30 août 2009

Santé et environnement en Afrique : Areva et ONG complices ?

Areva, l’association Sherpa, regroupement de juristes souhaitant « responsabiliser les acteurs économiques en vue de prévenir et réparer les dommages sociaux et environnementaux induits par leur activité » (1) et Médecins du Monde ont annoncé qu’ils s’étaient associés pour la mise en place d’un observatoire de santé autour des sites miniers de l’entreprise au Niger et au Gabon (2). Cette association fait un peu désordre. Alors que les ONG ne cessent de critiquer la multinationale pour sa gestion douteuse des problèmes environnementaux et sanitaires liés à l’extraction du minerai radioactif (2), Areva se rapproche d’elles afin d’établir cet observatoire. Cette décision est le premier aboutissement notable d’une collaboration entamée dès 2007 (3).

Voeux louables ?
Areva déclarait qu’« en instituant un système de veille sanitaire à l’échelle mondiale et en s’appuyant sur un dispositif de réparation d’éventuels préjudices subis par les collaborateurs étrangers et français sur les sites miniers d’AREVA, cet accord marque une étape importante dans le nécessaire dialogue entre un opérateur minier responsable et la société civile. » (2) L’observatoire est constitué à parité de membres des ONG et d’Areva, incluant scientifiques, médecins, etc. Ce n’est peut-être qu’un début, mais comme on le sait, en France, où nous disposons d’un système de veille puissant (InVS), il est quasiment inutile s’il n’y a pas derrière des instances de régulations et de choix politiques. Or, comme le rappel Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger (4), cet accord semble bien maigre et peu opérationnel compte tenu de l’impact des exploitations minières d’uranium, non seulement sur la santé des « collaborateurs étrangers et français », mais aussi sur la qualité des ressources des régions environnantes telles que, l’eau qui devrait être un point central puisqu’il touche les populations voisines. Or, cet accord permettrait d’indemniser seulement les travailleurs, s’ils en ont fait la demande et s’ils peuvent établir un lien de cause à effet entre maladies et cette activité (2)(4). Ainsi, mettre en place un système de veille de l’évolution de l’état de santé, indemniser et « faire des propositions pour l’amélioration de l’hygiène et de la sécurité sanitaires des sites miniers » semblent sans doute insuffisant aux vues des enjeux environnementaux et sociaux qui semblent eux bien plus larges que ce périmètre.

Juges et partis ?
L’association ONG / Industriel au sein d’un observatoire peut paraître plutôt séduisant sur le papier, mais l’expérience de l’amiante en France tend à montrer que des commissions à la fois juges et partis (5) - vrais pour l’industriel et les ONG - pouvaient être stériles, conduisant généralement à des non-décisions ainsi qu’à des connivences. D’autant qu’il se pose la question du financement même de cet observatoire, supposons à majorité Areva, le problème d’indépendance de cette organisation est clairement posé !


Une fructueuse opération ?
Supportant une image désastreuse, elle n’hésite pas à redorer son blason à coup de publicités hygiéniques, s’appropriant une image durable peu compatible avec la nature même de son coeur de métier. Surtout, si l’on considère cette activité d’extraction, probablement plus dangereuse que l’exploitation d’une centrale, moins encadrée et localisée dans des pays moins restrictifs. A quelques pas du creusement d’une mine à Imouraren au Niger, d’après le collectif ce modeste observatoire pourrait aider Areva à obtenir des financements de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Son prix est réduit comparé à l’aide potentiellement consentie (4). Areva ferait alors une excellente opération.

Le plus surprenant est finalement l’accord avec deux associations qui condamnent la firme depuis plusieurs années. Certes, cet observatoire est un premier pas. Toutefois, il est semble très timide, et oublie assez volontairement la question socio-environnementale, ce qui risque d’en voiler un volet très important (nécessaire ?). La CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) pointe d’ailleurs l’ambiguïté : « Si Areva ne propose pas certaines garanties (inclusion de toutes les personnes concernées, prise en compte de toutes les pathologies incriminées, dispositifs d’indemnisation adaptés…) et ne prend pas en parallèle des dispositions pour réduire l’impact sanitaire et environnemental de ses activités, la mise en place de ces observatoires ne constituera pas un progrès réel » (6). William Bourdon de SHERPA s’en défend, l’environnement n’est pas son créneau principal : « Aux ONG environnementales de continuer leur travail d’alerte » dit-il (6). Selon lui, il faut bien répondre « aux besoins des victimes en apportant une solution concrète et pragmatique ». Si le lien entre environnement et pathologies semble pourtant établi, il semblerait que ces deux domaines pourtant imbriqués ne le soient pas encore au Niger. Avec un tel observatoire, les associations, bien qu’indépendantes et collaborant activement, auront sans doute un pouvoir restreint au sein de cet observatoire. Areva, financeur et dernier rempart aux indemnisations des victimes de son activité minière, prendra les décisions d’actions.

sources :
(1) Sherpa
(2) Sherpa
(3) Sherpa
(4) Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger
(5) Wapedia
(6) Novethic

(7) Médecins du Monde (2007)
Dessin : Nucléaire Non Merci

mardi 7 juillet 2009 ; Frantisek Kupka

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Le Vietnam, la Chine et la bauxite

La bauxite ? Les Vietnamiens semblent faire une fixation. Le sujet a été abordé à plusieurs reprises lors de la session de juin de l’Assemblée nationale. « Stop à la bauxite ! », « Faites reverdir la forêt sur nos Hauts Plateaux ! », a-t-on pu lire sur des pancartes, le 16 juin à Hanoï, lors d’une manifestation de catholiques dont l’objet était pourtant la récupération d’un terrain paroissial. Le général Vo Nguyen Giap, héros de la guerre du Vietnam et de la guerre d’Indochine, a pris la plume à deux reprises pour exprimer ses réserves aux autorités, des messages dont le premier ministre Nguyên Tân Dung a accusé réception quand il a rendu visite au vieux général – il vient de fêter son 98e anniversaire –, lors de la célébration, le 7 mai, du 35e anniversaire de la victoire de Diên Biên Phu.

De quoi s’agit-il ? Le Vietnam dispose des troisièmes réserves mondiales de bauxite, le minerai à partir duquel se fabrique l’aluminium. Connus depuis des décennies, les gisements sont d’excellente qualité. Ils se trouvent sur les Haux Plateaux, dans les provinces de Dak Nong et de Lam Dong, un peu au sud de la ville de Ban Me Thuôt. Mais, ressorti des tiroirs au début des années 1980, le projet de les exploiter a été chaque fois reporté. D’un côté, l’investissement global est évalué, raffinage compris, à la somme fabuleuse de quinze milliards de dollars sur quinze ans, avec une rentabilité tributaire de l’évolution du prix sur le marché international. De l’autre, l’exploitation de la bauxite est un casse-tête écologique, parce que les mines sont à ciel ouvert et que le traitement du minerai produit, en grandes quantités, des « boues rouges » très toxiques qu’il faut emmagasiner afin de protéger sols et cours d’eau.

Après avoir longuement hésité, les autorités vietnamiennes ont toutefois franchi le pas en 2007, en signant un accord de coopération avec la Chine concernant deux sites, ceux de Nhan Co et de Tan Rai. La participation des Chinois à l’exploitation des gisements a donné une nouvelle dimension au débat. Les experts, y compris au sein de l’administration, ont exprimé leurs préoccupations : Pékin a fermé ses propres mines en raison de dommages causés à l’environnement. Les garanties offertes sont donc douteuses. Surtout, les pressions chinoise sur le Vietnam demeurent très fortes depuis la guerre brève mais sanglante qui a opposé les deux pays, en 1979, sur leur frontière commune.

Pékin et Hanoï, des relations agitées Retour à la table des matières

Une dizaine d’années plus tard, Pékin et Hanoï ont normalisé leurs relations. Aujourd’hui, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Vietnam. Hanoï a deux bonnes raisons de souhaiter un renforcement des investissements chinois : réduire un fort déficit commercial bilatéral et une baisse très sensible – 40% pendant le premier trimestre de cette année – des investissements directs étrangers liée aux effets de la crise économique mondiale. En visite en avril en Chine, M. Nguyên Tân Dung a estimé, après avoir rencontré son homologue, M. Wen Jiabao, que l’objectif était de porter de 20 milliards en 2008 à 25 milliards de dollars en 2010 le commerce bilatéral tout en réduisant le déficit vietnamien.

