amis de la Commune de Faléa
  13. Le Jihadiste est le croyant pratiquant l’effort et la lutte, un combat souvent symbolique et moral mais parfois armé – la Chari’a – une obligation visant à conquérir les territoires infidèles pour étendre la zone d’influence Islamique
  14. Les frontières des Etats de cette zone ayant été souvent dessinées par des non-Africains !
  15. La “ceinture Sahélienne” s’étend ainsi au Sud du Sahara sur une bande de près de 5000 km du Sénégal (Ouest) à Djibouti (Est)

5 novembre 2012

Le Désert De Tous Les Dangers


DL 

Des couples non mariés flagellés en public, des voleurs amputés de la main ou du pied : de Gao à Tombouctou, le Nord du Mali est dominé depuis six mois par des milices islamistes qui imposent leur loi. Une zone dans la tourmente où sont toujours détenus 6 otages français. C'est aussi une zone stratégique pour la France puisqu'une partie de l'uranium qui permet à nos centrales nucléaires de produire de l'électricité provient des mines d'Arlit, situées à 300 km de là, côté Niger.

C'est dans cette région, aujourd'hui interdite à tout occidental, qu'une équipe d'Enquête Exclusive a pu pénétrer pour réaliser un document exceptionnel. Qui sont les nouveaux maîtres du Nord Mali ? Certains, formés dans les lycées francophones de la région, ont versé dans le trafic de cocaïne avant de prendre les armes et de rallier AQMI, Al Qaeda au Maghreb Islamique. Nous avons pu suivre leur conquête du pouvoir et leur application parfois sanglante de la Charia.

Alors que les négociations se poursuivent pour libérer les otages français, 4 salariés d´Areva qui travaillaient sur les mines d'uranium à Arlit au Niger, nous avons pu filmer pour la première fois depuis leur enlèvement la vie sous tension des expatriés français qui continuent à exploiter ces sites miniers. Sécurité maximum pour une zone à haut risque. Les otages occidentaux sont aujourd'hui un moyen de pression mais aussi une source de revenus pour les factions qui se disputent le contrôle de la région. Nous avons pu suivre heure par heure la libération d'une otage suisse.

Bernard de La Villardière a rencontré Cheick Modibo Diarra, l'actuel Premier ministre malien, qui délivre des informations sur les six otages français...

Enquête au coeur de la poudrière du Sahel : un nouvel Afghanistan aux portes de l'Europe.

Un document de Stéphane Rodriguez et Hervé Bouchaud, production Sable Rouge.

29 novembre 2011

Fissions au cœur du nucléaire français

Par Tristan Coloma
octobre 2011 
pour http://www.monde-diplomatique.fr

L’explosion d’un four sur le site nucléaire de Marcoule (Gard), le 12 septembre, a fait un mort et quatre blessés. Après la catastrophe humaine et écologique de Fukushima en mars, l’accident propulse l’atome au cœur de la campagne présidentielle française : cette industrie, à la rentabilité incertaine, divise les candidats. Une page se tournerait-elle en France, pays le plus nucléarisé du monde par rapport au nombre d’habitants – et qui, de Golfech à Tricastin, avait jusqu’ici fait de l’énergie atomique le pilier stratégique de son indépendance ?


Après les « Dégage ! » des révoltes arabes, les « Nucléaire : Non merci ! » balaient le monde et pourraient bien en révolutionner le paysage énergétique. En Inde comme en Chine, de violentes manifestations ont lieu contre les projets de construction de centrales. L’Allemagne a annoncé sa sortie du nucléaire d’ici à 2022, imitée par la Suisse, qui a décidé d’abandonner l’atome. Les Etats-Unis ont gelé leur programme. Les Italiens, par voie référendaire, ont dit « non » au développement du nucléaire sur leur territoire (1). Les Turcs, quant à eux, s’opposent à la volonté de leur gouvernement de développer l’électronucléaire. En France, au-delà du débat technologique, c’est un choix de société que le pays le plus nucléarisé du monde — cinquante-huit réacteurs pour soixante-cinq millions d’habitants — pourrait être amené à faire en 2012. A en croire le ministre de l’énergie, M. Eric Besson, « le grand référendum sur le nucléaire, ce sera l’élection présidentielle (2) ». En effet, M. Nicolas Sarkozy souhaite réaffirmer le choix de l’atome, qui fournit 74,1 % de l’électricité nationale.

Une exception française ? Longtemps la filière nucléaire fut organisée par l’Etat dans une logique de coopération entre Electricité de France – Gaz de France (EDF-GDF), alors opérateur et donneur d’ordre unique, et ses fournisseurs. A présent la concurrence fait rage entre les protagonistes, entreprises géantes désormais plongées dans les eaux bouillonnantes du marché international : Areva, numéro un mondial de la conception de chaudières nucléaires et de la fourniture de combustible ; Alstom, premier acteur mondial de l’équipement associé (turbines) ; EDF, premier producteur d’électricité nucléaire. L’électricien est aussi opérateur, c’est-à-dire que l’entreprise vend l’énergie qu’elle produit, et architecte ensemblier — ceci recouvre la maîtrise de la conception, la construction et l’exploitation de son parc de centrales électriques.
A cette liste, il convient d’ajouter le groupe issu de la fusion entre GDF, privatisé fin 2007, et Suez, exploitant de centrales nucléaires en Belgique — une opération que ses futurs dirigeants présentaient comme « une étape importante dans la préparation de l’ouverture complète des marchés européens de l’énergie ». Par le jeu de ces nouvelles alliances, EDF et GDF, entreprises originellement associées dans un « duopole étatique », se retrouvent concurrentes. Paradoxe : il est de l’intérêt supérieur de l’Etat de venir en aide à une filière dont les acteurs rêvent pourtant de s’émanciper de la tutelle publique.

Il n’en a pas toujours été ainsi. En France, le choix du nucléaire n’est pas le pacte de Faust avec le diable, mais celui de Charles de Gaulle avec l’atome. Le 18 octobre 1945, deux mois après l’explosion des bombes atomiques américaines à Hiroshima et Nagasaki, le général ordonna la création du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Sa mission ? Effectuer des « recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie atomique dans les divers domaines de la science, de l’industrie et de la défense nationale ». A cette époque, le nucléaire a avant tout une vocation militaire. Vue de Paris, la bombe atomique est l’arme ultime pour consolider son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. En parallèle, le CEA devra aussi développer cette technologie à des fins civiles.
Dès 1952, la France expérimente l’électronucléaire et inaugure une première vague de centrales qui adoptent la technique uranium naturel - graphite - gaz. Dans le même mouvement, le 8 décembre 1953, le président américain Dwight D. Eisenhower lance devant l’Assemblée générale des Nations unies le programme Atoms for Peace, ouvrant la porte à l’application commerciale de l’énergie nucléaire.

