5 novembre 2012

Nigéria une émergence retardée

Source : nigeria-une-emergence-retardee

DL


Le Nigeria résume bien les paradoxes de cette nouvelle Afrique en marche, où l’ancrage dans une modernité mondialisée cohabite, parfois violemment, avec des traditions qui se vivent encore au quotidien. Ce dualisme est pourtant une source d’inspiration permanente pour le cinéma nigérian dont l’explosion créative contraste avec le rigorisme des extrémistes religieux. Le Dessous des Cartes tente de décrypter ce pays riche avec une population pauvre.

Lectures

Vie et enseignement de Tierno Bokar - Le Sage de Bandiagara
Amadou Hampâté Bâ
Seuil
Au début du XXe siècle, au coeur de l'Afrique, au Mali, la lumière de "Dieu a brillé sur un homme : Tierno Bokar", que l'on appelait le Sage de Bandiagara. Cheikh de la confrérie soufi Tidjaniya, Tierno Bokar fut une pure et haute figure non seulement de l'islam en Afrique noire, mais de la spiritualité universelle.
Sa vie est d’abord retracée dans ses lieux et dans son contexte politique et religieux, pour situer la parole et l'enseignement du Maître, qui font l'objet des deux autres parties de l'ouvrage.
Ethnicité, frontières et stabilité aux confins du Cameroun, du Nigeria et du Tchad
Saïbou Issa
L'Harmattan
Enserrée entre le Nigeria et le Tchad, la région du Logone et Chari, dans l'extrême nord du Cameroun, a été le théâtre d'affrontements sanglants et de criminalité organisée, au début des années 1990, au plus fort des soubresauts de l'ouverture démocratique. Les affrontements entre les Arabes Choa et les Kotoko ont généralement été inscrits au registre de la volonté d'affranchissement de peuples qui, tout au long de la période de centralisation du pouvoir, restaient une minorité politique, indépendamment de leur poids démographique.
L'ouvrage propose une lecture géopolitique pour cartographier les enjeux de paix, de stabilité et de sécurité aux frontières septentrionales du Cameroun. Solidarité ethnique transfrontalière, circulation des armes et des bandes armées, peur de l'islam militant, problèmes fonciers locaux et régionaux, militarisation de l'ethnie, vote identitaire, réfugiés politiques et environnementaux, coopération en matière de sécurité, données géostratégiques, etc. sont autant de thèmes qui s’imbriquent et alimentent l'analyse.
En fin de compte, le changement est venu des urnes, un changement dans le respect d'un nécessaire équilibre local, à l'heure de l'exploration pétrolière dans le Logone et Chari.

Cameroun, Nigeria, ONU - Entre la force de la palabre et la primauté du droit
André-Hubert Onana Mfege
L'Harmattan
Note de l’éditeur : « L'ONU peut être considérée comme l'artisan du différend frontalier nigéro-camerounais et de son règlement. Dans la mouvance d'une décolonisation "à la sauvette", elle s'est compromise dans la question du Cameroun septentrional au point de constituer le terreau d'un conflit qu'elle ne pourra résoudre que quarante-huit ans plus tard. »
Voici une analyse plutôt pertinente du rôle des Nations unies, s'appuyant aussi sur la palabre africaine pour trouver une solution à ce vieux litige.
Le livre existe également au format E-book ou PDF.

L'or noir du Nigeria - Pillages, ravages écologique et résistances
Xavier Montanya - traduit par Raphaël Monnard
Coédité par Agone / Survie
Note de l’éditeur : « Dans la riche zone pétrolière du delta du Niger, Shell ou Total opèrent en dehors de tout respect des droits humains. Après cinquante ans d'exploitation sauvage et de marées noires, l'air, les sols et les cours d'eau sont empoisonnés. Les nombreuses résistances, pacifiques ou armées, des populations locales privées de leurs terres et de leurs moyens de subsistance se heurtent à une sanglante répression menée par les compagnies pétrolières et l'armée nigériane. »
Pour l'écrivain nigérian Wole Soyinka, « le monde doit comprendre que le combustible qui fait fonctionner ses industries est le sang de notre peuple. » Le Nigeria, premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, est un cas extrême mais exemplaire pour saisir l'ampleur du désastre engendré par l'extraction intensive des ressources naturelles dans les pays africains, et comprendre ses causes, ses acteurs et ses enjeux.
Le journaliste catalan Xavier Montanyà, qui a enquêté dans le delta du fleuve Niger, est aussi l'auteur des Derniers Exilés de Pinochet (Agone, 2009).
Le pétrole au Nigeria : un instrument au service de quel développement ? - Pillage, crise identitaire et résistance dans le delta du Niger
Benoît Paraut avec une préface de Damien Millet
L'Harmattan
Extrait de la présentation de l’éditeur
« La découverte de pétrole dans un champ d'Oloibiri en 1956 a suscité à l'époque les plus vives espérances au Nigeria. À la veille de l'indépendance du pays, cette ressource devait assurer le décollage économique et la stabilité politique.
Quarante années plus tard, l'exécution du militant ogoni Ken Saro-Wiwa sonne définitivement le glas du rêve "développementaliste".
Cet "assassinat juridique" révèle au monde la collaboration existant entre les compagnies pétrolières internationales et les élites politiques nationales dans le pillage des ressources du Delta du Niger. (...) Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la recherche de pétrole en Afrique renforce ces effets destructeurs. Parler du pétrole comme d'un instrument de développement n'a donc en réalité que peu de sens. Ce concept est confondu dans l'imaginaire occidental avec l'idée de croissance économique. Mais peut-on parler de développement quand la recherche de cette croissance passe par un écocide doublé d'un ethnocide ? »

À propos des auteurs
Benoît Paraut est doctorant en science politique à l'Université de Bourgogne et membre du Credespo (Centre de recherche et d'étude en droit et science politique). Il a également participé au programme de recherche et de formation des représentants des Peuples autochtones du monde francophone organisé par l'Université de Bourgogne en collaboration avec le Haut commissariat aux droits de l'homme des Nations unies.
Damien Millet, porte-parole du CADTM France (Comité pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde), est notamment auteur de L'Afrique sans dette (CADTM-Syllepse, 2005).

Arts du Nigeria dans les collections privées françaises
Alain Lebas, Toyin Falola, Hélène Joubert - avec les photographies de Hughes Dubois
Editeur : 5 Continents
Ce livre a fait l'objet d'une exposition qui se tient au Musée de la civilisation, du 24 octobre 2012 au 21 avril 2013, à Québec (Canada).
L’Art du Nigeria dans les collections privées françaises propose une incursion dans la riche production artistique du Nigeria à travers un choix d’œuvres toutes plus belles les unes que les autres provenant de collections privées françaises. L’exceptionnelle sélection ici présentée est le fruit du travail et de la passion du commissaire de l’exposition, Alain Lebas qui, grâce à la générosité de nombreux collectionneurs, a pu rassembler un ensemble unique de pièces magnifiques.
Des auteurs de renommée internationale ont été invités à faire découvrir le Nigeria, ses populations et leurs cultures diversifiées. Une présentation de leur univers mythologique permet de mieux saisir la nature et l’importance des pièces exposées. Puis un retour historique sur l’apparition des pièces nigérianes sur le marché de l’art en France met en perspective plus de cinquante années d’intérêt et de collection.
Finalement, quatre collectionneurs chevronnés livrent leur passion et l’émotion que suscitent en eux les œuvres d’art du Nigeria.

