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8 décembre 2012

La sourde oreille des grands médias sur la situation à Gaza

Source : http://www.acrimed.org
19/11/2012

english

Nous publions ci-dessous une tribune initialement parue en anglais le 14 novembre 2012 sur le site Mondoweiss et signée par Hagit Borer (Royaume-Uni), Antoine Bustros (Canada), Noam Chomsky (États-Unis), David Heap (Canada), Stephanie Kelly (Canada), Máire Noonan (Canada), Philippe Prévost (France), Verena Stresing (France) et Laurie Tuller (France).
Nous accusons ! La sourde oreille des grands médias sur la situation et la gravité des atrocités commises par Israël à Gaza
 
Tandis que les nations d’Europe et d’Amérique du Nord commémoraient, le 11 novembre, les pertes militaires de guerres passées et présentes, Israël ciblait des civils. Le 12 novembre, à l’orée d’une nouvelle semaine, les lecteurs étaient inondés, pendant leur petit-déjeuner, de comptes rendus déchirants relatant les pertes humaines militaires passées et actuelles. Cependant, on semblait taire le fait essentiel selon lequel les pertes humaines les plus importantes lors des conflits armés contemporains touchent les populations civiles. Le matin du 12 novembre était également marqué par une absence criante d’information relatant les attaques militaires sur Gaza qui se sont poursuivies pendant tout le week-end. Une recherche superficielle confirme cette omission sur le réseau de télévision canadien Canadian Broadcasting Corporation (CBC) et les journaux canadiens dont le Globe and Mail, la Gazette de Montréal et le Toronto Star. De même en ce qui concerne le New York Times, la BBC, et les chaînes françaises de télévision France 2 et TF1.

Selon le rapport du Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR) daté du 11 novembre, cinq civils palestiniens, dont trois enfants, avaient été tués dans la bande de Gaza dans les soixante-douze heures précédentes, en plus de deux membres de la sécurité palestinienne. Quatre de ces décès étaient dus à des tirs d’obus de Tsahal sur des enfants jouant au football. De plus, cinquante-deux civils ont été blessés, dont six femmes et douze enfants. (Depuis que nous avons commencé à rédiger ce texte, le nombre de victimes palestiniennes a d’ailleurs augmenté et continue de croître.)

Les articles qui rapportent les meurtres commis se concentrent en grande majorité sur l’élimination des membres de la sécurité palestinienne. Par exemple, un article d’Associated Press (AP) publié par la CBC le 13 novembre, intitulé Israel mulls resuming targeted killings of Gaza militants (« Israël réfléchit à la reprise des éliminations ciblées de militants de Gaza ») ne fait aucune mention des morts et des blessés parmi la population civile. Il caractérise les meurtres « d’assassinats ciblés ». Le fait que les pertes humaines soient dans une large mesure des victimes civiles, indique qu’Israël n’est pas tant engagée dans des meurtres « ciblés » que dans des assassinats « collectifs », commettant ainsi à nouveau le crime de punition collective.

Un autre article d’AP, paru au bulletin d’informations de la CBC le 12 novembre et intitulé Gaza rocket fire raises pressure on Israel government (« Des tirs de roquettes mettent la pression sur le gouvernement israélien »), est accompagné de la photo d’une femme israélienne regardant un trou dans le plafond de son salon. Et là encore, aucune image, ni aucune mention des nombreuses victimes et des cadavres à Gaza. Dans le même ordre d’idées, la BBC titrait, le 12 novembre, Israel hit by fresh volley of rockets from Gaza (« Israël frappée par une nouvelle pluie de roquettes tirées depuis Gaza »). La même tendance se retrouve dans d’autres grands médias européens.

La couverture des premiers moments de la présente exacerbation insiste principalement sur les roquettes tirées depuis Gaza, dont aucune n’a causé de blessés ni de morts [1]. Ce qu’on ignore sciemment, ce sont les bombardements touchant la bande de Gaza qui, eux, ont causé de nombreuses victimes, dont des morts et plusieurs blessés graves. Nul besoin d’être un expert en science des médias pour comprendre qu’on a affaire au mieux à des reportages bâclés et biaisés, et au pire à une manipulation sciemment malhonnête du lectorat.

De plus, les articles mentionnant les victimes palestiniennes à Gaza rapportent systématiquement que les opérations militaires israéliennes était en représailles à des tirs de roquettes et à deux soldats blessés. Cependant, si l’on examine la chronologie des événements, la flambée de violence actuelle a débuté le 5 novembre dernier, quand un innocent âgé de 20 ans et souffrant apparemment de troubles mentaux, Ahmad al-Nabaheen, a été tué alors qu’il déambulait près de la frontière. Les médecins ont dû patienter pendant six heures avant d’être autorisés à le secourir, et ils pensent que son décès est très certainement dû à cette attente. Puis, le 8 novembre, un garçon âgé de 13 ans qui jouait au football devant sa maison a été tué par les forces d’occupation israéliennes qui avaient fait une incursion dans le territoire de la bande de Gaza avec des chars d’assaut et des hélicoptères. Le fait que quatre soldats israéliens aient été blessés à la frontière le 10 novembre faisait donc partie d’une série d’événements incluant la mort de civils de Gaza, et n’en constituait en aucun cas l’élément déclencheur.