Regroupant les industriels Schneider, Merlin Gerin et Westinghouse, la Franco-américaine de constructions atomiques (Framatome) adopte en 1958 les réacteurs à eau pressurisée. Ce programme décollera après la guerre israélo-arabe de 1973 : dès l’automne, les cours du pétrole quadruplent brutalement, provoquant le premier choc pétrolier. L’indépendance énergétique et un kilowattheure bon marché deviennent de grandes causes nationales ; l’idée s’impose qu’en France, « si on n’a pas de pétrole, on a du nucléaire ! ». C’est le lancement de l’ère atomique, sous la tutelle de Pierre Messmer, premier ministre de Georges Pompidou. N’ayant jamais saisi les parlementaires pour débattre de l’avenir énergétique, Messmer laisse entendre que la stratégie du « tout nucléaire » n’est pas contestable.

La sécurité menacée 

 

Dans les rangs de l’opposition, d’ailleurs, le choix du premier ministre est plébiscité. Côté syndicats, la Confédération générale du travail (CGT), majoritaire chez EDF, adoube le programme. Les communistes se rallient d’autant plus facilement que, à travers la défense des entreprises nationalisées, ils entrevoient la perspective d’une création massive d’emplois publics et le développement d’un modèle social ambitieux où les ouvriers auraient l’impression de participer au progrès de leur pays, fédérant en réseaux « des hommes au service des hommes ». Le Parti socialiste avance des propos plus nuancés sur cette énergie, mais ne s’opposera jamais à l’option nucléaire. De l’avis de M. Valéry Giscard d’Estaing, « ce choix n’a jamais été remis en cause par les gouvernements successifs — notamment pendant les deux septennats du président Mitterrand — parce qu’il n’existe pas d’alternative (3)  ! ». Et, quelques années plus tard, comme se souvient Mme Michèle Rivasi, eurodéputée écologiste et fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), le premier ministre socialiste Lionel Jospin craignait des soubresauts dans le gouvernement lorsqu’il était question de l’industrie atomique : « Il ne fallait pas toucher à ce secteur. Lionel Jospin n’avait qu’une seule hantise : que cela déclenche une révolution syndicale qui aurait paralysé le pays. C’était une inquiétude à caractère social. Les stratégies énergétiques en revanche n’intéressent pas les politiciens (4). »

Le pouvoir politique ne serait-il qu’une particule élémentaire face au lobby nucléaire ? Pour Mme Rivasi, c’est un état de fait : « A l’Assemblée, on peut carrément parler d’un tabou nucléaire, il n’y a pas de débat. Pourtant l’Etat détient plus de 80 % d’EDF et d’Areva, donc c’est l’affaire des députés que de s’intéresser à la manière dont est utilisé l’argent public. »

Incontestablement, l’électronucléaire peut avancer un certain nombre de réussites dans le demi-siècle écoulé : l’indépendance énergétique, le fait qu’il soit faiblement émetteur de dioxyde de carbone (CO2), des coûts de production stables dans le temps. Selon un proche de M. François Roussely, ancien patron d’EDF, « les dirigeants politiques n’ont pas traité la question énergétique car il n’y avait pas d’urgence à remettre en question cette voie qui bénéficiait d’une acceptation sociétale forte. Contrairement à beaucoup de nos voisins, nous n’étions pas confrontés à des tensions sur la fourniture d’électricité. Il faut dire que depuis vingt ans il y a une rente nucléaire partagée entre l’Etat et les citoyens, lesquels paient en moyenne l’électricité 30 % moins cher par rapport aux autres Européens ». Comme le rappelle une source proche du dossier qui souhaite rester anonyme, « l’automobile, la défense et le nucléaire sont les trois dernières filières industrielles françaises ; cette dernière est la seule où l’Etat est partie prenante, en tant qu’actionnaire majoritaire ».

La pérennité du nucléaire s’explique aussi par une certaine inertie politique. C’est la « dépendance au sentier » : les choix technologiques initiaux d’une nation sont rarement remis en question par crainte de perdre l’amortissement et les rendements croissants des investissements de départ. Or, comme l’expliquent Daniel Kübler et Jacques de Maillard, professeurs de science politique, « une technologie ayant un avantage de départ peut être adoptée durablement par les acteurs économiques, alors que sur le long terme elle a des effets nettement moins efficients que des technologies concurrentes (5) ».
Le coût global du nucléaire reste encore obscur, alors que plane le risque d’un accident majeur dont les conséquences seraient à la charge des contribuables. Mais la principale inconnue concerne le stockage des déchets et le démantèlement des installations. En France, la Cour des comptes estimait en 2003 que le montant minimum de la déconstruction des cinquante-huit réacteurs nucléaires serait de 39 milliards d’euros. De son côté, le Royaume-Uni prévoit, pour démanteler ses quinze réacteurs, de mobiliser... 103 milliards d’euros.

La gestion de ces coûts, qui en France incombe à EDF, inquiète la Cour des comptes. L’entreprise publique, qui a provisionné 16 milliards d’euros en vue du démantèlement, en aurait perdu 2,2 en raison de placements boursiers risqués. Mais, pour EDF, tout problème a une solution : « La chute des marchés financiers en 2008 a impacté négativement la valeur de ces actifs, et, compte tenu de cette baisse et de la forte volatilité des marchés, il a été décidé en septembre 2008 de suspendre les allocations aux portefeuilles d’actifs dédiés jusqu’à ce que les conditions des marchés soient stabilisées (6). » Moins d’argent provisionné, moins de pertes ! De plus, EDF a utilisé une partie des provisionnements pour se développer à l’étranger, notamment en achetant des concurrents. En théorie, de tels investissements devraient dégager des bénéfices suffisants pour faire face aux démantèlements de centrales. Le 17 mai, soucieux de la situation, le premier ministre François Fillon a adressé à M. Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, une lettre de mission relative aux « coûts de la filière nucléaire, y compris ceux relatifs au démantèlement des installations et à l’assurance des sites ». Car EDF est une entreprise très endettée dont les choix stratégiques parfois désastreux pèsent sur le contribuable ou l’usager.

