28 janvier 2012

Le dessous des cartes - Conflits 2030 Les Facteurs 1-2



DL : DF , BF , WU

Dans vingt ans, avec 8 milliards d’habitants et la croissance économique de nouvelles puissances, la compétition pour l’accès aux ressources va s’intensifier et pourrait provoquer de nouveaux types de conflits. Le Dessous des Cartes cherche à comprendre où, et comment, pourraient éclater ces nouveaux conflits.



Lectures

Atlas des crises et des conflits
Pascal Boniface et Hubert Védrine. Cartographie : Jean-Pierre Magnier Armand Colin / Fayard - Collection : Hors collection
La crise actuelle accapare notre attention et recouvre l'avenir d'un voile d'incertitude ; elle complique et rend plus périlleuse encore une donne mondiale caractérisée par la permanence de conflits anciens, au Moyen-Orient ou ailleurs, et l'apparition de nouveaux et graves facteurs de tension. Comprendre le monde pour ne pas se contenter de le subir et pour contribuer à son évolution positive est désormais l'affaire de tous.
Pascal Boniface et Hubert Védrine mettent ici leur talent d'analyse au service de chacun de nous. Ils voient plus loin, et plus clair. Rappelant les causes fondamentales des crises et des conflits locaux, ils se livrent au diagnostic du présent et scrutent l'horizon pour nous présenter, sur chacun des cas examinés, les scénarios possibles. Associant à une cartographie d'une clarté exceptionnelle des commentaires centrés sur l'essentiel, ils décryptent avec talent la complexité du monde et les lignes de force de son évolution.
Pascal Boniface est directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques / Iris. Spécialiste de géopolitique, il enseigne à l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8.
Hubert Védrine a été à la présidence de la République de 1981 à 1995 successivement conseiller diplomatique, porte-parole puis secrétaire général, et ministre des Affaires Étrangères de 1997 à 2002.
Le grand atlas encyclopédique du monde
Collectif Glénat / Éditions Atlas livres - Collection : Atlas géographiques
Véritable œuvre de référence, cet atlas a été élaboré par les Éditions Atlas et le célèbre Institut géographique De Agostini en exploitant les innovations technologiques les plus récentes en matière d'infographie numérique au service de la connaissance géographique.
- Une cartographie de nouvelle génération.
La section cartographique de l'atlas comprend 280 pages de cartes physiques et politiques du globe terrestre, en grand format et entièrement à jour. À la fois claires et modernes, les cartes offrent un niveau de précision exceptionnelle grâce à l'agrandissement à l'échelle 1 : 1 250 000.
La toponymie de l'atlas est particulièrement riche, l'index se composant de plus de 120 000 noms de lieux.
Un glossaire de quelque 1 000 termes géographiques ainsi que des tableaux d'assemblage sont fournis en annexes afin de faciliter la consultation et la compréhension des cartes.
- Une encyclopédie de la terre.
L'atlas se complète d'une section encyclopédique de 136 pages articulée en trois parties :
• la géographie de la Terre, qui offre une description et une analyse géographique de notre planète (origines de la Terre, géologie, climatologie, démographie, économie, etc.) ;
• les photographies satellite permettant de visualiser la diversité des formations physiques terrestres grâce aux spectaculaires images prises depuis l'espace ;
• les États du monde dont les tableaux de synthèse répertorient les principales données économiques et géopolitiques liées à chaque pays du monde.
Les nouveaux désordres mondiaux. Révolutions, conflits, climat, technologie
Diplomatie n°51 Areion
Près de sept milliards d’êtres humains se partagent un petit bout du globe (29 % de la planète), où les déserts comptent pour près du tiers des terres émergées. Si le phénomène n’est pas nouveau, la quête des meilleures terres et de leurs ressources stratégiques se fait plus pressante pour chaque pays. Le moindre accident susceptible de stériliser durablement une portion de la planète concerne désormais toute l’humanité. C’est dans cette perspective globale que Diplomatie porte son regard sur les nouveaux désordres mondiaux.
Face aux accidents technologiques, aux risques climatiques (souvent récurrents et prévisibles) ou encore aux crises sociopolitiques, nos sociétés doivent sans cesse s’adapter. Cette nécessité requiert en premier lieu que nos dirigeants soient capables de comprendre et non de nier les désordres qui affectent leurs territoires et qu’ils acceptent une remise en cause profonde des outils actuels de prévision et de réponse.
En matière de politique étrangère, il en va de même. La transformation du système des Nations unies constitue désormais une urgence, tant pour la sécurité internationale (et ses modalités pratiques) que pour la gouvernance politique et économique mondiale. À ce titre, l’empilement des organisations régionales et internationales et la démultiplication des normes et règlements constituent davantage une source de complexité et d’inertie qu’une réponse pratique aux grands défis du moment.
Le monde à l'horizon 2030
Nicolas Tenzer Éditions Perrin
« Qui envisage le monde de demain en se limitant aux tensions d'aujourd'hui – islamisme radical, guerre en Afghanistan, conflits gaziers et pétroliers, expansion économique de la Chine – risque de se priver de toute faculté d'anticipation ».
L'ouvrage de Nicolas Tenzer n'entend pas prédire l'avenir, mais essaie de comprendre comment une multitude de dynamiques permettent de dessiner un système mondial qui n'aura rien à voir avec celui que nous connaissons, un système fondé sur sept piliers :
- un monde sans pôles ni grandes régions structurées (le monde multipolaire est un leurre) ;
- la nouvelle répartition des richesses (la Chine ne représentera plus un danger mais sera un élément déterminant de stabilisation du monde, la Russie, qui aura disparu de la scène, encore moins) ;
- le retour des États (et donc l'affaiblissement des organisations internationales) ;
- le nouveau pouvoir d'influence, qui ne passera plus par les canaux diplomatiques classiques ;
- la nouvelle hiérarchie, sinon oligarchie, des puissances ;
- la réinvention des peuples (les nouveaux acteurs majeurs des relations internationales, eux aussi paradoxalement facteurs de paix) ;
- de nouveaux leaders (bouleversant l'équilibre des forces), marginalisant les hommes politiques occidentaux.
Dans un essai tel que la France n'en produit pas, Nicolas Tenzer nous emmène dans un voyage passionnant à travers cette nouvelle cartographie des puissances mondiales, où les États-Unis continueront d'être la seule figure de l'universalisme, mais d'où sortira un nouveau monde aux joueurs plus nombreux et plus mobiles.
Il n'est pas sûr que cela soit un mauvais présage.
Intellectuel de renommée internationale, haut fonctionnaire et directeur de la revue "Le Banquet", Nicolas Tenzer est notamment l'auteur de « Les valeurs des Modernes, France : la réforme impossible ? » et « Quand la France disparaît du monde ».
Actuellement président d'Initiative pour le développement de l'expertise française à l'international et en Europe (Idefie), il parcourt la planète depuis plusieurs années.
L'avenir de l'eau - Petit précis de mondialisation II
Erik Orsenna Fayard
« Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ? Assez d'eau pour boire ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ?
Dans l'espoir de répondre à ces questions, je me suis promené.
Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve jaune). De l'Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l'Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J'ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la limite des glaciers. J'ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra.
J'ai écouté d'innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein cœur du désert ? Peu à peu, j'ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J'ai vu s'aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j'ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées.
J'ai vu des illusions et des férocités à l'œuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n'avoir pas accès à l'eau. Un sur deux vit sans système d'évacuation. Pourquoi ? »
Également disponible en allemand.
Ces guerres qu’on dit humanitaires
Nombreuses contributions Manière de voir n°120 - Le Monde diplomatique
En l’espace de quelques mois, les Nations unies ont autorisé par deux fois le recours à la force, en Côte-d’Ivoire et en Libye, au nom du « devoir des États de protéger les populations civiles ». Simples dans leur principe, ces interventions posent en fait de redoutables problèmes pratiques et politiques, tout en suscitant d’âpres controverses internationales. L’Onu serait-elle en passe de valider un « droit d’ingérence » à géométrie variable ? En plongeant dans l’histoire et en mettant à profit analyses, cartes, bibliographies et témoignages, ce « Manière de voir » fait le point sur ce qu’on appelle parfois « guerres humanitaires ».

