Par Akram Belkaïd *
08/2013
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English Gulf by his words
* Journaliste
En avril 2013, lors d’une conférence sur l’énergie
organisée à Doha, au Qatar, l’un des intervenants, un
officiel qatari, commence et conclut son intervention
en anglais – la lingua franca dans le Golfe – en
rendant hommage à la « vision éclairée » de son émir.
Dans la salle, journalistes et universitaires échangent
clins d’oeil et sourires entendus. Habitués de ce genre
de manifestations, certains ont même parié sur le
nombre de fois où serait prononcée l’expression « the
vision ». Il faut dire qu’elle est devenue omniprésente
dans toutes les monarchies pétrolières ou gazières du
golfe Arabo-Persique. Que ce soit lors d’un colloque,
dans un document officiel ou dans une simple
plaquette touristique, il faut célébrer la « vijieune »
– exigez l’accent – de Son Altesse royale, ou plutôt,
en forçant un peu le trait, de « Son Altessissime des
cieux très élevés ».
Au-delà de l’obséquiosité dont il témoigne, pareil
propos résume l’image que les monarques et leur cour
tentent de projeter à l’extérieur. Ainsi, il faut donc
savoir que le roi, l’émir ou le sultan a eu un jour une
vision, personnelle cela va sans dire, quant à la
manière de développer son pays. « A strategic
vision », une vision stratégique, bien sûr, et non un
caprice de nouveau riche.
Les gratte-ciel de Dubaï, les villes nouvelles
d’Arabie saoudite, les ports du sultanat d’Oman, la
diversification de l’économie d’Abou Dhabi pour
sortir du tout-pétrole, l’activisme du Qatar sur tous
les fronts de la planète, les hôtels fantasmagoriques
que la presse anglo-saxonne qualifie d’« al-blingbling
», les compagnies aériennes (Emirates, Etihad
Airways, Qatar Airways, Oman Air…) qui dament le
pion à leurs concurrentes européennes (1), les fantaisies
touristiques : tout cela relèverait de la « vision »
cohérente de monarques qui seraient à la fois stratèges
et planificateurs, gestionnaires avisés et
entrepreneurs.
Opportunistes, et souvent à l’origine des grands
projets économiques dans la région, les cabinets de
conseil anglo-saxons ont compris tout l’intérêt d’investir
dans ce terme de « vision ». Depuis plusieurs
années, c’est à qui élaborera le plus beau et le plus
dense des rapports de prospective. « Vision 2020 »,
« Vision 2030 » – en attendant ceux de 2040 : les
pays du Golfe ne cessent de se projeter dans l’avenir
et d’imaginer tous les scénarios susceptibles de faire
d’eux de véritables puissances économiques et énergétiques.
Souvent, les consultants mobilisés au service de
« the vision » n’ont guère de scrupules, vendant
successivement la même idée à des monarques rivaux
et obsédés par l’idée de faire mieux que le voisin.
L’émirat de Charjah est connu dans le monde pour la
beauté de ses musées, notamment celui de la Civilisation islamique ? Le Qatar en aura un plus
grand, tandis qu’Abou Dhabi entend réussir
l’exploit de réunir le Louvre et le Guggenheim
dans le même « district culturel ».
Dubaï possède la plus grande tour du
monde ? L’Arabie saoudite envisage d’en
ériger une encore plus haute, en signe manifeste
de sa domination régionale…
Alors que le projet européen se réduit
comme peau de chagrin et que les Etats-
Unis ne savent pas comment sortir d’une
croissance qui ne crée plus d’emplois, les
pays du Golfe revendiquent leur confiance
en l’avenir, même si, dans les coulisses, le
nucléaire iranien provoque cauchemars et
sueurs froides. Il ne se passe donc pas un
jour, ou presque, sans que l’on parle de
« projects » à plusieurs dizaines de
« billions » – milliards – de dollars. Les
sommes citées par l’hebdomadaire MEED (Dubaï)
ou par le quotidien émirati The National – tous deux
en anglais, langue des affaires, mais aussi de l’éducation
supérieure et de tout ce qui touche aux loisirs
et à la culture – donnent le tournis. A lire et à
entendre les déclarations officielles, tous ces projets
sont « world-class », d’envergure internationale, car
le temps des cheikhs fortunés achetant d’obsolètes
éléphants blancs (2) serait révolu.
