"Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux ..." ( Confucius )
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27 avril 2014
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2 avril 2014
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14 mars 2014
Terres rares La high-tech à quel prix ?
Documentaire de Christian Schidlowski
Source : http://www.arte.tv
Source : http://future.arte.tv
01/2014
English : Rare earth high-tech at what price ?
Durant des siècles, néodyme, yttrium ou lanthane paraissaient sans valeur. Aujourd'hui, ces métaux appelés terres rares sont indispensables à la fabrication des smartphones, éoliennes et autres véhicules hybrides. Mais leur extraction demeure coûteuse et polluante.
Smartphones, éoliennes, véhicules hybrides ou électriques, toutes les technologies qui nous entourent contiennent des terres rares. Durant des siècles, néodyme, yttrium, dysprosium ou lanthane paraissaient sans valeur ; nous ignorions tout de leurs propriétés – et même jusqu’à leur existence. Aujourd’hui, ce groupe de métaux difficiles à détecter constitue une matière première plus précieuse que le pétrole et représente un marché juteux, en particulier pour la Chine qui extrait la quasi-totalité de ces minerais indispensables à notre avenir. Mais les processus de séparation pour obtenir des métaux de grande pureté demeurent énergivores et extrêmement polluants – et produisent pour certains des déchets radioactifs. Un comble, lorsqu’on sait que la plupart des énergies renouvelables ont recours aux terres rares… Pourtant, personne ne semble prêt à y renoncer : les chercheurs se mettent ainsi en quête de moyens d’extraction plus propres, ou de procédés de recyclage des terres rares contenues dans les déchets industriels. De la Chine à la Saxe, en passant par la mine de Mountain Pass en Californie, ce documentaire dévoile les enjeux environnementaux, économiques et technologiques de cette industrie en plein essor.
La première des terres rares a été
découverte il y a plus de 200 ans. Mais ce n’est qu’avec la révolution
numérique qu’elles sont devenues des ressources convoitées. Et notre
consommation de terres rares continuera d’augmenter à l’avenir.

Source : http://www.arte.tv
Source : http://future.arte.tv
01/2014
English : Rare earth high-tech at what price ?
Durant des siècles, néodyme, yttrium ou lanthane paraissaient sans valeur. Aujourd'hui, ces métaux appelés terres rares sont indispensables à la fabrication des smartphones, éoliennes et autres véhicules hybrides. Mais leur extraction demeure coûteuse et polluante.
Smartphones, éoliennes, véhicules hybrides ou électriques, toutes les technologies qui nous entourent contiennent des terres rares. Durant des siècles, néodyme, yttrium, dysprosium ou lanthane paraissaient sans valeur ; nous ignorions tout de leurs propriétés – et même jusqu’à leur existence. Aujourd’hui, ce groupe de métaux difficiles à détecter constitue une matière première plus précieuse que le pétrole et représente un marché juteux, en particulier pour la Chine qui extrait la quasi-totalité de ces minerais indispensables à notre avenir. Mais les processus de séparation pour obtenir des métaux de grande pureté demeurent énergivores et extrêmement polluants – et produisent pour certains des déchets radioactifs. Un comble, lorsqu’on sait que la plupart des énergies renouvelables ont recours aux terres rares… Pourtant, personne ne semble prêt à y renoncer : les chercheurs se mettent ainsi en quête de moyens d’extraction plus propres, ou de procédés de recyclage des terres rares contenues dans les déchets industriels. De la Chine à la Saxe, en passant par la mine de Mountain Pass en Californie, ce documentaire dévoile les enjeux environnementaux, économiques et technologiques de cette industrie en plein essor.
La marche triomphale des terres rares
ZDF
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2 mars 2014
Le Mexique privatise son pétrole
Par John Mill Ackerman
03/2014
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English : Mexico privatized its oil
Le 20 décembre 2013, le Mexique a fait un bond de soixante-seize ans dans le temps quand le président Enrique Peña Nieto a annoncé une réforme constitutionnelle remettant le contrôle de l’industrie pétrolière aux mains des mêmes multinationales qui en avaient été écartées par le père de l’Etat moderne mexicain, le président Lázaro Cárdenas, en 1938. Cela faisait trois décennies que la clique de politiciens néolibéraux qui gouverne le pays échouait dans sa tentative de démanteler le monopole d’Etat de Petróleos Mexicanos (Pemex) et de privatiser la rente pétrolière. Mais en décembre dernier, presque sans aucun débat et comme un coup de tonnerre, il leur a fallu moins de deux semaines pour rassembler les votes nécessaires et accomplir cette transformation historique de la constitution mexicaine (lire « Echec et mat pour la gauche mexicaine »).
Avant la réforme, l’industrie pétrolière mexicaine était l’une des plus « nationales » du monde. Elle contenait une stricte interdiction constitutionnelle contre toute forme de contrat ou de concession accordée au secteur privé lui attribuant un contrôle direct ou des droits de propriété sur l’une des étapes de l’extraction, du raffinage ou de la commercialisation du pétrole. Avec les réformes des articles 25, 27 et 28 de la constitution mexicaine de 1917, Pemex se voit reconvertie en simple sous-traitant du ministère de l’énergie. Le président pourra décider, après appel d’offres mais sans aucune intervention du pouvoir législatif, de la répartition des différents gisements pétrolifères entre les entreprises intéressées. La réforme ouvre également la porte à l’expansion massive de la fracturation hydraulique, ou fracking, sur l’ensemble du territoire mexicain pour l’extraction du pétrole et du gaz naturel.
Le Washington Post a immédiatement salué ces réformes avec émotion :« Alors que l’économie du Venezuela implose et que la croissance du Brésil stagne, le Mexique est en train de devenir le producteur de pétrole latino-américain à surveiller — et un modèle de la façon dont la démocratie peut aider un pays en développement » (éditorial du 16 décembre 2013). Le Financial Times a également applaudi « le vote historique du Mexique en faveur de l’ouverture de son secteur pétrolier et gazier aux investissements privés, après soixante-quinze ans de soumission au joug de l’Etat, (...) un joli coup politique de la part d’Enrique Peña Nieto » (15 décembre 2013). La revue Forbes, quant à elle, promettait : M. Peña Nieto « restera dans les livres d’histoire » (18 novembre 2013).
Ceux qui défendent les modifications de la constitution postulent que Pemex est devenue une entreprise inefficace et corrompue, incapable de tirer avantage des énormes réserves de pétrole et de gaz naturel du pays : approximativement 30 milliards de barils de pétrole et 46 450 milliards de mètres cube de gaz naturel (seul l’Arctique détiendrait de plus grandes réserves de pétrole brut inexplorées). Alors que la production du pétrole au Mexique a fondu ces dernières années d’un pic de 3,3 millions de barils par jour en 2004 à seulement 2,5 millions actuellement, les auteurs de la réforme promettent qu’elle permettra de la porter à 4 millions de barils par jour à l’horizon 2025.
Il n’existe toutefois aucune garantie que l’entrée en scène des multinationales dope la production. La priorité de ces entreprises n’est pas l’exploitation directe du pétrole, mais le contrôle des nouvelles réserves afin de soutenir leur cote en bourse. Est-ce vraiment un hasard si l’un des articles de la réforme énergétique précise que bien que le pétrole mexicain restera « propriété de la nation », les entreprises privées qui bénéficieront de nouvelles licences « pourront reporter dans leur comptabilité et leur bilan l’allocation ou le contrat ainsi que les bénéfices attendus » ?
Ces « bénéfices » pourraient bien ne jamais se matérialiser. Le cas de Repsol en Argentine est un excellent exemple de contraction de la production, dans un contexte de privatisation (1). En avril 2012 le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner a même décidé de nationaliser l’entreprise en réponse à ce qu’elle considérait comme une politique délibérée « de saccage » et « d’improductivité » (2). Les menaces des sociétés pétrolières de ralentir leur production motivèrent également l’expropriation décidée par Cárdenas au Mexique, en 1938.
L’enthousiasme de la presse contraste avec le scepticisme des Mexicains, nourri par une longue expérience des privatisations au cours des deux dernières décennies. Le principal résultat de cet épisode ? L’enrichissement d’une poignée de familles qui forment aujourd’hui une oligarchie prédatrice et corrompue, contrôlant tous les aspects de la vie politique et économique du pays (3). Sans surprise, toutes les études d’opinion suggèrent qu’une grande majorité de la population rejette la privatisation de l’industrie pétrolière (4).
Pourquoi imaginer que le nouveau spasme privatisateur se distingue du précédent ? Après tout, M. Peña Nieto doit sa carrière politique à son mentor, l’ex-président Carlos Salinas de Gortari (1988-1994), responsable de la plus grande partie des privatisations antérieures. Les deux hommes sont membres du très ancien Parti Révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a gouverné le pays pendant soixante et onze ans et qui demeure le plus corrompu du pays.
Mais la privatisation présente également un autre danger : celui d’une importante crise budgétaire. A l’heure actuelle, Pemex fournit un tiers de son budget à l’Etat fédéral. Le gouvernement compensera-t-il le manque à gagner par une hausse de la fiscalité sur des entreprises aussi puissantes qu’Exxon-Mobil, Shell ou Chevron ? Les doutes s’avèrent fondés : quelques jours après que la réforme pétrolière a été annoncée, M. Peña Nieto s’est plié aux pressions des grandes entreprises en signant un décret les exemptant d’une série de nouveaux impôts approuvés à peine deux mois auparavant.
Et si le gouvernement mexicain ne peut pas, ou ne veut pas récolter les impôts nécessaires, il sera bien moins en mesure d’éviter les graves atteintes à l’environnement qui accompagnent inévitablement l’expansion de l’extraction pétrolière — un danger particulièrement important lorsqu’on utilise la technique du fracking. En France, le Conseil constitutionnel a récemment avalisé la loi du 13 juillet 2011 qui interdit précisément l’utilisation de cette technique en raisons des dangers environnementaux qu’elle présente. Au Mexique, le Congrès et la Cour suprême de justice auraient difficilement assez de poids pour résister aux pressions des entreprises pétrolières et prendre une telle mesure. L’impunité dont jouissent les entreprises minières canadiennes sur le sol mexicain n’est qu’une illustration supplémentaire de la vague de destruction environnementale que pourraient entraîner les nouvelles réformes pétrolières.
Face au rejet de la réforme par la population, le gouvernement se réfugie derrière la « grande coalition » politique dont le président s’est armé pendant la première année de son mandat : le « Pacte pour le Mexique », qui a réuni à la table de négociation les dirigeants des trois principaux partis politiques en vue d’un accord sur un agenda législatif commun.
Succès indéniable dans la mesure où il a atténué les conflits entre les membres de la vieille classe politique qui gouverne le pays depuis trois décennies, le Pacte a simultanément approfondi le fossé entre le monde politique et la société. L’enquête annuelle Latinobarómetro révélait en 2013 que seuls 21 % des Mexicains s’estimaient « satisfaits » de leur démocratie : le pire résultat de la région latino-américaine. L’hebdomadaire The Economist anticipe même un soulèvement social au cours des prochaines années. Il a inclus le Mexique dans sa liste des soixante cinq pays du monde présentant les plus hautes probabilités de « rébellion » au cours de l’année 2014 (5).
Paradoxalement, ce mécontentement généralisé pourrait être l’acteur le plus important à l’heure d’impulser un développement durable dans le pays. Ce dont le Mexique a besoin aujourd’hui n’est pas d’accueillir et de mener à ses conséquences ultimes l’ancien modèle de privatisation, mais bien de construire un mouvement social d’opposition fort capable de défendre l’intérêt et les institutions publics à l’heure où les entreprises pétrolières se rapprochent pour profiter des nouvelles « opportunités » dans le pays. Le véritable « décollage » du Mexique, ainsi qu’une économie forte, ne jailliront pas de la privatisation du pétrole, mais de la réponse sociale que cette réforme pourrait entraîner.
Ceux qui défendent la réforme pétrolière au Mexique affirment qu’elle permettra au pays de suivre l’exemple de la Norvège, dont la population a bénéficié des fruits de la production pétrolière dans un contexte impliquant une large participation du secteur privé (6). Mais ce dénouement dépend autant du contexte politique que des réalités économiques. En l’absence d’un Etat fort et animé d’une volonté claire de serrer la vis aux multinationales, une ouverture pétrolière entraînerait probablement de graves problèmes de gouvernabilité et une stagnation économique.
Paradoxalement, c’est le pays qui a montré l’exemple au reste du monde en 1910 avec la première révolution véritablement sociale du XXe siècle qui reste aujourd’hui en retrait de la tendance latino-américaine de revitalisation démocratique avec une « vague rose » de gouvernements décidés à engager une transformation sociale, en Equateur, en Uruguay, en Bolivie, au Venezuela, voire au Brésil ou en Argentine. Au Mexique, le retour au pouvoir du PRI semble, au contraire, annoncer le démantèlement accéléré des conquêtes sociales du siècle dernier. Cependant, bien que la privatisation pétrolière marque la fin d’une époque historique, elle pourrait aussi, comme la chouette de Minerve, signifier le début d’une renaissance sociale, qui permettrait finalement au peuple mexicain d’unir ses forces avec ses frères et sœurs latino-américains dans la transformation politique de l’ensemble du continent américain.
03/2014
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English : Mexico privatized its oil
Le 20 décembre 2013, le Mexique a fait un bond de soixante-seize ans dans le temps quand le président Enrique Peña Nieto a annoncé une réforme constitutionnelle remettant le contrôle de l’industrie pétrolière aux mains des mêmes multinationales qui en avaient été écartées par le père de l’Etat moderne mexicain, le président Lázaro Cárdenas, en 1938. Cela faisait trois décennies que la clique de politiciens néolibéraux qui gouverne le pays échouait dans sa tentative de démanteler le monopole d’Etat de Petróleos Mexicanos (Pemex) et de privatiser la rente pétrolière. Mais en décembre dernier, presque sans aucun débat et comme un coup de tonnerre, il leur a fallu moins de deux semaines pour rassembler les votes nécessaires et accomplir cette transformation historique de la constitution mexicaine (lire « Echec et mat pour la gauche mexicaine »).
