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3 mars 2014

Fukushima : vers une contamination planétaire ?

Source : http://www.france3.fr


Trois ans après la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi, une autre catastrophe se profile. Sanitaire celle là. Les premiers cas de cancer sont apparus. 26 déjà, tous chez des enfants de 0 à 18 ans. Plus d’une trentaine de cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont pas encore été testés. Le gouvernement tente de minimiser l’ampleur du drame. Mais les familles s’angoissent, et des mères sont en colère. La contamination s’étend, au-delà du Japon.

Tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminée sont déversées dans le Pacifique. Sur les plages de Californie les chercheurs, témoins de l’arrivée quotidienne de déchets du tsunami sur leurs plages, tentent par tous les moyens d’alerter les autorités. Les scientifiques du monde entier redoutent les effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du pacifique continuent à être consommés sans aucun contrôle : un laboratoire d’analyses suisse vient de découvrir du césium 131 et 134 dans des barquettes de poisson dans un supermarché, ou dans du thé vert venant du Japon !!

Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ?

Enquête sur le premier scandale nucléaire de l’ère de la mondialisation.

Un documentaire de 52'
de Lionel de Coninck
Une production Code 5
avec la participation de France 3


23 février 2014

Fukushima Daiichi, quelques nouvelles d’une catastrophe toujours en cours

Par B. Chareyron
02/2014
Source : http://www.criirad.org/pdf
English : Fukushima Daiichi, some news of a disaster still



La CRIIRAD reste très attentive à ce qui se passe à Fukushima et nous alerterions nos adhérents et le grand public en cas de nouveaux rejets massifs dans l’atmosphère.

L’objet de ce court article est de vous donner quelques nouvelles de la situation à Fukushima. Passée la phase de réorganisation interne de la CRIIRAD et la gestion du déménagement nous reviendrons plus longuement sur ce dossier.

Inquiétude sur la situation à la centrale accidentée de TEPCO à Fukushima

La situation reste extrêmement préoccupante en ce début d’année 2014 :
incertitudes sur la localisation du corium, risques liés aux assemblages combustibles de la piscine du réacteur N°4 sur certains desquels TEPCO a détecté des fissures, découverte de nouvelles fuites (par exemple dans la chambre de surpression du réacteur N°2, ou au rez-de-chaussée du réacteur N°3), fuites permanentes dans les eaux souterraines (plusieurs millions de becquerels par litre mesurés dans certains puits) et dans l’océan, difficultés pour la mise en place de la station de traitement des eaux (ALPS) qui n’est toujours pas au point alors que l’entreposage des eaux contaminées dépasse les 400 000 m3, etc.

Inquiétude pour les travailleurs

TEPCO a publié le suivi dosimétrique de 30 904 travailleurs engagés dans les travaux d’urgence à Fukushima Daiichi sur la période mars 2011 à novembre 2013, dont 26 839 sous-traitants. Selon ces données, 6 travailleurs de TEPCO ont reçu plus de 250 milliSieverts (la valeur maximale annoncée est de 678,8 milliSieverts). Ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution puisqu’ils émanent de l’entreprise elle-même. Entreprise qui brille par les dissimulations et autres approximations.

Il est avéré par exemple que TEPCO a sous-estimé les débits de dose mesurés àproximité des réservoirs d’effluents contaminés du fait de la non prise en compte des rayonnements X. De nombreuses questions se posent également sur l’évaluation de l’exposition interne (par exemple par inhalation des gaz rares radioactifs et du tritium).

On peut êtreinquiets pour l’avenir de ces travailleurs d’autant que certaines entreprises en charge de la décontamination de la zone interdite n’hésitent pas à faire appel à des SDF et à des déficients mentaux.

Contamination du milieu marin

Le lessivage des sols contaminés sur plusieurs centaines de kilomètres le long des côtes japonaises et les fuites qui se poursuivent en mer à partir de la centrale accidentée constituent des apports permanents de substances radioactives dans le milieu marin. Sans compter les mécanismes d’accumulation des rejets de 2011 dans les sédiments, la flore et la faune marine.

