Affichage des articles dont le libellé est Armées. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Armées. Afficher tous les articles

12 mars 2014

En République démocratique du Congo, les médias blanchissent les États-Unis

Par FAIR
07/03/2014
Source : http://www.acrimed.org
English : In the democratic Republic of the Congo, the media whiten the United States


En République démocratique du Congo, nous dit FAIR dans cet article paru en janvier dans Extra !, son magazine mensuel, les médias américains n’ont pas manqué une occasion de saluer la contribution récente des Occidentaux à l’apaisement – temporaire – des tensions dans la région, oubliant de rappeler simultanément le rôle de ces derniers dans l’exacerbation des conflits au cours des deux décennies précédentes.

Cette vision partiale, puisque partielle, est révélatrice d’un certain opportunisme médiatique : elle permet aux journaux en question de se ranger à tous les coups du côté des vainqueurs et donc d’écrire l’histoire d’une façon pour le moins contestable. Car en matière de géopolitique, l’amnésie journalistique est sans doute plus fâcheuse encore qu’ailleurs : rendre compte du présent en occultant (sciemment ou non) le passé, c’est se condamner, ainsi que ses lecteurs, à une vision mutilée et manichéenne de la réalité historique, les journalistes se contentant de distribuer bons et mauvais points a posteriori, sans se soucier des cécités qui sont les leurs, et de leurs conséquences, y compris médiatiques. Nous vous proposons cette traduction en français de l’article original avec l’autorisation de son auteur, Steve Rendall. (Acrimed)

Les médias américains n’ont pas tari d’éloge sur les États-Unis et leurs alliés au sein de l’Otan pour avoir pesé de tout leur poids au cours de l’année écoulée afin de mettre un terme à une insurrection sanglante en République démocratique du Congo (RDC). Malheureusement, les journalistes ont généralement oublié de préciser que ces mêmes pays avaient attisé les conflits dans cette région depuis deux décennies en donnant carte blanche à leurs alliés dans cette zone.

Le 5 novembre 2013, la milice M23, soutenue par le Rwanda, a déposé les armes. Cette milice, parmi les plus redoutées en RDC, fut une des nombreuses organisations paramilitaires appuyées par les alliés des États-Unis que sont le Rwanda et l’Ouganda tout au long d’un conflit régional vieux de 17 ans (voir l’article du New York Times du 6/11/13).

Pendant 20 mois, la M23 a assassiné des civils, eu recours au viol, et a enrôlé de force des enfants au combat, ne rendant les armes qu’après l’interposition de la brigade d’intervention de l’ONU (composée presque exclusivement de soldats africains) à la suite d’une série de défaites militaires subies par l’armée régulière congolaise.

On a largement salué la pression occidentale sur le Rwanda visant à faire céder la M23 (voir notamment les articles parus dans le New York Times du 6/11/13 et le Christian Science Monitor du 7/11/13). En effet, à la suite d’un rapport de l’ONU rendu le 15/11/12 qui mettait en évidence le fait que la M23 avait été soutenue, entraînée et chapeautée par le Rwanda, les États-Unis ainsi que certains de leurs alliés occidentaux ont imposé des sanctions à ce pays, cessant de lui envoyer de l’aide, ce qui a privé la M23 d’un appui logistique considéré comme déterminant par beaucoup.



Ce que les grands médias ont négligé – l’un des multiples aspects qu’ils négligent systématiquement sur le conflit en RDC –, c’est le rôle durable joué par les États-Unis et leurs alliés occidentaux dans la protection et le financement des soutiens de la M23 et des organisations paramilitaires brutales qui les ont précédés dans la région.

Comme l’a expliqué le 12/12/13 dans un communiqué de presse l’association « Friends of the Congo », organisation militante basée à Washington, les efforts des États-Unis et de la Grande-Bretagne visant à obliger le Rwanda à couper les ponts avec la M23 ont été récompensés « après 17 ans pendant lesquels le régime rwandais est intervenu régulièrement en RDC en ayant pratiquement carte blanche. »

Les enjeux économiques et financiers liées aux ressources incroyablement riches du Congo sont tout aussi souvent négligés ; ces dernières aiguisent les appétits depuis que Joseph Conrad a écrit à propos du Congo à une époque plus ancienne et plus sanglante encore qu’il fut l’objet « du pillage le plus ignominieux ayant jamais défiguré la conscience humaine ». Au temps où Léopold, roi des Belges, sévissait au Congo, le caoutchouc et l’ivoire figuraient parmi les richesses les plus prisées du Congo ; aujourd’hui, le Rwanda – et d’autres – cherchent à faire main basse sur les ressources du Congo que sont l’or, les diamants, le tungstène, le coltan (minerai utilisé dans l’électronique) et le bois précieux.

Un rapport des experts onusiens datant de 2001 a condamné le Rwanda, l’Ouganda et le Zimbabwe pour le pillage des mines et autres ressources du Congo, vendues ensuite aux multinationales. Or ces mêmes ressources continuent de susciter conflits et interventions à l’est du Congo.

Le récit du New York Times (6/11/13) de la reddition de la M23 soulignait la pression occidentale ponctuelle mise sur le Rwanda, en oubliant le soutien régulier de ces mêmes Occidentaux au Rwanda et à l’Ouganda, principaux responsables des violences persistantes à l‘est du Congo. Cet oubli de la part du grand journal new-yorkais donnait le sentiment que les États-Unis et leurs alliés occidentaux étaient les héros dans cette histoire, qu’après avoir révélé les agissements de la M23 et le soutien du président rwandais Paul Kagame à celle-ci, le boulot avait été fait, et bien fait.

De la même façon, le Washington Post a omis de mentionner le soutien ancien des Occidentaux au Rwanda tout en présentant la reddition comme « l’heure de vérité » qui montrerait si « oui ou non le gouvernement et les rebelles seraient capables de trouver une issue politique » au conflit. Tout cela n’est sans doute pas faux ; mais comment les lecteurs pourraient-ils saisir la complexité d’un tel accord s’ils ignorent que ces diplomates missionnés par les gouvernements occidentaux soufflaient sur les braises au côté du Rwanda dans les mois qui ont précédé cet accord ?

En 2012, les États-Unis ont tenté d’empêcher la diffusion d’un rapport mettant au jour les liens entre le Rwanda et la M23 (voir le numéro du Guardian du 21/6/12). Ce fut un épisode parmi d’autres au cours duquel les États-Unis sont intervenus pour prendre la défense du Rwanda et de ses opérations illégales. Les États-Unis ont donné des millions de dollars sous forme d’aide militaire au Rwanda alors que l’on savait, preuves à l’appui grâce notamment au rapport des experts onusiens datant de 2001, que ce pays encourageait la violence et les pillages.

En passant d’un soutien prudent à l’égard du Rwanda à des pressions et des sanctions diverses, les États-Unis et leurs alliés ont sans doute fait ce qu’il fallait faire. Et ce changement de stratégie doit être souligné et salué.
Il est néanmoins compliqué de voir dans la transformation de l’attitude américaine un retournement majeur sans savoir ce qui a précédé, à l’époque où les États-Unis soutenaient sans réserve le Rwanda et les violences perpétrées.

Steve Rendall

Traduit par Thibault Roques

16 février 2014

Des armes pour le monde

Réalisation: Daniel Harrich
Source : http://www.arte.tv
04/02/2014


En dépit des contrôles, les zones de conflit sont inondées d’armes importées illégalement, notamment de l’Allemagne. Cette passionnante enquête nous mène du Mexique au Darfour en passant par la Bosnie-Herzégovine.




Malgré la sévérité des restrictions à l’exportation, un nombre incalculable d’armes à feu sortent illégalement d’Europe chaque année pour finir entre les mains de milices, de magnats de la drogue ou d’enfants-soldats. Dans les régions du monde ravagées par les guerres civiles, les armes issues de ces trafics coûteraient la vie à 500 000 personnes par an. Au Mexique, la guerre contre les cartels de drogue qui fait rage depuis plusieurs années a déjà fait plus de 70 000 victimes : dans ce pays, tout comme en Colombie, au Soudan du Sud ou dans les Balkans, une grande partie du marché noir est alimenté par des fusils d’assaut, mitrailleurs ou pistolets venus directement d’Allemagne. Si dix millions d’armes à feu circulent légalement en Allemagne, les spécialistes avancent un chiffre trois à quatre fois supérieur pour les flux illégaux. Des réseaux tentaculaires qui entraînent dans leur sillage les pires exactions et violations des droits humains – et engrangent des profits colossaux.

Complicités

Qui sont les marchands, les contrebandiers et les hommes de l’ombre qui parviennent à contourner tous les contrôles et à acheminer ces cargaisons jusque dans les zones de conflit ? Que sont devenus les stocks des armées soviétique et est-allemande ? Mais avant tout, les autorités ont-elles encore une chance dans la lutte contre le trafic d’armes international ? Ce passionnant documentaire, qui prend l’allure d’une enquête policière, dévoile la face sombre d’un marché inquiétant et particulièrement opaque, et part à la recherche de complicités souvent très haut placées : douanes, polices et ministères publics.


DL DL

6 février 2014

Quels enjeux de sécurité en Asie-Pacifique ?

Source : http://ddc.arte.tv
01/2014
English : What security issues in the Asia-Pacific ?

Depuis 2008 et la crise économique, le centre de gravité de l’économie mondiale s’est déplacé plus encore vers l’Asie-Pacifique, au détriment de l’Europe et de l’espace atlantique. C’est pourquoi le Dessous des Cartes propose un tour d’horizon de cette région du monde, marquée par la montée en puissance militaire de la Chine.



L’Asie-Pacifique : quelle définition ?

L’Asie-Pacifique recouvre géographiquement l’océan Pacifique, l’Asie de l’Est, les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, et les îles du Pacifique, notamment la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Fidji. Dans cette acception, cette région représente en 2013 plus d’un tiers de la population mondiale et plus de la moitié du PIB mondial, puisqu'on y trouve trois des plus grandes puissances économiques du monde : les États-Unis, la Chine et le Japon.