Agenda

MUSÉE DE LA GRANDE GUERRE DU PAYS DE MEAUX
Meaux France
La concrétisation du projet de musée consacré à la Première Guerre mondiale dans le Pays de Meaux est devenue possible par l’acquisition en 2005 de la collection privée de Jean-Pierre Verney, historien, spécialiste reconnu de la Première Guerre mondiale et ancien chargé de mission au ministère de la Défense. Il a en outre participé à la bande-dessinée "Putain de guerre" de Jacques Tardi avec ses textes historiques présents dans le livre.
Le bâtiment de 7000 m², ouvert le 11/11/2011, a été conçu par l’architecte Christophe Lab. Organisé sur trois niveaux, le musée bénéficie d’un auditorium, de salles pédagogiques et d’un centre de documentation avec plus de 6 000 ouvrages, et met en scène ses collections sur 3 300 m2 d’exposition.
Le Musée de la Grande Guerre a pour ambition de transmettre au grand public l’histoire de ce conflit. Les visiteurs y découvrent notamment la reconstitution d’un champ de bataille avec une tranchée française, un no man’s land et une tranchée allemande.
Par une mise en regard des deux batailles de la Marne, ils peuvent prendre la mesure de l’évolution des Nations et des hommes au cours de ces quatre années de guerre.
Toutefois, l’ampleur de la collection fait de ce nouvel équipement un musée généraliste sur la Première Guerre mondiale.
La scénographie interactive (projections, écrans multimédia, ambiances olfactives…) permet à tous les publics de comprendre la Grande Guerre, et notamment comment cette période a fait basculer les sociétés belligérantes du XIXe siècle au XXe siècle.
Marc Ferro, historien, est président du Conseil scientifique du Musée de la Grande Guerre.
Il a initié, avec "FRÈRES DE TRANCHÉES : À L’OUEST, À L’EST" le premier cycle de conférences au début du mois de décembre 2011 :
« Oublier la guerre, le temps d’un Noël, c’est aussi une façon de l’humaniser quand les ennemis se retrouvent frères. Mais la guerre ne les a pas oubliés, elle a sanctionné les auteurs, censuré les récits, gommé les souvenirs jusqu’à les réduire à des faits divers, symptômes des malheurs du temps. »
Les compte-rendus des conférences (actes de Marc Ferro) seront prochainement disponibles sur le site ainsi que la programmation culturelle à venir.

22 janvier 2012

Le Parlement veut ficher les honnêtes gens

Par  
Le 18 janvier 2012

pour http://owni.fr

Le projet de ficher 60 millions de "gens honnêtes" oppose sénateurs et députés. Depuis le 12 janvier dernier, ces derniers veulent en faire un fichier policier aux possibilités infinies. Un rien inquiétantes. Des sénateurs, y compris de la majorité, redoutent une dangereuse dérive liberticide.

Ficher 60 millions d’innocents pour les protéger de quelques milliers de coupables – afin que les méchants n’usurpent pas l’identité des gentils, et, plus prosaïquement, afin de garnir les tiroirs caisses des fabricants. Le projet a un petit nom : le fichier des “gens honnêtes (sic).
C’est le grand chantier sécuritaire de Claude Guéant, mais sur lequel sénateurs et députés expriment maintenant de profonds désaccords, mettant en évidence les possibles dérives de cette proposition de loi sur la protection de l’identité, censée instaurer une nouvelle carte d’identité biométrique. La semaine dernière, le 12 janvier, une poignée de députés UMP a introduit un amendement permettant de multiples applications policières.
Vers un fichage généralisé des “gens honnêtes”

Vers un fichage généralisé des “gens honnêtes”

Pour lutter contre l'usurpation d'identité, qui représente moins de 15 000 faits constatés chaque année, le projet de ...

Un an exactement après son premier examen, plusieurs sénateurs UMP refusent catégoriquement de voir leur nom associé à ce fichier administratif qui, sous l’impulsion de Guéant et du lobby des industriels de l’empreinte digitale, a pris entre-temps les allures d’un fichier policier.
Députés et sénateurs sont tous d’accord pour ficher les noms, prénoms, adresses, tailles et couleurs des yeux, empreintes digitales et photographies de tous les détenteurs de cartes d’identité soit, à terme, 45 à 60 millions de Français. Mais, alors que les sénateurs veulent empêcher tout détournement de sa finalité administrative première, et donc empêcher une exploitation policière, les députés voudraient quant à eux pouvoir l’utiliser en matière de police judiciaire.
Claude Guéant, en première lecture à l’Assemblée, avait en effet expliqué, en juillet 2011, qu’il ne voyait pas pourquoi on empêcherait policiers et magistrats de l’utiliser dans leurs enquêtes, laissant entendre qu’à terme, les systèmes de reconnaissance biométrique faciale permettraient ainsi et par exemple d’identifier des individus filmés par des caméras de vidéosurveillance.
Christian Vanneste, de son côté, avait proposé de s’en servir pour mieux “contrôler les flux migratoires“. 7 députés de la majorité, contre 4 de l’opposition, avaient alors voté pour la possibilité d’exploitation policière du fichier.
En octobre 2011, lors de son deuxième passage au Sénat, François Pillet, le rapporteur (UMP) de la proposition de loi, avait de son côté qualifié de fichier de “bombe à retardement pour les libertés publiques“, et expliqué que, “démocrates soucieux des droits protégeant les libertés publiques, nous ne pouvons pas laisser derrière nous un fichier que, dans l’avenir, d’autres pourront transformer en outil dangereux et liberticide” :
« Que pourraient alors dire les victimes en nous visant ? Ils avaient identifié les risques et ils ne nous en ont pas protégés. Monsieur le Ministre, je ne veux pas qu’à ce fichier, ils puissent alors donner un nom, le vôtre, le mien ou le nôtre. »
Fin novembre, un arrêté paru au Journal Officiel crée un nouveau fichier policier “relatif à la lutte contre la fraude documentaire et l’usurpation d’identité” et visant, précisément, à ficher l’”état civil réel ou supposé (nom, prénom, date et lieu de naissance, sexe, adresses postale et électronique, coordonnées téléphoniques, filiation, nationalité, photographie, signature)” des auteurs et victimes présumés d’usurpation d’identité. Ce qui n’a pas empêché Claude Guéant de défendre, auprès des députés, la possibilité d’exploitation policière du fichier des “gens honnêtes“.

Cependant, de retour à l’Assemblée le 13 décembre 2011, la proposition de loi fut modifiée pour ne plus garder que l’empreinte de deux doigts, et non plus de huit, afin de se conformer à une récente censure du Conseil d’Etat visant le nombre d’empreintes dans le passeport biométrique.
Afin de répondre aux observations critiques de la CNIL, le texte écartait également la reconnaissance biométrique faciale, la possibilité de croiser la base de données avec d’autres fichiers administratifs ou policiers, et limitait son exploitation policière à la recherche de corps de victimes de catastrophes collectives et naturelles, ainsi qu’à une dizaine d’infractions allant de l’usurpation d’identité à l’”atteinte aux services spécialisés de renseignement” en passant par l’entrave à l’exercice de la justice.
La commission mixte paritaire, réunie le 10 janvier dernier et censée trouver un terrain d’entente entre les deux chambres, n’a pas permis de trancher le différent, les sénateurs refusant de laisser la porte ouverte à d’autres formes d’exploitation policières du fichier.