LE projet doit être lourd, impressionnant, mais
aussi rentable, de façon à permettre au pays concerné
de tenir son rang d’« emerging market » – marché
émergent –, au même titre que la Chine ou le Brésil,
mais aussi et surtout de « hub ». C’est-à-dire de carrefour
stratégique et de noeud de communications et de
transports où il est opportun, pour ne pas dire obligatoire,
de se rendre pour faire de bonnes affaires. Il
y a d’ailleurs un aspect quasi obsessionnel dans la
volonté des pays du Golfe d’être aujourd’hui à la
convergence des mondes. « To be on the map » : être
sur la carte du globe et, surtout, être enfin connu et
reconnu. C’est, entre autres, ce qui motive les monarchies
de la région, comme le montre l’exemple très
médiatisé du Qatar.
Voilà pourquoi le qualificatif « global » s’accole
inévitablement au terme « hub ». Aucun projet,
aucune activité, aucun colloque n’a droit de cité s’il
n’est pas « global », c’est-à-dire inscrit dans la
mondialisation. De passage à Doha ou à Manama,
on ne sera donc pas surpris si la carte de visite de
l’attachée de presse d’une petite affaire familiale
proclame sa fonction de « global press officer ».
Même le « mall », ce gigantesque centre commercial
climatisé où expatriés et nationaux traînent leur ennui
dans de tristes galeries de marbre, se doit d’être
« global ». Les pays du Golfe ? « A global hub with
a strategic vision. »
Ce matériel linguistique suffit à charpenter des
livres et des colloques célébrant l’avènement d’une
nouvelle économie. Une économie robuste (« strong
economy »), mais aussi, vous préviendra-t-on, très
attentive au développement durable (« sustainable
development »). Car, bien sûr, dans cette région qui
est la première du monde en termes d’émissions de
gaz à effet de serre par habitant, se soucier de l’environnement,
c’est aussi très « world-class ».
Dans la terminologie abondante à laquelle recourent
les documents relatifs à la « vision », le « capital
humain » (« human capital ») s’accommode à toutes
les sauces. Officiellement, il faut le développer et le
protéger. Bien entendu, cela ne concerne guère les
légions de travailleurs immigrés, notamment ceux
originaires du sous-continent indien, pour lesquels
on parle plutôt de « deportation », c’est-à-dire d’expulsion.
Une punition automatique quand il leur prend
la mauvaise idée de faire grève pour réclamer
leurs (maigres) droits ou leurs salaires, trop souvent
versés en retard et amputés du coût de leur nourriture
et de leur logement, qu’ils n’ont d’ailleurs pas la
possibilité de négocier.
Ces derniers temps, intérêt de l’Occident protecteur
oblige, on lie le « human capital » au sort des
femmes. A Dubaï comme à Doha ou à Koweït, il
n’est question que de leur donner un meilleur accès
à la vie professionnelle. Dès lors surgit un autre terme
qui mérite attention, tant il cristallise les sousentendus
politiques et idéologiques chers à
l’idéologie néolibérale : celui d’« empowerment »,
qui, dans les textes, signifie « donner progressivement
plus de pouvoir aux personnes concernées pour
qu’elles puissent mieux agir d’elles-mêmes ».
« Empowerer » une femme émiratie ou qatarie, c’est
donc lui faire prendre conscience qu’elle pourrait
avoir plus, mais sans pour autant remettre en question
le système patriarcal dominant. En clair, l’émanciper,
mais pas trop.
A l’inverse, pratiquer l’« empowerment
» des jeunes « locals », les locaux,
terme qu’emploient les expatriés pour
désigner les nationaux, consiste à les
convaincre d’en faire plus et d’accepter
des emplois jusque-là réservés aux étrangers,
notamment dans le secteur privé.
Campagne après campagne, la « labor
nationalization », le remplacement des
travailleurs étrangers, demeure toutefois
un échec, et la dépendance aux « foreign
workers » reste importante. Ce qui, chose
nouvelle, alimente de longs débats dans la
presse et les Parlements, pour la plupart
consultatifs (3).
Mais comment ne pas comprendre cette
jeunesse masculine blasée et désoeuvrée,
qui inquiète les puissants chouyoukh
– terme par lequel on désigne les monarques,
mais aussi les grandes figures
tribales ? Pas facile pour elle d’exister, de
mener une vie normale ou, plus important
encore, d’acquérir le goût de l’effort et du
travail bien fait, quand tout ce qui l’entoure
ne parle que de « luxury » – mot signifiant
luxe, mais que l’on peut aussi traduire par
luxure quand on connaît certains aspects
de la vie nocturne de quelques villes du
Golfe. Comment mettre au travail cette
jeunesse autrement qu’en la recrutant dans
une fonction publique pléthorique, dans
des pays où un autre maître mot est
« leisure » – loisir, à comprendre surtout
dans le sens de farniente –, et le maître
verbe, « enjoy » – prendre du plaisir ?