Certains poissons restent fortement contaminés. Parmi les contrôles effectués par les laboratoires indépendants de CRMS, on notera des saumons à 2456 Bq/kg en césium radioactif (avril 2013 à Iitate, préfecture de Fukushima).

TEPCO a installé des filets dans le port devant la centrale pour que les poissons les plus contaminés ne puissent aller au large. Les mesures de TEPCO montrent une très forte contamination de certaines espèces. Pour la campagne de décembre 2013, 21 échantillons sur 67 dépassent 10 000 Bq/kg en césium 134 et 137 ; 5 dépassent 100 000 Bq/kg avec un maximum de 244 000 Bq/kg.

L’angoisse est planétaire

Le monde entier est conscient que le pire est peut être à venir. Et il est regrettable que l’on ne dispose toujours pas sur place d’un réseau de balises indépendant et fiable facilement consultable par le public, lorsque l’on s’inquiète par exemple des dégagements de vapeur constatés au dessus du réacteur N°3 en fin d’année 2013.

Mais l’inquiétude porte aussi sur la dispersion de la contamination marine. La mise en ligne par un internaute américain le 24 décembre 2013 d’une video montrant des mesures de radiation anormalement élevées sur une plage de Californie (en particulier sur des sables de couleur noire) a semé la panique. Sa video était titrée «Fukushima radiation hits San Francisco ! (Dec 2013) ».

Nous avons indiqué aux personnes qui nous ont contactés que ces données
ne permettaient absolument pas de conclure à une vague de contamination en provenance de Fukushima. Il nous paraissait plus plausible, compte tenu de l’aspect du sable, d’envisager les hypothèses d’une radioactivité naturelle due à l’accumulation de minéraux lourds (1) riches en uranium et thorium ou une pollution par des activités industrielles (2) locales.

Dans le cas de la plage californienne, les enquêtes effectuées début janvier 2014 ont confirmé qu’il s’agissait bien de radionucléides naturels (sans rapport avec Fukushima). Il ne faut cependant pas
banaliser l’impact de cette radioactivité (débit de dose de 1 μSv/h soit 10 fois le niveau naturel typique) et il est souhaitable que l’origine du phénomène soit rapidement élucidée.

Inquiétude pour les réfugiés et personnes vivant sur des territoires contaminés

Cecile Asanuma-Brice, chercheuse au centre de recherche de la Maison
Franco-Japonaise de Tôkyô nous a indiqué que le nombre de réfugiés est de 150 000 à 160 000 (dont 100 000 à l’intérieur du département de Fukushima).

Elle précise que ces chiffres sont à considérer avec prudence «car le système d’enregistrement des réfugiés nécessite que les personnes aillent s’enregistrer à la préfecture de Fukushima avant de partir, ce que peu d’entre elles ont fait, cela engendrant la perte de droits divers ».

Nous avions fait état en décembre (3) 2012 des attentes de la population concernant la mise en œuvre de la loi de juin 2012 appelée « Child Victim's Law ». Elle introduisait le concept de “Target support areas”, territoires où les habitants pourraient recevoir une aide en fonction de leur choix entre 3 possibilités : évacuer , rester ou revenir. Mais de nombreux aspects restaient à clarifier.

Un des plus importants était de préciser à partir de quel niveau de
dose un territoire pourrait être classé “Target support area”.

Malheureusement, et comme on pouvait s’y attendre, la clarification n’est pas allée dans le bon sens. Selon les informations transmises par Wataru Iwata (CRMS) le Ministère de la Construction japonais a annoncé que seulement 33 communes du département de Fukushima seraient concernées en dépit des requêtes de ceux qui ont conçu cette loi et qui demandaient qu’elle couvre tous les territoires où la dose additionnelle excèdait 1 milliSievert par an, ce qui est le cas de nombreuses (4) autres communes y compris dans d’autres départements.