Dieux noirs
Daniel Lainé - avec une préface de Tobie Nathan
Arthaud
L'Afrique vit en étroite communion avec le monde visible de la terre et les forces invisibles. Cette interaction entre hommes et dieux détermine, y compris aujourd'hui, les sociétés africaines, en équilibre entre le réel et le surnaturel, le visible et l'invisible, le monde des esprits et des dieux. Sur terre, ceux qui les représentent ont un pouvoir immense. Ils sont gardiens des traditions, piliers de la société : féticheuses, prêtres, sorciers, magiciens, guérisseurs, prophètes.
Ce second livre de Daniel Lainé présente les portraits photographiques de ces hommes et femmes, lors de rituels, exorcismes, danses, pratiques magiques, souvent inaccessibles aux non-initiés, et dont beaucoup ont déjà disparu. Un voyage au cœur de l’Afrique du Sud, du Bénin, du Cameroun, du Congo, de la Côte-d'Ivoire, du Gabon, de la Gambie, du Ghana, du Mali, du Nigeria, de l’Ouganda, du Sénégal et du Togo.
À propos des auteurs
Daniel Lainé, né en 1949, devient photographe pigiste à Libération, Partir et Grands Reportages, avant d'entrer à Gamma Magazine en 1980. Il rejoint l'équipe d'Actuel de 1981 à 1993, avec une pause de six mois en 1985, lorsqu'il devient correspondant de l'AFP à Abidjan. Il a reçu le Prix de la villa Médicis hors les murs en 1988, pour son travail sur les rois africains, et le World Press Photo 91, premier prix, catégorie "People in news". II collabore aujourd'hui à de nombreux magazines.
Tobie Nathan a créé la première consultation d'ethnopsychiatrie en France. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont des romans à succès.
Rois d'Afrique
Daniel Lainé avec une introduction de Pierre Alexandre
Arthaud
Pour Daniel Lainé, il était temps de faire un sort au mépris que couvre l’expression : « Rois Nègres ». Il fallait montrer que les dynasties d'Afrique existent tout autant que le grand-duc du Liechtenstein ou du Luxembourg, qu'elles remontent aussi loin, jusqu'à l'époque des « Charlemagne » africains.
Daniel Lainé est un amoureux fou des mystères du continent noir. Pendant dix-huit mois, il a coursé les héritiers des dynasties. La colonisation avait rangé certains des rois africains au placard. La plupart d'entre eux n'ont plus qu'un pouvoir rituel. Beaucoup ont attendu leur intronisation en travaillant comme cadres supérieurs ou comme simples policiers. D'autres restent puissants. Et puis, quelle histoire et quelles sagas !
En introduction, Pierre Alexandre, historien et linguiste, situe et raconte l'épopée de nombreuses et puissantes dynasties, riches en hauts faits et en péripéties, de ce continent encore bien méconnu.
Un large choix des photographies de Daniel Lainé sont exposées au musée Dapper à Paris, dans le cadre de l'exposition Design en Afrique, du 10 octobre 2012 au 14 juillet 2013.

Agenda

Design en Afrique - S'asseoir, se coucher et rêver
Musée Dapper - Paris
10 octobre 2012 - 14 juillet 2013
Commissaire : Christiane Falgayrettes - Leveau
Le trône, réel ou mystique, celui des dieux et des hommes, traverse toutes les civilisations et toutes les religions, animistes et polythèistes, chrétienne et musulmane. L'ancien Dios thronous grec qui désigne le « support des cieux » c'est l'Axis Mundi en latin.
L'exposition Design en Afrique dévoile un univers voué principalement à des objets supportant le corps. Leur conception est marquée par une créativité en prise directe avec les attitudes, les mouvements, mais aussi avec les symboles de la décoration. Formes et fonctions dialoguent pour le confort des uns et le prestige des autres.
Design en Afrique, l'exposition et l'ouvrage, ne vise nullement la confrontation de l'ancien et du nouveau, mais essaie de montrer combien les besoins du quotidien stimulent depuis toujours la créativité.
L'art du design, ouvert à des pratiques – telle que l'installation – réservées jusqu'alors à d'autres modes d'expressions plastiques, favorise ainsi l'émergence d'esthétiques nouvelles qui entretiennent souvent un dialogue original avec les cultures traditionnelles.
La centaine de pièces présentées dans l'exposition fait dialoguer les objets anciens , usuels ou prestigieux, avec les réalisations des artistes et designers : Kossi Assou, Nicolas Sawalo Cissé, Issa Diabaté, Cheick Diallo, Alassane Drabo, Balthazar Faye, Iviart Izamba, Ousmane MBaye, Vincent Niamien, Antonio Pépin et Christian Ndong Menzamet et enfin Jules-Bertrand Wokam.
En une image : le fauteuil Mobutu transpose les travers qui, selon son auteur Iviart Izamba, minent les États africains. Traditionnellement, la peau de léopard constituait l’un des signes de dignité les plus courants des chefs bantu ; elle symbolisait la force et inspirait le respect.
Avec le sanguinaire Mobutu (1930-1997), tyran s’exhibant toujours en public avec sa toque en léopard, cette parure a revêtu une dimension négative. Produit de la récupération, ce fauteuil constitue une satire féroce de la société dont est issu Iviart Izamba, né en 1974 en République démocratique du Congo.
Nigeria-Arts de la vallée de la Bénoué
Musée du quai Branly - Paris
13 Novembre 2012 au 27 janvier 2013
Nigeria, Arts de la vallée de la Bénoué est la première exposition à présenter une vision exhaustive des arts des nombreux peuples qui habitent la région du Nigeria, définie par la grande rivière Bénoué, l’affluent le plus important du Niger, qui mesure 1 050 km de long.
L’exposition propose un voyage spectaculaire sur la rivière Bénoué à travers la présentation des principaux courants artistiques de la région et des vingt-cinq groupes ethniques établis sur ses rives.
Elle réunit une sélection de près de 150 objets – sculptures et masques essentiellement en bois, céramique et métal en provenance d’institutions publiques et de collections privées des États-Unis et d’Europe – invitant à découvrir les œuvres d’art de cette région rarement montrées au public et peu étudiées.
Remontant le cours de la rivière sur les pas des premiers explorateurs, l’exposition replace les objets dans un contexte géographique et explore leur histoire ainsi que les connexions entre les œuvres des différentes régions de la vallée.
Commissaires :
Marla C. Berns, Shirley and Ralph Shapiro Director, Fowler Museum, University of California, Los Angeles
Hélène Joubert, conservateur en chef du patrimoine, responsable des collections Afrique du musée du quai Branly
Commissaires adjoints : Sidney Kasfir et Richard Fardon
Scénographie : Nathalie Crinière, Agence NC

Le Désert De Tous Les Dangers


DL 

Des couples non mariés flagellés en public, des voleurs amputés de la main ou du pied : de Gao à Tombouctou, le Nord du Mali est dominé depuis six mois par des milices islamistes qui imposent leur loi. Une zone dans la tourmente où sont toujours détenus 6 otages français. C'est aussi une zone stratégique pour la France puisqu'une partie de l'uranium qui permet à nos centrales nucléaires de produire de l'électricité provient des mines d'Arlit, situées à 300 km de là, côté Niger.

