3 octobre 2012

Deux traités pour un coup d’Etat européen

Par Raoul Marc Jennar
Juin 2012
pour http://www.monde-diplomatique.fr

english

Le ministre de l’économie français, M. Pierre Moscovici, a annoncé que le traité budgétaire européen ne serait « pas ratifié en l’état » et qu’il faudrait le « compléter par un volet croissance ». Mais la renégociation promise suffira-t-elle à modifier la nature d’un texte qui annonce le démantèlement des systèmes sociaux et des mécanismes démocratiques européens ?

Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) dans l’Union économique et monétaire « rassure peut-être les amis politiques de la chancelière Angela Merkel, observait récemment Mme Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), mais sûrement pas les millions de chômeurs, travailleurs pauvres et précaires en Europe, qui attendent en vain un véritable soutien de la part des institutions européennes. C’est pourquoi nous y sommes opposés (1) ». La déclaration n’avait rien d’anecdotique de la part de la dirigeante d’une organisation qui ne s’était jusqu’ici opposée à aucun traité européen ; sa complaisance à l’égard de Bruxelles avait même conduit l’un de ses fondateurs, le syndicaliste belge Georges Debunne, à déplorer que la CES soit devenue la « courroie de transmission du patronat européen (2) ».

Signé le 1er mars par vingt-cinq gouvernements de l’Union européenne, le TSCG — qui impose notamment la « règle d’or » en matière budgétaire (lire « Huit dispositions principales ») — doit être ratifié au cours des prochains mois. Cadenas condamnant l’accès aux ressources publiques nationales, il s’accompagne d’un autre traité instaurant le mécanisme européen de stabilité (MES). Ratifié par le Parlement français le 21 février 2012 — avec l’abstention bienveillante de l’immense majorité des élus socialistes et écologistes —, le MES constitue une sorte de Fonds monétaire international (FMI). Il est destiné à prendre le relais, à partir de 2013, des instruments créés en 2010 pour faire face à la crise de la dette en Europe (3).

Transfert de compétences 

 

Ces deux textes marquent une étape importante dans le démantèlement des institutions démocratiques et le détricotage des modèles sociaux européens. Après une phase de relative discrétion, cette évolution ne peut plus être ignorée : le poids croissant de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et des jurisprudences qu’elle élabore, puis les traités proposés par M. Jacques Delors quand il était président de la Commission (Acte unique de 1986, traité de Maastricht de 1992), ont favorisé l’émergence d’une puissante technocratie qui n’est pas tenue de rendre des comptes aux citoyens, et qui peut les priver de certaines conquêtes sociales. Cette dérive fut confortée par les décisions prises lors des sommets de Lisbonne (2000) et de Barcelone (2002), alors que treize des quinze gouvernements de l’Union européenne s’inscrivaient pourtant dans la mouvance sociale-démocrate ; puis à nouveau par l’adoption parlementaire en 2008, en France et aux Pays-Bas, du traité de Lisbonne, dont l’essentiel du contenu avait été rejeté par voie de référendum trois ans plus tôt dans ces deux pays.

Ce passage en force en annonçait un autre : l’utilisation de la procédure dite « simplifiée » pour la création du MES par les pays de la zone euro. Théoriquement, elle ne peut être employée pour « accroître les compétences attribuées à l’Union (4) ». A l’évidence, le MES entre dans cette catégorie. Dirigé par un conseil des ministres des finances appelés « gouverneurs », il s’apparente à un Etat dans l’Etat : il est indépendant du Parlement européen et des Parlements nationaux, ses locaux et ses archives sont inviolables, et il ne pourra faire l’objet de poursuites.

En revanche, lesdits « gouverneurs » pourront saisir la CJUE, seule compétente, contre un Etat membre contrevenant. Le MES vise à « mobiliser des ressources financières et [à] fournir, sous une stricte conditionnalité (5) », un soutien à un pays membre qui connaît de graves difficultés financières susceptibles de menacer la stabilité de la zone euro. A cette fin, il dispose de la capacité de lever des fonds auprès des Etats et sur les marchés. Son capital est fixé à 700 milliards d’euros, fournis par les Etats membres, qui s’engagent « de manière irrévocable et inconditionnelle » à doter le MES « dans les sept jours suivant la réception de la demande ». Pour sa part, la France devra verser 142,7 milliards d’euros. Le MES pourra décider de revoir à la hausse la contribution de chacun des Etats membres, sans que ceux-ci aient leur mot à dire.

Quand un pays sollicitera le soutien du MES, c’est la Commission, en liaison avec la Banque centrale européenne (BCE), non soumise à un contrôle démocratique ou politique, qui estimera le risque encouru par la zone euro. En collaboration avec le FMI, elle appréciera la « soutenabilité » de l’endettement public du demandeur et évaluera ses besoins « réels » en termes de financement. Ensuite, si le soutien est accordé, c’est encore la Commission, en lien avec la BCE et le FMI, qui en négociera les termes avec l’Etat demandeur. Cette « troïka » sera chargée du respect des conditions imposées.

Le MES bénéficiera de l’apport des Etats membres, mais pourra aussi faire appel au marché des capitaux. Ce qui signifie qu’il sera lui-même soumis aux agences de notation. Les banques, qui peuvent emprunter à 1 % auprès de la BCE, prêteront au MES à un taux nettement supérieur, puis le MES aux Etats… à un taux encore supérieur. Ces fonds serviront à payer la charge de la dette, et donc à garnir les coffres des banques. En résumé, le nouveau mécanisme s’annonce bien plus avantageux pour les banquiers que pour les populations. Or il ne s’agit pas d’une délégation de souveraineté réversible, mais d’une perte d’indépendance que le traité qualifie d’« irrévocable et inconditionnelle ».

Et, déjà, une seconde étape se dessine. Car, contrairement à ce qu’affirment certaines personnalités écologistes qui comparent le MES à une « mutuelle » (6), un Etat devra avoir accepté l’austérité budgétaire prévue par le TSCG pour avoir accès aux aides prévues : les deux traités sont indissociables. Il serait ainsi illusoire de prétendre renégocier l’un sans toucher à l’autre. C’est pourtant ce qu’a promis le nouveau président français, M. François Hollande, lors de sa campagne.

Le TSCG contraint les pays signataires à constitutionnaliser la « règle d’or ». Au cas où la Commission — seule compétente ici — décèlerait un « déficit structurel (7) », les Etats devront mettre en place un mécanisme de correction « automatique », c’est-à-dire « qui ne sera pas soumis à la délibération parlementaire ». Ce ne seront donc plus les élus, mais le Conseil constitutionnel qui aura le pouvoir de contrôler la conformité des budgets avec cette nouvelle règle. Lorsqu’un Etat sortira du cadre fixé (déficit budgétaire supérieur à 3 % du produit intérieur brut [PIB] et dette dépassant 60 % du PIB), il devra soumettre un programme de réformes structurelles contraignantes à la Commission et au Conseil. On en imagine sans peine le contenu : « réforme » du marché du travail, remise en cause des retraites, réductions salariales, baisse des budgets sociaux, de santé et d’éducation, privatisations.