EDF estime le coût complet du nucléaire français, de la construction au démantèlement, à 46 euros par mégawattheure (MWh). C’est 48 % de plus que le prix de revient de base de l’électricité nucléaire (30,90 euros/MWh) tel qu’il a été évalué par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Et le coût de l’électricité produite par le réacteur de nouvelle génération EPR devrait s’élever à plus de 80 euros/MWh (7). De quoi nuancer fortement les propos de M. Sarkozy, pour qui cette technologie s’avérerait la moins chère. Ce ne serait d’ailleurs pas sa première approximation en la matière : lors d’un débat télévisé tenu entre les deux tours de l’élection présidentielle, en 2007, face à Mme Ségolène Royal, le futur chef de l’Etat n’avait pas brillé par sa connaissance du secteur. Les adversaires s’étaient transformés en duettistes aux partitions statistiques erronées.

Des centrales, sinon le choc des civilisations 

 

Mais, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le nucléaire ne peut être compétitif que si l’on en attend un rendement annuel faible, de l’ordre de 5 % (8). Avec les ouvertures de capital d’EDF et d’Areva, il est peu probable que les actionnaires ne demandent pas un meilleur rendement. De plus, le vieillissement du parc ne présage rien de bon. EDF a prévu d’investir 20 milliards d’euros afin de prolonger d’au moins dix ans l’activité de ses centrales. Et l’accident de Fukushima risque d’alourdir la facture : la Deutsche Bank estime à 9 milliards d’euros le coût du renforcement de la sécurité des réacteurs français d’ici à 2015.
Plus que du soutien médiatique du président de la République, le secteur de l’énergie a besoin de l’argent de l’Etat pour exister. Et, en la matière, le démantèlement de la filière publique n’est pas fait pour rassurer les usagers. On est loin des principes édictés par le Conseil national de la Résistance lors de la création d’EDF et de GDF. Avant que la Constitution de 1958 ne leur donne naissance, la IVe République avait jeté les fondations des établissements publics à caractère industriel et commercial (Epic) avec une gestion tripartite (Etat, personnel, usagers), dans un contexte d’après-guerre où l’électrification du territoire était considérée comme une mission régalienne. Depuis la loi du 9 août 2004, EDF est devenue une société anonyme. L’entreprise peut désormais ouvrir son capital. Mais vouloir associer réduction des coûts pour augmenter les dividendes des actionnaires et haut niveau de sécurité conduit à une aporie. Selon M. Thierry Le Pesant, ancien membre du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), « une des premières leçons que l’on peut tirer de la catastrophe de Fukushima est que la dérégulation du secteur de l’énergie n’est pas sans effets sur la sécurité de l’exploitation du nucléaire civil pour la production d’électricité : course à la productivité, sous-investissement chronique, manque d’équipements, perte de compétences, pressions croissantes, recours aux sous-traitants et aux sous-traitants des sous-traitants ».

Pour M. François Soult, un haut fonctionnaire, « l’ouverture du capital implique de rémunérer des actionnaires privés et donc d’améliorer les résultats de l’entreprise. Pour cela, il faut augmenter le chiffre d’affaires, et donc les tarifs ». Et M. Daniel Paul, député communiste de Seine-Maritime, d’ajouter : « L’Europe a voulu faire sauter le monopole des opérateurs historiques. Lorsque EDF-GDF a été démantelé, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’industrie, avait fait une promesse de Gascon en annonçant qu’il ne privatiserait pas GDF (9). Maintenant qu’Areva a subi une ouverture de capital, l’entreprise va-t-elle être privatisée elle aussi ? La dérégulation du marché de l’électricité, c’est du perdant-perdant pour l’usager devenu client. Pour l’instant, le consommateur est sauvé par la régulation du tarif de l’électricité assurée par la CRE, mais seulement jusqu’en 2015. »

L’application des décrets européens a abouti à une proposition très discutée à l’Assemblée : le projet de loi Nouvelle organisation du marché de l’énergie (NOME). Il vise à forcer le passage du secteur privé vers le contrôle de la distribution de l’électricité, en réduisant la part des prix réglementés. Parmi les conséquences attendues : une forte hausse des prix fixés par l’Etat, qui les rapprochera de ceux du marché et permettra à GDF-Suez, Poweo ou encore Direct Energie de gagner des parts dans la fourniture d’électricité aux particuliers et aux entreprises (10). « La loi Nome rend possible la dérégulation du prix de l’électricité via l’obligation faite à EDF de mettre à la disposition de ses concurrents 25 % de sa production nucléaire ; le gouvernement ne peut s’y opposer, explique M. Paul. Une fois, un commissaire européen m’a pris à partie en ces termes : “Soit vous acceptez la loi Nome et l’ouverture du marché de l’électricité, soit on vous impose une privatisation d’une partie du parc nucléaire français.” »
De fait, en dépit de l’ouverture totale de son marché intérieur en 2006, sur l’injonction de Bruxelles, la concurrence reste très marginale en France, puisque 95 % des consommateurs sont restés fidèles aux tarifs réglementés (11). Aussi, la Commission européenne estime manquer d’informations pour valider le tarif de gros fixé par l’Etat pour la revente de l’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents. La CRE préconisait une fourchette de 36 à 39 euros le MWh (12), « clairement en dessous » du prix finalement retenu par le gouvernement français — 40 euros au 1er juillet 2011, puis 42 euros à partir du 1er janvier 2012.
Dans ces conditions, pas question pour la Commission d’abandonner les procédures pour aide d’Etat et pour infraction à la législation européenne lancées contre la France. De plus, le secteur du nucléaire est gourmand en capitaux, et le changement de statut d’EDF annule la garantie de l’Etat sur sa dette, considérée par les services européens de la concurrence comme une aide illégale.