Nous, les signataires de ce texte, sommes récemment rentrés d’un séjour dans la bande de Gaza. Certains d’entre nous sommes en contact direct avec des Palestiniens vivant à Gaza à travers les réseaux sociaux. Pendant deux nuits d’affilée, le 10 et le 11 novembre, les Palestiniens de Gaza ont été privés de sommeil à cause du survol incessant de drones et d’avions F16 et de bombardements aveugles de leur territoire densément peuplé. L’objectif de ces opérations semble clair : il est de terroriser la population, objectif atteint d’ailleurs, comme nous pouvons l’affirmer grâce aux témoignages de nos contacts sur place. S’il n’y avait pas eu de messages affichés sur Facebook, nous n’aurions pas conscience du degré de terreur ressenti par les civils palestiniens ordinaires de Gaza. Ceci contraste vivement avec ce que le monde sait du choc ressenti par les citoyens israéliens victimes des tirs de roquettes.

Selon un rapport non officiel envoyé le 11 novembre par un médecin canadien qui se trouvait à Gaza et qui a apporté son aide au service d’urgences de l’hôpital de Shifa durant le week-end, « les blessés étaient tous des civils présentant de multiples blessures de perforation provenant d’éclats d’obus : lésions cérébrales, blessures au cou, hemo-pneumothorax, tamponnade péricardiale, rupture de la rate, perforations intestinales, membres déchiquetés, amputations traumatiques. Tout ceci sans aucun écran de contrôle, avec peu de stéthoscopes, une seule machine à ultrasons… Plusieurs victimes souffrant de blessures graves mais n’engageant pas leur pronostic vital ont été renvoyées chez elles avant d’être examinées de nouveau le lendemain matin à cause du nombre considérable de blessures graves à traiter. La profondeur des blessures dues aux éclats d’obus donnait froid dans le dos. De petites blessures au demeurant, mais avec des dégâts internes massifs… Et tout cela avec très peu de morphine disponible pour atténuer la douleur. » Apparemment, ce genre de scènes n’est pas digne d’être rapporté par le New York Times, la CBC, la BBC.

Les préjugés et la malhonnêteté qui caractérisent la couverture de l’oppression palestinienne par les médias occidentaux ne sont pas nouveaux ; ceci a été amplement documenté. Pourtant, Israël continue à commettre des crimes contre l’humanité avec l’assentiment total et le soutien moral, financier et militaire de nos gouvernements, que ce soit les États-Unis, le Canada ou l’Union européenne. Benyamin Netanyahu est en ce moment même en train de recueillir le soutien diplomatique des pays occidentaux en vue d’attaques à venir sur Gaza, ce qui nous fait craindre qu’une nouvelle opération du même type que « Plomb durci » se profile à l’horizon. En fait, les événements les plus récents confirment qu’une telle escalade est déjà en état de marche, tel que le montre le décompte des morts aujourd’hui. L’absence d’indignation populaire massive face à ces crimes est une conséquence directe de la dissimulation systématique des faits et de la manière distordue dont ces crimes sont rapportés.

Nous souhaitons exprimer notre indignation concernant la couverture médiatique scandaleuse de ces événements dans les grands médias. Nous appelons les journalistes du monde entier travaillant pour des antennes de ces grands médias à refuser d’être instrumentalisés à travers cette politique systématique de manipulation. Nous appelons également les citoyens à s’informer en consultant les médias indépendants et à laisser leur conscience s’exprimer ouvertement de la manière qu’ils jugent la plus efficace et appropriée.

 

Notes

 

[1] Le texte a été écrit avant la mort de trois civils israéliens dans un tir de roquettes, qui s’est produite le 15 novembre, soit le lendemain du déclenchement “officiel” de l’opération israélienne et plusieurs jours après les événements relatés ci-dessus.


17 novembre 2012

Gaza, assassinats et désinformation

Par Alain Gresh
15/11/2012
Source : http://blog.mondediplo.net
english version

Pour comprendre l’escalade à Gaza, il faut toujours rappeler quelques données sur ce territoire (360 kilomètres carrés, plus de 1,5 million d’habitants, soit plus de 4 500 personnes par kilomètre carré — ce qui en fait un des endroits de la planète où la densité de population est la plus élevée), occupé depuis 1967 par Israël. Même si l’armée s’en est retirée, ses accès avec le monde extérieur sont toujours contrôlés par Israël ; la circulation à l’intérieur même de cette mince bande de terre est limitée et le blocus mis en place depuis des années perdure : pour les Nations unies, Gaza reste un territoire occupé.