C'est dans cette région, aujourd'hui interdite à tout occidental, qu'une équipe d'Enquête Exclusive a pu pénétrer pour réaliser un document exceptionnel. Qui sont les nouveaux maîtres du Nord Mali ? Certains, formés dans les lycées francophones de la région, ont versé dans le trafic de cocaïne avant de prendre les armes et de rallier AQMI, Al Qaeda au Maghreb Islamique. Nous avons pu suivre leur conquête du pouvoir et leur application parfois sanglante de la Charia.

Alors que les négociations se poursuivent pour libérer les otages français, 4 salariés d´Areva qui travaillaient sur les mines d'uranium à Arlit au Niger, nous avons pu filmer pour la première fois depuis leur enlèvement la vie sous tension des expatriés français qui continuent à exploiter ces sites miniers. Sécurité maximum pour une zone à haut risque. Les otages occidentaux sont aujourd'hui un moyen de pression mais aussi une source de revenus pour les factions qui se disputent le contrôle de la région. Nous avons pu suivre heure par heure la libération d'une otage suisse.

Bernard de La Villardière a rencontré Cheick Modibo Diarra, l'actuel Premier ministre malien, qui délivre des informations sur les six otages français...

Enquête au coeur de la poudrière du Sahel : un nouvel Afghanistan aux portes de l'Europe.

Un document de Stéphane Rodriguez et Hervé Bouchaud, production Sable Rouge.

Reportage : Nigéria , Etats-Unis/Mexique , Pennsylvanie

Source : http://videos.arte.tv


DL


Nigéria : l'éternelle marée noire

Pour la première fois aux Pays-Bas, une multinationale est assignée devant les tribunaux pour répondre de dommages créés par une de ses filiales à l'étranger.
Le géant pétrolier Shell comparaît devant un tribunal néerlandais pour des accusations de pollution dans le Delta du Niger.

C'est l'une des plus grandes catastrophes écologiques au monde.

Depuis plus d’un demi-siècle, une marée noire perpétuelle souille le delta du Niger. Une histoire qui a commencé en 1956 quand Shell, la compagnie historique, ouvrait son premier puits à Oloibiri.

Depuis, chaque année, l'équivalent d'un Exxon-Valdez, ce tanker de 180.000 tonnes échoué sur les côtes d'Alaska en 1989, se déverserait dans la mangrove. Résultat : un environnement dévasté, des populations locales incapables d'assurer leur subsistance et une rébellion qui menace la stabilité de la région.

A qui la faute ? Les écologistes dénoncent le laxisme des compagnies pétrolières et les avaries à répétition. Shell, Total, Agip, Chevron et les autres estiment que l'immense majorité des marées noires est due à des actes de sabotage sur les pipelines qui traversent le delta. Dans ce débat, le gouvernement ferme les yeux et se contente de toucher sa rente pétrolière qui assure 80% des revenus du pays.

La situation est telle que des groupes armés se sont formés pour réclamer une meilleure répartition des richesses. Kidnappings à la chaîne, sabotages à grande échelle, conflit ouvert avec l'armée…

Les habitants du delta sont pris entre deux feux et ne reçoivent de l'or noir que les fuites et les pollutions. Des villages entiers voient leur terre et leur mode de vie dévastés. Ils attendent souvent en vain des compensations que les compagnies pétrolières ne versent pas ou si peu.

Quel contraste avec le Golfe du Mexique où l'administration Obama et la pression internationale ont obligé BP à verser 20 milliards de dollars aux sinistrés ! Mais le delta du Niger n'est pas la Louisiane, l'Afrique n'est pas l'Amérique…

Le pétrole était une chance pour le Nigéria, il est devenu au fil des ans une véritable malédiction.




Etats-Unis/Mexique : la frontière familiale

Quand le policier l’a arrêtée, Juanita n’avait pas payé son ticket de parking, elle n’avait pas de titre de séjour non plus, mais elle avait sept enfants qui l’attendaient à la maison.

Juanita a été arrêtée et expulsée des Etats-Unis comme le sont 400 000 travailleurs mexicains chaque année.
Chaque matin, l’autobus qui arrive de Tucson en Arizona à Nogales au Mexique débarque son lot d’ « indocumentados », les sans-papiers expulsés. Des hommes, des femmes qui ont tout perdu, leur maison, leur travail, leur rêve et parfois même leurs enfants…

C’est une histoire de fou. Ces hommes, ces femmes sont Mexicains. Ils vivaient clandestinement aux Etats-Unis, parfois depuis des années. Leurs enfants, eux, sont nés aux Etats-Unis. Ils sont donc citoyens américains. Alors, quand les parents « sans-papiers » se font arrêter pour une simple infraction au code de la route, la police les expulse et leurs enfants « américains » sont confiés à l’administration américaine.

La plupart d’entre eux ne reverront plus jamais leurs parents. Certains seront déclarés « adoptables » par des familles américaines. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui le mur qui sépare le Mexique des Etats-Unis déchire plus d’un millier de familles mexicaines.

A Tucson, où la lutte contre l’immigration sauvage est un bon thème de campagne électorale, les femmes mexicaines s’organisent pour lutter contre la peur et résister à la pression psychologique de l’administration américaine.

Selon les statistiques, d’ici 2017, 15 000 enfants mexicains nés aux Etats-Unis pourraient ainsi être séparés de leurs parents. Simple monstruosité administrative ou effet pervers d’une mondialisation qui garantit la libre circulation des marchandises, mais pas celle des familles.


Pennsylvanie : plein gaz sur la présidentielle

En Pennsylvanie, comme dans tous les Etats-Unis, à quelques jours de l’élection présidentielle, le 6 novembre prochain, l’économie est la préoccupation numéro un des électeurs. Qu’elle est loin, l’élection de 2008, où Barack Obama s’était distingué de son adversaire en promettant beaucoup pour défendre l’environnement.

Depuis la découverte du premier puits de pétrole en 1859, la Pennsylvanie est un haut-lieu de l’énergie aux Etats-Unis. Aujourd’hui, l’exploitation du gaz de schiste y est en pleine expansion. Dans une Amérique en crise, qui ne pense qu’à sauver des emplois, l’état de la planète ne semble plus vraiment à l’ordre du jour. Oubliés, Al Gore et son constant alarmant.

Découvert il y a moins de 10 ans en Pennsylvanie, le gisement de Marcellus constitue l’une des plus grandes réserves de gaz souterraine. Une alternative au pétrole qui permet aux Américains de continuer à consommer toujours autant, en toute indépendance énergétique.

Le phénomène a pris une ampleur spectaculaire. Des millions de dollars ont été investis dans des coins perdus. 4500 puits ont déjà été forés. Un énorme business qui a offert à une population, fermiers depuis plusieurs générations, l’opportunité de louer leurs terres pour l’exploitation du pétrole de schiste.
Pourtant, la nouvelle technique de fracturation hydraulique de la roche qui permet de forer à 2300 mètres de profondeur comporte bien des risques : des sols transformés en gruyère, des eaux polluées et la menace de tremblements de terre.

