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31 août 2012

La lutte contre la production de cocaïne en Bolivie, en Colombie et au Pérou

Par Pablo Andres Rivero · Traduit par Anna Gueye
31 Aout 2012
pour http://fr.globalvoicesonline.org

TraductionsLire cet article en d'autres langues: english , spanish , arab


[Liens en espagnol et en anglais] La coca est une plante de la Cordillère des Andes. Elle est traditionnellement cultivée et consommée par les populations locales depuis des siècles. De nombreux produits dérivés et les feuilles elles-mêmes peuvent être légalement achetées au Pérou et en Bolivie.

Toutefois, les feuilles de coca sont aussi la matière première de la cocaïne. Le Pérou, la Colombie et la Bolivie sont donc les trois plus grands pays producteurs de cocaïne illicite du monde.

D’après le Rapport mondial sur les drogues 2012, on note une baisse globale de la production mondiale de cocaïne entre 2006 et 2010. Cela est en partie dû à la réduction de la culture de la coca en Colombie. Mais le rapport souligne également que durant la même période la culture de la coca et la production de cocaïne ont augmenté en Bolivie et au Pérou.

Destroying coca plants in the lush mountains in Medellin, Colombia. Photo by Viewpress. Copyright Demotix (05/30/2012)
Destruction des plantations de coca dans les montagnes autour de  Medellin, en Colombie. Photo de Viewpress. Droits d'auteur Demotix (30/05/2012)

La production et le trafic de drogue sont des problèmes majeurs en Amérique latine, que les gouvernements ne cessent de traiter. Et lors du dernier Sommet des Amériques [anglais] au mois d’avril beaucoup étaient d'avis que la guerre contre la drogue menée par les Etats-Unis est un échec.

Plan Colombie

Ricardo Vargas, chercheur au TNI [espagnol] et expert de premier plan pour le trafic de drogue en Colombie, déclare que le Plan Colombie - la stratégie anti-drogue financée par les Etats-Unis - a dépensé plus de 8 milliards de dollars américains pour renforcer l'armée et mener des actions militaires contre les groupes rebelles liés au trafic.

Ricardo Vargas a fait valoir, dans une interview, qu'au-delà de la violence :
El gran problema es que la oferta y el tráfico son los grandes temas ausentes en estos debates. Y Colombia es un país básicamente de producción, de procesamiento y de tráfico. Lo que quiere decir que el país aún no ha entrado a analizar a fondo la dimensión más importante que le compete. Con el agravante de que la dimensión de la oferta y el tráfico termina siendo reemplazado por un tema de seguridad.
Le gros problème est que les questions de l'offre et le trafic sont les grands absents de ces débats. La Colombie est essentiellement un pays qui produit, traite et fait de la contrebande, ce qui signifie que le pays n'a toujours pas commencé à analyser en profondeur la dimension la plus importante de sa responsabilité  Avec la dimension supplémentaire que l'offre et le trafic finissent par être remplacés par des préoccupations sécuritaires.
Bolivie : le nouveau bataillon écologique

Le président bolivien Evo Morales déclarait récemment que le trafic de drogue est l'un des défis majeurs et a également annoncé un nouveau “bataillon écologique” : un groupe de travail visant à empêcher la culture illégale de la coca dans les parcs nationaux.
Cependant, le journaliste et blogueur de La Paz  Andres Gomez remarque une importante contradiction [espagnol] dans le discours du président :
la ONU alertó que el 93 por ciento de la hoja de coca del Chapare se va al mercado ilegal (por no decir narcotráfico), e informó que en el país hay más de 30 mil hectáreas.
Recientemente, una investigación del Centro Latinoamericano de Investigación (CELIN) certificó que el país apenas requiere alrededor de 8 mil hectáreas para el consumo tradicional (acullicu y uso medicinal) de la hoja de coca. Según la Ley 1008, que todavía rige, en el país debiera haber apenas 12 mil hectáreas, pero hay más de 30 mil.
el presidente Morales reconoce que el narcotráfico es un problema para el gobierno de Bolivia, pero el presidente de las federaciones cocaleras, que es la misma persona, defiende la producción de sus bases, cuyo destino principal es el mercado ilegal.
L'ONU a prévenu que 93 pour cent des feuilles de coca de la région du Chapare vont au marché illégal (pour ne pas dire de la drogue), et a indiqué que le pays compte plus de 30 milles hectares de plantation.Récemment, une enquête latino-américaine (CELIN)  a conclu que le pays n’a besoin que d’environ 8 milles hectares pour la consommation traditionnelle (« mastication » et utilisation médicinale) de la feuille de coca. Conformément à la loi 1008 encore en vigueur, le pays ne devrait avoir que 12 milles hectares, mais il y en a plus de 30 000.Le président Morales reconnaît que le trafic de drogue est un problème pour le gouvernement bolivien, mais le président de la Fédération des producteurs de coca - il s'agit de la même personne - défend la production de son syndicat (de la coca), dont le principal débouché est le marché illicite.
Pérou : un couloir de contrebande