Les données qui suivent sont fournies par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens (OCHA oPt), dans un document de juin 2012 intitulé : « Five Years of Blockade : The Humanitarian Situation in the Gaza Strip » :

- C’est en juin 2007 que le gouvernement israélien a décidé d’intensifier le blocus de ce territoire, qui était déjà sévèrement « contrôlé ».
- 34 % de la population (et la moitié des jeunes) est au chômage.
- 80 % de la population dépend de l’aide alimentaire.
- Le PNB par habitant était, en 2011, 17 % en dessous de celui de 2005 (en termes constants).
- En 2011, un camion par jour sortait de Gaza avec des produits pour l’exportation, soit moins de 3 % du chiffre de 2005.

- 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles aux Gazaouis à la suite des restrictions israéliennes.
- 85 % des écoles doivent fonctionner en « double service » — un le matin, l’autre l’après-midi —, en raison de la surpopulation.

Toute guerre s’accompagne d’une propagande intense et le gouvernement israélien est passé maître dans cet art. Déjà lors de l’offensive de décembre 2008-janvier 2009, on avait assisté à un déferlement médiatique (Marie Bénilde, « Gaza : du plomb durci dans les têtes »). Des intellectuels français, dont l’inénarrable Bernard-Henri Lévy, avaient contribué à cette désinformation.

L’homme assassiné par Israël, Ahmed Jabari, était le chef de l’aile militaire du Hamas (sur cette organisation, lire « Qu’est-ce que le Hamas ? »). Nombre de médias le présentent comme « un terroriste » responsable de toutes les attaques contre Israël. La réalité est assez éloignée de ce portrait — au-delà même de l’usage du terme « terrorisme », pour le moins ambigu. Une nouvelle fois, c’est un journaliste israélien Aluf Benn qui fait remarquer (« Israel killed its subcontractor in Gaza », Haaretz, 15 novembre) :

« Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un “archi-terroriste”, “le chef du personnel de la terreur” ou “notre Ben Laden”.
C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari. »

Il suffit de regarder les graphiques publiés par le ministère des affaires étrangères israélien lui-même sur les tirs de roquettes (« Palestinian ceasefire violations since the end of Operation Cast Lead », 14 novembre 2012), pour se rendre compte que, de manière générale, la trêve a bien été observée. Elle a été rompue par des raids de l’armée israélienne les 7 et 8 octobre 2012, puis les 13 et 14 octobre, provoquant une escalade qui a continué sans discontinuer depuis. Et, à la veille de l’assassinat de Jabari, une trêve avait été finalisée par l’Egypte, ce que confirme le témoignage du militant de la paix Gershon Baskin, repris dans Haaretz, « Israeli peace activist : Hamas leader Jabari killed amid talks on long-term truce », 15 novembre)

Chaque escalade fait suite à des assassinats ciblés de militants palestiniens à Gaza. Ces exécutions extra-judiciaires sont une pratique ancienne du gouvernement israélien (à laquelle les Etats-Unis se sont ralliés depuis longtemps). Vous avez dit « terrorisme » ? (lire « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh », par Sharon Weill, Le Monde diplomatique, septembre 2009).

Le scénario avait été exactement le même en 2008. Alors que la trêve était respectée du côté palestinien depuis juin 2008 (« List of Palestinian rocket attacks on Israel, 2008 », Wikipedia), c’est l’assassinat de sept militants palestiniens en novembre qui devait déboucher sur une escalade et l’opération « Plomb durci ».
Sur les violations par Israël des cessez-le-feu au cours des dernières années, on pourra lire Adam Horowitz, « Two new resources : Timeline of Israeli escalation in Gaza and Israel’s history of breaking ceasefires » (Mondoweiss, 14 novembre 2012).

D’autre part, il est difficile de parler d’un affrontement entre deux parties : les F-16 israéliens et les roquettes palestiniennes ne sont pas des armes équivalentes. Le bilan humain, depuis la trêve de janvier 2009 qui a suivi l’opération « Plomb durci », le confirme.

L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem dresse le compte des Palestiniens et des Israéliens tués à Gaza depuis le 19 janvier 2009 jusqu’au 30 septembre 2012 (« Fatalities after operation “Cast Lead” ») :
271 Palestiniens (dont 30 mineurs) contre 4 Israéliens.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes...