Malgré cela, la Pennsylvanie se prend à rêver d'une folle prospérité. Les opposants au « fracking » ne pèseront pas lourd face à la promesse d’un nouvel eldorado.

(France, 2012, 52mn)
ARTE

3 novembre 2012

Netizen Report : Situation mondiale, et réglementation d'Internet au Malawi et en Zambie

Par Netizen Report Team · Traduit par Abdoulaye Bah
30/10/2012
Source : http://fr.globalvoicesonline.org

English · Netizen Report: Malawi & Zambia Regulation Edition

Ce rapport a été élaboré, écrit et édité par Alex Laverty, Weiping Li, Chan Myae Khine, Renata Avila, Sarah Myers, et Rebecca MacKinnon.


(Liens en anglais sauf mention contraire) Cette semaine, la Zambie et le Malawi ont décidé de réglementer la liberté d'expression en ligne en cherchant à censurer et museler les médias sur leur territoire. Il reste à voir s'il s'agit d'un exemple de la crise de croissance de la démocratisation en Afrique australe ou d'une tendance croissante vers l'autoritarisme en réseau - une nouvelle forme de gouvernance autoritaire qui est capable de s'adapter et de survivre dans un monde placé en réseau international.

En Zambie, l'Administration du Président Sata a interdit le site d'informations en ligne Zambian Watchdog (chien de garde zambien), affirmant que le média favorise la propagande haineuse. La pression a été croissante tout le mois : l'ONG des médias régionale, l'Institut des médias d'Afrique australe, a lancé une alerte le 5 octobre mettant en garde contre l'érosion de la liberté d'Internet dans le pays.

Au Malawi, malgré une transition en douceur du pouvoir présidentiel plus tôt cette année après la mort du président Mutharika, le journaliste Justice Mponda a été arrêté sur la base d'accusations de diffamation peu de temps après qu'une nouvelle proposition a été présentée en ligne au Parlement. Voir l'article de Global Voices pour plus de détails sur cette arrestation ; Mponda a depuis été libéré sous caution. Surnommé le E-Bill, le projet de loi a été présenté par le gouvernement comme un moyen de gérer le développement et le déploiement des TIC dans le pays. Cependant les critiques font valoir que le projet de loi menace des droits constitutionnels fondamentaux, notamment la liberté d'expression et celle de la presse. Plus de détails sur l'e-loi sont disponibles ici et ici.

Censure

Le magasine britannique New Statesman a publié un numéro en chinois coordonné par le célèbre dissident chinois Ai Weiwei. Ce numéro comprend plusieurs articles sur des sujets sensibles interdits dans les médias chinois. Pour éviter la censure, le magazine est en format numérique et peut être téléchargé en format PDF à partir du site Web de partage de fichiers Dropbox.

Des utilisateurs en Chine et à Hong Kong ont rapporté que le célèbre service de messagerie pour téléphone portable WeChat, un produit de la société chinoise Tencent, avait censuré [en chinois] les mots-clés sensibles tel que le nom du leader politique récemment évincé “Bo Xilai.” Le service de l'application affiche un message disant aux utilisateurs “modifiez votre texte avant d'envoyer votre message” lorsque leurs messages contiennent des mots censurés.

Brutalité

Quatre Bahreïnis utilisateurs de Twitter Ali Al-Haiki, Abdullah Al-Hashimi, Ali Mohamed et Abdullah Salman ont été arrêtés pour avoir “calomnié des personnalités publiques dans les médias sociaux.”
En Turquie, le pianiste et compositeur Fazil Say a également été accusé d'outrage aux valeurs religieuses à travers ses tweets. Say a été traduit en justice le 1er Juin.


Surveillance


Comme les médias sociaux sont devenus populaires parmi les jeunes Ougandais, le chef de la police du pays a insisté pour davantage de surveillance afin d'empêcher la diffusion d'information “dangereuses”.
Le gouvernement pakistanais a ordonné aux télécommunications du pays qui fournissent des services d'installer du matériel de surveillance pour contrôler le courrier électronique et les communications vocales en provenance de l'étranger.

Le gouvernement néerlandais a proposé une loi visant à accorder à la police le pouvoir d'installer des logiciels espions pour détecter et détruire des fichiers dans les ordinateurs, y compris ceux situés dans d'autres pays.

La semaine dernière a vu le lancement d'une nouvelle application mobile de cryptage des communications, Silent Circle. Elle est conçue pour les utilisateurs de données pour sécuriser les communications et contrer les demandes croissantes de la part des gouvernements. Elle est maintenant disponible sur le marché. Ce service limitera les données qu'il stocke et promet de publier un rapport de transparence sur les demandes qu'il reçoit des autorités responsables de l'application des lois.

Protection de la vie privée

Un panel nommé par le gouvernement de l'Inde a proposé le Privacy Act, une nouvelle loi sur la protection des personnes élaborant des lignes directrices relatives à l'interception, l'utilisation et le stockage des données.

La Cour suprême du Canada a statué que les employés devraient avoir un droit raisonnable d'utilisation privée des ordinateurs de bureau, lors d'un procès entre une école et un membre du personnel qui aurait copié des photos des élèves nus sur son ordinateur.

AdWeek a découvert la semaine dernière que Facebook proposait un service aux utilisateurs “prioritaires”, à travers lequel certaines entreprises peuvent avoir accès à un outil qui recueille les données relatives à d'autres pages “aimées” par leurs fans.

Verizon peut utiliser les données personnelles des utilisateurs pour des fins liées à la commercialisation, selon sa nouvelle politique de confidentialité. Bien qu'il puisse être désactivé à tout moment, l'Electronic Frontier Foundation a déclaré qu'un tel usage des données des clients pouvait être considéré contraire à la Wiretap Act, la loi sur l'écoute électronique.

Politique nationale

Le Parlement européen a approuvé une loi plus stricte sur le contrôle des exportations des “armes numériques” - des technologies qui sont utilisées par des régimes autoritaires pour contrôler, suivre et retracer les citoyens.

À Singapour, un chercheur de l'ASEAN pourrait être inculpé pour le téléchargement de photos et de vidéos explicites de lui-même et de sa petite amie sur son blog, selon Channel News Asia (Canal Nouvelle Asie).
L'utilisation de Viber et d'autres services de VOIP via les téléphones portables pourrait être interdite au Myanmar en raison de l'absence de contrats entre le ministère et les utilisateurs, selon un ingénieur du ministère des télécommunications du Myanmar.


Droits d'auteur


Les principaux fournisseurs d'accès à Internet des États-Unis, y compris AT & T, Verizon et Comcast vont mettre en place un système d'alerte pour les droits d'auteur appelé des “six-coups” en novembre. Selon des informations révélées par le Center for Copyright Information (Centre d'information du droit d'auteur (CCI)), les fournisseurs de services Internet alerteront d'abord les utilisateurs qui ont téléchargé des fichiers violant des droits d'auteurs. Si les utilisateurs ignorent l'alerte, les fournisseurs de services Internet vont ralentir la vitesse d'Internet et les diriger vers un programme de tutorat en ligne. La divulgation d'un document interne d'AT & T obtenu par le blog d'informations de BitTorrent de TorrentFreak a révélé que les propriétaires de contenus peuvent engager des poursuites contre les utilisateurs après le cinquième avertissement.