De même, Areva a un fort besoin de liquidités car ses activités nécessitent des apports capitalistiques très importants. Le groupe est présent dans tous les secteurs du nucléaire, adoptant une « stratégie Nespresso » (vendre la machine bon marché et dégager sa marge avec les capsules), selon le mot de l’ancienne dirigeante emblématique et fondatrice d’Areva, Mme Anne Lauvergeon. 80 % des revenus sont issus des activités d’extraction dans les mines d’uranium et de la fabrication du combustible, qui nécessite des investissements lourds (5 à 7 milliards d’euros par an). Le traitement et le recyclage des déchets sont des activités rentables, mais sans croissance. Reste la fabrication et l’entretien des réacteurs. Là, les retards sur les chantiers s’accumulent et les devis explosent. Le cas du chantier de l’EPR à Olkiluoto en Finlande est représentatif : il coûtera deux fois plus cher que prévu (6 milliards d’euros) pour une mise en service annoncée en 2013 au lieu de 2009. Si bien qu’en juin 2010 le groupe, pourtant public, lesté d’une dette de 6 milliards d’euros, a vu sa note abaissée de deux crans à BBB+ par Standard & Poor’s. L’occasion pour l’Etat de ressortir des cartons un vieux projet : la recapitalisation d’Areva. Celle-ci a eu lieu le 10 décembre 2010, mais pas au niveau escompté (seuls 965 millions d’euros ont été levés, contre 2 à 2,5 milliards d’euros attendus).
Au final, seul le fonds souverain du Koweït (Kuwait Investment Authority, KIA) a investi à hauteur de 4,82 % (600 millions d’euros). Faute d’autres propositions, l’Etat a dû monter au capital pour grossir l’enveloppe. De plus, les Koweïtiens ont posé une condition : la conversion des certificats d’investissement — sortes d’actions sans droit de vote mis en place à l’époque du « ni privatisation ni nationalisation » par François Mitterrand en 1988 — en actions boursières. Une garantie pour KIA, qui peut ainsi céder sa participation sans trop de difficultés s’il le souhaite. Et l’eurodéputé socialiste Vincent Peillon de s’alarmer : « N’importe qui peut acheter ! Des groupes privés deviennent actionnaires de l’opérateur français chargé de construire les centrales et d’en assurer la maintenance (13). »

La manœuvre n’ayant pas permis de renforcer assez solidement la structure financière d’Areva, l’Elysée a proposé qu’EDF entre au capital. Pourtant, d’après une source proche du dossier, « le destin ne commande pas qu’EDF soit un actionnaire de référence d’Areva à long terme : si les clients [EDF ne représente que 25 % du chiffre d’affaires d’Areva] deviennent actionnaires de leurs fournisseurs, c’est un capitalisme transformé ». Dans cette filière où les contrats se chiffrent en milliards d’euros, la bataille entre tous les acteurs est acharnée.

En 2003, Alstom est dirigé par M. Patrick Kron, un proche de M. Sarkozy. Le groupe, qui connaît une grave crise financière (14), tente de fusionner avec Areva. Trois ans plus tard, c’est au tour de M. Martin Bouygues, l’un des meilleurs amis du chef de l’Etat et premier actionnaire d’Alstom, dont l’entreprise fournit le béton des centrales. « Quand Nicolas Sarkozy est arrivé à l’Elysée, dit un de ses proches, il avait en tête un rapprochement entre Areva et Bouygues, actionnaire d’Alstom. Ça a beaucoup pollué le dossier (15). » Certains ont eu l’impression d’assister à une offre publique d’achat (OPA) du clan du Fouquet’s (16) sur l’atome. Car un autre personnage était invité au soir de l’élection de M. Sarkozy : M. Henri Proglio. Dès son arrivée à la tête d’EDF en novembre 2009, l’ancien président-directeur général de Veolia a une cible : Mme Lauvergeon. Il l’emportera, le 16 juin 2011, quand le chef de l’Etat choisira de ne pas reconduire celle-ci à la tête d’Areva — il lui préférera M. Luc Oursel. Derrière ce duel, « c’est un changement de management nucléaire en France, analyse M. Yves Cochet, député de Paris (Europe Ecologie – Les Verts). Ce sont les commerçants, les gestionnaires comme M. Proglio qui prennent la présidence des grandes entreprises, plutôt que des ingénieurs comme Mme Lauvergeon. »

Ces rivalités ont eu des conséquences directes sur les performances françaises sur les marchés étrangers. Leur point d’orgue ? La perte du marché de la construction de quatre EPR à Abou Dhabi au profit du groupe coréen Kepco. Un drame qui permet à l’Elysée d’arguer que la dirigeante historique d’Areva, Mme Lauvergeon — ancienne « sherpa » de François Mitterrand, un temps pressentie pour entrer au gouvernement en 2007, et dont le refus avait envenimé ses relations avec l’Elysée —, n’a pas su convaincre.
M. Sarkozy a décidé de remettre de l’ordre dans la filière. Il a tout d’abord créé en 2008 le Conseil de politique nucléaire (CPN), qui a décidé le 27 juillet 2010 de mettre en place un partenariat stratégique entre EDF et Areva. De plus, sur recommandation du rapport Roussely, l’Elysée a tranché : le chef de file de l’équipe de France du nucléaire sera EDF. Une décision qui fait grincer des dents le directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières, M. Jean-Marie Chevalier : « Qu’EDF soit le chef de file dans certains cas, pas de problème, mais pas de façon générale. Vous imaginez un peu la position d’E.ON (17) qui voudrait construire un EPR au Royaume-Uni, il faudrait qu’il passe par EDF ? ça n’a pas de sens. C’est comme si British Airways passait par Air France pour commander des Airbus. »
L’Etat a fait payer à la direction d’Areva l’inadaptation de son modèle. Car la vente de grands équipements nucléaires est un enjeu capital pour maintenir l’avance technologique française et réduire le déficit de la balance commerciale.