Protéger les gens honnêtes de Big Brother

 

Le texte aurait du repasser le 19 à l’Assemblée. Signe de l’insistance gouvernementale, il a été réexaminé le jeudi 12 janvier au matin, au grand dam des députés de l’opposition qui, à l’instar de député Marc Dolez, co-fondateur du Parti de Gauche et secrétaire de la commission des lois, n’ont été prévenu de la discussion que la veille au soir :
Cette précipitation traduit, selon nous, la volonté de passage en force du Gouvernement. Qu’il soit utilisé à des fins de gestion administrative ou à des fins de police judiciaire, nous estimons dangereux pour les libertés publiques de mettre en place un tel fichier généralisé de la population.
Serge Blisko, député socialiste, rappela quant à lui que “d’autres grands pays européens n’ont pas fait le choix que vous voulez imposer au Parlement, précise Plisko, et le système que vous voulez mettre en place serait unique en Europe par son étendue et ses capacités intrusives” :
Certes la loi prévoit des limitations par rapport à vos intentions d’origine, mais rien ne nous dit, monsieur le rapporteur, qu’appelé demain à de hautes fonctions, vous n’ayez envie d’étendre votre système à d’autres infractions, pour en faire le Big Brother que je décrivais.
Le fichier d’empreinte génétique (FNAEG), conçu initialement pour ne ficher que les seuls criminels sexuels récidivistes, a ainsi été étendu depuis à la quasi-totalité des personnes simplement soupçonnées de n’importe quel crime ou délit. Aujourd’hui, il fiche les empreintes génétiques de près de 2 millions de personnalités, dont un quart seulement a été condamné par la Justice : les 3/4 des fichés n’ont été que “soupçonnés” et sont donc toujours (soit-disant) présumés innocents.

En route vers un système “beaucoup plus intrusif”

 

Au cœur de cette polémique entre les deux chambres, la notion de “lien faible“, brevetée par Morpho, n° 1 mondial des empreintes digitales, et qui permet d’authentifier une personne en empêchant toute exploitation de ses données personnelles, et donc toute forme d’exploitation policière du fichier.

Or, comme l’a rappelé Philippe Goujon, député UMP et rapporteur de la proposition de loi, ““son inventeur lui-même le dénigre, le qualifiant de « système dégradé » (qui) n’avait été adopté par aucun pays au monde, Israël y ayant renoncé à cause de son manque de fiabilité“, et que, cerise sur le gâteau, les industriels du Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (GIXEL) ne veulent surtout pas en entendre parler :
Les fabricants regroupés au sein du GIXEL ne veulent pas développer un tel fichier, car cela les pénaliserait vis-à-vis de la concurrence internationale.
Il y a fort à parier que tous les autres pays européens adopteront un autre système, beaucoup plus intrusif.
Lobbying pour ficher les bons Français

Lobbying pour ficher les bons Français

Dans une relative discrétion, l'idée de créer un fichier de 45 à 60 millions de Français honnêtes a reçu un accueil ...

Ce pour quoi les industriels ne voient aucun intérêt à devoir créer un système qu’ils ne pourraient revendre nulle part ailleurs… Comme l’enquête d’OWNI l’avait souligné, le rapporteur de la proposition de loi au Sénat avait ainsi auditionné pas moins de 14 représentants du GIXEL, contre deux représentants seulement du ministère de la justice, et six du ministère de l’Intérieur…
C’est ainsi que ce 12 janvier 2012, à 12 heures, six députés de la majorité ont donc réintroduit la notion de “lien fort“, qui autorise l’exploitation policière des données personnelles dans le fichier des “gens honnêtes“, face à trois députés de l’opposition. La commission mixte paritaire n’ayant pas réussi à opter pour un texte de compromis, le texte, tel qu’il a été amendé par les députés la semaine passée, devra de nouveau passer au Sénat, avant d’être adopté, dans sa version définitive, à l’Assemblée…
Virginie Klès, rapporteur (PS) du texte de loi au Sénat, déplore la léthargie de l’opinion publique et des médias : “je ne sais pas si les gens se rendent compte, ou bien si c’est parce que le gouvernement profite du brouhaha autour de la perte du triple A et des échéances présidentielles pour faire passer cette proposition de loi, mais c’est très très dangereux, on crée là quelque chose de très liberticide, et sans raison valable” :
Si les citoyens se réveillaient vraiment et alpaguaient leurs députés, qui font montre de beaucoup d’absentéisme sur le sujet, mais dont les sièges vont bientôt être renouvelés, peut-être qu’on pourrait faire bouger les choses
A l’exception notable des articles (payants) du site d’informations spécialisées dans la sécurité AISG, d’un article sur PCInpact, d’un billet sur le blog de l’avocat Bensoussan (hébergé par LeFigaro.fr), et d’une dépêche AFP reprise sur LExpress.fr, aucun média n’en a parlé.
Ce silence médiatique est d’autant plus surprenant que c’est précisément suite au scandale issu de la parution d’un article dans Le Monde en 1974, Safari et la chasse aux Français, qui révélait que le ministère de l’Intérieur voulait interconnecter tous les fichiers administratifs français, que la loi informatique et libertés fut adoptée.
En tout état de cause, tout porte à croire que le fichier des “gens honnêtes” pourra donc bel et bien être exploité en matière de police judiciaire. Et rien n’empêchera que, à l’image du FNAEG, ses conditions d’exploitation policières soient à l’avenir élargies dans le futur, et puisse servir, par exemple, pour identifier des individus à partir d’images de caméras de “vidéoprotection“, ou encore pour “contrôler les flux d’immigration“.
De même que le passeport biométrique a finalement été censuré, il est fort possible que ce fichier des “gens honnêtes” soit lui aussi retoqué, par le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’Etat ou encore la Cour européenne des droits de l’homme. Les textes fondateurs régissant la présomption d’innocence, la protection de la vie privée ainsi que les droits de l’homme excluent en effet la possibilité de créer des fichiers policiers d’innocents…

MaJ : la proposition de loi sur la protection de l’identité passera en troisième lecture, au Sénat, le 25 janvier à 14h30. La Conférence des Présidents “a fixé à une heure la durée globale du temps dont disposeront, dans la discussion générale, les orateurs des groupes ou ne figurant sur la liste d’aucun groupe“. Elle devra ensuite être redébattue, et définitivement adoptée, à l’Assemblée.


Photos par D’Arcy Norman et Andy Buscemi sous licence CC via Flickr remixées par Ophelia Noor pour Owni.
Illustration issue de la précédente Une #fichage par Marion Boucharlat pour Owni

Nomad Green: Accroître la mobilisation en Mongolie pour préserver l’environnement

Ecrit par Rezwan · Traduit par Florence Veillon


La déforestation, l’urbanisation rapide, l’exploitation des ressources naturelles, la détérioration de la qualité de l’air font partie des menaces environnementales auxquelles la Mongolie est confrontée actuellement. Les journalistes citoyens de Nomad Green, projet soutenu par Rising Voices en Mongolie, abordent les sujets d’inquiétude et suggèrent des solutions pour stopper la détérioration de l’environnement.
L’étudiant de première année en chirurgie plastique Byambadolgor M. [en anglais] pense que les Mongols devraient cesser de produire des déchets et commencer à s’inquiéter au sujet de l’environnement. En deuxième année d’études cinématographiques, Munkhtsatsral B explique [en anglais] :
Il y a 200 personnes pour nettoyer Oulan-Bator chaque jour, mais 2000 personnes se débarrassent de leurs déchets sans même les mettre à la poubelle. […] J’ai honte de jeter mes ordures. J’ai honte de notre pays, de mes concitoyens et de moi-même.

Animaux dans le Désert de Gobi, Mongolie. Photo de Julie Laurant. CC BY-NC-ND

L’étudiant de premier cycle de l’Université NBB, Mungunshagai N. signale [en anglais] qu’il existe six espèces de mammifères en voie de disparition en Mongolie – l’ours du Gobi, le chameau sauvage, le léopard, le bouquetin, l’antilope mongole et le cerf porte-musc. Ils sont menacés par la dégradation de l’environnement et le braconnage et nous devons tous nous efforcer de les sauver. Budragchaa S. [en anglais] cite M. Erdenebayar, directeur de l’ONG « Ours du Gobi », lors d’une interview :
Il y avait plus de 30 ours du Gobi entre 1960 et 1970 et leur nombre a diminué à 25 entre 1980 et 1990. Ce chiffre diminue chaque année. […] il ne reste plus que 12 spécimens (actuellement).