Selon les résultats d'un “Sondage sur la culture” de l'American Assembly, les internautes aux États-Unis et en Allemagne achètent plus de contenus musicaux que ceux qui n'utilisent pas les réseaux de partage de fichiers.
Une affaire de partage de fichiers considéré illégal d'un étudiant a été retirée sans raison précisée par la Recording Industry Association of New Zealand (l'association néozélandaise de l'industrie des enregistrements), qui avait demandé des sanctions de NZ $ 2.699.25 (US $ 2.223.38). Cela aurait été l'un des premiers cas de partage illégal de fichiers porté en justice pour infraction au droit d'auteur.

Le site suédois de partage de fichiers Pirate Bay a transféré son service dans le “cloud”, en espérant que cette initiative permettra de réduire les coûts et de rendre les opérations de contrôle de la police plus difficiles.

Souveraineté du cyberespace

Les éditeurs français de journaux ont plaidé en faveur d'une loi pour faire payer aux moteurs de recherche les contenus multimédia montrés dans les résultats de recherche. Google a répondu dans une lettre au gouvernement français que ses résultats de recherche ont permis de réorienter 4 milliards de clics sur les sites web des médias, et il ferait plutôt retirer ces sites de médias des résultats de recherche que de payer pour les montrer.

Un scénario similaire se joue au Brésil. Depuis l'année dernière, 154 journaux, représentant plus de 90% de la circulation totale des journaux du Brésil, ont mis fin à leur coopération avec Google News (Google Actualités) après que le moteur de recherche géant eut refusé de payer le droit d'utiliser leurs titres.
 

Gouvernance d'Internet


L'ICANN a lancé un nouveau site Web myICANN.org pour fournir aux intervenants de l'information sur l'ICANN et ses outils de collaboration pour la communauté.

Le Center for Democracy and Technology (Centre pour la démocratie et la technologie) explique dans ce document comment les révisions proposées du Règlement des télécommunications internationales (RTI), qui pourraient faire objet de discussions lors de la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales (CMTI) en décembre, comporteraient un impact négatif sur l'Internet mettant encore plus en péril le développement économique mondial.  


Cybersécurité

Des pirates informatiques inconnus ont pris pour cible le vote en ligne du “Conseil de coordination” de l'opposition russe où des opposants au Kremlin élisent leurs dirigeants. Les candidats à l'élection affirment que le Kremlin était derrière l'attaque.

Cyber-Activisme


Des journalistes du Tadjikistan ont organisé une campagne contre la censure appelé “100 jours pour la liberté sur Internet sur TajNet” condamnant le blocage des sites en ligne tels que YouTube et la BBC.

Le co-fondateur et coordonnateur d'une communauté de cartographie en direct appelée Standby Task Force, Jaroslav Valuch, a expliqué les tendances et les défis pour les militants des nouveaux médias.

Les partis pirates européens ont marqué une nouvelle victoire dans une élection nationale: Libor Michálek a été élu premier sénateur du Parti Pirate en République tchèque.

Les internautes du Costa Rica ont largement discuté d'une loi sur la cybercriminalité controversée qui criminalise les fuites en ligne d'informations politiques, punit ceux qui usurpent l'identité d'autres personnes sur Internet, et fait de la “diffusion de fausses nouvelles” un crime. La société civile locale a demandé à avoir un entretien avec le gouvernement et a téclamé la révision de la loi.

Développements positifs


Google permet désormais aux utilisateurs d'exposer les détails sur les pots-de-vin qu'ils ont payés en utilisant Google Maps Street View et une galerie photos.

Les utilisateurs anonymes en Russie peuvent désormais soumettre les détails de pots de vin qu'ils ont payé à l'aide d'une nouvelle appli iPhone / iPad appelée Bribr qui sert à afficher les statistiques des pots-de-vin versés ou reçus.

Le Tech Challenge for Atrocity Prevention (Défi technique pour la prévention des atrocités) offrira un “prix en argent pouvant atteindre 10.000 $ aux développeurs de documents et de prototypes innovants apportant des solutions pouvant aider à prévenir les atrocités de masse.”


Publications et études
Pour les événements à venir concernant l'avenir des droits des citoyens à l'ère numérique, voir le calendrier des événements Global Voices.

Les infos dont on parle peu n°13 (1er Novembre 2012)

Par cptanderson
02/11/2012
Source : http://www.info-libre.fr



Mes liens:
Infos internationales
Économie
Santé
Environnement

29 octobre 2012

Contre le nationalisme japonais, le romancier Oe Kenzaburo reprend la plume

Par Martine Bulard
26/10/2012
source : http://blog.mondediplo.net

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Les provocations succèdent aux provocations en mer de Chine. L’été a été occupé par le face-à-face entre les bateaux chinois et philippins. Depuis la rentrée, c’est à l’est que les escarmouches prolifèrent : entre le Japon et la Corée du Sud, autour de l’île Dodko — pour les Coréens — ou Takeshima — pour les Japonais ; entre le Japon et la Chine pour les îles Senkaku (nom japonais) ou Diaoyu (nom chinois). Pourquoi ce regain de tension ? Stephanie Kleine-Ahlbrandt apporte une série d’éclairages pour comprendre la stratégie de Pékin dans le prochain numéro du Monde diplomatique (daté de novembre, en vente le 28 octobre).

Au Japon, la montée du nationalisme inquiète les citoyens — non sans raison. L’un des fers de lance de ce courant de pensée, le gouverneur de Tokyo, M. Ishihara Shintaro, a démissionné de son poste afin de créer un parti nationaliste en bonne et due forme. Il est à l’origine de la relance du conflit entre Pékin et Tokyo. En août, il avait lancé une souscription pour la nationalisation de trois îlots des Senkaku qui appartenaient à un richissime homme d’affaires nippon, et le gouvernement lui a officiellement emboîté le pas.

Plusieurs intellectuels japonais se sont émus de cette escalade. Dans un texte publié à la « une » du quotidien Asahi Shimbun (28 septembre), l’écrivain Murakami Haruki regrette que ces tensions distendent les liens construits avec la Chine. On peut, écrit-il, comparer le nationalisme à « un alcool bon marché et de mauvaise qualité que l’on distribue aux gens gratuitement. En quelques verres, ils sont pris de frénésie et perdent le contrôle d’eux-mêmes. Mais quand ils se réveillent le lendemain, il ne reste qu’un vilain mal de tête. Nous devons être très prudents face aux hommes politiques et aux polémistes qui distribuent à tout-va ces mauvais breuvages ».

Enfin, porté par des intellectuels de renom, dont le romancier Oe Kenzaburo, Prix Nobel de littérature en 1994, un manifeste contre le nationalisme d’Etat avait déjà recueilli deux mille signatures (au 22 octobre) avant d’être remis au premier ministre le vendredi 26. Une mobilisation que l’on n’avait pas vue depuis longtemps.

Voici une traduction de ce manifeste.

En finir avec le cercle vicieux des conflits territoriaux

 

Un appel des citoyens japonais.