Avant la réforme, l’industrie pétrolière mexicaine était l’une des plus « nationales » du monde. Elle contenait une stricte interdiction constitutionnelle contre toute forme de contrat ou de concession accordée au secteur privé lui attribuant un contrôle direct ou des droits de propriété sur l’une des étapes de l’extraction, du raffinage ou de la commercialisation du pétrole. Avec les réformes des articles 25, 27 et 28 de la constitution mexicaine de 1917, Pemex se voit reconvertie en simple sous-traitant du ministère de l’énergie. Le président pourra décider, après appel d’offres mais sans aucune intervention du pouvoir législatif, de la répartition des différents gisements pétrolifères entre les entreprises intéressées. La réforme ouvre également la porte à l’expansion massive de la fracturation hydraulique, ou fracking, sur l’ensemble du territoire mexicain pour l’extraction du pétrole et du gaz naturel.
Le Washington Post a immédiatement salué ces réformes avec émotion :« Alors que l’économie du Venezuela implose et que la croissance du Brésil stagne, le Mexique est en train de devenir le producteur de pétrole latino-américain à surveiller — et un modèle de la façon dont la démocratie peut aider un pays en développement » (éditorial du 16 décembre 2013). Le Financial Times a également applaudi « le vote historique du Mexique en faveur de l’ouverture de son secteur pétrolier et gazier aux investissements privés, après soixante-quinze ans de soumission au joug de l’Etat, (...) un joli coup politique de la part d’Enrique Peña Nieto » (15 décembre 2013). La revue Forbes, quant à elle, promettait : M. Peña Nieto « restera dans les livres d’histoire » (18 novembre 2013).
Ceux qui défendent les modifications de la constitution postulent que Pemex est devenue une entreprise inefficace et corrompue, incapable de tirer avantage des énormes réserves de pétrole et de gaz naturel du pays : approximativement 30 milliards de barils de pétrole et 46 450 milliards de mètres cube de gaz naturel (seul l’Arctique détiendrait de plus grandes réserves de pétrole brut inexplorées). Alors que la production du pétrole au Mexique a fondu ces dernières années d’un pic de 3,3 millions de barils par jour en 2004 à seulement 2,5 millions actuellement, les auteurs de la réforme promettent qu’elle permettra de la porter à 4 millions de barils par jour à l’horizon 2025.
Il n’existe toutefois aucune garantie que l’entrée en scène des multinationales dope la production. La priorité de ces entreprises n’est pas l’exploitation directe du pétrole, mais le contrôle des nouvelles réserves afin de soutenir leur cote en bourse. Est-ce vraiment un hasard si l’un des articles de la réforme énergétique précise que bien que le pétrole mexicain restera « propriété de la nation », les entreprises privées qui bénéficieront de nouvelles licences « pourront reporter dans leur comptabilité et leur bilan l’allocation ou le contrat ainsi que les bénéfices attendus » ?
Ces « bénéfices » pourraient bien ne jamais se matérialiser. Le cas de Repsol en Argentine est un excellent exemple de contraction de la production, dans un contexte de privatisation (1). En avril 2012 le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner a même décidé de nationaliser l’entreprise en réponse à ce qu’elle considérait comme une politique délibérée « de saccage » et « d’improductivité » (2). Les menaces des sociétés pétrolières de ralentir leur production motivèrent également l’expropriation décidée par Cárdenas au Mexique, en 1938.
L’enthousiasme de la presse contraste avec le scepticisme des Mexicains, nourri par une longue expérience des privatisations au cours des deux dernières décennies. Le principal résultat de cet épisode ? L’enrichissement d’une poignée de familles qui forment aujourd’hui une oligarchie prédatrice et corrompue, contrôlant tous les aspects de la vie politique et économique du pays (3). Sans surprise, toutes les études d’opinion suggèrent qu’une grande majorité de la population rejette la privatisation de l’industrie pétrolière (4).
Pourquoi imaginer que le nouveau spasme privatisateur se distingue du précédent ? Après tout, M. Peña Nieto doit sa carrière politique à son mentor, l’ex-président Carlos Salinas de Gortari (1988-1994), responsable de la plus grande partie des privatisations antérieures. Les deux hommes sont membres du très ancien Parti Révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a gouverné le pays pendant soixante et onze ans et qui demeure le plus corrompu du pays.
Mais la privatisation présente également un autre danger : celui d’une importante crise budgétaire. A l’heure actuelle, Pemex fournit un tiers de son budget à l’Etat fédéral. Le gouvernement compensera-t-il le manque à gagner par une hausse de la fiscalité sur des entreprises aussi puissantes qu’Exxon-Mobil, Shell ou Chevron ? Les doutes s’avèrent fondés : quelques jours après que la réforme pétrolière a été annoncée, M. Peña Nieto s’est plié aux pressions des grandes entreprises en signant un décret les exemptant d’une série de nouveaux impôts approuvés à peine deux mois auparavant.
Et si le gouvernement mexicain ne peut pas, ou ne veut pas récolter les impôts nécessaires, il sera bien moins en mesure d’éviter les graves atteintes à l’environnement qui accompagnent inévitablement l’expansion de l’extraction pétrolière — un danger particulièrement important lorsqu’on utilise la technique du fracking. En France, le Conseil constitutionnel a récemment avalisé la loi du 13 juillet 2011 qui interdit précisément l’utilisation de cette technique en raisons des dangers environnementaux qu’elle présente. Au Mexique, le Congrès et la Cour suprême de justice auraient difficilement assez de poids pour résister aux pressions des entreprises pétrolières et prendre une telle mesure. L’impunité dont jouissent les entreprises minières canadiennes sur le sol mexicain n’est qu’une illustration supplémentaire de la vague de destruction environnementale que pourraient entraîner les nouvelles réformes pétrolières.
Face au rejet de la réforme par la population, le gouvernement se réfugie derrière la « grande coalition » politique dont le président s’est armé pendant la première année de son mandat : le « Pacte pour le Mexique », qui a réuni à la table de négociation les dirigeants des trois principaux partis politiques en vue d’un accord sur un agenda législatif commun.
Succès indéniable dans la mesure où il a atténué les conflits entre les membres de la vieille classe politique qui gouverne le pays depuis trois décennies, le Pacte a simultanément approfondi le fossé entre le monde politique et la société. L’enquête annuelle Latinobarómetro révélait en 2013 que seuls 21 % des Mexicains s’estimaient « satisfaits » de leur démocratie : le pire résultat de la région latino-américaine. L’hebdomadaire The Economist anticipe même un soulèvement social au cours des prochaines années. Il a inclus le Mexique dans sa liste des soixante cinq pays du monde présentant les plus hautes probabilités de « rébellion » au cours de l’année 2014 (5).
Paradoxalement, ce mécontentement généralisé pourrait être l’acteur le plus important à l’heure d’impulser un développement durable dans le pays. Ce dont le Mexique a besoin aujourd’hui n’est pas d’accueillir et de mener à ses conséquences ultimes l’ancien modèle de privatisation, mais bien de construire un mouvement social d’opposition fort capable de défendre l’intérêt et les institutions publics à l’heure où les entreprises pétrolières se rapprochent pour profiter des nouvelles « opportunités » dans le pays. Le véritable « décollage » du Mexique, ainsi qu’une économie forte, ne jailliront pas de la privatisation du pétrole, mais de la réponse sociale que cette réforme pourrait entraîner.
Ceux qui défendent la réforme pétrolière au Mexique affirment qu’elle permettra au pays de suivre l’exemple de la Norvège, dont la population a bénéficié des fruits de la production pétrolière dans un contexte impliquant une large participation du secteur privé (6). Mais ce dénouement dépend autant du contexte politique que des réalités économiques. En l’absence d’un Etat fort et animé d’une volonté claire de serrer la vis aux multinationales, une ouverture pétrolière entraînerait probablement de graves problèmes de gouvernabilité et une stagnation économique.
Paradoxalement, c’est le pays qui a montré l’exemple au reste du monde en 1910 avec la première révolution véritablement sociale du XXe siècle qui reste aujourd’hui en retrait de la tendance latino-américaine de revitalisation démocratique avec une « vague rose » de gouvernements décidés à engager une transformation sociale, en Equateur, en Uruguay, en Bolivie, au Venezuela, voire au Brésil ou en Argentine. Au Mexique, le retour au pouvoir du PRI semble, au contraire, annoncer le démantèlement accéléré des conquêtes sociales du siècle dernier. Cependant, bien que la privatisation pétrolière marque la fin d’une époque historique, elle pourrait aussi, comme la chouette de Minerve, signifier le début d’une renaissance sociale, qui permettrait finalement au peuple mexicain d’unir ses forces avec ses frères et sœurs latino-américains dans la transformation politique de l’ensemble du continent américain.
John Mill Ackerman
Chercheur à l’Institut de recherches juridiques de l’Université
nationale autonome du Mexique (UNAM) et directeur de rédaction de la Mexican Law Review.
(1) Lire José Natanson, « Et Buenos Aires (re)trouva du pétrole », Le Monde diplomatique, juin 2012.
(2) « Repsol-YPF es intervenida y se anuncia su expropiación », La Razón, Buenos Aires, 17 avril 2012.
(3) Lire Renaud Lambert, « Carlos Slim, tout l’or du Mexique », Le Monde diplomatique, avril 2008.
(4) Enrique Méndez, « Rechazan ciudadanos la inversión privada en Pemex, revela encuesta », La Jornada, Mexico, 22 juillet 2013.
(5) « Where protest is likeliest to break out », The Economist, Londres, 18 novembre 2013.
(6) Ana Leticia Hernández Julián, « Statoil, Petrobras y Ecopetrol : Tres modelos que el gobierno de México analiza para cambiar a Pemex », Tiempo Real, Mexico, 21 juin 2013.
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27 février 2014
Armes chimiques sous la mer
Réalisation : Nicolas Koutsikas, Eric Nadler, Bob Coen
25/02/2014
Source : http://www.arte.tv
Source : http://future.arte.tv
English : Chemical weapons under the sea
Cachées depuis des décennies, les décharges d'armes chimiques sous-marines livrent un peu de leur secret grâce à cette enquête : un scandale militaire hérité de deux guerres mondiales et une véritable menace pour l'homme et pour l'environnement.
Plus d'un million et demi de tonnes d'armes chimiques non utilisées gisent sur les fonds marins de la planète. Encore s'agit-il d'une estimation, puisque le secret défense qui les entoure à travers le monde empêche toute évaluation précise. Les poisons qu'elles contiennent (gaz moutarde, gaz sarin, arsenic...) s'échappent lentement, inexorablement, des fûts corrodés par des décennies d'immersion. Ces armes sont l'un des terribles héritages des deux guerres mondiales. Jusqu'au début des années 1970, avec un pic entre 1917 et 1945, les armées des grandes puissances ont systématiquement déversé leur arsenal chimique quasi indestructible au fond des mers, dans les lacs ou l'ont enterré. À la conférence de Potsdam, en 1945, les Alliés rassemblent l’ensemble des armes chimiques collectées chez les belligérants et les immergent en mer Baltique, dans l'Atlantique Nord, dans l'Adriatique et dans la Méditerranée (non loin de Saint-Tropez notamment). Les fonds marins au large du Japon et des États-Unis, ainsi que l'océan Indien, sont également concernés.
Bombes à retardement
Des documents déclassifiés et des recherches indépendantes, sur fond de progrès scientifique et technologique, ont permis de lever une part du secret qui entoure ces décharges. Depuis quelques années, en Italie, en Allemagne, aux États-Unis, au Canada ou au Japon, des individus se battent pour localiser et éliminer ces bombes à retardement. Mais les obstacles sont colossaux : la dissimulation et l’imprécision des archives, le secret militaire, le coût des opérations de nettoyage et la crainte de nuire à la pêche ou au tourisme. Il est donc difficile d'évaluer l’ampleur de la menace qui pèse sur les populations et sur les écosystèmes, d’autant que les États font la sourde oreille. L'espoir vient d'une poignée de scientifiques qui ont saisi l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques afin qu'elle s'empare du problème. Ce documentaire captivant, nourri d’interviews et d'images d'archives, passe en revue les zones à risque et montre que des solutions sont possibles pour nettoyer les décharges. À condition que les États acceptent d'y mettre le prix.
Repères historiques
22 avril 1915 : L’Armée allemande fut la première à lancer une offensive chimique d’envergure, lors de la 2ème bataille d’Ypres en Belgique, en utilisant un gaz chloré.
1917 : Le gaz moutarde devient le « roi des gaz de combat ».
2 décembre 1943 : Début de la plus grande catastrophe chimique en Europe : 105 bombardiers de la Luftwaffe coulent 27 navires américains dans le port de Bari, dont « Le John Harvey », qui transportait une cargaison secrète de 2000 bombes de gaz moutarde. Pour éviter d’offrir aux Allemands une grande victoire sur le terrain de la propagande, les Alliés décident de garder le secret sur la nature des armes. Des centaines de civils italiens ne reçoivent alors aucun traitement lorsque le nuage de gaz envahit leur ville…
17 juillet - 2 août 1945 : à la conférence de Potsdam, les Alliés victorieux concluent un accord : ils se répartissent les stocks de toutes les armes chimiques et décident de les déverser en mer. à l’époque, cette solution paraît la plus simple et la plus sûre. Des immersions d’armes chimiques ont eu lieu en mer du Japon, dans l’océan Indien, en mer Baltique, en mer du Nord, dans l’Atlantique Nord, au large de la Côte d’Azur, en France et au large des côtes américaines et canadiennes.
1970 : Fin des versements en mer des armes chimiques.
1972 : Une loi du Congrès américain interdit le déversement d’armes chimiques en mer.
13 janvier 1993 : Signature à Paris de la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction. Elle est entrée en vigueur le 29 avril 1997.
2005 : Début de la construction du gazoduc Nord Stream, qui révèle au grand jour la présence des armes chimiques dans la mer Baltique.
11 octobre 2013 Le prix Nobel de la Paix est décerné à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques. Créée en 1997, elle a supervisé la destruction de 80% des stocks d’agents chimiques déclarés (environ 60 000 tonnes), ainsi que près de 60% des 8 millions de munitions.
12 décembre 2013 : L 'ONU confirme l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Aux termes de la résolution, toutes les armes chimiques syriennes doivent être détruites avant le 30 juin 2014.
2017 : Date de la levée du secret d’état concernant les immersions en mer aux états-Unis et en Grande-Bretagne.
Les principaux gaz utilisés
De nombreux produits toxiques ont été employés dans les armes chimiques. Ces produits se présentent généralement sous forme de gaz ou d’aérosols largués dans des bombes ou pulvérisés par des avions spécialement équipés.