Depuis 2010, le Pérou est le plus grand producteur de cocaïne pure du monde. L'un des défis majeurs des autorités péruviennes est le nombre croissant de routes qu’emprunte le trafic de cocaïne.
Selon l'analyste Alfredo Palacios Dongo, ancien commandant en chef de l'armée péruvienne et blogueur sur Planteamientos Peru [espagnol] :
Las rutas internacionales de la cocaína desde el Perú, además de hacia el corredor entre Centroamérica y México hasta EE UU, está aumentando sus envíos hacia Brasil, Argentina, Chile y Bolivia. […] Brasil, país con gran demanda de droga –segundo consumidor mundial con 11 millones de consumidores, después de EE UU, con 22,6 millones–, y que además tiene una epidemia de “crack”
Les itinéraires internationaux de la cocaïne en provenance du Pérou, en plus du corridor entre l'Amérique centrale et le Mexique menant aux États-Unis, augmentent leurs expéditions vers le Brésil, l'Argentine, le Chili et la Bolivie […] Le Brésil, un pays ayant une forte demande de drogue – le second, avec 11 millions de consommateurs après les Etats-Unis et leurs 22,6 millions - souffre également d’une épidémie de « crack ».
Communauté andine et initiatives conjointes

La Communauté andine [anglais] met actuellement en oeuvre le Programme de lutte contre les drogues illégales (PRADICAN) [espagnol], un projet financé par l'Europe qui a pour but la standardisation des informations statistiques sur la production, le trafic et la consommation de drogues dans les Andes, ainsi que de coordonner les réponses des Etats membres.

La Communauté andine stipule [espagnol] qu'une approche globale est nécessaire, en ciblant principalement les mesures suivantes :
  • en priorité, bloquer la route empruntée par les trafiquants de drogue,
  • la « phase [du trafic] qui génère le plus de valeur ajoutée dans le prix final de la drogue »,
  • réduire l'accès aux fournitures et précurseurs de drogues,
  • s'attaquer au problème de la drogue comme un problème de santé publique et non pas seulement comme une guerre violente,
  • des actions conjointes pour à la fois couper les sources de financement illégales et se doter de systèmes de surveillance et d'alerte précoce contre les réseaux de trafic de drogue.
Ce billet fait partie de notre dossier central sur les relations internationales et la sécurité 

ISN logoCe billet, ainsi que ses traductions en français, arabe et espagnol ont été commandés par l'International Security Network (ISN) dans le but de faire entendre les points de vue des citoyens sur les questions de relations internationales et de sécurité. Le billet a été d'abord publié sur le blog de l'ISN, d'autres articles sont disponibles ici.

15 avril 2012

LA FABLE DU LITHIUM ET DE LA BOLIVIE


DL : DF , BF , GS , OR

Très riche en ressources naturelles, la Bolivie n’a pas tiré bénéfice de leur exploitation, devenant l’un des pays les plus pauvres de l’Amérique du Sud. Après son arrivée au pouvoir, le président Evo Morales dévoile la présence sur le sol bolivien du plus grand gisement mondial de lithium, métal hautement stratégique. Mythe ou réalité ?