1. Les tensions s’avivent autour des îles Senkaku et Takeshima. C’est particulièrement triste et regrettable, car elles interviennent sous un gouvernement dirigé depuis 2009 par le Parti démocratique du Japon (PDJ), qui se fixait comme priorité de tourner le Japon vers l’Asie de l’Est et d’établir des relations d’égal à égal avec les Etats-Unis ; elles se déroulent après le mouvement de sympathie qui s’est manifesté après le tsunami du 11 mars 2011, ainsi que l’élan de solidarité des dirigeants chinois et coréens Wen Jiabao et Lee Myung-bak, qui ont alors visité les zones sinistrées. La Corée et la Chine sont deux amis importants pour le Japon, et des partenaires pour construire la paix et la prospérité dans la région. Les liens économiques entre les nations ne peuvent être rompus, et ces relations sont appelées à s’approfondir. En tant que citoyens du Japon, nous sommes profondément préoccupés par la situation actuelle, et faisons la déclaration suivante.

2. On parle de « conflit territorial ». Mais il ne faut pas oublier le contexte historique de ces problèmes — et notamment l’histoire du Japon, en tant qu’agresseur en Asie. En arrière-plan de la visite de M. Lee Myung-bak sur les îles Takeshima/Dokdo se trouve l’affaire des esclaves sexuelles des anciens militaires japonais, connues sous l’appellation de « femmes de réconfort ». Durant l’été 2011, la Cour constitutionnelle de Corée a adopté une résolution sur cette question. A la fin de la même année, lors du sommet de Kyoto, le président coréen a, de nouveau, soulevé ce sujet dont on dit qu’il est à la source des problèmes actuels. Mais le premier ministre Noda Yoshihiko a évité de répondre. Lors de son discours pour l’anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août dernier, le président Lee a une nouvelle fois appelé le Japon à prendre « des mesures responsables » pour régler cette question des « femmes de réconfort ». Les revendications du Japon sur les Takeshima/Dokdo remontent à 1905, lors de la guerre russo-japonaise, au moment où la colonisation de la Corée était lancée et où le droit international reculait. Les Japonais doivent comprendre que, pour le peuple coréen, il ne s’agit donc pas de simples « îles », mais du point de départ symbolique de l’invasion et de la colonisation. De plus, les îles Senkaku (Diaoyu, pour la Chine continentale et Taïwan) ont été incorporées au territoire japonais en janvier 1895, pendant la guerre sino-japonaise ; trois mois plus tard, Taïwan et les îles Penghu devinrent des colonies nippones. Ces deux territoires ont été annexés à une période, où tant la Corée que la Chine étaient en état de faiblesse et dans l’incapacité de faire valoir le droit international.

3. Cette année marque le quarantième anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la Chine, et plusieurs événements célébrant l’amitié entre les deux pays sont d’ores et déjà prévus. Cette atmosphère amicale s’est détériorée quand le gouverneur de Tokyo Ishihara Shintaro a fait savoir qu’il voulait acheter trois des îlots des Senkaku et qu’en réponse, le gouvernement a décidé de les nationaliser. Il est normal que la Chine ait interprété ce geste comme une provocation et une volonté de rompre le statu quo en vigueur jusqu’alors. Et l’on peut regretter que les propos de M. Ishihara n’aient soulevé que peu de critiques. En outre, la décision de M. Noda a été annoncée le 7 juillet — jour anniversaire de l’incident du pont « Lu Gou » (Marco Polo) de 1937 [1], qui a marqué le début de l’invasion du territoire chinois par le Japon. Ce qui est connu en Chine comme l’incident du « 7.7 » et reste ancré dans les mémoires.

4. Dans tous les pays, les disputes territoriales alimentent le nationalisme et sont utilisées par les autorités politiques comme un exutoire aux frustrations et contradictions internes. Une action d’un côté engendre une réaction de l’autre, et l’escalade continue au point de rendre la situation incontrôlable et d’en arriver à un affrontement armé. Nous nous opposons à tout usage de la violence et nous insistons sur le fait que la question doit être résolue par le dialogue pacifique. Les dirigeants politiques et les médias ont une responsabilité dans la lutte contre le nationalisme et dans la promotion du dialogue. Alors que l’on est en train de tomber dans un cercle vicieux, le rôle des médias pour stopper l’escalade nationaliste, faciliter la réflexion sur l’histoire et appeler au calme devient plus crucial que jamais.

5. Quant aux questions territoriales proprement dites, les seules options possibles sont le dialogue et les négociations. C’est pourquoi le Japon doit sortir de sa position fictive, selon laquelle il n’existerait pas de « problème de territoire » (à propos des Senkaku). Sans reconnaissance de l’existence du problème, il ne peut y avoir de consultation ni de dialogue. De plus, il faut ajouter que la notion de « territoire naturel » [employée par le gouvernement japonais] n’est acceptable pour aucune des parties.

6 . Durant la période nécessaire de consultation et de négociation, le statu quo devrait prévaloir et les actions provocatrices devraient être bannies de tous côtés. Des règles de bonne conduite devraient être adoptées. A l’image de ce qu’a proposé, le 5 août dernier, le président taïwanais Ma Ying-jeou avec son « initative de paix en mer de Chine orientale ». Il a appelé à une modération des actes de chacun afin de prévenir toute escalade, d’éviter tout affrontement, de ne pas abandonner les voies du dialogue, d’aller vers un consensus et l’établissement de normes communes pour les activités dans cette zone maritime — des recommandations extrêmement calmes et raisonnables. De telles voix devraient être partagées et renforcées.

7. La zone maritime autour des Senkaku a été un espace de pêche, d’échanges et de vie pour les habitants d’Okinawa [île japonaise] comme pour ceux de Taïwan. Aucun des pêcheurs ne souhaite voir ces îles transformées en zone de conflits. Nous devons respecter l’opinion de ceux qui y vivent et y travaillent.

8. Le plus important aujourd’hui est que le Japon exprime clairement ce qui fut son histoire — l’invasion des pays voisins — et présente ses regrets. Il devrait réaffirmer les accords internationaux : avec la Chine, le communiqué commun de 1972 et le traité de paix et d’amitié de 1978 ; avec la Corée du Sud, la déclaration de partenariat de 1998 ; avec la Corée du Nord, la déclaration de Pyongyang de 2002. Il devrait également respecter ses propres déclarations reconnaissant sa responsabilité historique : la déclaration du secrétaire général du gouvernement Kono Yohei en 1993, celle des premiers ministres Murayama Tomiichi en 1995 et Kan Naoto en 2010. Dans la foulée, le Japon doit clairement s’engager dans la voie de la réconciliation, de l’amitié et de la coopération avec ses voisins. Les résultats d’une recherche historique, tant au niveau gouvernemental qu’à celui des citoyens, entre le Japon et la Corée d’une part, le Japon et la Chine d’autre part, devraient être réexaminés, comme devrait l’être la déclaration commune d’intellectuels japonais et sud-coréens, qui en 2010 ont déclaré nul le traité d’annexion de la Corée de 1910.