M. BatsaiKhan, zoologue. Photo cédée par Nomad Green

Mongoloo [en anglais] a traduit une autre interview du zoologue M. BatsaiKhan au cours de laquelle il dit :
Si le loup des steppes, aussi connu comme « blanc d’antilope » venait à disparaître, le système naturel d’autorégulation s’effondrerait.
L’étudiant de première année de russe Tuul D [en anglais] nous rappelle que l’herbe et les plantes sont une vraie richesse dans les steppes mongoles. Mais la désertification réduit les pâturages et les plantes meurent. L’exploitation aurifère et les mineurs amateurs connus comme les Ninjas [en anglais] sont aussi responsables de la dégradation des pâturages et des rivières. Ces gens creusent la terre, vivent comme des hors-la-loi et cherchent de l’or dans de vieilles mines.
Bathishig Sh. [en anglais] de l’Université « Institut Siti » raconte que la Mongolie dispose de 3811 lacs, 7000 sources, 3500 rivières, 187 glaciers et 139 sources d’eau souterraine. Une fois à la surface, l’eau est détruite au profit de quelques-uns. Bathishig dit
Même les animaux boivent de l’eau sans la détruire ni la salir, ce qui devrait nous faire réfléchir. N’est-ce pas notre conscience qui nous distingue des animaux ?
Le journaliste Enkhjargal. Ch. [en anglais] attire l’attention sur la croissante pollution de l’air à Oulan-Bator, la capitale mongole. Le gouvernement prend des mesures pour obliger à consommer en chauffage un combustible moins nocif pour l’environnement et ainsi diminuer de moitié la pollution actuelle. Cependant, il est nécessaire que la population prenne conscience de ce problème.
Pearly Jacob [en anglais], journaliste indépendante, raconte que la Mongolie est confrontée au défi que supposent les facilités d’accès pour personnes handicapées.

Shiliin Bogda, entre Dariganga et Erdenetsagaan, photo de Otgoo

Mme Bor est une des blogueuses les plus actives de Nomad Green.Elle rapporte [en anglais]:
Environ 10 licences d’exploitation de ressources minérales radioactives ont été accordées par le gouvernement de Mongolie tous sum (district) compris à l’exception des districts Munkhhaan et Tumentsogt. Les opérations de recherche et d’exploitation occuperont une superficie d’1 million d’hectares de terres soit 12 % de la superficie totale de la province de Sukhbaatar. C’est une dévastation délibérée.
L’étudiante en architecture Enkhbayar Erdene-ochir [en anglais] rappelle :
Si nous continuons à causer de tels dégâts à notre nature, nous en arriverons à regretter sa beauté (par l’absence même de nature).

Español· Nomad Green: Se requiere más conciencia para preservar el ambiente
English· Nomad Green: More Awareness On Preserving The environment Required

La revanche des drones

Par
Le 19 janvier 2012
pour  http://owni.fr

La semaine dernière, le chef du mouvement des Taliban au Pakistan aurait été tué par un drone américain qui survolait le pays, selon plusieurs sources sécuritaires. L'événement confirme la place prise par ces avions sans pilote armés, téléguidés à des milliers de kilomètres de distance, pour mener des campagnes d'assassinats à très haute altitude.

Propulsion d'un drone RAVEN
Dans un avenir proche, les Etats-Unis continueront à adopter une approche active (…) en frappant directement les groupes et les individus les plus dangereux quand c’est nécessaire.
L’annonce ne laisse guère de place à l’interprétation. Elle est inscrite dans le marbre de la stratégie de défense américaine 2012 rendue publique le 5 janvier. “Frapper directement les groupes et les individus les plus dangereux”. Comme auraient pu le faire les militaires américains, jeudi dernier, en éliminant le chef des talibans en Afghanistan, selon plusieurs témoignages recueillis par Reuters.
L’énoncé officialise plus qu’il n’inaugure la “guerre contre la terreur” façon Obama : pratiquer les assassinats ciblés conduits par les forces spéciales et la CIA, depuis le territoire américain, en utilisant les drones. Le même document poursuit :
Alors que les forces américaines se retirent d’Afghanistan, notre effort mondial en matière de contre-terrorisme va être plus largement réparti et se caractérisera par la combinaison d’actions directes et le soutien des forces de sécurité. Faisant nôtres les leçons apprises la décennie précédente, nous continuerons à construire et soutenir des capacités sur mesure adaptées au contre-terrorisme et à la guerre irrégulière.
Exit les “opérations prolongées de stabilisation à grande échelle” des forces américaines. Place est faite au “sur mesure” et aux frappes ciblées. Selon The Bureau of Investigative Journalism qui suit de très près la guerre des drones, 128 frappes ont été conduites dans les zones tribales pakistanaises en 2010,  deux fois plus qu’en 2009. Contre cinq en 2007.

Entre civils et militaires

 

“L’utilisation des drones est multipliée à partir de 2004. Les Etats-Unis sont les premiers à avoir recours à ces avions sans pilote, suivis par les Israéliens” rappelle le général Michel Asencio, chercheur à la Fondation pour la recherche scientifique (FRS). Aujourd’hui l’armée américaine possède une flotte de quelques milliers de drones, majoritairement dédiés à l’observation. 775 sont dotés de capacités offensives, notamment les Predators et Reaper.
La CIA quant à elle ne possèderait qu’une trentaine de drones, principalement pour la surveillance comme le RQ 170 – dont un appareil a été détourné par les autorités iraniennes le 4 décembre.
Cette nouvelle guerre contre la terreur floute les lignes entre civils et militaires. En témoigne le chassé-croisé de juin dernier à la tête des principales institutions de sécurité et défense. Léon Panetta, directeur de la CIA jusqu’en juin 2011, a été nommé secrétaire à la Défense. “Une façon pour Obama de placer à la tête de l’armée une figure politique démocrate de confiance” interprète Nicole Vilboux, spécialiste de la doctrine militaire des Etats-Unis et chercheur associée à la FRS. “L’US Army est généralement méfiante envers les présidents démocrates, même si Obama bénéficie de plus de crédit que Bill Clinton.”




Lors de son départ de la CIA, Panetta a été remplacé par un militaire de haut-rang, le général Petraeus, ancien du commandement dédié au Moyen Orient, le CENTCOM, et de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) où il avait succédé à Stanley McChrystal. Un homme épinglé pour avoir critiqué trop vertement la stratégie américaine en Afghanistan et le président Obama.
Ces nominations illustrent la stratégie choisie par l’administration Obama, incarnée dans l’utilisation des drones dans les zones tribales pakistanaises, voire au Yémen et en Somalie. “Selon toute vraisemblance, les opérateurs des drones, les techniciens, sont des militaires” avance Nicole Vilboux. Le programme est tenu secret, peu d’informations filtrent sur les assassinats ciblés. Et pour cause : les opérations de la CIA sont couvertes du sceau de la clandestinité1

CIA et JSOC

 

Officiellement, le programme n’existe pas. La Maison Blanche et la CIA refusent de l’évoquer ou de confirmer l’existence des frappes, rapporte le Washington Post qui précise l’implication combinée et alternative de l’agence de renseignement et des forces spéciales sous le commandement du Joint Special Operations Command (JSOC). Anwar Al-Awlaki, membre d’Al-Qaida pour la péninsule arabique (AQPA), a été tué le 30 septembre dernier au Yémen par une frappe de drones commandés par la CIA. Deux semaines plus tard, c’est une frappe conduite par le JSOC qui tua son fils de 16 ans toujours au Yémen.



Propulsion d'un drone RAVEN

“L’entourage de Barack Obama est très favorable à l’utilisation des drones, surtout son conseiller au contre-terrorisme, John Brennan et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton” détaille Nicole Vilboux. S’agissant d’opérations clandestines de la CIA, il revient au président de donner le feu vert final, sans avoir à se justifier auprès de l’opinion publique. D’autant moins que cette nouvelle guerre contre le terrorisme vise à éviter les funestes décomptes de militaires américains tués. “L’utilisation des drones repose sur une nouvelle économie de la guerre, qui s’est développée après la guerre d’Algérie et du Vietnam. La mort de soldats devient insupportables aux sociétés occidentales. Le drone est l’outil idéal : ils sont téléguidés et n’exposent donc pas les soldats” rappelle Gérard Chaliand, spécialiste de l’Afghanistan.