Lectures

La Cordillère des Andes, demeure des dieux - Rituels et prières des Indiens Kallawayas (Bolivie)
Ina Rösing et Pierre Erny Jérôme Do Bentzinger
Les Indiens Kallawayas de Bolivie, implantés dans une région de haute montagne, au cœur de la Cordillère des Andes, sont réputés en Amérique du Sud pour être des guérisseurs ambulants ayant recours aussi bien aux plantes médicinales qu'à des prières et à des rites qui exigent une large manipulation de symboles. Leur art s'inscrit dans une "cosmovision" selon laquelle des êtres invisibles – dieux, esprits bienveillants et malveillants – peu personnifiés sont présents derrière les manifestations de la nature quelles qu'elles soient : montagnes, sources, lacs, roches, foudre. Tout lieu est un lieu saint auquel il faut témoigner attention et respect. Ces entités accordent leurs faveurs et leur protection aux hommes à condition qu'en retour, ceux-ci soient généreux en offrandes selon un principe de réciprocité qui régit toute l'existence. Ina Rösing, née en 1942, a dirigé l'Institut d'anthropologie culturelle à la faculté de médecine d'Ulm, en Allemagne. Elle est aussi fondatrice, à Ulm, de l'Institut für Transkulturelle Forschung. Pierre Erny, né en 1933, est professeur émérite de l'université de Strasbourg, spécialisé en ethnologie de l'éducation et en anthropologie religieuse. Pierre Erny propose ici une présentation d'ensemble de l'œuvre de l'ethnologue allemande, Ina Rösing.
Voyage au Pérou et en Bolivie (1875-1877)
Par Charles Wiener, préfacé par Pascal Riviale Ginkgo
Charles Wiener (1851-1913) occupe une place particulière parmi les explorateurs du XIXe siècle. Né en Autriche et installé avec sa famille à Paris, Charles Wiener s'intéresse très tôt aux civilisations précolombiennes. C'est donc à l'âge de 24 ans qu'il entreprend son premier voyage dans les Andes, prélude à une longue carrière d'explorateur et de diplomate au service de la France. Entre 1875 et 1877, il arpente ainsi le Pérou et la Bolivie à la recherche des civilisations précolombiennes, que l'on ne connaissait que fort peu à l'époque. Voyage au Pérou et en Bolivie, publié en 1880, nous livre de passionnantes informations sur les régions traversées et sur les populations rencontrées. Ce récit associe de manière originale la description savante et l'aventure au sens propre du terme (courses-poursuites à cheval, attaques de bandits de grands chemins, duels au revolver). On y apprend aussi comment, trente-cinq ans avant sa découverte officielle, Wiener tenta de localiser et d'explorer une cité mystérieuse dont il avait entendu parler : Machu Picchu. Aujourd'hui réédité avec la plupart des superbes illustrations d'origine, Voyage au Pérou et en Bolivie est un précieux témoignage sur le monde latino-américain à l'aube de l'ère industrielle. Il est accompagné d'une introduction de Pascal Riviale, docteur en histoire, spécialiste de l'histoire des voyages en Amérique latine et de l'histoire des collections américaines de France.
La Bolivie - Histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif
René Garcia, avec une préface d’Harvey Claflin Mansfield L'Harmattan / Collection : Inter-National
Depuis le début du XXIe siècle, la Bolivie connaît des changements historiques importants. L'élection d'Evo Morales, premier président indien en Amérique latine, et les changements constitutionnels qui ont accompagné ce processus ont redessiné le paysage institutionnel de ce pays. Pour comprendre ces bouleversements, il faut avoir une interprétation globale de l'histoire constitutionnelle de la Bolivie. La question centrale qui se pose au moment de la naissance du constitutionnalisme bolivien est celle – implicite dans la pensée de Simon Bolivar – de la conciliation entre la légitimité démocratique et la nécessaire puissance de l'État. Cet ouvrage revient aux origines théoriques du pouvoir exécutif à partir de l'étude du cas bolivien. Ce livre est l'un des premiers à étudier l'ensemble de l'histoire constitutionnelle de la Bolivie à travers la notion d'ambivalence du pouvoir exécutif. Comme le dit Harvey C. Mansfield dans sa préface : "Le texte qui suit est un modèle d'analyse rigoureuse en science politique". Jean-René Garcia, titulaire d'un doctorat en droit (université Sorbonne Nouvelle Paris 3) est chercheur au Credal/CNRS. Ayant vécu plusieurs années en Amérique latine, il a été chercheur associé à l'université de la Cordillera, à La Paz, en Bolivie, et a publié plusieurs articles sur la Bolivie. Membre du cabinet du ministre de l'Éducation nationale et de la Recherche en 2006-2007, puis membre du cabinet du ministre de l'Intérieur en 2007, il est actuellement conseiller du président de l'Institut des Amériques.
La Bolivie d'Evo - Démocratique, indianiste et socialiste ? Points de vue du Sud
Sous la responsabilité éditoriale du Centre tricontinental Syllepse / Collection Alternatives Sud - Volume 16 - N° 3/2009
Habituellement épinglé comme l'un des pays les plus pauvres de l'hémisphère occidental en dépit de ses importantes richesses naturelles, la Bolivie affiche aujourd'hui l'image d'un État engagé dans une dynamique historique de refondation de ses structures économiques, sociales et institutionnelles. Priorités du gouvernement d'Evo Morales : la récupération de la souveraineté nationale, la redistribution sociale des revenus, la reconnaissance de la diversité culturelle et la revalorisation de la démocratie. Trop conciliant ou pragmatique pour les uns, centralisateur ou inefficace pour d'autres, son nationalisme de gauche, son idéal socialiste aux accents indianistes effraie avant tout l'élite blanche des riches régions orientales de la Bolivie ainsi qu'une certaine communauté internationale. Renégociation des contrats d'exploitation des hydrocarbures avec les multinationales, refonte complète de la Constitution nationale, nouvelles répartitions agraires... la liste des acquis s'allonge. Mais un projet aussi "populaire" peut-il s'inscrire dans la durée ?
Volt ! La voiture électrique sauvera-t-elle le monde ?
Serge Enderlin Le Seuil / Collection : Essais (H.C.)
Les électrons remplaceront-ils l'essence pour alimenter les moteurs de nos voitures ? Présentée comme une solution “verte” idéale pour sauver la planète menacée par le réchauffement climatique, la voiture électrique fait l'objet depuis quelques années d'une sorte de consensus : avec elle, nous ne renoncerons pas à notre mobilité individuelle, nous n'émettrons plus de CO2. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pas si vite ! D'où viendra le courant “propre" pour recharger les batteries ? Qui sont les acteurs de cette mutation ? Quels sont leurs objectifs réels ? Comment s'assurer, en effet, qu'il ne s'agit pas d'une fausse piste, comme l’a été celle des biocarburants ? L'histoire de l'énergie est peuplée de rêves brisés, de percées technologiques illusoires : ne faut-il pas y regarder de plus près ? C’est ce qu’a fait Serge Enderlin, parcourant les lieux où se dessine peut-être cet avenir idéal. De Detroit, capitale sinistrée de l'automobile, à Shenzhen, laboratoire de l'excellence chinoise, en passant par Tel-Aviv et les hauteurs de l'altiplano bolivien où se trouvent de gigantesques réserves de lithium, le métal stratégique de demain, ce carnet de route, précis et alerte, fait aussi la part belle aux portraits de ceux qui y croient ou pas. Serge Enderlin est grand reporter, journaliste indépendant, spécialiste des rapports de forces géopolitiques et énergétiques. Ses reportages sont publiés et diffusés dans plusieurs pays d’Europe. Il est l'auteur d’Un monde de brut, sur les routes de l'or noir, avec Serge Michel et Paolo Woods (Seuil, 2003) et de L'après-pétrole a commencé (Seuil, 2009).