Le TSCG ampute la raison d’être première du Parlement : le pouvoir de décider des recettes et des dépenses. Il transfère un rôle considérable à la Commission européenne. Il confie à la CJUE le soin de régler les différends entre Etats, alors que sa mission se limitait jusqu’ici à l’imposition de la législation européenne — un rôle dont elle s’acquitte d’ailleurs avec un zèle tout particulier lorsqu’il s’agit de privilégier les logiques libérales (8).

Selon les défenseurs de ce traité, celui-ci mettrait en place une « gouvernance économique commune (9) ». Les mécanismes créés visent au contraire à enfermer les politiques budgétaires et économiques dans des règles rigides et des automatismes qui interdisent toute adaptation à la situation de chaque pays. Si le terme « gouverner » a un sens, il ne peut se réduire à l’application systématique de règles immuables. Ni admettre l’irresponsabilité dont bénéficient en la matière la Commission et la Cour. Comme le président François Mitterrand avait cédé au chancelier Helmut Kohl, qui réclamait l’indépendance de la BCE, M. Nicolas Sarkozy a cédé à Mme Merkel sur le MES et le TSCG. Mais, si Mitterrand avait finalement soumis le traité de Maastricht à référendum, le président Hollande, lui, a pour le moment écarté cette possibilité, estimant que le TSCG ne contenait pas de transfert de souveraineté. En revanche, au cours de sa campagne, il a promis — au grand dam de Mme Merkel — d’en demander la renégociation, arguant de la faiblesse des dispositions en faveur de la croissance économique.

Considérant que la fiscalité relève de la souveraineté nationale, le Royaume-Uni et la République tchèque ont refusé de signer ce traité qui entérine ce transfert de compétences. Les Etats signataires ont explicitement renoncé à l’exigence de ratification unanime par les Etats membres — qui est le principe dans l’Union —, et ont eux-mêmes fixé à douze ratifications (sur vingt-cinq) le seuil permettant l’entrée en vigueur du TSCG. Les gouvernements n’ont pas souhaité tirer les leçons des référendums français et néerlandais, en 2005 : ils tentent une nouvelle fois d’imposer, constitutionnellement, la même politique économique et financière pour tous.

Raoul Marc Jennar
Auteur de Quelle Europe après le non ?, Fayard, Paris, 2007. 
(1) Communiqué de presse du 31 janvier 2012.
(2) Lors de la réunion publique organisée par M. Henri Emmanuelli contre le traité constitutionnel européen (TCE), le 20 avril 2005 à Paris.
(3) Lire Bernard Cassen, «  Contorsions pour sauver la monnaie unique  », Le Monde diplomatique, janvier 2012.
(4) Article 48, paragraphe 6, alinéa 3 du traité sur l’Union européenne (première partie du traité de Lisbonne).
(5) Traité instituant le mécanisme européen de stabilité, DOC / 12/3, Journal officiel de l’Union européenne, Luxembourg, 1er février 2012.
(6) Jean Paul Besset, Daniel Cohn-Bendit, Alain Lipietz et Shahin Vallée, «  Mécanisme européen de stabilité : la bourde historique de la gauche  », Le Monde, 24 février 2012.
(7) Le déficit structurel correspond au déficit budgétaire en dehors des variations de la conjoncture.
(8) Lire Anne Cécile-Robert, «  Syndicats phagocytés  », Le Monde diplomatique, mars 2009.
(9) Editorial du Monde, 10 février 2012.

Les membres du Parlement européen doivent se tenir prêts à rejeter l'accord commercial Canada-UE, clone d'ACTA

Pour http://www.laquadrature.net
2 Oct. 2012

À l'approche du prochain round de négociations de CETA (accord commercial Canada-UE)1, La Quadrature du Net publie son web-dossier dédié. L'organisation citoyenne appelle les membres du Parlement européen à exiger une transparence totale sur ces négociations et à se tenir prêts à rejeter CETA de la même manière qu'ils ont rejeté ACTA, si jamais des dispositions anti-Internet et des attaques contre les libertés et droits des citoyens subsistaient dans la version finale de l'accord.
 
À nouveau, la Commission européenne tente de contourner le processus démocratique et d'imposer des mesures répressives pour les libertés en ligne à travers un accord commercial. Bien que le commissaire De Gucht prétende que les dispositions issues d'ACTA ne se trouvent plus dans la version actuelle de CETA, rien ne permettra de vérifier cette affirmation tant que les négociateurs conserveront ce document secret. La dernière version fuitée de CETA, datant de février 2012, reproduit mot pour mot les pires dispositions anti-citoyens d'ACTA, au nom cette fois du Canada et de l'UE.
La Quadrature du Net publie son web-dossier sur CETA et appelle les membres du Parlement européen à s'opposer, une fois encore, aux tentatives honteuses de contournement des processus démocratiques de la Commission européenne. Les députés européens doivent exiger de la Commission qu'elle publie la version actuelle de CETA avant le prochain – et probablement dernier – round de négociations à Bruxelles, prévu du 15 au 26 octobre.

Dans le cas où des dispositions répressives issues d'ACTA s'attaquant à l'Internet libre et aux libertés de ses utilisateurs seraient toujours présentes dans la version actuelle de CETA, les membres du Parlement européen doivent garantir aux citoyens qu'ils resteront fidèles à leurs engagements et rejetteront l'accord commercial dans son ensemble.

« Apparemment, la Commission européenne n'a pas tiré les leçons de sa défaite cinglante de juillet dernier. Il semble au contraire que le commissaire De Gucht cache de nouveau des informations essentielles aux citoyens et députés européens, et tente de contourner le processus démocratique avec CETA pour imposer ses mesures répressives. Les eurodéputés doivent rester fidèles à la position courageuse qu'ils ont adopté contre ACTA, et rejeter CETA dans son ensemble si jamais les dispositions issues d'ACTA se trouvaient toujours dans la version finale de l'accord. » a déclaré Jérémie Zimmermann, cofondateur et porte-parole de l'organisation citoyenne La Quadrature du Net.


MEPs must be ready to reject an ACTA-like Canada/EU Trade Agreement

 Ahead of the next round of negotiations of CETA, the Canada/EU Trade Agreement1, La Quadrature du Net publishes its dedicated web-dossier. The citizen organization urges the Members of the European Parliament to demand full transparency and be ready to reject CETA as they did with ACTA, if any of the anti-Internet, anti-citizens' freedoms provisions remain in the final agreement.
 