Les zones de coopération économique ou de libre-échange

Dans cette région se trouvent de vastes zones de coopération économique ou de libre-échange : l’Asean, qui forme la principale organisation économique, politique et culturelle en Asie du Sud-Est ; l’Apec (Coopération économique de l’Asie-Pacifique) créée en 1989, qui est un forum intergouvernemental regroupant vingt États de la zone, dont on voit ici les capitales plus Hong-Kong ; et enfin, en cours d’élaboration, le Partenariat transPacifique qui pourrait réunir douze États de la zone, mais sans intégrer la Chine.

Les dépenses militaires en Asie-Pacifique

On assiste à une forte intensification des échanges commerciaux entre les États de la région, qui s’accompagne d’un net accroissement des dépenses militaires. Voici les dépenses engagées selon le Sipri, en 2010 puis en 2012, pour les forces armées, la production et le commerce des armes conventionnelles, en Amérique du Nord, en Asie de l’Est et en Océanie. On voit que les dépenses militaires ont doublé en Asie de l’Est au cours des douze dernières années.


L’accroissement des dépenses militaires chinoises

Les dépenses militaires chinoises sont passées de 37 milliards de dollars en 2000 à 166 milliards de dollars en 2012 : elles ont quadruplé ces douze dernières années. Aujourd’hui, la Chine possède le deuxième budget militaire au monde, avec presque 10 % des dépenses militaires mondiales, loin derrière les États-Unis qui en représentent près de 40 %. Pékin affecte ce budget en croissance à la modernisation de son armée, notamment de sa marine.

La projection de la Chine dans l’océan Indien

À l’ouest, la Chine étend ses activités militaires dans l’océan Indien. Car elle dépend des routes maritimes qui la relient au Moyen-Orient et à l’Afrique, pour ses approvisionnements en matières premières, énergétiques et minérales. Or, l’océan Indien est dominé depuis longtemps par des puissances qui ne sont pas de la région, notamment par les marines américaine, anglaise et française.


Lectures



La tentation de l'Orient. Une nouvelle politique américaine en Asie-Pacifique
Barthélémy Courmont
Éditions du Septentrion
01/2010
Présentation de l'ouvrage
L'éditeur canadien donne sur son site une présentation du livre agrémentée de quelques analyses.
À propos de l’auteur
Né en France en 1974, Barthélémy Courmont est spécialiste des questions nucléaires, de la politique étrangère des États-Unis, de l'Asie du Nord-Est et des nouvelles menaces.
Il fut professeur invité à l'université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire par intérim de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Il est aussi chercheur associé à l'Iris et rédacteur en chef de la revue trimestrielle Monde chinois, nouvelle Asie, avec Emmanuel Lincot, directeur de la chaire des Études chinoises contemporaines de la Fasse (Faculté de sciences sociales et économiques/ICP). Après avoir vécu quatre ans à Taiwan, et visité 70 pays, Barthélémy Courmont est depuis septembre 2011 professeur de science politique à la Hallym University à Chuncheon, en Corée du Sud.


L’Asie-Monde. Chroniques sur l’Asie et le Pacifique 2002-2011
Ouvrage collectif, sous la responsabilité éditoriale de Jean-François Sabouret
Éditions CNRS. Collection : CNRS Alpha
09/2011
Présentation
Cet ouvrage dessine le panorama de l’Asie-Monde, en réunissant une centaine de textes de chercheurs et de spécialistes publiés entre 2002 et 2011 sur le site Internet de Réseau-Asie. L'éditeur, Jean-François Sabouret, fait partie de son comité scientifique. Ce livre est une somme savante et accessible sur l’Asie et le Pacifique contemporains, qui rend sensibles les multiples aspects d'un formidable et inéluctable basculement du monde.
À propos du responsable éditorial
Chercheur et auteur, Jean-François Sabouret est par ailleurs membre de la Société française des études japonaises et vice-président de la Commission française nationale/ Comité Sciences de l’UNESCO. Il a aussi dirigé le rapport sur La place de la recherche sur les aires culturelles au CNRS remis en 2010 à l’Institut des sciences humaines et sociales (InSHS).
À propos de l'éditeur
CNRS Editions est une coopérative au service de la communauté scientifique réservée aux chercheurs et universitaires en titre et en poste. C'est une solution alternative au circuit traditionnel du livre avec pour but d’offrir une diffusion efficace du savoir, à l’échelle nationale comme internationale, adaptée aux mutations de la librairie et aux nouveaux moyens technologiques. Le site propose une présentation du livre.
Signalons par ailleurs que Réseau-Asie propose depuis fin décembre 2013, sur le site d'Hypothèses un carnet de recherche RESAP, en prélude à la rédaction d'un livre blanc des recherches sur l'Asie et le Pacifique, administré par Marine Sam et présenté par Jean-François Sabouret.


La Chine : une menace militaire ?
Pierre Picquart
Éditions FAVRE
10/2013
À propos de l’auteur
Pierre Picquart est docteur en géopolitique et en géographie humaine de l'université de Paris-VIII, spécialiste de la Chine et de sa diaspora. Auteur de nombreux travaux sur la Chine traduits dans plusieurs langues et expert pour des États et des organismes internationaux, il est fonctionnaire d'État, auditeur associé à l'Institut des hautes études de la Défense nationale, analyste, conférencier. Il est aussi le fondateur duCentre d'études, de développement et de recherche internationale sur la Chine (Cedric). Expert en 2001 et en 2006 pour la Commission européenne, il a rédigé notamment La Chine dans vingt ans et le reste du monde (Editions Favre, 2011).
Le site de Pierre Picquart donne une présentation de son livre et bien d'autres ressources.
Il expose ses thèses et thèmes sur le site Toute la Chine et, en video, sur les tensions et rivalités ethniques en Chine, sur le site de Géopolis.


Le « pivot » américain vers l’Asie : conséquences sur le système de défense antimissile américain, asiatique et européen
Bruno Hellendorff et Bérangère Rouppert
Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité. Collection "Les Rapports du GRIP"
06/2013
Présentation de l’éditeur
Le virage asiatique des États-Unis en matière de politique étrangère découle de multiples considérations quant à la place stratégique croissante qu’occupe, sur la scène internationale, la région Asie-Pacifique et, au sein de celle-ci, la Chine. Les États-Unis ont fait le choix d’un rééquilibrage entre les moyens dont ils disposent, les intérêts qu’ils ont à défendre et la sécurité des territoires et des forces qu’ils ont à assurer. Le « pivot » vers l’Asie-Pacifique montre une ferme volonté de s’engager sur la voie de partenariats multiples, à l’image de celui noué depuis plus de soixante ans avec les alliés européens au sein de l’Alliance atlantique...
Le rapport est téléchargeable gratuituitement sur le site du GRIP (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité), centre de recherche indépendant, actif au sein de nombreux réseaux internationaux de recherche. Fondé à Bruxelles en 1979 par Bernard Adam, dans le contexte particulier de la guerre froide, le GRIP a été désigné en 1990, par Javier Pérez de Cuéllar , alors secrétaire général de l’ONU, Messager de la paix, en reconnaissance de "sa contribution précieuse à l’action menée en faveur de la paix". Les travaux de recherche du GRIP s'articulent autour d'axes tels que "la prévention, gestion et résolution des conflits armés", "la prolifération des armes" ou encore "Paix et sécurité en Asie-Pacifique". Ce dernier foyer de "recherche et expertise", riches de documents, est sous la responsabilité de recherche de Bruno Hellendorff, avec notamment la chercheuse associée Sophie Boisseau du Rocher et sous la direction de Luc Mampaey.


Le XXIe siècle appelle à revisiter la puissance
Sous la direction de Christian Lequesne (Ceri) et Marie-Françoise Durand (Sciences Po)
Sciences Po - CERI / Sciences Po - Atelier de cartographie
11/2013
C'est la troisième édition du Ceriscope. Combinant textes, cartes et vidéos, cette nouvelle édition entend être utile à tous ceux qui réfléchissent à la puissance, soit parce qu’ils veulent en enseigner les caractéristiques et en apprendre les contours, soit parce qu’ils souhaitent simplement y réfléchir en tant que citoyen.
À propos des auteurs
• Directeur du Ceri, Christian Lequesne est un spécialiste des acteurs et outils de la politique extérieure au sein de l'Union européenne ainsi que de la politique européenne de la France. On peut voir et entendre Christian Lequesne, avec Nadège Ragaru et Christopher J. Bickerton, dans un entretien intitulé L’Union européenne, une dérive raisonnée ? et dans un débat avec Elie Barnavie et Alain Dieckhoff, intitulé Israël et l’Europe. Filiations et ruptures pour l'émission de Sciences Po, Au fil des mots.
• 
 Marie-Françoise Durand a participé à la publication par Les Presses de Sciences Po, en 2013, de l'Atlas de la mondialisation : comprendre l'espace mondial contemporain - Dossier spécial États-Unis.


Diplomatie n°59 : Chine et États-Unis - Des puissances en déclins ?

AREION Group
11/2012
Le magazine Diplomatie est né en 2002. C'est le premier grand magazine français consacré aux relations internationales et aux conflits contemporains, financièrement et politiquement indépendant, à destination d’un large public francophone.
Pour atteindre cet objectif, la rédaction de Diplomatie s’est constituée autour de chercheurs et d’analystes internationaux sous la direction éditoriale d'Alexis Bautzmann, fondateur du magazine.
Au sommaire de ce numéro 59, un dossier qui interroge "le bilan de la politique étrangère des États-Unis" et une étude sur la "Chine et son inévitable décrochage économique." Dossiers et études sont accompagnés d'un ensemble cartographique. À commander sur le site de l'éditeur.

