21 décembre 2011

Apple, la tyrannie du cool

Par http://www.rtbf.be
(France, 2011, 52mn)
ARTE F


Quelques semaines après le décès de Steve Jobs, le patron de la marque à la pomme, La Une de revenir sur ce qui fait le succès d’Apple avec un documentaire inédit :
Apple, la tyrannie du cool , un film de Sylvain Bergère et Dimitri Kourtchine

Comment les clients d’Apple sont aujourd’hui devenus des missionnaires de la marque ? Comment Apple qui revendique la transgression et la liberté est devenue une nouvelle religion pour les utilisateurs du monde entier, dévots et prosternés devant la figure centrale de Steve Jobs, le génial inventeur de la marque californienne ?
Apple, marque symbole de la contre-culture est devenu un géant dictant ses normes et ses tendances. A la base de cette success-story, un coup de génie marketing : ringardiser le pouvoir en s'autoproclamant contre-pouvoir, paraître cool pour conquérir les esprits des consommateurs. De la petite entreprise informatique des débuts jusqu'à la multinationale d'aujourd'hui, la marque à la pomme a croqué le marché grâce à ses choix esthétiques, son marketing émotionnel et son indéniable inventivité technologique.
Apple la tyrannie du cool, est un film à la première personne, qui suit les réflexions d’un homme, celui du quotidien. Ce personnage est tantôt ironique, tantôt attachant, il est surtout l’homo-economicus dans toute sa splendeur, amoureux de ses machines Apple. Sylvain Bergère et Dimitri Kourtchine, à travers ce voyage documentaire, tentent de comprendre comment peut-on être aussi attachés à une marque. Suivant le fil de sa réflexion, le héros voyage en Europe et aux Etats-Unis, retourne aux origines d’Apple, questionne des philosophes, des artistes, des chercheurs… et même un prêtre. Ainsi, peu à peu Apple se révèle comme un miroir de la société. Au-delà d’une enquête sur le marketing de la marque, Apple la tyrannie du cool, montre comment l’entreprise a su capter les aspirations de l’individu contemporain. Pour preuve, la frénésie de commentaires qui accompagne chacune des annonces d’Apple : lancements de produits, ouvertures de magasins, et plus récemment la mort de Steve Jobs, salué par tous les dirigeants mondiaux, comme l’égal d’Edison, Lennon, ou Einstein. Apple prône la libération de l’individu, l’appartenance à une communauté, l’outil à hauteur d’homme et dédié à son émancipation. Et pourtant, derrière se révèle une douce tyrannie. Celle de l’individualisme, du consumérisme et de la disparition du sens critique. En 52 minutes et à travers le monde, ce documentaire tente de comprendre comment Apple reflète les aspirations des  consommateurs que nous sommes: celles d’être différent, au risque de tous nous ressembler. 

Production : La Générale de Production/Arte France


DL : DF , MU , WP

17 décembre 2011

TERRES / 1ère partie : Mali – Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger

Par http://philipperevelli.com

TERRES / 1ère partie : Mali – Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger




Cliquer sur l’image pour lancer le documentaire.



« Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger » ouvre un cycle de webdocumentaires intitulé « TERRES ».




Après cette première étape malienne, le périple sur le thème de l’accaparement des terres, ses formes et ses conséquences, se poursuivra aux Philippines, en Colombie, au Brésil, au Pérou, en Inde et au Bénin.


Les documentaires seront mis en ligne au fur et à mesure de leur réalisation.
Le projet TERRES est produit par le CCFD-Terre Solidaire et soutenu par Le Monde Diplomatique


Pour en savoir plus sur la question foncière au Mali et dans la région de l’Office du Niger…
L’agrobusiness à l’assaut des terres irriguées de l’Office du Niger (Florence Brondeau / Cahiers agricoles n°20, janvier-avril 2011).Des programmes d’aménagement colossaux sont entrepris dans les systèmes irrigués de l’Office du Niger et laissent augurer des mutations sans précédent. L’État malien et ses partenaires s’engagent vers la promotion de l’agrobusiness et la privatisation du foncier. Le modèle de développement agricole fondé sur l’agriculture familiale semble donc être remis en question. Cette région est à l’aube de recompositions socio-spatiales et de désajustements tant socio-économiques qu’environnementaux que l’on commence tout juste à pressentir. Dans ce contexte, de nombreuses questions doivent être soulevées quant aux perspectives de développement de ces systèmes irrigués alors que de sérieuses réserves sont à avancer quant à la vocation de l’agrobusiness à sécuriser l’approvisionnement alimentaire du Mali et des pays voisins…


Quand la Banque mondiale encourage la razzia sur les terres agricoles (Le Monde Diplomatique / septembre 2011). Si les images de la famine en Afrique font le tour de la planète, on sait peu que ce fléau est en partie lié à l’essor des investissements fonciers sur le continent. Ainsi, l’Ethiopie cède des milliers d’hectares à des entreprises étrangères qui substituent à l’agriculture vivrière des plantations destinées à l’exportation. Et la Banque mondiale encourage ce mouvement, comme le montre le cas du Mali…
Investisseurs libyens, paysans maliens (Le Monde Diplomatique / septembre 2011). Le Mali a besoin de développer et de moderniser son agriculture ; mais, faute de moyens financiers, il doit faire appel aux investissements étrangers. La Libye a été l’un des premiers pays à proposer ses services, avec le projet Malibya en 2008. Les engagements des deux Etats sont fixés par une convention qui précise les droits et les devoirs des parties, ainsi que les avantages accordés aux opérateurs (mais toutes les clauses du contrat n’ont pas été rendues publiques). Bamako fournit des terres (100 000 hectares) dans la zone irrigable de l’Office du Niger. Tripoli apporte les capitaux pour les aménager et les mettre en valeur…
Mali / Ruée sur les terres irrigables de l'Office du Niger
Ruée sur les terres irrigables de l'Office du Niger / cliquer sur limage pour voir la galerie photo
Déclaration de la Conférence paysanne internationale de Nyéléni (Via Campesina). Nous, paysannes et paysans, pastoralistes, peuples autochtones ainsi que nos alliés, réunis pour la première fois à Nyéléni du 17 au 19 Novembre 2011, sommes venus des quatre coins du monde pour partager nos expériences et nos luttes contre l’accaparement des terres…


Comprendre les investissements fonciers en Afrique : Rapport Mali (Oakland Institute). Ce rapport recense et examine les investissements fonciers au Mali. Il présente des informations d’ordre général sur le contexte institutionnel et politique du pays notamment la situation macroéconomique actuelle, l’état de l’alimentation et de l’agriculture, et le climat actuel des investissements. En outre, il fournit des informations détaillées sur quatre accords d’investissements fonciers en cours au Mali.
Et aussi…
Farmlandgrab. Ce site Internet contient principalement des articles d’actualité sur la ruée mondiale sur les terres agricoles étrangères qui peut prendre la forme d’achat ou de bail. Ces acquisitions sont une stratégie destinée à garantir l’approvisionnement en denrées alimentaires de base ou ont tout simplement pour but de faire des bénéfices. L’objectif du site est de servir de source d’information à tous ceux qui suivent ou font des recherches sur la question, notamment les activistes sociaux, les organisations non gouvernementales et les journalistes.