Once again, the EU Commission is trying to bypass the democratic process by imposing general measures against freedoms online in a trade agreement. Although Commissioner De Gucht's asserts that ACTA measures are not present in current CETA draft anymore, this is a proof-less assertion, as the negotiators are keeping relevant documents secret. The latest leak – dated February 2012 – contains the exact same anti-citizen provisions as ACTA, pushed by both Canada and the EU.

La Quadrature du Net publishes its CETA web-dossier and urges Members of the European Parliament to stand, once more, against the Commission's shameful attempts to bypass the democratic process. MEPs are invited to demand the Commission publishes the current text of CETA, before the next round of negotiations in Brussels from October 15th to October 26th, even more so as negotiators claim it will be the final round.
If any of the ACTA provisions threatening a free Internet and users' freedoms online are still present in the current text, MEPs must give guarantees to EU citizens that they will honour their past commitment and reject CETA.

“Apparently the EU Commission didn't learn from its tremendous defeat last July on ACTA. It seems that Commissioner De Gucht is once again hiding key information from citizens and MEPs and trying to bypass the democratic processes with CETA in order to impose repressive measures. MEPs must stick to their courageous position against ACTA, and reject CETA as a whole if ACTA-like provisions are present in the final agreement.” declared Jérémie Zimmermann, co-founder and spokesperson of the citizen organisation La Quadrature du Net.

24 septembre 2012

La sale guerre des terres rares

Pour http://documentaires.france5.fr

Auteur : GUILLAUME PITRON
Realisateur :
GUILLAUME PITRON / SERGE TURQUIER
Production :
MANO A MANO
Participation :
FRANCE TELEVISIONS



DL : DF , RG 

Les terres rares sont des métaux aux noms mystérieux : cerium, terbium, samarium, gadolinium... Peu connus, ils sont pourtant très présents autour de nous : dans nos écrans, nos téléphones et jusque dans nos billets de banque.

Les terres rares sont le pétrole du XXIe siècle, le moteur des industries d’aujourd’hui.

Avec la fermeture des mines aux USA, la Chine est actuellement le seul producteur de ces métaux. Le reste du monde s’est engagé dans une lutte sans merci contre ce monopole.

La guerre des terres rares, c’est l’histoire d’un conflit économique aux conséquences dévastatrices pour les hommes et pour l’environnement : une sale guerre. Dans cinq ans, la Chine ne pourra plus répondre à ses propres besoins en terre.

Les Chinois recherchent des partenaires et effectuent un retournement de stratégie. Ce pays qui avait tant oeuvré pour conserver ce monopole n’en veut plus : épuisement de la ressource et pollution l’obligent à chercher à l’étranger la réponse à ses besoins croissants.

Le monde entier se lance dans la recherche des ces terres rares pas si rares que ça : il y aurait des gisements en Afrique du Sud, en Australie, au Canada, sur la Lune et au fond des mers. Des mines fermées rouvrent aux USA.

Mais les peuples sont plus exigeants sur le plan environnemental ; c’est peut-être une occasion de repenser le monde ! 

21 septembre 2012

Fukushima , une population sacrifiée

Pour http://www.lcp.fr

Documentaire inédit écrit et réalisé par David Zavaglia (52’) - 2012.
Coproduction LCPAn / Scientifilms



 Alternative Player Video
DL : DF , RG

Vendredi 11 mars 2011. 14h46 heure locale. Le Japon vient d’être touché par l’une des catastrophes naturelles les plus terribles de son histoire. Depuis, l’archipel vit avec une épée de Damoclès audessus de lui : celle de la centrale de Fukushima qui ne peut être réparée et qui continue de fuir…

Un an après, la situation s’est-elle améliorée ? L’Etat a-t-il pris des dispositions suffisantes ? Comment les habitants s’organisent-ils sur place ? D’un côté, on observe un Etat qui engage un retour progressif de la population au lieu d’élargir la zone d’évacuation. De l’autre, la résistance s’organise à travers des opérations de détection et de mesure de radioactivité…

Le réalisateur nous livre une enquête saisissante sur le rôle de l’Etat Japonais et les risques encourus par les populations locales. Une chronique édifiante d’une catastrophe au long cours…

20 septembre 2012

Syrie : Les Origines de la Crise 1/2

Pour http://ddc.arte.tv

DL : DF , RG


Depuis plus d’un an, les révoltes en Syrie remettent en cause le régime autoritaire en place depuis quarante ans. Ces mobilisations s’inscrivent dans la lignée du printemps arabe ; pour autant, quelles sont les spécificités de ce mouvement de révolte syrien ? À travers l’histoire, la géographie, la démographie et l’économie notamment, le Dessous des Cartes cherche à déceler et à comprendre les origines de la crise syrienne.


Lectures

La Syrie depuis 5000 ans
Nora Benkorich, Françoise Briquel-Chatonnet, Anne-Marie Eddé, Gabriel Martinez-Gros, Elizabeth Picard, Maurice Sartre
L'Histoire n°375
La Syrie est l'un des plus vieux pays au monde et c'est là que sont apparues les premières communautés chrétiennes.
Mais la Syrie est également une jeune nation aux mains d’un clan depuis 1970, celui des Assad.
Quelques clés pour comprendre les enjeux d'une révolte peut-être plus compliquée qu'ailleurs.
À commander sur le site :
www.histoire.presse.fr/lhistoire/375_
Syrie, l'État de barbarie
Michel Seurat
PUF - Collection Proche-Orient
Michel Seurat fut assassiné pendant sa captivité à Beyrouth en 1986, alors otage de l’« Organisation du jihad islamique », une émanation du Hezbollah. Il était l’un des meilleurs spécialistes du monde arabe contemporain.
Arabisant hors pair, homme de terrain scrupuleux, féru de sciences sociales autant qu’islamologue érudit, ce scientifique du CNRS a inspiré les générations successives de chercheurs. Plus d’un quart de siècle après sa disparition, ses textes font toujours référence dans les universités du monde entier. Ils sont désormais recommandés comme des classiques de l’école française sur le Proche-Orient.
Pour livrer ses analyses du système de pouvoir syrien à l’époque de Hafez el-Assad, qu’il nomma « l’État de barbarie », il s'est nourri des textes du grand historien médiéval Ibn Khaldoun, autant que de ceux produits par la sociologie française. Écrit à chaud dans les années 1980, le propos de son livre est plus que jamais d’actualité alors que la Syrie, dont Bachar el-Assad a hérité, s’est enfoncée dans une violence inouïe, où s’enchevêtrent révolution et guerre civile.
Ses études des clans, des villes, des milices urbaines alaouites ou islamistes ainsi que des Frères musulmans fournissent des clefs de lecture indispensables pour comprendre les enjeux et les lignes de clivages d’aujourd’hui, à l’heure où le monde arabe est entré dans l’une des phases de bouleversements majeurs de son histoire.