Parmi les principaux :
L’Arsine ou le trihydrure d’arsenic
Un gaz incolore et toxique, plus lourd que l’air, utilisé par l’armée allemande, en association avec d’autres gaz, dans les obus chimiques de la Première Guerre mondiale. Diffusé en aérosol assez fin pour passer la barrière des filtres des masques à gaz, il forçait les soldats à tousser, éternuer ou vomir. Poussés à ôter leur masque, ils respiraient alors d'autres gaz mortels libérés par les obus. Dans la mer, les armes chimiques à base d’arsenic se décomposent en arsenic inorganique, qui est toxique.
Le chlore
Utilisé lors de la première attaque chimique en 1915, le chlore est un puissant agent irritant qui peut infliger des dégâts aux yeux, au nez, à la gorge et aux poumons. À haute concentration, il peut causer la mort par asphyxie.
Le gaz moutarde
Il s’attaque à tous les organes du corps, provoquant de fortes brûlures, notamment aux yeux, menant à la cécité. Jusqu’à dix jours après l’exposition, les poumons peuvent être atteints : toux, inflammation, saignements, puis apparition de lésions alvéolaires entrainant une détresse respiratoire, un oedème pulmonaire et la mort. Dans la mer, le gaz moutarde se décompose en soufre, carbone et hydrogène, des éléments chimiques relativement inoffensifs.
Le Sarin
Découvert en 1939 par trois chercheurs allemands à la recherche de meilleurs pesticides, le gaz sarin est une substance inodore, incolore et volatile. Même à très faible dose, ce neurotoxique peut être fatal pour l’homme et l’animal.
Le Tabun
Découvert par hasard en Allemagne en 1936 par Gerhard Schrader, c’est un gaz à action rapide, inodore et incolore, qui s'attaque au système nerveux et respiratoire.
CARTES DES VERSEMENTS EN MER D'ARMES CHIMIQUES :
EUROPE :

NORTH EUROPE :
SOUTH ITALIA / FRANCE :
SOUTH ASIA :
JAPAN / KOREA :
NORTH UNITED STATES OF AMERICA :
PACIFIC :
La pollution de la mer Baltique
Le développement du trafic maritime est néfaste pour l’environnement, et la Baltique est déjà l’une des mers les plus polluées de la planète. En effet, l’intensité du trafic maritime favorise les accidents de navire (matérialisés par des points rouges sur la carte). Ainsi, plus de 700 barils de pétrole en moyenne sont déversés dans la Baltique chaque année. Ensuite, les fonds marins de la Baltique contiennent des milliers de tonnes de munitions et d’armes chimiques, déversées à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans les zones cerclées de bleu clair sur la carte.
Source : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/mer-baltique-la-mediterranee-du-nord
25/02/2014
Source : http://www.arte.tv
Source : http://future.arte.tv
English : Chemical weapons under the sea
Cachées depuis des décennies, les décharges d'armes chimiques sous-marines livrent un peu de leur secret grâce à cette enquête : un scandale militaire hérité de deux guerres mondiales et une véritable menace pour l'homme et pour l'environnement.
Plus d'un million et demi de tonnes d'armes chimiques non utilisées gisent sur les fonds marins de la planète. Encore s'agit-il d'une estimation, puisque le secret défense qui les entoure à travers le monde empêche toute évaluation précise. Les poisons qu'elles contiennent (gaz moutarde, gaz sarin, arsenic...) s'échappent lentement, inexorablement, des fûts corrodés par des décennies d'immersion. Ces armes sont l'un des terribles héritages des deux guerres mondiales. Jusqu'au début des années 1970, avec un pic entre 1917 et 1945, les armées des grandes puissances ont systématiquement déversé leur arsenal chimique quasi indestructible au fond des mers, dans les lacs ou l'ont enterré. À la conférence de Potsdam, en 1945, les Alliés rassemblent l’ensemble des armes chimiques collectées chez les belligérants et les immergent en mer Baltique, dans l'Atlantique Nord, dans l'Adriatique et dans la Méditerranée (non loin de Saint-Tropez notamment). Les fonds marins au large du Japon et des États-Unis, ainsi que l'océan Indien, sont également concernés.
Bombes à retardement
Des documents déclassifiés et des recherches indépendantes, sur fond de progrès scientifique et technologique, ont permis de lever une part du secret qui entoure ces décharges. Depuis quelques années, en Italie, en Allemagne, aux États-Unis, au Canada ou au Japon, des individus se battent pour localiser et éliminer ces bombes à retardement. Mais les obstacles sont colossaux : la dissimulation et l’imprécision des archives, le secret militaire, le coût des opérations de nettoyage et la crainte de nuire à la pêche ou au tourisme. Il est donc difficile d'évaluer l’ampleur de la menace qui pèse sur les populations et sur les écosystèmes, d’autant que les États font la sourde oreille. L'espoir vient d'une poignée de scientifiques qui ont saisi l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques afin qu'elle s'empare du problème. Ce documentaire captivant, nourri d’interviews et d'images d'archives, passe en revue les zones à risque et montre que des solutions sont possibles pour nettoyer les décharges. À condition que les États acceptent d'y mettre le prix.
Repères historiques
22 avril 1915 : L’Armée allemande fut la première à lancer une offensive chimique d’envergure, lors de la 2ème bataille d’Ypres en Belgique, en utilisant un gaz chloré.
1917 : Le gaz moutarde devient le « roi des gaz de combat ».
2 décembre 1943 : Début de la plus grande catastrophe chimique en Europe : 105 bombardiers de la Luftwaffe coulent 27 navires américains dans le port de Bari, dont « Le John Harvey », qui transportait une cargaison secrète de 2000 bombes de gaz moutarde. Pour éviter d’offrir aux Allemands une grande victoire sur le terrain de la propagande, les Alliés décident de garder le secret sur la nature des armes. Des centaines de civils italiens ne reçoivent alors aucun traitement lorsque le nuage de gaz envahit leur ville…
17 juillet - 2 août 1945 : à la conférence de Potsdam, les Alliés victorieux concluent un accord : ils se répartissent les stocks de toutes les armes chimiques et décident de les déverser en mer. à l’époque, cette solution paraît la plus simple et la plus sûre. Des immersions d’armes chimiques ont eu lieu en mer du Japon, dans l’océan Indien, en mer Baltique, en mer du Nord, dans l’Atlantique Nord, au large de la Côte d’Azur, en France et au large des côtes américaines et canadiennes.
1970 : Fin des versements en mer des armes chimiques.
1972 : Une loi du Congrès américain interdit le déversement d’armes chimiques en mer.
13 janvier 1993 : Signature à Paris de la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction. Elle est entrée en vigueur le 29 avril 1997.
2005 : Début de la construction du gazoduc Nord Stream, qui révèle au grand jour la présence des armes chimiques dans la mer Baltique.
11 octobre 2013 Le prix Nobel de la Paix est décerné à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques. Créée en 1997, elle a supervisé la destruction de 80% des stocks d’agents chimiques déclarés (environ 60 000 tonnes), ainsi que près de 60% des 8 millions de munitions.
12 décembre 2013 : L 'ONU confirme l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Aux termes de la résolution, toutes les armes chimiques syriennes doivent être détruites avant le 30 juin 2014.
2017 : Date de la levée du secret d’état concernant les immersions en mer aux états-Unis et en Grande-Bretagne.
Les principaux gaz utilisés
De nombreux produits toxiques ont été employés dans les armes chimiques. Ces produits se présentent généralement sous forme de gaz ou d’aérosols largués dans des bombes ou pulvérisés par des avions spécialement équipés.
Parmi les principaux :
L’Arsine ou le trihydrure d’arsenic
Un gaz incolore et toxique, plus lourd que l’air, utilisé par l’armée allemande, en association avec d’autres gaz, dans les obus chimiques de la Première Guerre mondiale. Diffusé en aérosol assez fin pour passer la barrière des filtres des masques à gaz, il forçait les soldats à tousser, éternuer ou vomir. Poussés à ôter leur masque, ils respiraient alors d'autres gaz mortels libérés par les obus. Dans la mer, les armes chimiques à base d’arsenic se décomposent en arsenic inorganique, qui est toxique.
Le chlore
Utilisé lors de la première attaque chimique en 1915, le chlore est un puissant agent irritant qui peut infliger des dégâts aux yeux, au nez, à la gorge et aux poumons. À haute concentration, il peut causer la mort par asphyxie.
Le gaz moutarde
Il s’attaque à tous les organes du corps, provoquant de fortes brûlures, notamment aux yeux, menant à la cécité. Jusqu’à dix jours après l’exposition, les poumons peuvent être atteints : toux, inflammation, saignements, puis apparition de lésions alvéolaires entrainant une détresse respiratoire, un oedème pulmonaire et la mort. Dans la mer, le gaz moutarde se décompose en soufre, carbone et hydrogène, des éléments chimiques relativement inoffensifs.
Le Sarin
Découvert en 1939 par trois chercheurs allemands à la recherche de meilleurs pesticides, le gaz sarin est une substance inodore, incolore et volatile. Même à très faible dose, ce neurotoxique peut être fatal pour l’homme et l’animal.
Le Tabun
Découvert par hasard en Allemagne en 1936 par Gerhard Schrader, c’est un gaz à action rapide, inodore et incolore, qui s'attaque au système nerveux et respiratoire.
CARTES DES VERSEMENTS EN MER D'ARMES CHIMIQUES :
EUROPE :

NORTH EUROPE :
SOUTH ITALIA / FRANCE :
SOUTH ASIA :
JAPAN / KOREA :
NORTH UNITED STATES OF AMERICA :
PACIFIC :
La pollution de la mer Baltique
Le développement du trafic maritime est néfaste pour l’environnement, et la Baltique est déjà l’une des mers les plus polluées de la planète. En effet, l’intensité du trafic maritime favorise les accidents de navire (matérialisés par des points rouges sur la carte). Ainsi, plus de 700 barils de pétrole en moyenne sont déversés dans la Baltique chaque année. Ensuite, les fonds marins de la Baltique contiennent des milliers de tonnes de munitions et d’armes chimiques, déversées à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans les zones cerclées de bleu clair sur la carte.
Source : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/mer-baltique-la-mediterranee-du-nord
Documentaire de Nicolas Koutsikas, Eric Nadler et Bob Cohen (France 2013, 88mn)
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23 février 2014
Fukushima Daiichi, quelques nouvelles d’une catastrophe toujours en cours
Par B. Chareyron
02/2014
Source : http://www.criirad.org/pdf
English : Fukushima Daiichi, some news of a disaster still
La CRIIRAD reste très attentive à ce qui se passe à Fukushima et nous alerterions nos adhérents et le grand public en cas de nouveaux rejets massifs dans l’atmosphère.
L’objet de ce court article est de vous donner quelques nouvelles de la situation à Fukushima. Passée la phase de réorganisation interne de la CRIIRAD et la gestion du déménagement nous reviendrons plus longuement sur ce dossier.
Inquiétude sur la situation à la centrale accidentée de TEPCO à Fukushima
La situation reste extrêmement préoccupante en ce début d’année 2014 :
incertitudes sur la localisation du corium, risques liés aux assemblages combustibles de la piscine du réacteur N°4 sur certains desquels TEPCO a détecté des fissures, découverte de nouvelles fuites (par exemple dans la chambre de surpression du réacteur N°2, ou au rez-de-chaussée du réacteur N°3), fuites permanentes dans les eaux souterraines (plusieurs millions de becquerels par litre mesurés dans certains puits) et dans l’océan, difficultés pour la mise en place de la station de traitement des eaux (ALPS) qui n’est toujours pas au point alors que l’entreposage des eaux contaminées dépasse les 400 000 m3, etc.
Inquiétude pour les travailleurs
TEPCO a publié le suivi dosimétrique de 30 904 travailleurs engagés dans les travaux d’urgence à Fukushima Daiichi sur la période mars 2011 à novembre 2013, dont 26 839 sous-traitants. Selon ces données, 6 travailleurs de TEPCO ont reçu plus de 250 milliSieverts (la valeur maximale annoncée est de 678,8 milliSieverts). Ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution puisqu’ils émanent de l’entreprise elle-même. Entreprise qui brille par les dissimulations et autres approximations.
Il est avéré par exemple que TEPCO a sous-estimé les débits de dose mesurés àproximité des réservoirs d’effluents contaminés du fait de la non prise en compte des rayonnements X. De nombreuses questions se posent également sur l’évaluation de l’exposition interne (par exemple par inhalation des gaz rares radioactifs et du tritium).
On peut êtreinquiets pour l’avenir de ces travailleurs d’autant que certaines entreprises en charge de la décontamination de la zone interdite n’hésitent pas à faire appel à des SDF et à des déficients mentaux.
Contamination du milieu marin
Le lessivage des sols contaminés sur plusieurs centaines de kilomètres le long des côtes japonaises et les fuites qui se poursuivent en mer à partir de la centrale accidentée constituent des apports permanents de substances radioactives dans le milieu marin. Sans compter les mécanismes d’accumulation des rejets de 2011 dans les sédiments, la flore et la faune marine.
Certains poissons restent fortement contaminés. Parmi les contrôles effectués par les laboratoires indépendants de CRMS, on notera des saumons à 2456 Bq/kg en césium radioactif (avril 2013 à Iitate, préfecture de Fukushima).
TEPCO a installé des filets dans le port devant la centrale pour que les poissons les plus contaminés ne puissent aller au large. Les mesures de TEPCO montrent une très forte contamination de certaines espèces. Pour la campagne de décembre 2013, 21 échantillons sur 67 dépassent 10 000 Bq/kg en césium 134 et 137 ; 5 dépassent 100 000 Bq/kg avec un maximum de 244 000 Bq/kg.
L’angoisse est planétaire
Le monde entier est conscient que le pire est peut être à venir. Et il est regrettable que l’on ne dispose toujours pas sur place d’un réseau de balises indépendant et fiable facilement consultable par le public, lorsque l’on s’inquiète par exemple des dégagements de vapeur constatés au dessus du réacteur N°3 en fin d’année 2013.
Mais l’inquiétude porte aussi sur la dispersion de la contamination marine. La mise en ligne par un internaute américain le 24 décembre 2013 d’une video montrant des mesures de radiation anormalement élevées sur une plage de Californie (en particulier sur des sables de couleur noire) a semé la panique. Sa video était titrée «Fukushima radiation hits San Francisco ! (Dec 2013) ».