C’est d’autant plus grave que, parmi les personnes concernées, nombreuses sont celles qui ont déjà subi une forte irradiation et contamination interne, en particulier au cours des premières semaines après la catastrophe. Les laisser vivre en territoire contaminé augmente encore chaque jour la probabilité qu’elles souffrent un jour de graves conséquences sanitaires.

Pire, le gouvernement japonais fait tout pour inciter les citoyens à revenir vivre en territoire contaminé.

Cécile Asanuma Brice témoigne (5) :

« Une incitation au retour est mise en place via une politique de communication impressionnante, notamment sur l’expression d'une nécessité du retour au pays natal, l'éloignement de celui-ci étant déterminé comme cause des dépressions conduisant au suicide des personnes dans les logements provisoires (ce qui est en grande partie faux, la cause de leur suicide provenant essentiellement du fait qu'ils sont enfermés dans ces logements depuis trois ans sans espoir de pouvoir aller vivre ailleurs car rien ne leur est proposé, sinon le retour dans des zones invivables (une grande partie de l’ancienne zone d’évacuation ayant été réouverte en mai 2013) ».

La main mise de l’AIEA

En ce qui concerne l’évaluation des conséquences sanitaires, on est en droit d’être inquiets. Il se passe à Fukushima ce qui s’est passé pour Tchernobyl, la prise en main des données sanitaires par le lobby nucléaire à travers l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) qui a signé en fin d’année 2013 un protocole d’accord avec l’Université Médicale de Fukushima. Ce protocole précise en son article 8 que les 2 signataires vont garantir « The confidentiality of information classified by the other Party as restricted or confidential ».

Si l’AIEA décide que des données ne doivent pas être publiées, elles
ne le seront pas.


Rédaction : B. Chareyron, responsable du laboratoire


Notes :

1/ Comme ce que le géologue André Paris et la CRIIRAD ont mis en évidence sur certaines plages de Camargue en 2000.

2/ Voir par exemple la contamination des plages de La Rochelle mise en évidence par la CRIIRAD en 1987. Il s’agissait de l’impact des rejets de l’usine Rhône Poulenc qui traitait des minerais riches en uranium et thorium pour extraction de terres rares.

3/ Voir le Communiqué de presse commun CRIIRAD-CRMS sur http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/fukushima/12-11-05CRIIRADF.pdf

4/ Voir le dossier sur l’interprétation des cartes des retombées dans le TU 54 ou sur le site http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/infos_japon/TU54.pdf

5/ E-Mail à B. Chareyron le 15 janvier 2014. Ecouter aussi l’intervention de Cécile Asanuma Brice au salon Marjolaine : https://www.youtube.com/watch?v=Zry1Bg0yCk8 

27 mai 2013

Contamination des eaux après l’accident de Fukushima

Source : http://fukushima.over-blog.fr
01/05/2013
Blog auteur Pierre Fetet
English  Water contamination after the Fukushima accident


Cet article a déjà été diffusé l’année dernière sur le blog Pensées pour Tohoku - Japon 11/3. Parce que ce sujet reste totalement d’actualité, mais aussi parce que les infos en français sont rares, nous l’éditons sur le blog de Fukushima avec l’autorisation de l’auteure et traductrice, Junko Takase.

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Contamination des eaux après l’accident de Fukushima

福島第1原発事故後の水の汚染

Rapport 1

Le 15 janvier 2012, la NHK a diffusé une émission
      « Contamination de la Radioactivité - Rapport Urgent de la Mer »,
d’après le premier sondage fait au large de Fukushima N°1, jusqu’à la baie de Tokyo
      ( Cet enquête a été réalisée à partir de novembre 2011 )
******

1-1 ) Au large de Fukushima 

福島県沖で

En novembre 2011, le professeur ISHIMARU Takashi et KANDA Jota de l’Univ. de Tokyo Océanographie a réalisé une enquête sur une zone de 20 km du large de Fukushima N.1, zone interdite par l’Etat, avec la Coopérative de la Pêche de Hisanohama, 30 km au sud de Fukushima. On y avait déjà trouvé des soles à 4500 Bq/kg de radioactivité, soit presque 10 fois plus que la norme officielle*.
A Hisanohama, depuis, la coopérative a cessé la pêche.