Agenda

Le IXe festival photo Peuples et Nature
La Gacilly - Morbihan - France
Jusqu'au 30 septembre 2012
« Le festival photo Peuples et Nature de La Gacilly expose une photographie éthique, humaniste et de sens, fondée sur les rapports entre l’Homme et son Environnement. Il croise les regards de photographes venant du monde de l’art et du photojournalisme.
Ce festival est le plus grand festival de photos de France totalement en extérieur. 250 000 visiteurs l’ont fréquenté en 2011.
Les rues, les jardins, les venelles du village se transforment en de véritables galeries d’art photographique.
Dix-neuf expositions y seront installées en 2012 : plus de 600 photos grand format. Les rues redeviennent « espaces publics » au sens propre du terme. Elles informent, interpellent, étonnent, émerveillent et sont lieux d’échanges et de débats, toutes générations confondues. »
Auguste Coudray, président du festival.
En 2012, le festival photo Peuples et Nature de La Gacilly (Morbihan) se veut l’ambassadeur du sommet de Rio de juin 2012.
Le Brésil est l’invité d’honneur de cette neuvième édition où sont exposées les images de Marc Ferrez, de José Medeiros, Julio Bittencourt Anouk Garcia ou encore celles des photographes de l'agence Tyba, élue meilleure agence d’Amérique latine.
En vingt clichés qui ont marqué l’Histoire, une exposition signée de vingt photographes prestigieux présente ces moments de l’actualité qui, de 1992 à 2012, ont marqué la conscience de l’homme vis-à-vis de la planète.
Les peuples restent au cœur du Festival de la Gacilly :
• Pierre de Vallombreuse offre les plus belles images de ses cinq années passées à rencontrer les Hommes Racines ;
•l’Espagnol Juan Manuel Castro Prieto (agence VU) dévoile de véritables « tableaux » des cinq continents ;
• les Allemands Heidi et Hans-Jürgen Koch présentent leur travail stupéfiant sur les grands primates, miroirs de nous les hommes ;
• tandis que le National Geographic nous fait rêver à travers une grande expédition en Russie sur une biodiversité méconnue.
La Gacilly rend hommage au plus célèbre de nos photographes : il y a cent ans naissait Robert Doisneau, l’homme qui photographiait les « petites gens » avec son cœur. Ses filles Annette et Francine ont découvert des images oubliées qui n’avaient jamais été montrées au grand public. Ces trésors retrouvés sont exposés ici pour la première fois.
Toutes les informations sur le site : www.festivalphoto-lagacilly.com/

19 septembre 2012

Kosovo : l’illusion de la souveraineté

Par Jean-Arnault Dérens
17 Septembre 2012
pour http://www.monde-diplomatique.fr

english version

Lundi 10 septembre, une cérémonie solennelle a, théoriquement, marqué la fin de la « supervision » internationale de l’indépendance du Kosovo. Celui-ci aurait donc accédé à la « pleine souveraineté ». Pourtant, la reconnaissance de cet Etat ne fait toujours pas l’objet du moindre consensus et le petit territoire reste toujours le « terrain de jeu » de nombreuses missions internationales, aux mandats flous et aux compétences incertaines.

Le Groupe d’orientation sur le Kosovo (International Steering Group, ISG) s’est réuni une dernière fois à Pristina le 10 septembre, avant d’annoncer son autodissolution. Chargé de « superviser » l’indépendance proclamée le 17 février 2008, il réunissait les représentants de vingt-cinq Etats ayant tous reconnu le Kosovo. Son « bras armé » était le Bureau civil international (ICO), dont l’activité a également pris fin. Le gouvernement du Kosovo a cherché à donner le plus de lustre possible à cette évolution mais, si les officiels répétaient que ce 10 septembre était « la date la plus importante dans l’histoire du Kosovo depuis la proclamation d’indépendance », l’heure n’était guère à la liesse populaire.

Dans la pratique, la fermeture du Bureau civil international (International civilian office, ICO) ne changera pas grand chose pour les citoyens du Kosovo. Leur petit pays est toujours le « terrain de jeu » d’un grand nombre de missions aux mandats flous et aux compétences souvent incertaines. Ainsi, la mission d’administration intérimaire des Nations unies (Minuk) reste déployée au titre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, jamais abrogée, même si le champ d’action et les effectifs de cette mission ont été drastiquement réduits. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) conserve également d’importantes attributions dans les domaines aux contours bien imprécis de la « démocratisation » et de la promotion des minorités.

Pour les citoyens ordinaires, toutefois, la présence internationale la plus visible demeure sans aucun doute la mission militaire de l’OTAN, la Kosovo Force (KFOR), dont les effectifs sont progressivement passés, depuis juin 1999, de plus de 50 000 à moins de 5 000 hommes. Au cours des douze derniers mois, cependant, la KFOR a dû faire appel à des renforts pour réagir à la situation de crise dans les régions serbes du Nord du Kosovo (1). L’autre présence très visible est celle des policiers et des douaniers de la mission européenne Eulex.

Le 7 septembre, le Parlement du Kosovo a justement adopté la loi qui permet de proroger le mandat de cette mission jusqu’au 15 juin 2014. En théorie, Eulex est une mission « technique », qui doit rester « neutre » sur le statut du pays. Son déploiement sur l’ensemble du territoire, y compris les enclaves serbes, résulte en effet d’un accord passé avec Belgrade grâce à la médiation des Nations unies. De surcroît, cinq Etats membres de l’Union européenne ne reconnaissent toujours pas l’indépendance du Kosovo (2). Cette mission doit apporter son appui aux institutions locales dans trois secteurs qui n’ont pourtant rien de « techniques », mais touchent au cœur des fonctions régaliennes, à savoir la police, la justice et le contrôle des frontières.
Selon leur zone d’affectation, leur pays d’origine, voire leurs convictions personnelles, les fonctionnaires, les policiers, les juges ou les procureurs de cette mission considèrent pourtant tantôt le Kosovo comme un Etat indépendant, tantôt comme une province méridionale de la Serbie, voire toujours comme un territoire placé sous administration provisoire des Nations unies, conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité...

Dans ce dense maquis des missions et des organisations internationales présentes sur le territoire, l’ICO a toujours eu du mal à trouver sa place. De fait, cet organisme était chargé de mettre en application les recommandations du médiateur des Nations unies, M. Martti Ahtisaari. Or, le plan présenté en février 2007 par l’ancien président finlandais, et qui prévoyait l’accession du Kosovo à une indépendance « sous supervision internationale », n’a jamais reçu l’assentiment de Belgrade ni de ses alliés au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. De ce fait, le « plan Ahtisaari » ne repose sur une aucune base juridique internationale et n’a jamais engagé que les pays ayant choisi de l’approuver...

