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4 novembre 2011

Le club des incorruptibles (Reportage)

Par http://videos.arte.tv
(France, Norvege, 2010, 53mn)
ARTE F




Direct Link : DP , WP

Nuhu Ribadu au Nigéria, Fabio de Pasquale en Italie, Helen Garlic en Grande-Bretagne et Juan Carlos Cubillo au Costa-Rica sont des magistrats spécialisés dans la lutte anti-corruption. Leurs enquêtes longues, difficiles, voire périlleuses (corruptions liées à l'exploitation pétrolière, affaires Berlusconi, scandale de British Aerospace...), demandent ténacité et sang froid. Ils font partie du Network, ce réseau international d'entraide crée par Eva Joly en 2005, réunissant une vingtaine d'entre eux à travers le monde. Filmés au plus près, ils témoignent ici de leur métier, des dossiers dont ils ont la charge, de leur sentiment de solitude, des pressions et des menaces dont ils peuvent faire l'objet. Leurs paroles, placées sous le signe de la justice et de l'éthique, éclairent d'une franche lumière le sens du mot "corruption" à l'échelle des puissants.

Sahel : L'artillerie perdue de Kadhafi, une menace sur la région

Par Abdoulaye Bah
Pour http://fr.globalvoicesonline.org

Depuis l’éclatement des hostilités qui ont renversé le régime libyen, la circulation des armes de toute nature pourrait avoir approvisionné des groupes terroristes dans la vaste zone désertique du Sahel, déjà en ébullition. Cela fait peser une lourde hypothèque sur la paix dans les pays de la région dont les conséquences sont imprévisibles. Les pays du Sahel sont en général vastes et parmi les plus pauvres du monde. Le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), compte parmi ses membres les pays suivants : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.  A part le Cap-Vert qui est protégé par la mer, ils sont tous exposés à de graves risques de déstabilisation. A ces pays,  il faut aussi ajouter les pays du Maghreb, l'Égypte, les deux Soudans,  l'Éthiopie, le Nigéria et le Sénégal.
Africa Boyebi reprend sur son blog [fr] un rapport de l'AFP  dans lequel on peut lire, décrivant un des sites découverts sans surveillance:
L'arsenal compte quelque 80 bunkers de béton peints couleur sable destinés au stockage de munitions, essentiellement de fabrication russe et française.
Dans un seul de ces bunkers, l'AFP a compté environ 8.000 obus de 100 mm. Dans d'autres, des centaines de bombes de 250, 500 et 900 kg larguées par avion, sont empilées sur plusieurs mètres de haut, mais aussi des roquettes, des bombes à fragmentation, des obus d'artillerie et de mortier de tout calibre, des munitions de canon antiaérien…
Peter Bouckaert directeur Urgences HRW fournit des détails sur les armes qu’il a trouvées sans surveillance dans une installation de stockage à environ 100 km au sud de Syrte dans cette vidéo. Il y déclare que des traces de certaines de ces armes auraient été retrouvées dans le désert du Sinaï et peut-être à Gaza.