23 juillet 2011

L’environnement sacrifié du Bassin de Maracaibo (1/2)

Par Federico Labanti et Nieves López Izquierdo
Pour http://blog.mondediplo.net

Les efforts pour assurer la répartition égalitaire des ressources promue par le président Hugo Chávez à travers la « révolution bolivarienne », bien qu’ayant atteint d’importants objectifs dans les secteurs sanitaire et éducatif, ont relégué à l’arrière-plan les graves conséquences du développement économique sur l’environnement. Les populations de la région doivent faire face à des niveaux de pollution très préoccupants et à des dommages à la biodiversité susceptibles de remettre en cause la survie des communautés rurales et des pêcheurs.
Dans l’état de Zulia, à l’extrême ouest du Venezuela, s’étend le bassin hydrographique du lac de Maracaibo, un système géographique et naturel unique au monde. Ses richesses (eau, minéraux, hydrocarbures, terre très fertile) et sa position stratégique en ont fait le moteur économique du pays dès le début du XXe siècle. Historiquement ce sont les compagnies étrangères qui ont bénéficié de ces conditions avantageuses, partageant la gestion des principales activités économiques de la région avec une élite vénézuélienne restreinte.

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Niveaux de déforestation
Cartographie : Nieves López Izquierdo
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Quelques données démographiques
Ni. Ló. Iz.
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Conditions de vie, développement et pauvreté
Ni. Ló. Iz.
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L’industrie pétrolière
Ni. Ló. Iz.
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Siège de la Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima (PDVSA), Maracaibo
Photos : Federico Labanti
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Bidonville dans la municipalité de San Francisco
Fe. La.

 

« Le lac de Maracaibo n’est pas un lac »

La ville de Maracaibo, capitale de l’Etat de Zulia, est située à hauteur d’un détroit, sur la côte occidentale du lac du même nom. Avec près de trois millions et demi d’habitants, la métropole concentre 70% de la population du bassin et se prolonge en une succession de « barrios » (quartiers) non planifiés et bien souvent dépourvus des services urbains les plus fondamentaux.

« Maracaibo est une ville hydrophobe, qui tourne le dos au lac. Aujourd’hui, l’image du lac qui prévaut est une vision urbaine, centraliste, qui part de la capitale, explique Nicanor Cifuentes, biologiste et professeur à l’Université bolivarienne de Zulia. Or, il faudrait comprendre le lac dans sa complexité, dans la relation entre les diverses parties du système : la sierra, la plaine, les fleuves qui l’alimentent et le territoire qu’ils traversent... Tout est interconnecté. Nous parlons tous du “Lac de Maracaibo”, mais ce n’est pas un lac à proprement parler, c’est un estuaire », affirme t-il encore.

A cet endroit, l’eau salée de la mer des Caraïbes s’engouffre dans la Baie de El Tablazo, puis, traversant le détroit, elle se mélange à l’eau douce qui arrive de la montagne. « L’équilibre est très fragile et à force de draguer le canal pour permettre le passage de grands navires, il commence à se rompre. Le canal dragué facilite l’entrée de grandes quantités d’eau salée dans le lac, ce qui a entraîné la formation, en son centre, sur le fond, d’un “cône anoxique”, c’est-à-dire d’une zone sans oxygène dans laquelle ne peuvent survivre que quelques bactéries anaérobies. »

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Le bassin du lac de Maracaibo
Ni. Ló. Iz.

Malgré ces conditions difficiles, les caractéristiques morphologiques de ce système géographique complexe favorisent l’élimination des substances polluantes. « D’énormes quantités d’eau entrent dans le lac. Le fleuve le plus important, le Rio Catatumbo, apporte 3 000 litres par seconde. Cette eau nouvelle purifie et oxygène le lac. En général, les lacs fermés vieillissent et subissent un phénomène d’eutrophisation, mais dans ce cas, la connexion avec la mer et l’apport permanent d’eau douce et salée permettent – apparemment – de supporter une forte charge polluante. Ce qui manque ici cependant, c’est surtout la volonté politique de réorganiser les activités économiques, et en particulier l’industrie pétrolière, et de construire des centrales de traitement des eaux résiduelles. »
Les résidus liquides des ménages s’ajoutent aux résidus industriels, aux fuites de pétrole, aux fertilisants et aux pesticides employés massivement sur les sols agricoles. « Il existe plusieurs centrales de traitement, mais elles sont insuffisantes pour répondre aux besoins d’une population en forte croissance. »

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Tours de forage en face de Cabimas, Lac de Maracaibo
Fe. La.
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Ville de Maracaibo
Fe. La.