8 octobre 2011

ARTE Reportage - Fukushima / Gaza / Somalie

Par http://www.arte.tv
(France, 2011, 42mn)
ARTE



Direct Link

Fukushima : les révoltés du nucléaire

De David Zavaglia, Pierre Grillot, Roger Walch et Valérie Mérie – Scientifilms – ARTE GEIE – France 2011

Alors que la France prononce vingt cinq ans plus tard un non lieu général sur Tchernobyl – et les supposés mensonges sur le nuage radioactif - les Japonais décident de prendre leur destin en main. Malgré une discrétion et un fatalisme farouches, ils n'acceptent plus les mensonges d'Etat.

Tandis que les autorités nippones bloquent l'importation de tous les outils de détection de la radioactivité pour empêcher que la population s'en équipe, une poignée de Japonais se rebelle et passe à l'action.
Parmi eux, Wataru Iwata, musicien. Il n'a aucune compétence scientifique. Cet été, il est pourtant venu en France et en Allemagne se former en urgence pour apprendre à mesurer la radioactivité. Il est reparti avec plusieurs détecteurs.
Notre équipe l'a suivi dans son pays alors qu’il mène avec de nombreux autres Japonais, une campagne inédite de mesure réelle de la radioactivité tout autour de la zone d'exclusion de la centrale de Fukushima. Les résultats sont édifiants : la radioactivité est bien plus élevée que ce qu'affirment les autorités.
Les Japonais se mobilisent, interpellent le gouvernement, se rassemblent, multiplient les campagnes de mesure, et décident de dénoncer les mensonges de leurs gouvernants.
Ce reportage, aux allures de road movie dans des zones dévastées, montre que des milliers de Japonais sont exposés chaque jour à des doses radioactives très nocives. 
Par ailleurs, la France, avec ses organismes indépendants comme la CRIIRAD et l'ACRO, est l'un des premiers pays à venir en aide à ces "Erin Brokovitch" du nucléaire, et réalise pour eux des analyses à distance.


Gaza n’attend rien de l’ONU

De Michel Dumont, Eric Bergeron et Isabelle Nommay – ARTE GEIE – France 2011

Les Palestiniens de Gaza n’attendent rien de positif de l’Assemblée générale de l’ONU. A quoi bon la reconnaissance d’un Etat qui, pour l’heure se compose de deux bouts de terre qui s’ignorent et de deux gouvernements qui ne se parlent pas.

Depuis juin 2006, la bande de Gaza est aux mains des islamistes du Hamas. L’ordre règne mais le million et demi de Gazaouis supportent de plus en plus mal un régime qui fait des affaires avec le commerce des tunnels, qui s’enrichit mais sans que le quotidien du petit peuple s’améliore.

« Fuck Israel, fuck Fatah, fuck Hamas » ainsi commence le manifeste diffusé sur les réseaux sociaux par une petite bande d’internautes pour lesquels l’important aujourd’hui n’est pas la proclamation d’un Etat mais la réconciliation entre les différentes factions palestiniennes.


Somalie, août 2011 : un silence assourdissant 

Photos : Martina Bacigalupo / Agence Vu
Réalisation : Serge Challon / Vu de la Terre
Béatrice Augereau, Anne Mangin et Marc Gigoux – ARTE GEIE – France 2011

Chaque mois, retrouvez dans ARTE Reportage la rubrique "Temps de pose". Une série de photos exclusives, sobrement commentées par l’auteur.

Martina Bacigalupo, jeune photographe italienne de 33 ans, primée par le Prix Canon de la Femme Photojournaliste en 2010, vit et travaille depuis 4 ans au Burundi dans la région des Grands Lacs.

Martina Bacigalupo collabore avec l’agence VU. Son travail s’inscrit dans la tradition des photographes engagés dans une relation de grande proximité avec ses sujets, à la recherche de la bonne distance, souvent face à des femmes rencontrées à tous les moments de leur vie dans une région du monde où se succèdent les tragédies, guerres, conflits ethniques, sécheresse, famine, épidémies.

Le 6 août 2011 à Mogadiscio, le groupe armé islamiste Al-Shabaab quitte la ville marquée par des décennies de guerre : d’un côté plusieurs quartiers désertiques où les gens ont encore trop peur des snipers pour aller retrouver leurs maisons et de l’autre, des camps de déplacés éparpillés partout où des centaines de personnes arrivent chaque jour pour fuir la famine qui dévaste le pays.

Les forces du Gouvernement Transitionnel (TFG), censées protéger la population, sont parfois responsables de graves violations à toutes les problématiques du pays. La population est prise entre un pouvoir incompétent et un groupe armé qui interdit aux ONG d’apporter l’aide nécessaire pour limiter les séquelles de la sécheresse. Ceux qui essaient de quitter le pays se retrouvent, après des journées de marche, dans le camp de réfugiés le plus grand du monde, Dadaab, au Kenya. Une catastrophe humanitaire, selon certains.