* Au moment où NHK a réalisé cette émission, la norme officielle était à 500 Bq/kg.                         Depuis avril 2012, celle-ci est de 100 Bq/kg
 
Les taux de radioactivité de l’eau de la mer à 20km du large de Fukushima : 0.06 µsv/h     Au même endroit à 13 m de profondeur de la mer : plus de 2 µsv/h
Nous avons également prélevé des échantillons de terre du fond de la mer à 32 endroits différents, sur la côte. Le résultat des analyses: Plus de 2000 Bq/kg sur 1 km de côte, juste devant la centrale, avec par endroit 4520 Bq/kg.
Ensuite, nous avons analysé les poissons dans la zone de 20 km, au large du sud-est.

Les résultats : mebaru 2300 Bq/kg,  Ainame 1400 Bq/kg, kasubé 1700 Bq/kg
L’analyse montre que la plupart des poissons du fond de mer avaient beaucoup plus de césium 137 que la norme. Quels sont les rapports entre ces poissons qui vivent au fond de la mer et la contamination de la terre ?
Dr.Ishimaru : « Au fond de la mer, vivent le plancton et de tout petits poissons qui mangent les boues contenant les substances radioactives.Ensuite, d'autres poissons mangent ces poissons. Tant que la substance radioactive reste au fond de la mer, la contamination des poissons continue par la chaîne alimentaire»
 

1-2 ) Jusqu’au au large de Chiba, à 200 km de Fukushima :

福島沖から200kmの千葉銚子まで

Le courant littoral tourne dans le sens des aiguilles d’une montre,
et le long de la côte du Pacifique, le courant tourne vers le sud.
Alors, nous avons décidé de faire des prélèvements de terre du fond de mer sur une distance de 200 km vers le sud de Fukushima.  
A 30 km, au large de la ville de Iwaki : 300 Bq/kg
A 80 km, au large de la ville de Takahagi de Ibaragi : le fond de mer était du rocher dur, et la quantité de cesium relevée était très peu élevée. Comme montre le tableau dessous, au nord de Ibaragi, il y avait peu de césium.

A 120 km, au large de Hitachinaka : On pensait que le taux de radioactivité allait baisser, alors que le résultat était étonnant, 380 Bq/kg ! Comme au large de Fukushima. En fait ici, le fond de mer est composé de boues dans lesquelles le césium se fixe facilement.
 
A 180 km, au large de la ville de Choshi de Chiba : 112 Bq/kg au lieu de 38 Bq/kg en octobre 2011

Professeur KANDA de l’Université de Tokyo Océanographie dit que ces substances de radioactivité se déplacent selon le courant de mer et peuvent se poser là où il y a des couches sédimentaires avec boues.


1-3 ) Dans les lacs et étangs ... endroits fermés :
 
内陸の湖や沼で起こっていること

En plus d'une contamination de la mer, il y a actuellement 23 lacs et étangs
en eau douce avec présence de poissons contaminés.
Par exemple à Akagi-Onuma (alt. 1340 m) à Gunma (situé à 200 km de Fuku–shima). Le taux de radioactivité autour de ce lac n’est pas important : 0.17 µsv/h (la norme officielle qui déclenche le nettoyage est à 0.23 µsv/h)

Mais depuis le mois d’août 2011, nous avons trouvé dans Wakasagi 640Bq/kg, et d’autres poissons avaient dépassé la norme de 500 Bq/kg.
En décembre 2011, nous avons décidé de faire l’enquête sur ce lac
avec M. SUZUKI du laboratoire de pisciculture de Gunma.
Résultat :
Plancton du lac Akagi-Onuma : 296 Bq/kg
Pourtant, ils ne vivent pas plus longtemps que quelques semaines.
Les boues du fond de lac : 950 Bq/kg, et en plus, la couche qui contient le césium fait 20 cm de profondeur.