24 octobre 2013

Géo-ingénierie : scientifiques, milliardaires et militaires s’allient pour manipuler l’atmosphère

Par Sophie Chapelle
14/10/2013
Source : http://www.bastamag.net
English   Geo-engineering: scientists, billionaires and military forces to manipulate the atmosphere

Pulvériser du soufre dans la stratosphère, modifier la chimie des océans… Pour contrer le réchauffement climatique, des techniques de manipulation du climat à grande échelle sont à l’étude. Des projets déjà expérimentés, hors laboratoire et sans aucun contrôle international, qui attirent scientifiques, milliardaires et compagnies pétrolières. Alors que des organisations de la société civile demandent un moratoire, les militaires s’y mettent et appellent à se doter d’armes météorologiques. La « géo-ingénierie », une nouvelle menace environnementale et… anti-démocratique ?

Dans les arcanes gouvernementales, on la surnomme « le plan B ». Son vrai nom, la « géo-ingénierie ». Pour contrer le réchauffement climatique, plutôt que de miser sur les réductions de gaz à effet de serre, des chercheurs étudient des dispositifs de manipulation du climat à grande échelle. Au menu, des techniques allant de l’ensemencement en fer des océans à la gestion du rayonnement solaire. Des expérimentations sont déjà menées. Considérées comme fantaisistes il y a vingt ans, ces recherches sont désormais suivies de près par les gouvernements. L’ONG internationale ETC Group, qui travaille sur les technologies émergentes, a publié une carte de ces expériences de géo-ingénierie et de modifications du climat, depuis 60 ans.

L’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australie font partie des trois zones les plus actives (en rouge sur la carte) en terme de géo-ingénierie.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Modifier la composition chimique des océans

Quelque 45 techniques de géo-ingénierie sont recensées dans l’encyclopédie Wikipedia. Clive Hamilton, dans son livre Les apprentis sorciers du climat [1], examine huit d’entre elles, considérant les autres comme « purement imaginatives », voir « spéculatives ». Chercheurs et investisseurs se concentrent principalement sur les techniques de capture du carbone, avec un intérêt particulier pour les océans. Nos océans constituent une formidable éponge à carbone grâce au rôle joué par les phytoplanctons, qui fournissent par photosynthèse plus de la moitié de l’oxygène de la planète. Pour favoriser l’éclosion de ces planctons marins, une douzaine d’expériences de « fertilisation en fer » ont été conduites par les scientifiques depuis le début des années 90.

Une expérience de trois mois conduite dans l’océan Austral en 2009 a refroidi les espoirs placés dans l’ensemencement en fer. Quatre tonnes de poussières de fer ont été éparpillées sur une zone de 300 km2. Rapidement, une efflorescence de phytoplanctons est observée, mais elle s’arrête au bout de deux semaines. La fertilisation des mers grâce au fer ne donnerait donc naissance à du phytoplancton que pour un court laps de temps. « Ensemencer les mers de fer n’est pas non plus sans conséquence écologique, ajoutent les auteurs de l’ouvrage Scénarios d’avenir [2]. Accroitre leur teneur en fer contribue à accélérer le processus déjà en cours d’acidification des océans. » La fertilisation peut aussi avoir des répercussions sur toute la chaine alimentaire marine. Ces risques n’ont toutefois pas empêché un businessman californien de déverser 100 tonnes de sulfate dans l’océan Pacifique, sur une zone de 10 000 km2, en toute illégalité, en juillet 2012 (lire notre article).

Pulvériser du soufre dans la stratosphère

Autre technique en vogue, la pulvérisation d’aérosols soufrés. En 1991, les cendres projetées dans l’atmosphère par le mont Pinutabo assombrissent suffisamment la Terre pour la refroidir d’environ 0,5°C pendant une année. Avant que la situation ne revienne à la normale une fois le nuage de cendres retombé au sol [3]. Partant de ce constat, la Royal Society, l’académie des sciences britanniques, considère la pulvérisation d’aérosols soufrés dans la stratosphère comme « la plus prometteuse » des méthodes de gestion du rayonnement solaire [4]. Ces minuscules particules d’aérosols seraient pulvérisées sous forme de dioxyde de soufre, de sulfure d’hydrogène ou d’acide sulfurique. Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, a estimé à 5 millions de tonnes par an la quantité de soufre nécessaire pour bloquer environ 2 % du rayonnement solaire !

Imaginez une flotte d’aéronefs, volant à haute altitude, équipés de réservoirs et de dispositifs de pulvérisation. L’utilisation de canons de l’artillerie navale, de ballons ou d’un tuyau suspendu dans le ciel sont également à l’étude... Si ces aérosols étaient pulvérisés par des avions de chasse, il faudrait chaque année un million de vols d’une durée de 4h chacun ! [5] D’autres études évoquent des impacts sur le niveau des précipitations. Cette technique pourrait gravement perturber la mousson indienne, compromettant les ressources alimentaires de près de 2 milliards de personnes. Dernière objection de taille : « L’impossibilité de tester cette technique sans mise en œuvre grandeur nature », conclut Clive Hamilton.

Des brevets qui attirent les milliardaires

Un duo de scientifiques nord-américains est très impliqué dans la recherche en géo-ingénierie : David Keith, physicien, et Ken Caldeira, spécialiste des sciences de l’atmosphère. David Keith détient avec d’autres le brevet du « Planetary Cooler » (réfrigérateur planétaire), un dispositif d’absorption du carbone. Il a créé une start-up, Carbon Engineering Ltd, pour développer une technique de capture de CO2 dans l’air, à l’échelle industrielle. Parmi les investisseurs de ces sociétés : Bill Gates, mais aussi le milliardaire canadien N. Murray Edwards, magnat du pétrole qui a fait fortune dans les sables bitumineux en Alberta. Quant à Ken Caldeira, il est associé à Bill Gates au sein de la société Intellectual Ventures, qui a fait breveter plusieurs technologies, notamment le « StratoShield » (strato-bouclier) : des tuyaux suspendus à des ballons dirigeables dans le ciel permettant de disperser des aérosols soufrés.

Bill Gates a engagé plusieurs millions de dollars pour financer la recherche en géo-ingénierie [6], et aider au financement d’une série de rencontres sur la géo-ingénierie. La deuxième fortune mondiale a soutenu financièrement deux scientifiques de Harvard pour tester au Nouveau-Mexique du matériel visant à injecter des minuscules particules dans la stratosphère (lire notre article). Il a aussi investi dans la société Silver Lining qui travaille sur les techniques d’éclaircissement des nuages marins. « Pas moins de 10 personnes affiliées à Silver Lining figurent parmi les 25 auteurs d’un des principaux articles sur l’éclaircissement des nuages » relève Clive Hamilton. Richard Branson, un autre milliardaire, propose une récompense de 25 millions de dollars dans le cadre du défi « Virgin Earth Challenge » à quiconque concevra le meilleur plan pour extraire le carbone de l’atmosphère.

Solution miracle pour les pétroliers et les conservateurs

« Ceux-là mêmes qui contestent la réalité du réchauffement montrent un intérêt croissant pour l’ingéniérie du climat », souligne Clive Hamilton (lire notre article sur les climatosceptiques). Quoi de mieux que cette solution miraculeuse permettant de ne pas changer le mode de développement actuel et sa consommation massive d’énergies fossiles ? Plusieurs compagnies sont sur les rangs, à l’instar de la Royal Dutch Shell qui finance une étude sur l’ajout de chaux dans les mers. Steven Koonin, alors directeur scientifique du géant pétrolier BP (avant de travailler au département de l’Énergie des États-Unis), est à l’origine d’une réunion d’experts pour le compte de l’entreprise Novim Group. Elle a abouti en 2009 à un rapport influent sur l’ingénierie du climat.

La géo-ingénierie est aussi appuyée par plusieurs think tanks conservateurs. « La géo-ingénierie apporte la promesse d’une réponse au réchauffement climatique pour seulement quelques milliards de dollars par an. Au lieu de pénaliser les Américains moyens, nous aurions la possibilité de répondre au réchauffement climatique en récompensant l’inventivité scientifique... Stimulons l’ingéniosité américaine. Assez du diktat vert », a déclaré le républicain Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants des États-Unis. Tout est bon pour maintenir la société de consommation à son niveau actuel. Un intérêt stratégique qui n’a pas échappé aux forces armées.

Développer les « armes météorologiques »

Cela fait des décennies que les stratèges militaires veulent « faire de la météo une arme ». Au milieu du 20ème siècle, Bernard Vonnegut, un physicien américain, découvre la capacité de l’iodure d’argent à agglomérer la vapeur d’eau des nuages en gouttes. II suffit donc d’ensemencer les nuages avec ce composé inorganique pour faire pleuvoir – quasiment – à volonté. En 1967, l’US Air Force lance l’opération Popeye. Chaque jour, des avions bombardent les nuages vietnamiens d’iodure d’argent, modifiant la climatologie locale, pour tenter d’embourber les lignes de communication de la guérilla communiste [7]. Ce premier usage guerrier de la géo-ingénierie sera dévoilé le 3 juillet 1972 par le New York Times. Il faudra quatre ans de négociations pour que les Nations Unies adopte une Convention interdisant la modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles [8]. Mais en 1996, des officiers de l’US Air Force rendent un rapport appelant les États-Unis à de doter d’armes météorologiques d’ici… 2025.

« Parmi les scientifiques travaillant dans l’armement s’est développée l’idée que la compréhension et le contrôle exercé sur la technologie suffiraient à les rendre sûres », analyse Clive Hamilton. Edward Teller, à qui est attribuée la co-paternité de la bombe H, propose en 1997 de prévenir le réchauffement de la planète en bombardant l’atmosphère de particules qui réfléchiraient la lumière incidente du soleil. Coût : un milliard de dollars. « Comme d’autres, Teller ressent la fascination du nucléaire et de la puissance de la technologie moderne, soulignent les auteurs de Scénarios d’avenir. C’est probablement de cet enthousiasme obsessionnel pour les armes atomiques et de cette très puissante "arrogance technologique" que Teller en est venu à la géo-ingénierie ».