La montée en puissance de la Chine, ces deux dernières décennies, l’amène de plus en plus à considérer l’Asie du Sud-Est comme son pré carré. Le Vietnam, auquel Pékin n’a jamais pardonné son intervention militaire au Cambodge (1978-1989), est le premier concerné. Considérablement renforcée, la marine de guerre chinoise est de plus en plus présente en Mer de Chine du Sud – la Mer de l’Est, disent les Vietnamiens – dont Pékin et Hanoï se disputent les deux archipels, les Paracels et les Spratleys (lire « La Chine affirme ses ambitions navales », par Olivier Zajec, Le Monde diplomatique, septembre 2008). Des patrouilleurs de mer chinois confisquent les prises de pêcheurs vietnamiens dans les zones que Pékin considèrent sous souveraineté chinoise, soit 80% des eaux de cette mer méridionale. Des manifestations anti-chinoises ont déjà eu lieu au Vietnam, ces dernières années, notamment à propos de la délimitation de la frontière terrestre entre les deux voisins.

Une participation chinoise à l’exploitation d’un minerai au centre du Vietnam intervient donc dans un contexte délicat. Le gouvernement a dû se défendre, devant l’Assemblée nationale, d’avoir cédé à des pressions chinoises, d’avoir négligé les effets sur l’environnement, d’avoir même conçu, pour éviter un vote des députés, des contrats passés avec une filiale de la compagnie publique Chinalco. Le ministère du commerce et de l’industrie a organisé en mai un séminaire à Hanoï pour s’expliquer et tenter de calmer les appréhensions d’une cinquantaine de spécialistes de l’administration et du secteur privé.

Les deux sites devraient produire 1,2 million de tonnes d’aluminium par an. La construction, à Nhan Co, d’une raffinerie, d’un coût de 735 millions de dollars, devrait fournir deux mille emplois. Toutefois, la rentabilité de l’ensemble de l’opération est sujette à caution. Un fléchissement du cours de l’aluminium, lequel a chuté depuis 2007, pourrait faire basculer le projet dans le rouge. Si les besoins du Vietnam en aluminium augmentent, ses importations actuelles s’élèvent à quelque cent mille tonnes seulement. Des experts mettent en garde contre le risque d’un gouffre financier.

« De graves dommages à l’environnement » Retour à la table des matières

L’ouverture de la première mine, à Tan Rai, suscite déjà les inquiétudes. Dans une région plutôt sèche, les planteurs utilisent l’eau d’un lac pour irriguer théiers et caféiers. Ce lac pourrait être transformé en réservoir de « boues rouges », qui contiennent 70% d’hydroxyde de sodium. Les risques de contamination des sols sont importants. Dans une lettre divulguée lors du séminaire officiel réuni en mai à Hanoï, le général Giap a rappelé que, voilà un quart de siècle, des experts soviétiques avaient conseillé de renoncer au projet d’exploitation en raison du « risque de sérieux dommages écologiques ». Dans une lettre pastorale, le cardinal archevêque de Saigon a estimé, le 28 mai, que le projet provoquerait de graves dommages à l’environnement et représentait une menace pour la sécurité des populations. L’entreprise d’Etat Vinacomin a néanmoins été autorisée, voilà deux ans, à former une société mixte avec les Chinois pour exploiter les gisements. L’exploitation de Tan Rai a commencé et des Chinois y participent.

Cet aspect du projet est celui qui prête le plus à controverse. Un demi-millier de Chinois se trouvent déjà sur place, a déclaré, fin mai, un vice-président du Comité populaire de la province de Lam Dong. Certains sont de simples ouvriers dotés seulement de visas touriste. L’embauche d’ouvriers étrangers non qualifiés est interdite au Vietnam. L’un des gérants de Vinacomin a déclaré, le 12 mai, que des sous-traitants chinois avaient reçu des amendes « pour avoir fait venir au Vietnam des ouvriers et les avoir engagés sans permis de travail ». « En termes d’intérêts nationaux et de développement durable et à long terme, l’exploitation de la bauxite aura des conséquences critiques sur les plans écologique, social et sécuritaire », a résumé le général Giap dans sa lettre.

C’est là que le bât blesse. Sur la défensive, le gouvernement s’est engagé à prendre toutes les précautions nécessaires, y compris le recours aux technologies les plus performantes d’exploitation, pour prévenir tout dérapage. Mais rien n’indique qu’il envisage de renoncer au projet. Le débat n’est pas près de s’éteindre...

Jean-Claude Pomonti est journaliste.

vendredi 3 juillet 2009, par Jean-Claude Pomonti

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Le rapport d’Amnesty International sur la guerre de Gaza

Le 2 juillet, Amnesty International a publié un long rapport sur la guerre menée par Israël contre Gaza, Israel/Gaza : Operation “Cast Lead” : 22 days of death and destruction. Un communiqué de la section France de l’organisation, « L’impunité pour les crimes de guerre commis à Gaza et dans le sud d’Israël annonce de nouvelles souffrances pour les civils », résume les principales conclusions du texte.

Pour l’essentiel, ce texte concerne Israël, mais il mentionne aussi le Hamas, qu’il accuse de crimes de guerre pour avoir tiré des roquettes délibérément sur des populations civiles. Je ne reviendrai pas sur cet aspect qui revient à chaque conflit (les deux parties ont commis des crimes, mais y-a-t-il vraiment une équivalence entre un Etat et une organisation armée ?), que ce soit celui du Liban de 2006 ou celui de Gaza. Je les avais abordés dans d’autres envois plus anciens, « Les lois de la guerre » (27 octobre 2008) et « Crimes de guerre (suite) » (13 septembre 2006).

En revanche, le rapport d’Amnesty International permet de répondre à nombre de contre-vérités proférées durant la guerre de Gaza, notamment « les mensonges de Bernard-Henri Lévy ».

D’abord, le nombre de victimes. Les enquêteurs d’Amnesty confirment le chiffre de 1400 morts, dont 300 enfants et plus d’une centaine de femmes. Les chiffres donnés par l’armée israélienne (1200 morts, en grande majorité des gens armés) ne reposent sur aucune donnée : elle a refusé de donner les noms des guérilleros qu’elle prétend avoir identifié.

Les enquêteurs d’Amnesty affirment que toutes les morts civiles palestiniennes ne résultent pas d’une politique délibérée. Certains ont été tués dans des opérations militaires légitimes (à aucun moment le rapport ne parle d’un élément important, la légalité de l’attaque israélienne elle-même du point de vue du droit international ; sur cet aspect, lire Richard Falk, « Nécessaire inculpation des responsables de l’agression contre Gaza », Le Monde diplomatique, mars 2009.)

« Toutefois, poursuit le rapport, la mort de plusieurs centaines de civils palestiniens non impliqués dans le conflit, y compris 300 enfants, ne peut être réduite à des “dommages collatéraux” (...) ou à des erreurs. Ils ne peuvent pas être attribués non plus à des réactions de panique de soldats isolés opérant sous le feu. »

« Les attaques qui ont provoqué le plus de morts et de blessés ont été menées par des armes de longue portée à haute précision tirées d’avions, d’hélicoptères et de drones ou bien par des chars stationnés à plusieurs kilomètres de l’objectif, souvent contre des objectifs sélectionnés (ce qui signifie que les tirs avaient fait l’objet d’une autorisation de la chaîne de commandement). Ces victimes n’ont donc pas été faites dans des tirs croisés et des batailles entre des militants palestiniens et les forces israéliennes. »

A plusieurs reprises, les responsables israéliens ont montré le peu d’intérêt qu’ils avaient pour les pertes palestiniennes. A une question posée par un journaliste affirmant que les pertes palestiniennes à Gaza étaient cent fois supérieures aux pertes israéliennes, le ministre de l’intérieur Meir Sheerit répondait : « C’est le sens de l’opération. » De plus, les autorités israéliennes ont considéré toute institution plus ou moins liée au Hamas comme un objectif légitime, y compris le parlement, divers ministères, des médias, etc., « qui n’étaient pas impliqués dans les hostilités », ce qui « sape les principes du droit international humanitaire qui fait la distinction entre civils et combattants ».

La population palestinienne a-t-elle été prise en otage par le Hamas ? Non, répond le rapport d’Amnesty, et le communiqué en français de l’organisation précise :

« Après avoir enquêté sur plusieurs attaques, Amnesty International a conclu que les victimes n’avaient pas été prises entre deux feux durant les affrontements entre militants palestiniens et troupes israéliennes, pas plus qu’elles n’avaient servi de boucliers humains à des militants ou à des objectifs militaires. Beaucoup ont péri dans le bombardement de leur maison, pendant leur sommeil. D’autres étaient assises dans leur cour ou étendaient du linge sur leur terrasse. Les enfants ont été touchés alors qu’ils jouaient dans leur chambre, sur le toit ou près de chez eux. Les secouristes et les ambulanciers ont été agressés à plusieurs reprises alors qu’ils s’efforçaient de porter secours aux blessés ou de récupérer les corps des victimes. »

Cette idée que les Palestiniens ont été pris en otage est un des lieux communs répétés par les médias dès qu’ils parlent des événements de Gaza ; elle fait partie des mensonges dont nous a abreuvés Bernard-Henri Lévy.