14 décembre 2011

Le dessous des cartes - Le Savoir , une question geopolitique

Par http://ddc.arte.tv
décembre 2011




DL : MC , DF , FS



Aujourd’hui, avec la démocratisation et la mondialisation de l’enseignement supérieur, les étudiants sont de plus en plus nombreux et de plus en plus mobiles. Le Dessous des Cartes analyse les nouveaux rapports de force dans le domaine du savoir, et notamment les stratégies des grands acteurs de ce secteur : les étudiants, les établissements d’enseignement supérieur, les États et les entreprises.



Lectures

À quoi sert le savoir 72 intellectuels d’aujourd’hui - 72 textes pour penser et agir
Presses Universitaires de France
Les PUF fêtent en cette fin d’année leur 90e anniversaire (1921/2011). A cette occasion, l'éditeur a demandé à ses auteurs de répondre à la question « A quoi sert le savoir ? », question brûlante pour la société d’aujourd’hui, question au cœur du métier d'éditeur et de la pratique des auteurs, universitaires chargés de transmettre les connaissances, chercheurs appelés à réfléchir et à anticiper dans tous les domaines. 72 intellectuels d'aujourd'hui, philosophes, psychanalystes, sociologues, historiens, politologues, juristes, tous auteurs des PUF, proposent leurs réponses variées, parfois polémiques, toujours engagées. Avec 5500 titres, parmi lesquels Freud, Bergson, Durkheim, Mauss, Bachelard et bien d'autres, la maison est née en 1921, et aujourd'hui, se positionne comme l'éditeur universitaire parmi les plus importants en France, dans le domaine du savoir. Les PUF, c'est aussi la mythique collection « Que-sais-je ? », qui a vu publier depuis sa naissance 3800 titres diffusés à plus de 160 millions d'exemplaires en France. « Que-sais-je ? » est toujours la collection française la plus traduite au monde. Elle compte aujourd'hui 800 titres disponibles, organisés en 9 discipline. Ce livre est aussi offert en librairie jusqu’à la fin de l’année 2011 pour tout achat d’un livre PUF.
L'année stratégique 2012 - Analyse des enjeux internationaux
Sous la direction de Pascal Boniface Armand Colin
Soulèvements dans le monde arabe, catastrophe de Fukushima, crise de l’euro, mort de Ben Laden, retrait programmé d’Afghanistan : ces événements ont eu des répercussions à l’échelle mondiale. Dans quelle mesure ont-ils modifié les rapports stratégiques sur la scène internationale ? Une synthèse complète de la situation géopolitique de l’année et un outil de compréhension des relations internationales, ouvrage de référence en géopolitique, « L’Année stratégique 2012 » donne les clés pour comprendre les tensions et les enjeux de l’actualité internationale, ainsi que les défis à venir. Directeur de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), Pascal Boniface est enseignant à l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8. Il a écrit et dirigé une quarantaine d’ouvrages sur les questions stratégiques.
Atlas historique mondial - Édition 2011
Sous la direction de Georges Duby Larousse
Plus de 300 cartes commentées. L'Atlas historique mondial présente, dans le temps et dans l'espace, les grandes étapes de l'aventure humaine, de la préhistoire à aujourd'hui. Plus de 300 cartes commentées permettent de visualiser, de comprendre et de mémoriser les principaux phénomènes et événements, proches ou lointains, survenus dans le monde entier. Ses cartes tout en couleurs, sa chronologie universelle, son index et sa table analytique font de l'Atlas historique mondial un outil irremplaçable, la référence des étudiants et de tous les passionnés d'histoire et de cartographie. Cette édition a bénéficié pour la partie contemporaine d'une importante mise à jour qui rend compte des bouleversements géopolitiques les plus récents. Georges Duby, (1919-1996), historien internationalement reconnu, professeur au Collège de France, membre de l'Académie française, a dirigé chez Larousse une Histoire de la France et le volume "Moyen Âge" de l'Histoire du monde.
Le grand atlas encyclopédique du monde
Collectif Glénat / Éditions Atlas livres - Collection : Atlas géographiques
Véritable œuvre de référence, cet atlas a été élaboré par les Éditions Atlas et le célèbre institut géographique De Agostini, en exploitant les innovations technologiques les plus récentes en matière d'infographie numérique au service de la connaissance géographique.
- Une cartographie de nouvelle génération.
La section cartographique de l'atlas comprend 280 pages de cartes physiques et politiques du globe terrestre, en grand format et entièrement à jour. À la fois claires et modernes, les cartes offrent un niveau de précision exceptionnelle grâce à l'agrandissement à l'échelle 1 : 1 250 000.
La toponymie de l'atlas est particulièrement riche, l'index se composant de plus de 120 000 noms de lieux.
Un glossaire de quelque 1 000 termes géographiques ainsi que des tableaux d'assemblage sont fournis en annexes afin de faciliter la consultation et la compréhension des cartes.
- Une encyclopédie de la Terre.
L'atlas se complète d'une section encyclopédique de 136 pages articulée en trois parties :
• la géographie de la Terre, qui offre une description et une analyse géographique de notre planète (origines de la Terre, géologie, climatologie, démographie, économie...) ;
• les photographies satellite permettant de visualiser la diversité des formations physiques terrestres grâce aux spectaculaires images prises depuis l'espace ;
• les États du monde, dont les tableaux de synthèse répertorient les principales données économiques et géopolitiques liées à chaque pays du monde.
L'excellence universitaire : leçons des expériences internationales - Rapport d'étape
Philippe Aghion Documentation française / Ministère français de l'enseignement supérieur et de la recherche
Comment faire émerger, en France, des pôles d'excellence dans l'enseignement supérieur et la recherche ? Philippe Aghion, professeur d'économie à l'université de Harvard et membre du Conseil d'analyse économique, s'est vu confier, par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, une mission d'analyse des systèmes d'enseignement supérieur et de recherche.
Dans ce rapport d'étape, sur la base d'exemples étrangers, la mission s'attache à définir les caractéristiques de l'excellence académique, "facteur majeur de la croissance potentielle des pays développés".
La mission décrit l'organisation et la gouvernance des pôles universitaires d'excellence, basées notamment sur le principe d'autonomie des établissements. Enfin, elle fait référence à des exemples d'initiatives gouvernementales pour stimuler l'excellence, parmi lesquelles l'Excellenzinitiative allemande.
Le rapport est téléchargeable sur le site de la Documentation française : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000043/