Il n’y a cependant pas que la jeunesse qui inquiète
les chouyoukh. Quatre décennies d’énormes bouleversements
sociaux ont engendré une forme de malêtre
et de quête identitaire. C’est pourquoi, au nom
de la cohésion nationale, il est souvent question de
« heritage » (prononcer « heuritadje », en roulant bien
le « r ») et de « culture » (prononcer « keultch’re »).
Ah, ce « cultural heritage », expression bien utile pour
compenser le malaise généré par la « modernity » tant
revendiquée – du moins pour ce qui est de l’aspect
technologique, car, pour les mentalités…
MAIS, persifle le visiteur en provenance du
Proche-Orient ou du Maghreb, de quel héritage
culturel parle-t-on en ces terres jadis connues pour
leur vacuité ? La tente ? Les chameaux ? La poésie
antéislamique ? La frugalité imposée par le désert ?
Les joutes marines ? La gastronomie sommaire, dont
le visiteur prendra garde à ne pas demander si elle
est « spicy » (épicée), le terme « spice » faisant désormais
référence à des substances synthétiques de plus
en plus prisées par la jeunesse locale en quête de
paradis artificiels ?
La terminologie en vogue n’a pas d’expression
favorite pour cela. Elle se contente tout au plus de
reconnaître que les pays de la région sont engagés
dans un « nation building », la construction d’une
nation. Un « challenge » qui demeure incertain,
malgré l’existence d’une « vision » stratégique et
prospective qui, il faut tout de même le reconnaître,
fait défaut à nombre de pays.
Notes :
(1) Lire Jean-Pierre Séréni, « Emirates veut faire redécoller Dubaï »,
Le Monde diplomatique, novembre 2010.
(2) Un « éléphant blanc » est un ouvrage ambitieux qui soit n’aboutit
jamais, soit se révèle un gouffre financier.
(3) Lire « Les Emirats arabes unis saisis par la fièvre nationale »,
Le Monde diplomatique, mai 2010.
"Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux ..." ( Confucius )
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3 août 2013
Le Golfe par ses mots
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13 octobre 2010
Sahel: Comment l'Occident finance Al Qaida au Maghreb Islamique
Comme le montre la récente prise en otages des sept employés des entreprises françaises AREVA et SATOM, le Sahel est devenu un des endroits les plus dangereux pour les ressortissants étrangers à cause des prises d'otages par les terroristes. Pour les délivrer, leurs pays n’hésitent pas à recourir aux pressions politiques sur les états africains concernés ou même aux paiements de rançons. Pourtant, la stratégie de paiement aux organisations terroristes est souvent décriée comme ineffective et dangeureuse sur le long terme. Par exemple, dans le cas des deux otages espagnols libérés au début de cette année, le blog de rim info indique:
Des journaux privés, comme Le Temps, ont affirmé que “Madrid a payé la rançon”. De plus “les gouvernements du Mali et de Mauritanie ont libéré, une fois encore, un terroriste d'Aqmi en contrepartie de la libération d'otages occidentaux”. Un Malien, Omar Sid'Ahmed Ould Hamma, dit “Omar le Sahraoui”, auteur en novembre 2009 de l'enlèvement des deux Espagnols, a été libéré après avoir été extradé de Mauritanie où il avait été condamné à 12 ans de prison.Le quotidien Algérien La Tribune révèle que le chef d’état-major français des armées, l’amiral Édouard Guillaud a déclaré dernièrement, citant le président Nicolas Sarkozy, que:
«le paiement de rançons n’est pas une stratégie durable», ajoutant en nuançant que «tout est fonction des circonstances». Ainsi, si les circonstances obligeaient l’Etat français à verser une rançon ou à échanger des terroristes contre les cinq otages, dernièrement kidnappés, cela n’est pas à exclure.Avec le paiement de rançons, ce sont des sommes énormes qui sont versées aux ravisseurs contribuant ainsi à les renforcer. Dans un article intitulé “La rançon, arme redoutable des groupes terroristes”, Ali Boukhlef affirme ainsi :
«Plus de 90% du financement des groupes terroristes proviennent de paiement de rançons.» En faisant une telle affirmation, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines sait de quoi il parle : tant que les pays occidentaux paient pour libérer leurs otages, les groupes terroristes prennent des ailes et garnissent leurs «comptes».La récente prise en otages des sept employés des entreprises françaises AREVA et SATOM, dont 5 français, un togolais et un malgache, revendiquée par Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) pousse certains observateurs à se poser des questions troublantes. Le blog de l’Observatoire du nucléaire trouve que:
les faits poussent à se demander si tout n'a pas été fait pour que cette prise d'otage si prévisible puisse se dérouler sans encombre, offrant de fait une opportunité en or aux autorités françaises pour intervenir militairement.