En octobre 2011, un autre rapport soutenant fortement la recherche en géo-ingénierie est publié par le think tank Bipartisan Policy Center. Le journaliste du Guardian John Vidal décrit ce groupe de travail comme « la crème du lobby scientifique et militaire émergent en faveur de la gé-oingénierie » [9]. Parmi ce lobby, David Wehlan, directeur des systèmes de défense chez Boeing qui a travaillé pendant de nombreuses années sur des projets d’armement à la DARPA, l’agence de recherche du Pentagone. La DARPA a elle-même convoqué une réunion sur la géo-ingéniérie. Une étude commandée par le Pentagone en 2003 conseillait déjà d’examiner de manière urgente les options de géo-ingénierie pour contrôler le climat... [10]

Quel pays aura la main sur le « thermostat planétaire » ?

Cette arrogance technologique américaine a son pendant en Russie. Le scientifique russe Yuri Izrael, vice-président du Giec jusqu’en 2008, a été le premier à conduire une expérimentation en situation réelle de dispersion d’aérosols, par hélicoptère à basse altitude. Connu pour son climato-scepticisme, il défend la géo-ingénierie plutôt que les réductions d’émissions. « En Chine, des tensions existent déjà entre les provinces au sujet de l’ensemencement des nuages pratiqué depuis longtemps dans le pays, certaines provinces accusant les autres de "voler leur pluie" », pointe également Clive Hamilton. Aujourd’hui, la géo-ingénierie devrait requérir une gouvernance mondiale morale et politique, selon ETC Group. Or, la probabilité que les 193 membres des Nations Unies se mettent d’accord est très faible.

« Si un filtre solaire était entièrement déployé pour réduire la température de la terre, il faudrait au moins dix ans d’observations climatiques mondiales pour séparer les effets de ce filtre, des autres causes liées à la variabilité climatique », illustre Clive Hamilton. Comment savoir par exemple si une sécheresse en Inde ou au Pakistan est causée par le réchauffement climatique ou par ce filtre solaire ? « Et si l’Inde souffre des effets des variations mondiales, alors que les États-Unis bénéficient d’un temps plus clément, il importe beaucoup de connaitre le pays ayant la main sur le thermostat planétaire ».

Quand la science fiction devient une option politique

Dans les années 90, ces projets de manipulation délibérée du climat étaient majoritairement considérés comme de la sympathique science-fiction, ou comme des diversions détournant des politiques de réduction des émissions. « Ce qu’il y a de nouveau, c’est que la géo-ingénierie est sortie de certains cercles fermés de scientifiques, académiques et autres groupes de recherche pour entrer dans les salles de négociation intergouvernementales », commente Joëlle Deschambault, d’ETC Group. Ces techniques sont ainsi mentionnées dans le « résumé à l’intention des décideurs », du dernier rapport du Giec rendu public le 27 septembre 2013.

Le rapport du Giec évoque deux techniques : la gestion du rayonnement solaire et l’élimination du dioxyde de carbone [11]. Les auteurs conviennent qu’ils disposent d’une mince littérature scientifique pour véritablement évaluer ces techniques et leurs impacts. Selon une source proche du ministère du Développement durable, l’idée d’intégrer la géo-ingénierie dans le dernier rapport du Giec remonte à une réunion de 2010 en Corée du Sud. « Il commençait à y avoir des publications dans ce domaine-là, et les représentants des différents pays ont jugé qu’il valait mieux en parler », précise t-il à Basta !. Pour Geneviève Azam de l’association Attac, cette seule évocation leur donne une légitimité, en dépit du moratoire des Nations unies sur ces technologies adopté en 2011 [12].

Les lacunes du droit international

« Tant que n’aura pas lieu un débat approfondi visant à établir comment les divers pays souhaitent procéder en la matière, un moratoire sur l’ensemble des activités de géo-ingénierie hors laboratoire représente la seule voie sensée »,préconise ETC Group. Un certain nombre de traités stipulent déjà l’interdiction de causer des dommages transfrontaliers. Les pays de la Convention de Londres, qui réglemente les rejets en mer, et ceux de la Convention sur la diversité biologique, ont adopté des résolutions interdisant les expériences d’ensemencement par le fer, sauf sous certaines conditions, des études d’impact préalables et un encadrement strict.

Mais le droit international présente d’énormes lacunes. Aucun texte par exemple n’empêche un individu de déployer un bouclier solaire par dispersion d’aérosols soufrés.... Les pays ne sont pas davantage respectueux du droit international de l’environnement. En 2008, l’Allemagne a déclaré que la résolution de la Convention sur la diversité biologique était « non contraignante », lorsque son ministère de la Recherche a décidé d’approuver une expérience de fertilisation des océans avec du fer.

Les nouveaux apprentis sorciers du climat

Une des options portées par des organisations de la société civile serait de créer un nouveau traité ou une nouvelle agence internationale de supervision des différentes techniques de géo-ingénierie. En attendant, les recherches et expérimentations à ciel ouvert se poursuivent. Le gouvernement chinois a inscrit récemment la géo-ingénierie parmi ses priorités de recherche en géosciences, rappelle Clive Hamilton. En France, l’Agence nationale de la recherche finance un atelier de réflexion prospective sur la géo-ingénierie, qui devrait aboutir à un rapport fin 2013.

« Les travaux récents en sciences du système Terre ont fait progresser notre connaissance de manière significative mais ils ont également révélé l’étendue vertigineuse de notre ignorance », rappelle Clive Hamilton. Les modifications du système climatique ne peuvent être isolées des modifications des autres éléments du système Terre. Quelques individus et institutions aspirent néanmoins à mener des expériences aux conséquences bien incertaines pour l’ensemble de la planète. Et Clive Hamilton d’interroger : « Ne sommes-nous pas en train de jouer à Dieu, avec les risques que cela comporte ? »

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

P.-S.

A lire sur ce sujet :
- Clive Hamilton, Les Apprentis sorciers du climat : raisons et déraisons de la géo-ingénierie, coll. Anthropocène, Ed. Seuil, 2013.
- ETC Group, Géopiraterie : argumentaire contre la géo-ingénierie, 2010, à télécharger ici.
- Bertrand Guillaume, Valéry Laramée de Tannenberg, Scénarios d’avenir : futurs possibles du climat et de la technologie, Armand Colin, 2012.

Notes

[1Clive Hamilton, Les Apprentis sorciers du climat : raisons et déraisons de la géo-ingénierie, coll. Anthropocène, Ed. Seuil, 2013.
[2Bertrand Guillaume, Valéry Laramée de Tannenberg, Scénarios d’avenir : futurs possibles du climat et de la technologie, Armand Colin, 2012.
[3Alan Robock, Martin Bunzl, Ben Kravitz et Georgiy L. Stenchikov, « A test for geoengineering ? », Science, vol. 327, 29 janvier 2010.
[4La stratosphère est la couche de l’atmosphère terrestre située entre 10 et 15 km au dessus du sol (en comparaison, l’Everest culmine à environ 9 km). Lire le document de la Royal Society.
[5Philip Rasch et al., « An overview of geoengineering of climate using stratospheric sulphate aerosols », p. 4015.
[6Dans le cadre du fonds pour la recherche innovante sur le climat et l’énergie
[7Cette opération visait à ensemencer les nuages d’iodure d’argent afin d’intensifier et de prolonger les moussons saisonnières au Laos, et ainsi rendre difficilement praticables la piste Hô Chi Minh aux camions de ravitaillement du Viêt Nam Nord destinés à alimenter et armer le Viêt Cong au sud.
[8Signée en 1976, la Convention de l’ONU sur l’interdiction des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles bannit la mise en œuvre de « toute technique ayant pour objet de modifier - grâce à une manipulation délibérée de processus naturels - la dynamique, la composition ou la structure de la Terre, y compris ses biotes, sa lithosphère, son hydrosphère et son atmosphère, ou l’espace extra-atmosphérique. »
[9Voir l’article.
[11Voir page 21 du Résumé à l’attention des décideurs. Source
[12La communauté internationale a adopté en octobre 2011 un moratoire sur les activités de géo-ingénierie, avec une exception pour les expérimentations scientifiques à petite échelle, menées dans un environnement contrôlé et sous juridiction nationale.

10 octobre 2013

Mourir aux portes de l’Europe

Par Philippe Rekacewicz
04/10/2013
Source : http://blog.mondediplo.net
English  Die at the gates of Europe

« Un nouveau drame de l’immigration », déclarent les présentateurs de télévision d’un air contrit : jeudi 3 octobre, le naufrage, au large de l’île italienne de Lampedusa, d’une embarcation partie de Libye et qui transportait de quatre cent cinquante à cinq cents migrants s’est soldé par la mort d’au moins trois cents personnes. Dans l’exposition d’esquisses cartographiques « Cartes en colère », Philippe Rekacewicz revenait, à partir de plusieurs figures, sur la « véritable stratégie de guerre » mise en œuvre par l’Europe pour contenir « l’envahisseur ». Extrait.
JPEG - 948.8 ko

Le monde Interdit

JPEG - 1.1 Mo
C’est étrange, cette peur paranoïaque de l’invasion, cette volonté de se « protéger » coûte que coûte de ces êtres humains qui, chaque année, prennent le chemin de l’exil vers les pays riches qu’ils imaginent terre d’espérance. Mais les riches ont décidé que cette humanité-là était indésirable.

Ils renforcent leurs frontières, dressent des barrières, construisent des murs toujours plus hauts. Une véritable stratégie de guerre mise en œuvre pour contenir « l’envahisseur ».

Par un effet d’entraînement, d’autres grands pays comme le Brésil, la Chine ou la Russie mettent aussi en place une « sanctuarisation intérieure » pour limiter les migrations économiques des régions pauvres vers les zones de forte croissance.