 

Agriculture industrielle et pétrole :
économie contre nature

Dès les premiers temps de la colonisation, un empire commercial prospère, fondé sur les produits agricoles destinés à l’exportation comme le café et le cacao, s’est développé sur ces terres très fertiles, où les vents alizés du nord-est, retenus par la sierra andine, concentrent la pluie. De grandes haciendas agricoles ont progressivement occupé la plupart des terres disponibles, au détriment de la forêt et des populations autochtones. « Avec la déforestation et la disparition des arbres et des racines, continue Nicanor Cifuentes, le sol devient très vulnérable à l’érosion. La pluie et les courants de surface emportent l’humus, et avec lui les produits agro-chimiques. Ainsi, de grandes quantités de glyphosate, de mercure, de vanadium, etc., finissent dans le lac. »

La présence de pétrole dans la région avait déjà été remarquée par les populations autochtones, qui l’employaient comme imperméabilisant et l’appelaient mene, « excrément du diable » en langue locale... En 1916, les missions exploratoires des compagnies pétrolières américaines et européennes ont commencé leurs recherches, mais c’est en 1922, avec l’explosion du puits Los Barrosos, proche de Cabimas, qu’a été confirmé l’énorme potentiel pétrolier du sous-sol : pendant dix jours, le puits a libéré un jet incontrôlable de plus de 90 000 barils par jour de cru de première qualité. Dès lors, l’industrie du pétrole est devenue le moteur économique de la région et du pays tout entier. « Avec le début de l’exploitation du pétrole, naît l’idée qu’on peut faire beaucoup d’argent en peu de temps et avec peu d’efforts. Il n’est plus nécessaire de continuer à produire : avec l’argent du pétrole, nous pouvons importer ce que nous voulons. Commencent à arriver les multinationales françaises, allemandes, américaines, qui recherchent une main-d’œuvre bon marché. Un grand nombre d’ouvriers d’autres régions du Venezuela arrivent ensuite, auxquels s’ajoutent, après la seconde guerre mondiale, des immigrants européens. Zulia s’est transformée en une région d’intégration, mais, en même temps, la situation sociale et environnementale est devenue très complexe. »

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Un défi majeur : le développement des infrastructures
Ni. Ló. Iz.
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Les liens stratégiques du Venezuela dans le monde
Cartographie : Riccardo Pravettoni

Des milliers de puits d’extraction et de canalisations immergées se sont accumulés en peu d’années dans les eaux peu profondes du lac. « Au fond du lac circulent 45 000 kilomètres d’oléoducs et de gazoducs, inutilisés pour la plupart. Si on enlevait toute l’eau du lac, il resterait une gigantesque assiette de spaghetti métalliques. Certaines zones sont mieux contrôlées que d’autres, les scaphandriers descendent réparer les tubes, mais ça fuit de partout, hydrocarbures et métaux lourds. Un personnage devenu célèbre, le Guasco, volait même des morceaux de tubes du lac et les revendait comme du fer usé. Le président de la Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima (PDVSA), Rafael Ramírez, a déclaré en 2008 que le démantèlement des tubes inutilisés allait commencer. Il semblerait que des compagnies chinoises et iraniennes soient intéressées par l’acier qui pourrait être récupéré au fond du lac. Mais depuis, on n’en a plus entendu parler. »

L’industrie pétrolière est une source de contaminations massives d’origines variées : fuites, accidents, mais aussi nettoyage des bateaux (en particulier dans la Baie de El Tablazo), et ce, malgré l’interdiction formelle édictée par le ministère de l’environnement. L’affaissement du sol sur la côte orientale, entre Santa Rita et Lagunillas, est une autre conséquence dévastatrice de l’extraction intensive.

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Richesses naturelles, pauvreté sociale
Ni. Ló. Iz.
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Le marché de l’énergie au Venezuela :
or noir et or bleu
Ni. Ló. Iz.

 

La richesse enfouie de la Sierra de Perijá :
un charbon d’excellente qualité

Les fleuves qui alimentent le lac de Maracaibo prennent leur source – pour l’essentiel – dans la région la plus septentrionale de la Cordillère des Andes, la Sierra de Perijá. Cette chaîne de montagnes marque la frontière nord entre la Colombie et le Venezuela, et accueille diverses communautés autochtones. A ces dernières sont venus s’ajouter des groupes de guérilleros colombiens pour lesquels la forêt représente un refuge parfait, des deux côtés de la frontière, mais aussi de nombreux paysans, dont certains colombiens, qui fuient les guérilleros, les paramilitaires et les trafiquants de drogue.

Depuis 1978, la Sierra de Perijà est classée comme parc national grâce à la richesse de sa biodiversité. Le sous-sol aussi est particulièrement riche : bauxite, baryte, phosphate et cuivre sont pour l’heure conservés sous la dense couche végétale, alors que l’extraction du charbon, entamée dans les années 1980, a gravement endommagé la nature et mis en péril les communautés locales.

« Actuellement, il y a deux mines ouvertes, séparées du Rio Guasare, raconte Lusbi Portillo, anthropologue et président du collectif écologiste Homme et Nature. Elles contribuent toutes les deux à la destruction du fleuve et des régions limitrophes. La Mina Norte est la plus petite, avec une extraction maximale d’un million de tonnes par an, et connaît des difficultés économiques. Elle appartient maintenant entièrement à l’Etat vénézuelien et est gérée par Corpozulia (Corporation pour le développement de la région occidentale). De l’autre côté du fleuve se trouve la Mina Paso Diablo, avec une production de près de 7 millions de tonnes de charbon par an. Elle appartient principalement à la Interamerican Coal Holding, avec une participation de Corpozulia. »

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Cité lacustre de Santa Rosa de Agua, Maracaibo
Fe. La.
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Baie del Tablazo
Fe. La.