Areva et les autorités françaises ont en effet été averties par différents biais que des menaces pesaient sur les salariés des mines d'uranium au Niger. Or, non seulement les mesures nécessaires de protection n'ont pas été mises en œuvre mais, au contraire, Areva semble avoir refusé l'aide des autorités du Niger.Pour Mme Saïda Benhabyles, présidente de la Fédération internationale des associations de victimes du terrorisme, s’exprimant sur allAfrica.com le paiement de rançonsest:
“l'une des principales sources de financement des groupes terroristes activant dans la région du Sahel Africain”, a-t-elle ajouté. A cet effet, elle fait part de la grande préoccupation de la société civile, devant la propagation de ce phénomène au Sahel, au risque de transformer la région en “deuxième Afghanistan”Pour contrer les activités d’AQMI qui s’étendent sur les territoires des pays bordant le Sahel, le site en ligne de San Finna se demande si les états africains ne devraient pas accepter des bases militaires sur leur territoire. Le site publie deux avis opposés: tout d'abord Tomi, qui est en faveur de cette forme de coopération internationale, écrit :
Les problèmes de la drogue, du Sida, de la dissémination des armes atomiques, de la pollution, du terrorisme… ne peuvent être réglés par les Etats pris individuellement, quelle que soit leur puissance.Par contre, Tozi trouve que :
…. Ce ne sont pas quelques éléments dispersés au Niger, au Burkina, en Mauritanie, qui pourront venir à bout de ce terrorisme qui a pris pied au Sahel. En Somalie, qu’a-t-on pu faire contre les Shebabs et les membres d’Hezb al-Islam ? En Irak et surtout en Afghanistan, a-t-on pu les éradiquer les fous de Dieu ?. … C’est parce qu’il y a des analphabètes, des pauvres, des désespérés en nombre grandissant que le Djihad trouve des recrues. Si sans se doter des moyens conséquents, on s’enrôle dans cette guerre contre le terrorisme, les éléments d’AQMI vont frapper sur nos infrastructures ; ils vont tuer dans l’œuf le tourisme (pas moins de 400.000 touristes chez nous (Burkina Faso), 900.000 au Sénégal, par exemple), et bonjour la multiplication des facteurs de troubles et de fractures sociales et nationales de toutes sortes.Le blog mecanopolis se pose la question : Qui se cache derrière Al-Qaïda au Maghreb islamique ? et donne les réponses suivantes :
A l’origine, le sigle Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) est apparu en janvier 2007, prenant la suite du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, et englobant des groupes rebelles touaregs et sans doute une composante criminelle, dans une zone désertique allant du Niger à la Mauritanie.En tout cas pour le-blog-de-barkbiiga sur fasozine.com :
Face à la menace absolument préoccupante d’AQMI dans le Sahel africain, il faut sortir du cercle vicieux de la vengeance pour trouver des solutions durables qui sécurisent aussi bien les populations de cette région que les Occidentaux qui viennent y vivre ou y travailler. Autrement, quand la France joue au médecin après la mort, elle ne fait qu’aggraver le mal au lieu de s’y attaquer à la racine.Cette dernière prise d’otages est venue gâcher la fête aux maliens. Bark Biiga écrit sur son blog :
N’est-ce pas la grande pauvreté et le gros déficit d’administration du sahel malien qui a dressé le lit à la présence d’Aqmi dans cette région? Le tout ne sera donc pas de libérer les otages, mais de faire en sorte que ni le Mali, le Niger, la Mauritanie, l’Algérie ou le Burkina Faso ne soient plus des nids de ces terroristes qui écument le Sahel et qui compromettent finalement le développement des populations africaines qui ont déjà payé les plus lourds tributs à la colonisation, à la mal gouvernance et au sous-développement.Le Niger est le 5ème producteur mondial d’uranium, mais a un revenu moyen par tete d’habitant parmi les plus bas d’Afrique. Le partage des revenus de l’exploitation de ce minerai stratégique pose bien des problèmes. H. Adamou, dans un article paru sur le site Republicain-Niger rappèle que:
La relation bien particulière de la France avec le Niger avait permis par le passé un accès exclusif à l’uranium à un prix ridicule, grâce à un accord signé en 1961, rappelle t-on. Le contrat d’Imouraren reste dans la même lignée: l’Etat du Niger n’a que 33 % des parts de la société d’exploitation. Tandis que le prix d’achat de l’uranium reste bien en deçà des cours du marché international.Après la réunion des chefs d'état-major le 26 septembre à Tamarasset, ce sont les chefs des services de renseignement d'Algérie, du Mauritanie, du Niger et du Mali, qui se sont réunis à Alger le 29 septembre pour mettre en place un centre commun de renseignement dans la lutte contre le terrorisme.
par Abdoulaye Bah · Publié le 30 Septembre 2010
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