Les lacs qui se trouvent au milieu des montagnes sont fermés et l’eau stagne. Une fois que le césium s’installe au fond du lac, il y reste et continue à contaminer les poissons : les planctons mangent les boues, les poissons les mangent, les poissons morts tombent au fond du lac, les planctons se reproduisent et ... cercle vicieux.
A Akagi-Onuma, c’est la saison de la pêche de Wakasagi. Mais aujourd’hui, on n’y voit personne.
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25 ans après l’accident de Tchernobyl, le Centre National de Surveillance de la Radioactivité continue la recherche sur les poissons en eau douce contaminés en Ukraine

Leurs rapports montrent que les premières cinq années, le taux de césium dans les poissons avait baissé. Ensuite le taux ne diminue pas beaucoup. Il faudra attendre 30 ans, pour qu'il diminue de moitié.

1-4 ) A la Baie de Tokyo :
Un « Point Chaud », dans la Baie de Tokyo,
 plus élevé qu'au large de Fukushima


Dans l’embouchure de la rivière Edo, un « point chaud » révèle 2 fois plus de césium qu’à 20 km au large de Fukushima !

Depuis août 2011, en collaboration avec Dr. YAMAZAKI Hideo de l’Université de Kinki, nous avons commencé à faire des analyses. A 10 m de profondeur, le fond de mer est stagnant et sombre, et recouvert de boues. Nous avons fait des relevés à 26 endroits.

Résultats :
Les taux de césium trouvés étaient peu importants. Ormis au fond de la baie et à l’embouchure de la rivière Edo ( Edogawa) et Arakawa, où il a été relevé jusqu'à 872 Bq/kg !
En amont de ces rivières, s’étend la ville de Tokyo.
Dr. Koibuchi, chercheur de l’Université de Tokyo pense que la contamination de la Baie de Tokyo va s'aggraver et que dans Edogawa, on peut touver des endroits où le césium peut s’accumuler.
« Ces substances de radioactivité se déplacent dans le courant rapide de la rivière. Mais en approchant à l’embouchure où l’eau douce mélange avec l’eau de mer, l’agrégation se produit : le césium qui se déplacait avec la boue ne se mélange pas tout de suite à l’eau de mer salée. Mais le sel fait coller les boues et le césium se fixe au fond de la rivière.

Durant 2 mois, le Dr. Koibuchi a examiné les taux de césium au fond de Edogawa :
1623 Bq/kg à 8 km de l’embouchure !
On peut imaginer que les substances de radioactivités qui sont tombées sur la plaine, peuvent se déplacer avec la pluie et s’accumuler dans toutes les rivières qui versent à la baie de Tokyo.

Conclusion :
D’après la simulation réalisée par le groupe de la Prévention aux Catastrophes de l’Université de Kyoto, cette contamination s’étendrait à une vitesse de 5 km / an. Et vers mars 2014, la contamination de la baie de Tokyo toucherait le niveau le plus élevé. Du fait que la forme de la Baie de Tokyo est un peu fermée, il sera possible que cette situation dure pendant un petit moment ...
Comment les césiums peuvent-ils se déplacer ?
Qu’est-ce que l’agrégation ?


La substance radioactive comme le césium qui descend de la montagne à la plaine, arrive à la rivière ou au fleuve. Ensuite, le césium, de charge électrique positive, est pris par une particule argileuse de charge électrique négative, et ils se déplacent bien attachés désormais ensemble.

La densimétrie de cette particule (argile + césium) est légère, donc ne reste pas dans le courant rapide. Tandis que là où le courant est plus lent, notamment en aval de la rivière, elle se pose tout doucement au fond.

Quand cette particule se mélange avec l’eau salée de mer, leur densimétrie devient alors plus lourde ( agrégation ) et la particule peut s’entasser au fond de l’eau.
Rapport 2

Début de la contamination des rivières

河川汚染の始まり

Comment se passe la contamination des fleuves avant qu’ils se jettent dans la mer?

Dans le rapport 1, nous avons parlé de la contamination au large de Fukushima et de la Baie de Tokyo du mois d’août au novembre 2011.