Le 6 février 2009, lors de sa visite sur le chantier de l’EPR à Flamanville, M. Sarkozy déclarait ainsi qu’« il y a le monde à conquérir en matière d’énergie, et la France, qui n’a pas de pétrole et qui n’a pas de gaz, doit devenir exportatrice ». Sa volonté est avant tout de défendre une industrie de « grands champions ». Il s’applique assidûment à promouvoir l’industrie nucléaire civile française à chacun de ses déplacements. « Les chefs d’Etat ont toujours été des transporteurs d’intérêts privés, mais à ce niveau-là et sur une technologie aussi périlleuse, c’est absolument inédit », estime Mme Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord (Europe Ecologie – Les Verts) siégeant à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Avant d’ajouter : « Le summum étant l’offre nucléaire faite en 2007 à Kadhafi, que [le président français] cherche maintenant à minorer. » Pour le président de la République, le nucléaire civil est un outil géostratégique au Maghreb et au Proche-Orient. Le 29 avril 2008, à la tribune du Forum économique tuniso-français, à Tunis, sa démonstration était simple. Si on prive les pays en développement de la technologie du nucléaire civil, assenait-il, « on construit le choc des civilisations ».
Tristan Coloma
Journaliste.
(1) Lire Denis Delbecq, « Comment Fukushima rebat les cartes du nucléaire », Le Monde diplomatique, juillet 2011.
(2) Le 11 avril 2011, pendant l’émission « Mots croisés » sur France 2.
(3) Le Monde, 25 mars 2011.
(4) Sauf mention contraire, les citations proviennent d’entretiens avec l’auteur.
(5) Daniel Kübler et Jacques de Maillard, Analyser les politiques publiques, Presses universitaires de Grenoble, 2009.
(6) Extrait du prospectus relatif au placement privé d’obligations à long terme auprès d’investisseurs institutionnels, EDF, janvier 2009.
(7) « Annual nuclear energy outlook 2011 », US Energy Information Administration, Washington, DC, décembre 2010.
(8) « Projection des coûts de production de l’électricité : édition 2010 », Agence internationale de l’énergie – Organisation de coopération et de développement économiques, mars 2010.
(9) Le 6 avril 2004, devant l’Assemblée nationale.
(11) Au 31 mars 2011, d’après l’« Observatoire des marchés », une publication de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), 1er trimestre 2011.
(12) Selon les prévisions de la CRE, les tarifs réglementés devraient bondir de 7,1 % à 11,4 % dès cette année et continuer d’augmenter de 3,1 % à 3,5 % par an de 2011 et à 2015.
(13) « Mots croisés », France 2, 11 avril 2011.
(14) Surmontée grâce à l’intervention transitoire de l’Etat en 2004, remplacé par Bouygues comme actionnaire de référence.
(15) Le Point, Paris, 6 janvier 2011.
(16) D’après le nom du restaurant parisien où M. Sarkozy a célébré sa victoire à la présidentielle, en 2007.
(17) Exploitant d’électricité allemand.

10 octobre 2011

Areva cible d’une attaque informatique de « grande ampleur »

Par La rédaction, Publié le vendredi 30 septembre 2011
pour http://www.zdnet.fr

 Le spécialiste français du nucléaire a été la cible d’un piratage informatique. Mais Areva assure que seul un réseau non critique a été touché et qu’aucune information sensible n’a donc été dérobée.
 
L’information est révélée par L’Expansion. Le géant français du nucléaire a été victime d’un piratage informatique. L’intrusion a été découverte 10 jours plus tôt. Les salariés ont été informés d'une "maintenance exceptionnelle" le 16 septembre. Toutefois, la compromission du système d’information pourrait être plus ancienne.

« Notre réseau a effectivement été attaqué. Et nous avons, durant ces trois jours, renforcé nos mesures de sécurité » confirme à L’Expansion  un porte-parole d’Areva.

Les industries sensibles, cibles désignées ?

Toujours selon le site, les préjudices pourraient être de nature « stratégique », c’est-à-dire concerner des données critiques comme des secrets industriels. L’information est toutefois démentie (AFP) par Areva qui assure que le réseau attaqué n’offrait un accès qu’à des « informations non critiques ».
Comme pour Bercy plus tôt en 2011, Areva a fait appel à l’Anssi, l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information créée en 2009.

Les attaques contre les industries et administrations sensibles ne sont pas un phénomène nouveau. En 2007, plusieurs Etats, dont l’Allemagne, ont été la cible de piratages informatiques.
En 2011, ce sont des entreprises du secteur de la défense qui ont été visées : Mitsubishi Heavy Industries au Japon et Lockheed Martin pour les Etats-Unis.

13 octobre 2010

Sahel: Comment l'Occident finance Al Qaida au Maghreb Islamique

30 août 2009

Santé et environnement en Afrique : Areva et ONG complices ?

Areva, l’association Sherpa, regroupement de juristes souhaitant « responsabiliser les acteurs économiques en vue de prévenir et réparer les dommages sociaux et environnementaux induits par leur activité » (1) et Médecins du Monde ont annoncé qu’ils s’étaient associés pour la mise en place d’un observatoire de santé autour des sites miniers de l’entreprise au Niger et au Gabon (2). Cette association fait un peu désordre. Alors que les ONG ne cessent de critiquer la multinationale pour sa gestion douteuse des problèmes environnementaux et sanitaires liés à l’extraction du minerai radioactif (2), Areva se rapproche d’elles afin d’établir cet observatoire. Cette décision est le premier aboutissement notable d’une collaboration entamée dès 2007 (3).

Voeux louables ?
Areva déclarait qu’« en instituant un système de veille sanitaire à l’échelle mondiale et en s’appuyant sur un dispositif de réparation d’éventuels préjudices subis par les collaborateurs étrangers et français sur les sites miniers d’AREVA, cet accord marque une étape importante dans le nécessaire dialogue entre un opérateur minier responsable et la société civile. » (2) L’observatoire est constitué à parité de membres des ONG et d’Areva, incluant scientifiques, médecins, etc. Ce n’est peut-être qu’un début, mais comme on le sait, en France, où nous disposons d’un système de veille puissant (InVS), il est quasiment inutile s’il n’y a pas derrière des instances de régulations et de choix politiques. Or, comme le rappel Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger (4), cet accord semble bien maigre et peu opérationnel compte tenu de l’impact des exploitations minières d’uranium, non seulement sur la santé des « collaborateurs étrangers et français », mais aussi sur la qualité des ressources des régions environnantes telles que, l’eau qui devrait être un point central puisqu’il touche les populations voisines. Or, cet accord permettrait d’indemniser seulement les travailleurs, s’ils en ont fait la demande et s’ils peuvent établir un lien de cause à effet entre maladies et cette activité (2)(4). Ainsi, mettre en place un système de veille de l’évolution de l’état de santé, indemniser et « faire des propositions pour l’amélioration de l’hygiène et de la sécurité sanitaires des sites miniers » semblent sans doute insuffisant aux vues des enjeux environnementaux et sociaux qui semblent eux bien plus larges que ce périmètre.

Juges et partis ?
L’association ONG / Industriel au sein d’un observatoire peut paraître plutôt séduisant sur le papier, mais l’expérience de l’amiante en France tend à montrer que des commissions à la fois juges et partis (5) - vrais pour l’industriel et les ONG - pouvaient être stériles, conduisant généralement à des non-décisions ainsi qu’à des connivences. D’autant qu’il se pose la question du financement même de cet observatoire, supposons à majorité Areva, le problème d’indépendance de cette organisation est clairement posé !


