"Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux ..." ( Confucius )
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6 avril 2014
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31 mars 2014
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21 octobre 2013
Les secrets de la forteresse Europe
Réalisateur : Michael Richter
Source : http://www.arte.tv
Une enquête dans les coulisses de Frontex, l'agence européenne en charge de la lutte contre l'immigration clandestine, que certains défenseurs des droits de l'homme accusent de traitements dégradants et d'entorses à la loi.
La zone d’intervention de l’"Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures", appelée Frontex, s’étend des eaux internationales au large de l’Afrique de l’Ouest jusqu’en Ukraine. Cette agence envoie des policiers et du matériel des plus sophistiqués pour renfort aux autorités nationales dans leur lutte contre l’immigration clandestine. Actuellement, la frontière entre la Grèce et la Turquie est l’une des plus surveillées : dans la vallée de l’Évros, des agents Frontex venus de toute l’Europe patrouillent aux côtés de policiers grecs. En Méditerranée occidentale, les frontières maritimes entre l’Afrique et l’Europe font aussi l’objet d’opérations renforcées supervisées depuis Madrid. L’agence affirme que ces interventions permettent de réduire le nombre d’entrées illicites en Europe. Mais elle est régulièrement montrée du doigt par les associations de défense des droits humains, qui dénoncent les conditions de vie déplorables des réfugiés placés dans des centres de détention, parfois pendant des mois. Dans ce documentaire poignant, le réalisateur Michael Richter recueille les témoignages d’Afghans qui vivent avec la peur au ventre dans les rues d’Athènes.
Source : http://www.arte.tv
Une enquête dans les coulisses de Frontex, l'agence européenne en charge de la lutte contre l'immigration clandestine, que certains défenseurs des droits de l'homme accusent de traitements dégradants et d'entorses à la loi.
La zone d’intervention de l’"Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures", appelée Frontex, s’étend des eaux internationales au large de l’Afrique de l’Ouest jusqu’en Ukraine. Cette agence envoie des policiers et du matériel des plus sophistiqués pour renfort aux autorités nationales dans leur lutte contre l’immigration clandestine. Actuellement, la frontière entre la Grèce et la Turquie est l’une des plus surveillées : dans la vallée de l’Évros, des agents Frontex venus de toute l’Europe patrouillent aux côtés de policiers grecs. En Méditerranée occidentale, les frontières maritimes entre l’Afrique et l’Europe font aussi l’objet d’opérations renforcées supervisées depuis Madrid. L’agence affirme que ces interventions permettent de réduire le nombre d’entrées illicites en Europe. Mais elle est régulièrement montrée du doigt par les associations de défense des droits humains, qui dénoncent les conditions de vie déplorables des réfugiés placés dans des centres de détention, parfois pendant des mois. Dans ce documentaire poignant, le réalisateur Michael Richter recueille les témoignages d’Afghans qui vivent avec la peur au ventre dans les rues d’Athènes.
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10 octobre 2013
Mourir aux portes de l’Europe
Par Philippe Rekacewicz
04/10/2013
Source : http://blog.mondediplo.net
English Die at the gates of Europe
Ils renforcent leurs frontières, dressent des barrières, construisent des murs toujours plus hauts. Une véritable stratégie de guerre mise en œuvre pour contenir « l’envahisseur ».
Par un effet d’entraînement, d’autres grands pays comme le Brésil, la Chine ou la Russie mettent aussi en place une « sanctuarisation intérieure » pour limiter les migrations économiques des régions pauvres vers les zones de forte croissance.
Ces obstacles physiques sont des outils efficaces pour criminaliser l’immigration et rendre acceptable l’emploi d’expressions inacceptables : « immigrant illégal ». On fait croire qu’ils transgressent la loi : grâce à ces nouveaux obstacles, juridiques ou physiques, on crée une nouvelle catégorie de délinquants : le migrant.
Au mépris du droit international et des valeurs universelles.
On meurt aussi en repartant, comme Marcus Omofuma, citoyen nigérian assassiné le 1er mai 1999 par trois policiers autrichiens sadiques dans un avion de la Balkan Air lors de son rapatriement forcé.
Manichéen ?
A peine. La géographie politique européenne des visas montre avec une certaine cruauté la vision européenne du monde, si peu généreuse. Il faudra que l’on m’explique ce qu’il y a de logique dans le fait que l’UE exige des ressortissants du Kosovo – Etat le plus pauvre de toute l’Europe – un visa hors de prix pour circuler dans l’Espace Schengen.
Il y a de multiples façons de partager le monde, les territoires, les régions. Que ce soit selon le principe des nations, du regroupement de nations, d’indicateurs socio-économiques ou politiques, ils nous rappellent avec cynisme ce que nous n’aimons pas voir de nous-même : notre égoïsme, notre violence. Nous feignons l’aide au développement, nous n’exportons chez les pauvres que des modèles inapplicables.
Et nous leur imposons des visas inaccessibles.
Pourtant l’Afrique pauvre, par exemple, offre aussi de la culture, de la musique et du théâtre. Des diplomates, des professeurs. Des étudiants, des travailleurs. Des écrivains. Autant d’êtres humains que l’Europe renvoie parfois ficelés comme des saucissons dans des avions, quand ce n’est pas dans des linceuls, lorsqu’ils ont échoué à obtenir un visa ou un titre de séjour.
Ce projet est largement basé sur le travail méticuleux réalisé par l’ONG United au Pays-Bas, sans qui cette boucherie resterait largement ignorée.
04/10/2013
Source : http://blog.mondediplo.net
English Die at the gates of Europe
« Un nouveau drame de
l’immigration », déclarent les présentateurs de télévision d’un air
contrit : jeudi 3 octobre, le naufrage, au large de l’île italienne de
Lampedusa, d’une embarcation partie de Libye et qui transportait de
quatre cent cinquante à cinq cents migrants s’est soldé par la mort d’au
moins trois cents personnes. Dans l’exposition d’esquisses
cartographiques « Cartes en colère », Philippe Rekacewicz revenait, à
partir de plusieurs figures, sur la « véritable stratégie de guerre »
mise en œuvre par l’Europe pour contenir « l’envahisseur ». Extrait.
Le monde Interdit
C’est étrange, cette peur paranoïaque de l’invasion, cette volonté de se « protéger » coûte que coûte de ces êtres humains qui, chaque année, prennent le chemin de l’exil vers les pays riches qu’ils imaginent terre d’espérance. Mais les riches ont décidé que cette humanité-là était indésirable.Ils renforcent leurs frontières, dressent des barrières, construisent des murs toujours plus hauts. Une véritable stratégie de guerre mise en œuvre pour contenir « l’envahisseur ».
Par un effet d’entraînement, d’autres grands pays comme le Brésil, la Chine ou la Russie mettent aussi en place une « sanctuarisation intérieure » pour limiter les migrations économiques des régions pauvres vers les zones de forte croissance.
Ces obstacles physiques sont des outils efficaces pour criminaliser l’immigration et rendre acceptable l’emploi d’expressions inacceptables : « immigrant illégal ». On fait croire qu’ils transgressent la loi : grâce à ces nouveaux obstacles, juridiques ou physiques, on crée une nouvelle catégorie de délinquants : le migrant.
Au mépris du droit international et des valeurs universelles.