Agenda

Les Rencontres de Bamako - Pour un monde durable
Bamako, Mali Jusqu'au 01/01/2012
« Selon Joseph Beuys, “Une activité artistique sans prise de conscience de la nature est impossible, et la prise de conscience la plus directe est celle de la terre sur laquelle nous marchons."
Les Rencontres de Bamako proposent en 2011 une réflexion sur la quête d’un monde durable, avec la volonté d’esquisser un état des lieux et de prêter une attention particulière aux signes et aux formes de résistances possibles. La forte adhésion au thème proposé n’a fait que confirmer l’engagement social et politique des artistes africains.
Les préoccupations écologiques, jadis limitées à un cercle restreint de visionnaires alertes, font désormais partie de notre quotidien et sont au cœur de tous les débats. Le réchauffement climatique, le tarissement des ressources minières et alimentaires, le déboisement des forêts, la pénurie d’eau, sont aujourd’hui au centre de tous les enjeux et équilibres planétaires.
Si le libéralisme économique basé sur la société de consommation a généré l’amélioration de la productivité et le développement, il a également et surtout renforcé les profits et les inégalités au détriment du respect fondamental des hommes et de leurs environnements.
En 2010, un grand nombre de pays africains ont fêté le cinquantenaire de leur indépendance. Pour beaucoup cet événement a été le moment de dresser un bilan des acquis nationaux et de porter un regard critique sur les structures politiques et sociales et sur la répartition des richesses.
Pour ces Rencontres, (...) les photographes et vidéastes ont été invité à témoigner, à dénoncer, mais aussi à identifier des axes d’action, des signes de résistance ou de prévention pour la construction d’un monde durable. Les différentes œuvres présentées approchent la thématique à travers des démarches documentaires et journalistiques ou des récits métaphoriques et fictionnels.
La variété des thématiques et des langages choisis par les artistes, permet ainsi de faire le point sur la production artistique aujourd’hui sur le continent et dans la diaspora.
Elle donne la mesure de l’effervescence et du renouveau permanent de la scène photographique africaine, avec notamment l’émergence d’une nouvelle génération qui invente ses propres codes expressifs. »
Michket Krifa et Laura Serani, directrices artistiques 2011.

5 décembre 2011

La carte d’un monde d’espions

PERMALINK




Par http://owni.fr

Depuis le mois de septembre dernier, OWNI, en partenariat avec WikiLeaks et cinq autres médias, a mis à jour les activités et les technologies des sociétés – souvent proches des services de renseignement et des institutions militaires – à l’origine de ce nouveau marché de l’interception massive. Pour une part très significative, ces industriels discrets sont implantés dans des démocraties occidentales. Ils fournissent en matériels d’écoutes et d’interception de masse leur propre gouvernement mais aussi de nombreuses dictatures.
Ces matériels appartiennent à cinq grandes catégories :
  • les systèmes de surveillance d’Internet (Internet monitoring),
  • les outils de pénétration ou chevaux de Troie (Trojan),
  • les systèmes d’écoutes téléphoniques (Phone monitoring),
  • les outils de captation et d’analyse de la voix (Speech analysis),
  • les systèmes d’interception des SMS (SMS monitoring),
  • et les outils de géolocalisation (GPS Tracking).
Les Spy Files sont diffusés par WikiLeaks à cette adresse.
Application pensée par Paule d’Atha, réalisée par Abdelilah el Mansouri au développement et Marion Boucharlat au graphisme /-)

Retrouvez notre dossier sur les Spy Files :
- La surveillance massive d’Internet révélée
- La surveillance massive d’Internet révélée
Retrouvez nos articles sur Amesys.
Retrouvez tous nos articles sur WikiLeaks et La véritable histoire de WikiLeaks, un ebook d’Olivier Tesquet paru chez OWNI Editions.

Internet massivement surveillé

Par http://owni.fr

[PDF] Version
 


WikiLeaks rend public aujourd’hui près de 1 100 documents internes, plaquettes commerciales et modes d’emploi des produits commercialisés par les industriels des systèmes de surveillance et d’interception des télécommunications.
Ces nouvelles fuites montrent un marché de la surveillance de masse représentant désormais cinq milliards de dollars, avec des technologies capables d’espionner la totalité des flux Internet et téléphoniques à l’échelle d’une nation. Les fleurons de ce marché s’appellent Nokia-Siemens, Qosmos, Nice, Verint, Hacking Team, Bluecoat ou Amesys. Les documents détaillant leurs capacités d’interception, contenant une multitude de détails technologiques, seront progressivement mis en ligne par WikiLeaks.

OWNI, partenaire de cette opération baptisée SpyFiles avec le Washington Post, The Hindu, L’Espresso, la chaîne allemande ARD et l’ONG britannique The Bureau of Investigative Journalism a tenté de visualiser cette industrie d’un genre nouveau, en créant une cartographie interactive sur un site dédié, SpyFiles.org. Et Andy Mueller-Maguhn, ancien porte-parole du Chaos Computer Club allemand (le plus influent des groupes de hackers au monde), également associé à cette enquête, y consacre un site, BuggedPlanet.info – traduisez “planète sur écoute”.