Ces obstacles physiques sont des outils efficaces pour criminaliser l’immigration et rendre acceptable l’emploi d’expressions inacceptables : « immigrant illégal ». On fait croire qu’ils transgressent la loi : grâce à ces nouveaux obstacles, juridiques ou physiques, on crée une nouvelle catégorie de délinquants : le migrant.
Au mépris du droit international et des valeurs universelles.

Les trois frontières de l’Europe

JPEG - 1.4 Mo
Cette carte, nous l’avons dressée pour la première fois en 2003 grâce au méticuleux travail d’Olivier Clochard du laboratoire Migrinter à Poitiers. Nous mettons régulièrement à jour ce document et hélas, à chaque fois, nous devons rajouter des points noirs, grossir toujours plus les cercles rouges.

Lire aussi « Rendez-vous à Sharon Stone », novembre 2011.Le 1er janvier 1993, Gerry Johnson, un citoyen du Liberia – pays alors dévasté par une guerre civile meurtrière –, est découvert mort étouffé dans un wagon de marchandises à Feldkirch, en Autriche. Le 3 octobre 2013, un bateau coule près de l’île de Lampedusa avec 500 migrants à bord, la plupart originaires d’Afrique de l’Est. Entre ces deux dates et ces deux lieux, un peu plus de 17 300 autres migrants – estimation a minima d’une hécatombe ignorée – ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe, terre de la liberté et des droits de l’homme.

On meurt aussi en repartant, comme Marcus Omofuma, citoyen nigérian assassiné le 1er mai 1999 par trois policiers autrichiens sadiques dans un avion de la Balkan Air lors de son rapatriement forcé.

Géographie d’une humanité indésirable

JPEG - 1.3 Mo
A l’Ouest les copains bienvenus chez nous, le portefeuille bien garni, et à l’Est, les indésirables, les gueux, le petit peuple du monde trop pauvre pour nous « mériter ». Symétrie presque parfaite : subsistent des îlots de pauvres à l’Ouest, des îlots de riches à l’Est.
Manichéen ?

A peine. La géographie politique européenne des visas montre avec une certaine cruauté la vision européenne du monde, si peu généreuse. Il faudra que l’on m’explique ce qu’il y a de logique dans le fait que l’UE exige des ressortissants du Kosovo – Etat le plus pauvre de toute l’Europe – un visa hors de prix pour circuler dans l’Espace Schengen.

Il y a de multiples façons de partager le monde, les territoires, les régions. Que ce soit selon le principe des nations, du regroupement de nations, d’indicateurs socio-économiques ou politiques, ils nous rappellent avec cynisme ce que nous n’aimons pas voir de nous-même : notre égoïsme, notre violence. Nous feignons l’aide au développement, nous n’exportons chez les pauvres que des modèles inapplicables.
Et nous leur imposons des visas inaccessibles.

Pourtant l’Afrique pauvre, par exemple, offre aussi de la culture, de la musique et du théâtre. Des diplomates, des professeurs. Des étudiants, des travailleurs. Des écrivains. Autant d’êtres humains que l’Europe renvoie parfois ficelés comme des saucissons dans des avions, quand ce n’est pas dans des linceuls, lorsqu’ils ont échoué à obtenir un visa ou un titre de séjour.

Ce projet est largement basé sur le travail méticuleux réalisé par l’ONG United au Pays-Bas, sans qui cette boucherie resterait largement ignorée.

Voir aussi et notamment : « Comment l’Union européenne enferme ses voisins » de Alain Morice et Claire Rodier, dans Le Monde diplomatique (juin 2010) et « Migrations, sauvetage en mer et droits humains » sur ce blog (septembre 2009).

 

Notes

Esquisses de Philippe Rekacewicz, avec la participation d’Olivier Clochard

7 avril 2013

Birmanie, la promesse de l’aube ?

Source : http://oeil-sur-la-planete.france2.fr


La junte militaire a laissé place à un gouvernement civil qui affiche des intentions démocratiques. La principale opposante et prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi est devenue députée. La Birmanie s’ouvre après 50 ans de fermeture. Une éclosion qui permet de découvrir un pays d’une beauté extraordinaire, une terre où désormais tout est possible.

 
Les reportages :
Plusieurs reportages seront diffusés dans cette émission, mais elle en sera d’autant plus exceptionnelle qu’un témoignage exclusif d’un personnage-clé de cette période historique a été accordé à la rédaction du magazine : le Président Thein Sein.
Premier ministre en charge de la répression lors de la « révolution safran » en 2007, il est présenté aujourd’hui comme le Gorbatchev birman. Cet homme de la nouvelle Birmanie parle pour la première fois à une télévision française. L’équipe d’un Œil sur la planète a également filmé Aung San Suu Kyi, lors de la cérémonie d’ouverture du premier Festival International de Littérature à Rangoun.

Un parfum de liberté (S.Ansel et T.Dandois).
En quelques mois, Rangoun a changé de visage. Chanteurs, peintres, grapheurs, les artistes longtemps muselés rivalisent d’originalité pour profiter du vent de liberté. 

La fin du baillon ? (P.Monegier et D.Marotel).
En Birmanie, la liberté de la presse a été proclamée, les journalistes dissidents libérés. Ils peuvent aujourd’hui imprimer leurs idées. Seulement, le bureau de la censure n’a pas été fermé... 

Un nouvel eldorado ? (F.Stenneler et F.Bazille).
Avec la levée des sanctions, les entreprises étrangères se ruent sur la Birmanie, un pays aux ressources phénoménales, où tout est à reconstruire. Les Français entendent bien profiter du gâteau. …

Le pouvoir des moines (S.Ansel et T.Dandois).
Dans un pays en pleine mutation, le bouddhisme permet de raison garder. En Birmanie, il y a autant de moines que de soldats. Les Birmans les vénèrent car ils pallient souvent les carences de l’État.

L’impasse kachin (S.Bardon et Vincent Reynaud).
Près de 40% de la population est composée de minorités ethniques, qui luttent contre les prétentions de la majorité bouddhiste. Ainsi, les chrétiens kachins ont repris les armes pour défendre leur sol et leur foi. Reportage exclusif au cœur de la guérilla. 

La conspiration des astrologues (S.Ansel et T.Dandois).
La Birmanie est le seul pays au monde où les astrologues font la loi. Ils ont décidé de l’heure de proclamation de l’indépendance, fait changer les billets de banque, inversé le sens de la circulation, déplacé la capitale. Ils nous dévoilent leurs prédictions pour le futur du pays.


__DL

4 avril 2013

La Corée du Nord sort ses griffes

Source : http://www.arte.tv
28-03-13
English  North Korea shows its claws

"Le commandement de l'armée du peuple coréen déclare que toutes les troupes d'artillerie, y compris les unités stratégiques de missiles et les unités d'artillerie à longue portée doivent être placées en alerte prêtes au combat".

Kim Jong-un

Le message est clair, depuis plusieurs semaines la Corée du Nord s'est remise sur le pied de guerre, surtout dans le vocabulaire. Mais cette fois la menace redouble d'intensité, le communiqué militaire précise : "Ces unités doivent se tenir prêtes à attaquer toutes les bases militaires américaines dans la région Asie-Pacifique, y compris sur le continent nord-américain, Hawaï et Guam".
La tension est remontée d'un cran dans la péninsule, en raison du tir réussi en décembre d'une fusée nord-coréenne, considérée par Séoul et ses alliés comme un missile balistique, suivi d'un troisième essai nucléaire en février puis de nouvelles sanctions votées par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'encontre de Pyongyang.
En réponse à ces sanctions, la Corée du Nord coupait même le téléphone rouge avec son frère ennemi du sud et annonçait qu'elle ne se sentait plus liée par le cessez-le-feu de 1953.


Les manœuvres américaines
Pour bien montrer sa détermination, le leader nord Coréen Kim Jong-Un qui a inspecté vendredi 22 mars une unité des forces spéciales, a ordonné à celle-ci de réagir à "la vitesse de la lumière" au cas où la guerre éclaterait. La dictature stalinienne réagit aux manœuvres conjointes qui ont lieu entre Washington et Séoul. Ces manœuvres mobilisent des milliers de soldats (10.000 Sud-Coréens et 3.500 Américains). Selon les Etats-Unis, des vols d'entraînement de B-52, capables d'emporter des bombes guidées de précision, conventionnelles ou nucléaires, font partie de ces exercices. Pour Pyongyang cela est inacceptable.
"Nous ne pouvons tolérer que les Etats-Unis réalisent des exercices de frappes nucléaires, en nous prenant pour cibles," a déclaré un porte-parole du commandement suprême de l'armée nord-coréenne. Malgré le tir réussi d'une fusée le 12 décembre dernier, les experts jugent que Pyongyang est loin de maîtriser la technique requise pour lancer un missile intercontinental, capable de frapper les Etats-Unis.

La Corée du Nord dispose de différents missiles. Illustration graphique des portées de quatre missiles.



Effectifs militaires déployés dans les bases américaines de l'ouest du Pacifique :


Source : Military Balance 2011, Commander Navy Installations, Pacific Air Force

Une nation en arme
Corée du Nord est le pays le plus militarisé au monde en ce qui concerne la proportion de la population engagée dans les forces armées avec un total de 9 495 000 hommes d'active, de réserve et paramilitaires. Le pays consacre près de 25% de son PIB à son armée (par comparaison en France c'est 5 à 6% de la richesse nationale qui est consacrée à la Défense). La source de toute cette tension réside dans le développement d'un programme nucléaire et spatial mené par la Corée du nord. La nouvelle présidente de Corée du Sud, Park Geun-Hye a prévenu Pyongyang en déclarant "Pour le Nord, le seul chemin vers la survie consiste àcesser les provocations et les menaces, abandonner ses armements nucléaires et balistiques, et devenir un membre responsable de la communauté internationale".