Les trois frontières de l’Europe
Cette carte, nous l’avons dressée pour la première fois en 2003 grâce au méticuleux travail d’Olivier Clochard du laboratoire Migrinter à Poitiers. Nous mettons régulièrement à jour ce document et hélas, à chaque fois, nous devons rajouter des points noirs, grossir toujours plus les cercles rouges.Lire aussi « Rendez-vous à Sharon Stone », novembre 2011.Le 1er janvier 1993, Gerry Johnson, un citoyen du Liberia – pays alors dévasté par une guerre civile meurtrière –, est découvert mort étouffé dans un wagon de marchandises à Feldkirch, en Autriche. Le 3 octobre 2013, un bateau coule près de l’île de Lampedusa avec 500 migrants à bord, la plupart originaires d’Afrique de l’Est. Entre ces deux dates et ces deux lieux, un peu plus de 17 300 autres migrants – estimation a minima d’une hécatombe ignorée – ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe, terre de la liberté et des droits de l’homme.
On meurt aussi en repartant, comme Marcus Omofuma, citoyen nigérian assassiné le 1er mai 1999 par trois policiers autrichiens sadiques dans un avion de la Balkan Air lors de son rapatriement forcé.
Géographie d’une humanité indésirable
A l’Ouest les copains bienvenus chez nous, le portefeuille bien garni, et à l’Est, les indésirables, les gueux, le petit peuple du monde trop pauvre pour nous « mériter ». Symétrie presque parfaite : subsistent des îlots de pauvres à l’Ouest, des îlots de riches à l’Est.Manichéen ?
A peine. La géographie politique européenne des visas montre avec une certaine cruauté la vision européenne du monde, si peu généreuse. Il faudra que l’on m’explique ce qu’il y a de logique dans le fait que l’UE exige des ressortissants du Kosovo – Etat le plus pauvre de toute l’Europe – un visa hors de prix pour circuler dans l’Espace Schengen.
Il y a de multiples façons de partager le monde, les territoires, les régions. Que ce soit selon le principe des nations, du regroupement de nations, d’indicateurs socio-économiques ou politiques, ils nous rappellent avec cynisme ce que nous n’aimons pas voir de nous-même : notre égoïsme, notre violence. Nous feignons l’aide au développement, nous n’exportons chez les pauvres que des modèles inapplicables.
Et nous leur imposons des visas inaccessibles.
Pourtant l’Afrique pauvre, par exemple, offre aussi de la culture, de la musique et du théâtre. Des diplomates, des professeurs. Des étudiants, des travailleurs. Des écrivains. Autant d’êtres humains que l’Europe renvoie parfois ficelés comme des saucissons dans des avions, quand ce n’est pas dans des linceuls, lorsqu’ils ont échoué à obtenir un visa ou un titre de séjour.
Ce projet est largement basé sur le travail méticuleux réalisé par l’ONG United au Pays-Bas, sans qui cette boucherie resterait largement ignorée.
Voir aussi et notamment : « Comment l’Union européenne enferme ses voisins » de Alain Morice et Claire Rodier, dans Le Monde diplomatique (juin 2010) et « Migrations, sauvetage en mer et droits humains » sur ce blog (septembre 2009).
Notes
Esquisses de Philippe Rekacewicz, avec la participation d’Olivier Clochard17 mars 2013
Les deux manières de se perdre
Par Benoît Bréville
04/2013
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English The two ways to lose
04/2013
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English The two ways to lose
La rengaine se récite sans peine : nous vivons dans un village
planétaire où les nouvelles technologies, le commerce, la finance, mais
aussi l’information, le sport et la culture ont fait voler en éclats les
barrières nationales. Mobilité, fluidité, adaptabilité, le tiercé
semble paré de toutes les vertus et chaque métier peut désormais
revendiquer le label « sans frontières ». Médecins, pharmaciens, reporters, électriciens, architectes, archivistes... « On
ne donne pas cher des professions et associations qui oublieraient sur
leur carte de visite ce “Sésame, ouvre-toi” des subventions et des
sympathies. “Douanier sans frontières”, c’est pour demain (1) », ironise un intellectuel français.
Pourtant, loin du « décloisonnement » tant vanté, des séparations de toutes sortes (physiques, culturelles, symboliques...) continuent de fragmenter les sociétés. Dans les villes, les nantis se barricadent dans des gated communities, lotissements-bunkers et résidences privées où alarmes, vigiles, digicodes et caméras de surveillance veillent à leur quiétude ; ils protègent la réputation de leurs écoles grâce à une carte scolaire aux contours rigides qui enferme les jeunes des quartiers populaires dans des « zones urbaines sensibles » au découpage géométrique.Lors de ses loisirs ou sur son lieu de travail, il est rare qu’un cadre supérieur croise un ouvrier : au sein d’un même pays, l’entre-soi domine, le fossé social se creuse.
Quant aux frontières nationales, elles n’ont pas davantage disparu. Au centre de multiples conflits territoriaux, elles se sont même étendues — depuis 1991 et l’implosion de l’URSS, plus de vingt-sept mille kilomètres de frontières ont été créés dans le monde, venant s’ajouter aux deux cent vingt mille kilomètres déjà existants — et renforcées. Aux quatre coins de la planète, des dizaines de milliers de policiers et de militaires, fusil en main, empêchent le passage d’intrus. Entre l’Ouzbékistan et le Kirghizstan, l’Inde et le Bangladesh, le Botswana et le Zimbabwe, les Etats-Unis et le Mexique, des murs se dressent pour écarter les voisins indésirables.
Mais ils n’arrêtent pas les migrations : ils les filtrent. Minutieusement gardée, avec sa barrière haute de cinq mètres, ses mille huit cents tours de surveillance et ses vingt mille agents de sécurité, la frontière américano-mexicaine est aussi la plus souvent franchie au monde, en toute légalité, avec plus de cinquante millions de passages par an. Même le mur israélien, construit pour encercler le peuple palestinien, abrite trente et un points de passage (2). Puisqu’il est impossible d’empêcher le mouvement des hommes, faut-il lever toute entrave à la liberté de circulation ?
Soulever cette question peut conduire à découvrir d’étonnantes convergences. Soucieux de préserver un droit humain fondamental, une grande partie des altermondialistes plaident pour une « politique ouverte de l’immigration », afin d’en finir avec des contrôles jugés aussi inutiles et dangereux que coûteux et inefficaces (3). A l’opposé du spectre politique, les porte-voix du néolibéralisme proposent la même réponse, mais avec d’autres arguments. Selon eux, la disparition progressive des frontières économiques, à grand renfort d’accords de libre-échange et autres unions douanières, doit s’accompagner d’une libéralisation des mouvements de population. Une telle mesure permettrait à l’économie mondiale de « s’enrichir de 39 000 milliards de dollars en vingt-cinq ans (4) », prophétise même l’économiste Ian Goldin, ancien vice-président de la Banque mondiale. C’est même au nom du « développement des entreprises » que le patronat britannique s’est opposé au gouvernement conservateur, son allié habituel, quand celui-ci a proposé de limiter les flux migratoires (5)...
La convergence entre banquiers d’investissement et militants progressistes s’explique en partie par l’ambivalence des frontières, qui partagent les peuples et les cultures en même temps qu’elles les rassemblent et les préservent ; qui sont source de guerres, mais constituent des espaces d’échanges, de négociations, de rencontres culturelles, diplomatiques, commerciales. Menaçantes et protectrices, elles cristallisent les « deux manières de se perdre » définies par Aimé Césaire, « par ségrégation murée dans le particulier et par dilution dans l’universel (6) ».
Pourtant, loin du « décloisonnement » tant vanté, des séparations de toutes sortes (physiques, culturelles, symboliques...) continuent de fragmenter les sociétés. Dans les villes, les nantis se barricadent dans des gated communities, lotissements-bunkers et résidences privées où alarmes, vigiles, digicodes et caméras de surveillance veillent à leur quiétude ; ils protègent la réputation de leurs écoles grâce à une carte scolaire aux contours rigides qui enferme les jeunes des quartiers populaires dans des « zones urbaines sensibles » au découpage géométrique.Lors de ses loisirs ou sur son lieu de travail, il est rare qu’un cadre supérieur croise un ouvrier : au sein d’un même pays, l’entre-soi domine, le fossé social se creuse.