Marchand d’armes de surveillance

À ce jour, nous avons répertorié 124 de ces marchands d’armes de surveillance, utilisant des technologies d’interception, dont 32 aux États-Unis, 17 au Royaume-Uni, 15 en Allemagne, dix en Israël, huit en France et sept en Italie… À l’instar des marchands d’armes “traditionnels“, la majeure partie d’entre eux sont situés dans des pays riches, et démocratiques. 12 des 26 pays recensés font ainsi partie de l’Union européenne qui, au total, totalise 62 de ces entreprises.
87 vendent des outils, systèmes et logiciels de surveillance de l’Internet, 62 de surveillance du téléphone, 20 des SMS, 23 font de la reconnaissance vocale, et 14 de la géolocalisation GPS. Sept d’entre elles font également dans la “lutte informatique offensive“, et commercialisent donc des chevaux de Troie,rootkits et autres backdoors (portes dérobées) permettant de prendre le contrôle d’ordinateurs, à distance, et à l’insu de leurs utilisateurs. Ces systèmes espions ont ceci de particulier par rapport à ceux utilisés par les pirates informatiques qu’ils ne seraient pas repérés par la “majeure partie” des éditeurs d’antivirus et autres solutions de sécurité informatique.

Dans nos démocraties, la commercialisation, et l’utilisation, de ces systèmes de surveillance et d’interception des télécommunications est strictement encadrée. Mais rien n’interdit, en revanche, de les vendre à des pays moins regardants, même et y compris à des dictatures : bien que conçus à des fins d’espionnage, ils ne font pas partie de ces armes dont l’exportation est encadrée par les lois nationales, européennes ou internationales. Ce n’est donc peut-être pas moral, mais tout à fait légal, en l’état.
Et les marchands d’armes se font fort d’exploiter ce vide juridique, comme le reconnaissait récemment Jerry Lucas, l’organisateur d’ISS1, le salon international qui rassemble tous les deux ou trois mois les professionnels de l’interception des communications :
Les systèmes de surveillance que nous exposons dans nos conférences sont disponibles dans le monde entier. Certains pays les utilisent-ils pour supprimer certaines déclarations politiques ? Oui, probablement. Mais ce n’est pas mon job de faire le tri entre les bons et les mauvais pays. Ce n’est pas notre métier, nous ne sommes pas des hommes politiques.
Notre business est de mettre en relation ceux qui veulent acheter ces technologies avec ceux qui les vendent. Vous pouvez bien vendre des voitures aux rebelles libyens, et ces voitures sont utilisées comme armes. General Motors et Nissan devraient-ils se demander comment leurs véhicules seront utilisés ? Pourquoi n’allez-vous pas également interroger les vendeurs de voiture ? C’est un marché ouvert. Vous ne pouvez pas enrayer la circulation de matériels de surveillance.


Interrogé par le Wall Street Journal, Klaus Mochalski, co-fondateur d’Ipoque, une société leader dans ce secteur, répondait de son côté que “c’est un dilemme, moral et éthique, auquel nous sommes constamment confrontés : c’est comme un couteau. Vous pouvez vous en servir pour trancher des légumes, mais vous pouvez également tuer votre voisin“… à ceci près que ces outils ne sont pas en vente libre dans n’importe quel magasin, et que les sociétés qui les commercialisent n’en font pas la promotion dans des foires commerciales ou marchés du coin, mais uniquement dans les salons réunissant marchands d’armes, et clients habilités à en acheter.

Silence radio

ISS interdit ainsi aux journalistes d’assister à ses conférences, et même d’entrer dans son salon. Et il était étonnant de constater, à visiter les nombreux stands spécialisés dans les technologies de surveillance présents au récent salon Milipol, qui s’est tenu à Paris en octobre dernier, que les représentants de ces derniers étaient bien plus frileux que les marchands d’armes traditionnels pour ce qui est de répondre aux questions des journalistes…
Contactée par OWNI, Amesys, la société française qui a vendu un système d’interception massive de l’Internet à la Libye de Kadhafi, se défausse ainsi auprès de son “client” :

Amesys est un industriel, fabricant de matériel. L’utilisation du matériel vendu (sic) est assurée exclusivement par ses clients.
A contrario, Thibaut Bechetoille, le PDG de Qosmos, une autre société française qui, à l’instar d’Ipoque, équipait ce même Big Brother libyen, et qui équipe également celui utilisé, actuellement, par les Syriens, a piteusement expliqué à l’agence Bloomberg que son conseil d’administration avait bien décidé de cesser ses activités en Syrie, mais que c’était “techniquement et contractuellement” compliqué…
A ce jour, quatre autres entreprises occidentales ont été identifiées comme prestataires de services des “grandes oreilles” syriennes : Area, une entreprise italienne qui a dépêché, en urgence, des équipes afin d’aider les services de renseignements syriens à identifier les (cyber) dissidents, Utimaco, filiale allemande de l’éditeur d’antivirus britannique Sophos – qui n’était pas au courant qu’Area utilisait ces systèmes en Syrie -, l’allemand Nokia Siemens, dont les équipements de surveillance de l’Internet auraient été transmis à la Syrie par son voisin iranien, et Bluecoat, une société américaine auquel le site reflets.info a consacré de nombreux articles.

On savait, depuis quelques années, que ces armes de surveillance étaient utilisées en Chine ou en Iran notamment, mais il a fallu attendre le printemps arabe, et les traces ou preuves laissées par ces marchands de surveillance (essentiellement occidentaux) en Tunisie, en Egypte, en Libye, à Bahrein ou en Syrie, pour en prendre toute la mesure.
La quasi-totalité de ces marchands d’armes de surveillance se targuent certes d’oeuvrer en matière de “lawful interception” (interceptions légales en français) et se vantent de travailler avec des ministères de la défense, de l’intérieur ou des services de renseignement. L’allemand Elaman, lui, va jusqu’à écrire, noir sur blanc, que cela permet aussi d’identifier les “opposants politiques” :
En matière de télécommunications, la notion de “rétention des données” porte généralement sur le stockage de toute information (numéros, date, heure, position, etc.) en matière de trafic téléphonique ou Internet. Les données stockées sont généralement les appels téléphoniques émis ou reçus, les e-mails envoyés ou reçus, les sites web visités et les données de géolocalisation.
Le premier objectif de la rétention des données est l’analyse de trafic et la surveillance de masse. En analysant les données, les gouvernements peuvent identifier la position d’un individu, de ses relations et des membres d’un groupe, tels que des opposants politiques.