Lien

Le site web de Martina Bacigalupo

19 janvier 2011

La couleur du phosphore vire au soleil couchant (Kai Wiedenhöfer : PhotoJournalist)

GAZA 2010 
GAZA 2010 - video

par Guy Lavigerie

Quatre-vingt-une photos couleur de grandes dimensions, dont trente-cinq paysages et quarante-six portraits et compositions (couples de frères, de sœurs, homme à l’enfant, femme à l’enfant…). Une particularité : paysages et sujets ont cessé de brûler, de fumer et de saigner. Ils portent les marques d’armes de destruction moderne.
Voici le vestige d’un hôtel-restaurant au nord de la ville. La lumière adoucie par le coucher du soleil donne à l’ensemble une unité de ton. Sable ocre-rouge, gris de la mer, bleu de certaines parois, de quelques carreaux de faïence et d’étroites colonnes, blanc rosé des murs au dehors et blanc des murs intérieurs. Pas de trace de vie. Des lieux béants comme un théâtre antique vide et ruiné, avec en toile de fond la mer paisible et grise. Au premier plan, un terre-plein circulaire avec une rare et rase herbe sauvage et verte tient le spectateur à distance de l’immeuble détruit.
Cette autre photo en plan large représente des maisons en ruine à Rafat. La destruction a mis en scène de larges plaques de béton effondrées dessinant une courbe convexe au premier plan du paysage.
Celle-ci donne à voir les vestiges d’une ancienne maison dans le quartier d’Al Salma. La scène est au soleil couchant. La courbe du premier plan est tracée dans la terre par le sillon de gros engins tracteurs.
Une autre maison en ruine dans le quartier d’Izbet Abed Rabbou : les pans de béton y sont suspendus ou encore debout. Certains supportent les couleurs orientales bleu, vert, rose, de cloisons tournées vers l’extérieur par le génie d’un obus destructeur.
Là une œuvre dont le titre désigne une maison proche de la frontière, dans le quartier de Chejaya. La formidable brisure des lignes de l’objet photographié l’emporte sur la réalité de la destruction qui souffla les dalles porteuses de colonnes en béton armé. Aux extrémités des colonnes, les fers lancent des appels au ciel. Vulcain est-il l’auteur de cet ouvrage ? Si ce n’est le dieu des matières fusibles, quelle force technologique a permis cet exploit ? Et pourquoi l’auteur de cette abstraction concrète n’en revendique-t-il pas les droits ?
Est-ce un portrait ou une composition ? On ne saurait comparer cette image au portrait, « effigie de buste grandeur nature » [1], du soldat américain Rick Yarosh, réalisé par Matthew Mitchell et exposé en août 2009 à la National Portrait Gallery de Washington. Le cas de Yachia Al-Adham, 23 ans, marié en mai après avoir été défiguré en janvier, les yeux et le nez détruits, offre-t-il alors un sujet si différent de celui qu’une photographe américaine réalisa [2] avec un autre jeune ancien soldat américain en Irak, aveugle et défiguré, posant en studio pour fixer une image officielle de mariage aux côtés de sa femme, jeune aussi, tournant vers l’objectif un regard plein d’effroi ? En effet, la photo ayant pour sujet Yachia Al-Adam diffère par le décor où la scène se passe, devant un mur de parpaings distordu, avec un dallage de terre cuite à même la terre d’enceinte de la maison ouverte. On voit le long du mur, derrière le jeune homme assis sur une chaise, des débris végétaux, une section de tube de plastique gris, un tissu vert ; et blanc un sac de nourriture provenant de l’aide internationale. Elle diffère aussi par l’absence de drapeau, par le costume que porte le jeune homme : sandales aux pieds nus, pantalon de survêtement en nylon, veste Nike, tee-shirt gris portant une inscription qu’on peut lire en partie. Elle diffère encore par le fait qu’il est seul au centre et qu’il tient entre ses jambes une canne rustique au pommeau largement recourbé.
Ici les vestiges d’une résidence de vacances autrefois utilisée par le gouvernement palestinien sur la côte. C’est une œuvre réellement picturale. Au premier plan, une première ligne de bris de brique rouge le long d’un mur de soutènement couvert de carreaux de faïence bleu piscine. Puis de nouveau une ligne rouge de débris de brique, une allée plantée de quatre palmiers assoiffés et jonchée de petits morceaux de béton. Au troisième plan un mur blanc marque la limite derrière laquelle, en perspective et au centre de la photo, deux hommes se tiennent debout sur une langue de béton, saillante parmi les ruines, sur le fond bleu du ciel. On pense à deux plongeurs en méditation.
Vu cette maison détruite dans le quartier d’Al Salam, en forme de vaisseau lunaire par la seule grâce de la bombe qui la sculpta ainsi, ou par le regard de l’enfant tête en l’air qui s’accroche à un fer de béton descendu du « mobile » suspendu au plafond.
Autre sujet, cette femme, Heba, 24 ans, comme une « Olympia » de Manet vous regarde si fermement dans les yeux, le visage ceint d’un voile aux tons harmonieux et doux mauve et vert, sur fond d’une tenture rouge. Seuls sont nus son visage, sa main gauche au premier plan à plat sur le tissu fleuri du lit, et la chair de sa cuisse estropiée contrastant avec le noir profond de sa tunique brodée. En appui contre le mur tendu de rouge, au fond à gauche, la forme grise d’une béquille médicale.
Les photos sont de Kai Wiedenhöfer, un photographe allemand influencé entre autres par August Sander. Il met en avant l’aspect documentaire de son travail. Certains, à Paris, ont vu dans ces photos un insupportable travail partisan et ont prétendu interdire l’expo au nom de leur combat violent contre l’antisionisme qu’ils confondent avec l’antisémitisme. Ils sont venus, ils n’ont rien vu, ils ont fait assaut d’inculture.