Quant aux frontières nationales, elles n’ont pas davantage disparu. Au centre de multiples conflits territoriaux, elles se sont même étendues — depuis 1991 et l’implosion de l’URSS, plus de vingt-sept mille kilomètres de frontières ont été créés dans le monde, venant s’ajouter aux deux cent vingt mille kilomètres déjà existants — et renforcées. Aux quatre coins de la planète, des dizaines de milliers de policiers et de militaires, fusil en main, empêchent le passage d’intrus. Entre l’Ouzbékistan et le Kirghizstan, l’Inde et le Bangladesh, le Botswana et le Zimbabwe, les Etats-Unis et le Mexique, des murs se dressent pour écarter les voisins indésirables.
Mais ils n’arrêtent pas les migrations : ils les filtrent. Minutieusement gardée, avec sa barrière haute de cinq mètres, ses mille huit cents tours de surveillance et ses vingt mille agents de sécurité, la frontière américano-mexicaine est aussi la plus souvent franchie au monde, en toute légalité, avec plus de cinquante millions de passages par an. Même le mur israélien, construit pour encercler le peuple palestinien, abrite trente et un points de passage (2). Puisqu’il est impossible d’empêcher le mouvement des hommes, faut-il lever toute entrave à la liberté de circulation ?
Soulever cette question peut conduire à découvrir d’étonnantes convergences. Soucieux de préserver un droit humain fondamental, une grande partie des altermondialistes plaident pour une « politique ouverte de l’immigration », afin d’en finir avec des contrôles jugés aussi inutiles et dangereux que coûteux et inefficaces (3). A l’opposé du spectre politique, les porte-voix du néolibéralisme proposent la même réponse, mais avec d’autres arguments. Selon eux, la disparition progressive des frontières économiques, à grand renfort d’accords de libre-échange et autres unions douanières, doit s’accompagner d’une libéralisation des mouvements de population. Une telle mesure permettrait à l’économie mondiale de « s’enrichir de 39 000 milliards de dollars en vingt-cinq ans (4) », prophétise même l’économiste Ian Goldin, ancien vice-président de la Banque mondiale. C’est même au nom du « développement des entreprises » que le patronat britannique s’est opposé au gouvernement conservateur, son allié habituel, quand celui-ci a proposé de limiter les flux migratoires (5)...
La convergence entre banquiers d’investissement et militants progressistes s’explique en partie par l’ambivalence des frontières, qui partagent les peuples et les cultures en même temps qu’elles les rassemblent et les préservent ; qui sont source de guerres, mais constituent des espaces d’échanges, de négociations, de rencontres culturelles, diplomatiques, commerciales. Menaçantes et protectrices, elles cristallisent les « deux manières de se perdre » définies par Aimé Césaire, « par ségrégation murée dans le particulier et par dilution dans l’universel (6) ».
Benoît Bréville
(1) Régis Debray, Eloge des frontières, Gallimard, Paris, 2010.
(2) Michel Foucher. « Actualités et permanence des frontières », Médium, n° 24-25, Paris, 2010.
(3) Attac, Pour une politique ouverte de l’immigration, Syllepses, Paris, 2009.
(4) Ian Goldin, Geoffrey Cameron et Meera Balarajan, Exceptional People : How Migration Shaped Our World and Will Define Our Future, Princeton University Press, 2011.
(5) « Immigration : les patrons britanniques mécontents », Les Echos, Paris, 29 septembre 2010.
(6) Lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez, 24 octobre 1956. Publiée dans Black Revolution, Demopolis, Paris, 2010.
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11 juin 2012
L’Europe fermée de l’intérieur
Par Thomas Deszpot
le 6 Juin 2012
pour http://owni.fr
le 6 Juin 2012
pour http://owni.fr
Deux chercheurs mettent en évidence les graves dérives des contrôles aux frontières de l'Union européenne, dans une étude à paraître le 26 juin prochain. Pour lutter contre l'afflux de migrants provoqué par le Printemps arabe, la Commission européenne met en oeuvre un renforcement sécuritaire débridé. Avec de drôles de technologies de surveillance.
Pour gérer les flux migratoires et surveiller ses frontières, l’Europe s’érige en forteresse. C’est la conclusion de deux chercheurs qui rendront publique le 26 juin une étude sur les frontières de l’Union Européenne, réalisée pour le Heinrich Böll Stiftung, un institut allemand proche du parti des Verts. Dans une première version du rapport que s’est procuré Owni, Mathias Vermeulen et Ben Hayes, mettent en évidence la politique du tout sécuritaire vers laquelle s’oriente l’UE en matière de flux migratoires, et, surtout, la surenchère technologique qui l’accompagne.
Depuis 2005, l’Europe s’est dotée d’une force d’intervention spécialement dédiée à ces missions : l’agence Frontex. Basée à Varsovie, elle peut compter sur le soutien financier de l’UE, qui intervient à hauteur de 676 millions d’euros pour la période 2008-2013. Organe majeur dans la régulation de l’immigration, l’agence agit à travers tout le continent grâce à des moyens matériels considérables. En février 2010, l’agence comptait 113 navires, 25 hélicoptères et pas moins de 22 avions.
Depuis plus d’un an, les révoltes arabes font craindre aux dirigeants du vieux continent un afflux massif de migrants, en provenance notamment du Maghreb. Très sollicitée en Méditerranée, où elle effectue une surveillance maritime permanente, l’agence Frontex tente de contrôler l’arrivée des migrants. Mais son action se concentre également à l’est de l’Europe. L’un des exemples le plus frappant concerne la frontière slovaco-ukrainienne où sur une centaine de kilomètres, ce sont près de 500 caméras qui sont déployées. Elles viennent épauler les 850 policiers qui guettent l’entrée des migrants vers l’espace Schengen. L’investissement est colossal : sécuriser un kilomètre de frontière représente ici un million d’euros.
Pourtant, la Commission européenne ne souhaite pas s’arrêter là. En septembre 2011, elle a renforcé les moyens de Frontex, qui peut désormais investir dans des équipements à sa seule disposition et déployer ses propres équipes de gardes-frontières. Pour tenter d’endiguer l’immigration illégale, l’agence peut aussi mobiliser une partie de ses forces au delà des frontières européennes. Des accords de coopération sont passés avec différents pays africains : les bateaux de Frontex sont ainsi autorisés à arpenter les côtes sénégalaises ou mauritaniennes.
Pour compléter les dispositifs existants, le projet Eurosur est dans les cartons de la Commission depuis 2008, avec l’objectif de “limiter le volume de ressortissants de pays tiers pénétrant illégalement sur le territoire de l’UE.” Pour Matias Vermeulen et Ben Hayes qui l’ont étudié en détail, les conclusions sont sévères.
À ce titre, le rapport des deux chercheurs pointe du doigt ce qui pourrait devenir “l’une des plus vastes bases de données pour les empreintes digitales à travers le monde.” Ce fichier global et centralisé se cache derrière l’acronyme RTP, pour “registered traveller programme” (littéralement “programme d’enregistrement des voyageurs“).