Effectifs des armées nord-coréenne et américaine :



Marc-Antoine Valverde pour ARTE Journal

à consulter aussi :

Chiffres clés de la Corée du Nord :


(Image interactive : passez votre souris sur l'image pour voir apparaître les informations)

21 mars 2013

Putains de guerre

réalisateur : Mondelo Sergio G, Benhamou Stéphane
Source : http://www.france3.fr
Durée : 60 min

C'est une loi de la guerre inavouable : partout où il y a des soldats, il existe une prostitution ouverte, encadrée ou même érigée en système par les forces militaires en présence. Au fil de leur enquête, les auteurs du documentaire ont mis au jour un mode de fonctionnement implacable, et qui semble inévitable, de 1945 à aujourd'hui. Un système souhaité par les armées, entretenu par les sociétés militaires privées, et couvert par l'OTAN et l'ONU. Que ce soit en Indochine, en Algérie, au Viêtnam, en ex-Yougoslavie, en Irak ou en Afghanistan, les contingents ne se sont pas contentés d'être de simples clients : ils ont parfois été les complices actifs des proxénètes.

Alternative player

19 mars 2013

1946. Essais atomiques à Bikini (Mystères d'archives)

Source : http://www.arte.tv

Depuis que le cinéma existe, jamais autant de caméras n’ont filmé un événement. Pourquoi une telle débauche d’appareils pour faire les images de deux explosions atomiques dans le Pacifique au lendemain de la guerre ?


Since the movie is, never have so many cameras filmed the event. Why such a profusion of devices to the images of two atomic explosions in the Pacific after the war ?

======
Mystères d'archives
Directeur de la collection Serge Viallet
Une coproduction ARTE France, Ina


DL

9 mars 2013

Conflits fonciers en terres cambodgiennes

Par Philippe Revelli
22/02/2013
Source : http://www.monde-diplomatique.fr
English    Cambodian land conflicts land

« Carnet de route » est le sixième épisode du cycle TERRES. Au Cambodge, suite à l’adoption en 2001 de la Loi sur la propriété foncière, 56 % des terres arables sont passées aux mains de sociétés privés. Les minorités, spoliées de leurs terres et de leurs habitats, se mobilisent pour la défense de leurs droits. A Phnom Penh, les politiques partielles de relogements n’améliorent en rien la situation des déplacés. De plus, l’avancée de projets immobiliers au cœur de la capitale conduit à l’expulsion, souvent violente, des populations les plus démunies.

15 février 2013

La CIA, procureur, juge et bourreau

Par Philippe Leymarie
Source : http://blog.mondediplo.net
14/02/2013
english  CIA, prosecutor, judge and executioner

Il est le vrai « seigneur des drones », l’homme qui a la haute main sur la « kill list », et sur les assassinats ciblés : John Brennan, conseiller à la Maison Blanche pour le contre-terrorisme — que le président américain Barack Obama veut nommer nouveau chef de la Central Intelligence Agency (CIA), en remplacement du général David Petraeus — devait s’expliquer à nouveau, ce mardi 12 février, devant la commission du renseignement du Sénat, mais à huis clos, sur les engagements en cours en Tunisie, Libye et au Mali. La ratification de sa nomination par le Sénat reviendra à re-légitimer l’usage des drones et des assassinats ciblés, une procédure utilisée dans le secret, sur un mode souvent préventif qui néglige les dégâts humains et politiques. Pourtant, cette nomination signera sans doute également la fin du processus de militarisation de la CIA...
Même si la nomination de John Brennan devrait finalement être entérinée, sa première audition, jeudi 7 février, a été houleuse. Vétéran de la CIA (il y a passé vingt-cinq ans) avant de devenir le « M. drone » de la Maison Blanche ces quatre dernières années, Brennan a subi un feu roulant de critiques :
  • Dans une rare manifestation d’unité politique, les membres démocrates et républicains de la commission du renseignement ont exprimé leur colère envers le manque de transparence de la politique du renseignement menée depuis des années par les présidents des deux bords.
  • Le sénateur indépendant Angus King, par exemple, a estimé que — dans les assassinats ciblés — la CIA joue à la fois le « rôle de procureur, de juge et de bourreau » et a proposé une instance externe de contrôle pour valider les opérations de ce genre.
  • A la veille de la première audition au Sénat de John Brennan, NBC News a révélé la teneur d’une note controversée du ministère de la justice permettant au gouvernement des Etats-Unis de tuer en toute légalité l’un de ses ressortissants lorsqu’il représente « une menace imminente d’attaque violente » de type terroriste. Ce document a notamment essuyé le refus du président Barack Obama de le rendre public.
  • Selon certains sénateurs républicains, il avait soutenu la torture en son temps, et dirigé — après avoir quitté la CIA — l’entreprise Analysis Corporation, soupconnée d’avoir trempé dans des interrogatoires menés dans les prisons secrètes de la CIA, où la torture était pratiquée.

En dernier ressort 

 

John Brennan a fait front durant son audition, ayant recours à une série d’arguments :
  • « Les Etats-Unis sont toujours en guerre contre Al-Qaida et les forces qui lui sont associées » (la mention faite à Al-Qaida, responsable notamment des grands attentats anti-américains de 2011, induit que « la fin justifie les moyens »).
  • A propos du rôle multiforme de la CIA, dans la désignation comme le « traitement » des cibles, Brennan a fait valoir que les conditions de la lutte antiterroriste sont « spécifiques » [1].
  • « Sénateurs, je vis tout ceci nuit et jour, je me couche le soir inquiet en pensant que je n’en ai pas fait assez ce jour-là pour être sûr d’avoir suffisamment protégé le peuple américain. »
  • Les forces américaines font « extraordinairement attention » à préserver les civils, les victimes « collatérales » de ces frappes de drones sont « bien plus rares que la plupart ne l’imaginent ».
  • Les assassinats ciblés ne sont « menés qu’en dernier ressort, pour sauver des vies ».
  • Il ne « s’agit pas de punir des terroristes pour des actes passés ».
  • Brennan défend la nécessité du secret pour la protection de la défense nationale, même s’il affirme « comprendre les désaccords » avec ce programme d’éliminations ciblées par des drones, cette opposition étant « saine, et une composante nécessaire à la vie démocratique ».
JPEG - 122.6 ko
Un pilote et un opérateur de charge dans une « salle contrôle et récupération » de drones
Image de General Atomics Aeronautical
 
La commission du renseignement, au Sénat, n’a d’ailleurs pas été virulente, selon le correspondant du Monde à New-York, Sylvain Cypel [2] : pas question de communiquer au public tout ou partie des 6 000 pages de « mémos » communiquées au dernier moment aux sénateurs-enquêteurs ; aucune mention faite à la notion « d’imminence » d’une menace, invoquée pour justifier une frappe préventive contre un individu ou un groupe, ni sur le nombre de « signature strikes » (assassinats décidés sur la seule foi « d’indices concordants »), ni sur le nombre des « victimes collatérales », ni sur les conséquences politiques des frappes.

Valeurs américaines 

 

Pour emporter la décision de la commission, John Brennan a cependant été contraint de reculer sur plusieurs points :
  • La question de la transparence : il admet que la CIA a été « trop refermée sur elle-même » et reconnaît que le grand public n’a pas assez été mis au courant de la mise en place de ses programmes secrets.
  • La torture : s’il a refusé de qualifier ainsi le waterboarding (interrogatoire avec simulacre de noyade), prétextant qu’il n’est « pas juriste », Brennan a affirmé que la méthode était illégitime, infructueuse et « non conforme aux valeurs américaines ».
  • La mise en œuvre des drones par la CIA : s’il est désigné à la tête de la centrale de renseignement, Brennan mettrait fin aux missions d’assassinats ciblés « qui peuvent être menées par les militaires » (la CIA ne serait plus en pointe dans ce domaine, mais conserverait néanmoins cette capacité, si on comprend bien l’agent spécial Brennan).
D’ailleurs, la militarisation de la CIA — engagée sous le général Michael Hayden (2006-2009), puis poursuivie par Leon Panetta (2009-2011) et le général David Petraeus (2011-2012) — pourrait connaître un coup d’arrêt avec la nomination de John Brennan, comme le souligne l’édition du 13 février de la lettre confidentielle Intelligence Online.

Bouchées doubles 

 

Pour l’heure, l’utilisation des drones sur la zone Afghanistan-Pakistan semble plus fréquente que jamais : selon le bilan diffusé par l’U.S. Air Forces Central Command, cinq cent six missiles ont été tirés par des drones en Afghanistan au cours de l’année écoulée. Soit quarante-deux par mois, avec un pic lors du dernier trimestre, où cent soixante-treize missiles ont été tirés (soit cinquante-quatre par mois). « On dirait que le président Obama, désormais réélu, est décidé à mettre les bouchées doubles pour éliminer tous les cadres identifiés des groupes terroristes », souligne Philippe Chapleau sur Lignes de défense.

Sur les quatre mille quatre-vingt-deux armes délivrées au titre d’Enduring freedom et de l’ISAF (opération de l’OTAN), entre janvier et fin novembre, mille trois cent trente-six l’avaient été par des drones. A quoi s’ajoute une quarantaine de frappes de drones au Pakistan voisin. « Va-t-il ajouter à son tableau de chasse des responsables africains de groupes islamistes ? », se demande notre confrère, pour qui ce n’est pas impossible : « Les cibles ne semblent pas manquer au Sahel. En outre, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujoa) est désormais considéré comme un groupe terroriste et donc une cible légitime des drones et opérateurs US [3] ».

En janvier 2012, vingt-six Warrior, cinquante-quatre Reaper et cent soixante et un Predator armés figuraient dans le parc américain. Depuis plusieurs années, l’US Air Force forme plus de pilotes ou opérateurs de drones que de pilotes de chasse [4]. Le parc est également en cours de renforcement, puisqu’une nouvelle génération de drones « Avenger » est en cours d’acquisition : ces machines, les plus lourdes mais aussi les plus furtives des « sans pilotes », d’une valeur de 15 millions de dollars l’unité, pourront voler pendant vingt heures à vingt mille mètres d’altitude, et transporter jusqu’à 1,3 tonne de munitions.