Rencontrée au siège central du Corpozulia, Carmen Tudares, du département de l’environnement, explique : « Notre charbon est d’une excellente qualité, à haute capacité calorifique et contenant peu de soufre, ce qui en fait un produit très convoité sur le marché international, surtout pour la production d’énergie. Une partie des revenus que Corpozulia reçoit de l’exploitation des mines est réinvestie dans des projets d’intérêt social, de développement agricole, etc. Je ne peux pas vous donner d’informations supplémentaires parce qu’il s’agit d’une région très délicate, du fait de sa proximité avec la frontière. Pour des informations plus précises, il faut vous adresser au ministère de la défense. Vous devez comprendre qu’il s’agit d’informations confidentielles et que nous avons eu de nombreux problèmes avec des groupes écologistes, des associations autochtones et avec l’université. Cela fait longtemps que nous sommes dans la ligne de mire des écologistes. »

Le professeur Lusbi Portillo lutte depuis vingt-cinq ans pour la défense des droits des populations autochtones de la région. En 2005, il avait organisé avec plusieurs associations autochtones et écologistes une marche jusqu’à Caracas, réussissant à concentrer en face du palais de Miraflores, siège de la présidence, plus de 5 000 personnes qui demandaient au président Chávez l’annulation du projet d’exploitation du charbon. « Il ne nous a pas prêté beaucoup d’attention, dit-il ironiquement, parce que le même jour il recevait Diego Maradona ! »

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Les chemins du charbon
Ni. Ló. Iz.

L’ouverture des mines constitue en soi un obstacle pour les communautés locales : « Les mines isolent les villages, poursuit Lusbi Portillo, Santo Domingo, Sierra Maestra, Santa Fe... Cela représente plus de trois cents personnes. Le terrain autour des mines est clôturé, y compris pour les routes d’accès, de sorte que pour pouvoir aller à la ville, les habitants qui sont de l’autre côté doivent demander l’autorisation de traverser les mines. Normalement, on accorde la permission deux jours par semaine, et en cas d’urgence, si par exemple quelqu’un est malade, ils doivent demander l’autorisation et attendre que la porte s’ouvre... »

Le ruisseau Paso Diablo, qui irriguait les villages, a été dévié et s’est très vite complètement asséché : « Les sources se sont taries, poursuit-il, l’eau est très polluée, on ne peut plus cultiver les champs et on ne sait plus où pêcher. Corpozulia dit que les mines créent des emplois, mais la vérité c’est que seuls quelques privilégiés y travaillent. Ils sont bien payés, mais payent aussi ce privilège par des problèmes de santé. Ils finissent tous avec des maladies pulmonaires et tout ce que la compagnie a réussi à faire pour les protéger, c’est leur donner un verre de lait à la sortie. »

Les protestations des populations autochtones et des écologistes ont eu quelques résultats, au moins sur le papier : la compagnie a présenté plusieurs projets de « mines jardins », c’est-à-dire des mines souterraines qui respectent la couche superficielle du sol. « Les jardins suspendus de Babylone ! rigole Lusbi Portillo. Cela fait des années qu’ils racontent cette histoire. Nous nous sommes informés sur le type de mine qu’ils voudraient construire : on en a construit du même type en Allemagne et on a dû les fermer parce qu’elle provoquaient des secousses dans le sol et des dommages aux bâtiments. »

Une fois le charbon extrait de la mine, son acheminement vers les ports se fait par camion, sur des voies secondaires en piteux état. « Quand la production de charbon est importante, les camions roulent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les routes, déjà très mauvaises, se dégradent encore plus sous le poids des camions chargés et de nombreux accidents se produisent. Même les maisons qui longent la route souffrent de cette intense circulation : beaucoup sont entièrement fissurées. A chaque fois qu’un camion se renverse dans un virage, un grand nuage de poussière de charbon se disperse dans l’air, empoisonnant l’atmosphère pendant de longues journées. On a proposé de remplacer ces vieux camions ouverts par des camions hermétiques, parce qu’en réalité ils laissent échapper de la poussière tout le long du parcours. Mais les camions hermétiques, nous ne les avons jamais vus. »

Une fois arrivé au port, le charbon est « trituré » et chargé sur des barges, qui le transportent jusqu’au port flottant de Bulk-Wayuú, où, nouvelle rupture de charge, il est de nouveau transbordé sur les grands navires qui l’emmèneront vers sa destination finale, généralement les Etats-Unis ou l’Europe. « Il y a quatre ports pour le charbon autour du lac. Du port La Ceiba part le charbon colombien du Cerrejón, qui arrive sur des barges du Rio Catatumbo et traverse ensuite le lac. Les trois autres ports reçoivent le charbon du Guasare. Tous ces ports sont construits près des zones d’habitation, et la poussière de charbon retombe sur les maisons. Le port de Santa Cruz de Mara est le plus technologique et le plus actif. Il a été construit pour une production de 300 000 tonnes par an, mais aujourd’hui ce sont 7,5 millions de tonnes qui y transitent chaque année… »

Développements futurs : nouveau port,
nouvelles mines, augmentation de la production ? 