Derrière cette volonté incessante de renforcer la sécurité et la surveillance, l’ombre de sociétés privées se dessine. Via les projets de recherche et développement et la mise en place des différents systèmes évoqués ci-dessus, les instances européennes financent de nouveaux marchés, promis aux industries de l’armement. Ces investissements portent en majorité sur du matériel dont les fonctions premières sont d’ordre militaires (drones, caméras thermiques très haute définition…). En 2008 par exemple, le Commissariat à l’énergie atomique a reçu 2,8 millions d’euros pour développer des “outils pour l’inspection non destructive d’objets immergés grâce, principalement, à des capteurs de neutrons”. C’est ainsi qu’est né le projet Uncoss, dont on peut lire sur le site qui lui est dédié qu’il oeuvre à la protection des voies d’eau, jugées “très exposées aux attaques terroristes”.
De grands groupes industriels profitent eux aussi des fonds européens dans le cadre de projets de recherche. Thalès a entre autres touché 1,6 millions d’euros pour mettre en place le système Simtisys, chargé du “contrôle de la pêche, de la protection de l’environnement et du suivi des petits bateaux”. Autre grand groupe français, Sagem a de son côté reçu 10 millions d’euros pour le lancement d’Effisec, un programme de renforcement des postes frontières. Parmi les objectifs affichés, “améliorer la sécurité et l’efficacité des points de contrôle” et “améliorer les conditions de travail des surveillants aux frontières”.
En se basant sur les dépenses déjà engagées, les deux chercheurs estiment le coût global de ces frontières intelligentes à 2 milliards d’euros au minimum, soit le double du montant prévu par la Commission européenne. Ils soulignent a contrario les moyens réduits dont dispose le Bureau européen d’appui en matière d’asile. Son budget est en effet neuf fois inférieur à celui de l’agence Frontex.
Barrière frontalière entre L'Espagne et le Maroc à Ceuta. De l'autre coté des barbelés, c'est le Maroc. Ceuta, Espagne, 2002 - Photographie par ©Bruno Arbesu via Picture Tank
Depuis 2005, l’Europe s’est dotée d’une force d’intervention spécialement dédiée à ces missions : l’agence Frontex. Basée à Varsovie, elle peut compter sur le soutien financier de l’UE, qui intervient à hauteur de 676 millions d’euros pour la période 2008-2013. Organe majeur dans la régulation de l’immigration, l’agence agit à travers tout le continent grâce à des moyens matériels considérables. En février 2010, l’agence comptait 113 navires, 25 hélicoptères et pas moins de 22 avions.
Depuis plus d’un an, les révoltes arabes font craindre aux dirigeants du vieux continent un afflux massif de migrants, en provenance notamment du Maghreb. Très sollicitée en Méditerranée, où elle effectue une surveillance maritime permanente, l’agence Frontex tente de contrôler l’arrivée des migrants. Mais son action se concentre également à l’est de l’Europe. L’un des exemples le plus frappant concerne la frontière slovaco-ukrainienne où sur une centaine de kilomètres, ce sont près de 500 caméras qui sont déployées. Elles viennent épauler les 850 policiers qui guettent l’entrée des migrants vers l’espace Schengen. L’investissement est colossal : sécuriser un kilomètre de frontière représente ici un million d’euros.
L'agence Frontex et ses points d'attache en Europe et au Maghreb (illustration tirée du rapport "Borderline"
Pour compléter les dispositifs existants, le projet Eurosur est dans les cartons de la Commission depuis 2008, avec l’objectif de “limiter le volume de ressortissants de pays tiers pénétrant illégalement sur le territoire de l’UE.” Pour Matias Vermeulen et Ben Hayes qui l’ont étudié en détail, les conclusions sont sévères.
Le système Eurosur et le développement de “frontières intelligentes” représente la réponse cynique de l’Union européenne au Printemps arabe. Il s’agit là de deux nouvelles formes de contrôle européen des frontières [...] pour stopper l’afflux de migrants et de réfugiés (complétés par des contrôles à l’intérieur même de l’espace Schengen). Pour y parvenir, les ministres de l’Intérieur d’un certain nombre de pays sont même prêts à accepter la violation de droits fondamentaux.
Des drones
La mise en place d’Eurosur – qui devrait, selon les chercheurs, être actée dans l’année par le Parlement européen – doit permettre d’exercer un contrôle accru aux frontières, mais également à l’intérieur de l’espace Schengen. Sont visés les migrants illégaux et ceux entrés en situation régulière mais avec un visa expiré, communément appelés ”over-stayers“. Prévu pour agir en complément et en collaboration avec Frontex, Eurosur devrait être doté de moyens technologiques de pointe dans la surveillance, avec notamment des drones qui survoleront les eaux de la Méditerranée. En février 2008, le message porté devant l’Union par Franco Frattini, commissaire en charge de la Justice et des Affaires Intérieures résumait à lui seul les orientations politiques à venir concernant l’immigration, comme la souligne la Cimade dans un de ses rapports.Recourir aux technologies les plus avancées pour atteindre un niveau de sécurité maximal.Parmi ces avancées technologiques figure par exemple la biométrie. Le concept de “frontière intelligente” présenté par la Commission européenne met en avant la reconnaissance de toute personne transitant à l’intérieur des frontières de l’UE, de manière à pouvoir vérifier si sa présence sur le territoire européen est légale.
À ce titre, le rapport des deux chercheurs pointe du doigt ce qui pourrait devenir “l’une des plus vastes bases de données pour les empreintes digitales à travers le monde.” Ce fichier global et centralisé se cache derrière l’acronyme RTP, pour “registered traveller programme” (littéralement “programme d’enregistrement des voyageurs“).
Derrière cette volonté incessante de renforcer la sécurité et la surveillance, l’ombre de sociétés privées se dessine. Via les projets de recherche et développement et la mise en place des différents systèmes évoqués ci-dessus, les instances européennes financent de nouveaux marchés, promis aux industries de l’armement. Ces investissements portent en majorité sur du matériel dont les fonctions premières sont d’ordre militaires (drones, caméras thermiques très haute définition…). En 2008 par exemple, le Commissariat à l’énergie atomique a reçu 2,8 millions d’euros pour développer des “outils pour l’inspection non destructive d’objets immergés grâce, principalement, à des capteurs de neutrons”. C’est ainsi qu’est né le projet Uncoss, dont on peut lire sur le site qui lui est dédié qu’il oeuvre à la protection des voies d’eau, jugées “très exposées aux attaques terroristes”.
De grands groupes industriels profitent eux aussi des fonds européens dans le cadre de projets de recherche. Thalès a entre autres touché 1,6 millions d’euros pour mettre en place le système Simtisys, chargé du “contrôle de la pêche, de la protection de l’environnement et du suivi des petits bateaux”. Autre grand groupe français, Sagem a de son côté reçu 10 millions d’euros pour le lancement d’Effisec, un programme de renforcement des postes frontières. Parmi les objectifs affichés, “améliorer la sécurité et l’efficacité des points de contrôle” et “améliorer les conditions de travail des surveillants aux frontières”.
En se basant sur les dépenses déjà engagées, les deux chercheurs estiment le coût global de ces frontières intelligentes à 2 milliards d’euros au minimum, soit le double du montant prévu par la Commission européenne. Ils soulignent a contrario les moyens réduits dont dispose le Bureau européen d’appui en matière d’asile. Son budget est en effet neuf fois inférieur à celui de l’agence Frontex.
Tel qu’il est développé actuellement, le cadre législatif et financier du projet Eurosur revient à donner un chèque en blanc à l’agence Frontex. La Commission européenne continue elle à financer la recherche et le développement grâce aux fonds de l’UE, en attendant de trouver quelque chose qui fonctionne.