Initialement développés afin de permettre aux services de renseignements d’espionner en toute illégalité, ces systèmes, outils, logiciels et autres “gadgets” conçus pour écouter, surveiller, espionner, traçabiliser ou géolocaliser quelqu’un “à l’insu de son plein gré“, sont aujourd’hui devenus un véritable marché. Interrogé par le WSJ, Jerry Lucas, l’organisateur d’ISS, expliquait ainsi que, parti de quasiment zéro en 2001, il avoisinerait aujourd’hui les 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, par an.

Les Spy Files sont publiés par WikiLeaks à cette adresse.


Retrouvez notre dossier sur les Spy Files :
- Mouchard sans frontière

- La carte d’un monde espionné
Retrouvez nos articles sur Amesys.
Retrouvez tous nos articles sur WikiLeaks et La véritable histoire de WikiLeaks, un ebook d’Olivier Tesquet paru chez OWNI Editions.

@manhack (sur Twitter), jean.marc.manach (sur Facebook & Google+ aussi) .

Vous pouvez également me contacter de façon sécurisée via ma clef GPG/PGP (ce qui, pour les non-initiés, n’est pas très compliqué). A défaut, et pour me contacter, de façon anonyme, et en toute confidentialité, vous pouvez aussi passer par privacybox.de (n’oubliez pas de me laisser une adresse email valide -mais anonyme- pour que je puisse vous répondre).





Pour plus d’explications sur ces questions de confidentialité et donc de sécurité informatique, voir notamment « Gorge profonde: le mode d’emploi » et « Petit manuel de contre-espionnage informatique ».
  1. pour Intelligence Support Systems for Lawful Interception, Criminal Investigations and Intelligence Gathering, à savoir, et en français, systèmes de soutien au renseignement en matière d’interceptions légales, d’enquêtes criminelles et de collecte de renseignement. []
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4 décembre 2011

Netizen Report : Edition spéciale transparence

Par Rebecca MacKinnon · Traduit par Octavie Anne Perlembou
 
pour http://fr.globalvoicesonline.org

Lire ce billet en d'autres langues:
Español · Netizen Report: Edición "Transparencia"
Magyar · The Netizen Report: Átláthatósági kiadás
English · Netizen Report: Transparency Edition

A Global Voices Advocacy, nous croyons que la transparence des gouvernements et des entreprises, ainsi que les réponses aux questions “quand” et “comment” à propos de la censure et de la surveillance, sont une exigence de base si l’on parle d'Internet, réseau compatible depuis toujours avec la libre expression, la dissidence, et le droit des citoyens à s’organiser et à se rassembler. Ainsi, nous accueillons avec enthousiasme le dernier rapport “Transparence” de Google - la quatrième publication de la firme sous forme d'un rapport détaillé sur les demandes que lui adressent les gouvernements sur  les données des utilisateurs ou la suppression de contenus, ainsi que sur les flux de trafic (ou leur absence), pour les sites web de Google à travers le monde depuis juillet 2009. Les nouvelles données couvrant la période de janvier à juin 2011 révèlent plus de détails que précédemment, et notamment, des informations sur la façon dont Google a répondu aux demandes et si elles ont été honorées. Ces informations sont accompagnées d'une série de mises en garde : en particulier, le fait que la suppression automatisée de contenu n'est pas enregistrée, et qu’il peut arriver, en raison de lois locales, que certaines données ne puissent être utilisées.
Néanmoins, nous espérons que les données publiées par Google donneront un aperçu intéressant de l'état des problèmes autour d'Internet et que celles-ci pourront être utilisées pour rappeler leurs responsabilités aux gouvernements exerçant la censure. Nous croyons vraiment que si toutes les entreprises présentes sur Internet rendaient publiques des données similaires, nous serions sur la voie d’un monde Internet meilleur. De nombreux articles ont analysé ces données. Parmi eux :
L'Open Net Initiative a ajouté aux données publiques de la censure dans le monde la publication des résultats de ses recherches sur le filtrage mondial d’Internet [en anglais], couvrant 74 pays.
 
Répression : tenez-vous informé sur notre site Advocacy des dernières nouvelles des blogueurs emprisonnés en Egypte, en Syrie et au Koweït, et merci de diffuser ces informations (les traductions en français sont disponibles via l'onglet situé sous le titre).
Surveillance : comme GBA et d'autres l’ont récemment rapporté, 13 appareils de filtrage d’Internet produits par la société californienne Blue Coat ont été livrés en Syrie. Selon le Wall Street Journal, les dirigeants de Blue Coat ont assuré que la compagnie ne vendrait pas les appareils à des pays sous embargo vers lesquels le Département du commerce américain interdit les exportations, et que les appareils trouvés en Syrie avaient été cédés à un revendeur ayant affirmé qu'ils étaient destinés à l'Irak .

Le Wall Street Journal fait part de nombreux éléments supplémentaires se rapportant au rôle des entreprises dans la surveillance mondiale, et notamment un rapport sur la façon dont le chinois Huawei a apporté à l'Iran son matériel de surveillance et de censure destiné  à la téléphonie mobile.
En Inde, la société Research in Motion a mis en place une structure à Mumbai afin d'aider le gouvernement indien à procéder à une surveillance légale de ses services BlackBerry, y compris le service de messagerie chat ; cependant, le Wall Street Journal affirme que l'Inde ne possède encore aucune méthode pour intercepter et décoder les courriels BlackBerry.
En Russie, l'influence des blogueurs semble avoir rendu le Kremlin assez nerveux. Reporters sans frontières a dénoncé le projet du gouvernement russe de déployer un nouveau logiciel pour suivre les contenus “extrémistes” sur le web, en insistant sur les inquiétudes liées à une définition trop large du mot “extrémiste” ainsi qu’à l’arbitraire et à la disproportion des sanctions encourues par les sites web. Pour en apprendre davantage sur l'Internet russophone, suivez le projet  Echo Runet de Global Voices.
De passage aux États-Unis, The Guardian a publié un article fascinant à l’issue de la Conférence mondiale sur les systèmes de renseignements super-secrets, tenue récemment à Washington DC, et au cours de laquelle les professionnels de la surveillance ont échangé sur les toutes dernières technologies et innovations qu’ils ne veulent pas que nous connaissions. L’hacktiviste et ami de Global Voices Advocacy, Jacob Appelbaum, est parvenu à y entrer mais en a été ensuite expulsé.
Sur une note plus positive, concernant les États-Unis, le Washington Post rapporte que, depuis 2009, de nombreuses sociétés présentes sur Internet ont défié plus ouvertement le projet des «lettres pour la sécurité nationale» du FBI, visant à obtenir des informations sur les utilisateurs.
The Guardian signale que les associations pour la défense des libertés civiles et de la vie privée au Royaume-Uni s’inquiètent du déploiement par la police métropolitaine de Londres d'une technologie “de surveillance discrète, capable d’imiter un réseau de téléphonie mobile, en transmettant un signal qui permet aux autorités d’éteindre à distance les téléphones, d'intercepter des communications et de recueillir des données sur des milliers d'utilisateurs dans une zone ciblée.”
Le site Techdirt annonce que l‘Union européenne souhaiterait avoir une “boîte noire” intégrée à des systèmes d'exploitation qui stockeraient l’enregistrement de l'ensemble de l'utilisation faite d'Internet par un ordinateur. L'UE fait valoir l’utilité de cette possibilité dans la répression de la pornographie infantile. Le système dans lequel l'UE voit un candidat potentiel à la fonction de «boîte noire» est appelé LogBox. Le concepteur de LogBox soutient que le dispositif est destiné à préserver les libertés et la vie privée des utilisateurs d'Internet ; pourtant, Techdirt souligne que ce dispositif ne contribue guère à “protéger” la vie privée des utilisateurs, et rendrait en réalité les actions anonymes sur Internet beaucoup plus difficiles en fournissant aux gouvernements et à un appareil de répression un ensemble considérable de données sur chaque internaute.