Le rapport précise aussi que les forces israéliennes ont, à plusieurs reprises, ciblés des ambulances et des équipes médicales ; que des civils qui auraient pu être sauvés sont morts parce que les Israéliens ont refusé le passage des ambulances, que, à plusieurs reprises, les troupes israéliennes ont contraint des civils à leur servir de boucliers humains.

Enfin, l’argument avancé selon lequel l’armée israélienne aurait prévenu les populations concernées de bombardements et les aurait appelées à fuir est considéré comme nul et non avenu, dans la mesure où les habitants ne pouvaient fuir nulle part, toutes les issues de Gaza étant fermées.

Le rapport demande l’arrêt du transfert d’armes vers Israël, le Hamas et tous les groupes armés. Il est intéressant de noter que, contrairement aux gouvernements occidentaux dont la seule préoccupation est de stopper le transfert d’armes au mouvement Hamas, Amnesty appelle aussi à viser Israël. Sur les transferts d’armes, on notera le livre publié par le Groupe de recherche et d’information sur la sécurité (GRIP), « Qui arme Israël et le Hamas ? La Paix pass(é)e par les armes ? » (Patrice Bouveret, Pascal Fenaux, Caroline Pailhe, Cédric Poitevin).

Le rapport d’Amnesty poursuit en affirmant que le gouvernement israélien a refusé de mener la moindre enquête sérieuse sur les violations du droit international (ce qui, souligne l’organisation, justifie la mise en œuvre du principe de la compétence universelle pour juger des responsables israéliens devant des tribunaux étrangers).

Cette perspective inquiète les responsables israéliens. On savait que, au lendemain du conflit à Gaza, le gouvernement s’était engagé à donner aide et appui à tout responsable qui serait poursuivi à l’étranger pour crimes de guerre (lire, par exemple, Yaakov Katz, « Security and Defense : Preparing for ’the day after’ », The Jerusalem Post, 15 janvier 2009).

Mais la multiplication des rapports accablants pour l’armée israélienne suscite de nouvelles inquiétudes. Dans un article du Jerusalem Post du 3 juillet 2009, « Israel worries over intense ’legal war’ », Amir Mizroch note que, en quelques jours, ont été publiés le rapport d’Amnesty International, celui de Human Rights Watch (« Israël : Le mauvais usage de drones a causé la mort de civils à Gaza », 30 juin), celui de la Croix-Rouge internationale (« Gaza : 1.5 million people trapped in despair », 29 juin), sans parler de l’ouverture des auditions de la commission internationale des Nations unies présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone. Un des dilemmes que souligne cet article est qu’il faudrait, pour éviter d’être attaqué devant des tribunaux étrangers, que l’armée israélienne mène des enquêtes sur toutes les plaintes déposées. Or, tout prouve que l’armée enterre ces plaintes et ne mène, comme le souligne le rapport d’Amnesty, aucune enquête sérieuse.
Où sont RSF et Bernard-Henri Lévy ? Retour à la table des matières

Il y a un an, un journaliste palestinien de Gaza, Mohammed Omer, partait pour le Royaume-Uni où il devait recevoir un prix. A la frontière, il fut déshabillé, battu, torturé. Nous avions publié alors un témoignage d’un de ses collègues, Dahr Jamail, sur cette affaire, « “Pressions physiques modérées” en Palestine ». Un an plus tard, Omer lui-même revient sur ce drame et sur l’impossibilité d’obtenir réparation, dans un texte qu’a traduit le site Info-Palestine, « Un journaliste humilié et battu - Un an après », 30 juin 2009. Il écrit notamment :

« Le correspondant de Jerusalem du Los Angeles Times, Ashraf Khalil, a conduit une enquête concernant mon cas et notait dans son article du 3 novembre 2008, que mes dossiers médicaux décrivent : “Mollesse dans la partie antérieur du cou et dans le haut du dos, notamment le long des côtes droites, douleur modérée à sévère”, et “pour raison de douleurs, l’examen du scrotum réalisé a révélé une varicocèle (dilatation variqueuse des veines du cordon spermatique) sur le côté gauche et une opération a été décidée plus tard”. De la fièvre et une chute n’occasionnent pas des marques si distinctives. Des coups de pieds, de poings et autres raclées le font. Poursuivant, Khalil explique que “Mahmoud Tarary, personnel soignant est arrivé dans une ambulance de la Société du Croissant Rouge Palestinien et dit avoir trouvé Omer dans un état semi-conscient, avec des meurtrissures sur son cou et sa poitrine. Tararya dit que les officiers de la sécurité israéliens étaient en train de demander à Omer de signer “une sorte de formulaire écrit en hébreu”. L’employé paramédical dit qu’il est intervenu, a séparé Omer des soldats et l’a chargé dans l’ambulance, où il est resté dans un état semi-conscient lors de la majeure partie du voyage jusqu’à l’hôpital.” »

« Khalil note dans son article que Richard Falk, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme, a écrit à Verhagen, ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas, et a déclaré : “J’ai examiné la crédibilité de M. Omer et sa narration de la suite des évènements, et je les trouve parfaitement crédibles et corrects.” »

« Se relever mentalement et physiquement de torture et interrogatoire est loin d’être simple. Ceci ne devrait arriver à personne. Mon objectif concernant mon dossier est d’attirer l’attention sur les droits humains universels, les droits de la liberté d’expression et la liberté de mouvement. Il y a des endroits dans ce monde où ces libertés n’existent pas. Israël clame ne pas être un de ces endroits, mais aussi bien le gouvernement et la complicité de journalistes prenant individuellement part à dissimuler ce qu’ils m’ont fait, me prouvent le contraire. Ironiquement, le jour où le Shin Bet a choisi de me détenir, m’interroger et me torturer - le 26 juin - était la date choisie par les groupes de défense des droits de l’homme comme Journée Internationale contre la Torture. »

dimanche 5 juillet 2009, par Alain Gresh

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29 août 2009

Karachi, c’est loin d’être fini

N’en déplaise au président de la république (vidéo 1), l’affaire de l’attentat de Karachi survenu en 2002 est devenue en quelques jours une affaire d’Etat. Contrats d’armements mirifiques, intermédiaires douteux, commissions, rétrocommissions, campagnes électorales et assassinat de onze ingénieurs français. Tous les éléments sont réunis pour un scandale hors normes. Un karachigate.

Il semblerait désormais établi que Jacques Chirac, à peine arrivé l’Elysée en mai 1995, ait demandé que soit mis un terme au versement d’une partie des commissions négociées un an plus tôt par le gouvernement d’Edouard Balladur, à l’occasion de la vente de trois sous-marins par la Direction des constructions navales (DCN) au Pakistan. “Peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m’a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d’armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions. C’est ce qui a été effectué : chacun d’entre eux a fait l’objet d’une expertise particulière“, a affirmé M. Millon à Paris-Match le 24 juin.

Pas pour des raisons d’éthique mais parce que le nouveau président aurait été persuadé qu’une partie des rétro-commissions aurait servi au financement de la campagne de son rival malheureux (vidéo 3), Edouard Balladur, dont le directeur de campagne était alors Nicolas Sarkozy. Un Nicolas sarkozy également ministre du Budget et donc à ce titre amené à autoriser ou refuser les commissions déclarées auprès de l’administration des douanes pour y être défiscalisées.

Invité ce dimanche du Grand Jury LCi-RTL, Edouard Balladur, un brin agacé a réfuté la thèse du financement politique alors que les comptes de sa campagne “ont été établis, déposés, contrôlés et validés par l’organe compétent à cet effet“. Selon l’ancien premier ministre , il ne s’agirait que de simples allégations étayées par aucun fait : “Il ne suffit pas que quelqu’un aille devant un juge pour dire quelque chose pour que cela soit tenu pour vérité d’évangile”, a-t-il ajouté. “Ça dépend d’abord de l’honorabilité de celui qui dit quelque chose et des preuves qu’il apporte“.

Ce serait donc l’arrêt du versement de ces commissions, dont certaines auraient été destinées à des officiels pakistanais, qui pourrait être le mobile de l’attentat de Karachi. Une thèse suffisamment sérieuse pour être évoquée par les deux juges antiterroristes en charge de l’enquête devant les familles de victimes.