Métro, drone, dodo

 

En 2025, un tiers de la flotte américaine devrait être composé de drones de combats, soit plus de 9000 appareils. “Les pilotes sont remplacés par les machines jusqu’à un certain point, analyse Michel Asencio. Ils ne sont pas entièrement indépendants, un être humain intervient en le programmant avant le vol ou en le pilotant à distance.” De récentes études ont montré que les pilotes de drones souffraient des mêmes symptômes post-traumatiques que les pilotes de chasse :
Imaginez un agent des forces spéciales qui dépose ses enfants à l’école à 8h, va travailler, élimine des insurgés à plus de 8000 km et rentre chez lui le soir à 18h !
La guerre des drones fait école. En Libye, le convoi de Kadhafi prenant la fuite a été stoppé par un tir de drone. Les nouveaux Predators, baptisés Avenger, seront propulsés par des réacteurs leur permettant d’atteindre plus de 600 km/h contre 100 à 130 km/h pour les drones à hélices utilisés aujourd’hui. Peu de chances que Barack Obama abandonne sa “guerre contre la terreur”, censée rompre avec les dérives de son prédécesseur Georges W. Bush.
Les assassinats ciblés de membres d’Al-Qaïda, certains de nationalité américaine, sont illégaux au regard du droit international, rappelle Nicole Vilboux. “Washington prétend agir en situation en situation de légitime défense [au sens de l'article 51 de la Charte des Nations-Unis, NDLR].” Les intrusions sur le territoire pakistanais ont été dénoncées par les autorités d’Islamabad comme autant de violation de sa souveraineté territoriale. Au moins 53 victimes non-combattantes ont été recensées au Pakistan en 2011.



Infographie réalisée par Enora Denis à partir des données du Bureau of Investigative Journalism et parue dans le numéro quatre de la revue Le Jeu de l’Oie. Photos par Isaf Media (CC-by) via Flickr
  1. agence de renseignement lors de sa création, elle peut conduire des opérations clandestines depuis l’Executive Order 12 333, décidé par le président Reagan en 1980. []


    Le futur est vite arrivé, et ses machines aussi…

      Par Yannick Rumpala
      pour https://yannickrumpala.wordpress.com

      Plus fort que la vidéosurveillance (pardon, « vidéoprotection », dans le langage désormais officiel) ! Les drones aériens commencent à quitter les terrains d’opération militaires pour trouver d’autres applications. Par exemple dans la police. Quoi de mieux en effet pour traquer les criminels et délinquants… Mais dans un contexte marqué par des tendances plutôt sécuritaires, il est facile d’imaginer une extension des usages.  En effet, si les coûts de ces supplétifs télécommandés baissent et que la miniaturisation ouvre de nouvelles possibilités, les logiques de surveillance vont pouvoir trouver des capacités supplémentaires, voire s’insinuer encore davantage dans l’espace public. Bientôt des drones à la place des caméras dans les rues ? Il devient chaque jour plus nécessaire de relire Philip K. Dick

      16 janvier 2012

      Le grand Monopoly du gaz

      Par http://www.arte.tv
      (Autriche, France, 2011, 90mn)
      ARTE / ORF
      Qui détient les ressources mondiales en gaz, dont nous dépendons pour notre consommation ? Et qui nous approvisionnera à l'avenir ? À l'heure du débat sur le gaz de schiste, l'équipe du film a interrogé les acteurs clés du commerce international. L'approche géostratégique d'un univers opaque de pouvoir et d'intrigues, domine par une lutte implacable pour le monopole. Car si le gaz est l'énergie fossile la plus propre, son exploitation et sa commercialisation ne sont pas des plus transparentes...
       L'Union européenne consomme de plus en plus de gaz et en produit de moins en moins. À qui achetons-nous le gaz dont nous avons besoin ? Et qui nous approvisionnera à l'avenir ? Pour tenter de faire le point sur ces questions, le journaliste Martin Leidenfrost a interrogé les acteurs-clés de la production et du commerce international.

      De Bakou, en Azerbaïdjan, à Moscou et à la Sibérie en passant par Bruxelles, Istanbul et Baumgarten en Autriche, coeur du dispositif gazier européen, les réponses des dirigeants politiques et industriels, voire celles des employés des compagnies gazières, toujours très évasives, montrent à quel point les choix stratégiques sont dépendants des relations diplomatiques internationales.

      L'Europe arrivera-t-elle à faire aboutir son projet de gazoduc Nabucco ou continuera-t-elle à dépendre entièrement des approvisionnements russes de Gazprom qui fournit à lui seul 25 % de la production mondiale ? Devra-t-elle se tourner vers le gaz naturel liquide proposé par le Qatar ou recourir à la technique du fracking, un forage horizontal qui vise à secouer le gaz emprisonné en profondeur, comme le gaz de schiste ?
      Quels qu'ils soient, ses choix l'engageront pour de nombreuses décennies et seront coûteux.


      DL : DP , MU , WP

      Taiwan, des élections sous influence

      Par Martine Bulard
      mercredi 11 janvier 2012
      pour http://blog.mondediplo.net

      Deux grands enjeux seront déterminants pour les scrutins présidentiel et législatifs qui se tiennent à Taiwan le 14 janvier : les relations avec Pékin et les questions sociales. Les deux principaux partis – les nationalistes et les indépendantistes – restent au coude à coude.
      « Pour des gens comme nous, les élections, ça ne change rien », explique avec le sourire une jeune femme qui, à l’entrée du temple de la Montagne des dragons (Longshan) – l’un des plus vieux de Taipeh –, assemble des pétales de fleurs fraîches aux odeurs sucrées qu’elle vend aux visiteurs venus faire leurs offrandes aux divinités pour que leurs vœux soient exaucés. C’est dit comme une évidence, quelques semaines avant l’élection présidentielle, le 14 janvier prochain à Taiwan.

      A deux pas de là, dans la célèbre rue aux herbes médicinales (Dihua Street), une « mama », assise à l’entrée de son stand, nous raconte avec force détails tous les bienfaits de ses tisanes (à l’aspect et aux parfums étranges) avant de consentir à aborder la question des élections. Son verdict est sans appel : « Il faut que cela change. Le changement de personnes ne suffit pas. Il faudrait quelqu’un qui sache écouter les petites gens comme nous, comme les pauvres qui sont sur la place », juste devant le temple et le début de cette ruelle. De fait, les sans domicile fixe que le gouvernement avait chassés du centre ville afin de rendre l’endroit plus attrayant pour les touristes ont repris peu à peu leur place, aux cotés des vendeurs à la sauvette de produits les plus improbables, tel ce paysan complètement édenté qui, pour 1 dollar taïwanais (0,20 centime d’euro), vous accorde le droit de laisser s’envoler un oiseau capturé la veille dans la campagne et enfermé dans un sac – l’envol étant le gage d’une longue vie.

      Cet univers est aux antipodes de l’ambiance aseptisée du quartier « Taipei 101 », à quelques stations de métro, où s’élevait la tour plus haute du monde avant que celle de Dubaï ne vienne la détrôner. En se bouchant les oreilles, on pourrait se croire à New York, tant le paysage est américanisé. Costume-cravate, tailleurs stricts et talons fins y tiennent le haut du pavé. Ici, nul n’est très prolixe sur les élections. Sans préciser pour quel parti ils voteront, deux employés d’une banque d’affaires, avalant leur repas à la va-vite, s’accordent pour insister sur les « relations avec la “Grande Chine”[qui] se sont pacifiées grâce à l’actuel président et c’est bien pour tout le monde ». Nous n’en saurons pas plus.
      Entre ces deux quartiers, la capitale de Taiwan abrite toute la palette des catégories sociales, dans une société qui s’est fortement développée au cours de ces dernières décennies mais qui a vu grandir les inégalités et l’inquiétude des couches moyennes sur l’avenir.