Violences
Le durcissement de la politique migratoire européenne intervient également dans un contexte de drames à répétitions. Porte d’entrée vers l’Europe, l’île italienne de Lampedusa a été le théâtre de nombreux accidents lors des derniers mois. Parmi les milliers de migrants qui prennent la mer, tous n’ont pas la chance d’arriver sains et saufs. Depuis 1988, plus de 18 000 personnes seraient mortes en tentant de rallier l’Europe. Développés pour améliorer le contrôle des frontières, Frontex et le futur Eurosur visent aussi à protéger les migrants. Dans les faits pourtant, ces politiques sécuritaires semblent ne pas tenir compte de la dimension humaine de telles opérations. Des violences sont souvent à déplorer, décrites par le réseau d’associations Migreurop dans une étude datée de novembre 2010.
Ces orientations ne sont pas sans rappeler l’exemple américain. Lancé en 2006, le SBI-net (pour Secure Border Initiative Network) a coûté 3,7 milliards de dollars, avant d’être annulé en 2010. Ce projet piloté par l’entreprise Boeing devait permettre un contrôle intensifié aux frontières canadiennes et surtout mexicaines.
Avec la construction d’un réseau de 1800 tours, équipées de capteurs, caméras, détecteurs de chaleur et de mouvement. Pour justifier ce retour en arrière du gouvernement américain, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure Janet Napolitano a avancé le manque d’efficacité du système.
Ces sujets ont aussi animé la campagne présidentielle française : le 11 mars à Villepinte, Nicolas Sarkozy s’en est pris aux accords de Schengen qu’il a appelé à réformer.

Les opposants à Frontex tentent eux-aussi de faire porter leur voix : une opération “Anti-Frontex days” (journées anti-Frontex) s’est tenue du 18 au 23 mai à Varsovie, où est situé le siège de l’agence. Les militants mobilisés souhaitaient alerter l’opinion publique et faire part de leur colère face aux expulsions de migrants qui se poursuivent à travers l’Europe. Cette année, ils se sont servis de l’euro de football -organisé conjointement par la Pologne et l’Ukraine- comme d’une tribune.
L’avenir des frontières européennes est désormais entre les mains du Parlement européen. Si le projet Eurosur est appliqué en l’état, l’Europe pourrait bien se condamner à vivre enfermée.
Photographie par Bruno Arbesu via Picture Tank © tous droits réservés Barrière frontalière entre L’Espagne et le Maroc à Ceuta. De l’autre coté des barbelés, c’est le Maroc. Ceuta, Espagne, 2002
Ces opérations – visant à renvoyer dans leur pays d’origine des personnes contre leur gré– sont souvent sources de violences. Il est rare de pouvoir recouper des informations sur leur déroulement, puisque les personnes sont éloignées de force et qu’on ne connaît généralement pas le sort qui leur est réservé à l’arrivée. Il est donc difficile d’établir ou de maintenir avec elles un contact. Cependant, régulièrement, certains témoignages d’expulsés font état de violences se traduisant par des humiliations, des insultes, de l’agressivité, des coups jusqu’au tabassage durant les tentatives d’embarquement.Par ailleurs, le respect du droit d’asile pose lui aussi problème. Suite à leur interception, il n’existe pas aujourd’hui de distinction claire entre les migrants pour raisons économiques et ceux qui fuient des violences. Catherine Teule souhaiterait que les migrants “puissent bénéficier d’un entretien individuel à leur arrivée afin de comprendre leur situation”. La vice-présidente de l’Association européenne pour la défense des droits de l’homme nous a en effet expliqué que le droit d’asile n’est pas suffisamment respecté à l’échelle européenne, et réclame un contrôle plus strict.
Les problème que posent ces opérations, c’est le manque total de transparence, aucun observateur extérieur n’intervient.
Jurisprudence américaine
Ces orientations ne sont pas sans rappeler l’exemple américain. Lancé en 2006, le SBI-net (pour Secure Border Initiative Network) a coûté 3,7 milliards de dollars, avant d’être annulé en 2010. Ce projet piloté par l’entreprise Boeing devait permettre un contrôle intensifié aux frontières canadiennes et surtout mexicaines.
Avec la construction d’un réseau de 1800 tours, équipées de capteurs, caméras, détecteurs de chaleur et de mouvement. Pour justifier ce retour en arrière du gouvernement américain, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure Janet Napolitano a avancé le manque d’efficacité du système.
Ce projet a dépassé les budget prévus et pris du retard. Il n’a pas fourni un retour sur investissement qui permette de le justifier. Nous allons désormais réorienter ces ressources vers des technologies déjà éprouvées et adaptées à chaque région frontalière, pour mieux répondre aux besoins des patrouilles sur place.Les failles soulevées outre-atlantique ne semblent pas infléchir les politiques européennes. La question des frontières a resurgi ces derniers mois au sein de l’UE, avec une remise en cause récurrente de l’espace Schengen. Aux Pays-Bas, le projet @MIGO-BORAS actuellement en préparation va se concentrer sur les frontières avec l’Allemagne et la Belgique. Des caméras de surveillance placées à une quinzaine de points stratégiques auront pour mission de faciliter le repérage des “illégaux”.
Ces sujets ont aussi animé la campagne présidentielle française : le 11 mars à Villepinte, Nicolas Sarkozy s’en est pris aux accords de Schengen qu’il a appelé à réformer.
Il y a urgence, car il n’est pas question que nous acceptions de subir les insuffisances de contrôle aux frontières extérieures de l’Europe.
Réplique
La politique migratoire menée au sein de l’UE suscite de vives réactions à travers l’Europe. Les associations d’aide aux migrants déplorent des mesures qui constituent à leurs yeux une entrave aux libertés humaines. C’est le cas de Migreurop qui pointe dans ses travaux la violation de la convention de Genève, laquelle est censée garantir le principe de non refoulement des migrants. Face à ses collègues eurodéputés, Daniel Cohn-Bendit s’en est pris violemment aux déclarations de Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, qui ont signé une lettre commune pour la révision de Schengen.En acceptant ce débat sur Schengen, en acceptant les pressions populistes, en acceptant le racisme, vous savez ce que va être un contrôle de frontières, si on le fait ? Ca va être un contrôle facial. [...] Tous ceux qui seront bronzés, qui seront différents, eux ils vont se faire contrôler. Et on va faire une Europe à la carte: les blancs ça rentre, les bronzés ça rentre pas.
Les opposants à Frontex tentent eux-aussi de faire porter leur voix : une opération “Anti-Frontex days” (journées anti-Frontex) s’est tenue du 18 au 23 mai à Varsovie, où est situé le siège de l’agence. Les militants mobilisés souhaitaient alerter l’opinion publique et faire part de leur colère face aux expulsions de migrants qui se poursuivent à travers l’Europe. Cette année, ils se sont servis de l’euro de football -organisé conjointement par la Pologne et l’Ukraine- comme d’une tribune.
L’avenir des frontières européennes est désormais entre les mains du Parlement européen. Si le projet Eurosur est appliqué en l’état, l’Europe pourrait bien se condamner à vivre enfermée.
Photographie par Bruno Arbesu via Picture Tank © tous droits réservés Barrière frontalière entre L’Espagne et le Maroc à Ceuta. De l’autre coté des barbelés, c’est le Maroc. Ceuta, Espagne, 2002
15 novembre 2011
Hotel Sahara (Reportage)
Direct Link : DP , FSO , WP
Bettina Haasen (*1969) a étudié les langues africaines et les sciences politiques à l’université de Hambourg et à Paris. Entre 1997 et 2001 elle a travaillé en tant que productrice pour la boîte de production EGOLI Films à Berlin.