Guy Lavigerie est metteur en scène.

Notes

[1] « Le portrait d’un ancien soldat défiguré en Irak exposé dans un musée de Washington », LePoint.fr, 26 octobre 2009.
[2] Etait-ce en 2007, l’année où Libération publia la photo pleine page ?

31 janvier 2010

Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation



Très peu de marchandises étant autorisées à pénétrer dans la bande de Gaza, que ce soit en provenance d’Israël ou d’Égypte, des centaines de tunnels ont été creusés sous la frontière égyptienne pour assurer l’approvisionnement de la population. Ces tunnels sont également utilisés par la Résistance pour s’approvisionner en armes.

L’État d’Israël s’applique à transformer la bande de Gaza en bantoustan, sur le modèle expérimenté jadis par les ses conseillers au Guatemala et en Afrique du Sud.

Dans cette perspective, Israël a construit un Mur de séparation, dont le tracé a été jugé illégal au regard du droit international par la Cour d’arbitrage de La Haye. Ce mur est en cours de prolongement sur la frontière égyptienne, soit une dizaine de kilomètres.

Le Mur de séparation égyptien est d’abord composé de canalisations jusqu’à 35 mètres de profondeur. Celles-ci sont conçues pour inonder les tunnels. Elles sont emplies d’eau de mer. Un second ouvrage est composé de plaques de métal de 18 mètres de longueur et de 50 centimètres d’épaisseur. Ces plaques, réputées infranchissables, sont munies de capteurs pour détecter les éventuels travaux de sape.

Le Mur est construit sous la direction de conseillers techniques états-uniens et français. Cette semaine, le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga, est venu personnellement inspecter le chantier. Examinant ce qui est en train de devenir, selon les mots du président Nicolas Sarkozy « la plus grande prison du monde », le général Puga s’est félicité de l’avancement des travaux d’encerclement. Il a déclaré qu’il s’agissait là de « la plus grande opération de l’Histoire » visant à couper des souterrains et qu’elle pourrait servir de modèle dans d’autres régions du monde.

1,5 million de personnes vivent dans la bande de Gaza. Selon le rapporteur spécial de l’ONU, Jean Ziegler, la majorité d’entre elles sont victimes de malnutrition et ne peuvent survivre que grâce à la contrebande transitant par ces tunnels.

PERMALINK

30 août 2009

Le rapport d’Amnesty International sur la guerre de Gaza

Le 2 juillet, Amnesty International a publié un long rapport sur la guerre menée par Israël contre Gaza, Israel/Gaza : Operation “Cast Lead” : 22 days of death and destruction. Un communiqué de la section France de l’organisation, « L’impunité pour les crimes de guerre commis à Gaza et dans le sud d’Israël annonce de nouvelles souffrances pour les civils », résume les principales conclusions du texte.

Pour l’essentiel, ce texte concerne Israël, mais il mentionne aussi le Hamas, qu’il accuse de crimes de guerre pour avoir tiré des roquettes délibérément sur des populations civiles. Je ne reviendrai pas sur cet aspect qui revient à chaque conflit (les deux parties ont commis des crimes, mais y-a-t-il vraiment une équivalence entre un Etat et une organisation armée ?), que ce soit celui du Liban de 2006 ou celui de Gaza. Je les avais abordés dans d’autres envois plus anciens, « Les lois de la guerre » (27 octobre 2008) et « Crimes de guerre (suite) » (13 septembre 2006).

En revanche, le rapport d’Amnesty International permet de répondre à nombre de contre-vérités proférées durant la guerre de Gaza, notamment « les mensonges de Bernard-Henri Lévy ».