      Lequel des candidats va l’emporter, de M. Ma Ying-jeou, actuel président de la République, partant pour un deuxième mandat sous l’étiquette du parti nationaliste Guomindang (KMT), ou de Mme Tsai Ing-wen, du Parti démocratique progressiste (PDP), partisan d’une prise de distance avec Pékin ? Ceux qui veulent souligner leurs penchants centristes et leur formation technocratique les surnomment les « deux Ying  [1] : M. Ma, 61 ans, a fait ses études à la New York University School of Law et à Harvard ; Mme Tsai, 55 ans, est diplômée de la London School of Economics et de Yale. Pour l’heure, aucun ne se détache et, depuis la fin de la dictature nationaliste en 1986 et l’élection au suffrage universel du président de la République, il y a seulement seize ans, les Taïwanais ont déjà imposé trois alternances.

      En 1996, lors de la première élection, le KMT, qui avait régné d’une main de fer sur l’île et en possédait toutes les richesses [2], gagna la présidentielle ; il fut balayé en 2000 par le PDP sur la base d’un renouveau démocratique et d’une voie inédite vers l’indépendance. Deux mandats plus tard, le PDP fut lui aussi renvoyé à ses turpitudes, le président Chen Shui-ban se retrouvant en prison pour corruption. Depuis 2008, c’est donc un élu du KMT qui occupe la plus haute fonction de l’Etat.

      Jusqu’à la rentrée 2011, tout le monde le donnait gagnant. Mais les écarts avec Mme Tsai se sont réduits – et même inversés dans les derniers jours. Un troisième larron, M. Jame Soong, 70 ans, ancien du KMT, fondateur du Parti du peuple, est venu perturber encore un peu plus le jeu. Plus à droite et accroché à l’idée d’une seule Chine, il peut prendre des voix à M. Ma, dont une fraction du parti est déstabilisée par ses choix plus modérés vis-à-vis de Pékin et une autre déçue par son bilan social et économique.
      Après les tensions qui avaient marqué la présidence précédente, M. Ma s’est attaché à pacifier les relations avec la Chine continentale, qui ne voit toujours dans Taiwan qu’une province plus ou moins renégate, tentée par le séparatisme – voire par une indépendance proclamée à la face du monde. Ce que Pékin aurait du mal à faire avaler à ses militaires. De leur côté, les nationalistes du KMT (les « bleus », comme on les appelle ici), arrivés en 1949 après avoir perdu la guerre civile en Chine continentale, ont longtemps considéré Taiwan comme base de leur reconquête du continent chinois.

      Autrement dit, des deux rives du détroit, les ennemis avaient le même objectif : une seule Chine. Les communistes rêvaient d’avaler ce caillou de 36 000 kilomètres carrés. Les nationalistes se voyaient battre à plate couture les communistes de la « grande Chine » (avec l’appui éventuel des Japonais et des Américains) avant de se réinstaller à Pékin. Aucun de ces projets n’a vu le jour et ni les uns ni les autres ne peuvent espérer les concrétiser rapidement. Du côté de Pékin, on parle donc « d’une Chine, deux systèmes » (en référence involontaire au système démocratique taïwanais) ; du côté de Taipeh (et du KMT), on évoque l’idée « d’une Chine, différentes interprétations » (selon que l’on se situe d’un côté ou de l’autre de la rive). Chacun garde la face et tout le monde s’embrasse.

      De poignées de main en rencontres, de réalisme politique en opportunisme affairiste, les présidents chinois et taïwanais ont multiplié les accords. Aujourd’hui, on peut aller de Taipeh à Pékin en trois heures, alors qu’il y a trois ans encore, il fallait passer par Hongkong, New Delhi ou Tokyo. Chaque jour, plusieurs vols relient Taiwan aux plus grandes villes chinoises. Les grands groupes taïwanais ont investi plus de 100 milliards de dollars américains en territoire chinois – certains parlent même du double. La nouvelle entente s’est concrétisée, en juin 2010, par la signature d’un vaste accord cadre de coopération économique (Economic Cooperation Framework Agreement – ECFA), qui exonère de droits de douane certains produits, facilite les investissements réciproques, les échanges touristiques… Un accord contesté par l’opposition démocrate qui estime que M. Ma « a vendu Taiwan à Pékin », comme on peut le lire dans certains tracts électoraux.
      Le PDP, né de la lutte contre la dictature imposée par le KMT et pour la reconnaissance de Taiwan comme un pays à part entière, a fait de l’indépendance le pilier de sa politique. Le précédent président démocrate, M. Chen Shui-ban, avait d’ailleurs porté cette question au cœur de la campagne électorale de 2008, en liant l’élection présidentielle à un référendum sur les relations avec la Chine – ce qui avait entraîné une vive réaction chinoise, verbale et militaire (des missiles supplémentaires pointés sur l’île), un appel américain à la modération et finalement le rejet des électeurs.

      L’actuelle candidate n’a pas fait ce choix. Sans rien abandonner de l’affirmation identitaire de Taïwan, elle sait que plus de 40 % des exportations taiwanaises aboutissent de l’autre côté du détroit. Nul, donc, ne peut se permettre une confrontation directe. Telle est d’ailleurs l’opinion des jeunes générations, pour qui la Chine n’est plus le mal absolu, et qui se polarisent sur la question centrale de l’emploi et du salaire [3].
      Il faut bien se rendre compte qu’en à peine plus de trois générations, cette petite île a tout connu : l’occupation par un Japon militariste (de 1895 à 1945) qui n’a eu de cesse de détruire ses racines historiques ; la « libération » par les troupes chinoises en 1945 ; la dictature des nationalistes du Guomindang (1947- 1986), qui ont imposé une sinisation du territoire, des esprits, de la langue…

      Aujourd’hui encore, les origines ethniques pèsent : 13 % de la population sont constitués de waishengren (extérieurs à la nation), arrivés de Chine en 1947-1949, d’où sont issues les élites étatiques et économique du KMT ; 85 % sont des han taiwanais (Bendiren – Chinois venus du Fujan ou du Guangdong à partir du XVIIe siècle) qui se considèrent comme Taiwanais de souche. Les premiers se sont plutôt installés au Nord, très largement modernisé, et constituent le gros des troupes électorales du KMT ; les seconds vivent principalement au Sud, qui s’est développé autour du commerce (avec le port de Kaohsiung) et de l’agriculture et qui représente le bastion du PDP.

      Ces clivages ethniques continueront-ils à déterminer le vote de dimanche prochain ? Pékin préfèrerait un statu quo, même si ses relations avec les représentants de PDP se sont normalisées. Washington y verrait également un avantage au moment où les Etats-Unis cherchent à se recentrer sur l’Asie. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dès le début de la campagne électorale, la modernisation des chasseurs F16 [américains], réclamée depuis longtemps par le gouvernement taïwanais, a été annoncée. Candidat de Pékin et de Washington, l’actuel président réussira t-il à faire oublier son bilan social ?

      Rendez-vous dans le numéro de février du Monde diplomatique – où sera publié un reportage sur le résultat du vote et ses conséquences, mais également des rencontres avec des jeunes, des intellectuels, des dirigeants… – pour tenter de comprendre comment les nationalistes d’hier sont devenus les amis des communistes et les démocrates des nationalistes vigilants ; comment Taiwan – qui dispose d’un Président élu, d’un gouvernement, d’un Parlement, d’une monnaie – n’a aucune existence reconnue…

      Notes

      [1] Jeu de mot à partir du premier caractère de chacun de leurs prénoms – le yin s’opposant au yang dans l’harmonie.
      [2] La corruption était généralisée, le KMT confondant biens publics et biens de son parti.
      [3] Lire Tanguy Le Pesant, « Les jeunes diplômés taïwanais, victimes collatérales du rapprochement avec la Chine » (PDF), 4e Congrès des réseaux Asie Pacifique.