Et voilà comment on glisse d’un odieux attentat islamiste à la mise à jour d’un système de corruption institutionnalisé inhérent aux grands contrats d’armement français . Si l’affaire éclabousse des retraités ou des semi-retraités de la politique Jacques Chirac et Edouard Balladur, l’actuel président et son entourage voient leurs noms cités dans le dossier : Brice Hortefeux, Jean-François Copé, et l’ex-secrétaire adjoint de l’Elysée, François Pérol.

La menace ne vient pas de la gauche, tenue par de vieilles histoires, notamment celle des frégates de Taiwan . Guère plus de la justice avec un parquet privé de toute indépendance. Le risque ce sont les médias poussés par la blogosphère (vidéo 2) à, ne pas lâcher l’affaire. La mutation express de Brice Hortefeux des affaires sociales à l’intérieur, la mise en porte-à-faux du clan chiraquien avec la nomination de MAM à la justice, peuvent être analysées comme le déploiement d’un système défensif autour du château.







par Henry Moreigne (son site) lundi 29 juin 2009
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Emergence du pouvoir pirate

Avec 7,1 % des suffrages, le tout jeune Parti pirate de Suède a fait une entrée remarquée au Parlement européen, le 7 juin 2009. Il envoie à Strasbourg un député, M. Lars Christian Engström, entrepreneur en informatique de 49 ans. Deuxième candidate de la liste pirate, Mme Amelia Andersdotter, étudiante en économie à l’université de Lund, pourrait obtenir, à terme, un siège (voir l’encadré ci-dessous sur les « députés fantômes »).

Il faut prendre au sérieux l’émergence de cette nouvelle offre politique. Après seulement trois ans d’existence, le Piratpartiet rassemble près de cinquante mille adhérents, ce qui en fait la troisième force militante de la politique suédoise, juste derrière les Modérés [1]. (Ses adversaires soulignent que l’adhésion y est gratuite.) Avec son programme fondé sur la légalisation du partage de fichiers, les jeunes de 18 à 30 ans — très majoritairement des hommes — ont adhéré en masse en 2009. Principal déclencheur de ce mouvement : le procès de « The Pirate Bay », un site Internet suédois proposant un moteur de recherche spécialisé dans les « torrents », ces fichiers qui permettent de télécharger en pair à pair des films, de la musique, des logiciels, etc [2].

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Condamnés à un an de prison et à une amende de 30 millions de couronnes (2,8 millions d’euros), les animateurs du site avaient pourtant fait valoir que leur moteur ne donne pas accès aux films eux-mêmes — une recherche sur Google offrant exactement les mêmes informations. En vérité, la différence réside dans la posture adoptée : dans un cas (Google), on fait mine de bien vouloir respecter les droits d’auteurs, même si l’extraordinaire croissance du site de vidéos YouTube, filiale de Google, s’est en grande partie faite sur un catalogue « piraté » ; dans l’autre (The Pirate Bay), on tourne en ridicule les courriers envoyés par les cabinets d’avocats des producteurs de Hollywood, et on annonce la couleur, étendard noir au vent.

La condamnation de The Pirate Bay et les tentatives de répression du partage de fichiers touchent directement le quotidien de la quasi-totalité de la jeunesse — 80 % des foyers suédois sont connectés au réseau, le taux le plus élevé d’Europe (avec la Finlande). Légal ou pas, le téléchargement pair à pair [3] est pratiqué aussi massivement que l’étaient à une autre époque l’échange et la copie de cassettes audio ou de disquettes. L’« industrie culturelle » a bien du mal à faire respecter son point de vue, selon lequel la culture est un bien qui se consomme. Et les grands partis n’ont pas, à l’heure actuelle, offert de solution satisfaisante à la question du droit d’auteur face au partage de fichiers.

La politisation croissante, dans le monde entier, des questions de propriété intellectuelle et du numérique traduit un manque de perspectives devant la mutation d’un monde industriel vers un univers de réseaux. Rares sont les responsables gouvernementaux ayant un minimum de compétences techniques ; les élites sont, le plus souvent, en retard d’un modem sur la population [4]. Les gaffes de la ministre française de la culture, Mme Christine Albanel, en témoignent à l’envi.

Cependant, on ne crée pas un parti à chaque fois que l’on veut défendre un point de vue. Il est extrêmement rare qu’un sujet spécifique débouche sur une offre politique en soi. L’écologie politique, qui soulève des questions que l’on peut considérer comme plus fondamentales que celles du Parti pirate, et prétend offrir une perspective politique globale, a mis plusieurs dizaines d’années avant de sortir des marges et d’obtenir des élus. Les listes « pour la Palestine » ou pour la légalisation du cannabis n’ont jamais dépassé le stade du témoignage. Les mouvements de chasseurs, pour leur part, offrent plus un réceptacle pour un vote de protestation qu’une proposition politique construite.

Artistes et mouchards Retour à la table des matières

Les partis existants ont tout intérêt à mettre à jour leur « logiciel politique » et à revoir leur discours sur la révolution informationnelle. Les atermoiements et divisions des partis de gauche sur la propriété intellectuelle ont souligné l’ignorance sur le sujet de la grande majorité de la représentation politique. Les rapports qui se succèdent sur la « société numérique » sont d’une indigence intellectuelle frappante, ramenant le plus souvent cette transformation profonde des rapports sociaux à de simples « opportunités d’affaires » [5].

Le « soutien aux artistes » — dont beaucoup d’artistes, à contre-courant, déplorent qu’il ait pris la forme d’une guerre des ayants-droits contre le public — a muselé la discussion politique. Laquelle en revanche s’est développée sur Internet, où de nombreuses propositions existent pour revitaliser la culture avec l’implication d’un public moins consommateur, mais « participant » [6].

En France, les débats autour de la loi Internet et création (lire « Hadopi ou la déconnexion », La Valise diplomatique, 6 mai 2009) auront toutefois permis à quelques députés — notamments Verts et socialistes — de redorer le blason de la politique auprès des internautes. Sans cela, il est à parier qu’un Parti pirate français aurait pu se nourrir du rejet d’une loi instaurant la coupure de la connexion des internautes n’ayant pas sécurisé leur ligne. Le dispositif Hadopi a néanmoins été retoqué, le 10 juin, par le Conseil constitutionnel, au nom, entre autres considérants, de l’atteinte à la présomption d’innocence, et parce que l’accès au réseau est « une composante de la liberté d’expression et de consommation ». Confirmant ainsi l’analyse du Parlement européen, pour qui l’internet permet au citoyen d’exercer ses libertés fondamentales [7].

La question ne concerne pas que la gauche, travailliste ou écologiste. Une partie de la droite combat, sur des bases théoriques « libérales », la big-brotherisation de l’Etat qui entend installer des « mouchards » dans les ordinateurs personnels, ou encore les contraintes juridiques et commerciales de propriété intellectuelle qui aboutissent à des monopoles du type de celui dont jouissent Microsoft ou les firmes pharmaceutiques.

Ultracapitalistes et cybercommunistes Retour à la table des matières

Bien que peu représenté en Europe, le folklore libertarien est également présent dans les discours des « pirates ». Ainsi le chef du Piratpartiet, M. Rickard Falkvinge, se présente-t-il comme un « ultra-kapitalist ».

« Les conservateurs ne sont pas pour le capitalisme pur, explique-t-il dans un entretien avec le magazine suédois Fokus. Ils sont une espèce de poules mouillées sociales-libérales. (...) Je me définis comme ultracapitaliste, et c’est à partir de ce positionnement que je me suis impliqué politiquement. (...) La bataille maintenant se joue sur les droits des citoyens, qui est le sujet majeur. Plus important que le système de santé, l’éducation, le nucléaire, la défense et toute cette merde dont on débat depuis quarante ans. » Le Parti pirate, souligne M. Falkvinge, « défend même une forme de communisme numérique, dans lequel chacun contribue selon ses capacités, et où le produit est distribué selon les besoins [8] ».

De son côté, si elle obtient de siéger à Strasbourg, Mme Andersdotter entend reverser une part de son salaire européen à des organisations comme Amnesty International, Attac-Suède, Ordfront (une maison d’édition alternative très importante en Suède, et étiquetée « de gauche »), ou au Fonds de développement des Nations unies pour la femme (Unifem) [9].

On peine à discerner comment le Parti pourra se définir hors du champ des libertés numériques. Il fait, certes, une incursion dans le domaine de la santé, en publiant sur son site une position sur les brevets pharmaceutiques qui revendique d’autres modèles de financement pour la recherche de nouveaux médicaments utiles [10]. Mais au-delà ?