Une fructueuse opération ?
Supportant une image désastreuse, elle n’hésite pas à redorer son blason à coup de publicités hygiéniques, s’appropriant une image durable peu compatible avec la nature même de son coeur de métier. Surtout, si l’on considère cette activité d’extraction, probablement plus dangereuse que l’exploitation d’une centrale, moins encadrée et localisée dans des pays moins restrictifs. A quelques pas du creusement d’une mine à Imouraren au Niger, d’après le collectif ce modeste observatoire pourrait aider Areva à obtenir des financements de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Son prix est réduit comparé à l’aide potentiellement consentie (4). Areva ferait alors une excellente opération.

Le plus surprenant est finalement l’accord avec deux associations qui condamnent la firme depuis plusieurs années. Certes, cet observatoire est un premier pas. Toutefois, il est semble très timide, et oublie assez volontairement la question socio-environnementale, ce qui risque d’en voiler un volet très important (nécessaire ?). La CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) pointe d’ailleurs l’ambiguïté : « Si Areva ne propose pas certaines garanties (inclusion de toutes les personnes concernées, prise en compte de toutes les pathologies incriminées, dispositifs d’indemnisation adaptés…) et ne prend pas en parallèle des dispositions pour réduire l’impact sanitaire et environnemental de ses activités, la mise en place de ces observatoires ne constituera pas un progrès réel » (6). William Bourdon de SHERPA s’en défend, l’environnement n’est pas son créneau principal : « Aux ONG environnementales de continuer leur travail d’alerte » dit-il (6). Selon lui, il faut bien répondre « aux besoins des victimes en apportant une solution concrète et pragmatique ». Si le lien entre environnement et pathologies semble pourtant établi, il semblerait que ces deux domaines pourtant imbriqués ne le soient pas encore au Niger. Avec un tel observatoire, les associations, bien qu’indépendantes et collaborant activement, auront sans doute un pouvoir restreint au sein de cet observatoire. Areva, financeur et dernier rempart aux indemnisations des victimes de son activité minière, prendra les décisions d’actions.

sources :
(1) Sherpa
(2) Sherpa
(3) Sherpa
(4) Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger
(5) Wapedia
(6) Novethic