      11 janvier 2012

      Le Dessous des Cartes - Etats fragiles dans le Sahel

      Par http://ddc.arte.tv


      DL : DP , MU 

      Dix ans après les attentats du 11-Septembre, le terrorisme semble se déplacer en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. Théâtre d’attentats et d’enlèvements à l’encontre des gouvernements locaux et des intérêts occidentaux, le Sahel est-il devenu une nouvelle frontière d’Al Qaida ? Le Dessous des Cartes propose une analyse des facteurs d’instabilité de la région.



      Lectures

      Le grand atlas encyclopédique du monde
      Collectif Glénat / Éditions Atlas livres - Collection : Atlas géographiques
      Véritable œuvre de référence, cet atlas a été élaboré par les Éditions Atlas et le célèbre Institut géographique De Agostini en exploitant les innovations technologiques les plus récentes en matière d'infographie numérique au service de la connaissance géographique.
      - Une cartographie de nouvelle génération.
      La section cartographique de l'atlas comprend 280 pages de cartes physiques et politiques du globe terrestre, en grand format et entièrement à jour. À la fois claires et modernes, les cartes offrent un niveau de précision exceptionnelle grâce à l'agrandissement à l'échelle 1 : 1 250 000.
      La toponymie de l'atlas est particulièrement riche, l'index se composant de plus de 120 000 noms de lieux.
      Un glossaire de quelque 1 000 termes géographiques ainsi que des tableaux d'assemblage sont fournis en annexes afin de faciliter la consultation et la compréhension des cartes.
      - Une encyclopédie de la terre.
      L'atlas se complète d'une section encyclopédique de 136 pages articulée en trois parties :
      • la géographie de la Terre, qui offre une description et une analyse géographique de notre planète (origines de la Terre, géologie, climatologie, démographie, économie, etc.) ;
      • les photographies satellite permettant de visualiser la diversité des formations physiques terrestres grâce aux spectaculaires images prises depuis l'espace ;
      • les États du monde dont les tableaux de synthèse répertorient les principales données économiques et géopolitiques liées à chaque pays du monde.
      Annuaire français de relations internationales vol. 12
      Bruylant / La Documentation Française
      L’annuaire français de relations internationales (Afri) traite des relations internationales dans toutes leurs dimensions : politiques, stratégiques, économiques, culturelles, technologiques.
      Il rassemble également, dans un esprit pluridisciplinaire des spécialistes, universitaires et chercheurs, diplomates, experts, français ou étrangers.
      C’est une publication du centre Thucydide – Analyse et recherche en relations internationales de l’université Panthéon-Assas – animé par un comité de rédaction et de lecture international, qui regroupe des experts de disciplines et d’origines différentes. Il bénéficie du partenariat d’une dizaine de centres de recherche.
      L’Afri a reçu en 2008 le prix de la fondation Bonnefous de l’Institut de France (académie des Sciences morales et politiques).
      « Al Qaida au Maghreb islamique » - Revue Maghreb-Machrek - numéro 208
      SOMMAIRE Éditorial de Jean-François Daguzan Point de vue : Le Maghreb, l’Uma, l’Union européenne et la France - Hubert Colin de Verdière Dossier : Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) D’Al Qaida à AQMI, de la menace globale aux menaces locales - Jean-François Daguzan Aqmi, filiale d’Al Qaida ou organisation algérienne? - Djallil lounnas Al Qaida au Maghreb islamique : le tournant des révolutions arabes - Mathieu Guidère Impact des révoltes arabes au Maghreb : • état des lieux et perspectives - Jean-François Coustillière ; • gouvernance et territoires dans les pays arabes méditerranéens - Pierre Beckouche ; • spécificité culturelle et État de droit - Mohamed Nache ; • la Chine et le Moyen-Orient après le printemps arabe - Barthélémy Courmont. Ces articles sont complétés de fiches de lecture et d'une bibliographie.
      « Al Qaida et la guerre contre le terrorisme » - Politique étrangère - vol. 76 - n° 2
      Dossier dirigé par Marc HECKER
      SOMMAIRE
      1. Al Qaida et la guerre contre le terrorisme
      Introduction - Marc HECKER
      La guerre contre le terrorisme : un succès incertain et coûteux - Gilles ANDREANI
      Al Qaida, 2011 - Guido STEINBERG
      Guérillas et terrorismes - Gérard CHALIAND
      Cœurs et esprits en Afghanistan : pourquoi la victoire se dérobe - Andrew M. EXUM
      Les armées européennes ne peuvent-elles mener que des guerres limitées ? - Hew STRACHAN
      2. Ce numéro de la revue Politique étrangère consacre aussi un dossier sur l'avenir de la Politique agricole commune.
      Le site propose quelques documents à télécharger.
      Géopolitique du Sahara
      Sous la direction de Béatrice Giblin et Yves Lacoste Revue Hérodote, numéro 142 - La Découverte
      Espace très convoité, objet d'enjeux politiques et de « territorialisation », le Sahara traverse depuis les années 2000 une période agitée, en raison notamment de l'installation de groupes terroristes islamistes sur son sol, du développement de trafics en tout genre, de l'immigration clandestine de Subsahariens ou encore de la compétition engagée entre pays du Nord émergents pour s'approprier ses richesses minières et pétrolières.
      Porosité des frontières et développement de la fraude et des trafics, y compris d'otages ; captation des rentes engendrées par cette situation de désordre et de transformations géoéconomiques ; prise de contrôle de l'exploitation des richesses pétrolières et minières par des entreprises étrangères assurant des rentes accaparées par les élites nationales ; apparition de nouveaux pouvoirs liés à ces rentes (groupes terroristes, contrebandiers et trafiquants, réseaux d'immigration clandestine, etc.) posent des enjeux sécuritaires majeurs. Autant de thèmes abordés dans ce numéro d'Hérodote qui fait le point sur les bouleversements géopolitiques en cours dans un Sahara morcelé en une série de territoires et de routes contrôlés par des acteurs multiples, qui se moquent des frontières étatiques.
      Charles de Foucauld - explorateur malgré lui
      Bénédicte Durand avec une préface de Dominique Borne Glénat - Collection : La Société de géographie / La Société des explorateurs
      Charles de Foucauld est connu de tous pour l'exceptionnel engagement de sa vie au service du message du Christ.
      On sait moins en revanche qu'il fut aussi un extraordinaire explorateur du monde. Il fut un marcheur et un voyageur impénitent : c'est ce que révèle ce livre.
      Après une carrière militaire éclair, qui lui fait découvrir l'Algérie, il est l'un des premiers explorateurs européens du Maroc, alors inconnu.
      Un voyage au Maroc qui lui inspire Reconnaissance au Maroc (1883-1884).
      Cet ouvrage paru en 1888 lui vaut la médaille d'or de la Société de géographie et fait de lui un savant reconnu. Et lorsque l'appel de Dieu le conduit au Sahara, à l'aube du siècle dernier, c'est depuis Tamanrasset qu'il sillonne inlassablement le désert à la découverte du peuple touareg.
      Son exécution par une bande armée, au pied de son fort, le 1er décembre 1916, met brutalement fin à ce destin hors du commun.
      Charles de Foucauld compte parmi les plus grands explorateurs du XXe siècle. S'en souvenir, c'est rendre justice à une personnalité aussi riche qu'engagée et toujours, quelle qu'en soit la manière, toute entière tournée vers le mystère de l'homme.