Censure : en Chine, les dirigeants des 39 plus importantes entreprises du secteur de l'Internet, des télécommunications et de l’informatique, se sont entendues pour “renforcer le contrôle de soi, la modération et une stricte autodiscipline”, afin de “contenir la tendance à la propagation de rumeurs en ligne, la pornographie, la fraude, ainsi que des informations illégales et dangereuses sur l’Internet.” Ce mouvement est concomitant d’une vaste opération de répression sur l’Internet et les médias sociaux.
En Inde, le Centre Internet et société, basé à Bangalore, a soumis une demande de droit à l'information au ministère de la technologie de l'information (DIT), en vue d'obtenir davantage de renseignements sur le blocage des sites web. S’appuyant sur la réponse du DIT, le Centre observe que “les données fournies par le gouvernement semblent en contradiction avec les données publiées par Google et d’autres.” Leur conclusion : “Soit le DIT ne nous fournit pas toutes les informations pertinentes sur le blocage, soit il ne suit pas la loi”.
Des tribunaux de Belgique et Finlande ont sommé les FAI de bloquer le site The Pirate Bay.
La Commission judiciaire de la Chambre des États-Unis a récemment proposé un projet de loi pour la propriété intellectuelle en ligne que certains décrivent comme le commencement d'une «grande muraille d'Amérique». L'Electronic Frontier Foundation, et d'autres, ont passé en revue les problèmes de ce projet de loi, notamment l'absence de procédure régulière, la quasi-certitude d’une recrudescence de blocages et d'abus, le poids d’une responsabilité excessive pesant sur les intermédiaires du réseau, la légitimation mondiale de la censure des DNS et la fragmentation potentielle de l'Internet, entre autres. Ce projet est considéré comme pire encore que son double infernal au Sénat, la loi PROTECT IP, elle aussi contestée par de nombreuses entreprises de haute technologie et associations. Malgré cette opposition, le projet de loi bénéficie d’un soutien relativement large des législateurs.
Neutralité du net : le journaliste sud-africain spécialiste des technologies, Jan Vermeulen, a conduit le test Glasnost du M-Lab sur les FAI d'Afrique du Sud afin de vérifier si leur bande passante officielle et leurs politiques d’accès au réseau correspondaient à la réalité.
La croissance des applications gourmandes en bande passante en Corée du Sud a hissé la neutralité du net au rang des questions importantes. Les FAI sud-coréens estiment qu'il est de plus en plus difficile de maintenir des pratiques neutres vis à vis des contenus. Les trois sociétés de télécommunication les plus importantes de Corée du Sud se montrent inquiètes face à la montée des Smart TV, qui utilisent désormais des connexions Internet pour acheminer leur contenu, délaissant le câble classique et les liaisons satellite. Les FAI veulent imposer aux entreprises des débits variables en fonction du type et de la quantité de contenus émise.
Gouvernance de l'Internet : l'ICANN a tenu sa 42e réunion publique à Dakar, au Sénégal, à la fin du mois dernier. Wendy Seltzer rapporte ici sur Advocacy pourquoi les débats, en apparence obscurs, concernant les registres d’attribution des noms de domaine sont importants. Konstantinos Komaitis, un membre actif du Groupement des acteurs non-commerciaux de l'ICANN (dont Global Voices est aussi membre), décrit la lutte qui a lieu entre les gouvernements et les autres parties prenantes de l'ICANN pour déterminer si certains acteurs sont plus égaux que d'autres au sein du modèle de gouvernance multiples de l'ICANN. Kieren McCarthy, de dotNext, a également proposé un rapport et une analyse fouillés de l'affrontement entre les gouvernements et les législateurs sur l’application de la loi concernant les noms de domaine. S’appuyant sur le projet de gouvernance d’Internet, Milton Mueller analyse les politiques à l'œuvre dans le groupement des acteurs non-commerciaux, leurs sympathisants,  et le combat pour la représentation de la société civile à l'ICANN.

L'Inde a proposé officiellement de confier à l'ONU en la supervision de la gouvernance d'Internet. Pour lire les analyses différentes de trois grands experts de la gouvernance de l'Internet, voir Kieren McCarthy, Milton Mueller et Jeremy Malcolm
L'Union internationale des télécommunications a approuvé un nouveau protocole pour relayer l'information biométrique. Le protocole est destiné à permettre aux médecins de communiquer des données sur les patients en toute sécurité ; elle est destinée avant tout aux pays émergents, notamment en zones rurales, où l'accès aux soins médicaux est médiocre, et où la communication entre le centre médical et le médecin permettrait de fournir de meilleurs soins. Le communiqué de presse complet est disponible ici.

Le pouvoir des internautes : Lee Yoo Eun de Global Voices, rapporte que le 26 octobre l’élection du maire de Séoul a été influencée par Twitter. Retrouvez l'article complet ici
L’entrepreneur africain Herman Chinery-Hesse a prononcé un discours à la conférence Tech pour l'Afrique où il soulignait les bienfaits de la montée des technologies de la communication par Internet pour l'Afrique. On peut retrouver un synopsis de son discours sur le Tech4Africa.