9. La seule voie pour sortir du conflit dans les zones contestées est le codéveloppement et l’utilisation conjointe des ressources dans les territoires litigieux. Si la souveraineté ne peut être partagée, la gestion et la distribution des richesses peuvent l’être, y compris celles de la pêche. Plutôt que de s’affronter, les nations devraient poursuivre le dialogue, la consultation de toutes les parties pour arriver à une meilleure connaissance des ressources et à un partage des intérêts. Nous devons sortir du conflit qui alimente le nationalisme pour jeter de nouvelles bases de coopération régionale.

10. Le fardeau pesant sur Okinawa [qui abrite les principales bases américaines, fort contestées par la population] ne doit pas s’alourdir au nom des tensions régionales, ni à travers un renforcement du pacte de sécurité américano-japonais ou au déploiement des V-22 Osprey, un nouveau type d’avion de transport à décollage vertical.

11. Enfin, nous proposons de créer un cadre de concertation à un niveau non gouvernemental réunissant des citoyens du Japon, de la Chine, de la Corée, de Taïwan et d’Okinawa, avec un point de vue tourné vers l’avenir dans un esprit de confiance mutuelle et de bonne foi.

Notes

 

[1] Tokyo prétexta l’enlèvement d’un de ses soldats, qui s’entraînaient à une quinzaine de kilomètres de Pékin, près du pont Marco Polo, pour s’emparer de la capitale chinoise et étendre la guerre à tout le pays.

24 octobre 2012

L’Islande et le refus de l’austérité

Par Salim Lamrani
18/10/2012
Source : http://www.voltairenet.org

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L’Union européenne fait aujourd’hui le choix de l’austérité face à la crise économique mais se lance en même temps dans le sauvetage — avec des fonds publics — des banques privées qui auraient dû faire faillite à cause de leur mauvaise gestion. Est-ce vraiment la seule solution viable ? Salim Lamrani se penche sur le cas de l’Islande, un exemple que les médias et les apprentis sorciers de la finance européenne préfèrent passer sous silence.

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Le 6 mars 2010, plus de 93% électeurs islandais participant à un référendum se prononcent contre le remboursement de presque 4 milliards de dollars au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, au titre des dettes accumulées par les banques islandaises en faillite. 
 
Face à la crise économique, alors que l’Union européenne a choisi la voie de l’austérité et a décidé de sauver les banques, l’Islande a au contraire procédé à la nationalisation des institutions financières et a rejeté les politiques de restrictions budgétaires. Avec un taux de croissance de 2,7% en 2012, même le Fonds monétaire international (FMI) salue le redressement économique du pays.

Lorsqu’en septembre 2008, la crise économique et financière a touché l’Islande, petit archipel du Nord de l’Europe peuplé de 320 000 habitants, l’impact a été désastreux, comme sur le reste du continent. La spéculation financière a conduit les trois principales banques à la faillite, dont les actifs représentaient une somme dix fois supérieure au PIB de la nation, avec une perte nette de 85 milliards de dollars. Le taux de chômage a été multiplié par 9 entre 2008 et 2010, alors que le pays jouissait auparavant du plein emploi. La dette de l’Islande représentait 900% du PIB et la monnaie nationale avait été dévaluée de 80% par rapport à l’euro. Le pays s’est retrouvé plongé dans une profonde récession, avec un recul du PIB de 11% en deux ans [1].

Face à la crise

En 2009, lorsque le gouvernement a voulu appliquer les mesures d’austérité exigées par le FMI, en échange d’une aide financière de 2,1 milliards d’euros, une forte mobilisation populaire l’a contraint à la démission. Lors des élections anticipées, la gauche a remporté la majorité absolue au Parlement [2].

Le nouveau pouvoir a néanmoins fait adopter la loi Icesave – du nom de la banque en ligne privée qui a fait faillite et dont les épargnants étaient en majorité hollandais et britanniques – afin de rembourser les clients étrangers. Cette législation contraignait l’ensemble des Islandais à rembourser une dette de 3,5 milliards d’euros (40% du PIB) – 9000 euros par habitant – sur 15 ans à un taux de 5%. Face aux nouvelles protestations populaires, le Président a refusé de ratifier le texte parlementaire et l’a soumis à référendum. En mars 2010, 93% des Islandais ont rejeté la loi sur le remboursement des pertes causées par Icesave.

Soumise une nouvelle fois à référendum en avril 2011, elle a de nouveau été massivement rejetée à 63% [3].
Une nouvelle Constitution, rédigée par une Assemblée constituante de 25 citoyens élus au suffrage universel parmi 522 candidats et composée de 9 chapitres et de 114 articles, a été adoptée en 2011. Celle-ci prévoit un droit à l’information, avec un accès public pour les documents officiels (Article 15), la création d’un Comité de contrôle de la responsabilité du gouvernement (Article 63), un droit à la consultation directe (Article 65) – 10% des électeurs peuvent demander un référendum sur des lois votées par le Parlement –, ainsi que la nomination du Premier Ministre par le Parlement [4].

Ainsi, contrairement aux autres nations de l’Union européenne dans la même situation, qui ont appliqué à la lettre les recommandations du FMI exigeant l’application de mesures d’une austérité sévèr – comme en Grèce, en Irlande, en Italie ou en Espagne –, l’Islande a choisi une voie alternative. Lorsqu’en 2008, les trois principales banques du pays, Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing se sont effondrées, l’Etat islandais a refusé d’y injecter des fonds publics, comme dans le reste de l’Europe. Il a au contraire procédé à leur nationalisation [5].

De la même manière, les banques privées ont été contraintes d’annuler toutes les créances à taux variable dépassant 110% de la valeur des biens immobiliers, évitant ainsi une crise de subprime comme celle des Etats-Unis. Par ailleurs, la Cour Suprême a déclaré illégaux tous les prêts indexés sur des devises étrangères qui ont été octroyés à des particuliers, obligeant ainsi les banques à renoncer à ces créances, au bénéfice de la population [6].

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Accusé de négligence dans la gestion de la crise financière, l’ex-premier ministre islandais Geir Haarde a été déclaré coupable, en avril 2012, par un tribunal spécial qui n’a retenu aucune sanction à son encontre.
Quant aux responsables du désastre – les banquiers spéculateurs qui ont provoqué l’effondrement du système financier islandais –, ils n’ont pas bénéficié de la mansuétude en vogue à leur égard dans le reste de l’Europe où ils ont été systématiquement absous. En Islande, ils ont été poursuivis par la justice et mis en prison, par Olafur Thor Hauksson, Procureur spécial nommé par le Parlement. Même le Premier Ministre Geir Haarde, accusé de négligence dans la gestion de la crise, n’a pu éviter un procès [7].

Une alternative à l’austérité

Les résultats de la politique économique et sociale islandaise ont été spectaculaires. Alors que l’Union européenne se trouve en pleine récession, l’Islande a bénéficié d’un taux de croissance de 2,1% en 2011 et prévoit un taux de 2,7% pour 2012, et un taux de chômage oscillant autour de 6% [8]. Le pays s’est même offert le luxe de procéder au remboursement anticipé de ses dettes auprès du FMI [9].

Le président islandais Olafur Grímsson a expliqué ce miracle économique : «  La différence est qu’en Islande, nous avons laissé les banques faire faillite. C’était des institutions privées. Nous n’y avons pas injecté de l’argent pour les maintenir à flot. L’Etat n’a pas à assumer cette responsabilité  » [10].