« Le Parti pirate n’a pas d’opinion tranchée sur quoi que ce soit d’autre que les libertés sur Internet ; sur le reste, il votera avec les autres partis [11]. » Les responsables du Piratpartiet répètent que, puisque le clivage droite-gauche a perdu toute pertinence, ils n’auront aucune difficulté à appliquer cette règle. Comme l’annonce son site [12], il s’agit de devenir la clé de voûte de la majorité au Riksdag, le Parlement suédois. Avec 7 % des votes, cette stratégie opportuniste peut lui permettre de peser... si toutefois cela ne le conduit pas à exploser.

Radio NOVA
Cet article a donné lieu à une émission diffusée sur Radio NOVA dans l’émission Les Grandes Enquêtes de la Petite Rédaction.

Une députée fantôme de 21 ans Retour à la table des matières

A 21 ans, Mme Amelia Andersdotter partage le sort de 17 autres candidats tombés dans une faille juridico-politique inédite. Le traité de Lisbonne accorde en effet 20 sièges à la Suède. Mais en attendant son éventuelle adoption, Stockholm ne dispose que de 18 sièges. Deux Suédois ont donc été désignés pour être, comme le chat de Schrödinger, des élus non-élus.

Le problème est le même dans plusieurs autres pays. Le Parlement comporte, aux termes du traité de Nice, qui s’applique actuellement, 736 sièges. Lisbonne en prévoit 751, soit 15 de plus. L’Espagne a donc quatre eurodéputés fantômes, la France, l’Autriche et la Suède deux chacune, l’Italie, le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas, la Bulgarie, la Lettonie, la Slovénie et Malte, un chacun. Quant à l’Allemagne, elle devrait perdre 3 sièges quand (et si) Lisbonne entre en application.

Le plus étonnant dans cette affaire, c’est que les « mesures transitoires » nécessaires n’ont pas été décidées avant le vote. Le sujet a été abordé au Conseil européen des 11 et 12 décembre 2008, mais les gouvernements n’ont rien décidé pour les fantômes. Ils ont cependant jugé sage de redonner discrètement ses trois sièges à Berlin. On aurait donc 754 députés, ce qui n’est conforme ni à Nice ni à Lisbonne...

Chaque pays fixe les règles électorales pour sa population ; un arrangement byzantin pourrait permettre aux élus fantômes de siéger temporairement en tant qu’observateurs sans droit de vote — mais avec secrétariat, bureau, traitement et frais de fonctionnement. Pour la Suède, la question est dans les mains du gouvernement, qui... attend le résultat du prochain référendum irlandais, qui devrait avoir lieu en octobre 2009, pour se décider [13].

Un bug dans le système, ce qui devrait réjouir la jeune pirate. Laquelle rappelle que le traité de Lisbonne « n’est pas très populaire en Europe. Je ne suis pas certaine que ce serait une bonne chose pour l’UE qu’il soit approuvé. Il aurait fallu faire marche arrière en 2005 [après les référendums en France et aux Pays-Bas] pour entamer un nouveau processus [14] ».

(encadré publié le 17 juin.)

Notes

[1] L’histoire du parti, ainsi que du site The Pirate Bay, est détaillée par Anders Rydell et Sam Subdberg dans Piraterna, Ordfront, 2009, qui n’est encore disponible qu’en langue suédoise.

[2] http://thepiratebay.org/.

[3] « Peer to peer » : les fichiers s’échangent entre utilisateurs sans transiter par un serveur central.

[4] Il faut signaler, à ce propos, que M. Jeff Moss, le fondateur de DefCon, une conférence de hackers, vient d’être nommé par l’administration de M. Barack Obama au conseil consultatif pour la sécurité intérieure américaine. « L’administration Obama fait appel à un hacker réputé pour protéger les Etats-Unis », 20minutes.fr, 8 juin 2009. http://www.20minutes.fr/article/331...

[5] Lire à ce propos la contribution de Bernard Stiegler dans Pour en finir avec la mécroissance. Quelques réflexions d’Ars industrialis, Flammarion, 2009, http://arsindustrialis.org/publications.

[6] Lire Philippe Aigrain, Internet & Création, InLibroVeritas, 2008. Livre téléchargeable gratuitement à l’adresse http://paigrain.debatpublic.net/?pa....

[7] Texte voté par 88 % des députés européens dans le cadre du « paquet Télécom ». Cf. Guillaume Champeau, « Bruxelles se félicite de la sacralisation de l’amendement Bono », Numerama, http://www.numerama.com/magazine/13....

[8] Claes Lönegård, « Hjärnan bakom piraterna » (Le cerveau des Pirates), Fokus, Stockholm, 5 juin 2009, http://www.fokus.se/2009/06/hjarnan....

[9] « Amelia 2.0 », Lundagård (journal étudiant), Lund, juin 2009, http://www.lundagard.se/2009/06/01/....

[10] Voir « An alternative to pharmaceutical patents », http://www.piratpartiet.se/an_alter....

[11] Vegard Andreas Larsen, « Svenske Piratpartiet ble i går stemt inn i EU-parlamentet » (Le parti pirate suédois est entré hier au Parlement européen), Hardware.no, 8 juin 2009, http://www.hardware.no/artikler/pir....

[12] http://www.piratpartiet.se/internat....

[13] Cf. « Les Irlandais rejettent le traité de Lisbonne », La Valise diplomatique, 13 juin 2008.

[14] « Sergio y Amelia, europdiputados “fantasma” », El Mundo,, 14 juin 2009. http://www.elmundo.es/elmundo/2009/....


vendredi 12 juin 2009, par Philippe Rivière

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France-Afrique : des accords militaires « nouvelle génération »

La mort du président gabonais Omar Bongo Ondimba, un des « dinosaures » de la Françafrique, retardera la négociation d’un nouvel accord de défense entre Paris et Libreville, entamée cette année à la demande de la France. Le texte actuel, signé le 17 août 1960, lors de l’accession du pays à l’indépendance, prévoit que la République gabonaise « peut, avec l’accord de la République française, faire appel aux forces armées françaises pour sa défense intérieure et extérieure ».

En dépit de l’engagement mainte fois renouvelé du gouvernement français de ne plus se comporter en « gendarme de l’Afrique », les éléments français stationnés en permanence à Libreville pourraient donc – en vertu de cet accord vieux de presque cinquante ans – être appelés à assurer, le cas échéant, le rapatriement de ressortissants, la sauvegarde de biens, la protection de bâtiments publics (présidence, ministères, ambassades), sites stratégiques (port, aéroport, centrales électriques, mines), voir à intervenir – aux côtés des forces gabonaises – dans des opérations de surveillance aux frontières ou de contrôle de foule [1].

Des accords du même type, comportant dans certains cas des clauses (non rendues publiques) d’assistance au gouvernement en place en cas de « circonstances graves », avaient été conclus avec la Centrafrique (1960), la Côte d’Ivoire (1961), le Togo (1963), le Sénégal (1973), le Cameroun (1974), Djibouti (1977), les Comores (1978). Le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale publié en juin 2008 les présente comme « appartenant au passé », car « correspondant à un moment historique, la fin de la décolonisation ».

Lors d’un discours devant le parlement sud-africain, en févier 2008, le président français, M. Nicolas Sarkozy, avait annoncé la révision de ces accords de défense « obsolètes » signés par Paris avec ses anciennes colonies, ne jugeant « plus concevable d’y intervenir dans des conflits internes ». Il avait promis également, au nom de la « transparence », la publication intégrale de ces textes, après ratification par les parlements des pays signataires.

A sens unique Retour à la table des matières

Ce réexamen, entamé depuis quelques mois, a débouché sur la signature en février d’un nouvel accord avec le Togo, dont le contenu n’a pas encore été rendu public : mais le nouveau texte – qui abroge l’ensemble des accords et arrangements conclus précédemment – exclurait désormais tout engagement de l’armée française pour soutenir les régimes en place. Il repose sur un principe de réciprocité des engagements pris par les deux parties ; mais c’était déjà le cas auparavant, et n’avait pas empêché ce partenariat d’être à sens unique – ce qu’il restera par la force des choses.

Un accord de défense « nouvelle génération » a également été signé en mai dernier avec le Cameroun, dont l’ancien « accord spécial de défense » avec Paris signé en 1974 était resté secret. Cette fois, il n’est plus question d’intervention militaire à l’intérieur du pays. Le texte n’évoque plus le cas d’une agression extérieure, se contentant d’envisager le partage d’informations, l’organisation d’exercices militaires communs, et le soutien aux organismes de formation. Le tout dans une optique de « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix » - l’ancien « RECAMP » (repris à son compte par l’Union européenne, en liaison avec l’Union africaine, mais dont on n’a plus de nouvelles !).