Cyberespace : Facebook a lancé une fonctionnalité “ange gardien” afin d’aider les utilisateurs à restaurer leurs comptes verrouillés. 
Les 13e Big Brother Awards autrichiens ont eu lieu le 25 octobre à Vienne. Les “gagnants” sont le PDG de Telekom Austria, les ministres de l'Intérieur et la Justice, et le chef de l'unité de police anti-terroriste. Mark Zuckerberg a reçu le prix de la “menace permanente” et celui de “défenseur de la liberté” a été décerné aux créateurs de la campagne “L'Europe contre Facebook“.

La conférence des droits de l’homme de la Silicon Valley s'est tenue à San Francisco fin octobre (voir le rapport de l'AIG, le rapport de Jillian York, et celui de The Economist) et a donné naissance à la charte Silicon Valley Standard, un ensemble de 15 principes que les entreprises technologiques devraient suivre afin de protéger les droits de l’homme. 
Weibo Chine projette de lancer une version anglaise, en partenariat avec Flipboard et Instagram. Vont-ils accepter de suivre la charte de la Silicon Valley ?

Alerte de sécurité : le chercheur en sécurité Barnaby Jack a estimé qu'il était possible de mener une attaque sur des pompes programmables à insuline. Bien qu'il n’y ait eu aucun signalement concernant quelqu’un touché par une telle attaque, cela souligne à quel point les technologies de sécurité sont en retard quand il s'agit de dispositifs sans fil intégrés dans des infrastructures essentielles, comme les équipements médicaux.
Publications : Les appareils photo numériques limitent la corruption électorale, par Michael Callen et James Long.

Accès contesté : sécurité, identité, et résistance dans le cyberespace asiatique (Access Contested: Security, Identity, and Resistance in Asian Cyberspace), par l'OpenNet Initiative, doit être officiellement publié en décembre. La partie I du livre (qui comprend un chapitre rédigé par Rebecca MacKinnon, auteur de cet article, ndt) peut être lue en ligne ou téléchargée ici.
Événements : consultez ce calendrier pratique rassemblant les évènements liés à l’Internet partout dans le monde, publié gratuitement par Internews.

NOTE : ce numéro du Netizen Report a été établi grâce à l'aide considérable de Ted Eby et Weiping Li.

Abonnez-vous au Netizen report en anglais par email. La traduction en français du Netizen Report est publiée sur ce site.

3 décembre 2011

Katanga Business

http://www.katanga-lefilm.com 
Réalisé par Thierry Michel
(2009 , 2h 00min)

La province du Katanga, située au sud-est de la République Démocratique du Congo (RDC), est l'une des plus riches régions du monde. Elle produit du cuivre et du cobalt, mais aussi de l'uranium et d'autres minerais stratégiques. Pourtant, la population du Katanga continue de vivre dans une pauvreté extrême, tandis que des multinationales et les mafias du monde entier s’y implantent à toute vitesse au rythme des guerres, des rébellions et de la récente stabilisation politique.

Les anciennes mines, creusées par les Belges au début du XXe siècle, et qui constituèrent la puissante Union Minière du Haut Katanga durant la période coloniale, sont en pleine réhabilitation. Elles étaient quasi abandonnées après trois décennies de prédations et de mauvaise gestion suite à leur nationalisation par le Président Mobutu en 1967.

Aujourd’hui, de nouvelles mines sont creusées dans toute la province pour exploiter au plus vite ces minerais indispensables au développement technologique des pays occidentaux, et de l’Asie. Les minerais de ce nouvel eldorado sortent en grande partie frauduleusement du pays, à destination principale de la Chine, en manque crucial de matières premières.

Ce film, à travers le portrait de personnages clés de la nouvelle révolution industrielle du Katanga, montrera sur une durée longue et plusieurs périodes de tournage, comment les grandes sociétés multinationales se font une guerre sans merci au fil de recapitalisations et de prises de participation. Il suivra également le parcours de creuseurs artisanaux menacés de disparaître à cause de l'industrialisation.

Hommes politiques, capitaines d'industries, ingénieurs, nouveaux colons, creuseurs artisanaux, travailleurs salariés seront les personnages principaux de cette parabole sur la mondialisation qui prendra la forme d’un thriller économico-politique sur fond de violence sociale. Les archives du passé colonial belge permettront de mieux saisir les racines et les fondations historique de cette province dont le malheur fut d’être trop riche, et qui fit si souvent la une de l'actualité, des bombes de Hiroshima à l'assassinat de Lumumba.

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1 décembre 2011

Kenya : Vivre à Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde

Ecrit parOnnik Krikorian
(Tous les liens pointent vers des pages en anglais) Publiée sur la page Flickr d'Oxfam, une photographie aérienne du plus grand camp de réfugiés au monde se trouvant  à Dadaab (Kenya), illustre l'ampleur du problème des migrations forcées. Le camp abrite 450 000 réfugiés, la plupart ayant fui la sécheresse et la guerre civile qui dure depuis 1991 en Somalie. 1 500 nouveaux réfugiés arrivent chaque jour.
Espérant trouver un répit face à la guerre, à la famine et aux catastrophes naturelles, 75% de l'ensemble des réfugiés résideraient dans des pays limitrophes au leur, provoquant parfois une autre crise humanitaire qui menace de peser sur les ressources des gouvernements nationaux et des organisations internationales.


Une vue aérienne de Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde © Oxfam International

Non contente d'utiliser Internet pour faire circuler l'information et les images de la situation à Dadaab sur Twitter et sur Flickr, l'organisation humanitaire internationale Oxfam a également publié sur YouTube un journal vidéo de Scarlett Johansson, actrice américaine et ambassadrice d'Oxfam.