Nous avons indiqué aux personnes qui nous ont contactés que ces données
ne permettaient absolument pas de conclure à une vague de contamination en provenance de Fukushima. Il nous paraissait plus plausible, compte tenu de l’aspect du sable, d’envisager les hypothèses d’une radioactivité naturelle due à l’accumulation de minéraux lourds (1) riches en uranium et thorium ou une pollution par des activités industrielles (2) locales.
Dans le cas de la plage californienne, les enquêtes effectuées début janvier 2014 ont confirmé qu’il s’agissait bien de radionucléides naturels (sans rapport avec Fukushima). Il ne faut cependant pas
banaliser l’impact de cette radioactivité (débit de dose de 1 μSv/h soit 10 fois le niveau naturel typique) et il est souhaitable que l’origine du phénomène soit rapidement élucidée.
Inquiétude pour les réfugiés et personnes vivant sur des territoires contaminés
Cecile Asanuma-Brice, chercheuse au centre de recherche de la Maison
Franco-Japonaise de Tôkyô nous a indiqué que le nombre de réfugiés est de 150 000 à 160 000 (dont 100 000 à l’intérieur du département de Fukushima).
Elle précise que ces chiffres sont à considérer avec prudence «car le système d’enregistrement des réfugiés nécessite que les personnes aillent s’enregistrer à la préfecture de Fukushima avant de partir, ce que peu d’entre elles ont fait, cela engendrant la perte de droits divers ».
Nous avions fait état en décembre (3) 2012 des attentes de la population concernant la mise en œuvre de la loi de juin 2012 appelée « Child Victim's Law ». Elle introduisait le concept de “Target support areas”, territoires où les habitants pourraient recevoir une aide en fonction de leur choix entre 3 possibilités : évacuer , rester ou revenir. Mais de nombreux aspects restaient à clarifier.
Un des plus importants était de préciser à partir de quel niveau de
dose un territoire pourrait être classé “Target support area”.
Malheureusement, et comme on pouvait s’y attendre, la clarification n’est pas allée dans le bon sens. Selon les informations transmises par Wataru Iwata (CRMS) le Ministère de la Construction japonais a annoncé que seulement 33 communes du département de Fukushima seraient concernées en dépit des requêtes de ceux qui ont conçu cette loi et qui demandaient qu’elle couvre tous les territoires où la dose additionnelle excèdait 1 milliSievert par an, ce qui est le cas de nombreuses (4) autres communes y compris dans d’autres départements.
C’est d’autant plus grave que, parmi les personnes concernées, nombreuses sont celles qui ont déjà subi une forte irradiation et contamination interne, en particulier au cours des premières semaines après la catastrophe. Les laisser vivre en territoire contaminé augmente encore chaque jour la probabilité qu’elles souffrent un jour de graves conséquences sanitaires.
Pire, le gouvernement japonais fait tout pour inciter les citoyens à revenir vivre en territoire contaminé.
Cécile Asanuma Brice témoigne (5) :
« Une incitation au retour est mise en place via une politique de communication impressionnante, notamment sur l’expression d'une nécessité du retour au pays natal, l'éloignement de celui-ci étant déterminé comme cause des dépressions conduisant au suicide des personnes dans les logements provisoires (ce qui est en grande partie faux, la cause de leur suicide provenant essentiellement du fait qu'ils sont enfermés dans ces logements depuis trois ans sans espoir de pouvoir aller vivre ailleurs car rien ne leur est proposé, sinon le retour dans des zones invivables (une grande partie de l’ancienne zone d’évacuation ayant été réouverte en mai 2013) ».
La main mise de l’AIEA
En ce qui concerne l’évaluation des conséquences sanitaires, on est en droit d’être inquiets. Il se passe à Fukushima ce qui s’est passé pour Tchernobyl, la prise en main des données sanitaires par le lobby nucléaire à travers l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) qui a signé en fin d’année 2013 un protocole d’accord avec l’Université Médicale de Fukushima. Ce protocole précise en son article 8 que les 2 signataires vont garantir « The confidentiality of information classified by the other Party as restricted or confidential ».
Si l’AIEA décide que des données ne doivent pas être publiées, elles
ne le seront pas.
Rédaction : B. Chareyron, responsable du laboratoire
Notes :
1/ Comme ce que le géologue André Paris et la CRIIRAD ont mis en évidence sur certaines plages de Camargue en 2000.
2/ Voir par exemple la contamination des plages de La Rochelle mise en évidence par la CRIIRAD en 1987. Il s’agissait de l’impact des rejets de l’usine Rhône Poulenc qui traitait des minerais riches en uranium et thorium pour extraction de terres rares.
3/ Voir le Communiqué de presse commun CRIIRAD-CRMS sur http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/fukushima/12-11-05CRIIRADF.pdf
4/ Voir le dossier sur l’interprétation des cartes des retombées dans le TU 54 ou sur le site http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/infos_japon/TU54.pdf
5/ E-Mail à B. Chareyron le 15 janvier 2014. Ecouter aussi l’intervention de Cécile Asanuma Brice au salon Marjolaine : https://www.youtube.com/watch?v=Zry1Bg0yCk8
02/2014
Source : http://www.criirad.org/pdf
English : Fukushima Daiichi, some news of a disaster still
La CRIIRAD reste très attentive à ce qui se passe à Fukushima et nous alerterions nos adhérents et le grand public en cas de nouveaux rejets massifs dans l’atmosphère. L’objet de ce court article est de vous donner quelques nouvelles de la situation à Fukushima. Passée la phase de réorganisation interne de la CRIIRAD et la gestion du déménagement nous reviendrons plus longuement sur ce dossier.
Inquiétude sur la situation à la centrale accidentée de TEPCO à Fukushima
La situation reste extrêmement préoccupante en ce début d’année 2014 :
incertitudes sur la localisation du corium, risques liés aux assemblages combustibles de la piscine du réacteur N°4 sur certains desquels TEPCO a détecté des fissures, découverte de nouvelles fuites (par exemple dans la chambre de surpression du réacteur N°2, ou au rez-de-chaussée du réacteur N°3), fuites permanentes dans les eaux souterraines (plusieurs millions de becquerels par litre mesurés dans certains puits) et dans l’océan, difficultés pour la mise en place de la station de traitement des eaux (ALPS) qui n’est toujours pas au point alors que l’entreposage des eaux contaminées dépasse les 400 000 m3, etc.
Inquiétude pour les travailleurs
TEPCO a publié le suivi dosimétrique de 30 904 travailleurs engagés dans les travaux d’urgence à Fukushima Daiichi sur la période mars 2011 à novembre 2013, dont 26 839 sous-traitants. Selon ces données, 6 travailleurs de TEPCO ont reçu plus de 250 milliSieverts (la valeur maximale annoncée est de 678,8 milliSieverts). Ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution puisqu’ils émanent de l’entreprise elle-même. Entreprise qui brille par les dissimulations et autres approximations.
Il est avéré par exemple que TEPCO a sous-estimé les débits de dose mesurés àproximité des réservoirs d’effluents contaminés du fait de la non prise en compte des rayonnements X. De nombreuses questions se posent également sur l’évaluation de l’exposition interne (par exemple par inhalation des gaz rares radioactifs et du tritium).
On peut êtreinquiets pour l’avenir de ces travailleurs d’autant que certaines entreprises en charge de la décontamination de la zone interdite n’hésitent pas à faire appel à des SDF et à des déficients mentaux.
Contamination du milieu marin
Le lessivage des sols contaminés sur plusieurs centaines de kilomètres le long des côtes japonaises et les fuites qui se poursuivent en mer à partir de la centrale accidentée constituent des apports permanents de substances radioactives dans le milieu marin. Sans compter les mécanismes d’accumulation des rejets de 2011 dans les sédiments, la flore et la faune marine.
Certains poissons restent fortement contaminés. Parmi les contrôles effectués par les laboratoires indépendants de CRMS, on notera des saumons à 2456 Bq/kg en césium radioactif (avril 2013 à Iitate, préfecture de Fukushima).
TEPCO a installé des filets dans le port devant la centrale pour que les poissons les plus contaminés ne puissent aller au large. Les mesures de TEPCO montrent une très forte contamination de certaines espèces. Pour la campagne de décembre 2013, 21 échantillons sur 67 dépassent 10 000 Bq/kg en césium 134 et 137 ; 5 dépassent 100 000 Bq/kg avec un maximum de 244 000 Bq/kg.
L’angoisse est planétaire
Le monde entier est conscient que le pire est peut être à venir. Et il est regrettable que l’on ne dispose toujours pas sur place d’un réseau de balises indépendant et fiable facilement consultable par le public, lorsque l’on s’inquiète par exemple des dégagements de vapeur constatés au dessus du réacteur N°3 en fin d’année 2013.
Mais l’inquiétude porte aussi sur la dispersion de la contamination marine. La mise en ligne par un internaute américain le 24 décembre 2013 d’une video montrant des mesures de radiation anormalement élevées sur une plage de Californie (en particulier sur des sables de couleur noire) a semé la panique. Sa video était titrée «Fukushima radiation hits San Francisco ! (Dec 2013) ».
Nous avons indiqué aux personnes qui nous ont contactés que ces données
ne permettaient absolument pas de conclure à une vague de contamination en provenance de Fukushima. Il nous paraissait plus plausible, compte tenu de l’aspect du sable, d’envisager les hypothèses d’une radioactivité naturelle due à l’accumulation de minéraux lourds (1) riches en uranium et thorium ou une pollution par des activités industrielles (2) locales.
Dans le cas de la plage californienne, les enquêtes effectuées début janvier 2014 ont confirmé qu’il s’agissait bien de radionucléides naturels (sans rapport avec Fukushima). Il ne faut cependant pas
banaliser l’impact de cette radioactivité (débit de dose de 1 μSv/h soit 10 fois le niveau naturel typique) et il est souhaitable que l’origine du phénomène soit rapidement élucidée.
Inquiétude pour les réfugiés et personnes vivant sur des territoires contaminés
Cecile Asanuma-Brice, chercheuse au centre de recherche de la Maison
Franco-Japonaise de Tôkyô nous a indiqué que le nombre de réfugiés est de 150 000 à 160 000 (dont 100 000 à l’intérieur du département de Fukushima).
Elle précise que ces chiffres sont à considérer avec prudence «car le système d’enregistrement des réfugiés nécessite que les personnes aillent s’enregistrer à la préfecture de Fukushima avant de partir, ce que peu d’entre elles ont fait, cela engendrant la perte de droits divers ».
Nous avions fait état en décembre (3) 2012 des attentes de la population concernant la mise en œuvre de la loi de juin 2012 appelée « Child Victim's Law ». Elle introduisait le concept de “Target support areas”, territoires où les habitants pourraient recevoir une aide en fonction de leur choix entre 3 possibilités : évacuer , rester ou revenir. Mais de nombreux aspects restaient à clarifier.
Un des plus importants était de préciser à partir de quel niveau de
dose un territoire pourrait être classé “Target support area”.
Malheureusement, et comme on pouvait s’y attendre, la clarification n’est pas allée dans le bon sens. Selon les informations transmises par Wataru Iwata (CRMS) le Ministère de la Construction japonais a annoncé que seulement 33 communes du département de Fukushima seraient concernées en dépit des requêtes de ceux qui ont conçu cette loi et qui demandaient qu’elle couvre tous les territoires où la dose additionnelle excèdait 1 milliSievert par an, ce qui est le cas de nombreuses (4) autres communes y compris dans d’autres départements.
C’est d’autant plus grave que, parmi les personnes concernées, nombreuses sont celles qui ont déjà subi une forte irradiation et contamination interne, en particulier au cours des premières semaines après la catastrophe. Les laisser vivre en territoire contaminé augmente encore chaque jour la probabilité qu’elles souffrent un jour de graves conséquences sanitaires.
Pire, le gouvernement japonais fait tout pour inciter les citoyens à revenir vivre en territoire contaminé.
Cécile Asanuma Brice témoigne (5) :
« Une incitation au retour est mise en place via une politique de communication impressionnante, notamment sur l’expression d'une nécessité du retour au pays natal, l'éloignement de celui-ci étant déterminé comme cause des dépressions conduisant au suicide des personnes dans les logements provisoires (ce qui est en grande partie faux, la cause de leur suicide provenant essentiellement du fait qu'ils sont enfermés dans ces logements depuis trois ans sans espoir de pouvoir aller vivre ailleurs car rien ne leur est proposé, sinon le retour dans des zones invivables (une grande partie de l’ancienne zone d’évacuation ayant été réouverte en mai 2013) ».
La main mise de l’AIEA
En ce qui concerne l’évaluation des conséquences sanitaires, on est en droit d’être inquiets. Il se passe à Fukushima ce qui s’est passé pour Tchernobyl, la prise en main des données sanitaires par le lobby nucléaire à travers l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) qui a signé en fin d’année 2013 un protocole d’accord avec l’Université Médicale de Fukushima. Ce protocole précise en son article 8 que les 2 signataires vont garantir « The confidentiality of information classified by the other Party as restricted or confidential ».
Si l’AIEA décide que des données ne doivent pas être publiées, elles
ne le seront pas.
Rédaction : B. Chareyron, responsable du laboratoire
Notes :
1/ Comme ce que le géologue André Paris et la CRIIRAD ont mis en évidence sur certaines plages de Camargue en 2000.
2/ Voir par exemple la contamination des plages de La Rochelle mise en évidence par la CRIIRAD en 1987. Il s’agissait de l’impact des rejets de l’usine Rhône Poulenc qui traitait des minerais riches en uranium et thorium pour extraction de terres rares.
3/ Voir le Communiqué de presse commun CRIIRAD-CRMS sur http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/fukushima/12-11-05CRIIRADF.pdf
4/ Voir le dossier sur l’interprétation des cartes des retombées dans le TU 54 ou sur le site http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/infos_japon/TU54.pdf
5/ E-Mail à B. Chareyron le 15 janvier 2014. Ecouter aussi l’intervention de Cécile Asanuma Brice au salon Marjolaine : https://www.youtube.com/watch?v=Zry1Bg0yCk8
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22 février 2014
Inondations à Jakarta : Les pauvres meurent pour rendre les riches encore plus riches
Par Andre Vltchek
06/02/2014
Source : http://www.counterpunch.org
English : Floods in Jakarta : The poor die to make the rich richer
Jakarta
Et c’est reparti pour un tour! Nous sommes en janvier 2014 mais on se croirait en janvier 2013*, ou en janvier de l’année d’avant, ou même il y a 10 ans. Jakarta est sous les eaux; les gens essayent de sauver tout ce qu’ils peuvent mais leur maison est foutue…Des hommes, des femmes et des enfants meurent….des dizaines de milliers sont malades, souffrant de typhoïde et de diarrhée.