Bases fermées Retour à la table des matières

Ces accords de défense « lourds » – mais qui ne sont appliqués que dans la mesure où les deux contractants le souhaitent – ont servi de couverture juridique à des interventions à répétition très controversées, notamment dans les années 80 et 90. Ils ont souvent été adossés à une présence militaire française permanente (Libreville, Bangui, Abidjan, Dakar, Djibouti) qui est également en cours de réévaluation.

Ainsi, la fermeture de la base d’Abidjan est quasiment programmée : le président Laurent Gbagbo n’a jamais fait mystère de ses réticences à propos de la présence des soldats français. Il faudra trancher également entre les bases de Dakar et Libreville [2] – le dispositif militaire français en Afrique devant, selon le Livre blanc, se concentrer sur trois grandes implantations régionales (ouest, centre, est), avec un complément dans le sud-ouest de l’océan Indien (La Réunion), et dans le Golfe arabo-persique (Abou Dhabi).

Soutien sans participation ? Retour à la table des matières

Ces accords dits « de défense » sont distincts des accords techniques militaires signés avec vingt-sept pays africains, qui ne sont pas officiellement remis en cause : ils concernent les facilités d’escale et de transit, le soutien logistique, l’échange d’informations, l’aide à la formation et à l’entraînement, le statut des personnels des bases, la fourniture de matériels et d’armements, etc [3] .

Mais l’exemple du Tchad – qui n’a jamais été lié à la France par un accord de défense, mais où les militaires français mènent une intervention quasi-permanente depuis l’accession du pays à l’indépendance – montre qu’il y aurait intérêt à remettre également à plat ces accords « techniques ». Le « soutien sans participation » de l’armée française aura sauvé la mise du régime du président Idriss Deby à plusieurs reprises ces dernières années...

Notes

[1] Une « convention spéciale relative au maintien de l’ordre », signée en 1961, est restée secrète.

[2] L’actuelle base au Gabon (980 hommes) rayonne sur la Centrafrique, et apporte un soutien aux forces françaises au Tchad et en Côte d’Ivoire. Elle sert de « réservoir » de forces prépositionnées pour les « opex » françaises en Afrique de l’Ouest et centrale.

[3] Voir la liste des accords de défense et de coopération technique militaire dans Les évolutions récentes de la coopération militaire française en Afrique, Tibault Stéphène Possio, Editions Publibook, 2007 ; ou dans l’ouvrage collectif sous la direction de Pierre Pascallon, La politique de la France en Afrique, l’Harmattan, 474 p., Paris, 2004.

jeudi 11 juin 2009, par Philippe Leymarie

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Fabricants de terreur : 5) le grand nettoyage

Les mercenaires de Wackenhut se sont donc chargés de tâches inavoubles, à l’étranger notamment. A l’intérieur des Etats-Unis, la FEMA a aussi fait dans ce genre de choses. Notamment supprimer au plus vite toute trace compromettante après les attentats du 11 septembre. Des équipes de nettoyeurs sont passées un peu partout sur les sites atteints. Sans difficultés : elles avaient été convoquées au préalable pour un de ces fameux exercices. Leur présence n’étonnait personne donc sur les lieux, même si leur activité véritable pouvait prêter à question, notamment les apports de terre sur les lieux du WTC, alors que cela ne s’imposait pas en cas de catastrophe de ce genre. La FEMA, devenue seule collectrice des traces d’un crime s’est arrangée pour que l’on en sache le moins possible sur ces débris. La dissimulation des preuves est devenue en quelques mois sa principale activité sur les différents sites touchés. Retour sur les collecteurs-dissimulateurs de la FEMA.

Le 11 septembre au moins, remarquez, la FEMA a fait son boulot avec zèle : très vite, on l’a vue se déployer sur tous les sites touchés. Tout le monde se souvient de cette belle tente bleue portée à bout de bras devant le Pentagone.... un hôpital de campagne de fortune, installé en un temps record.. pile pour la première des trois au dessus d’un endroit qui semblait pouvoir présenter un intérêt en cas d’enquête, ou que des journalistes un peu trop curieux auraient eu envie d’aller visiter. Une quatrième étant posée sur la route. En tout cas pas à un endroit choisi au hasard, et une installation rondement menée. La belle bâche bleue de la FEMA. Tout le monde avait alors loué en effet la rapidité d’intervention de l’organisme. Sans trop se demander comment elle avait pu faire pour aller aussi vite. C’est le maire, Rudolf Giuliani qui, lors de son témoignage devant la commission d’enquête sur le 11 septembre, allait bêtement lâcher le morceau. La FEMA était là depuis au moins la veille, tout simplement, avec tout son matos et ses belles tentes bleues.

Le 12 septembre avait en effet été prévu une simulation d’attaque biochimique, un exercice nommé Tripod 2, selon lui, et les hommes étaient arrivés deux jours avant. Ils devaient effectuer des "exercices", selon lui. Ils s’étaient installés sur le ponton 92, une des arrivées pour bateaux de la ville, avec tout le matériel nécessaire. Tentes bleues, civières, matériel médical. Tout cela disposé dans de grands hangars, ce qui avait l’avantage d’être... discret. Tout avait été soigneusement détaillé comme le montre encore un document de 2006 précisant par exemple comment organise la circulation en cas de catastrophe majeure. Tout simplement : "... the reason Pier 92 was selected as a command center was because on the next day, on September 12, Pier 92 was going to have a drill, it had hundreds of people here, from FEMA, from the Federal Government, from the State, from the State Emergency Management Office, and they were getting ready for a drill for biochemical attack. So that was gonna be the place they were going to have the drill. The equipment was already there, so we were able to establish a command center there, within three days, that was two and a half to three times bigger than the command center that we had lost at 7 World Trade Center. And it was from there that the rest of the search and rescue effort was completed.".

Lors du 11 septembre, la FEMA a été littéralement omniprésente : tout ce qu’elle ne sera pas lors de l’ouragan Katrina, où son absence se fera cruellement remarquer. Etrange différence de comportement, qui peut difficilement être dû qu’au seul hasard. Katrina, à la trajectoire prévisible et prévue, était une catastophe... naturelle. La FEMA était promptement sur les sites du 11 septembre, pour un nettoyage en règle de tout ce qui pouvait constituer une preuve d’une implication quelconque. L’ampleur de ce nettoyage systématique et le contrôle de l’accès aux sites touchés est symptomatique d’un plan extrêmement sophistiqué établi à l’avance qui outrepasse de loin celui de la décision de crasher quatre appareils en des lieux déterminés. S’il y a bien conspiration, la preuve première en est l’incroyable et omniprésente activité de la FEMA ce jour là. Ce jour là...et les jours d’après : le premier organisme a répandre partout l’idée d’un WTC qui s’effondre sur lui-même comme château de cartes, c’est ... la FEMA ! Après avoir systématiquement tout nettoyé, après avoir dissimulé dans des... camps les vestiges de l’attentat, la FEMA pouvait donner SON explication : "The Federal Emergency Management Agency (FEMA) produced the first official government report attempting to explain the destruction of the three World Trade Center towers as structural collapses induced by plane crashes and fires. It also appeared to play a central role in the "cleanup" of Ground Zero, which led to the destruction of nearly all of the body of evidence any throurough investigation would need..".

Or, l’endroit qui avait servi de dépôt de regroupement des matériaux en provenance des ruines du WTC contenaient des choses assez passionnantes, telles qu’un amoncellement de véhicules de pompiers, dont certains brûlés à moitié seulement, ou certains mêmes... intacts. Ou d’autres véhicules brûlés intenséments, mais à un seul endroit. Le moteur... fondu. Ou en feu (mais pas le reste !) . Ou qui ont rouillé en une seule journée...à en faire des nuages de rouille ! Des véhicules brûlés par la poussière incandescente ? Laissant certaines voitures intactes et d’autres... rouillées. L’amoncellement, le stockage et le broyage systématique, mais aussi l’organisation pointilleuse de prélèvements : la première décision de la FEMA est d’interdire sur le site l’usage de compteurs Geiger, et l’organisme avait pris un malin plaisir à équiper chaque benne qui sort de ground zero d’un GPS : chaque pelletée sortie est suivie sur moniteur. La firme contactée s’en est vantée sur le net : "In the end, the contract went to IDC-Criticom, a large alarm system wholesaler based in Minneapolis, and its two subcontractors : GPS hardware maker PowerLoc ; and implementation specialist Mobile Installation Technologies (MIT) of Marietta, Ga. Within three weeks, the system elements were in place, and nearly 200 trucks in New York City were being tracked in real time. Installed by MIT with assistance from PowerLoc and four trucking contractors, the solution revolved around PowerLoc’s Vehicle Location Device (VLD). Each VLD unit costs about $1,000."