Contre toute attente, le FMI a salué la politique du gouvernement islandais – qui a appliqué des mesures aux antipodes de celles qu’il préconise –, une politique qui a permis de préserver « le précieux modèle nordique de protection sociale ». En effet, l’Islande dispose d’un indice de développement humain assez élevé. « Le FMI déclare que le plan de sauvetage à la manière Islandaise fournit des leçons pour les temps de crise ». L’institution ajoute que « le fait que l’Islande soit parvenue à préserver le bien être social des ménages et obtenir une consolidation fiscale de grande ampleur est l’une des plus grandes réussites du programme et du gouvernement islandais ». Le FMI a néanmoins omis de préciser que ces résultats ont été possibles uniquement parce que l’Islande a rejeté sa thérapie de choc néolibérale et a mis en place un plan de relance alternatif et efficace [11].

Le cas de l’Islande démontre qu’il existe une alternative crédible aux politiques d’austérité appliquées à travers l’Europe. Celles-ci, en plus d’être économiquement inefficaces, sont politiquement coûteuses et socialement insoutenables. En choisissant de placer l’intérêt général au-dessus de celui des marchés, l’Islande montre la voie au reste du continent pour sortir de l’impasse.
 

Le cyberespace est-il « espace » ? Des approches changeantes…

 Par Cidris
 17/10/2012
Source : http://alliancegeostrategique.org

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(l’image renvoie à un blog dont l’article est : Le cyberespace est-il infini ?)

L’observateur aguerri des moeurs et des modes d’affrontements sur Internet ou dans le cyberespace ne peut ignorer qu’ il semble se produire récemment des évolutions notables. Ce que l’on appelle parfois des « signaux faibles » semblent apparaître ça et là et nous donnent l’occasion de tracer un panorama de quelques modifications conceptuelles marquantes.


Le discours de Léon Panetta prononcé récemment est ainsi instructif : celui-ci évoque de manière directe à la fois le besoins de maîtriser les aspects offensifs pour mieux les comprendre mais également le fait de disposer d’une capacité déjà fortement structurée. Comme si tout cela concourrait à la mise en place d’une forme de « dissuasion », le patron de la NSA et du Cyber-Command, le Général Keith Alexander évoquait tout aussi récemment le développement de ces capacités.

On retiendra ainsi 3 points qui me paraissent essentiels :

- le discours désormais dénué de « langue de bois » qui décrit l’existence de capacités offensives. Rappelons le contexte législatif problématique du moment où les acteurs sont en attente d’arbitrages au sein des institutions parlementaires avant la nouvelle loi relative à la « cyber-sécurité. Celui-ci n’est pas sans lien car l’avenir et la sécurité des Etats-Unis reposeraient sur ce texte : de tels discours peuvent donc être interprétés comme une forme de « motivation » ;

- bien que généralement l’on repousse la dissuasion comme une forme de stratégie applicable au cyberespace, il est bon de se souvenir que dissuader un acteur de commettre une action ne passe pas forcément par un missile nucléaire. Avertir ou montrer ses muscles est également une partie du processus : chaque enfant dans une cour d’école pourra vous le démontrer. La concomitance de ces discours n’est pas sans lien avec l’affirmation d’une forme de puissance dans ce domaine ;

- enfin, un aspect interpelle dans le discours de M. Panetta : sa confiance dans la capacité des Etats-Unis à localiser les acteurs d’attaques informatiques et de leur appliquer les traitements et punitions liés à leurs actions. Ceci a de quoi interpeller car jusqu’ici, la notion d’invisibilité sur Internet et l’impossibilité d’imputer formellement constituait une donnée structurante. Cette information participe également à la construction d’un discours dissuasif  : « nous savons frapper fort et nous savons qui frapper » ;

Bien évidemment, l’on sait depuis longtemps qu’il est possible de retrouver des responsables d’actes délictueux ou des attaquants informatiques, surtout lorsque les flux sont surveillés. De plus, les moyens utilisés n’étaient pas forcément liées à une quelconque capacité informatique mais aux bonnes vieilles méthodes d’investigation : après tout, le hacker de génie peut être assez démuni et maladroit une fois en possession de son butin. Il demeurait toutefois relativement acquis qu’un attaquant motivé, intelligent et disposant de quelques moyens pouvait assez facilement demeurer dans l’ombre.

C’est pourquoi l’on peut comprendre le discours de plusieurs manière : soit les Etats-Unis disposent d’une capacité révolutionnaire de détection et de localisation qui techniquement laisse un peu dubitatif. Ou bien, et c’est plus crédible, une intense mobilisation des acteurs ayant la capacité à acquérir, traiter et utiliser l’information a été mise en oeuvre. Cette capacité pourra être à la fois humaine et électronique et fournir justement des moyens croisés pour identifier des attaquants. Ce que n’évoque pas le discours, c’est l’échelle de temps : les « représailles » pourraient alors avoir lieu bien plus tard.

Mais l’évolution ne s’arrête pas là. Après avoir insisté sur la nature « géographique » et spatiale du..cyberespace, il semble que cela ne suffise plus. On ne compte plus aujourd’hui les articles, mémoires et autres opinions faisant d’Internet un nouvel espace de bataille, à l’égal des autres (sans doute aussi sur ce blog).

On prédisait même une évolution du domaine comme on a pu le voir sur mer puis dans les airs. C’était oublier une donnée fondamentale : air, mer ou terre sont des données fortement exogènes à l’homme. Les propriétés physique des espaces aériens et maritimes sont des données constantes et stables , pré-existantes à l’humain.

A contrario, Internet ou le « cyberespace » est un espace construit, non seulement physiquement et techniquement par l’homme. Il est également construit car on a souhaité lui donner du sens et des particularisme, le qualifier et identifier des caractéristiques. Il demeure pourtant un « espace » instable, mouvant et très évolutif sous les pressions conjuguées des technologies et des usages.

Ainsi, le très célèbre M. Libicki produit-il un récent article dont le titre suffit : « Cyberspace Is Not a Warfighting Domain » !…et l’on trouve dans la citation d’introduction des réflexions parallèles à celles évoquées plus haut.

Autre élément : une publication évoquait dernièrement les difficultés rencontrées par l’Air Force dans l’usage de la définition du cyberespace. Pour les non-familiers, il est bon de rappeler que cette composante de l’armée américaine avait rajouté le cyberespace dans sa devise qui incluait l’air, l’espace et bientôt le cyber ! C’est dire si la confusion jouait déjà à plein.

Aujourd’hui, cette approche, matérialisée dans une doctrine semble poser de nombreux problèmes notamment au niveau des moyens à mettre en oeuvre obligeant ainsi les responsables à faire évoluer leur vision.

C’est ainsi : le cyberespace qui était autrefois Internet se modifie. Il n’est pas constant, il n’est pas « fini » et peut évoluer de mille manières. Sa compréhension technique est un atout indispensable à l’analyste qui devra aussi saisir la notion d’usage et l’inter-pénétration avec la société. En matière stratégique, il doit visiblement être redéfini : c’est un besoin qui semble impératif à plusieurs acteurs et qui devra être attentivement suivi.


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dans le texte

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