Le modèle institutionnel mis en place au Kosovo ne brillait d’ailleurs pas par son originalité, n’étant guère qu’un décalque du dispositif international en Bosnie-Herzégovine, où le Haut représentant international est chargé de mettre en pratique les décisions prises par le Conseil de mise en œuvre de la paix (Peace Implementation Council, PIC). Le cadre mis en place en Bosnie-Herzégovine est assurément plus solide qu’au Kosovo, puisque le Haut représentant dispose d’une autorité reconnue par tous les acteurs locaux et est placé sous la double responsabilité du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’Union européenne. De plus, le PIC regroupe les représentants de cinquante-cinq Etats, au nombre desquels la Russie. Malgré cela, cette lourde tutelle internationale n’a pas permis à la Bosnie de sortir du blocage institutionnel et de la crise politique qui la ronge depuis le retour à la paix, en 1995 (3). Une nouvelle crise se profile même, la plupart des pays européens contestant l’équilibre des pouvoirs au sein de la tutelle internationale et réclamant des pouvoirs décisionnels accrus pour le représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) au détriment du haut représentant international. A l’inverse, les Etats-Unis ont réaffirmé leur soutien au haut représentant, avec l’approbation du Royaume-Uni et le silence gêné de l’Autriche, l’actuel haut représentant, Valentin Inzko, étant un diplomate de ce dernier pays (4). Cette cacophonie au sein de la tutelle internationale fait bien sûr les gorges chaudes de Sarajevo, alors que la situation au Kosovo est autrement plus délicate...

En effet, faute de consensus international, jamais la présence ni le rôle du représentant civil et de son bureau (IC) n’ont été approuvés par le conseil de sécurité des Nations unies. Plus gênant encore, l’ICO ne s’inscrivait pas davantage sous le parapluie de l’Union européenne, alors que son chef, le diplomate néerlandais Pieter Feith, a longtemps cumulé cette fonction avec celle de représentant spécial de l’Union. Cela signifie en pratique que, dans ses fonctions de représentant civil, M. Fieth devait apporter son soutien à la construction de l’Etat du Kosovo, tandis que, dans son habit de RSUE, il devait veiller à respecter la plus stricte « neutralité » quant au statut du territoire... Depuis un an, les deux charges avaient été dissociées, permettant de mettre un terme à cette situation schizophrénique, et l’Union est représentée au Kosovo depuis décembre 2011 par M. Samuel Zbogar, l’ancien ministre des affaires étrangères de Slovénie.

De fait, depuis cette scission des deux charges, la question de la survie de l’ICO était posée, de nombreux pays européens, même parmi ceux ayant reconnu l’indépendance du Kosovo, exprimant leurs réserves. Les désaccords agitant la communauté diplomatique occidentale au Kosovo sont de plus en plus ouverts et visibles. L’ambassadeur italien à Pristina, M. Michael Giffoni, qui assume également la charge de « coordinateur » de l’Union européenne pour le nord du Kosovo, exige ainsi depuis des mois une « nouvelle stratégie » pour faire face aux problèmes posés dans cette zone, stratégie qui ne saurait être trouvée dans le cadre du plan Ahtisaari...

L’analyste kosovar Augustin Palokaj note d’ailleurs qu’avec le départ de l’ICO, s’en va du Kosovo la seule mission internationale qui le considérait comme un Etat, car ni la KFOR, ni l’OSCE, ni la représentation de l’UE, ni Eulex ne traitent le Kosovo comme tel (5). Si les Kosovars ne regretteront pas l’ICO, ils n’ont donc pas lieu non plus de se réjouir du départ de cette mission.

Il est vrai que le bilan de la présence internationale au Kosovo est singulièrement faible. M. Feith avait estimé, au printemps 2012, que l’ICO avait rempli « 80 % de ses objectifs », mais l’ancien adjoint de M. Ahtisaari, le diplomate autrichien Albert Rohan reconnaissait lui-même que « les choses n’avaient pas évolué dans le bon sens », notamment dans le nord du Kosovo (6), plus proche que jamais de la sécession. La souveraineté de Pristina sur cette zone qui correspond à 18 % du territoire n’est qu’une fiction juridique — tout comme les fonctionnaires de Pristina, les employés de l’ICO ne pouvaient d’ailleurs pas y pénétrer. Sauf à envisager une nouvelle épreuve militaire, à laquelle personne ne semble tenir, la solution à la question du nord ne pourra résulter que de nouvelles discussions avec Belgrade. Pour l’instant, le dialogue amorcé depuis un an sous l’égide de l’Union européenne, ne concerne que des questions « techniques » et n’a d’ailleurs guère apporté d’avancées concrètes.

La Serbie réclame la reprise d’un dialogue politique sur le statut du Kosovo, que les autorités de Pristina refusent catégoriquement, estimant que tout ce qui pouvait être négocié l’avait déjà été, en 2007, lors de la « médiation » de M. Ahtisaari, et que l’indépendance est un fait acquis. S’il semble effectivement très peu réaliste de remettre en cause cette indépendance, il n’en demeure pas moins qu’un nouveau dialogue politique sera nécessaire, sauf à voir le statu quo perdurer durant des années sur un « modèle » chypriote.
En réalité, la fin de la « supervision » exercée par l’ICO marque avant tout une volonté des pays occidentaux de se dégager au moins partiellement tout en laissant un rôle accru à l’ONU. Or, le voyage du secrétaire général Ban Ki-Moon au Kosovo, fin juillet, a été l’occasion de dresser un bilan désastreux. Dans son rapport, M. Ban Ki-Moon pointe notamment les très faibles retours de non-Albanais, les menaces auxquelles sont toujours exposées les minorités, le manque de professionnalisme de la police, et enfin la situation préoccupante du nord du Kosovo (7).

Cette visite a rappelé que l’ONU demeurait un acteur incontournable (8). Or, le Kosovo reste toujours tenu à l’écart des Nations unies, même s’il est, à ce jour, reconnu par un peu plus de 90 Etats. Durant l’été, le gouvernement de Pristina avait annoncé la reconnaissance du pays par le Mali et le Nigeria, avant que ces deux pays n’opposent des démentis catégoriques. De toute manière, le blocage de la Russie et de la Chine empêche d’envisager une prochaine admission du Kosovo au sein de l’ONU — et, par conséquent, l’accès de Pristina à la plupart des organisations internationales demeure interdit, depuis le Conseil de l’Europe jusqu’aux fédérations sportives internationales (9)...

Alors que le mouvement Vetëvendosja (Autodétermination), qui constitue l’une des principales forces d’opposition, réclame l’arrêt de toute forme de tutelle internationale et s’est prononcé au Parlement contre la prorogation du mandat d’Eulex, les Kosovars savent bien que la fermeture de l’ICO ne va pas changer grand chose. « Les décisions importantes sont prises à l’ambassade des Etats-Unis. Les Européens ne sont consultés que pour la forme, et nos dirigeants politiques sont de simples exécutants », estime ainsi Agron, un sympathisant de Vetëvendosja.