Bien avant l’éclatement des affrontements en Libye, il y avait des armes, mais légères, qui circulaient sur toute l’étendue désertique du Sahara que se partagent de nombreux pays aux armées sous-équipées qui ne contrôlent pas leurs longues frontières. Cela fait déjà des mois que l’introduction de nouvelles armes de guerre plus sophistiquées a été signalée. Dans un billet publié en mars sur le site sahel-intelligence.com, Samuel Benshimon faisait savoir que :
Des informations sûres provenant de plusieurs capitales des pays du Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso, Algérie, Mauritanie), font état de l’acheminement d’armes lourdes, notamment des missiles anti-aériens, récupérées en territoire libyen par des mercenaires à la solde de la nébuleuse terroristes. Selon une source militaire à Bamako, plusieurs lots de ces armes ont été déjà convoyés vers des bases d’Ami [AQMI ?] au nord du Mali, par des mercenaires africains.
Selon Samuel Benshimon, un haut responsable malien aurait confirmé l’exactitude de ces informations et aurait ajouté que :
les autorités de son pays sont « très inquiètes » pour ce surarmement d’Aqmi qui constitue « un vrai danger » pour toute la sous-région du Sahel. Il a en outre, précisé que parmi ces armes figurent des missiles anti-aériens Sam7, de fabrication russe. Les mêmes inquiétudes ont été formulées par le président tchadien Driss Deby. Les armes sont récupérés par les mercenaires africains ou par des éléments exfiltrés par Aqmi et sont convoyées de nuit jusqu’à leur destination finale. Contrôlées par les émirs algériens émirs, Mokhtar Belmokhtar et Abdelhamid Abou Zaid, les Katiba de la nébuleuse terroriste Aqmi, ont installé leurs bases-arrières au nord du Mali.
Ce qui devrait inquiéter encore plus c’est que comme l’indique un billet publié sur le blog de Thérèse Zrihen-Dvir, écrivain et blogueuse:
La révolution s'est achevée, la Libye est libérée. Mais les anciens combattants ne sont pas prêts à abandonner les armes de si tôt. Au cas où. La région n'est pas encore stabilisée, la police est composée pour moitié de bénévoles. Et aucune armée nationale n'est encore constituée. Alors les populations se sentent obligés de continuer à assurer leur sécurité -elles-mêmes et garder le fusil à portée de main.
Dans un billet publié par le blog fr.elkhabar.com, le chercheur marocain Mohamed Drif, spécialiste des mouvements islamistes, prévoit que la région du Sahel sera contrôlée par trois groupes issus de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en Libye:
le premier groupe est constitué des partisans de Kadhafi, des tribus targuies qui ont combattu à ses cotés, et sont rentrés chez eux particulièrement dans le nord du Niger. C’est un groupe qui, selon le chercheur, a acquis une expérience dans le combat et possède des armes « ce qui lui permet d’adhérer à la lutte contre le nouveau pouvoir en Libye, et tentera de cibler les intérêts occidentaux
… Le deuxième groupe, ajoute l’analyste marocain, est constitué de nombreux africains qui étaient liés au régime Kadhafi et dont une partie a la nationalité libyenne. Ce groupe pourrait s’organiser pour ébranler la sécurité dans la région, pas pour venger Kadhafi mais pour tenter de récupérer ces pertes, sachant qu’il était soutenu financièrement par l’ancien régime libyen. Ce groupe dont les membres viennent de plusieurs pays sahélo-sahariens pourraient mener des guérillas pour obtenir des butins financiers ». …. le troisième groupe est constitué de partisans libyens de Kadhafi qu’ils soient en Libye ou dans des pays voisins, et qui seront motivés par des raisons tribales pour ébranler la sécurité de la région ».
C'est dans ce contexte que le Conseil national de transition (CNT) a confirmé avoir découvert des stocks d'armes chimiques, selon une dépêche de l'AFP publiée par le blog cafeaboki.com.  Ces armes peuvent une grande capacité d'élimination d'êtres humains et de destruction de l'environnement, elles sont faciles à transporter et à utiliser. Dans une étude intitulée”L'attentat à l'arme chimique: évaluation et probabilité” publiée par la Fondation pour la Recherche Stratégique, il observe:
D’autres caractéristiques font de ces armes des moyens particulièrement adaptés aux actions terroristes dont notamment l’absence de systèmes de détection fiable des agents chimiques et biologiques, la faible « traçabilité » de certains agents, la facilité relative avec laquelle il est possible de fabriquer de telles substances (surtout si l’on compare avec le processus de fabrication d’une arme nucléaire), leur capacité à répandre la terreur et la panique au sein de la population civile

Grèce : Christine Lagarde reprend du service pour l'industrie de Défense US

Pour http://www.voltairenet.org

Le Premier ministre grec, président du PASOK et président de l’Internationale socialiste, Geórgios Papandréou, a annoncé aux membres de son parti, le lundi 31 octobre 2011, qu’il convoquerait un référendum sur le plan de sauvetage économique.

Puis, il a réuni mardi 1er novembre le Conseil gouvernemental des Affaires étrangères et de la Défense (KYSEA). Il a soudainement limogé le chef de l’état-major général de la Défense nationale (le général de l’Armée de l’Air Ioannis Giagos), le chef de l’état-major de l’Armée de Terre (le général de Corps d’armée Fragoulis Fragos), le chef de l’état-major de la Marine nationale (le vice-amiral Dimitris Elefsiniotis) et le chef de l’état-major de l’Armée de l’Air (le vice-général de l’Armée de l’Air Vassilis Klokozas). Il a procédé à leur remplacement.

On ignore le litige qui opposait le gouvernement aux Forces armées alors que M. Papandréou et les chefs d’état-major avaient mis en place ensemble les plans d’austérité successifs.

Chaque plan d’aide internationale a été concomitant avec d’inutiles et très coûteuses commandes d’armement par l’armée grecque à l’Allemagne, à la France ou aux États-Unis. Le budget militaire de la Grèce par contribuable est presque le double de celui des autres membres de la zone euro. Le dernier plan d’urgence adopté en octobre par les États de la zone euro et le FMI a correspondu à une commande aux États-unis de 400 chars M1 Abrams et de 20 véhicules amphibie AA7VA1 pour la modique somme d’1,28 milliard d’euros. Ce schéma reproduit celui que l’on avait connu en 2003 lorsque les subventions européennes pour la modernisation de l’agriculture polonaise avaient été détournés pour acheter des F-16 états-uniens et les engager aux côtés du Pentagone dans l’aventure irakienne.

On observera que la vente des F-16 à la Pologne avait été négociée par un cabinet d’avocats US dirigé par Christine Lagarde, devenue depuis directrice du FMI et à ce titre bienfaitrice de l’état-major grec et de l’industrie militaire US pour ce nouveau contrat.