Ses premières réalisations de films documentaires sont récompensées en 1999 avec le Prix FIPRESCI (du meilleur premier film à IDFA) pour son film «Entre 2 mondes». Entre 2001 et 2004 elle a travaillé pour la coopération allemande au Niger. A son retour en Allemagne, elle a réalisé «La tente de l’inconnu» (IDFA, Lussas, Thessalonique), puis «Shadows of the Desert» (43’ & 52’ pour SWR/Arte), «Irene Dische–Ma Vie» (43’, ZDF/Arte). HOTEL SAHARA est son premier documentaire long-métrage. Actuellement Bettina Haasen vie en tant qu’auteure indépendante à Berlin.
La liberté de circulation n’est pas un droit universel, mais est réservé à un petit cercle de privilégiés. Parce que l’univers de la migration me préoccupe depuis bien longtemps, il me tenait à cœur de montrer son développement par le prisme du film documentaire. Dans ce monde des migrants tel que je l’ai découvert, les personnages déchirés sont sur le qui-vive en permanence ou emprisonnés dans une immobilité non désirée. C’est un espace irréel, de transit qui accueille des personnes d’issues du Ghana, du Cameroun, du Togo, du Nigeria et autres pays d’Afrique. «Nouadhibou» en Mauritanie est la dernière escale avant la destination, tant rêvée, tant prisée: l’Europe. Un dernier obstacle les sépare de leur rêve, ce petit bout d’océan atlantique à traverser. Au début, cette obsession du départ à n’importe quel prix me fascinait. Cependant, pourquoi tant d’hommes et de femmes risquent tous les jours cette traversée dont l’issue est entièrement aléatoire au péril leur vie ? «Le grand gendarme européen» FRONTEX (Agence Européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle) vient d’avouer son échec dans la lutte contre l’immigration clandestine. Le flux s’avère non seulement incontrôlable, mais de plus les efforts des aventuriers pour éviter les brigades de FRONTEX au cours de la traversée rend le périple encore plus dangereux. Seule une minorité arrive sur les îles Canaries, à peine 1000 km de distance des côtes mauritaniennes.
Quatre années de recherche ont précédé les premiers tournages. J’ai tenté de comprendre, de découvrir les nuances du monde du transit, en rencontrant les migrants et tous les acteurs. Quels sont les visages derrière les stéréotypes, les statistiques et les images de naufragés qu’on voit sans cesse, depuis 2001 dans les médias ? Que veut dire être déjà en route mais pas encore arrivé ? Comment définir cette vie «entre deux» ? Une vie en attente. En stand-by. J’avais l’intention de trouver un langage au niveau de l’image mais aussi sonore qui pourrait traduire cet état de transit, de capter cette ambiance morbide que j’ai pu observer lors de mes repérages. Nous connaissons tous le besoin plus ou moins fort de pouvoir se réinventer autrement, ailleurs, en mouvement, afin de satisfaire nos rêves.
Pendant les années de repérages dans des lieux de transit j’ai pu rencontrer des destins et biographies multiples. Ces rencontres m’ont confrontée avec ma propre définition de la liberté de mouvement. Les personnes que j’ai pu rencontrer ont toutes un point commun: une sensation d’invulnérabilité et la conviction qu’il n’y a plus rien à perdre.
HOTEL SAHARA est synonyme d’un lieu qui héberge des existences disloquées, entre le désert et l’Atlantique, des vies qui se sont installées dans une sorte de faille temporelle et qui ne s’attachent à rien, sauf à leur rêve.
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13 octobre 2011
Etats-Unis: l'Alabama approuve la loi anti-immigration la plus stricte du pays
Ecrit par Robert Valencia · Traduit par Noele Belluard-Blondel
Traduction publiée le 7 Octobre 2011
pour http://fr.globalvoicesonline.org
Traduction publiée le 7 Octobre 2011
pour http://fr.globalvoicesonline.org
Le 29 septembre dernier, l'Etat d'Alabama a approuvé la loi anti-immigration la plus stricte des Etats-Unis, à savoir la loi HB56, emboîtant le pas à la loi S.B. 1070 de l'Etat d'Arizona, également controversée, qui criminalise l'immigration illégale. La mesure, approuvée par la juge Sharon Blackburn de la Cour fédérale de Birmingham en Alabama, permet aux représentants de la loi, tant d'Etat que municipaux, d'arrêter ceux qu'ils suspectent de ne pas avoir de papiers légaux. Les professeurs et les autorités scolaires se voient même dans l'obligation de rapporter l'existence des étudiants sans papiers se trouvant dans leurs salles de classe.

Cependant, le gouverneur de cet Etat, le républicain Robert Bentley, espère [en anglais] que seront inclues d'autres propositions renforçant encore la loi, comme l'interdiction d'héberger ou de transporter des immigrants sans papiers et empêcher que les étudiants sans statut légal s'inscrivent ou étudient dans des universités publiques. Dans le cas où celles-ci ne seraient pas intégrées à cette loi, le gouverneur a promis de faire appel. Comme il fallait s'y attendre, l'administration Obama a déposé un recours fédéral pour empêcher la mise en oeuvre de la loi anti-immigration devant la Cour d'appel fédérale d'Atlanta (le 11ème circuit).
[Note de la traductrice: le 11ème circuit représente les Etats de l'Alabama, de la Floride et de la Géorgie. Le siège de cette cour d'appel fédérale se trouvant à Atlanta en Géorgie ]
Pendant ce temps, les effets de la loi HB56 se font déjà sentir. Selon le journal San Francisco Chronicle [en anglais], les élèves latinos ont commencé à disparaître des salles de classe suite à la décision de la Cour. Selon les sources officielles, beaucoup de familles d'immigrants ont enlevé leurs enfants de l'école par peur de représailles ou de possibles arrestations. Des groupes de protection des droits civils, des entreprises agricoles et des lresponsables religieux ont également exprimé leur mécontentement face à cette mesure car beaucoup d'entre eux assurent qu'ils ne pourront pas remplir leurs obligations.
Les réactions ne se sont pas fait attendre dans la blogosphère. Verónica Morales du blog Matt [en anglais] signale que la loi HB56 aura des effets dévastateurs sur les communautés qui vivent dans cet Etat :
Latino Rebels (@latinorebels) [en anglais] laisse entendre que les emplois occupés par les Latinos sont dont ne veut pas l'Américain moyen:
Des centaines de manifestants protestent contre la loi HB56 en Alabama. Photo acnatta en flickr. (CC- BY NC 2.0)
[Note de la traductrice: le 11ème circuit représente les Etats de l'Alabama, de la Floride et de la Géorgie. Le siège de cette cour d'appel fédérale se trouvant à Atlanta en Géorgie ]
Pendant ce temps, les effets de la loi HB56 se font déjà sentir. Selon le journal San Francisco Chronicle [en anglais], les élèves latinos ont commencé à disparaître des salles de classe suite à la décision de la Cour. Selon les sources officielles, beaucoup de familles d'immigrants ont enlevé leurs enfants de l'école par peur de représailles ou de possibles arrestations. Des groupes de protection des droits civils, des entreprises agricoles et des lresponsables religieux ont également exprimé leur mécontentement face à cette mesure car beaucoup d'entre eux assurent qu'ils ne pourront pas remplir leurs obligations.