      Agenda

      Les Rencontres de Bamako - Pour un monde durable
      Bamako - Mali Jusqu'au 01/01/2012
      « Selon Joseph Beuys, “Une activité artistique sans prise de conscience de la nature est impossible, et la prise de conscience la plus directe est celle de la terre sur laquelle nous marchons."
      Les Rencontres de Bamako proposent en 2011 une réflexion sur la quête d’un monde durable, avec la volonté d’esquisser un état des lieux et de prêter une attention particulière aux signes et aux formes de résistances possibles. La forte adhésion au thème proposé n’a fait que confirmer l’engagement social et politique des artistes africains.
      Les préoccupations écologiques, jadis limitées à un cercle restreint de visionnaires alertes, font désormais partie de notre quotidien et sont au cœur de tous les débats. Le réchauffement climatique, le tarissement des ressources minières et alimentaires, le déboisement des forêts, la pénurie d’eau, sont aujourd’hui au centre de tous les enjeux et équilibres planétaires.
      Si le libéralisme économique basé sur la société de consommation a généré l’amélioration de la productivité et le développement, il a également et surtout renforcé les profits et les inégalités au détriment du respect fondamental des hommes et de leurs environnements.
      En 2010, un grand nombre de pays africains ont fêté le cinquantenaire de leur indépendance. Pour beaucoup cet événement a été le moment de dresser un bilan des acquis nationaux et de porter un regard critique sur les structures politiques et sociales et sur la répartition des richesses.
      Pour ces Rencontres, (...) les photographes et vidéastes ont été invité à témoigner, à dénoncer, mais aussi à identifier des axes d’action, des signes de résistance ou de prévention pour la construction d’un monde durable. Les différentes œuvres présentées approchent la thématique à travers des démarches documentaires et journalistiques ou des récits métaphoriques et fictionnels.
      La variété des thématiques et des langages choisis par les artistes, permet ainsi de faire le point sur la production artistique aujourd’hui sur le continent et dans la diaspora.
      Elle donne la mesure de l’effervescence et du renouveau permanent de la scène photographique africaine, avec notamment l’émergence d’une nouvelle génération qui invente ses propres codes expressifs. »
      Michket Krifa et Laura Serani, directrices artistiques 2011.

      9 janvier 2012

      Le Japon met au point un virus d'Etat pour contrer les attaques extérieures

      Par http://www.zdnet.fr
      Publié le mardi 03 janvier 2012

      Développé par Fujitsu, ce programme sera capable de détecter une attaque extérieure, de la neutraliser et de remonter à ses auteurs.
       
      Comme de nombreux pays, le Japon est victime depuis plusieurs années d'attaques informatiques contre ses institutions. Il y a quelques mois, les collectivités territoriales, le Parlement, des ambassades mais aussi des consulats japonais dans neuf pays ont été piratés ou infectés. Sans parler de fleurons de l'industrie comme Mitsubishi.
      Une situation qui inquiète les autorités. Selon la presse locale, ces dernières planchent depuis trois ans sur un malware défensif, un virus d'Etat en somme, capable de détecter une attaque extérieure, de la neutraliser et de remonter à ses auteurs.

      Législation

      Le malware en question et les équipements associés de détection seraient développés par Fujitsu et aurait déjà nécessité un investissement de 1,8 million d'euros.
      Pour autant, une telle arme informatique intégrée dans les réseaux et les équipements des sites sensibles de l'Etat n'est pas autorisée par la loi nippone. La législation interdit en effet le développement de virus.
      Selon le quotidien Yomiri Shibum, le gouvernement pourrait donc proposer un texte permettant son utilisation à grande échelle dans un cadre précis ayant pour objectif de contrer les cyber-attaques. A l'heure actuelle, le virus est testé dans un environnement fermé.
      Les virus deviennent de plus en plus une arme de défense (voire d'attaque) pour les Etats. On se souviendra de Stuxnet, visant principalement les installations nucléaires iraniennes et qui aurait été développé par les Etats-Unis et Israël.

      L’art de la guerre : Bonne et heureuse année des Îles Hawaï

      Par Manlio Dinucci
      Le 3 janvier 2012
      pour http://www.mondialisation.ca

      Après une année fatigante mais pleine de satisfactions, culminant avec la guerre contre la Libye et le massacre de Kadhafi, le président Obama s’est accordé des vacances méritées aux Îles Hawaï. C’est de là, le 31 décembre, qu’il a souhaité une bonne et heureuse année à ses concitoyens, en rappelant qu’en 2011 « l’Amérique (les Etats-Unis d’Amérique, NdT) est devenue plus sûre » et que 2012 « apportera une changement plus grand encore ». Ainsi, avant le toast de minuit, a-t-il signé l’acte législatif autorisant la dépense militaire de 2012. Celle-ci échappe au gel quinquennal de la dépense publique, qui descend à son niveau le plus bas par rapport au PIB des cinquante dernières années, gelant aussi les salaires des employés fédéraux : la mesure s’applique à tous les secteurs « extérieurs à la sécurité », donc pas au secteur militaire. Pour faire preuve de sa bonne volonté, le Pentagone aussi promet quelque économie, en éliminant des systèmes d’armes non nécessaires, pour réinvestir cependant les ressources dans les drones d’attaque et dans d’autres armements high-tech. En attendant, il reçoit, pour 2012, 553 milliards de dollars, plus qu’en 2011, soit une augmentation de 23 milliards par rapport à 2010. S’ajoutent à ceux-ci 118 milliards pour la guerre en Afghanistan et pour les « activités de transition en Irak », mais il ne s’agit là que d’une première tranche pour les « opérations d’outremer ». Même les 17 milliards pour les armes nucléaires, dont la gestion est faite par le Département de l’énergie, ne sont que l’anticipation d’une dépense beaucoup plus grosse : comme l’annonce le Pentagone, « l’Administration modernisera l’arsenal nucléaire américain (étasunien, NdT) et le complexe qui le soutient ». La machine de guerre étasunienne continue ainsi à tourner à plein régime : lors du dernier jour de travail, le 30 décembre, le Pentagone a conclu plus de 30 gros contrats avec des industries militaires, essentiellement Lockheed, Boeing et Raytheon. Une grande partie de ces dizaines de contrats, stipulés chaque jour par le Pentagone, est la pointe de l’iceberg de programmes au coût énorme. Celui du chasseur F-35, rapporte l’Associated Press de Washington, « avec son prix de 1.000 milliards de dollars pourrait devenir le programme le plus coûteux de l’histoire militaire ». Mais la dépense militaire ne se trouve pas que là. Au budget du Pentagone s’ajoutent d’autres dépenses de caractère militaire : 124 milliards pour les militaires à la retraite ; 47 pour le Département de la sécurité de la patrie. En incluant d’autres programmes ayant des finalités militaires, y compris certains de la Nasa, la dépense militaire étasunienne dépasse les 900 milliards de dollars, environ un quart du budget fédéral. Il y a en outre la dépense du Programme national d’intelligence (renseignements) qui, spécifie-t-on dans le budget, est « classifiée », c’est-à-dire secrète. Un secteur d’importance croissante, étant donné que ce même acte législatif signé par le président Obama attribue aux militaires et à leurs services secrets le « droit » d’emprisonner pour un temps indéterminé et d’interroger même des citoyens étasuniens, sans aucune assistance légale.
      Et, pour compléter son « Happy New Year », le président Obama a autorisé le 31 décembre de dures sanctions contre l’Iran, visant à bloquer tout son système bancaire afin d’empêcher l’export pétrolier en Occident. Un acte de guerre, qui peut provoquer une forte augmentation du prix du pétrole, à l’avantage avant tout des compagnies étasuniennes, qui auront ainsi une « Bonne et joyeuse année ».

      Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

      Le Secret des Sept Soeurs - Le temps des mensonges

       http://secretdes7soeurs.blogspot.com

      Durée : 52 minutes
      Realisateur : FRÉDÉRIC TONOLLI
      Production : SUNSET PRESSE


      Les Etats-Unis contrôlant une grande partie du pétrole du Moyen-Orient, sa rivale, la Chine se tourne vers de nouveaux partenaires.

      L'Asie et l'Afrique noire font partie de ses fournisseurs. C'est également le cas du Venezuela d'Hugo Chavez toujours au pouvoir malgré le coup d'état de 2002 appuyé par les sept soeurs.

      Exaspérés de ne rien voir des retombées économiques du pétrole, les peuples tunisien, égyptien et libyen finissent par se révolter et renversent leurs dirigeants.

      Contraintes de se tourner vers de nouvelles solutions, les compagnies historiques repoussent toujours plus loin les limites...


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