D’après la recherche renouvelée au mois d’avril 2012 par l’équipe du Professeur YAMAZAKI Hideo de l’Université de Kinki dans la Baie de Tokyo, le taux de radioactivité s’est multiplié de 1.5 à 13 fois plus, depuis l’an dernier. C’est à dire ils ont vu la quantité de césium de la terre du fond de la mer à 1m : 7,305-27,213 Bq/m2, au lieu de 0,578-18,242 Bq/m2 en août 2011.
Ce résultat prouve que les substances de radioactivité ont été transportées par les rivières qui se jettent à la baie de Tokyo : Edogawa, Tamagawa et Arakawa. Ces substances, proviennent à la fois de la plaine et des montagnes.


2-1) Aux alentours de Tokyo
Tamagawa et Arakawa

Dans les chaînes de montagne de Okutama, la source de Tamagawa est bien polluée comme montre le tableau ci-dessous (partie bleu foncé et vert-bleu) :

Selon le résultat de monitoring aérien du Ministère de Culture et des Sciences, le taux de radioactivité à Okutama peut s’élèver de 60,000 jusqu'à 100,000 Bq/m2. Et malgré ce taux, il y a des gens qui y vivent, et qui y travaillent tous les jours.

A Tchernobyl, plus de 550,000 Bq était la zone d’évacuation obligatoire et 37,000 à 40,000 Bq/m2 était la zone de contrôle de radioactivité où on ne peuvait pas y aller facilement.

De ces zones hautement polluées, la pluie descend dans la rivière et rejoint Tamagawa. Juste avant que la rivière Hibara et Tamagawa se rejoignent, se situe le lac de Okutama, principale réserve d'eau pour les habitants de Tokyo.

On peut dire la même chose pour Arakawa, l’autre rivière qui verse à la baie de Tokyo, dont la source est à Oku-Chichibu.

Edogawa, l’affluent du Fleuve Toné

Les sources du Fleuve Toné, (principale réserve d'eau pour les habitants de Kanto), se situent dans les chaines de montagnes de plus de 2000 m qui se trouvent entre la frontière des préfectures de Gunma et de Niigata. La situation là-bas est encore pire que celle de Okutama.

Au cours supérieur Tonégawa, il y a le lac Okutoné, Naramata et Hujiwara, qui sont des lacs de barrage. Ici, la contamination sur des zones assez étendues peut atteindre de 60,000 à 100,000 Bq/m2. Ensuite, l’eau se déverse vers nos zones habitées.

Ces montagnes sont couvertes de neige durant l’hiver. Au printemps, peu à peu la neige  fond, passe dans les ruisseaux et finit par se joindre à la rivière Katashina et le Fleuve Toné. Normalement, on aime prendre dans les mains cette eau fraiche et se laver le visage pour se rafraîchir.... mais aujourd’hui, ce geste est trop risqué.

Le Fleuve Toné se jette dans le Pacifique, et avant, il se divise à Edogawa qui verse à la baie de Tokyo.

Dans tous les cas, la pollution par la radioactivité ne va pas s’arrêter. Ce n’est que le début.


2-2) A Fukushima

En printemps 2012, dans la préfecture de Fukushima aussi, on a remarqué le même phénomène de multiplication des taux de radioactivités : on commence à trouver des points chauds dans la ville de Aizu (que l’on croyait jusque là non-contaminée). Et aussi dans la ville de Koriyama et de Fukushima.

L’équipe NHK a réalisé le rapport de mesure des taux de radioactivité de la terre et de l’eau à plus de 200 endroits le long des deux fleuves Abukuma et Agano.

Il y a le fleuve Abukuma qui part du sud de Fukushima et se jette dans le Pacifique traversant la préfecture de Miyagi, et le fleuve Agano qui part de Aizu et se verse dans la mer du Japon traversant la préfecture de Niigata.