(1) Lire «  Vives tensions au Kosovo  », La valise diplomatique, 29 juillet 2011.
(2) Il s’agit de Chypre, de l’Espagne, de la Grèce, de la Roumanie et de la Slovaquie.
(3) Lire «  La Bosnie-Herzégovine étouffe dans le carcan de Dayton  », Le Monde diplomatique, novembre 2008.
(4) Lire Matteo Tacconi, «  Bosnie-Herzégovine : quand l’Union européenne tire à vue sur le Haut représentant international  », Le Courrier des Balkans, 10 septembre 2012.
(5) Lire Augustin Palokaj, «  Kosovo : la “pleine indépendance”, ce n’est toujours pas pour maintenant  », Le Courrier des Balkans, 13 septembre 2012.
(6) Lire Serbeze Haxhiaj, «  Kosovo : la fin de «  l’indépendance supervisée  », l’échec d’ICO et l’avenir du Nord  », Le Courrier des Balkans, 7 juin 2012.
(7) Lire Belgzim Kamberi, «  ONU : en visite au Kosovo, Ban Ki Moon s’inquiète de la situation dans le nord  », Le Courrier des Balkans, 25 juillet 2012.
(8) Lire Elias Pinteri, «  Kosovo : se la schizofrenia è internazionale  », Osservatorio Balcani e Caucaso, 12 septembre 2012.
(9) Le Kosovo n’étant pas membre du Comité international olympique (CIO), il n’a pas été représenté aux Jeux de Londres.

13 septembre 2012

Nestlé et le business de l'eau en bouteille

Pour http://videos.arte.tv
11 Septembre 2012
(Suisse, Allemagne, 2012, 90mn)
ARTE / SSR


DL : DF , CK

Comment transformer de l'eau en or ? Une entreprise détient la recette : Nestlé, multinationale basée en Suisse, leader mondial de l'agroalimentaire, grâce notamment au commerce de l'eau en bouteille, dont elle possède plus de 70 marques partout dans le monde (Perrier, San Pellegrino, Vittel ou Poland Spring aux États-Unis). Pour le président du CA, Peter Brabeck, l'eau, fer de lance d'une stratégie planétaire, peut "garantir encore cent quarante ans de vie" à l'entreprise. Malgré le refus de collaborer opposé par la direction, Res Gehriger et Urs Schnell dévoilent les coulisses de ce marché qui brasse des milliards. Des États-Unis au Nigeria en passant par le Pakistan, ils explorent les circuits de l'eau en bouteille, mettant en lumière les méthodes parfois expéditives du plus puissant groupe agroalimentaire de la planète. Ils montrent qu'elles reposent sur une question cruciale, objet dans nombre de pays d'un vide juridique dont les avocats et lobbyistes de la firme savent tirer profit : à qui appartient l'eau ?

EN SAVOIR ++++

11 septembre 2012

Des Nouvelles de l'Iran

Pour http://ddc.arte.tv

DL : DF , CK , MF


République islamique, discours nationaliste, ressources pétrolières, seuil nucléaire, l’Iran est l’objet de discours passionnels. À l’opposé, les cartes offrent une vision plus rationnelle du pays et permettent de mieux comprendre son contexte politique, économique et stratégique. Le Dessous des Cartes propose donc d’explorer une nouvelle fois cet État complexe, situé au carrefour du Moyen-Orient et du monde indien.



Lectures

L’Iran chiite et les Arabes
François Zabbal, Abolala Soudavar, Michael Barry, Christian Jambet, Yann Richard, Sabrina Mervin et Pierre-Jean Luizard
QANTARA NUMÉRO 75 - Institut du Monde arabe
"Le dossier de ce numéro de Qantara, magazine trimestriel des cultures arabes et méditerranéennes, est né de la conviction que l’antagonisme qui dresse aujourd’hui l’un contre l’autre un Iran chiite et un monde arabe majoritairement sunnite ne s’explique vraiment qu’en se tournant vers le passé proche et lointain.
Certes, les luttes sanglantes qui opposent sunnites et chiites en Irak depuis 2006, et les rivalités qui sont apparues au grand jour au Liban entre ces deux communautés peuvent s’appréhender grâce à la science politique.
Mais le risque est grand de tenir pour immuables des expressions qui recouvrent en fait des réalités mouvantes, telles qu’être arabe ou iranien, ou encore chiite.
Il suffit de remonter le temps pour constater que les choses étaient quelque peu différentes. Ainsi le lecteur qui plongerait dans l’histoire des premiers siècles de l’Islam serait surpris d’apprendre que l’entourage des califes se composait souvent de fonctionnaires et de savants qui faisaient plus ou moins ouvertement profession de chiisme. Ou encore que la renaissance iranienne du Xe siècle se fait sous l’égide d’un pouvoir sunnite.
Les articles proposés ont permis de montrer que l’association étroite entre l’Iran et le chiisme est datable : elle remonte au XVe siècle et elle aboutit à une “chiitisation” de l’Iran avec la création d’institutions cléricales originales, et en contrepartie à une “iranisation” des chiites arabes, tout au moins dans la perception qu’en ont les Turcs ottomans et les Arabes sunnites.
Pour autant, le dossier est loin d’épuiser la question. En amont, la part de l’Iran dans la formation de l’Islam comme civilisation, culture et système de croyance est un sujet à peine effleuré : il est inépuisable. (…)
En fin de compte, c’est la vision ethnique de l’histoire et de la religion qui est en jeu. C’est elle qui s’est imposée et qui oriente aujourd’hui encore, et plus que jamais, la perception de l’Islam."
Extrait de l'éditorial.
Pour commander cet ancien numéro :
Le numéro 84, en kiosque actuellement, est consacré aux identités alimentaires et ses interdits depuis Moïse jusqu'à nos "fast-food" actuels .
Fin octobre 2012, le numéro 85 sera consacré à "La fin des Andalousies et au conflit des universalismes".

Qantara signifie en arabe "le pont", "l’arche", "la passerelle".
Ce magazine trimestriel à vocation culturelle se double d'un projet conçu par Yannis Koïkas et coordonné par les directeurs de l'Institut du monde arabe :
"Qantara, Patrimoine méditerranéen, Traversées d’Orient et d’Occident".
Rassemblant les directions des Antiquités et du Patrimoine de neuf pays partenaires (la France, l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie, le Liban, l’Egypte et la Syrie), le projet Qantara, Patrimoine méditerranéen, Traversées d’Orient et d’Occident a permis la réalisation d’une base de données consultable sur Internet et proposant une vision transversale du patrimoine culturel méditerranéen.
Le propos ne se limite cependant pas au patrimoine des pays partenaires mais concerne bien l’ensemble de la production artistique des pays du littoral méditerranéen. Des développements continus de la base sont menés à cette fin.
Deux cents historiens, chercheurs et conservateurs, spécialistes des arts de l’islam mais également du Moyen Âge européen, et plus particulièrement de régions stratégiques dans les échanges Nord-Sud comme l’Espagne, la France, la Sicile et l’Italie, la Grèce et les Balkans ont permis cette analyse transversale.
Un site Internet, un livre et une exposition multimédia itinérante, en quatre langues, offrent au grand public une ouverture sur cette histoire seconde, celle du patrimoine matériel et artistique, qui surclasse les antagonismes classiques entre mondes musulman et chrétien, et transcende les différences entre Orient et Occident.
Enfin Qantara, le pont a inspiré l'initiative du site : de.qantara.de/ en allemand, en anglais et en turc, qui a pour vocation de développer la compréhension et le rapprochement interculturel.