Les réactions ne se sont pas fait attendre dans la blogosphère. Verónica Morales du blog Matt [en anglais] signale que la loi HB56 aura des effets dévastateurs sur les communautés qui vivent dans cet Etat :
Cette loi peut porter préjudice aux communautés de chaque minorité. Elle affecte tous les commerces, rendant plus difficile et coûteux l'embauche de nouveaux employés. Elle porte préjudice à tout le système scolaire — la peur et l'intimidation n'offrent pas un environnement favorable à l'apprentissage et elle fait peser une charge supplémentaire sur les districts scolaires et leurs administrateurs, lesquels essaient d'enseigner. En d'autres mots, cette loi affecte la vie quotidienne de tous les habitants de l'Alabama.Un blog mis en place par Al.com [en anglais] contient un billet dans lequel un utilisateur anonyme a exprimé son désaccord avec les professeurs qui se refusent probablement à dénoncer les étudiants:
Lorsque je vois et écoute un professeur dire : “Ce n'est pas notre travail de dénoncer nos étudiants et de déterminer s'ils sont ici légalement, nous sommes des éducateurs” ou un surintendant dire ”notre principale préoccupation c'est l'éducation de nos étudiants et de fait, nous n'interviendrons pas quant à leur présence, légale ou non, ils n'ont donc pas à s'inquiéter”, je suis abasourdi.Maureen Costello du blog Teaching Tolerance [en anglais] catalogue la loi anti-immigration de l'Alabama comme “Le nouveau Jim Crow” en référence à la loi qui a séparé les Afro-Américains des blancs à la fin du 19ème siècle jusqu'au milieu du 20ème :
La nouvelle loi de l'Alabama—qui contient des mesures contre l'embauche, l'hébergement et le transport des immigrants sans papiers, est assez préjudiciable pour les adultes, mais est potentiellement désastreuse pour les enfants… De toutes apparences, la loi HB 56 semble être modelée sur la loi tristement célèbre de l'Arizona, la loi S.B. 1070, mais le vrai modèle ne se trouve pas si loin. Regardez bien. Cette loi a été inspirée par quelque chose de plus proche de chez nous : Jim Crow.Pour sa part, Cully Stimson et Hans von Spakovsky du blog The Foundry [en anglais] se réjouissent de l'approbation de la loi :
Les bonnes nouvelles continuent d'affluer concernant la lutte contre l'immigration illégale au niveau de l'Etat (ainsi que les mauvaises nouvelles avec la politique de l'Administration Obama contre l'application des lois migratoires)… L'administration peut faire appel de la décision [de la juge] Blackburn, mais la nouvelle loi en Alabama est déjà pour une grande part entrée en application.Sur Facebook, il y a des groupes qui, outre s'opposer à la loi, fournissent des informations, comme “Estoy en Contra de la Ley HB56/”Je suis contre la loi HB56 ”. Par contre, un autre groupe dénommé “Apoyo a Alabama (Contra la Inmigración Ilegal)/”Je soutiens l'Alabama (contre l'immigration illégale)” [en anglais] se réjouit de l'approbation de la loi HB56.
Latino Rebels (@latinorebels) [en anglais] laisse entendre que les emplois occupés par les Latinos sont dont ne veut pas l'Américain moyen:
Ainsi donc, les familles latinos fuient l'#Alabama pour que les travailleurs américains travaillent dans des fermes avicoles ? Ce sont les emplois qu'ils leur ont “volés”.D'autres comme ResistTyranny (@ResistTyranny) [en anglais] notent que la loi a atteint son objectif :
La loi rigoureuse sur l'#immigration de l'Alabama a EXACTEMENT l'effet voulu : les illégaux S'EN VONT : http://is.gd/Q1oYlh #NoAmnistia
25 mai 2011
Signes politiques
Par Collectif des Graphistes au Travail (lecgt)
pour http://blog.mondediplo.net
pour http://blog.mondediplo.net
Le 28 mai 2011 se déroulera une grande manifestation en soutien à l’initiative « D’ailleurs nous sommes d’ici » pour lutter contre la montée du racisme en France et pour exiger la régularisation des sans-papiers. Un collectif de graphistes a décidé de s’y associer, et présente une sélection d’affiches sur ce thème.
Ces images sont vendues sous forme de cartes postales au profit de la mobilisation et seront portées bien haut pendant la manifestation. Certaines d’entre elles sont inédites, d’autres ont déjà été utilisées dans des contextes différents, mais toutes gardent leur actualité dans la France de 2011. C’est l’occasion de revenir sur le lien entre graphisme et politique.
On connaît mal le graphisme et son histoire. Cette très riche discipline artistique est ignorée non seulement du grand public, mais aussi des partis politiques, associations ou syndicats dont les archives regorgent pourtant d’images fortes, des constructivistes russes aux Ateliers populaires de Mai 68, de John Heartfield à Roman Cieslewicz, de Gerd Arntz à Grapus.
Les « graphistes auteurs », de leur côté, se sont généralement désintéressés de la politique et produisent – en vase clos – des images et des supports graphiques pour un petit secteur culturel de pointe. Images qui tournent en boucle sans perturber la marche du monde, au sein de festivals et de revues de graphisme dont l’audience reste confidentielle.
Il est essentiel de retrouver ce lien entre les forces du mouvement social et l’art graphique. Non pas une relation de client à prestataire de service, mais un vrai travail de création collective où le politique rencontre le poétique. Non pas une stratégie du « coup », mais un compagnonnage sur la durée, comme l’ont connu par exemple John Heartfield avec le PC allemand, Emory Douglas avec les Black Panthers, ou encore Ne pas plier avec l’APEIS (Association pour l’emploi, l’information, et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires).
A consulter sur la Toile
D’ailleurs nous sommes d’ici.
Les affiches
On connaît mal le graphisme et son histoire. Cette très riche discipline artistique est ignorée non seulement du grand public, mais aussi des partis politiques, associations ou syndicats dont les archives regorgent pourtant d’images fortes, des constructivistes russes aux Ateliers populaires de Mai 68, de John Heartfield à Roman Cieslewicz, de Gerd Arntz à Grapus.
- « Le chœur des industriels de l’armement : une solide forteresse est notre Genève »
- John Heartfield, photomontage pour la revue AIZ, 1934.
- « Pictogrammes »
- Gerd Arntz, projet ISOTYPE (International System Of TYpographic Picture Education), 1930.
Les « graphistes auteurs », de leur côté, se sont généralement désintéressés de la politique et produisent – en vase clos – des images et des supports graphiques pour un petit secteur culturel de pointe. Images qui tournent en boucle sans perturber la marche du monde, au sein de festivals et de revues de graphisme dont l’audience reste confidentielle.
Il est essentiel de retrouver ce lien entre les forces du mouvement social et l’art graphique. Non pas une relation de client à prestataire de service, mais un vrai travail de création collective où le politique rencontre le poétique. Non pas une stratégie du « coup », mais un compagnonnage sur la durée, comme l’ont connu par exemple John Heartfield avec le PC allemand, Emory Douglas avec les Black Panthers, ou encore Ne pas plier avec l’APEIS (Association pour l’emploi, l’information, et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires).
- « Liberté – Egalité - Fraternité »
- Ne pas plier, affiche pour l’Association pour l’emploi, l’information, et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires (APEIS), 1992.
A consulter sur la Toile
Les affiches
- Affiche lauréate du concours « Etudiant, tous à Chaumont » sur le thème « Derrière la révolte des banlieues »
- Baptiste Alchourroun, 2006.
- « Immigration jetable, non »
- Les chats pelés. Affiche pour le collectif « Uni-e-s contre l’immigration jetable », 2006.
- « Sans titre »
- Nous travaillons ensemble (collectif). Affiche créée pour une exposition photographique sur la frontière entre Etats-Unis et Mexique, 1991.
- Affiche éditée par le collectif « Votation citoyenne »
- Thierry Sarfis (réalisation Olivier Cabon, Thotm), 2010.
- « Affiche éditée par le Collectif des maires d’Ile-de-France soutenant les propositions du Collège des médiateurs des sans-papiers »
- Michel Quarez, 1998.