Alors que je m’enfonce dans les zones inondées, mon ami, un expert médical m’envoie un sms: «s’il te plaît, fais attention à Jakarta…..à la leptospirose, la typhoïde et aux autres maladies infectieuses…» Il y a déjà des douzaines de morts juste dans la capitale ou tout du moins c’est ce qui a été rapporté dans les médias locaux. Comme toujours, nous ne connaîtrons jamais les vrais chiffres. Comme toujours, ils sont beaucoup plus élevés que les chiffres officiels.
Cette année, ils ont installé beaucoup plus de Posko’s qu’en 2013. En principe, un posko est un poste de sauvetage, mis en place durant les désastres naturels, en théorie pour fournir de l’aide, distribuer de l’eau et de la nourriture ou offrir un abri. Tout autour de Kampung Melayu, il y a des douzaines de posko’s: même les forces spéciales Koppasus réputées pour leur brutalité s’y sont mis, de même que la police qui en gère un autre, juste à côté suivie d’une organisation islamique qui en fait de même. Chaque poste fait sa propre publicité. Mais à l’intérieur, c’est vide; policiers et soldats se divertissent à des jeux, mangent ou dorment. Dans l’abri, il y a seulement une poignée de femmes et d’enfants. Les bateaux en caoutchouc sont au sec; en train d’être gonflés et dégonflés tandis que d’autres bateaux de sauvetage sont adossés contre le mur. Grues, ambulances, bateaux; beaucoup sont totalement à l’arrêt.

Kampung Melayu sous les eaux
«Cette année, les inondations sont pires que celles de l’an dernier», m’explique un officier de police, s’appelant Nurasid. Dans l’abri, la fille d’un chef de quartier me dit qu’elle est ici depuis déjà six jours: «Cette fois l’eau est montée jusqu’à deux mètres, je l’ai mesurée dans notre maison. Je ne sais pas pourquoi.» Bonne question, parce que cette administration a effectivement été élue principalement pour ses promesses de réduire les problèmes de circulation qui paralysent presque toute la ville et pour empêcher les inondations dévastatrices.
A quelques minutes de voiture, sous un échangeur, des douzaines de personnes vivent dehors au milieu de ballots de vêtements, avec leurs enfants et même plusieurs animaux domestiques. L’une des personnes déplacées, Mr Ilyas me raconte: «Nous sommes allés à la mosquée Tahiriyah mais elle était surchargée. Nous n’avons pas pu entrer dans d’autres mosquées -Ils ont refusé de nous accueillir prétextant que si nous entrions, cela serait considéré comme najis et kotor, ce qui signifie impur et crasseux. Nous n’avions aucune idée pourquoi ils pensaient à ça…Nous sommes environ deux cents maintenant sous ce pont. Il y a une cantine tenue par la police à proximité mais ils cuisinent pour eux, et non pour nous.»
La rivière est déchaînée et les maisons le long de ses rives sont clairement coupées du reste du monde. Les habitants, ceux qui sont au sec, passent la journée avec leurs enfants, à regarder ceux qui ne sont pas aussi chanceux.
L’ennui dans les villes indonésiennes est légendaire. Et chaque malheur ou désastre draine une large foule de curieux. Il n’y a même pas la moindre tentative de fournir un peu de secours de la part du gouvernement ou du voisinage. En tout cas, pas en ce moment alors que je suis ici. C’était la même chose l’an dernier…Je sais que des gens obtiennent un peu d’aide. Mais c’est sporadique, insuffisant et sans aucune coordination.
L’eau monte et descend. Des gens meurent. Des milliers d’entre eux n’ont plus de toit, des centaines de milliers, parfois des millions, voient leur habitation endommagée. Le système capitaliste indonésien ne se sent pas concerné. Il méprise tout ce qui est public. Seules des entreprises rentables sont prises au sérieux et mises en oeuvre. En clair: seules des activités qui pouvant enrichir des individus déjà riches, sont sérieusement prises en considération.

La police tente de diriger le trafic les pieds dans l’eau
Alors que Jakarta est sous les eaux, le reste de l’Indonésie a son lot de dévastations: les flots ont submergé au moins 22 villages de Java centre et des glissements de terrain ont fait des victimes à Malang Java-est. 90 personnes ont été emportées par les inondations et glissements de terrain à Manado et ses environs, sur l’île de Sulawesi. Il y a quelques années, l’Onu a désigné l’Indonésie comme «la nation sur terre qui subit le plus de catastrophes».
Il est vrai que le pays est assis sur la ceinture de feu. Il est vrai que le pays est périodiquement secoué par des tremblements de terre, ravagé par des tsunamis et même par des nuées ardentes de volcans en éruption. Certaines calamités sont imprévisibles et inéluctables. Mais la plupart des vies perdues sont dues sans l’ombre d’un doute à des désastres non naturels déclenchés eux mêmes par des éléments totalement artificiels -l’étrange fondamentalisme du marché. L’Indonésie est gouvernée par des voyous, par une clique de voleurs impitoyables qui ont survécu en tant qu’espèces depuis le coup d’état de 1965 soutenu par les Usa dans lequel des citoyens indonésiens de premier plan furent massacrés, emprisonnés ou exilés.
Le pays est paralysé par un mélange violent de féodalisme/capitalisme, fondamentalisme religieux (non seulement islamique, mais aussi chrétien et hindou), ajouté à une désinformation ainsi qu’un piètre niveau d’éducation.
Les infrastructures du pays sont en voie d’implosion. Prêtres corrompus, propriétaires d’usine, lobbies d’affaires: tous n’ont pas de temps à consacrer aux choses qu’ils voient comme futiles ou même insensées: les travaux publics, le développement des transports en commun, de meilleures écoles et hôpitaux ou des choses simples telle la prévention des tsunamis, un système de drainage, la gestion des déchets ou la distribution d’eau potable.

Sous l’échangeur
Le système du pays est basé essentiellement sur l’optimisation des profits, sur le pillage de tout ce qui est encore dans le sol et en surface. Ensuite pour faire bonne figure, quelques miettes de charité sont lancées aux pauvres qui représentent la majorité. Comme un membre de l’Académie des Sciences en Indonésie me le disait il y a quelques années, Jakarta et toutes les grandes villes du pays ont un accès à l’eau potable pire que les villes indiennes et même que celles du Bangladesh. La gestion des déchets est considérée comme une dépense inutile et de ce fait, les rivières et canaux des grandes villes sont encombrés de détritus.
Le système de drainage est inadapté et vieillissant, datant souvent de l’époque coloniale hollandaise lorsque Jakarta alors nommée Batavia était une petite ville de quelques centaines de milliers d’âmes et non le monstre actuel de 12 millions d’habitants. Comme les urbanistes ont englouti quasiment tous les parcs, il subsiste quelques rares espaces verts en ville. Et dans les montagnes, l’érosion des sols, la surexploitation minière et du ‘développement’ encore et encore, ont causé de telles destructions environnementales que lors de la saison des pluies, l’eau s’écoule des hauteurs de manière imprévisible et incontrôlable.
Bien sûr, la nature reprend ses droits; elle punit ceux qui défigurent et détruisent les paysages. Malheureusement, dans ce pays, les véritables responsables de ce projet national désastreux- l’Indonésie- sont planqués derrière de hauts murs dans des zones confortables et relativement sûres. Les pauvres, privés de tout et sans protection, sont secoués par des glissements de terrain, subissant les inondations et perdant tous leurs biens. Une logique implacable.

Dans une tente installée par la police pour secourir les victimes des inondations
«A Jakarta», comme me le disait un homme d’affaires important qui vit désormais à l’étranger: «Ils ne construiront jamais de système de transports en commun décent à cause du lobby automobile. Et ils se fichent pas mal que les grandes villes subissent de graves paralysies liées aux embouteillages et une pollution terrible.» La même chose peut être affirmée concernant l’industrie du bâtiment. Comme me l’avait expliqué Madame Sofya, une victime des dernières inondations qui a littéralement emporté sa maison située au nord de Jakarta: «pourquoi les entreprises devraient t-elles se soucier des projets gouvernementaux? Une fois terminés, les projets ne reviennent plus. Si aucun système d’évacuation n’est installé et que les inondations ne cessent de revenir chaque année, des centaines de milliers de maisons continueront d’être détruites….C’est fantastique n’est ce pas! Pour le business, en effet c’est excellent! Cela signifie des profits juteux pour ceux qui réparent et reconstruisent maisons et bâtiments.»
Le professeur Muslim Muin du prestigieux Institut de Technologie de Bandung (ITB) n’a aucun doute où le problème réside: «Ne blâmons pas les océans. Le niveau de la mer est normal cette année. Le problème se situe dans les rivières et canaux de Jakarta qui ne peuvent pas absorber toute cette quantité d’eau. Avant la saison des pluies, le gouvernement devrait effectuer une simulation hydrodynamique et ainsi il saurait de quelles sortes de pompes il aurait besoin et quel type de système d’évacuation pourrait être utilisé.»
Mais le gouvernement n’a pratiquement jamais effectué ce genre de test. Ainsi, chaque année, les inondations arrivent comme ‘une surprise’. Des gens perdent leur maison. Ceux qui sont au pouvoir réalisent d’énormes profits. Et les religions, d’une manière ou d’une autre, donnent un sens à tout cela. Ainsi les riches restent riches. Rien ne change. Et l’année prochaine, la nation tombera encore une fois des nues devant la catastrophe annoncée.
Article original en anglais : The Floods of Jakarta. The Poor Are Dying to Make the Rich Richer, Counterpunch, 24 janvier 2014.
Traduit par Eric Colonna
Andre Vltchek est un romancier, réalisateur et journaliste d’investigation. Il couvre des guerres et conflits dans des douzaines de pays. Auteur de Point of No Return , roman politique acclamé par la critique, réédité et de nouveau disponible (traduit en français), auteur d’un livre très critique sur l’Indonésie post-suharto et son modèle de libéralisme sauvage“Indonesia – The Archipelago of Fear” (non traduit en français). Après avoir vécu de longues années en Amérique du sud et en Océanie, Vltchek habite et travaille entre l’Asie du sud-est et l’Afrique. On peut le contacter sur son website ou Twitter.
Notes du traducteur
Voir l’article de Vltchek du 25/01/13 Jakarta’s killer floods and the Elites
D’autres photos



06/02/2014
Source : http://www.counterpunch.org
English : Floods in Jakarta : The poor die to make the rich richer
Et c’est reparti pour un tour! Nous sommes en janvier 2014 mais on se croirait en janvier 2013*, ou en janvier de l’année d’avant, ou même il y a 10 ans. Jakarta est sous les eaux; les gens essayent de sauver tout ce qu’ils peuvent mais leur maison est foutue…Des hommes, des femmes et des enfants meurent….des dizaines de milliers sont malades, souffrant de typhoïde et de diarrhée.
Alors que je m’enfonce dans les zones inondées, mon ami, un expert médical m’envoie un sms: «s’il te plaît, fais attention à Jakarta…..à la leptospirose, la typhoïde et aux autres maladies infectieuses…» Il y a déjà des douzaines de morts juste dans la capitale ou tout du moins c’est ce qui a été rapporté dans les médias locaux. Comme toujours, nous ne connaîtrons jamais les vrais chiffres. Comme toujours, ils sont beaucoup plus élevés que les chiffres officiels.
Cette année, ils ont installé beaucoup plus de Posko’s qu’en 2013. En principe, un posko est un poste de sauvetage, mis en place durant les désastres naturels, en théorie pour fournir de l’aide, distribuer de l’eau et de la nourriture ou offrir un abri. Tout autour de Kampung Melayu, il y a des douzaines de posko’s: même les forces spéciales Koppasus réputées pour leur brutalité s’y sont mis, de même que la police qui en gère un autre, juste à côté suivie d’une organisation islamique qui en fait de même. Chaque poste fait sa propre publicité. Mais à l’intérieur, c’est vide; policiers et soldats se divertissent à des jeux, mangent ou dorment. Dans l’abri, il y a seulement une poignée de femmes et d’enfants. Les bateaux en caoutchouc sont au sec; en train d’être gonflés et dégonflés tandis que d’autres bateaux de sauvetage sont adossés contre le mur. Grues, ambulances, bateaux; beaucoup sont totalement à l’arrêt.
Kampung Melayu sous les eaux
«Cette année, les inondations sont pires que celles de l’an dernier», m’explique un officier de police, s’appelant Nurasid. Dans l’abri, la fille d’un chef de quartier me dit qu’elle est ici depuis déjà six jours: «Cette fois l’eau est montée jusqu’à deux mètres, je l’ai mesurée dans notre maison. Je ne sais pas pourquoi.» Bonne question, parce que cette administration a effectivement été élue principalement pour ses promesses de réduire les problèmes de circulation qui paralysent presque toute la ville et pour empêcher les inondations dévastatrices.
A quelques minutes de voiture, sous un échangeur, des douzaines de personnes vivent dehors au milieu de ballots de vêtements, avec leurs enfants et même plusieurs animaux domestiques. L’une des personnes déplacées, Mr Ilyas me raconte: «Nous sommes allés à la mosquée Tahiriyah mais elle était surchargée. Nous n’avons pas pu entrer dans d’autres mosquées -Ils ont refusé de nous accueillir prétextant que si nous entrions, cela serait considéré comme najis et kotor, ce qui signifie impur et crasseux. Nous n’avions aucune idée pourquoi ils pensaient à ça…Nous sommes environ deux cents maintenant sous ce pont. Il y a une cantine tenue par la police à proximité mais ils cuisinent pour eux, et non pour nous.»
La rivière est déchaînée et les maisons le long de ses rives sont clairement coupées du reste du monde. Les habitants, ceux qui sont au sec, passent la journée avec leurs enfants, à regarder ceux qui ne sont pas aussi chanceux.
L’ennui dans les villes indonésiennes est légendaire. Et chaque malheur ou désastre draine une large foule de curieux. Il n’y a même pas la moindre tentative de fournir un peu de secours de la part du gouvernement ou du voisinage. En tout cas, pas en ce moment alors que je suis ici. C’était la même chose l’an dernier…Je sais que des gens obtiennent un peu d’aide. Mais c’est sporadique, insuffisant et sans aucune coordination.