Bien sûr, la situation à Dadaab est tellement critique qu'Oxfam n'est pas la seule organisation internationale présente au camp. Amy Burke, une travailleuse humanitaire, met régulièrement à jour le blog de Lutheran World Relief (Aide Humanitaire Mondiale de l'église luthérienne)

Refugiés à Dadaab © Lutheran World Relief
La sécheresse la plus sévère de ces 60 dernières années a conduit des millions de personnes au bord de la famine. Leurs semis ont péri, de même que leurs bêtes. Démunis de tout moyen de subsistance, des dizaines de milliers d'entre eux se sont rassemblés ici à Dadaab, au Kenya, formant le plus grand camp de réfugiés au monde.
Récemment, les médias ont annoncé que le choléra se propageait à nouveau dans le camp. Amy Burke en avait souligné le risque début novembre.
Les pluies sont sur le point de commencer.
Cela peut sembler une belle issue pour les réfugiés d'Afrique de l'est qui ont été victimes d'une grande sécheresse dans la corne de l'Afrique l'an passé. Tandis que les pluies vont apporter le renouveau et un regain de vie, elles vont aussi apporter de nombreuses maladies d'origine hydrique. On estime le nombre de résidents de Dadaab susceptibles de tomber malades du fait de ces épidémies à environ 75 000.
Les témoignages tels que celui de Amy Burke sont cruciaux pour véhiculer l'information en dehors du camp lorsque l'attention médiatique s'est tarie.
Dadaab ne fait plus la une. La lutte est silencieuse. Seule la crise demeure.
Alors que la sécheresse en Afrique de l'est et la migration de centaines de milliers de personnes vers le camp de réfugiés surpeuplé de Dadaab ne font plus la une des journaux, la nature de la situation est toujours extrêmement préoccupante.
Les réfugiés sont des personnes à part entière, et non juste d'envahissantes statistiques. Chacun des 400 000 réfugiés résidant à Dadaab est une personne avec une vraie vie et de vrais besoins, mais souvent, on rejette l'idée de ces personnes et de leur détresse, pensant que l'on n'y peut rien.

Une crise tombée dans l'oubli © Lutheran World Relief
C'est peut-être pour cette raison qu'Amy Burke a aussi dressé un tableau plus humain de la vie dans le camp, mettant en perspective les récits personnels qui,  pour beaucoup à l'extérieur, peuvent être considérés comme des exemples de bravoure et de courage.
Ambiya vivait en Somalie avec sa fille, sa mère et sa grand-mère. En raison de l'aggravation de la sécheresse et de la famine qui se répandait à travers son pays, elle durent fuir en quête d'un endroit plus sûr. Cependant, son état ne lui permettait pas de partir et après 18 jours à ne rien manger ou presque, une Ambiya de 20 ans donna naissance à son fils Hamza.
Devenir mère n'est pas chose facile : s'assurer que l'enfant est en bonne santé, en sécurité et que ses besoins sont satisfaits est une responsabilité à plein temps. Sachant que cette tâche est déjà stressante en soi, imaginez quitter votre pays natal, marcher pendant au moins une semaine, perdre toutes vos possessions matérielles à cause de la sécheresse et arriver dans un nouvel endroit pour commencer une nouvelle vie avec pour tout bagage les vêtements que vous avez sur le dos.
Sans plus tarder, le jour où elle a donné naissance, Ambiya s'en est allée avec son nouveau-né, sa fille, sa mère et sa grand-mère pour entreprendre le long voyage à pied de la Somalie au Kenya. […] Pour la plupart des réfugiés, le seul but est de survivre au voyage, un espoir lointain et bien souvent inatteignable. Pour Ambiya, le but était que toute sa famille arrive saine et sauve à Dadaab, et en particulier son nouveau-né d'un jour.
[…] Prendre du recul par rapport à son histoire et à son exploit pose le problème de transformer Ambiya en un personnage de fiction. Ambiya est une personne bien réelle qui a lutté pendant ce qui est sans doute l'étape la plus difficile de sa vie. Elle représente une pure détermination. Son combat est bien réel et il est emblématique de la façon dont l'amour et la force d'une mère vont au-delà de la logique et de l'instinct de survie pour témoigner de l'amour et du sacrifice de soi.

Réfugiés en Afrique de l'est: la force de l'amour © Lutheran World Relief
Amy Burke décrit également les communautés formées par les réfugiés et leurs efforts pour gagner leur vie:
Les réfugiés qui auparavant étaient artisans, couturiers, agriculteurs etc, ont trouvé des moyens d'utiliser leur savoir-faire et ils échangent leurs savoir-faire au sein de leurs nouvelles communautés à Dadaab.
L'aide humanitaire demeure un élément essentiel à la survie des résidents de Dadaab, mais des marchés ont commencé à se développer, qui permettent aux réfugiés de trouver des moyens de satisfaire leurs besoins.
Le commerce y est florissant, ceux qui ont encore la chance de posséder des bêtes vendent du lait et du fromage, les tailleurs à qui il reste quelques bouts de tissu fabriquent des vêtements, les vanniers reprennent leurs activités et quiconque a les moyens de s'acheter des graines cultive un jardin et vend des légumes etc.
Les marchés ont permis d'accroître les revenus individuels, d'élargir une communauté et de faciliter l'accès à certaines ressources. Avec l'afflux récent de personnes et de nouveaux biens à échanger, les marchés sont en plein essor, créant à Dadaab une petite économie de marché interne.
Natasha Elkington, productrice multimédia chez Reuters, a aussi filmé une vidéo sur la vie dans le camp ayant le même objectif.
Je voulais voir si je pourrais raconter leur histoire d'un point de vue différent, en montrant leur vie quotidienne au lieu de se fixer sur leurs corps décharnés et leurs yeux gonflés.
[…]
[…] Beaucoup d'enfants se meurent à Dadaab. Et puis il y a ceux qui, même s'ils habitent le plus ancien camp de réfugiés au monde, vivent pleinement leur enfance. Ils jouent, ils vont à l'école, s'occupent de leurs frères et sœurs, et vont chercher de l'eau pour leur famille. Je voulais incorporer tous ces aspects de la vie des enfants de Dadaab dans ce projet.


Selon le Haut Commissaire aux Réfugiés des Nations Unies (HCR), le nombre de réfugiés s'élève à présent à environ 43,7 millions dans le monde, le chiffre le plus élevé depuis 15 ans. Le nombre de personnes déplacées dans leur propre pays a aussi augmenté et se chiffrait à 27,5 millions fin 2010.



 Italiano
· Kenya: Dadaab, il campo profughi più affollato del mondo
srpski· Kenija: Život u Dadaabu, najvećem izbegličkom centru na svetu
Español· Kenia: La vida en Dadaab, el mayor campo de refugiados del mundo
Svenska· Kenya: Livet i Dadaab, världens största flyktingläger
English· Kenya: Life in Dadaab, the World's Largest Refugee Camp

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