Agenda

Visa pour l'image 2012
Perpignan
Du 1er au 16 septembre 2012 (semaine scolaire : du 17 au 21 septembre)
Perpignan est depuis vingt-quatre ans le rendez-vous annuel des photojournalistes du monde entier, qui comme le rappelle le président de l’association Visa pour l’image-Perpignan, Jean-Paul Griolet : "sont les artisans de cette liberté d’expression qui seule peut nous aider dans notre recherche de vérité (…). Seule une presse diversifiée, plurielle et libre nous évitera de sombrer dans l’obscurantisme, l’extrémisme et toutes ses conséquences, en nous montrant le travail des photojournalistes."
Jean-François Leroy, fondateur et directeur de Visa pour l’image,  rappelle que le travail des photojournalistes, au prix quelquefois de vies dramatiquement perdues (Rémi Ochlik, Marie Colvin, Gilles Jacquier), permet de découvrir "des sujets incroyables, des témoignages extraordinaires, des histoires poignantes (…), le monde tel qu’il est."
En contrepoint et non sans humour, Jean-François Leroy cite ce "tweet" : «Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis. Le réveil va être difficile ! » (retrouvé sur :
http://twitter.com/Tiersmonde/status/192910281406545920 )
Expositions, projections, rencontres et forums, décryptages des métiers, nouvelles technologies et remises de prix (dont celui de l'Association nationale des iconographes : www.ani-asso.fr/) rempliront généreusement le temps de cette nouvelle édition.
Les élèves et leurs enseignants, accueillis durant tout le festival, bénéficient d’une semaine spéciale, du 17 au 21 septembre, durant laquelle les expositions restent ouvertes et commentées par des professionnels.
La participation des établissements scolaires confirme l’ambition du festival Visa pour l’image de constituer un espace pédagogique privilégié, qui enseigne comment déchiffrer les médias.
Ambition soutenue par le Centre de liaison de l’éducation et des médias d’information (www.clemi.org) organisme du ministère de l’Éducation nationale.
L'ensemble du programme et des manifestations sur le site : www.visapourlimage.com/

10 septembre 2012

Colères d’Arabie : le logiciel espion

Par
6 Septembre 2012
pour http://owni.fr

english version


Cruel paradoxe de ce printemps arabe : les défenseurs des droits de l'homme bahreïnis utilisent les réseaux sociaux occidentaux pour manifester ; leurs tortionnaires, des systèmes de surveillance occidentaux pour les espionner. 




Au printemps dernier, un Bahreïni exilé à Londres, une économiste britannique résidant à Bahreïn et le propriétaire d’une station service en Alabama, naturalisé Américain, recevaient un e-mail émanant apparemment d’une journaliste d’Al-Jazeera.

Il y était question d’un rapport rédigé par Zainab Al-Khawaja, sur les tortures infligées à Nabeel Rajab, deux des défenseurs des droits de l’homme incarcérés (et probablement torturés) à Bahreïn, suivi de cette précision :

Merci de vérifier le rapport détaillé en pièces jointe, avec des images de torture.

Quelques jours plus tard, ils recevaient d’autres emails évoquant l’arrestation d’opposants bahreïnis, ou encore l’agenda du roi de Bahreïn, et systématiquement accompagnés de fichiers compressés en pièce jointe, laissant penser qu’il pourrait s’agir de virus informatiques.


Ces e-mails, transmis au journaliste de Bloomberg Vernon Silver (qui a particulièrement suivi l’utilisation de technologies de surveillance occidentales par les dictatures arabes), ont ensuite été analysés par deux chercheurs associés au Citizen Lab, un laboratoire de recherche canadien qui étudie notamment les technologies de surveillance politique.

Morgan Marquis-Boire, un ingénieur en sécurité informatique travaillant chez Google, est un spécialiste (.pdf) des logiciels espions utilisés par les barbouzes libyens et syriens pour pirater les ordinateurs des cyber-dissidents. Bill Marczak, un doctorat en informatique de Berkeley, fait quant à lui partie de Bahrain Watch, qui veut promouvoir la transparence au Bahreïn, et dont le site tient la comptabilité des manifestants et civils tués par les autorités, des armes (chevrotine, grenades et gaz lacrymogènes) achetées à des entreprises occidentales, et des entreprises de relations publiques anglo-saxonnes financées par le régime.

En analysant les e-mails envoyés aux défenseurs des droits de l’homme bahreïnis, les deux chercheurs ont découvert un logiciel espion particulièrement perfectionné, utilisant une “myriade de techniques destinées à échapper à toute forme de détection“, notamment par les antivirus, dont le code n’en mentionnait pas moins, et plusieurs fois, le mot FinSpy, la société Gamma International, et le nom de plusieurs de ses responsables.

FinSpy, à en croire cette proposition de contrat trouvée en mars 2011 dans l’un des bâtiments de la sécurité égyptienne après la chute du régime Moubharak, est vendu près de 300 000 euros. C’est l’un des produits phares de la gamme d’outils de “lutte informatique offensive” commercialisés par FinFisher, filiale de la société britannique Gamma, spécialisée dans les systèmes de surveillance et d’interception des télécommunications. Owni avait déjà eu l’occasion de présenter sa gamme de produits, et même de réaliser un montage vidéo à partir des clips promotionnels expliquant le fonctionnement de ses logiciels.






A l’occasion de l’opération SpyFiles, WikiLeaks et Privacy International avaient révélé que FinFisher faisait partie des cinq marchands d’armes de surveillance numérique spécialisés dans les chevaux de Troie. Derrière ce nom, des logiciels espions créés pour prendre le contrôle des ordinateurs qu’ils infectent afin d’activer micro et caméra, d’enregistrer toutes les touches tapées sur le clavier (et donc les mots de passe) ou encore les conversations sur Skype, par messagerie instantanée, par e-mail etc. avant de renvoyer, de façon furtive et chiffrée, les données interceptées via des serveurs situés dans plusieurs pays étranger.