L’eau monte et descend. Des gens meurent. Des milliers d’entre eux n’ont plus de toit, des centaines de milliers, parfois des millions, voient leur habitation endommagée. Le système capitaliste indonésien ne se sent pas concerné. Il méprise tout ce qui est public. Seules des entreprises rentables sont prises au sérieux et mises en oeuvre. En clair: seules des activités qui pouvant enrichir des individus déjà riches, sont sérieusement prises en considération.
La police tente de diriger le trafic les pieds dans l’eau
Alors que Jakarta est sous les eaux, le reste de l’Indonésie a son lot de dévastations: les flots ont submergé au moins 22 villages de Java centre et des glissements de terrain ont fait des victimes à Malang Java-est. 90 personnes ont été emportées par les inondations et glissements de terrain à Manado et ses environs, sur l’île de Sulawesi. Il y a quelques années, l’Onu a désigné l’Indonésie comme «la nation sur terre qui subit le plus de catastrophes».
Il est vrai que le pays est assis sur la ceinture de feu. Il est vrai que le pays est périodiquement secoué par des tremblements de terre, ravagé par des tsunamis et même par des nuées ardentes de volcans en éruption. Certaines calamités sont imprévisibles et inéluctables. Mais la plupart des vies perdues sont dues sans l’ombre d’un doute à des désastres non naturels déclenchés eux mêmes par des éléments totalement artificiels -l’étrange fondamentalisme du marché. L’Indonésie est gouvernée par des voyous, par une clique de voleurs impitoyables qui ont survécu en tant qu’espèces depuis le coup d’état de 1965 soutenu par les Usa dans lequel des citoyens indonésiens de premier plan furent massacrés, emprisonnés ou exilés.
Le pays est paralysé par un mélange violent de féodalisme/capitalisme, fondamentalisme religieux (non seulement islamique, mais aussi chrétien et hindou), ajouté à une désinformation ainsi qu’un piètre niveau d’éducation.
Les infrastructures du pays sont en voie d’implosion. Prêtres corrompus, propriétaires d’usine, lobbies d’affaires: tous n’ont pas de temps à consacrer aux choses qu’ils voient comme futiles ou même insensées: les travaux publics, le développement des transports en commun, de meilleures écoles et hôpitaux ou des choses simples telle la prévention des tsunamis, un système de drainage, la gestion des déchets ou la distribution d’eau potable.
Sous l’échangeur
Le système du pays est basé essentiellement sur l’optimisation des profits, sur le pillage de tout ce qui est encore dans le sol et en surface. Ensuite pour faire bonne figure, quelques miettes de charité sont lancées aux pauvres qui représentent la majorité. Comme un membre de l’Académie des Sciences en Indonésie me le disait il y a quelques années, Jakarta et toutes les grandes villes du pays ont un accès à l’eau potable pire que les villes indiennes et même que celles du Bangladesh. La gestion des déchets est considérée comme une dépense inutile et de ce fait, les rivières et canaux des grandes villes sont encombrés de détritus.
Le système de drainage est inadapté et vieillissant, datant souvent de l’époque coloniale hollandaise lorsque Jakarta alors nommée Batavia était une petite ville de quelques centaines de milliers d’âmes et non le monstre actuel de 12 millions d’habitants. Comme les urbanistes ont englouti quasiment tous les parcs, il subsiste quelques rares espaces verts en ville. Et dans les montagnes, l’érosion des sols, la surexploitation minière et du ‘développement’ encore et encore, ont causé de telles destructions environnementales que lors de la saison des pluies, l’eau s’écoule des hauteurs de manière imprévisible et incontrôlable.
Bien sûr, la nature reprend ses droits; elle punit ceux qui défigurent et détruisent les paysages. Malheureusement, dans ce pays, les véritables responsables de ce projet national désastreux- l’Indonésie- sont planqués derrière de hauts murs dans des zones confortables et relativement sûres. Les pauvres, privés de tout et sans protection, sont secoués par des glissements de terrain, subissant les inondations et perdant tous leurs biens. Une logique implacable.
Dans une tente installée par la police pour secourir les victimes des inondations
«A Jakarta», comme me le disait un homme d’affaires important qui vit désormais à l’étranger: «Ils ne construiront jamais de système de transports en commun décent à cause du lobby automobile. Et ils se fichent pas mal que les grandes villes subissent de graves paralysies liées aux embouteillages et une pollution terrible.» La même chose peut être affirmée concernant l’industrie du bâtiment. Comme me l’avait expliqué Madame Sofya, une victime des dernières inondations qui a littéralement emporté sa maison située au nord de Jakarta: «pourquoi les entreprises devraient t-elles se soucier des projets gouvernementaux? Une fois terminés, les projets ne reviennent plus. Si aucun système d’évacuation n’est installé et que les inondations ne cessent de revenir chaque année, des centaines de milliers de maisons continueront d’être détruites….C’est fantastique n’est ce pas! Pour le business, en effet c’est excellent! Cela signifie des profits juteux pour ceux qui réparent et reconstruisent maisons et bâtiments.»
Le professeur Muslim Muin du prestigieux Institut de Technologie de Bandung (ITB) n’a aucun doute où le problème réside: «Ne blâmons pas les océans. Le niveau de la mer est normal cette année. Le problème se situe dans les rivières et canaux de Jakarta qui ne peuvent pas absorber toute cette quantité d’eau. Avant la saison des pluies, le gouvernement devrait effectuer une simulation hydrodynamique et ainsi il saurait de quelles sortes de pompes il aurait besoin et quel type de système d’évacuation pourrait être utilisé.»
Mais le gouvernement n’a pratiquement jamais effectué ce genre de test. Ainsi, chaque année, les inondations arrivent comme ‘une surprise’. Des gens perdent leur maison. Ceux qui sont au pouvoir réalisent d’énormes profits. Et les religions, d’une manière ou d’une autre, donnent un sens à tout cela. Ainsi les riches restent riches. Rien ne change. Et l’année prochaine, la nation tombera encore une fois des nues devant la catastrophe annoncée.
Andre Vltchek
Article original en anglais : The Floods of Jakarta. The Poor Are Dying to Make the Rich Richer, Counterpunch, 24 janvier 2014.
Traduit par Eric Colonna
Andre Vltchek est un romancier, réalisateur et journaliste d’investigation. Il couvre des guerres et conflits dans des douzaines de pays. Auteur de Point of No Return , roman politique acclamé par la critique, réédité et de nouveau disponible (traduit en français), auteur d’un livre très critique sur l’Indonésie post-suharto et son modèle de libéralisme sauvage“Indonesia – The Archipelago of Fear” (non traduit en français). Après avoir vécu de longues années en Amérique du sud et en Océanie, Vltchek habite et travaille entre l’Asie du sud-est et l’Afrique. On peut le contacter sur son website ou Twitter.
Notes du traducteur
Voir l’article de Vltchek du 25/01/13 Jakarta’s killer floods and the Elites
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9 janvier 2014
Le typhon Haiyan : La catastrophe des Philippines n’est pas due au réchauffement climatique
Par Prof Michel Chossudovsky
Source : http://www.mondialisation.ca
19/11/2013
English : Climate Change: The Philippines Haiyan Typhoon is not the Result of Global Warming
Haiyan (Yolanda), le typhon tropical le plus puissant jamais enregistré, a frappé les Philippines, entraînant des conséquences dévastatrices pour tout le pays et faisant des [milliers de morts]. Environ 615.000 personnes ont été déplacées et jusqu’à 4,3 millions de personnes ont été touchées, selon sources gouvernementales.
La tragédie des Philippines est devenue un sujet de discussion à la Conférence internationale de Varsovie sur les changements climatiques sous l’égide de l’ONU. La cause du typhon Haiyan et la détresse qui en résulte ont simplement été attribuées, sans preuves, à l’impact du réchauffement climatique.

Bien qu’il n’existe aucune preuve scientifique que le super typhon Haiyan soit la conséquence du réchauffement climatique, les déclarations d’ouverture au Sommet de Varsovie ont laissé entendre dans des termes sans équivoque qu’il y avait une relation de cause à effet prouvée. La secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), Christiana Figueres, a affirmé (sans preuves) que le typhon fait partie de la « triste réalité » du réchauffement climatique. (Cité dans Did Climate Change Cause Supertyphoon Haiyan? | TIME.com, 11 novembre 2013.)
Le représentant des Philippines à la confrence de l’ONU sur les changement climatiques, M. Yeb Sano, a déclaré lors de son discours à la séance d’ouverture :
Ironie amère du sort, la tragédie des Philippines a contribué à
renforcer un consensus qui remplit indirectement les poches des
entreprises faisant du lobbyisme pour un nouvel accord sur le commerce
du carbone. Le système de plafonnement et échange (cap and trade) est
une manne de plusieurs milliards de dollars, s’appuyant sur le consensus
sur le réchauffement planétaire. Selon Mme Figueres, chef de la
(CCNUCC) :
La manipulation des marchés de plafonnement et échange est connue et
docmentée. L’enjeu constitue le commerce des produits dérivés du
carbone, contrôlé par les puissantes institutions financières comme JP
Morgan Chase. (Voir Copenhagen’s Hidden Agenda: The Multibillion Trade in Carbon Derivatives,
Global Research, 8 décembre 2009.) En 2008, Simon Linnett,
vice-président de Rothschild & Sons a reconnu la nature de cette
entreprise multimilliardaire :
Le plafonnement et l’échange de crédits transformé en produits
dérivés se nourrit du consensus sur le réchauffement planétaire. Sans ce
consensus, ce commerce de plusieurs milliards de dollars serait un
cuisant échec.
La crise humanitaire aux Philippines n’a rien à voir avec le réchauffement climatique. Les conséquences sociales du typhon Haiyan sont aggravés par le manque d’infrastructure et de services sociaux, sans compter l’absence d’une politique de logement cohérente. Les personnes les plus touchées par le typhon vivent dans la pauvreté dans des maisons de fortune.
Une réduction des émissions de CO2, comme l’a suggéré M. Yeb Sano lors de son discours à la séance d’ouverture du Sommet sur le climat à Varsovie, n’est pas une solution à la détresse d’une population appauvrie.
Aux Philippines, les répercussions sociales des catastrophes naturelles sont invariablement exacerbées par un cadre politique macro-économique imposé par les créanciers extérieurs de Manille.
La coup fatal des réformes économiques néolibérales est en jeu. Depuis plus de 25 ans, depuis la disparition de la dictature de Marcos, la « médecine économique » du FMI sous la gouverne du Consensus de Washington prévaut, servant en grande partie les intérêts des institutions financières et des sociétés minières et agroalimentaires.
Le gouvernement de Benigno Aquino s’est lancé dans une nouvelle vague de mesures d’austérité impliquant la privatisation généralisée et la réduction des programmes sociaux. En revanche, une grande partie du budget de l’État a été redirigée vers l’armée, laquelle collabore avec le Pentagone dans le cadre du « virage asiatique » d’Obama. Ce programme, qui sert les intérêts de Washington au détriment des Philippins, comprend également l’achat de systèmes d’armes avancés d’une valeur de de 1,7 milliard de dollars.
Article original : Climate Change: The Philippines Haiyan Typhoon is not the Result of Global Warming
Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
Source : http://www.mondialisation.ca
19/11/2013
English : Climate Change: The Philippines Haiyan Typhoon is not the Result of Global Warming
Haiyan (Yolanda), le typhon tropical le plus puissant jamais enregistré, a frappé les Philippines, entraînant des conséquences dévastatrices pour tout le pays et faisant des [milliers de morts]. Environ 615.000 personnes ont été déplacées et jusqu’à 4,3 millions de personnes ont été touchées, selon sources gouvernementales.
La tragédie des Philippines est devenue un sujet de discussion à la Conférence internationale de Varsovie sur les changements climatiques sous l’égide de l’ONU. La cause du typhon Haiyan et la détresse qui en résulte ont simplement été attribuées, sans preuves, à l’impact du réchauffement climatique.
Bien qu’il n’existe aucune preuve scientifique que le super typhon Haiyan soit la conséquence du réchauffement climatique, les déclarations d’ouverture au Sommet de Varsovie ont laissé entendre dans des termes sans équivoque qu’il y avait une relation de cause à effet prouvée. La secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), Christiana Figueres, a affirmé (sans preuves) que le typhon fait partie de la « triste réalité » du réchauffement climatique. (Cité dans Did Climate Change Cause Supertyphoon Haiyan? | TIME.com, 11 novembre 2013.)
Le représentant des Philippines à la confrence de l’ONU sur les changement climatiques, M. Yeb Sano, a déclaré lors de son discours à la séance d’ouverture :
« Les typhons comme Yolanda et leurs
conséquences représentent un triste rappel à la communauté
internationale que nous ne pouvons nous permettre de tergiverser sur
l’action climatique. Varsovie doit tenir parole en élevant ses
aspirations et trouver la volonté politique pour lutter contre le
changement climatique. » ( UN News Center, 11 novembre 2013.)
« Nous devons clarifier la finance
permettant au monde entier d’aller vers un développement à faible
émission de carbone, … Nous devons mettre en œuvre un mécanisme aidant
les populations vulnérables à faire face aux effets inattendus du
changement climatique. »
« En tant que banquier, je salue
également le fait que le système de “plafonnement et échange” soit
devenu la méthode dominante pour le contrôle du CO2. Contrairement à la
fiscalité ou à la simple réglementation, le plafonnement et l’échange
offre davantage de possibilités pour la participation et l’innovation du
secteur privé. » ( Telegraph, 31 janvier, 2008)
La crise humanitaire aux Philippines n’a rien à voir avec le réchauffement climatique. Les conséquences sociales du typhon Haiyan sont aggravés par le manque d’infrastructure et de services sociaux, sans compter l’absence d’une politique de logement cohérente. Les personnes les plus touchées par le typhon vivent dans la pauvreté dans des maisons de fortune.
Une réduction des émissions de CO2, comme l’a suggéré M. Yeb Sano lors de son discours à la séance d’ouverture du Sommet sur le climat à Varsovie, n’est pas une solution à la détresse d’une population appauvrie.
Aux Philippines, les répercussions sociales des catastrophes naturelles sont invariablement exacerbées par un cadre politique macro-économique imposé par les créanciers extérieurs de Manille.