On prétextera le tri des vestiges pour retrouver les vestiges humains : or toute manière, tout avait été pulvérisé. A on triera, certes, mais sans trouver grand chose. Les débris seront auscultés à la décharge de Fresh Kills (quel nom prédestiné !), la décharge publique de la ville de New-York. A l’abri des regards indiscrets. Il y a bien une photo de main séparée d’un corps qui traîne sur le net, mais c’est le plus gros morceau que l’on ait pu voir à ce jour. La pulvérisation du béton, de l’acier et des corps reste un des grands mystères du WTC. La recherche des corps n’a jamais été vraiment le souci de la FEMA, mais il faut l’excuser : la pulvérisation du béton lui-même et des noyaux d’acier des tours entraînait obligatoirement celle des corps : la preuve en est la découverte d’ossements abandonnés de taille respectable sur le chantier des années après la catastrophe (en 2006 !) . Un organisme dûment assermenté pour retrouver toute trace humaine n’aurait jamais passé à côté. "The medical examiner’s office said 18 pieces of remains were found Sunday. The bones found thus far range from tiny fragments to recognizable bones from skulls, torsos, feet and hands. Some are as large as whole arm and leg bones." Les corps des tués du WTC n’ont pas été le souci de la FEMA, parce qu’on ne pouvait rassembler un tel puzzle : seuls 289 corps ont été dégagés des décombres du WTC. Les autres n’existent plus. Ou sont réduits à l’état de miettes. Il en manque encore 1150 sur 2740 : "Families of more than 1,100 of the victims of 9/11 have never received any remains of their loved ones." Le 23 février 2005, le laboratoire principal d’études de l’ADN sur les débris retrouvés jetait l’éponge. 57% des corps avaient été identifiés (parfois sur quelques millimètres de vestiges), restait 10 000 morceaux qui devraient être enterrés au mémorial... enfin, quand le nouveau WTC sera bâti, ce qui n’est pas demain la veille, crise financière aidant.

Le 26 septembre 2001, la FEMA éditait un rapport indiquant qu’il y avait au bas mot 1,2 million de tonnes de débris au WTC. Par jour, transitaient vers la décharge plus de 100 000 tonnes : "As of last night, 115,756 tons of debris had been removed to a landfill on Staten Island". On se moque de plus de 1000 famillles depuis le début. On n’a retrouvé qu’un gigantesque puzzle de 20 000 pièces microscopiques. Etrangement, 50 % des morceaux millimétriques ont été quasi impossibles à reconnaître : "The active search for the dead ended at the site in 2002 after a massive cleanup of 1.5 million tons of debris. About 20,000 pieces of human remains were found, but the DNA in thousands of those pieces was too damaged by heat, humidity and time to yield matches in the many tests forensic scientists have tried over the years". Mais qu’ont-ils subi pour ne plus même pouvoir donner de renseignements sur leur ADN ? Les scientifiques lorgnent du côté d’un rayonnement intensif.... comme regardent certains curieux ayant eu le temps de prendre des photos des véhicules collectés par la FEMA et concassés, broyés, déchiquetés... L’acharnement à faire disparaître toute trace des attentats donne le nom de son auteur véritable. Faut-il chercher le peu d’intérêt véritable pour la recherches des fragments humains, malgré les discours officiels disant le contraire, dans un fait assez surprenant, le fait que le laboratoire qui a hérité du contrat exclusif pour le faire a à sa table d’administration Karl Rove ? Très certainement, je dirais.

Et pourquoi donc, alors qu’on recherche encore des victimes, apporte-t-on autant de terre sur les lieux de l’attentat ? pourquoi de la terre ? Les camions censés évacuer les débris ont aussi visiblement fonctionné dans l’autre sens, en amenant dès les jours suivants des monceaux de terre à mélanger aux débris fumants. Dans quel but ? Pourquoi donc les éléments d’acier des deux tours ont-il aussi rapidement rouillé ? Qu’est ce qui a bien pu les attaquer à ce point, pour les rendre si vulnérables à l’oxygène de l’air ? Questions sans réponses à ce jour. Deux immeubles s’effondrent, le lendemain toute la scène de la catastrophe est couleur rouille, et cela n’interpelle personne ? Et que penser de ceux qui ont travaillé d’arrache-pied dans un environnement aussi hostile (en plus des radiations, très certainement présentes, l’amoncellement inimaginable de poussières d’amiantes a été noté par tous les intervenants), tels que les valeureux pompiers new-yorkais, dont certains venus tenter de retrouver leur fils pulvérisé ? Parmi les victimes, en effet, le fils de 21 ans d’un pompier, Jim Riches, qui continue sa croisade contre l’incompétence générale qui a prévalu notamment celle de la défectuosité des téléphones des pompiers, un équipement suranné que n’avait pas voulu mettre à jour Rudolph Guliani. Un Guliani qui avait vu se monter une fronde sans précédent de la part des pompiers lors de sa candidature au poste républicain lors des dernières élections présidentielles : à chacun de ses meetings, il y avait des pompiers pour lui rappeler le massacre de leurs collègues. 343 des leurs. Un Guliani qui n’avait distribué aucun masque respiratoire sur de tels lieux où la moindre des choses aurait été de les imposer d’emblée. La sécurité des pompiers sur les débris d’un immeuble dont une mémorable publicité ventait les mérites de l’amiante ("abestos") n’était aucunement entrée en compte. Tout le monde savait pourtant que les deux immeubles en étaient infestés, et que par conséquent leur destinée future était d’être.... abattus. La FEMA, dont la mission consistait à se préparer aux catastrophes majeures ne pouvait ignorer ce danger !

Documents joints à cet article

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par morice jeudi 25 juin 2009

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Les riches moins riches + Les comptes sociaux dans le rouge = L’UMP demande la fiscalistion des indemnités des accidents du travail

Eric Woerth dont on connaît l’humour « taquin » a déclaré : « Si on ne fait pas de déficit, alors le prix à payer dans un certain nombre d’années sera beaucoup plus important »

Ce n’est, toutefois pas l’avis des parlementaires de l’UMP, qui, s’il font bonne figure devant les télévisions ou au micro des radios commencent à prendre conscience de l’aggravation dramatique des finances de la maison France.

La protection sociale, vantée par nos ministres et élus de la majorité présidentielle (comme étant le filet de sécurité, permettant à la France, de mieux encaisser la crise que les autres pays) est tellement mal en point que les parlementaires de l’UMP ont décidé ... de faire des économies.

C’est vrai que lorsqu’Eric Woerth reconnaît que : "140 milliards d’euros, c’est le montant que pourrait atteindre le déficit public en France cette année" on se dit qu’il va falloir beaucoup d’imagination pour limiter l’hémorragie.

Devant un tel défit, on pense immédiatement qu’une redistribution de la fiscalité, même temporaire, comme diminuer ou supprimer le bouclier fiscal ou les allègements de charges de la loi TEPA ou augmenter tout simplement les impôts de façon générale seraient des pistes normales. Mais le Chef de l’Etat et l’écho gouvernemental et parlementaire de la majorité l’ont réaffirmé : Pas touche au bouclier fiscal, ni à TEPA et pas d’augmentation des impôts !

Alors comment faire ?

A l’UMP on a des pistes et l’homme "qui a arrêté la langue de bois", à savoir : Jean-François Copé

Et Jean-François Copé sait s’y prendre pour diminuer la dette : Jean-François Copé, Le chef des députés UMP a proposé mardi au gouvernement de faire "un milliard d’euros" d’économies dès 2010, lors d’un point sur les "états-généraux de la dépense publique" suggérant par exemple, de "fiscaliser" ... les indemnités des accidents du travail. Il propose ainsi de soumettre les indemnités journalières/accident du travail (IJ/AT) au même régime que les autres IJ, pour une recette de ... 150 millions.

L’UMP veut aussi une "augmentation" de 0,5% "du taux de cotisation chômage des fonctionnaires au titre de la solidarité", pour une "recette supplémentaire d’environ ... 400 Millions d’euros, lit-on dans un document sur le chiffrage des mesures envisagées.- source Les Echos Mais à part ça, pas d’augmentation des impôts, taxes ou cotisations ...