Un autre chercheur en sécurité informatique a ainsi réussi à identifier des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en république tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubai, deux des pays placés “sous surveillance” dans le classement des Ennemis d’Internet émis par Reporters sans frontières.
Dans une seconde note, publiée fin août, CitizenLab révèle avoir identifié d’autres serveurs dans 2 des 12 pays considérés comme des “Ennemis d’Internet” par RSF : l’un au Bahreïn, l’autre contrôlé par le ministère des télécommunications du Turkménistan, considéré comme l’un des régimes les plus répressifs au monde.

Les deux chercheurs détaillent par ailleurs le fonctionnement de FinSpy Mobile, qui permet d’infecter les iPhone et autres téléphones portables Android, Symbian, Windows et Blackberry, afin de pouvoir espionner les SMS, emails et télécommunications, exfiltrer les contacts et autres données, géolocaliser le mobile, et même d’activer, à distance, le téléphone à la manière d’un micro espion, sans que l’utilisateur ne s’aperçoive de la manipulation.

A Bloomberg, qui l’interrogeait, Martin J. Muench, 31 ans, le concepteur de FinFisher, a nié avoir vendu son cheval de Troie à Bahreïn, tout en reconnaissant qu’il pourrait s’agir d’une version de démonstration de son logiciel espion qui aurait été volée à Gamma.
Au New York Times, où il démentait toute espèce d’implication, expliquant, tout comme l’avait fait Amesys, que ses produits ne servaient qu’à combattre les criminels, à commencer par les pédophiles :
Les utilisations les plus fréquentes visent les pédophiles, les terroristes, le crime organisé, le kidnapping et le trafic d’être humain.
Dans une déclaration publiée moins d’une heure après la publication de la deuxième note de Citizen Lab, Martin J. Muench envoyait un communiqué mentionné par le New York Times pour expliquer que l’un des serveurs de Gamma aurait été piraté, et que des versions de démonstrations de FinSpy auraient bien été dérobées. Dans la foulée, plusieurs des serveurs utilisés par FinFisher pour permettre aux données siphonnées de remonter jusqu’à leurs donneurs d’ordre ont disparu des réseaux.

Comme notre enquête sur Amesys, le marchand d’armes français qui avait créé un système de surveillance généralisé d’Internet à la demande de Kadhafi (voir Au pays de Candy) l’avait démontré, les logiciels espions et systèmes d’interception et de surveillance des télécommunications ne font pas partie des armes dont l’exportation est juridiquement encadrée (voir Le droit français tordu pour Kadhafi). Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains.

François Hollande recevant le roi Hamed ben Issa al-Khalifa de Bahreïn
François Hollande recevant le roi Hamed ben Issa al-Khalifa de Bahreïn


Interrogé lors d’un point presse ce 4 septembre, le porte-parole de l’ambassade de France à Bahreïn a expliqué avoir “appris avec déception les décisions de la Cour d’appel du Bahreïn qui confirment les lourdes peines infligées à ces opposants” :
Le cas de Monsieur Khawaja nous préoccupe tout spécialement. Nous espérons vivement qu’un réexamen de ces condamnations aura lieu lors d’un éventuel pourvoi en cassation.
Nous restons préoccupés par la persistance des tensions dans le royaume de Bahreïn et rappelons notre profond attachement aux principes de liberté d’expression et de droit à manifester pacifiquement.
Le 23 juillet dernier, François Hollande recevait très discrètement le roi du Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à Paris. Etrangement, cette visite officielle ne figurait pas sur l’agenda du président, et n’a été connue que parce qu’une journaliste de l’AFP a tweeté, interloquée, leur poignée de main sur le perron de l’Elysée. Officiellement, côté français, il a été question de la situation en Syrie, et de la menace nucléaire en Iran. Jean-Paul Burdy, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, relève cela dit que l’agence de presse de Bahreïn avance que de nombreux autres sujets ont été abordés, y compris la coopération entre les deux pays en matière de lutte contre “toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme“, ainsi que de “l’importance de la promotion de la démocratie et des droits humains“.
Au lendemain de cette visite, la presse bahreïnie salue en “une” l’accord de coopération signé entre la France et le Bahreïn, et visant à mettre en place, souligne Le Monde, des réformes dans les secteurs de la presse et de la justice, ce qui fait bondir l’opposition :
La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry, un vieil opposant de gauche. Comment peut-elle prétendre réformer la justice bahreïnie alors que 21 des dirigeants de l’opposition croupissent en prison, au terme de procès bidons ? C’est décevant de la part d’un socialiste comme Hollande.

L’agenda de l’Élysée, dépiauté par Rue89, révèle qu’”au moins six autres représentants de pays autoritaires ou franchement dictatoriaux ont été reçus par François Hollande depuis son élection“, alors même que François Hollande avait pourtant promis de “ne pas inviter de dictateurs à Paris“. Cinq d’entre eux sont soupçonnés d’avoir voulu acheter le système Eagle de surveillance généralisé de l’Internet conçu par la société française Amesys à la demande de Kadhafi, et dont le nom de code, en interne, était Candy, comme bonbon, en anglais.

À la manière d’un mauvais polar, les autres contrats négociés par Amesys portent en effet tous un nom de code inspiré de célèbres marques de friandises, bonbons, chocolats, crèmes glacées ou sodas : “Finger” pour le Qatar (sa capitale s’appelle… Doha), “Pop Corn” pour le Maroc, “Kinder” en Arabie Saoudite, “Oasis” à Dubai, “Crocodile” au Gabon, et “Miko” au Kazakhstan, dont le dictateur-président est le seul à ne pas avoir encore été reçu par François Hollande, quand bien même il utiliserait par contre le système FinSpy de FinFisher.

Depuis le classement sans suite de la plainte déposée à l’encontre d’Amesys, à la veille de la présidentielle, le nouveau gouvernement ne s’est jamais prononcé sur cette affaire, par plus que sur l’implication de Claude Guéant, Brice Hortefeux et des services secrets français, non plus que sur une éventuelle interdiction, à l’exportation, de la commercialisation des armes de surveillance numérique.



Pour se prémunir de ce genre de chevaux de Troie, Citizen Lab rappelle tout d’abord que ces logiciels espions ne peuvent être installés que si le pirate a un accès physique à la machine (ordinateur ou téléphone portable), ou si la victime accepte d’ouvrir une pièce jointe ou une application que les espions prennent cela dit généralement soin de maquiller de sorte qu’elle émane d’une personne ou institution de confiance. Les chercheurs recommandent également de régulièrement mettre à jour systèmes d’exploitation et logiciels -à commencer par l’anti-virus, les suites Office, Acrobat, Java, Flash, en vérifiant que les mises à jour proviennent de sources légitimes et de confiance-, mais également d’installer des fonds d’écran protégés par mot de passe (pour éviter à un intrus de profiter d’une pause pipi pour pirater votre système), et enfin d’utiliser si possible des mots de passe forts, et des logiciels de chiffrement. Voir aussi, à ce titre, notre petit manuel de contre-espionnage informatique.

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