La coup fatal des réformes économiques néolibérales est en jeu. Depuis plus de 25 ans, depuis la disparition de la dictature de Marcos, la « médecine économique » du FMI sous la gouverne du Consensus de Washington prévaut, servant en grande partie les intérêts des institutions financières et des sociétés minières et agroalimentaires.
Le gouvernement de Benigno Aquino s’est lancé dans une nouvelle vague de mesures d’austérité impliquant la privatisation généralisée et la réduction des programmes sociaux. En revanche, une grande partie du budget de l’État a été redirigée vers l’armée, laquelle collabore avec le Pentagone dans le cadre du « virage asiatique » d’Obama. Ce programme, qui sert les intérêts de Washington au détriment des Philippins, comprend également l’achat de systèmes d’armes avancés d’une valeur de de 1,7 milliard de dollars.
Michel Chossudovsky
Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
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(Fukushima) La pollution de l’Océan Pacifique s’étend inexorablement
Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr
30/12/2013
English : (Fukushima) Pollution of the Pacific Ocean is spreading inexorably
Résumés d’une série d’Articles concernant la pollution de l’océan pacifique présentés par ENENEWS
Hirokai Kurosaki, economiste, 25 Dec. 2013:
Russian Experts: La pollution de Fukushima se
disperse partout sur la terre; clairement, une grande quantité de
poissons, de fruits de mer et autres produits de la mer ont été pollués.
Ces produits représentent un grand danger pour l’espèce humaine lorsque
ils sont consommés en grande quantité par les gens.
Maxim Shingarkin, vice-président du Comité de la Douma d’État de Russie pour les ressources naturelles, le 26 décembre 2013: “Les courants dans l’océan mondial sont ainsi faits que les zones de pêche près de la côte Nord Ouest des US on plus de probabilités de contenir des produits radioactifs que la mer d’Okhotk qui est bien plus près du Japon. Ces produits sont le principal danger pour l’humanité parce qu’ils peuvent se retrouver dans les assiettes des gens en grandes quantités. [...] Les émissions dans l’air n’ont pas été projetées dans la mer D’Okhotsk, ni à Sakhalin, ni loin vers l’Est, ni dans les îles Kouriles. Donc, le transport aérien de marchandises ne semble pas dangereux pour autant. Je veux dire à ce jour parce que tout le combustible nucléaire pas a été retiré des unités de production d’électricité. Ceci signifie que des émissions radioactives dans l’atmosphère sont possibles en cas de surchauffe.
Vladimir Slivyak, Co-président du groupe de l’écologie international Ecodefence, le 26 décembre 2013: « Le gouvernement russe prévu de limiter la pêche dans l’Extrême-Orient. Pour autant que je sache, aucune de ces restrictions n’a été mise en patique à ce jour. Néanmoins, il est possible que certaines mesures seront prises. [...] Il a fallu des années après Tchernobyl pour en tirer des conclusions détaillées sur l’ampleur de la pollution nucléaire. Nous avons une situation similaire avec Fukushima [...] Nous saurons probablement les conséquences de cet accident dans 10-15 ans. Il est clair qu’une grande quantité de poissons, algues et tout ce que l’océan contient ont été pollués. Il est clair que la pollution se répand sur toute la terre. Il est clair que de vastes territoires ont été pollués au Japon même. Tout cela est généralement clair. Mais nous avons besoin de recherche afin de fournir plus de détails et cela prendra beaucoup de temps « .

En savoir plus sur Arnie Gundersen sur le site de son organisation
Sur la côte pacifique des USA et du Canada, il y a des phénomènes
jamais vus auparavant: forte mortalité des étoiles de mer, poissons
décolorés, comportements anormaux de populations entières… il se passe
quelque chose dans le pacifique et les chercheurs ne savent pas quoi.
Serait-ce la pollution radioactive ? nul ne le sait. Aux dernières
nouvelles des Aigles de cette région souffriraient maintenant d’une
maladie jamais vue qui les empèche de marcher et voler…
On peut voir aussi sur les cartes que la pollution s’infiltre dans le détroit de Bering. Ce détroit donne sur l’océan atlantique.

[...] Atomic Energy Authority (AEA): Le Coordinateur National du Projet, Directeur des Sciences de la Vie , Wijeya A. Waduge a déclaré qu’une étude avait été menée selon les techniques de l’Autorité de l’énergie atomique (AIEA).
Grâce à cette étude, ils ont établi des données de référence pour la radioactivité marine autour du Sri Lanka [~ 4,300 miles de Fukushima, Japon]. Le Sri Lanka n’est pas atteint par la zone de danger de radiation, mais il est temps pour toutes les parties prenantes d’ être sur le qui-vive (..) Waduge dit que les niveaux de rayonnement, en particulier dans les produits de la mer importés du Japon, avaient sensiblement augmenté. [...] Ces niveaux de rayonnement étaient en dessous du niveau de 100 Becquerel [Bq / kg] de danger, avec des résultats variant entre 15 et 20 [...]

30/12/2013
English : (Fukushima) Pollution of the Pacific Ocean is spreading inexorably
Résumés d’une série d’Articles concernant la pollution de l’océan pacifique présentés par ENENEWS
Concernant la pêche à proximité de Fukushima Dai Ichi (traduits de l’anglais)
Aleksey Yaroshevsky, RT reporter, 25 Dec. 2013 :
“Au port de SOMA (~45 km de Fukushima Dai ichi) quoiqu’ il soit juste quelques Km des zones contaminées par la radioactivité, des produits de la mer de toutes sortes et de toutes tailles sont amenés plusieurs fois par jour. C’est préoccupant… «Réponse (indirecte) de Akihisa Sato, travailleur au laboratoire, 25 Dec. 2013:
“Nous prenons des échantillons de chaque prise et si nous trouvons la plus petite trace de contamination, nous détruisons la totalité de la prise…. Ce poisson est sûr.Autre avis:
Hirokai Kurosaki, economiste, 25 Dec. 2013:
“La plus grande partie du poisson pêché dans un rayon de 30 km est jeté aux ordures car contaminé. Et Tepco indemnise les pêcheurs locaux; ainsi ils sont contents et gardent le silence. Certain poissons sont commercialisés mais seulement localement.
En Russie on se préoccupe également:
Maxim Shingarkin, vice-président du Comité de la Douma d’État de Russie pour les ressources naturelles, le 26 décembre 2013: “Les courants dans l’océan mondial sont ainsi faits que les zones de pêche près de la côte Nord Ouest des US on plus de probabilités de contenir des produits radioactifs que la mer d’Okhotk qui est bien plus près du Japon. Ces produits sont le principal danger pour l’humanité parce qu’ils peuvent se retrouver dans les assiettes des gens en grandes quantités. [...] Les émissions dans l’air n’ont pas été projetées dans la mer D’Okhotsk, ni à Sakhalin, ni loin vers l’Est, ni dans les îles Kouriles. Donc, le transport aérien de marchandises ne semble pas dangereux pour autant. Je veux dire à ce jour parce que tout le combustible nucléaire pas a été retiré des unités de production d’électricité. Ceci signifie que des émissions radioactives dans l’atmosphère sont possibles en cas de surchauffe.
Vladimir Slivyak, Co-président du groupe de l’écologie international Ecodefence, le 26 décembre 2013: « Le gouvernement russe prévu de limiter la pêche dans l’Extrême-Orient. Pour autant que je sache, aucune de ces restrictions n’a été mise en patique à ce jour. Néanmoins, il est possible que certaines mesures seront prises. [...] Il a fallu des années après Tchernobyl pour en tirer des conclusions détaillées sur l’ampleur de la pollution nucléaire. Nous avons une situation similaire avec Fukushima [...] Nous saurons probablement les conséquences de cet accident dans 10-15 ans. Il est clair qu’une grande quantité de poissons, algues et tout ce que l’océan contient ont été pollués. Il est clair que la pollution se répand sur toute la terre. Il est clair que de vastes territoires ont été pollués au Japon même. Tout cela est généralement clair. Mais nous avons besoin de recherche afin de fournir plus de détails et cela prendra beaucoup de temps « .
Aux États Unis
Arnold Gundersen s’élève contre la politique du secret que pratique le gouvernement américain
Uncertainty
in Simulation of Global Transport of Radioactive Tracer Emitted from
Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant, Studies on the 2011 Off the
Pacific Coast of Tohoku Earthquake, 2014
De Portland au sud, à Vancouver au nord, il y a eu localement d’importants dépôts de particules chaudes. L’un des scientifiques avec qui nous travaillons avait des filtres à air à Seattle, contrôlant l’air en continu; nous pourrions montrer clairement que l’individu moyen à Seattle a inhalé environ 10 particules chaudes par jour dans ses poumons. Quoi que vous fassiez, vous ne pouvez pas expulser ça: la taille des particules est telle qu’une fois inspirée, elle se dépose dans votre poumon [...] Ce que les gens à Seattle auraient pu faire était de mettre des masques à air, mais bien sûr, le temps que nous ayons les données et qu’elles soient analysées, on était en mai et le plus gros du nuage était déjà passé. Les autorités savaient cependant. Je suis absolument convaincu que les autorités savaient et ont choisi de nous garder tous dans l’ignorance. A Seattle le gouvernement a annoncé qu’il allait faire voler des hélicoptères le long de la côte tout au long de la région de Seattle. Ils ont dit qu’ils faisaient la surveillance du rayonnement de fond, et que c’était juste une pure coïncidence qu’ils fassent cela seulement 90 jours après Fukushima Daiichi. Je ne le crois pas. Je pense que ces hélicoptères étaient à la recherche de particules chaudes et on ne nous a pas donné le résultat de ces enquêtes. Ils ont dit que c’était un secret de sécurité nationale. Donc, les autorités savaient et ne nous ont pas avertis [...]
En savoir plus sur Arnie Gundersen sur le site de son organisation
On peut voir aussi sur les cartes que la pollution s’infiltre dans le détroit de Bering. Ce détroit donne sur l’océan atlantique.
Surface water distribution of Fukushima 137Cs in 2012 (Aoyama et al., 2013; G. Hong, pers. comm. [personal communication])
Les chinois ont de leur côté mis l’embargo sur certains produits de la mer en provenance du japon.
Sri Lanka
The Island, le 25 décembre 2013: Les produits de mer des importations en provenance du Japon indiquent une contamination radioactive
[...] Atomic Energy Authority (AEA): Le Coordinateur National du Projet, Directeur des Sciences de la Vie , Wijeya A. Waduge a déclaré qu’une étude avait été menée selon les techniques de l’Autorité de l’énergie atomique (AIEA).
Grâce à cette étude, ils ont établi des données de référence pour la radioactivité marine autour du Sri Lanka [~ 4,300 miles de Fukushima, Japon]. Le Sri Lanka n’est pas atteint par la zone de danger de radiation, mais il est temps pour toutes les parties prenantes d’ être sur le qui-vive (..) Waduge dit que les niveaux de rayonnement, en particulier dans les produits de la mer importés du Japon, avaient sensiblement augmenté. [...] Ces niveaux de rayonnement étaient en dessous du niveau de 100 Becquerel [Bq / kg] de danger, avec des résultats variant entre 15 et 20 [...]
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12 décembre 2013
Tritium à la mer : L’AIEA encourage Tepco à rejeter l’eau radioactive à l’océan
Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr
05/12/2013
English : IAEA recommends discharging Fukushima radioactive water to the sea
Tepco se trouve avec d’énormes quantités d’eau radioactive qui vont croissant et dont il ne sait que faire.

L’AIEA,
après une visite sur place recommande d’envisager de rejeter cette eau
radioactive à la mer. Bien sur, ce serait après « traitement » de
décontamination et de façon « contrôlée ».
Mais ils avouent quand même qu’ils ne savent pas retenir le Tritium.
A supposer que la décontamination pour les autres substances radioactives soit efficace, ce serait donc de l’eau tritiée qui finirait dans la poubelle collective « océan Pacifique ».
Allison Macfarlane, à la tête de la NRC, l’autorité de sûreté
nucléaire américaine, en visite au Japon, a déclaré de même que l’eau
partiellement décontaminée par ALPS, mais contenant toujours beaucoup de
tritium, devrait être rejetée en mer, après avoir été diluée, car il
n’y a pas d’autre solution.
- Rejeter à la mer, c’est tous les riverains et habitants du Pacifique, tous les poissons et autres habitants de l’océan qui vont en être contaminés. Progressivement la contamination va s’étendre à l’ensemble des mers.L’industrie nucléaire, incapable de gérer ses déchets en est toujours au stade de « l’océan poubelle »; et ce sont les populations qui vont en subir les conséquences.
Comme l’hydrogène « normal », il s’unit à l’oxygène et forme ainsi une eau radioactive sous différentes formes.
Pur, il est très radioactif.
Dans l’environnement on le trouve sous une forme très diluée dans l’eau normale appelée eau tritiée.
Il se désintègre en émettant un rayonnement Beta- , de faible énergie
Sa demi-vie est de 12,32 ans (il faut donc 120 ans pour qu’il ne persiste plus que 1/1000 de la radioactivité initiale).
Il est rare dans l’environnement naturel
Il est fabriqué et émis dans l’environnement par:
Comme l’organisme ne le distingue pas de l’hydrogène normal, le tritium s’incorpore dans tous les tissus animaux et végétaux.
Il est difficile à stocker, il traverse aciers et béton.
Il n’existe pas de méthode industrielle pour le piéger; ce qui fait que la totalité du Tritium fabriqué par l’industrie nucléaire est libérée dans l’environnement…(ASN)
05/12/2013
English : IAEA recommends discharging Fukushima radioactive water to the sea
Tepco se trouve avec d’énormes quantités d’eau radioactive qui vont croissant et dont il ne sait que faire.
Juan
Carlos Lentigo, à G, chef de l’équipe d’experts de l’AIEA pendant une
conférence de presse à Tokyo le 4 Déc. (image Akira Hatano- Asahi)
Mais ils avouent quand même qu’ils ne savent pas retenir le Tritium.
A supposer que la décontamination pour les autres substances radioactives soit efficace, ce serait donc de l’eau tritiée qui finirait dans la poubelle collective « océan Pacifique ».
Un article en anglais de l’Asahi Shimbun
Note:
- Tepco laisse filer déjà chaque jour à l’océan quelque 400m3 d’eaux contaminées, de façon incontrôlée.- Rejeter à la mer, c’est tous les riverains et habitants du Pacifique, tous les poissons et autres habitants de l’océan qui vont en être contaminés. Progressivement la contamination va s’étendre à l’ensemble des mers.L’industrie nucléaire, incapable de gérer ses déchets en est toujours au stade de « l’océan poubelle »; et ce sont les populations qui vont en subir les conséquences.