Le gouvernement ne voulant pas être en reste propose par la voix d’Eric Woerth de : Généraliser en 2010 une expérimentation en cours qui permet de suspendre le versement des ces indemnités à un salarié en arrêt de travail, sur la base d’un avis négatif d’un médecin envoyé par l’employeur. Mesure, toutefois, qualifiée d’ "inacceptable" par le principal syndicat des médecins- Source France Soir

Hé ho ! les français : ça fait une "formidable" économie de 550 millions ... sur votre dos exclusivement !

Le problème est connu de tous : Baisse des cotisations, allègements de charges sur les heures supplémentaires et surtout chômage endémique. Eric Woerth de son côté joue au naïf et : "met la baisse des recettes sur le compte de la fatalité. "On ne peut pas combattre cette chute des recettes. Je ne sais pas comment ça se passera en 2011 et 2012", a dit M. Woerth. "On maîtrise le plus possible les dépenses dans le respect de la qualité des soins, et nous verrons comment ça se passe pour les rentrées", a-t-il ajouté avant de conclure : "Les rentrées reprendront quand le chômage cessera d’augmenter" - Source Nouvel Obs

On se demande bien ce qui ferait baisser le chômage et surtout à quelle date ? Si Monsieur Woerth a pris connaissance du rapport de l’OIT (auprès duquel son Président est allé faire un discours très "jauressien") il va falloir de 6 à 8 ans après une reprise de la croissance :

"Tenant compte de la prévision du Fonds monétaire international de contraction de l’économie mondiale de 1,3 %, l’organisation table désormais sur un record absolu de 210 à 239 millions de chômeurs sur la planète pour l’année, soit un taux de chômage compris entre 6,8 et 7,4 % ... / ...

"si des mesures audacieuses ne sont pas prises rapidement, la crise de l’emploi persistera bien après [...] que l’économie mondiale aura renoué avec la croissance", se prolongeant d’au moins 6 à 8 ans. Déjà, les "faillites d’entreprises se multiplient à un rythme effréné" dans tous les secteurs, constate l’OIT soulignant que les pays développés devraient compter plus de 35 % des sans-emploi dans le monde (pour une main d’oeuvre constituant 16 % des quelque 3,3 milliards d’actifs recensés) ... / ...

Le tout alors que 2009 devrait "correspondre à la pire performance mondiale jamais enregistrée en terme de création d’emplois", sachant que la croissance démographique implique l’arrivée chaque année de 45 millions de personnes sur le marché du travail ... / ... " Source Le Devoir

Rien à ajouter Monsieur Woerth ?

Le sujet ne laisse personne indifférent et on peut voir fleurir, ici ou là, des propositions ou réactions

Ainsi, celle de Jean Arthuis (majorité présidentielle) qui remet en cause le bouclier fiscal pour mieux supprimer ... l’ISF.

Les arguments qu’il avance pourraient être avancés par n’importe quel élu de gauche : "Le bouclier fiscal, outre ses incohérences, devient un amplificateur de défiscalisations et autres opérations d’optimisation fiscale. Cette dérive contredit la volonté qui avait présidé à la mise en place de ce fameux bouclier. Il est évident que les conséquences sont tout à fait abusives et injustifiables. De tels effet condamnent le bouclier fiscal qui avait déjà été mis à rude épreuve, il y a trois mois, lors de la création de la taxe de 1,1% sur les revenus fonciers et mobiliers destinée à financer la généralisation du R.S.A. La démonstration avait ainsi été faite qu’il revient comme un boomerang lorsque, malheureusement, il doit être procédé à une augmentation d’un impôt sur le revenu !"

Et propose de recourir à la TVA : Ce serait selon lui la seule façon de faire financer notre protection sociale par des produits et services conçus hors territoire. Mais il semble que le produit de la TVA ne peut y suffire, il faudra donc également recourir à l’impôt sur le revenu ... / ... L’idéal serait plutôt de créer une tranche d’impôt supplémentaire autour de 100 000 euros, soit 200 000 euros pour un couple sans enfant, et 300 000 pour un couple avec deux enfants. Cela permettrait aux personnes soumises à l’ISF de ne pas se trouver dispensées d’impôt sur le revenu parce que l’on a investi aux Antilles ou réalisé des travaux sur un monument historique... On est ici aux antipodes de la justice sociale dit-il. - Source AC Franchise

Mais, on pouvait lire le 06 Janvier 2009 : "Dans une interview au quotidien économique Les Echos, le sénateur centriste Jean Arthuis s’est déclaré favorable à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). "Je préconise la suppression de l’ISF et du bouclier fiscal, lequel produit des injustices insupportables" Bien joué pour les plus gros patrimoines !!!

Du côté des syndicats, François Chérèque au sujet des dernières annonces du Chef de l’Etat déclare : "Il dit qu’on va annuler les niches sociales. Mais la pire des niches sociales aujourd’hui en France, c’est le bouclier fiscal (...) dans lequel on a une réduction de CSG, une réduction de CRDS pour les plus hauts revenus. Donc on ne peut pas remettre en cause les inégalités et laisser celle-là" - Source Nouvel Obs

Et qui va payer les dernières idées du gouvernement et de l’UMP ?

Comme l’indique François Chérèque, certainement pas les plus aisés, qui sont de toute façon exonérés de toute cotisation, taxe ou impôt nouveaux par le généreux bouclier fiscal ! Et pourtant, ils sont bien à plaindre ... Car crise financière et économique aidant, les très très riches ne sont plus que très riches. Nous avons pour preuve cette dépêche trouvée sur AFP/ Google :

La crise a fait chuter le nombre de millionnaires dans le monde en 2008 à 8,6 millions de personnes soit un million et demi de moins qu’en 2007, selon une étude publiée mercredi.

Les millionnaires, qui étaient 10,1 millions en 2007, ont vu leur fortune totale fondre : elle est désormais estimée à 32.800 milliards de dollars pour 2008, soit 7.900 milliards de moins que l’année précédente, selon l’étude annuelle de la banque d’affaires Merrill Lynch et de la société de conseil Capgemini. L’étude, qui ne prend en compte que la fortune hors résidence principale, distingue également la catégorie des "très fortunés", définis par un patrimoine plus de 30 millions de dollars.

"Ce déclin sans précédent efface les deux ans de croissance soutenue de 2006 et 2007, ramenant à la fois le nombre de millionnaires et leur patrimoine à un niveau inférieur à celui enregistré en 2005", note Gilles Dard, président de l’activité gestion privée France et Europe continentale de Merrill Lynch.

Non, c’est trop horrible !!!! Mais attendez ...

Néanmoins, Les auteurs de l’étude prévoient que le patrimoine des riches va recommencer à croître, en moyenne de 8% par an d’ici à 2013 pour atteindre 48.500 milliards de dollars, surtout en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique ... / ...

Ouf ! on a eu peur !!!

Les Etats-Unis restent cependant le pays comptant le plus grand nombre de riches (2,46 millions) devant le Japon (1,366 million) et l’Allemagne (810.000). La Chine ravit la quatrième place à la Grande-Bretagne (364.000 contre 362.000)

Et la pauvre petite France direz- vous ?

Et bien la France se classe, comme en 2007 ... sixième (346.000)

Ce cataclysme qui frappe nos amis les très riches (A t-on prévu une cellule de soutien psychologique au Ministère des Finances ?) est en train de mettre à mal une des ides phares du gouvernement : Grâce à la loi TEPA, les personnes soumises à l’ISF peuvent investir dans des PME et faire reculer les fermetures d’entreprises et par extension le chômage

La réalité est plus prosaïque : Les PME, auxquelles était promis 1,1 milliard d’euros de la part des assujettis à l’ISF l’an dernier, n’en ont perçu aujourd’hui que 800 millions. En six mois, les fonds d’investissement reconnaissent n’avoir placé que 16 % des capitaux collectés. Un an après cette première collecte, achevée le 15 juin 2008, le quart des fonds n’est toujours pas parvenu aux entreprises : seuls 800 millions d’euros ont été investis, estime Bercy, qui s’apprête à durcir la loi pour qu’une telle déconvenue ne se reproduise pas l’an prochain.

Cette donnée n’est d’ailleurs qu’approximative, car le gouvernement n’a pas les moyens de suivre l’état d’avancement de chaque souscription au capital de PME, lorsqu’elles transitent par des véhicules de placement collectif (holdings, FCPI, FIP, etc.). - Source Les Echos

Devant une telle situation, il était clair qu’il fallait "arrêter la langue de bois", mettre fin à ce scandale et fiscaliser d’urgence ... les indemnités des accidents du travail.

CQFD UMP !!!

par Jean Claude BENARD (son site) jeudi 25 juin 2009

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