D’abord, le nombre de victimes. Les enquêteurs d’Amnesty confirment le chiffre de 1400 morts, dont 300 enfants et plus d’une centaine de femmes. Les chiffres donnés par l’armée israélienne (1200 morts, en grande majorité des gens armés) ne reposent sur aucune donnée : elle a refusé de donner les noms des guérilleros qu’elle prétend avoir identifié.

Les enquêteurs d’Amnesty affirment que toutes les morts civiles palestiniennes ne résultent pas d’une politique délibérée. Certains ont été tués dans des opérations militaires légitimes (à aucun moment le rapport ne parle d’un élément important, la légalité de l’attaque israélienne elle-même du point de vue du droit international ; sur cet aspect, lire Richard Falk, « Nécessaire inculpation des responsables de l’agression contre Gaza », Le Monde diplomatique, mars 2009.)

« Toutefois, poursuit le rapport, la mort de plusieurs centaines de civils palestiniens non impliqués dans le conflit, y compris 300 enfants, ne peut être réduite à des “dommages collatéraux” (...) ou à des erreurs. Ils ne peuvent pas être attribués non plus à des réactions de panique de soldats isolés opérant sous le feu. »

« Les attaques qui ont provoqué le plus de morts et de blessés ont été menées par des armes de longue portée à haute précision tirées d’avions, d’hélicoptères et de drones ou bien par des chars stationnés à plusieurs kilomètres de l’objectif, souvent contre des objectifs sélectionnés (ce qui signifie que les tirs avaient fait l’objet d’une autorisation de la chaîne de commandement). Ces victimes n’ont donc pas été faites dans des tirs croisés et des batailles entre des militants palestiniens et les forces israéliennes. »

A plusieurs reprises, les responsables israéliens ont montré le peu d’intérêt qu’ils avaient pour les pertes palestiniennes. A une question posée par un journaliste affirmant que les pertes palestiniennes à Gaza étaient cent fois supérieures aux pertes israéliennes, le ministre de l’intérieur Meir Sheerit répondait : « C’est le sens de l’opération. » De plus, les autorités israéliennes ont considéré toute institution plus ou moins liée au Hamas comme un objectif légitime, y compris le parlement, divers ministères, des médias, etc., « qui n’étaient pas impliqués dans les hostilités », ce qui « sape les principes du droit international humanitaire qui fait la distinction entre civils et combattants ».

La population palestinienne a-t-elle été prise en otage par le Hamas ? Non, répond le rapport d’Amnesty, et le communiqué en français de l’organisation précise :

« Après avoir enquêté sur plusieurs attaques, Amnesty International a conclu que les victimes n’avaient pas été prises entre deux feux durant les affrontements entre militants palestiniens et troupes israéliennes, pas plus qu’elles n’avaient servi de boucliers humains à des militants ou à des objectifs militaires. Beaucoup ont péri dans le bombardement de leur maison, pendant leur sommeil. D’autres étaient assises dans leur cour ou étendaient du linge sur leur terrasse. Les enfants ont été touchés alors qu’ils jouaient dans leur chambre, sur le toit ou près de chez eux. Les secouristes et les ambulanciers ont été agressés à plusieurs reprises alors qu’ils s’efforçaient de porter secours aux blessés ou de récupérer les corps des victimes. »

Cette idée que les Palestiniens ont été pris en otage est un des lieux communs répétés par les médias dès qu’ils parlent des événements de Gaza ; elle fait partie des mensonges dont nous a abreuvés Bernard-Henri Lévy.

Le rapport précise aussi que les forces israéliennes ont, à plusieurs reprises, ciblés des ambulances et des équipes médicales ; que des civils qui auraient pu être sauvés sont morts parce que les Israéliens ont refusé le passage des ambulances, que, à plusieurs reprises, les troupes israéliennes ont contraint des civils à leur servir de boucliers humains.

Enfin, l’argument avancé selon lequel l’armée israélienne aurait prévenu les populations concernées de bombardements et les aurait appelées à fuir est considéré comme nul et non avenu, dans la mesure où les habitants ne pouvaient fuir nulle part, toutes les issues de Gaza étant fermées.

Le rapport demande l’arrêt du transfert d’armes vers Israël, le Hamas et tous les groupes armés. Il est intéressant de noter que, contrairement aux gouvernements occidentaux dont la seule préoccupation est de stopper le transfert d’armes au mouvement Hamas, Amnesty appelle aussi à viser Israël. Sur les transferts d’armes, on notera le livre publié par le Groupe de recherche et d’information sur la sécurité (GRIP), « Qui arme Israël et le Hamas ? La Paix pass(é)e par les armes ? » (Patrice Bouveret, Pascal Fenaux, Caroline Pailhe, Cédric Poitevin).