Qu’est-ce que le Tritium ?
Le tritium est l’isotope radio actif de l’Hydrogène (symbole: 3H ou T)Comme l’hydrogène « normal », il s’unit à l’oxygène et forme ainsi une eau radioactive sous différentes formes.
Pur, il est très radioactif.
Dans l’environnement on le trouve sous une forme très diluée dans l’eau normale appelée eau tritiée.
Il se désintègre en émettant un rayonnement Beta- , de faible énergie
Sa demi-vie est de 12,32 ans (il faut donc 120 ans pour qu’il ne persiste plus que 1/1000 de la radioactivité initiale).
Il est rare dans l’environnement naturel
Il est fabriqué et émis dans l’environnement par:
- les explosions d’armes nucléaires
- l’industrie nucléaire: les centrales, la fabrication des armes atomiques et surtout les centres de retraitement des combustibles
- Ses usages:
- en premier lieu: « améliorer le rendement des armes thermonucléaires »
- il est un élément de base des réacteurs ITER
- traceur en biologie, exploration pétrolière, gaz de schiste etc…
Comme l’organisme ne le distingue pas de l’hydrogène normal, le tritium s’incorpore dans tous les tissus animaux et végétaux.
Il est difficile à stocker, il traverse aciers et béton.
Il n’existe pas de méthode industrielle pour le piéger; ce qui fait que la totalité du Tritium fabriqué par l’industrie nucléaire est libérée dans l’environnement…(ASN)
Les infos dont on parle peu n°48 (30 Novembre 2013)
Source : http://www.agenceinfolibre.fr
Infos internationales
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Infos internationales
- Cas de censure sur la chaîne de télévision américaine CNN
- La France se prépare à intervenir en Centrafrique
- La France est prête à envoyer 800 soldatsen Centrafrique
- Témoignage de Bokassa
- L’accord entre les 6 et l’Iran sur le nucléaire Iranien
- Accord nucléaire iranien : « une erreur historique » selon Netanyahu
- Le Pakistan fait voler en éclat la couverture d’un des chef de la CIA après une attaque de drones
- La CIA aurait recruté des agents doubles à Guantanamo
- Reportage : Fabrication de tueurs et plus par Contrôle mental ( MK ULTRA)
- Deux B-52 américains ont pénétré dans la zone de défense aérienne chinoise
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- Heurts en Lybie
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2 novembre 2013
IKEA, bien pire qu'un marchand de meubles
Source : https://www.sauvonslaforet.org
07/2012
English : IKEA, even worse than a furniture dealer
Dans une lettre ouverte adressée à Sauvons la forêt (Rettet den Regenwald e.V.), l'association FSC-Deutschland a fait une déclaration étonnante par la voix de son directeur M. Uwe Sayer : « Votre affirmation selon laquelle le FSC est un écolabel est fausse et sans fondement. »
Pourtant, une simple recherche sur internet avec les termes « FSC » et « écolabel » offre quelques 450.000 résultats de pages web (source: google.fr) contenant les deux termes. Médias, organisations de protection de l'environnement ou marchands de meubles présentent depuis plusieurs années le FSC comme un « écolabel ». Le FSC proteste-t'il aussi auprès de ces institutions, comme il le fait présentement auprès de notre association, contre la diffusion de cette « fausse » information le concernant ?
Ou bien le FSC est-il dérangé par la pétition de Sauvons la forêt « IKEA, bien pire qu'un marchand de meubles » dans laquelle le géant du meuble suédois est critiqué pour ses coupes à blanc industrielles dans les forêts primaires de Russie ? Ces déforestations sont certifiées « durables » par le « label » du FSC. Plus de 62.000 personnes ont déjà signé la pétition à ce jour.
Les critiques portant sur l'attribution du label FSC à des exploitations forestières industrielles dans les forêts boréales du nord de l'Europe n'ont absolument rien de nouveau. D'autres organisations telles Greenpeace et la Société suédoise pour la conservation de la nature (SSNC) dénoncent ces certifications depuis plusieurs années. La SSNC s'est d'ailleurs retirée d'un FSC qui certifie les coupes rases. Les organisations écologistes FERN et Robin Wood ont aussi quitté le FSC International.
L'organisme qui gère et délivre le label du FSC à travers le monde n'est pas une organisation à but non-lucratif mais une société à responsabilité limitée basée à Bonn en Allemagne : FSC International Center GmbH. Grâce à la « Marque FSC », de nombreuses entreprises communiquent sur la performance environnementale de leur papier et de leur bois. La certification suggère au client qu'un produit provient d'une « gestion responsable des forêts » et non de la destruction des forêts pluviales.
Le caractère trompeur de la certification par le FSC apparait une nouvelle fois dans le cas des coupes rases effectuées dans les forêts primaires russes. Le label FSC n'a rien d'écologique. Nous sommes tout à fait d'accord avec le FSC Allemagne sur ce point.
LIENS
Lettres ouvertes et pétition
• Réponse de Sauvons la forêt à la lettre ouverte du FSC (allemand) Ihr “offener Brief an Rettet den Regenwald” vom 3. Juli 2012
• Lettre ouverte du FSC à Rettet den Regenwald e.V. (allemand) Offener Brief des FSC zu Kampagne von RdR vom 30.06.2012
• Pétition de Sauvons la forêt IKEA, bien pire qu'un marchand de meubles
Critiques sur les attributions du label FSC
• Site d'informations général (anglais) FSC-Watch
• Greenpeace 2008 Out of Control - High Conservation Value Forest Logging under FSC Controlled Wood in Finland
• SSNC 2011: Under the Cover of the Swedish Forestry Model
• SSNC 2011: Cutting the Edge: The Loss of Natural Forests in Sweden
• SSNC 2010: SSNC resigns from forest certification in Sweden
07/2012
English : IKEA, even worse than a furniture dealer
IKEA promet la qualité
à bas prix. Le bois des 100 millions de meubles que l'entreprise vend
chaque année à travers le monde proviendrait de forêts gérées de manière
responsable. Les faits prouvent pourtant le contraire dans la taïga
russe. Demandons à IKEA de cesser immédiatement les coupes rases dans les forêts boréales de Carélie
Pour 99 euros, IKEA propose la table JOKKMOKK et ses quatre
chaises en « pin massif, un matériau naturel qui embellit avec l'âge ».
Pour assumer une vente annuelle mondiale de 100 millions de meubles,
l'entreprise suédoise a des besoins gigantesques en bois : 12 millions
de mètres cubes par an ! La nature en paie le prix.
Des arbres plusieurs fois centenaires abattus en quelques secondes : à la cadence de 800 arbres par jour, les abatteuses coupent, ébranchent et empilent les troncs d'arbres avant leurs transport vers l'usine de meubles. Du haut de leurs pneus gigantesques, les machines sillonnent les marais. Ils leurs faudra des décennies pour s'en remettre. Jour après jour, IKEA détruit de nouvelles forêts primaires et leurs riches écosystèmes. Les coupes rases ne cessent de s'étendre.
Soutenons les revendications des associations Protect the Forest et Spok. IKEA doit cesser immédiatement la destruction des forêts naturelles.
Début de l'action: 2 juil. 2012
Prix bas pour les meubles, coûts élevés pour la nature
Une grande partie des bois utilisés dans les meubles d'IKEA proviennent de l'extrême nord de la Russie, comme le révèlent leurs très fines cernes. Dans le froid climat subarctique, les arbres poussent très lentement. La filiale d'IKEA Swedwood possède un bail en République de Carélie (Russie) sur 300.000 hectares de forêts naturelles, dont certaines zones encore vierges.
Des arbres plusieurs fois centenaires abattus en quelques secondes : à la cadence de 800 arbres par jour, les abatteuses coupent, ébranchent et empilent les troncs d'arbres avant leurs transport vers l'usine de meubles. Du haut de leurs pneus gigantesques, les machines sillonnent les marais. Ils leurs faudra des décennies pour s'en remettre. Jour après jour, IKEA détruit de nouvelles forêts primaires et leurs riches écosystèmes. Les coupes rases ne cessent de s'étendre.
Coupes à blanc certifiées par le FSC
IKEA considère la destruction de la forêt boréale comme manifestement responsable, puisque cette zone de Carélie a reçu l' « écolabel » FSC (Forest Stewardship Council). Les organisations écologistes condamnent depuis longtemps la tromperie de la certification par la société FSC International.
Soutenons les revendications des associations Protect the Forest et Spok. IKEA doit cesser immédiatement la destruction des forêts naturelles.
IKEA considère la destruction de la taïga (ou forêt boréale) comme
manifestement responsable. L'entreprise se base sur le label que lui a
délivré le Forest Stewardship Council (FSC) pour cette concession
forestière en Carélie. « Nous préservons 16 à 17% des forêts à haute
valeur de conservation, ce qui est bien supérieur aux critères du FSC »
explique Mme Josefin Thorell, porte parole d'IKEA, aux organisations de
protection de l'environnement. Ces dernières critiquent depuis longtemps
le label FSC. Ses normes, déjà très laxistes, ne sont pas respectées
dans la pratique. Le site FSC-Watch informe depuis plusieurs années sur
les centaines de cas de certifications douteuses du FSC. Les forêts
vierges de Scandinavie et des tropiques sont détruites avec la caution
du label FSC.
Le bois n'est pas le seul sujet problématique avec IKEA : l'entreprise consomme 40.000 tonnes d'huile de palme par an, principalement pour ses bougies mais aussi pour d'autres articles tels ses pâtisseries. L'industrie détruit les forêts tropicales pour les convertir en plantations de palmiers à huile. Mais là aussi, au lieu d'agir à la base du problème en proscrivant ou en cherchant des alternatives à l'huile de palme, IKEA préfère attendre son label d'éco-blanchiment décerné par la RSPO (Roundtable Sustainable Palm Oil / Table ronde pour une huile de palme durable).
• Mongabay : IKEA logging old-growth forest for low-price furniture in Russia
• FSC-Watch : IKEA supplier Swedwood in Karelia: TV documentary exposes impacts of FSC certified clear-cuts in HCV forests
• Reportage TV (7min57) de la ARD : Ikea-Möbel: Holz aus Urwäldern (sous-titres en anglais)
Le bois n'est pas le seul sujet problématique avec IKEA : l'entreprise consomme 40.000 tonnes d'huile de palme par an, principalement pour ses bougies mais aussi pour d'autres articles tels ses pâtisseries. L'industrie détruit les forêts tropicales pour les convertir en plantations de palmiers à huile. Mais là aussi, au lieu d'agir à la base du problème en proscrivant ou en cherchant des alternatives à l'huile de palme, IKEA préfère attendre son label d'éco-blanchiment décerné par la RSPO (Roundtable Sustainable Palm Oil / Table ronde pour une huile de palme durable).
Informations supplémentaires
• Protect the Forest : Russian forest ecologist confirms criticism
• Mongabay : IKEA logging old-growth forest for low-price furniture in Russia
• FSC-Watch : IKEA supplier Swedwood in Karelia: TV documentary exposes impacts of FSC certified clear-cuts in HCV forests
• Reportage TV (7min57) de la ARD : Ikea-Möbel: Holz aus Urwäldern (sous-titres en anglais)
5 juil. 2012
FSC n'est pas un « écolabel »
Communiqué de presse relatif à la « lettre ouverte du FSC Allemagne à Sauvons la forêt » *
Dans une lettre ouverte adressée à Sauvons la forêt (Rettet den Regenwald e.V.), l'association FSC-Deutschland a fait une déclaration étonnante par la voix de son directeur M. Uwe Sayer : « Votre affirmation selon laquelle le FSC est un écolabel est fausse et sans fondement. »
Pourtant, une simple recherche sur internet avec les termes « FSC » et « écolabel » offre quelques 450.000 résultats de pages web (source: google.fr) contenant les deux termes. Médias, organisations de protection de l'environnement ou marchands de meubles présentent depuis plusieurs années le FSC comme un « écolabel ». Le FSC proteste-t'il aussi auprès de ces institutions, comme il le fait présentement auprès de notre association, contre la diffusion de cette « fausse » information le concernant ?
Ou bien le FSC est-il dérangé par la pétition de Sauvons la forêt « IKEA, bien pire qu'un marchand de meubles » dans laquelle le géant du meuble suédois est critiqué pour ses coupes à blanc industrielles dans les forêts primaires de Russie ? Ces déforestations sont certifiées « durables » par le « label » du FSC. Plus de 62.000 personnes ont déjà signé la pétition à ce jour.
Les critiques portant sur l'attribution du label FSC à des exploitations forestières industrielles dans les forêts boréales du nord de l'Europe n'ont absolument rien de nouveau. D'autres organisations telles Greenpeace et la Société suédoise pour la conservation de la nature (SSNC) dénoncent ces certifications depuis plusieurs années. La SSNC s'est d'ailleurs retirée d'un FSC qui certifie les coupes rases. Les organisations écologistes FERN et Robin Wood ont aussi quitté le FSC International.
L'organisme qui gère et délivre le label du FSC à travers le monde n'est pas une organisation à but non-lucratif mais une société à responsabilité limitée basée à Bonn en Allemagne : FSC International Center GmbH. Grâce à la « Marque FSC », de nombreuses entreprises communiquent sur la performance environnementale de leur papier et de leur bois. La certification suggère au client qu'un produit provient d'une « gestion responsable des forêts » et non de la destruction des forêts pluviales.
Le caractère trompeur de la certification par le FSC apparait une nouvelle fois dans le cas des coupes rases effectuées dans les forêts primaires russes. Le label FSC n'a rien d'écologique. Nous sommes tout à fait d'accord avec le FSC Allemagne sur ce point.
Hambourg, le 5 juillet 2012
* titre original en langue allemande « Offenen Brief des FSC Deutschland an Rettet den Regenwald »
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Lettres ouvertes et pétition
• Réponse de Sauvons la forêt à la lettre ouverte du FSC (allemand) Ihr “offener Brief an Rettet den Regenwald” vom 3. Juli 2012
• Lettre ouverte du FSC à Rettet den Regenwald e.V. (allemand) Offener Brief des FSC zu Kampagne von RdR vom 30.06.2012
• Pétition de Sauvons la forêt IKEA, bien pire qu'un marchand de meubles
Critiques sur les attributions du label FSC
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