 

Depuis 1995, on envisage la possibilité de construire un port en eaux profondes dans le Golfe du Venezuela. Le projet a changé plusieurs fois de nom et de localisation, mais l’idée a fait son chemin, malgré les changements politiques et économiques que le pays a subi ces dernières années. Qu’il s’appelle Puerto América ou Puerto Simón Bolívar, qu’il soit construit sur l’île de San Carlos ou dans la Guajira, selon les divers ministres qui l’ont soutenu, ce projet servirait à concentrer toute l’activité portuaire dans un seul lieu et à libérer ainsi le lac du trafic des grands navires. « Le golfe est une aire très importante pour plusieurs espèces marines, poursuit Lusbi Portillo, infatigable. Des tortues y font leur nid, les crevettes y déposent leur œufs, et il constitue un corridor de migration pour les cétacés. La construction du port signerait l’arrêt de mort de cette riche biodiversité. Par ailleurs, ce serait une œuvre d’ingénierie très coûteuse et compliquée à réaliser puisque la profondeur naturelle maximale le long de la côte du Golfe est de huit mètres : il faudrait donc creuser beaucoup plus en profondeur. »

Ce gigantesque projet ferait partie de l’axe andin de l’Initiative pour l’intégration de l’infrastructure régionale de l’Amérique du Sud (IIRSA) et servirait même de liaison avec d’autres mégaprojets d’infrastructure en Amérique Latine, comme le « Puebla-Panamá ». Mais Lusbi Portillo se montre très sceptique devant les annonces officielles assurant que le port en eaux profondes permettrait de supprimer les quatre ports de charbon actuellement implantés autour sur le lac : « S’ils voulaient vraiment les fermer, on ne comprend pas pourquoi certains sont agrandis, comme le port La Ceiba. En réalité, il semble que Puerto América soit une phase ultérieure du plan d’expansion de l’activité liée au charbon dans l’Etat du Zulia. »

En fait, le meilleur charbon de la zone, celui qui est d’une « excellente qualité », est surtout celui qui se trouve dans les bassins des fleuves Socuy et Cachirí. Les projets d’ouverture de nouvelles mines dans cette zone ont soulevé de fortes polémiques. Les conséquences pourraient, de fait, s’avérer encore plus dévastatrices que dans d’autres contextes, puisqu’ils mettraient en danger la qualité des cours d’eau qui alimentent les bassins Manuelote et Tulé, les principaux fournisseurs de la ville de Maracaibo et des autres grands centres urbains de la zone.

Lors d’une conférence à Caracas, le 24 mai 2006, le président Chávez s’est exprimé sur la possibilité d’ouvrir de nouvelles mines dans le Zulia : « Si on ne me démontre pas qu’il existe une méthode qui ne détruit pas la forêt et qui ne contamine pas l’environnement de ces populations... Si on ne me le démontre pas, le charbon restera sous terre, nous ne le sortirons pas de là. » Lusbi Portillo rétorque : « Il l’a déjà dit six ou sept fois ! Et pour l’instant, ce qu’il a fait, c’est autoriser une augmentation de la production de huit à douze millions de tonnes par an. Selon certaines déclarations faites à Radio France par le vice-ministre de l’environnement, Sergio Rodríguez, en 2009, le but est d’arriver à extraire trente-six millions de tonnes par an. Et, pour y parvenir, de nouvelles mines devront nécessairement être ouvertes. Par ailleurs, un accord vient d’être signé avec la Chine pour augmenter la production d’acier vénézuélien de 300% avant 2018, et cet acier sera produit avec du charbon du Zulia. »

La conclusion du processus de démarcation des terres indigènes est une autre plaie ouverte dans cette région du pays. Elle est aussi intimement liée à l’exploitation du charbon, puisque la restitution des terres aux « propriétaires natifs », comme le dit la Constitution bolivarienne de 1999, supposerait la révocation définitive des concessions encore en vigueur.

La « révolution bolivarienne » propose un modèle de développement centré sur les intérêts du « pueblo » (du peuple), c’est-à-dire sur la distribution de la richesse, le respect des économies locales et de l’environnement, patrimoine commun par excellence. L’exploitation sauvage du pétrole et du charbon de la région de Zulia sont deux exemples des contradictions entre la propagande du gouvernement et les mesures politiques mises en œuvre sur le terrain. La dégradation de l’environnement est en effet rarement prise en compte comme étant une source d’inégalités et d’appauvrissement des couches les plus fragiles de la population. Les succès obtenus à travers les Centres de santé, l’éducation et un appel général à la démocratie participative ne pourront jamais compenser la détérioration des conditions de vie des gens obligés de vivre dans de telles situations.

Etant donnée la concentration d’activités à fort impact sur l’environnement que le bassin du Lac Maracaibo accueille depuis des années, la zone concentre un enchevêtrement de situations locales toutes extrêmement problématiques. En restant au nord du lac, sur la côte de la Baia del Tablazo, se trouve la population indigène des Añú, qui vivait en parfaite symbiose avec son environnement lagunaire. Dans la seconde partie de ce reportage, nous nous intéresserons plus particulièrement aux difficultés que rencontrent deux enclaves peuplées par les Añú : la lagune de Sinamaica, véritable paradis naturel qui ne réussit plus à nourrir ses habitants, et Santa Rosa de Aguas, village sur pilotis englouti dans le délire urbanistique de Maracaibo.


Nieves López Izquierdo est architecte et géographe. Federico Labanti est photographe et ethnologue. Texte traduit par Marta López Izquierdo.

7 juillet 2011

Child miners (Documentaire)

Réalisé par Rodrigo Vasquez (45’) 
Par http://www.lcp.fr

L’exploitation des enfants dans les mines boliviennes

Jorge et Alex font partie des ces milliers d’enfants qui travaillent pour moins d’un dollar par jour au fond des mines boliviennes. Le père d’Alex est mort et celui de Jorge, gravement atteint par la silicose « la maladie des mineurs ». Ainsi, toute leur famille compte sur les salaires des jeunes garçons pour survivre.
Le documentaire nous plonge dans l’enfer de ces mines où ces enfants confient leurs angoisses dans les méandres de ces tunnels si précaires.