En fait, c’est exactement comme pour la Baie de Tokyo. Les rivières / fleuves peuvent transporter la radioactivité, provenant de toute l’eau qui descend de la montagne, et de l'eau des précipitations de pluies ou de neige, qui ruisselle sur les routes et bâtiments des villes.

Le fleuve Abukuma est le lieu de production de l'Ayu, un poisson de rivière. On a relevé 2050 Bq/kg à l’endroit de ponte, et 1840 Bq/kg à l’affluent. L'Ayu se nourrit de boue et des algues du fond de la rivière. On peut parler ici d’un phénomène de concentration in vivo. Et on peut dire la même chose pour les autres poissons de ces rivières.

Le 19 juin 2012, le Journal de Fukushima ( Fukushima Minpo ) a publié que les poissons de ce fleuve Abukuma ont dépassé la norme, suite aux analyses des taux de radioactivité.

Dans des villes en province, il est courant de trouver des réserves d’eau de pluie, en plein milieu de quartiers d’habitation. Ces réserves d'eau peuvent être contaminées par l'eau de pluie lorsqu'elle a ruisselé sur les toits des maisons ou sur les routes.
Lorsque l'eau d'un étang rejoint une rivière, souvent en passant par un canal, nous avons constaté que des taux de radioactivités sont très élevés. Puisque l'eau de l'étang est stagnante.
Au moment de la saison des pluies ou des typhons, les rivières peuvent sortir de leur lit et  innonder. Une fois que l’eau s’est retirée, la substance radioactive s'est déposée sur les terres inondées.


Conclusion :

Le Japon est appelé Mizuho no Kuni, c'est à dire : pays de rizière, entouré par la mer et les rivières.

La vie des Japonais est depuis toujours très proche de l'élément eau.

Mais cette eau, qui ruisselle depuis toujours chez nous, l’Homme l'a salie.

Pour combien de temps, on ne sait pas.

Le Mal s’est installé, on ne peut pas retourner en arrière.

Maintenant, l’Homme doit subir toute la conséquence de sa bêtise.

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Sources : Kaleidscope blog : 24 mai 2012, 6 juin 2012, 19 juin 2012, et NHK : émissions spéciales du 15 janvier 2012, 10 juin 2012 « Qu’est-ce qui se passe à la rivière ? »
Liens vers le blog japonais :
http://kaleido11.blog111.fc2.com/blog-entry-1297.html
http://kaleido11.blog111.fc2.com/blog-entry-1296.html
 

1 avril 2013

Quand la chimie contamine notre eau

Réalisateur: Peter Podjavorsek

Comment lutter contre la pollution croissante de l’eau ?

Peut-on boire sans crainte l’eau du robinet ? C’est ce qu’'affirme Janez Potocnik, commissaire européen en charge de l’environnement. Mais les scientifiques qui analysent les substances rejetées dans nos eaux se montrent plus réservés. En effet, ils observent chez les poissons et les amphibiens des troubles de la masculinisation, des hypertrophies du foie et des branchies... Chez l’homme, les phénomènes d’allergies et de résistance aux antibiotiques progressent. La biologiste Barbara Demeneix a décelé dans l’eau des molécules perturbant le fonctionnement de la thyroïde. Écotoxicologue, Peter von der Ohe plaide pour une révision des protocoles expérimentaux d’analyse des eaux : selon lui, trop peu de substances sont testées, et sans que les équilibres complexes de la chaîne alimentaire ne soient pris en compte. Résultat : les estimations des seuils de tolérance à ces substances sont trop hauts et le scientifique estime que seules 15% de nos eaux sont propres. Mais dans les pays en voie de développement, la situation est plus dramatique encore : en Inde, où l’industrie pharmaceutique européenne a délocalisé une partie de sa production, le chercheur Joakim Larsson a mesuré des concentrations en antibiotiques un million de fois supérieures à la normale. Maladies chroniques, fausses couches, naissance de nourrissons handicapés se multiplient. Un constat qui invite à se mobiliser : les scientifiques en appellent à la responsabilité des industriels et aux autorités administratives et explorent des solutions pour dépolluer l’eau.

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