(7) Médecins du Monde (2007)
Dessin : Nucléaire Non Merci

mardi 7 juillet 2009 ; Frantisek Kupka

permalink

Libellés

Politique (381) social (341) actualité (279) corporation (265) loi (227) Corruption (208) geopolitique (201) Documentaire (155) documentary (143) Propaganda (129) Etats (128) Guerre (126) France (124) Internet (98) Reflexion (95) Pollution (94) crise (94) USA (93) Economie (89) Europe (85) Nouvelles Technologies (82) Santé (75) Arté (59) Argent (57) Etats-Unis (53) environnement (53) reportage (53) administration US (52) Nucléaire (51) Armement (48) Surveillance (46) Nucleaire (45) Chine (44) Armées (43) Mort (42) histoire (42) Japon (40) Japan (36) Police (34) le dessous des cartes (34) rapport (33) Banque (30) Petrole (30) censure (30) Energie (29) Agriculture (27) Eau (27) Afrique (25) Conflits (24) Fukushima (24) LOBBYS (24) Russie (22) gouvernements (22) Medias (21) Sécurité (21) Frontières (20) International (20) Agro Alimentaire (19) Catastrophe (19) Revolution (19) Armes (18) Pauvreté (18) Repression (18) geographie (18) China (17) OTAN (17) Libye (16) cybersécurité (16) gouvernance (16) Army (15) Carte (15) cyberspace (15) ARTE Reportage (14) Allemagne (14) Facebook (14) Inde (14) Moyen Orient (14) Cyber-activisme (13) FMI (13) Google (13) Royaume-Uni (13) cyberespionnage (13) sciences (13) Mali (12) Manipulations (12) commerce (12) enfant (12) philosophie (12) Israël (11) Violence (11) Web 2.0 (11) capitalisme (11) Afghanistan (10) CIA (10) Immigration (10) Journaliste (10) Livres (10) Syrie (10) finance (10) religion (10) traité (10) Bresil (9) Dictature (9) Drones (9) Pakistan (9) Radioactif (9) US (9) Vietnam (9) business (9) desinformation (9) election (9) militaires (9) secret (9) travail (9) 2011 (8) Climat (8) Droit de l'Homme (8) Démocratie (8) Gaz (8) Informations (8) Irak (8) Mexique (8) Reflextion (8) Somalie (8) conspiration (8) exploitation (8) mondialisation (8) terrorisme (8) Bolivie (7) Canada (7) Democratie (7) Discrimination (7) Filtrage (7) Presse (7) controle (7) crimes (7) manifestations (7) multinationales (7) trafic (7) 2012 (6) ACTA (6) Areva (6) Asie (6) Crise sociale (6) Droit (6) Gaza (6) Grande Bretagne (6) Haïti (6) Italie (6) Madagascar (6) Netizen Report (6) Nigeria (6) O.N.U (6) Oligarchie (6) RDC (6) Société (6) UE (6) changement climatique (6) danger (6) justice (6) mines (6) ocean (6) pirates (6) projet (6) Africa (5) Algerie (5) Arabie Saoudite (5) Bahreïn (5) Brésil (5) Chimique (5) Chomsky (5) Colonisation (5) Congo (5) Crise politique (5) Debat (5) Egypte (5) Indigènes (5) Inégalités (5) Liberté (5) Loppsi (5) NSA (5) ONG (5) Palestine (5) Pharmaceutique (5) Tunisie (5) Union Européene (5) Veolia (5) agrocarburants (5) big brother (5) contamination (5) ecologie (5) emploi (5) esclavage (5) hadopi (5) informatique (5) interview (5) menace (5) prison (5) AIEA (4) Accident (4) Agent (4) Bombes (4) Chili (4) Colombie (4) Contaminés (4) Grèce (4) Honduras (4) Iran (4) Microsoft (4) Migration (4) OMC (4) Occident (4) Perou (4) Racisme (4) Tchernobyl (4) Venezuela (4) Webdocumentaire (4) Wikileaks (4) brevet (4) dette (4) fichage (4) frontex (4) industrie (4) maladie (4) nanotechnologies (4) plastic (4) plastique (4) privatisation (4) privée (4) public (4) réfugiés (4) 2013 (3) Apple (3) Australie (3) Azerbaïdjan (3) Bangkok (3) Banque mondiale (3) Banques (3) Bosnie (3) Corée (3) Dechets (3) Espagne (3) Faim (3) Islande (3) Kazakhstan (3) Kenya (3) Liban (3) Maroc (3) Monde (3) NATO (3) Nature (3) Niger (3) OGM (3) OMS (3) Politics (3) Proche-Orient (3) Riz (3) Roms (3) Sahel (3) Sarkozy (3) Totalitaire (3) Turquie (3) Twitter (3) Ukraine (3) Uranium (3) Urbanisation (3) accords (3) art (3) cancers (3) charbon (3) culture (3) cyber-censure (3) drogue (3) ethnie (3) extreme droite (3) futur (3) gouvernement (3) minerais (3) piraterie (3) ressources (3) réseau (3) sondage (3) stratégie (3) télévision (3) écologie (3) 2014 (2) 2030 (2) Abus (2) Affaire (2) Africom (2) Afrique du Sud (2) Agent Orange (2) Amerique du Sud (2) Arabes (2) Argentine (2) Arménie (2) Articque (2) Atlas (2) Attentat (2) Australia (2) Balkans (2) Bangladesh (2) Belgique (2) Bio Carburants (2) Bioethique (2) Birmanie (2) Biélorussie (2) CRIIRAD (2) Cambodge (2) Cancer (2) Caucase (2) Centrafrique (2) Cloud (2) Coltan (2) Correa (2) Corée du nord (2) Coup d’Etat (2) Crise financière (2) Côte d'Ivoire (2) DARPA (2) Defense (2) Drone (2) Défense (2) EDF (2) EFSA (2) Emirats (2) Equateur (2) Espace (2) G8 (2) Gaz de Schiste (2) Gazoduc (2) Genocide (2) Germany (2) Ghana (2) Goldman Sachs (2) Guatemala (2) Géorgie (2) IKEA (2) India (2) Indiens (2) Irlande (2) Kirghizistan (2) Kosovo (2) Les infos dont on parle peu (2) Liberté d'expression (2) Mafia (2) Maghreb (2) Mosanto (2) Médias (2) Nation (2) Nouvel Ordre Mondial (2) Obama (2) Oppression (2) Paragay (2) Parlement (2) Patriot Act (2) Petropolis (2) Quatar (2) RFID (2) Retraites (2) Royaume Uni (2) Rwanda (2) Révolte (2) Sahara (2) Science (2) Serbie (2) Sexe (2) Space (2) Swift (2) Taiwan (2) Taïwan (2) Tepco (2) Thailande (2) U.R.S.S (2) Video (2) Viol (2) WTO (2) Yemen (2) aide alimentaire (2) aluminium (2) animaux (2) bilan (2) biotechnologie (2) chimie (2) civil (2) coup d’État (2) debt (2) dessous des cartes (2) developpement (2) diaspora (2) diplomatie (2) débat (2) délation (2) education (2) ex-Yougoslavie (2) famine (2) fonds d'investissement (2) graphisme (2) hack (2) humain (2) loi Internet et Création loi Hadopi (2) medecine (2) metal (2) misère (2) mondial (2) mur (2) news (2) paradis fiscaux (2) pesticides (2) piratage (2) poison (2) populisme (2) previsions (2) prostitution (2) président (2) sensure (2) telephonie (2) terre rare (2) territoire (2) textile (2) transport (2) villes (2) war (2) 11/9 (1) 1918 (1) 1945 (1) 2 (1) 2009 (1) 2010 (1) 23andMe (1) 9/11 (1) A TelecomTV Campaign (1) AFP (1) ALENA (1) APT (1) ASN (1) Abidjan (1) Agences de notation (1) Alimentarius (1) Almentaire (1) Amazonie (1) Amérindiens (1) Angola (1) Anonymous (1) ArmeFrance (1) Asile (1) Autodialogue à propos de New Babylon (1) Awards (1) B.R.I.C (1) BASM Conférence de Dublin Le texte du futur Traité adopté (1) BCE (1) Babylon District (1) Bayer (1) Berlin 1885 la ruée sur l'Afrique (1) Berlusconi (1) Bhoutan (1) Bilderberg 2008 (1) Bill Gates Rockefeller Svalbard (1) Black Hat (1) Blackwater (1) Botnet (1) Brazil (1) Burkina Faso (1) CEA (1) CETA (1) CFR (1) CNT (1) COMMENT) SUPREMATIE DE L'INFORMATION (1) CONSPIRATION - LE BRESIL