22 avril 2011

Villes de l'extrême : La Paz (Reportage)

http://videos.arte.tv
(France, 2010, 43mn)
ARTE F


Une mégapole mondialisée et ses gratte-ciels à 4000 mètres d'altitude au fond d'une cuvette aux parois verticales. Une véritable curiosité urbaine. Au dessus de la ville, une banlieue tentaculaire à 4200 mètres qui atteint le million d'habitants en seulement 20 ans : El Alto, la haute. Les relations entre cette banlieue hors norme et son centre urbain accumulent frustrations et colère jusqu'à la révolution. C'est le singulier destin d'une ville que ce film raconte, ou comment une exception géographique finira par changer le destin politique d'une nation toute entière.

DIRECT LINK

3 octobre 2010

Arte Reportage : Bosnie , Bresil , Bolivie



ARTE Reportage

Bosnie : des ponts sur la Drina
Depuis la fin de la guerre en 1995, la Bosnie-Herzégovine vit en paix. Pourtant, les institutions issues des accords de Dayton n’ont pas permis de réunir ce pays divisé en deux entités, la Fédération Croato-Musulmane et la Republika Srpska.
Le dimanche 3 octobre, plus de trois millions d’électeurs sont appelés à réélire toutes les structures politiques du pays : la Présidence collégiale, les parlements et les exécutifs des deux entités.
Un enjeu de taille : l’adoption d’une nouvelle constitution par les dirigeants bosniens permettrait au pays d’adhérer à l’Union Européenne.
Si les diplomates en poste dans la capitale, Sarajevo, dénoncent la division du pays, dans les montagnes, sur les rives de la Drina, les habitants et leurs élus semblent heureux de revivre ensemble, comme au bon vieux temps de la Yougoslavie.
Vladimir Vasak s’est rendu dans cette vallée mythique où Bosniaques, Musulmans et Serbes vivent en bonne intelligence et se croisent entre Foca et Gorazde, deux villes dont les maires respectifs prônent le dialogue entre communautés et militent avec ferveur pour l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Union Européenne.

Brésil : l’après Lula
Le 3 octobre prochain, les citoyens brésiliens choisiront leur nouveau président. Après huit ans au pouvoir, le président brésilien Luiz Inácio « Lula » da Silva quittera le poste présidentiel avec une popularité jamais vue dans le pays. Selon les derniers sondages, 76 % des Brésiliens jugent l’administration Lula « bonne ou excellente ». Alors, qui va lui succéder ?
Du côté du pouvoir, Dilma Rousseff, 62 ans. Cette femme de l'ombre, compétente et travailleuse, a fait l'essentiel de sa carrière dans l'administration provinciale avant d'être remarquée par le président Luiz Inacio Lula da Silva. N'ayant jamais affronté l'épreuve des urnes, "Dilma" était, il y a encore six mois, inconnue de la majorité des Brésiliens.
Du côté de l'opposition, José Serra, 68 ans, politicien de longue expérience, à l'aise sur les estrades et face aux caméras, est riche d'un parcours au bilan souvent flatteur, comme ministre de la santé ou comme gouverneur de l'Etat de Sao Paulo.
Aujourd'hui, à quelques jours du scrutin, la néophyte caracole loin devant son rival. Selon les derniers sondages, forte du soutien charismatique de Lula. Elle obtiendrait un grand avantage sur son adversaire avec 47 % des intentions de vote, contre 30 % pour José Serra. La troisième candidate qui compte, l'écologiste Marina Silva, stagne avec environ 10 % des suffrages.
Si Dilma Rousseff donnait raison à certains sondages qui prédisent sa victoire dès le premier tour, elle deviendrait, le 1er janvier 2011, le 40e président de la République du Brésil, et la première femme à occuper cette fonction.

Bolivie : les déesses du ring
Pour survivre à La Paz, il vaut mieux être débrouillard. Les études sont chères et les emplois correctement rémunérés très rares. Des femmes, toutes issues du peuple des Aymara, ont trouvé la parade : le catch leur offre un gagne-pain supplémentaire et une reconnaissance parmi leurs pairs.
Leur nom de guerre : « „Coup de pied volant », « Salto mortale »ou encore « Baiser de l’ange ». Les catcheuses peaufinent leurs gestes pour impressionner leur adversaire et faire monter la pression au sein d’un public amateur d’acrobaties spectaculaires.
Carmen Rosa, célèbre pour son courage, a déjà remporté de nombreux titres. 10 euros par représentation assurent à Carmen, Juanita, Benita et les autres « déesses » du ring juste de quoi payer costumes… et pansements. Mais peu importe : au-delà de la douleur, les cris de joie et d’encouragement du public sont un plaisir qui donne des ailes…

(France, 2008, 42mn)
ARTE

8 décembre 2009

Bolivie : une exploitation minière agressive

http://www.dailymotion.com/cite-des-sciences

Exploitées depuis 500 ans, les mines boliviennes offrent un spectaculaire exemple de pollution environnementale. Un reportage photo de Clara Delpas.



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