16 mars 2011
ARTE Reportage - Libye Italie Tunisie Yémen
http://videos.arte.tv
(France, 2011, 42mn)
ARTE
DIRECT LINK
(France, 2011, 42mn)
ARTE
ARTE Reportage
Révoltes arabes, le grand exil
Alors que les combats font rage en Libye, des milliers de travailleurs étrangers fuient le pays et viennent s’entasser à Ras Jédir, à la frontière tuniso-libyenne. Ce lieu d’ordinaire très calme se transforme ainsi en un gigantesque camp de réfugiés. C’est le chaos.
Egyptiens, Soudanais, Bangladais, Nigérians… Plus de 110 000 hommes de plus de 40 nationalités attendent un hypothétique retour dans leur pays. Les plus démunis passeront plus de deux semaines ici…
Pour faire face à cette situation, l’armée tunisienne et le Haut Commissariat aux Réfugiés se mobilisent. Un camp de tentes est alors mis en place. L’objectif, apporter un minimum d’hygiène et de confort à ces victimes traumatisées par la répression libyenne. Bloqués aux confins de la Tunisie et de la Libye, les réfugiés essaient tant bien que mal de mettre des mots sur leur exode.
A 50 kilomètres plus au Nord, un autre drame se déroule en pleine clandestinité. Des centaines de candidats à l’immigration tentent de rejoindre les côtes italiennes dans des embarcations de fortune. Principalement des Tunisiens qui profitent de l’effondrement du régime de Ben Ali pour fuir.
L’équipe d’Arte Reportage décrypte les enjeux de ces drames croisés qui se déroulent aux portes de l’Europe.
Lampedusa : les naufragés du jasmin
Lampedusa, l’île la plus méridionale d’Italie, se trouve à 113 kilomètres au large des côtes tunisiennes.
A peine le régime de Ben Ali tombé, une vague d’immigration clandestine a déferlé sur cet avant-poste de l’Europe. En l’espace de trois jours la population de l'île a doublé : près de 5000 jeunes Tunisiens ont débarqué sur ses plages, avec en tête des rêves d'Europe, de liberté et de fortune. Alors que l’État italien essaye tant bien que mal de faire face à cette crise humanitaire, les insulaires se sentent délaissés.
La saison touristique approche et les ruelles du centre sont peuplées de ces visages étrangers. Chaque jour la tension monte un peu plus. Qui sont ces migrants et quels sont leurs espoirs ? Comment réagissent les habitants face à cette invasion pacifique pour l’instant ?
Une équipe d’ARTE Reportage a passé une semaine à Lampedusa, ce petit caillou méditerranéen au bord de l'implosion.
Yémen : l’art de la paix
Depuis près d’un mois, au même titre que d’autres pays arabes, le Yémen est le théâtre de manifestations appelant à la démission du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.
Des milliers d'opposants campent devant l'Université de Sanaa. L'armée s'est redéployée dans les rues faisant craindre de nouvelles violences.
Dans ce jeu de dupes entre le parti au pouvoir et l’opposition, les tribus jouent un rôle primordial. Dans tout le pays, ces clans s’affrontent pour asseoir leur influence sur le pouvoir central.
Une organisation, Dar As Salam, littéralement la maison de la paix, tente malgré tout de jouer les médiateurs. Il y a quelques mois, les équipes d’Arte Reportage sont allées à la rencontre de ceux qui opposent à l’art de la guerre celui de la paix. Médiation entre tribus, sensibilisation dans les écoles pour contrer l’extrémisme religieux ou cet esprit de vengeance qui gangrène la société yéménite. Dans le contexte actuel, ce sont ces acteurs de la société civile qui, dans quelques jours, dans quelques semaines, pourraient devenir les nouveaux leaders d’un pays qu’on appelait autrefois l’Arabie heureuse.
Les crayons de Courrier
A partir de janvier, chaque premier samedi du mois, retrouvez dans ARTE Reportage une nouvelle rubrique : Les Crayons de Courrier International, en partenariat avec l’agence Cartoons de Courrier International.
Cinq minutes pour voir l’actualité internationale autrement, à travers les dessins de presse de caricaturistes du monde entier.
Plus de dessins
Alors que les combats font rage en Libye, des milliers de travailleurs étrangers fuient le pays et viennent s’entasser à Ras Jédir, à la frontière tuniso-libyenne. Ce lieu d’ordinaire très calme se transforme ainsi en un gigantesque camp de réfugiés. C’est le chaos.
Egyptiens, Soudanais, Bangladais, Nigérians… Plus de 110 000 hommes de plus de 40 nationalités attendent un hypothétique retour dans leur pays. Les plus démunis passeront plus de deux semaines ici…
Pour faire face à cette situation, l’armée tunisienne et le Haut Commissariat aux Réfugiés se mobilisent. Un camp de tentes est alors mis en place. L’objectif, apporter un minimum d’hygiène et de confort à ces victimes traumatisées par la répression libyenne. Bloqués aux confins de la Tunisie et de la Libye, les réfugiés essaient tant bien que mal de mettre des mots sur leur exode.
A 50 kilomètres plus au Nord, un autre drame se déroule en pleine clandestinité. Des centaines de candidats à l’immigration tentent de rejoindre les côtes italiennes dans des embarcations de fortune. Principalement des Tunisiens qui profitent de l’effondrement du régime de Ben Ali pour fuir.
L’équipe d’Arte Reportage décrypte les enjeux de ces drames croisés qui se déroulent aux portes de l’Europe.
Lampedusa : les naufragés du jasmin
Lampedusa, l’île la plus méridionale d’Italie, se trouve à 113 kilomètres au large des côtes tunisiennes.
A peine le régime de Ben Ali tombé, une vague d’immigration clandestine a déferlé sur cet avant-poste de l’Europe. En l’espace de trois jours la population de l'île a doublé : près de 5000 jeunes Tunisiens ont débarqué sur ses plages, avec en tête des rêves d'Europe, de liberté et de fortune. Alors que l’État italien essaye tant bien que mal de faire face à cette crise humanitaire, les insulaires se sentent délaissés.
La saison touristique approche et les ruelles du centre sont peuplées de ces visages étrangers. Chaque jour la tension monte un peu plus. Qui sont ces migrants et quels sont leurs espoirs ? Comment réagissent les habitants face à cette invasion pacifique pour l’instant ?
Une équipe d’ARTE Reportage a passé une semaine à Lampedusa, ce petit caillou méditerranéen au bord de l'implosion.
Yémen : l’art de la paix
Depuis près d’un mois, au même titre que d’autres pays arabes, le Yémen est le théâtre de manifestations appelant à la démission du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.
Des milliers d'opposants campent devant l'Université de Sanaa. L'armée s'est redéployée dans les rues faisant craindre de nouvelles violences.
Dans ce jeu de dupes entre le parti au pouvoir et l’opposition, les tribus jouent un rôle primordial. Dans tout le pays, ces clans s’affrontent pour asseoir leur influence sur le pouvoir central.
Une organisation, Dar As Salam, littéralement la maison de la paix, tente malgré tout de jouer les médiateurs. Il y a quelques mois, les équipes d’Arte Reportage sont allées à la rencontre de ceux qui opposent à l’art de la guerre celui de la paix. Médiation entre tribus, sensibilisation dans les écoles pour contrer l’extrémisme religieux ou cet esprit de vengeance qui gangrène la société yéménite. Dans le contexte actuel, ce sont ces acteurs de la société civile qui, dans quelques jours, dans quelques semaines, pourraient devenir les nouveaux leaders d’un pays qu’on appelait autrefois l’Arabie heureuse.
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A partir de janvier, chaque premier samedi du mois, retrouvez dans ARTE Reportage une nouvelle rubrique : Les Crayons de Courrier International, en partenariat avec l’agence Cartoons de Courrier International.
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