Le rapport d’Amnesty poursuit en affirmant que le gouvernement israélien a refusé de mener la moindre enquête sérieuse sur les violations du droit international (ce qui, souligne l’organisation, justifie la mise en œuvre du principe de la compétence universelle pour juger des responsables israéliens devant des tribunaux étrangers).

Cette perspective inquiète les responsables israéliens. On savait que, au lendemain du conflit à Gaza, le gouvernement s’était engagé à donner aide et appui à tout responsable qui serait poursuivi à l’étranger pour crimes de guerre (lire, par exemple, Yaakov Katz, « Security and Defense : Preparing for ’the day after’ », The Jerusalem Post, 15 janvier 2009).

Mais la multiplication des rapports accablants pour l’armée israélienne suscite de nouvelles inquiétudes. Dans un article du Jerusalem Post du 3 juillet 2009, « Israel worries over intense ’legal war’ », Amir Mizroch note que, en quelques jours, ont été publiés le rapport d’Amnesty International, celui de Human Rights Watch (« Israël : Le mauvais usage de drones a causé la mort de civils à Gaza », 30 juin), celui de la Croix-Rouge internationale (« Gaza : 1.5 million people trapped in despair », 29 juin), sans parler de l’ouverture des auditions de la commission internationale des Nations unies présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone. Un des dilemmes que souligne cet article est qu’il faudrait, pour éviter d’être attaqué devant des tribunaux étrangers, que l’armée israélienne mène des enquêtes sur toutes les plaintes déposées. Or, tout prouve que l’armée enterre ces plaintes et ne mène, comme le souligne le rapport d’Amnesty, aucune enquête sérieuse.
Où sont RSF et Bernard-Henri Lévy ? Retour à la table des matières

Il y a un an, un journaliste palestinien de Gaza, Mohammed Omer, partait pour le Royaume-Uni où il devait recevoir un prix. A la frontière, il fut déshabillé, battu, torturé. Nous avions publié alors un témoignage d’un de ses collègues, Dahr Jamail, sur cette affaire, « “Pressions physiques modérées” en Palestine ». Un an plus tard, Omer lui-même revient sur ce drame et sur l’impossibilité d’obtenir réparation, dans un texte qu’a traduit le site Info-Palestine, « Un journaliste humilié et battu - Un an après », 30 juin 2009. Il écrit notamment :

« Le correspondant de Jerusalem du Los Angeles Times, Ashraf Khalil, a conduit une enquête concernant mon cas et notait dans son article du 3 novembre 2008, que mes dossiers médicaux décrivent : “Mollesse dans la partie antérieur du cou et dans le haut du dos, notamment le long des côtes droites, douleur modérée à sévère”, et “pour raison de douleurs, l’examen du scrotum réalisé a révélé une varicocèle (dilatation variqueuse des veines du cordon spermatique) sur le côté gauche et une opération a été décidée plus tard”. De la fièvre et une chute n’occasionnent pas des marques si distinctives. Des coups de pieds, de poings et autres raclées le font. Poursuivant, Khalil explique que “Mahmoud Tarary, personnel soignant est arrivé dans une ambulance de la Société du Croissant Rouge Palestinien et dit avoir trouvé Omer dans un état semi-conscient, avec des meurtrissures sur son cou et sa poitrine. Tararya dit que les officiers de la sécurité israéliens étaient en train de demander à Omer de signer “une sorte de formulaire écrit en hébreu”. L’employé paramédical dit qu’il est intervenu, a séparé Omer des soldats et l’a chargé dans l’ambulance, où il est resté dans un état semi-conscient lors de la majeure partie du voyage jusqu’à l’hôpital.” »

« Khalil note dans son article que Richard Falk, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme, a écrit à Verhagen, ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas, et a déclaré : “J’ai examiné la crédibilité de M. Omer et sa narration de la suite des évènements, et je les trouve parfaitement crédibles et corrects.” »

« Se relever mentalement et physiquement de torture et interrogatoire est loin d’être simple. Ceci ne devrait arriver à personne. Mon objectif concernant mon dossier est d’attirer l’attention sur les droits humains universels, les droits de la liberté d’expression et la liberté de mouvement. Il y a des endroits dans ce monde où ces libertés n’existent pas. Israël clame ne pas être un de ces endroits, mais aussi bien le gouvernement et la complicité de journalistes prenant individuellement part à dissimuler ce qu’ils m’ont fait, me prouvent le contraire. Ironiquement, le jour où le Shin Bet a choisi de me détenir, m’interroger et me torturer - le 26 juin - était la date choisie par les groupes de défense des droits de l’homme comme Journée Internationale contre la Torture. »

dimanche 5 juillet 2009, par Alain Gresh

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