DE LULA (1) CONTROLE TOTAL (1) CPI (1) CRU (1) CUG (1) Cachemire (1) Camera City (1) Child miners (1) Chypre (1) Cisjordanie (1) Citoyenneté (1) City (1) Clearstream (1) Club de Paris (1) Cnil (1) Codex (1) Collapse (1) Colombia (1) Combattre les mines et les BASM (1) Commission (1) Contrôle maximum sur tout le spectre électromagnétique (1) Corruption des syndicats l’enquête qui dérange (1) Costa Rica (1) Criminalité (1) Crise à la Banque mondiale et au FMI (1) Cuba (1) Côte d’Ivoire (1) C’est quoi une bonne nouvelle (1) Dadaab (1) Darfour (1) Davos (1) De l’explosion urbaine au bidonville global (1) Destabilisation (1) Documentaire : No es un Joc ( Ce n'est pas un Jeu ) (1) Doha (1) Dubaï (1) Déchets (1) EADS (1) ELENA (1) Ecole (1) Ecoterrorisme (1) Ecuador - The Rumble in the Jungle (1) Eglise (1) Embargo (1) End (1) Enquête en forêt tropicale (1) Erreurs statistiques de la Banque mondiale en Chine : 200 millions de pauvres en plus (1) Eurosatory (1) Exposé sur le nouveau mode actuel de répression politique en France (1) F.M.I Finances Mondiale Immorale (1) FAO (1) FARC (1) FEMA (1) FSC (1) Finlande (1) Foret (1) Forum social mondial FSM Belém (1) Foxconn (1) Franc Maçon (1) France-Afrique (1) Fujitsu (1) G20 (1) Gabon (1) Game (1) Gasland (1) Gazprom (1) Golfe Du Mexique (1) Google Cisco HP Ericsson et Verizon (1) Greenpeace (1) Gréce (1) Guantánamo (1) Guaraní (1) Guerre d’Algérie 1954-1962 (1) Guinée (1) Génocide (1) Génome (1) Géographies des alimentations (1) Géoingénierie (1) H1N1 (1) H2Oil (1) HAARP (1) HP (1) Hackers ni dieu ni maître (1) High-Tech (1) Hiroshima (1) Hollande (1) Hotel Sahara (1) I Am The Media (1) IBM (1) IMF (1) INTERNET (QUI (1) IPRED (1) Iceland (1) Icesave (1) Imiter (1) Indonesia (1) Indonesie (1) Insertion (1) Island (1) Italia (1) J.O (1) Jean Ziegler (1) Jesus Camp (1) KYSEA (1) Karachi (1) Kurdistan (1) L'Or bleu (1) LE HOLD-UP DU SIÈCLE (1) La Commission européenne lance un programme de propagande radio (1) La Démocratie en France 2008 (1) La Fin du Pétrole (1) La Paz (1) La Stratégie du choc (1) La Trahison des médias le dessous des cartes (1) La fin de la propriété de soi (1) La guerre de l'information utilise des opérations psychologiques agressives (1) La guerre invisible (1) La guerre pétrolière oubliée du Soudan (1) La menace iranienne (1) La quatrième révolution (1) Lakmi et Boomy (1) Laos (1) Le Secret des Sept Soeurs (1) Le club des incorruptibles (1) Le grand Monopoly du gaz (1) Le grand marché des cobayes humains (1) Le nuage (1) Le temps des mensonges (1) Le ventre de Tokyo (1) Les Armées Privées dans la Cible (1) Les Occidentaux dénient que la Géorgie a procédé à un génocide (1) Les enfants des rues de Mumbai (1) Les insurgés de la terre (1) Les nouveaux chiens de gardes (1) Les secrets de la forteresse Europe (1) Leviev (1) Littérature (1) Livre (1) Londres (1) MSF (1) Malaisie (1) Malediction (1) Manille (1) Mauritanie (1) Mayotte (1) Medcament (1) Mexico (1) Minorité nationale (1) Mogadiscio (1) Money (1) Mongolie (1) Monsanto (1) Moving forward (1) Mozambique (1) Mururoa (1) Music (1) Musique (1) Médias citoyens (1) NED (1) Nazis (1) Nazisme (1) Neo Conservateurs (1) Nepal (1) Nes (1) Nestlé (1) Nicaragua (1) Nigéria (1) Noam (1) Norvège (1) Notre poison quotidien (1) Nouvelle Zelande (1) Nuage Mortel (1) O.G.M ?? Vous avez dit O.G.M : Organisation Générale du Mensonge (1) O.M.S (1) OFCE (1) Oil (1) Oman (1) Orange (1) Ormuz (1) Ouganda (1) Ouïgours (1) P2 (1) PIPA (1) PRISM (1) Pacifique (1) Papouasie (1) Paraguay (1) Pays Bas (1) Paysans (1) Pentagone (1) Pentagone: Nous devons combattre le Net (1) Perhttp://www.blogger.com/img/blank.gifte (1) Perte (1) Philippines (1) Phtographe (1) Planète à vendre (1) Pologne (1) Polynésie (1) Portugal (1) President (1) Prison Valley (1) Prix agricoles les véritables raisons de l’inflation (1) Prévisions (1) Prêt à jeter (1) Publicité (1) Pêche (1) QUOI (1) Quelle devrait être la politique européenne de l'immigration (1) RATP (1) Rapport Angelides (1) Reflection sur : Le monde de l'image (1) Regis Debray (1) Ruhnama (1) Révolution (1) SOPA (1) STIC (1) Samsung (1) Sans lutte pas de victoire possible (1) Savoir (1) Schiste (1) Scoop (1) Senegal (1) Shanghaï (1) Singapour (1) Skype (1) Sociologie (1) Soudan (1) Sri Lanka Tsunami tourisme banque mondiale (1) Station (1) Stratfor (1) Suisse (1) Sénégal (1) TAFTA (1) TPP (1) TSCG (1) TTIP (1) Tchad (1) The Shock Doctrine (1) Tibet (1) Tienanmen (1) Tokyo Freeters (1) Total (1) Touaregs (1) Turkménistan (1) U.A (1) U.S.A (1) UMP (1) Une livraison de Nouvelles questions féministes (1) Union Africaine (1) Union Européenne (1) United Kingdom (1) Vaccin (1) Vatican (1) Vie Privée (1) Viellesse (1) Viêtnam (1) VoIP (1) Voies de navigations (1) Volcan (1) Vu du ciel (1) Wackenhut (1) Water makes money (1) Windows (1) Yahoo (1) Yakutsk (1) Yaoundé by night (1) Zambie (1) Zeitgeist (1) accord (1) activisme (1) alex (1) anonymat (1) archives (1) article (1) assassinat (1) avocat (1) bactériologique (1) barrage (1) bauxite (1) bildenberg (1) biomimétisme (1) biotech (1) blocus (1) bourse (1) boycott (1) caméra (1) centrale (1) change (1) citizen berlusconi (1) coke (1) congrès (1) contamine (1) crime (1) c’est innover (1) dead (1) discours (1) domination (1) droits de l'homme (1) déchets toxiques (1) démographie (1) département (1) désinformation (1) d’Amnesty (1) e (1) electronique (1) enseignement (1) entreprises (1) estonie (1) etude (1) européen (1) eurosur (1) experience (1) explosifs (1) falsifiabilité et modèle standard de l'évolution stellaire (1) fanatism (1) femmes (1) fiscal (1) fête (1) grève (1) hackers (1) harmaceutique (1) hydrates de méthane (1) iPhone (1) information (1) ingérance (1) inondations (1) irradiés (1) jeu (1) jeux video (1) jones (1) journalisme (1) jugement (1) l'Oreal (1) la tyrannie du cool (1) lithium (1) main basse sur le riz (1) mandat (1) mer (1) methane (1) meu (1) monarchie (1) monnaie (1) obsolescence (1) opinion (1) or (1) parti de droite (1) patriotisme (1) protection des viols de brevets Google Cisco HP Ericsson Verizon (1) psychologie (1) rafale (1) rebellion (1) recherche (1) ressources naturelles (1) réunions secrètes UE OGM (1) sables bitumineux (1) salaires (1) saumon (1) sous-marin (1) speculation (1) structure (1) sureté (1) taxe (1) tourisme (1) toxique (1) transgenic (1) tribunal (1) victimes (1) vidéo (1) virus (1) vote (1) vêtements (1) ÉVASION FISCALE (1) Élections (1) États-Unis (affaires extérieures) (1) Étienne Chouard (1)