Armes sans risques ?


La problématique des drones n’est pas simple. Exemple, avec ce qu’écrit cette semaine la lettre confidentielle TTU (n° 878) : « Face aux nombreuses réactions des Eglises, des associations pacifistes et des partis dʼopposition à lʼannonce que le ministère de la défense avait la ferme intention dʼéquiper la Bundeswehr avec des drones de combat, le ministre allemand de la défense, Thomas de Maizière, très remonté, a vivement répondu à ceux qui estiment que ces systèmes dʼarmement font baisser le niveau dʼinhibition dʼengagement dans un conflit.
« Ceux qui critiquent les drones de combat nʼont quʼun seul type dʼengagement en tête, cʼest-à-dire des tirs en régions étrangères dans des guerres qui ne disent pas leur nom », a-t-il affirmé, en rappelant que ce type dʼengagement était exclu par le gouvernement fédéral et que tout engagement armé était précisément encadré par la Constitution et soumis à lʼapprobation parlementaire.
Le ministre allemand a aussi rappelé quʼ« un pilote dʼavion qui tire un missile ne voit pas plus sa cible que sur un écran ». Il a enfin rejeté lʼargument que des armes « sans risques » conduisent à abaisser lʼinhibition de lʼengagement :
« Je ne comprends pas lʼargument selon lequel il serait préférable dʼutiliser une arme qui mette en danger ses propres troupes, plutôt quʼune qui protège la vie de ses soldats », a-t-il asséné, en ajoutant que lʼarc et la flèche avaient précisément été inventés pour toucher lʼadversaire tout en se protégeant. »

Pour aller plus loin : 

 

- David E. Sanger, Obama – Guerres et secrets, Belin, Paris, 2012.
- Océane Zubeldia, Histoire des drones, Perrin, Paris, 2012.
- Nick Turse, Tom Engelhardt, Terminator planet, Dispatch Books, Lexington, 2012.

Notes

 

[1] Ainsi, le membre du commando des Seals qui avait tiré sur Oussama Ben Laden, lors de l’assaut mené contre sa demeure en 2011, vient de révéler au magazine Esquire que lui et ses camarades avaient l’ordre implicite de tuer immédiatement le chef du mouvement terroriste.
[2] « CIA : John Brennan défend les assassinats ciblés par drones », Le Monde, 8 février 2013.
[3] Les deux drones Predator en voie d’installation à Agadès, au nord du Niger, après accord en janvier dernier avec les autorités de ce pays, ne semblent cependant pas armés, au moins pour le moment.
[4] Lire laurent Checola et Edouard Pflimlin, « Danse avec les drones », Manière de voir n° 126, « L’armée dans tous ses états », décembre 2012.

Libellés

Politique (381) social (341) actualité (279) corporation (265) loi (227) Corruption (208) geopolitique (201) Documentaire (155) documentary (143) Propaganda (129) Etats (128) Guerre (126) France (124) Internet (98) Reflexion (95) Pollution (94) crise (94) USA (93) Economie (89) Europe (85) Nouvelles Technologies (82) Santé (75) Arté (59) Argent (57) Etats-Unis (53) environnement (53) reportage (53) administration US (52) Nucléaire (51) Armement (48) Surveillance (46) Nucleaire (45) Chine (44) Armées (43) Mort (42) histoire (42) Japon (40) Japan (36) Police (34) le dessous des cartes (34) rapport (33) Banque (30) Petrole (30) censure (30) Energie (29) Agriculture (27) Eau (27) Afrique (25) Conflits (24) Fukushima (24) LOBBYS (24) Russie (22) gouvernements (22) Medias (21) Sécurité (21) Frontières (20) International (20) Agro Alimentaire (19) Catastrophe (19) Revolution (19) Armes (18) Pauvreté (18) Repression (18) geographie (18) China (17) OTAN (17) Libye (16) cybersécurité (16) gouvernance (16) Army (15) Carte (15) cyberspace (15) ARTE Reportage (14) Allemagne (14) Facebook (14) Inde (14) Moyen Orient (14) Cyber-activisme (13) FMI (13) Google (13) Royaume-Uni (13) cyberespionnage (13) sciences (13) Mali (12) Manipulations (12) commerce (12) enfant (12) philosophie (12) Israël (11) Violence (11) Web 2.0 (11) capitalisme (11) Afghanistan (10) CIA (10) Immigration (10) Journaliste (10) Livres (10) Syrie (10) finance (10) religion (10) traité (10) Bresil (9) Dictature (9) Drones (9) Pakistan (9) Radioactif (9) US (9) Vietnam (9) business (9) desinformation (9) election (9) militaires (9) secret (9) travail (9) 2011 (8) Climat (8) Droit de l'Homme (8) Démocratie (8) Gaz (8) Informations (8) Irak (8) Mexique (8) Reflextion (8) Somalie (8) conspiration (8) exploitation (8) mondialisation (8) terrorisme (8) Bolivie (7) Canada (7) Democratie (7) Discrimination (7) Filtrage (7) Presse (7) controle (7) crimes (7) manifestations (7) multinationales (7) trafic (7) 2012 (6) ACTA (6) Areva (6) Asie (6) Crise sociale (6) Droit (6) Gaza (6) Grande Bretagne (6) Haïti (6) Italie (6) Madagascar (6) Netizen Report (6) Nigeria (6) O.N.U (6) Oligarchie (6) RDC (6) Société (6) UE (6) changement climatique (6) danger (6) justice (6) mines (6) ocean (6) pirates (6) projet (6) Africa (5) Algerie (5) Arabie Saoudite (5) Bahreïn (5) Brésil (5) Chimique (5) Chomsky (5) Colonisation (5) Congo (5) Crise politique (5) Debat (5) Egypte (5) Indigènes (5) Inégalités (5) Liberté (5) Loppsi (5) NSA (5) ONG (5) Palestine (5) Pharmaceutique (5) Tunisie (5) Union Européene (5) Veolia (5) agrocarburants (5) big brother (5) contamination (5) ecologie (5) emploi (5) esclavage (5) hadopi (5) informatique (5) interview (5) menace (5) prison (5) AIEA (4) Accident (4) Agent (4) Bombes (4) Chili (4) Colombie (4) Contaminés (4) Grèce (4) Honduras (4) Iran (4) Microsoft (4) Migration (4) OMC (4) Occident (4) Perou (4) Racisme (4) Tchernobyl (4) Venezuela (4) Webdocumentaire (4) Wikileaks (4) brevet (4) dette (4) fichage (4) frontex (4) industrie (4) maladie (4) nanotechnologies (4) plastic (4) plastique (4) privatisation (4) privée (4) public (4) réfugiés (4) 2013 (3) Apple (3) Australie (3) Azerbaïdjan (3) Bangkok (3) Banque mondiale (3) Banques (3) Bosnie (3) Corée (3) Dechets (3) Espagne (3) Faim (3) Islande (3) Kazakhstan (3) Kenya (3) Liban (3) Maroc (3) Monde (3) NATO (3) Nature (3) Niger (3) OGM (3) OMS (3) Politics (3) Proche-Orient (3) Riz (3) Roms (3) Sahel (3) Sarkozy (3) Totalitaire (3) Turquie (3) Twitter (3) Ukraine (3) Uranium (3) Urbanisation (3) accords (3) art (3) cancers (3) charbon (3) culture (3) cyber-censure (3) drogue (3) ethnie (3) extreme droite (3) futur (3) gouvernement (3) minerais (3) piraterie (3) ressources (3) réseau (3) sondage (3) stratégie (3) télévision (3) écologie (3) 2014 (2) 2030 (2) Abus (2) Affaire (2) Africom (2) Afrique du Sud (2) Agent Orange (2) Amerique du Sud (2) Arabes (2) Argentine (2) Arménie (2) Articque (2) Atlas (2) Attentat (2) Australia (2) Balkans (2) Bangladesh (2) Belgique (2) Bio Carburants (2) Bioethique (2) Birmanie (2) Biélorussie (2) CRIIRAD (2) Cambodge (2) Cancer (2) Caucase (2) Centrafrique (2) Cloud (2) Coltan (2) Correa (2) Corée du nord (2) Coup d’Etat (2) Crise financière (2) Côte d'Ivoire (2) DARPA (2) Defense (2) Drone (2) Défense (2) EDF (2) EFSA (2) Emirats (2) Equateur (2) Espace (2) G8 (2) Gaz de Schiste (2) Gazoduc (2) Genocide (2) Germany (2) Ghana (2) Goldman Sachs (2) Guatemala (2) Géorgie (2) IKEA (2) India (2) Indiens (2) Irlande (2) Kirghizistan (2) Kosovo (2) Les infos dont on parle peu (2) Liberté d'expression (2) Mafia (2) Maghreb (2) Mosanto (2) Médias (2) Nation (2) Nouvel Ordre Mondial (2) Obama (2) Oppression (2) Paragay (2) Parlement (2) Patriot Act (2) Petropolis (2) Quatar (2) RFID (2) Retraites (2) Royaume Uni (2) Rwanda (2) Révolte (2) Sahara (2) Science (2) Serbie (2) Sexe (2) Space (2) Swift (2) Taiwan (2) Taïwan (2) Tepco (2) Thailande (2) U.R.S.S (2) Video (2) Viol (2) WTO (2) Yemen (2) aide alimentaire (2) aluminium (2) animaux (2) bilan (2) biotechnologie (2) chimie (2) civil (2) coup d’État (2) debt (2) dessous des cartes (2) developpement (2) diaspora (2) diplomatie (2) débat (2) délation (2) education (2) ex-Yougoslavie (2) famine (2) fonds d'investissement (2) graphisme (2) hack (2) humain (2) loi Internet et Création loi Hadopi (2) medecine (2) metal (2) misère (2) mondial (2) mur (2) news (2) paradis fiscaux (2) pesticides (2) piratage (2) poison (2) populisme (2) previsions (2) prostitution (2) président (2) sensure (2) telephonie (2) terre rare (2) territoire (2) textile (2) transport (2) villes (2) war (2) 11/9 (1) 1918 (1) 1945 (1) 2 (1) 2009 (1) 2010 (1) 23andMe (1) 9/11 (1) A TelecomTV Campaign (1) AFP (1) ALENA (1) APT (1) ASN (1) Abidjan (1) Agences de notation (1) Alimentarius (1) Almentaire (1) Amazonie (1) Amérindiens (1) Angola (1) Anonymous (1) ArmeFrance (1) Asile (1) Autodialogue à propos de New Babylon (1) Awards (1) B.R.I.C (1) BASM Conférence de Dublin Le texte du futur Traité adopté (1) BCE (1) Babylon District (1) Bayer (1) Berlin 1885 la ruée sur l'Afrique (1) Berlusconi (1) Bhoutan (1) Bilderberg 2008 (1) Bill Gates Rockefeller Svalbard (1) Black Hat (1) Blackwater (1) Botnet (1) Brazil (1) Burkina Faso (1) CEA (1) CETA (1) CFR (1) CNT (1) COMMENT) SUPREMATIE DE L'INFORMATION (1) CONSPIRATION - LE BRESIL DE LULA (1) CONTROLE TOTAL (1) CPI (1) CRU (1) CUG (1) Cachemire (1) Camera City (1) Child miners (1) Chypre (1) Cisjordanie (1) Citoyenneté (1) City (1) Clearstream (1) Club de Paris (1) Cnil (1) Codex (1) Collapse (1) Colombia (1) Combattre les mines et les BASM (1) Commission (1) Contrôle maximum sur tout le spectre électromagnétique (1) Corruption des syndicats l’enquête qui dérange (1) Costa Rica (1) Criminalité (1) Crise à la Banque mondiale et au FMI (1) Cuba (1) Côte d’Ivoire (1) C’est quoi une bonne nouvelle (1) Dadaab (1) Darfour (1) Davos (1) De l’explosion urbaine au bidonville global (1) Destabilisation (1) Documentaire : No es un Joc ( Ce n'est pas un Jeu ) (1) Doha (1) Dubaï (1) Déchets (1) EADS (1) ELENA (1) Ecole (1) Ecoterrorisme (1) Ecuador - The Rumble in the Jungle (1) Eglise (1) Embargo (1) End (1) Enquête en forêt tropicale (1) Erreurs statistiques de la Banque mondiale en Chine : 200 millions de pauvres en plus (1) Eurosatory (1) Exposé sur le nouveau mode actuel de répression politique en France (1) F.M.I Finances Mondiale Immorale (1) FAO (1) FARC (1) FEMA (1) FSC (1) Finlande (1) Foret (1) Forum social mondial FSM Belém (1) Foxconn (1) Franc Maçon (1) France-Afrique (1) Fujitsu (1) G20 (1) Gabon (1) Game (1) Gasland (1) Gazprom (1) Golfe Du Mexique (1) Google Cisco HP Ericsson et Verizon (1) Greenpeace (1) Gréce (1) Guantánamo (1) Guaraní (1) Guerre d’Algérie 1954-1962 (1) Guinée (1) Génocide (1) Génome (1) Géographies des alimentations (1) Géoingénierie (1) H1N1 (1) H2Oil (1) HAARP (1) HP (1) Hackers ni dieu ni maître (1) High-Tech (1) Hiroshima (1) Hollande (1) Hotel Sahara (1) I Am The Media (1) IBM (1) IMF (1) INTERNET (QUI (1) IPRED (1) Iceland (1) Icesave (1) Imiter (1) Indonesia (1) Indonesie (1) Insertion (1) Island (1) Italia (1) J.O (1) Jean Ziegler (1) Jesus Camp (1) KYSEA (1) Karachi (1) Kurdistan (1) L'Or bleu (1) LE HOLD-UP DU SIÈCLE (1) La Commission européenne lance un programme de propagande radio (1) La Démocratie en France 2008 (1) La Fin du Pétrole (1) La Paz (1) La Stratégie du choc (1) La Trahison des médias le dessous des cartes (1) La fin de la propriété de soi (1) La guerre de l'information utilise des opérations psychologiques agressives (1) La guerre invisible (1) La guerre pétrolière oubliée du Soudan (1) La menace iranienne (1) La quatrième révolution (1) Lakmi et Boomy (1) Laos (1) Le Secret des Sept Soeurs (1) Le club des incorruptibles (1) Le grand Monopoly du gaz (1) Le grand marché des cobayes humains (1) Le nuage (1) Le temps des mensonges (1) Le ventre de Tokyo (1) Les Armées Privées dans la Cible (1) Les Occidentaux dénient que la Géorgie a procédé à un génocide (1) Les enfants des rues de Mumbai (1) Les insurgés de la terre (1) Les nouveaux chiens de gardes (1) Les secrets de la forteresse Europe (1) Leviev (1) Littérature (1) Livre (1) Londres (1) MSF (1) Malaisie (1) Malediction (1) Manille (1) Mauritanie (1) Mayotte (1) Medcament (1) Mexico (1) Minorité nationale (1) Mogadiscio (1) Money (1) Mongolie (1) Monsanto (1) Moving forward (1) Mozambique (1) Mururoa (1) Music (1) Musique (1) Médias citoyens (1) NED (1) Nazis (1) Nazisme (1) Neo Conservateurs (1) Nepal (1) Nes (1) Nestlé (1) Nicaragua (1) Nigéria (1) Noam (1) Norvège (1) Notre poison quotidien (1) Nouvelle Zelande (1) Nuage Mortel (1) O.G.M ?? Vous avez dit O.G.M : Organisation Générale du Mensonge (1) O.M.S (1) OFCE (1) Oil (1) Oman (1) Orange (1) Ormuz (1) Ouganda (1) Ouïgours (1) P2 (1) PIPA (1) PRISM (1) Pacifique (1) Papouasie (1) Paraguay (1) Pays Bas (1) Paysans (1) Pentagone (1) Pentagone: Nous devons combattre le Net (1) Perhttp://www.blogger.com/img/blank.gifte (1) Perte (1) Philippines (1) Phtographe (1) Planète à vendre (1) Pologne (1) Polynésie (1) Portugal (1) President (1) Prison Valley (1) Prix agricoles les véritables raisons de l’inflation (1) Prévisions (1) Prêt à jeter (1) Publicité (1) Pêche (1) QUOI (1) Quelle devrait être la politique européenne de l'immigration (1) RATP (1) Rapport Angelides (1) Reflection sur : Le monde de l'image (1) Regis Debray (1) Ruhnama (1) Révolution (1) SOPA (1) STIC (1) Samsung (1) Sans lutte pas de victoire possible (1) Savoir (1) Schiste (1) Scoop (1) Senegal (1) Shanghaï (1) Singapour (1) Skype (1) Sociologie (1) Soudan (1) Sri Lanka Tsunami tourisme banque mondiale (1) Station (1) Stratfor (1) Suisse (1) Sénégal (1) TAFTA (1) TPP (1) TSCG (1) TTIP (1) Tchad (1) The Shock Doctrine (1) Tibet (1) Tienanmen (1) Tokyo Freeters (1) Total (1) Touaregs (1) Turkménistan (1) U.A (1) U.S.A (1) UMP (1) Une livraison de Nouvelles questions féministes (1) Union Africaine (1) Union Européenne (1) United Kingdom (1) Vaccin (1) Vatican (1) Vie Privée (1) Viellesse (1) Viêtnam (1) VoIP (1) Voies de navigations (1) Volcan (1) Vu du ciel (1) Wackenhut (1) Water makes money (1) Windows (1) Yahoo (1) Yakutsk (1) Yaoundé by night (1) Zambie (1) Zeitgeist (1) accord (1) activisme (1) alex (1) anonymat (1) archives (1) article (1) assassinat (1) avocat (1) bactériologique (1) barrage (1) bauxite (1) bildenberg (1) biomimétisme (1) biotech (1) blocus (1) bourse (1) boycott (1) caméra (1) centrale (1) change (1) citizen berlusconi (1) coke (1) congrès (1) contamine (1) crime (1) c’est innover (1) dead (1) discours (1) domination (1) droits de l'homme (1) déchets toxiques (1) démographie (1) département (1) désinformation (1) d’Amnesty (1) e (1) electronique (1) enseignement (1) entreprises (1) estonie (1) etude (1) européen (1) eurosur (1) experience (1) explosifs (1) falsifiabilité et modèle standard de l'évolution stellaire (1) fanatism (1) femmes (1) fiscal (1) fête (1) grève (1) hackers (1) harmaceutique (1) hydrates de méthane (1) iPhone (1) information (1) ingérance (1) inondations (1) irradiés (1) jeu (1) jeux video (1) jones (1) journalisme (1) jugement (1) l'Oreal (1) la tyrannie du cool (1) lithium (1) main basse sur le riz (1) mandat (1) mer (1) methane (1) meu (1) monarchie (1) monnaie (1) obsolescence (1) opinion (1) or (1) parti de droite (1) patriotisme (1) protection des viols de brevets Google Cisco HP Ericsson Verizon (1) psychologie (1) rafale (1) rebellion (1) recherche (1) ressources naturelles (1) réunions secrètes UE OGM (1) sables bitumineux (1) salaires (1) saumon (1) sous-marin (1) speculation (1) structure (1) sureté (1) taxe (1) tourisme (1) toxique (1) transgenic (1) tribunal (1) victimes (1) vidéo (1) virus (1) vote (1) vêtements (1) ÉVASION FISCALE (1) Élections (1) États-Unis (affaires extérieures) (1) Étienne Chouard (1)